Comme dit Nadia, "l'annonce du programme des Rencontres d'Arles, c'est un peu comme Cannes et Roland-Garros, un gage d'arrivée des beaux jours !" Les 48e Rencontres de la photographie ou Arles 2017 auront donc lieu du 3 juillet au 24 septembre (semaine d'ouverture du 3 au 9 juillet).

Pour la cinquième année consécutive, Focus Numérique se rendra à Arles pour vous faire découvrir l'édition 2017 de l'un des plus grands festivals photo du monde.

Le mot du patron

Aux commandes cette année et pour la troisième fois consécutive : Sam Stourdzé, que nous avions rencontré l'année dernière. Il a présenté avec beaucoup de passion, devant une foule impressionnante de journalistes, son programme 2017. Comme de coutume, il a commencé son discours par quelques chiffres : le bilan de l'année précédente, dont il n'a absolument pas à rougir. En effet, en 2016, les Rencontres ont accueilli plus de 100 000 festivaliers, qui ont parcouru les 32 expositions proposées. Cette année encore, les visiteurs pourront découvrir plus d'une trentaine d'expositions regroupées en 8 grandes thématiques, ainsi que de nombreuses animations (Arles Books, Émergences, Grand Arles Express, la semaine d'ouverture, les formations, projections, lectures de portfolio, discussions, etc.). Depuis la réaffectation des Ateliers par la fondation Luma, le festival cherche toujours de nouveaux lieux pour exposer. Cette année, deux nouveaux sont prévus.

Les expositions

Impossible de tout vous présenter, tant l'offre de cette édition 2017 est riche ! Voici donc plutôt notre première sélection des expositions qui nous semblent à suivre de près.

Latina !

Première grande thématique de l'édition 2017 : l'Amérique latine. Pas moins de 4 expositions lui sont consacrées dans la programmation "officielle", ainsi qu'une exposition du Grand Arles Express (c'est-à-dire le déploiement des Rencontres dans d'autres grandes villes du Sud de la France) à Nîmes, avec Faire Face de Beatriz Gonzalez et Jose Alejandro Restrepo. Vous pourrez par exemple plonger dans les Pulsions Urbaines, une sélection de photographies datant de 1960 à nos jours de l'une des plus grandes collections spécialisées dans l'Amérique latine (la collection Leticia et Stanislas Poniatowski), ou encore le travail de 28 photographes et artistes colombiens (La Vuelta). Vous pouvez aussi éveiller votre curiosité à la photographie vernaculaire colombienne (La Vache et l'Orchidée). Enfin, vous pourrez découvrir le travail de Paz Erràzuriz, une photographe chilienne.

Evelyn, La Palmera, Santiago, série "La Pomme d’Adam", 1983. Avec l’aimable autorisation Galeria AFA, Santiago, Chili. / Evelyn, La Palmera, Santiago, from the Adam’s apple series, 1983. Courtesy of Galeria AFA, Santiago, Chili.

L'expérience du territoire

La deuxième thématique est dédiée à l'expérience du territoire. On retrouve une petite exposition d'œuvres précoces rarement montrées de Joel Meyerowitz, mais aussi une exposition/installation de Michael Wolf qui installera dans l'église des Frères Prêcheurs près de 20 000 jouets en plastique faits en Chine, à côté des portraits de ceux qui les font.

Michael Wolf. Architecture of Density, 2005-2009. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. / Michael Wolf. Architecture of Density, 2005-2009. Courtesy of the artist.

La photographe française Marie Bovo présentera sa série d'images faites depuis les trains en gare dans les contrées d'Europe Orientale et de Russie, ainsi que son film La Voie Lactée à Marseille, dans le cadre du Grand Arles Express. Vous pourrez aussi découvrir des images de la célèbre mission photographique de la DATAR ou, dans un tout autre contexte, le projet Levitt France, un projet des années 1970 de construction de lotissements à l’américaine en Île-de-France, à travers le travail de 5 photographes.

