Contenance cartouche80 ml
Formats10x15 cm - A2 +
Résolution maximale2880 x 1440 dpi
Chargement papierbac vertical
Logiciels fournisEpson LFP Remote Panel, Epson ColorBase 2.0, module Photoshop, Epson Copy Factory 5
InterfaceUSB, Ethernet
Dimensions257 x 684 x 376
Poids19,8 kg
Autres-

Caractéristiques

La nouvelle imprimante Epson Stylus Pro R3880 vient remplacer la R3800. Désormais le nouveau modèle intègre la dernière technologie d’encre pigmentaire d’Epson : UltraChrome K3 Vivid Magenta.

Epson Stylus pro R3880 test review

La particularité de cette machine est qu’elle est capable d’imprimer des tirages jusqu’au format A2, tout en restant relativement compacte et discrète. Elle est aussi bien adaptée à un usage amateur que professionnel (avec un certain nombre de restrictions). Et oui elle porte la mention Pro et non Photo. Proposée à un tarif « abordable », moins de 1700 € et avec certaines caractéristiques dignes d’imprimante professionnelles, elle évolue seule sur un créneau (une niche ?) sans trop de concurrence. En effet, les modèles A2 des imprimantes Canon et HP ne sont pas du tout dans cette fourchette de prix : par exemple la Canon imagePROGRAF 5100 coûte 2300 € en moyenne (test à venir sur Focus Numérique).

Dans la gamme Epson, elle vient se positionner juste avant les modèles de la série 4000. Sa grande sœur, l’Epson Stylus Pro 4880 sera très bientôt testée par nos soins, et nous avons hâte !

Dans la boite

Il n’y a pas de doute, on est bien en présence d’un modèle professionnel A2+. L’imprimante est massive et lourde : on frôle les 20 kg ! Elle est livrée dans un grand carton assez rustique sans aucune illustration. En effet, ce type d’imprimante n’est pas conçu pour une distribution de masse en « pick and go » dans les grands magasins.

Ses dimensions sont imposantes bien que dans sa configuration « fermée » elle reste relativement compacte et discrète pour sa taille (elle ressemble à un gros cube). En effet il faudra prévoir un espace de presque 1 mètre de large pour 50 centimètres de profondeur pour pouvoir l’installer.

L'Epson Stylus Pro R3880 dispose d’astucieux systèmes pour la mettre en configuration fermée : le plateau de réception papier (très imposant pour accueillir des tirages au format A2+) se replie et s’intègre comme un tiroir à l’intérieur de la machine. Il se verrouille grâce à un petit système d’aimant à ressort dont on peut vraiment discuter la qualité. Le système n’est pas très stable et semble très fragile, c’ est étrange pour une imprimante qui se veut professionnelle.

Le bac de chargement papier (uniquement vertical) se replie pour s’intégrer parfaitement dans l’ensemble en position fermée. Il s’intègre tellement bien qu’au premier déballage nous l’avons confondu avec la trappe permettant d’accéder aux têtes d’impression !

Cela semble normal, mais en position totalement ouverte , c’est à dire pour réaliser des tirages A2+, l’imprimante prend vraiment beaucoup de place …

Epson Stylus pro 3880 test reviewEpson Stylus Pro 3880 en position ouverte.

Au niveau du design, il n’y a presque aucun changement par rapport au modèle précédent (Epson Stylus Pro 3800). Sa conception est dans la droite lignée de sa petite sœur : la Stylus Photo R2880 (testée sur Focus Numérique). Le design est plutôt élégant et discret : deux couleurs uniquement : noir et gris métallisé. Malheureusement elle est réalisée en plastique léger et fin ce qui entraine une légère déception au toucher. De plus sur des modèles professionnels, on peut s’attendre à l’utilisation de matériaux nobles (intégrer des éléments en aluminium par exemple) ou à défaut des plastiques plus rigides et épais.

Epson Stylus pro 3880 test reviewEpson Stylus Pro 3880, focus sur les détails.

On apprécie par contre l’apparition d’un écran de contrôle LCD sur le dessus de la machine et de deux petites poignées pour son transport.

