Cette année, aux Rencontres de la Photographie d'Arles, il y a une exposition qui ne ressemble à aucune autre. Bienvenue dans The House of the Ballenesque, concoctée évidemment par le mythique Roger Ballen. Il ne s'agit pas d'une simple exposition comme on a l'habitude d'en voir, mais d'une installation complète qui nous plonge dans les étranges pensées et créations de l'artiste. Découverte...

Mais qui est Roger Ballen ?

Roger Ballen est avant tout un photographe américain basé en Afrique du Sud. Nous précisons bien avant tout, car l'artiste mélange depuis de nombreuses années la photographie avec le dessin, la sculpture, la mise en scène et les installations. Il s'est donné pour spécialité de photographier l'Afrique du Sud profonde et s'est intéressé aux Africains blancs, les descendants des Hollandais arrivés au cours du 17e siècle. Ballen s'intéresse à la condition humaine. Il a commencé son travail près de 10 ans avant la fin de l'Apartheid, au fil des déplacements professionnels qu'il faisait en tant que géologue, et ses images ont rapidement fait scandale.

Portrait en noir et blanc, photo Roger BallenPhotos : Roger Ballen
Portrait en noir et blanc, photo Roger Ballen

Au fil des années, il a sculpté son esthétisme et donné un caractère plus artistique à son travail. Les "freaks" deviennent sa principale source d'inspiration. En 2012, l'artiste signe le clip de I Fink U Freeky de Die Antwood, qui rencontre un succès phénoménal. À l'heure actuelle, le clip a cumulé plus 90 millions de vues sur Internet. En 2002, Roger Ballen était déjà à Arles pour recevoir le prix de l'année ; près de 15 ans plus tard, il signe aux Rencontres sa propre "exposition" dans la sélection officielle.

The House of the Ballenesque

Rencontres de la photographie Arles 2017. Entrée de l'exposition Roger Ballen - The House of the Ballenesque. Photo La rédaction

L'histoire de cette exposition est d'ailleurs particulièrement délicieuse. En effet, c'est lors de ce séjour en 2002, durant les longs temps libres qu'il avait à cette occasion, que Roger Ballen a découvert une intrigante maison habitée par un peintre. Les deux hommes se sont rencontrés au café et Ballen a été invité à visiter sa maison — l'actuelle Maison des Peintres. Ce que le photographe observe l'a énormément inspiré : des gens, des animaux, des objets... Le temps a passé, et la maison a été abandonnée. Ballen demande alors à Sam Stourdzé d'exposer dans ce lieu et de créer The House of the Ballenesque. Il s'est inspiré de sa première expérience en 2002, mais aussi des nombreuses histoires et légendes toutes plus étranges et inquiétantes qu'il a réussi à récolter au sujet de cette maison. Bien entendu, l'artiste y ajoute son esthétisme, son univers, son œuvre et en fait une installation monumentale dans laquelle le spectateur peut déambuler en essayant d'en comprendre le pourquoi. On ne ressort pas indemne de cette maison et sa visite est une expérience dérangeante à plus d'un titre. Âmes sensibles s'abstenir !

Rencontres de la photographie Arles 2017. Vue de l'exposition Roger Ballen - The House of the Ballenesque. Photo La rédaction
Rencontres de la photographie Arles 2017. Vue de l'exposition Roger Ballen - The House of the Ballenesque. Photo La rédaction
  Rencontres de la photographie Arles 2017. Vue de l'exposition Roger Ballen - The House of the Ballenesque. Photo La rédaction  
Rencontres de la photographie Arles 2017. Vue de l'exposition Roger Ballen - The House of the Ballenesque. Photo La rédaction
Rencontres de la photographie Arles 2017. Vue de l'exposition Roger Ballen - The House of the Ballenesque. Photo La rédaction
  Rencontres de la photographie Arles 2017. Vue de l'exposition Roger Ballen - The House of the Ballenesque. Photo La rédaction

L'artiste présente son projet en quelques lignes : "The House of the Ballenesque est un lieu où se rencontrent les différentes composantes de mon travail photographique et de mes installations, un lieu où tout est possible. Mon parcours photographique m’a convaincu que la maison est un lieu de profondes découvertes, chaque pièce représente un aspect important de mon langage esthétique. C’est souvent chez soi, là où les personnes trouvent refuge face au monde extérieur, qu’elles entreprennent les voyageurs intérieurs les plus périlleux. Il y a quelque chose dans la présence physique du lit défait, du canapé usé, de la vitre cassée, de la chaise bancale, du cadre de travers et des poupées démembrées qui évoque la vie vécue pleinement et dans toute sa complexité. Prenant comme point de départ la métaphore de l’esprit en tant que maison, le visiteur suit un parcours fait d’une suite d’analogies entre les images, de l’obscurité à la lumière et du sous-sol au grenier. "

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Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

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