On peut aussi citer le travail de Christophe Rihet, photographe français qui a réalisé toute une série d'images sur les lieux où des célébrités ont perdu la vie, ou encore les paysages de Kate Barry.

Christophe Rihet. "Helmut Newton". Lorsque la Cadillac d’Helmut Newton quitte le célèbre Château Marmont à Los Angeles, il est 23h40, ce vendredi soir. La voiture manque d’abord de renverser un photographe de l’Associated Press qui passait, puis va s’écraser contre un mur, en face de l’hôtel, le long de Sunset Boulevard. Helmut Newton mourra quelques heures plus tard, à l’hôpital où il a été transporté. Âgé de 83 ans, il a peut-être été victime d’un malaise. / Helmut Newton. When Helmut Newton’s Cadillac left the famous Château Marmont in Los Angeles it was 11:40 on a Friday night. The car just missed running over a passing photographer from the Associated Press before crashing into a wall in front of the hotel on Sunset Boulevard. Helmut Newton died a few hours later at a nearby hospital. He was 83 years old, and could have been ill.

Désordre du monde

Sous la thématique "Désordre du monde" seront exposées les images documentaires de Mathieu Asselin sur l'industrie Mossanto et ses conséquences, les images documentaires de Gideon Mendel sur les inondations et les répercussions intimes qu'elles peuvent avoir afin d'évoquer notre vulnérabilité commune face au réchauffement climatique. On retrouve aussi le travail de Niels Ackermann et Sébastien Gobert, partis à la recherche de Lénine.

Le village de Korzhin vend cette statue au prix de 15 000 $. Cette somme lui permettrait de restaurer les écoles maternelles et primaires. Le prix est élevé et le mécanicien du coin en charge de trouver un acheteur ne pense pas tirer plus de 3 000 $ en vendant la ferraille. Korzhin, 3 juin 2016. Avec l'aimable autorisation de Niels Ackermann/Lundi13. / Korzhin, 3 June 2016. The village wants to sell this statue for 15'000 USD in order to repair the local kindergarten and the school. The price is a bit high and the local mechanic who's in charge of selling the statue expects to get no more than 3'000 USD from selling the scrap metal. Courtesy of Niels Ackermann/Lundi13.

Les plateformes du visible

"Les plateformes du visible, nouvelles approches du documentaire" est une sorte d'observatoire de la photographie documentaire, une pratique en pleine mutation. On peut découvrir le travail de Mathieu Pernot, diplômé de l'ENSP, qui a suivi depuis désormais plus de 20 ans une famille gitane : les Gorgans. Vous pouvez retrouver une seconde partie de son travail dans le cadre du Grand Arles Express à Toulon. Samuel Gratacap a suivi pour sa part les migrants de Libye.

Jour d'offensive. Guerre contre l'organisation État Islamique à Syrte, 2016. Avec l’aimable autorisation de Samuel Gratacap/Galerie Les filles du calvaire. / Day of an offensive. War with the Islamic State in Syrte, 2016. Courtesy of Samuel Gratacap/Les filles du calvaire gallery.

Mise en scène

Le festival nous réserve la première grande rétrospective européenne consacrée au photographe japonais Masahisa Fukase. Masahisa Fukase est sans conteste l’un des photographes les plus radicaux et les plus influents de sa génération. Cette exposition tente de rendre compte de toutes les dimensions de sa pratique artistique depuis ses débuts dans les années 1960, en s’appuyant aussi bien sur ses tirages originaux et ses œuvres graphiques que sur des archives de magazines. Abordant les thèmes de la famille, l’amour, l’amitié, la solitude, la mortalité et la mort par le biais de performances, d’autoportraits, de jeux ou encore de scènes de théâtre, cette exposition démontre que Fukase fut l’un des artistes japonais les plus innovants et les plus originaux de la période d’après-guerre.

Masahisa Fukase.Memories of Father. Avec l’aimable autorisation de Masahisa Fukase Archives. / Memories of Father. Courtesy of Masahisa Fukase Archives.