Chargement du papier

Le chargement papier s’effectue uniquement par un bac vertical classique très bien conçu : système dépliable à 4 volets qui permet d’ajuster la taille au format du papier utilisé. Pour du format A4, le bac est très résistant (volets repliés) et peut accueillir une grosse quantité de feuilles. Par contre, plus on déplie les volets, plus la fragilité de l’ensemble augmente. Il semble « dangereux » de poser plus d’une vingtaine de feuilles A2+ dans le bac : nous ne nous sommes pas lancés dans l’expérience !

Epson utilise un système de calage papier très bien conçu avec un bouton ressort. Celui de la 3880 est très souple à utiliser ce qui n’est pas toujours le cas chez les autres constructeurs.

Le chargement papier des supports épais se fait également à plat sur un tout petit plateau situé juste au dessus de bac de réception principal. Attention, il faut prévoir la distance suffisante derrière l’imprimante : 45 cm pour un tirage A2. Il aurait été astucieux de prévoir un système de support à l’arrière afin d’ éviter que la feuille traine sur la table et sur les différents câbles de l’appareil.

Il est également possible d’envisager une insertion manuelle verticale grâce à un accessoire fourni. Par contre, la très grosse déception vient du fait que l’on ne peut pas utiliser de support en rouleau, un comble pour une imprimante professionnelle. Il est donc impossible de l’utiliser pour réaliser de grands panoramiques en A2+, pour cela il faudra passer sur la série 4880.

Cartouches d'encres

Le système de remplacement des encres est très bien conçu : sur ce point, de façon professionnelle. En effet, les cartouches sont désolidarisées des têtes d’impression et restent fixes dans la machine. Elles sont reliées aux têtes par un système de petits tuyaux. Il n’est donc pas nécessaire d’ouvrir le cœur de l’appareil pour changer une cartouche.

La chambre des cartouches est située en haut à gauche de l’appareil. Parfaitement discrète, la trappe d’accès se déverrouille en utilisant un des boutons sur le dessus de la machine. Mais attention, ce système, par ailleurs très ingénieux, peut entrainer des accidents pour quelqu’un qui ne le connaît pas et qui voudrait ouvrir la trappe d’accès sans la déverrouiller.

Epson Stylus Pro 3880 test reviewEpson Stylus Pro 3880, la chambre des cartouches d’encre.

Bien entendu le pilote d’impression affiche en temps réel, l’état des différentes cartouches d’encre. Encore plus pratique, l’écran LCD de contrôle affiche lui aussi en contenu le niveau d’encre restant dans chaque cartouche.

Epson Stylus Pro 3880 test reviewEpson Stylus Pro 3880, informations sur la contenance des cartouches grâce au pilote d’impression.

La 3880 utilise des cartouches à forte contenance : 80 ml, presque 8 X plus que la Stylus Photo R2880, le passage à la pompe risque d’être dispendieux (nous reviendrons sur ce point plus tard) !

L’Epson Stylus Pro 3880 dispose également d’une cartouche de maintenance qui permet de récupérer les excès d’encre à l’impression, lors de la purge du système ou bien lors du passage de l’encre noire mat à l’encre noire photo (nous reviendrons également sur ce point !).

Epson Stylus Pro 3880 test reviewLa cartouche de maintenance.

Connexions

L'Epson Stylus Pro 3880 est parfaitement équipée au niveau des connexions. Elle fonctionne de manière classique en USB 2 mais elle intègre une connexion Ethernet. Il est ainsi possible d’utiliser l’imprimante sur un réseau domestique ou professionnel et de la partager entre plusieurs ordinateurs : une option particulièrement utile.

Par contre, et c’est toujours une aberration pour nous, le câble USB n’est toujours pas fourni. Nous allons sonder les différents constructeurs sur cet aspect pour les prochains tests …

Epson Stylus Pro 3880 test reviewEpson Stylus Pro 3880, les connexions.

Modèle professionnel oblige, le port USB en façade compatible PictBridge, présent sur la Stylus Photo R2880, a disparu.

