Pour de nombreux photographes, Yashica est une marque japonaise iconique de la photographie des années 1960-70. Renommée pour ses boîtiers bi-objectifs, la firme a également connu un moment de gloire avec l'Electro 35. Et justement, c'est une version numérique qui revient aujourd'hui sur le devant de la scène.

Yashica DigiFilm

Il y a quelques semaines, Yashica levait une partie du voile sur son nouveau projet. Aujourd'hui, ce dernier prend la forme d'un Kickstarter avec en ligne de mire une levée de fonds de 800 000 $ hongkongais. Alors, le renouveau de Yashica dans l'ère numérique est-il finalement si intéressant ?

Une fiche technique bien décevante et incomplète

Malgré son nom (Y35), ne cherchez pas un capteur 24x36 dans le nouveau boîtier Yashica. Au contraire, il faudra bien fouiller pour dénicher le capteur CMOS de 1/3,2", soit un rectangle de de 4 x 3 mm sur lequel la marque a réussi à "entasser" pas moins de 14 millions de pixels. Un capteur identique en dimensions à celui qui équipe l'iPhone 5, par exemple. Nous sommes loin des standards actuels pour un compact. Et si nous ne nous attendions pas à un capteur 24x36, un modèle de type 1 pouce aurait été largement préférable.

Pour le reste, moins de surprise. Le Y35 digiFilm intègre un viseur optique (dont nous ignorons la précision), une optique construite avec des éléments en verre équivalente à un 35 mm f/2,8 et une distance de mise au point minimale de 1 m. Sur le dessus du boîtier, vous trouverez une molette pour régler le temps de pose (1 s, 1/30 s, 1/60 s, 1/250 s, 1/500 s) et un bras d'armement. Les autres réglages sont automatiques. Autant vous dire que nous ne savons pas à quelle fonctionnalité celui-ci est destiné. Faudra-t-il armer l'appareil – numérique, faut-il le rappeler – avant de pouvoir déclencher ? Mystère… Vous disposez d'un emplacement mémoire (SD) et d'une prise micro-USB pour le transfert des images. L'alimentation est confiée à deux piles AA.

Yashica Y35 digiFilm

Analogique, quand tu nous tiens...

Le plus étonnant reste bien évidemment l'obligation d'insérer une "sorte de pellicule" dans le boîtier pour pouvoir faire des photos. C'est le fameux digiFilm. Les explications sont pour le moins parcellaires, mais nous comprenons que ces "modules" contrôlent le rendu des images... comme le ferait une pellicule argentique. Ainsi, en insérant le digiFilm – ISO1600 High Speed, vous obtenez des images granuleuses (difficile de faire autrement avec un capteur 1/3,2"...) pour photographier en basse lumière ou figer un sujet en mouvement. Le digiFilm – Black & White propose une sensibilité de 400 ISO et un rendu très contrasté. Le digiFilm – ISO200 Ultra Fine est plus standard pour un rendu couleur le plus précis possible. Joie suprême, le digiFilm 120 Format (6x6) promet de nous remémorer le moyen format... D'autres digiFilm pourraient voir le jour si le succès est au rendez-vous.

Pour nous replonger encore davantage dans un simulacre de prise de vue argentique, le Y35 ne propose ni écran LCD pour voir ses images, ni de touche de suppression. Le tri se fera une fois de retour à la maison... À l'ancienne, on vous dit !

Sympa, mais est-ce suffisant ?

Au final, le Y35 digiFilm est un projet plutôt sympa et assez bien carrossé pour tirer sur notre corde sensible "argentique". Le principe des "pellicules" spécifiques est plutôt rigolo aussi, mais c'est la réalisation du boîtier – tout en plastique avec une finition peinture métal – et le microscopique capteur qui déçoivent. Le Y35 aurait pu séduire des photographes nostalgiques, mais exigeants. Sur la base présentée sur Kickstarter, cela reste un jouet photographique bien marketé.

Yashica DigiFilm Y35

La page Kickstarter du Y35 digiFilm

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Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

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