Dans cette thématique "Mise en scène", vous pouvez aussi découvrir le travail photographique personnel de l'actrice française Audrey Tautou, celui de Roger Ballen et celui de Karlheinz Weinberger sur les loubards zurichois dans les années 1960.

Audrey Tautou. Sans titre. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. / Untitled. Courtesy of the artist.

Étranges collectionneurs

Le festival aime présenter des collections et des collectionneurs. Cette année, il expose la collection de Claude Ribouillant, qui s'est fait une spécialité sur les photos de nains, hercules et géants !

Nains béarnais en promenade, vers 1900. Carte postale. Avec l’aimable autorisation de la collection Claude Ribouillault. / Dwarfs from Bearn on a stroll, circa 1900. Postcard. Courtesy of the Claude Ribouillault collection.Nains béarnais en promenade, vers 1900. Carte postale. Avec l’aimable autorisation de la collection Claude Ribouillault. / Dwarfs from Bearn on a stroll, circa 1900. Postcard. Courtesy of the Claude Ribouillault collection.
Ferdinand Contat, dit le Savoyard (né en 1902), vers 1930. Carte postale. Avec l’aimable autorisation de la collection Claude Ribouillault. / Ferdinand Contat, a.k.a. the Savoyard (born 1902), circa 1930. Postcard. Courtesy of the Claude Ribouillault collection.Ferdinand Contat, dit le Savoyard (né en 1902), vers 1930. Carte postale. Avec l’aimable autorisation de la collection Claude Ribouillault. / Ferdinand Contat, a.k.a. the Savoyard (born 1902), circa 1930. Postcard. Courtesy of the Claude Ribouillault collection.

Émergences

Arles fait aussi la promotion de nouveaux talents avec le nouveau Prix Découverte. 10 photographes représentés par des galeries du monde entier ont été sélectionnés et les visiteurs peuvent voter pour leur préféré. Le grand gagnant sera vera doté de 20 000 € en achat d'œuvres par le festival, qui souhaite enrichir son propre fond. Le lauréat Photo Folio Review 2016, David Fathi, est également exposé.

David Fathi. Sans titre (route et cellule HeLa), série "Le Dernier Itinéraire de la femme immortelle", 2017. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. /* Untitled (road & HeLa cell), from the The Last Road of the Immortal Woman series, 2017. Courtesy of the artist.*

La VR toujours de la partie

Pour la deuxième année consécutive, les Rencontres accueillent le VR Arles Festival, conçu pour découvrir le cinéma, le documentaire et la création artistique à 360°. Un appel à candidatures est actuellement ouvert, jusqu'au 17 mai prochain. Si vous voulez tenter votre chance avec l'une de vos créations 360, c'est le moment !

LUMA Arles : Annie Leibovitz

Les travaux de la fondation Luma avancent à grands pas, mais ne sont pas encore terminés. En attendant l'inauguration du nouveau site, prévue pour 2018, la fondation organise cet été une grande exposition d'une partie des archives de la célèbre photographe de mode Annie Leibovitz. Conçu comme le premier volet d’une longue série de projets d’envergure consacrés à l’étude et à la réinterprétation des archives vivantes de l’artiste, Annie Leibovitz Archive Project #1: The Early Years rassemble 8 000 photographies prises entre 1968 et 1983, retrace son parcours de jeune artiste et revient sur le succès qu’elle a rencontré dans les années 1970, lorsqu’elle photographiait la culture propre à cette époque charnière.

Annie Leibovitz Archive Project #1 : The Early Years (Les Premières Années)
Du 27 mai au 24 septembre 2017
Grande Halle, Parc des Ateliers

Les outils pédagogiques que l'on aime

Les Rencontres sont également fortes de proposition pour ce qui est de l'éducation à l'image. Outre le jeu de plateau Pause Photo Prose qui nous avait fait de l'œil en 2013, n'oubliez pas que l'Atelier des Photographes est toujours en ligne et toujours aussi intelligemment conçu.

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Source : Rencontres Arles

Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

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