Pilote d'impression

Le pilote d’impression (le driver) est le cerveau d’une imprimante. C’est un élément fondamental au même titre que le DSP (Digital Signal Processor) d’un appareil photo numérique. Selon les constructeurs, les pilotes d’impression proposent plus ou moins de paramètres à régler. Le pilote permet de gérer le papier (format, chargement, etc.), la qualité d’impression, la gestion de la couleur, etc. Les pilotes Epson sont disponibles pour Mac OS X et Windows, mais l'univers Linux est encore malheureusement absent.

Epson Stylus Pro 3880 test reviewCaptures d’écran du pilote Epson sous Mac OS X.

La fenêtre du pilote s’affiche dès lors qu’on lance une impression depuis n’importe quel type de logiciel.

Le pilote Epson est très complet, il dispose des options suivantes :

  • Choix du support

  • Choix du mode d’impression : couleur (mode 16 bits par canal) – Noir et Blanc Photo avancé (choix de la tonalité) – Niveaux de gris

  • Paramètres couleurs : calibration Epson

  • Qualité : SuperPhoto 2880 dpi pour la qualité maximale (option rapide ou non)

  • Optimisation des couleurs : gamma – luminosité – contraste – saturation – CMJ)

Epson Stylus Pro 3880 test reviewCaptures d’écran du driver Epson sous Mac OS X.

Vitesse impression

Généralement, sur ce type de matériel, le temps d’impression n’est pas un paramètre fondamental. On préfère privilégier la qualité d’impression à la vitesse.

Cependant pour certains utilisateurs qui désireraient avoir un usage semi-professionnel ou professionnel de ces imprimantes, la vitesse d’impression peut être critique. Par exemple, un photographe de mariage qui veut proposer des tirages A3 A2 « sur place » peut avoir besoin d’une imprimante rapide afin de pouvoir tenir le rythme de ses commandes.

Nous avons volontairement chronométré l’imprimante dans la pire des configurations : mode SuperPhoto 2880 dpi (vitesse rapide désactivée).

thead thead
Epson Stylus Pro 3880
Tirage A4 7 minutes
Tirage A3 12 minutes
Tirage A2 21 minutes

L'Epson Stylus Pro 3880 est relativement silencieuse, mais elle engendre beaucoup de vibrations ; il faudra donc la poser sur un support particulièrement stable pour optimiser la qualité des tirages.

Coût consommables

Le gros point noir dans l’utilisation d’une imprimante, quelle qu’elle soit, c’est le prix des cartouches d’encre. L'Epson Stylus Pro 3880 utilise un nombre important d’encres, 9 au total, de haute qualité pigmentaire qui garantissent la qualité des tirages : finesses des nuances et des couleurs. Heureusement, elle utilise des réservoirs séparés selon les couleurs qui permettent de changer uniquement la couleur manquante.

Une imprimante fonctionne sur une logique CMJN (Cyan, Magenta, Jaune et Noir) : synthèse soustractive. Afin d’améliorer le rendu des détails, on intègre des couleurs intermédiaires : cyan clair, magenta clair, gris.

La grosse nouveauté par rapport au modèle précédent c’est le passage à la technologie d’encre Epson UltraChrome K3 Vivid Magenta

Les encres pigmentaires de type UltraChrome K3 utilisent une nouvelle résine (matière qui enrobe les pigments) qui améliore la brillance et les densités sur des supports brillants, mais qui corrige les défauts de métamérisme (incohérence des couleurs vues sous différentes sources lumineuses).

On dispose des couleurs suivantes :

  • Noir Mat, Noir Photo

  • Gris, Gris clair

  • Cyan, Cyan clair

  • Jaune

  • Magenta, Magenta clair

Epson Stylus Pro 3880 test reviewUne cartouche de l'Epson Stylus Pro 3880.
Le problème sur certaines Epson qui utilisent les 9 encres UltraChrome Vivid Magenta, est qu’elles disposent de 8 têtes pour 9 encres différentes. En effet le Noir Mat et le Noir Photo utilisent la même tête.

À chaque fois que l’on change de type de support (passage d’un papier brillant ou satiné à un support mat), l’imprimante doit purger la tête pour changer d’encre. Cette opération est très gourmande en encre. On peut très simplement s’en rendre compte en regardant la cartouche de maintenance qui s’occupe, entre autres, de récupérer l’encre lors de la purge.

Sur la Stylus Photo R2880, on devait en plus changer manuellement la cartouche puisque les encres étaient solidaires des têtes d’impression. Sur l'Epson Stylus PRo 3880 l’opération s’effectue de manière automatique, mais consomme beaucoup d’encre et demande un certain temps. Ce problème est récurrent chez Epson qui, a priori, ne change pas sa politique technique à ce niveau.

thead thead
Epson Stylus Pro 3880
Nombre de cartouches 9
Technologie UltraChrome K3 Vivid Magenta
Prix moyen par cartouche 51 €
Contenance 80 ml
Prix moyen au ml 0,64 €
Prix total moyen du « plein ». 459 €

Le constat est assez intéressant. Premièrement, le plein coûte cher, plus de 450 euros ! Cependant, la contenance est au rendez-vous et l’on dispose d’une relative bonne autonomie. Par contre, lorsque l’on rapporte le prix de l’encre au ml, on se retrouve beaucoup moins cher que sur les mêmes encres avec la Stylus Photo R2880 : 0,64 € contre 1,14 €.

Il est très difficile de pouvoir prédire avec précision l’autonomie des cartouches. Il y a beaucoup de paramètres qui entrent en compte : le contenu des images, le type et le format de papier, la fréquence d’utilisation de la machine, etc.

Papiers testés

Un autre coût non négligeable dans l’utilisation de ce type d’imprimante est le papier. En effet, la qualité d’un tirage jet d’encre dépend de la qualité de l’imprimante, de la qualité des encres utilisées et enfin et surtout de la qualité du papier.
L’intérêt majeur de ce type d’imprimante est la possibilité de pouvoir réaliser des tirages sur du papier de qualité à fort grammage.

thead thead
Epson Stylus Pro 3880
Grammage accepté (en g.m ⋅²) NC
Épaisseur maximale 1,5 mm

Bien que les constructeurs préconisent l’utilisation de leurs propres papiers, il existe un grand nombre de fabricants indépendants qui proposent des gammes très variées de papier compatibles.

Les différents tests sont réalisés avec des papiers Ilford.

Voici la liste des papiers Ilford utilisés pour les tests :

  • Ilford, Smooth Gloss Paper (290 g .m⋅²), Gallerie : 19,90 € (prix indicatif) les 25 feuilles A4
  • Ilford, Smooth Pearl Paper (290 g .m⋅²), Gallerie : 19,90 € (prix indicatif) les 25 feuilles A4
  • Ilford, Smooth Fine Art (190 g .m⋅²), Gallerie : 20 € (prix indicatif) les 10 feuilles A4

Ilford est un acteur historique (société fondée en 1879) dans la fabrication de produits photographiques, tant pour l’impression jet d’encre que pour les procédés argentiques couleur. Racheté en 2005 par Oji (le plus grand fabricant de papier japonais), Ilford développe, entre autres, une gamme complète de supports jet d’encre destinée aussi bien aux professionnels qu’au grand public.

La gamme de papiers Ilford Gallerie est spécialement conçue pour les imprimantes à jet d’encre. On peut trouver des papiers brillants, perlés, baryté et mat.

Ces papiers sont équipés d’un couchage nanoporeux HDR (High Dynamic range), il sont compatibles avec les encres pigmentaires et à base de colorant et sont disponibles dans de nombreux formats (en feuille ou en rouleau).

epson stylus pro 3880 test reviewLes trois papiers Ilford utilisés pour nos tests.

Ilford met à disposition, sur son site Internet (www.ilford.com) des profils ICC pour l’utilisation de leurs différents papiers. Les profils ICC sont personnalisés en fonction du type de papier de la marque et du modèle de son imprimante. Dans notre cas, on retrouve les modèles Canon, Epson et HP.

En France, les produits Ilford sont distribués par Lumière Imaging. La liste des revendeurs est accessible sur le site Internet www.lumiere-imaging.fr

Protocole de test

En préambule de nos tests sur la qualité des tirages, revenons sur notre protocole.

Qu’attend-on d’une imprimante photo ?

  • Qu’elle réalise des tirages de qualité.

  • Qu’elle soit polyvalente.

  • Qu’elle soit simple à installer et à mettre en œuvre.

  • Qu’elle soit simple et ludique à utiliser.

  • Qu’elle soit discrète.

  • Qu’elle offre un bon rapport qualité/prix.

  • Etc.

L’objectif de ces tests est d’essayer de porter un avis, le plus objectif possible, sur chacun de ces aspects.

Bien entendu il est très difficile d’être parfaitement objectif dans la mesure où il est strictement impossible de tester uniquement l’imprimante. C’est bien un trio que nous testons : Imprimante – Encre – Papier.

epson stylus pro 3880 test reviewLes trois imprimantes A3 testées sur Focus Numérique : Epson Stylus Photo R2880, Canon Pixma pro 9500 Mk II

et HP PhotoSmart Pro B9180.

Comme nous l’avons déjà évoqué, nous avons choisi de tester les différentes imprimantes en les passant au laboratoire dans les mêmes conditions. Pour réussir cela, il faut réduire au maximum le nombre de variables (qui sont nombreuses en impression numérique). Les imprimantes sont toujours testées avec les mêmes papiers (volontairement « non constructeur »). Nous travaillons avec des papiers Ilford avec différents aspects de surfaces : mat, brillant et satiné.

Le deuxième aspect délicat à prendre en compte dans la conception de ce genre de test est son type d’utilisation. En effet, selon la manière dont on utilise une imprimante, la qualité des résultats peut grandement varier. Pour cela nous avons défini deux cadres d’utilisation standards qui sont finalement liés à la gestion de la couleur :

  • Gestion de la couleur laissée au pilote de l’imprimante : le mode tout automatique, le plus simple et le plus souvent utilisé.

  • Utilisation d’un profil ICC personnel : on prend le contrôle de la gestion de la couleur en réalisant des profils ICC personnalisés pour chacun des papiers référencés que l’on utilise pour les tirages tests. C’est l’utilisation la plus experte qui nécessite du matériel supplémentaire (système de « hard proofing » avec un spectrocolorimètre et un logiciel de génération de profils ICC).

Le test s’articule en deux grandes parties.

La première consiste à évaluer l’ergonomie de l’appareil : prise en main, qualité de construction, design, chargement papier, changement des cartouches d’encre, connexions, pilote d’impression, vitesse d’impression et coût des consommables.

La seconde porte un jugement sur la qualité des tirages qu’elle délivre.

Pour bien aborder cette partie, il faut commencer par se demander quels sont les défauts que l’on peut attribuer à un tirage papier ?

  • Mauvaise reproduction des couleurs (par exemple sur les teintes chair).

  • Manque de saturation des couleurs.

  • Problèmes de neutralité.

  • Manque de détails dans les ombres et les lumières.

  • Les éventuels défauts de métamérisme.

  • Mauvaise reproduction des détails.

  • Défauts d’interprétation des fichiers par l’imprimante.

  • Etc.

Nous avons séparé nos réflexions en trois parties : le rendu des couleurs, le rendu des valeurs et le rendu des détails.

Nous avons inclus des tests dits « objectifs » faisant intervenir un instrument de mesure et des valeurs chiffrées pour quantifier certains types de défauts et des tests dits « subjectifs » faisant intervenir une évaluation visuelle de la qualité de restitution des tirages de l’imprimante.

C’est la partie la plus délicate à traiter, la plus subjective. Vous n’avez pas le choix, il faut nous faire confiance.

Pour plus d’informations sur nos méthodes de test, vous trouverez bientôt sur Focus Numérique la retranscription des conférences sur ce sujet que nous avons tenues au Salon de la Photo 2009 sur le stand des Agoras du Net.

Nous utilisons différents types de matériel pour réaliser nos tests :

  • La suite Color Confidence Profiler Pro composée d’un spectrocolorimètre EFI ES 1000 et le logiciel Print Profiler Pro (www.colourconfidence.com)

  • Pixelo Studio Test Visual Chart couleur et noir et blanc pour l’évaluation subjective de la qualité de restitution des tirages.

  • Mires Pixelo Studio Measure Chart pour les différentes mesures à réaliser.

  • Scanner Epson V700.

  • Chartes de profilage TC9.18.

epson stylus pro 3880 test reviewLe spectrocolorimètre EFI ES 1000.

epson stylus pro 3880 test reviewPixelo Visual Test Chart. Et le Pixelo Measure Test Chart.

Rendu des valeurs

Neutralité et bascules

C’est le visuel du verre d’eau qui permet d’évaluer subjectivement la neutralité des tirages.

En laissant l’imprimante gérer les couleurs, les tirages semblent parfaitement neutres malgré une légère sensation de bascule magenta dans les hautes lumières (les valeurs claires). Ces constatations sont les mêmes pour le papier brillant et perlé. Pour le papier mat (qui dispose d’une teinte chaude) l’effet est moins visible.

Avec nos profils personnalisés, tous les tirages sont neutres même si l’on obtient des résultats plus chauds qu’en laissant l’imprimante gérer les couleurs.

Voyons si nos mesures confirment les sensations visuelles obtenues.

Les deux courbes a* et b* représentent les axes rouge-vert et jaune-bleu du Lab*.

Plus le a* est positif, plus la teinte est rouge, plus il est négatif, plus la teinte est verte.

Plus le b* est positif, plus la teinte est jaune, plus il est négatif, plus la teinte est bleue.

Epson Stylus Pro 3880 test reviewValeurs en a* et b* mesurées sur une gamme de gris allant du noir au blanc, depuis un fichier RVB.

Epson Stylus Pro 3880 test reviewGamme de gris dans l’espace Lab*

Première constatation, le papier présente une légère teinte bleutée.L’analyse spectrale du papier (non présentée ici) nous fait penser à la faible présence d’agent de blanchiment (azurant optique).

Deuxième constatation, le profil imprimante corrige les teintes vertes de la gamme de gris, mais introduit du bleu dans les gris moyens.

Pour compléter le test, nous avons comparé les résultats obtenus en laissant l’imprimante gérer les couleurs, et en utilisant notre profil personnel.

Epson Stylus pro 3880 test reviewValeurs en a* et b* mesurées sur une gamme de gris allant du noir au blanc, depuis un fichier RVB.

epson stylus pro 3880 test reviewGamme de gris dans l’espace Lab*

On note que le profil personnel s’adapte mieux à la teinte bleutée du papier. Les gris moyens sont plus neutres.

Reproduction de la gamme de gris

Dans un premier temps, nous avons étudié la reproduction de la gamme de gris sans gestion de la couleur et avec la gestion de la couleur de l’imprimante (« laisser l’imprimante gérer les couleurs » dans le menu impression de Photoshop).

Nous avons représenté la gamme de gris selon la clarté L* (échelle de clarté proche de la vision humaine) dans le graphique suivant :

epson stylus pro 3880 test reviewLa courbe de reproduction de la gamme de gris en clarté L* (clarté affiché à l’écran/ clarté imprimée)
Min L*: Max L*: Min D: Max D:
Espon 3880 Ilford Smooth Gloss Gestion de la couleur imprimante 5,09 95,63 0,05 2,25
Espon 3880 Ilford Smooth Gloss Sans gestion de la couleur 4,43 95,64 0,05 2,31

On remarque que le pilote d’impression Epson linéarise la courbe de l’imprimante : c’est le but recherché. Cependant, la courbe est plus abrupte, dans les noirs profonds. Elle est plus douce, dans les hautes lumières.

Ceci permet d’obtenir une densité maximum très dense, tout en portant l’accent sur les tons moyens. On aurait préféré une plus grande linéarité de la courbe ; c'est-à-dire garder une bonne concordance entre les clartés affichées à l’écran et celles imprimées.

Pour compléter le test, nous avons comparé les résultats obtenus en laissant l’imprimante gérer les couleurs, et en utilisant notre profil personnel.

Epson Stylus Pro 3880 test reviewCharteDeGris GestionCouleurPerso.jpeg La courbe de reproduction de la gamme de gris en clarté L* (clarté affiché à l’écran/ clarté imprimée)

Finalement, les gammes de gris diffèrent peu entre le profil perso et la gestion de la couleur imprimante. Preuve que la gestion de la couleur de l’imprimante est ici étudiée pour donner de bons résultats, et non pour être juste flatteuse.

Rendu des couleurs

Teintes chair

Les teintes chair sont un aspect particulièrement sensible dans l’appréciation de la qualité d’un tirage jet d’encre. En effet dans les teintes chair on demande à l’imprimante d’être très précise vis-à-vis des différentes nuances de couleurs à restituer pour ne pas perdre de détails.

Sur les essais réalisés en laissant la gestion de la couleur à l’imprimante, les tons chair sont doux et agréables à regarder. On déplore par contre (et c’est souvent le cas) un lissage trop fort des fins détails ce qui gomme toutes les petites aspérités de la peau qui sont présentes sur le fichier original.

C’est le traitement interne du driver de l’imprimante qui est capable d’identifier les teintes chair et d’y appliquer des algorithmes spécifiques. Nous avons retrouvé ce même type de traitements (mais encore plus exagéré) lors de notre test de la Canon Pixma Pro 9500 Mark II. Lors du grand test comparatif des imprimantes A3 (publié en Juillet dernier) seul HP préservait les détails des teintes chair.

Epson Stylus Pro 3880 test reviewÀ gauche épreuvage écran (profil imprimante), à droite épreuvage écran (profil personnalisé) .

En utilisant nos profils ICC personnalisés, nous arrivons à préserver tous les petits détails des teintes chair, on se rapproche beaucoup plus du fichier original. Par contre, les teintes chair sont moins « lumineuses » c’est moins flatteur mais c’est le fichier numérique …

Il n’y a pas vraiment de différences notables entre les papiers brillant et perlé. Par contre, le rendu sur le papier mat (très voir trop texturé) est assez décevant.

Gamut et saturation maximum

Le gamut d’une imprimante correspond à l’enveloppe des couleurs reproductibles par le trio imprimante – encre – papier. Le gamut est représenté dans l’espace Lab* où L* correspond à la clarté, le a * à l’axe rouge– vert et le b * à l’axe jaune - bleu.

Nous avons d’abord comparé le gamut de l’ancienne Epson 3800 et celle de l’Epson 3880. Le papier utilisé ici est l’Ilford Galerie Smooth Gloss.

Dans la vidéo suivante, le gamut de la 3880 est en rouge transparent et celle de la 3800 est aux couleurs Lab*.

Comparaison des gamuts de l’Epson 3800 et de l’Epson 3880.

Nous pouvons remarquer l’amélioration des couleurs reproductibles entre ces deux générations d’imprimantes. La 3880 est dotée d’encres magentas et vertes plus saturées. La nouvelle encre magenta est également plus claire, permettant ainsi d’être plus proche des gamuts sRGB et AdobeRGB couramment utilisés en photo numérique.

Nous avons, par la suite, comparé les gamuts de l’Epson 3880 avec nos trois papiers.

Dans les vidéos suivantes, le gamut Imprimante-Encre-Papier est aux couleurs Lab*. L’espace couleur sRGB est représenté par des lignes noires et l’Adobe RGB en rouge transparent.

Le gamut du couple Epson 3880 / Ilford Galerie Smooth Gloss, comparé aux espaces sRGB et AdobeRGB98.

La comparaison entre les gamuts de l’imprimante et les gamuts du sRGB et de l’AdobeRGB est intéressante. Elle permet de pré- visualiser les problèmes posés par la gestion de la couleur. On voit ici que le gamut de l’imprimante est très proéminent dans les jaunes et les bleus. On apprécie également l’effort effectué dans les magentas et les verts. Ces teintes, comme on peut encore le voir, posent certaines difficultés en termes de gestion de la couleur RVB.

Le gamut du couple Epson 3880 / Ilford Galerie Smooth Pearl, comparé aux espaces sRGB et AdobeRGB98.

On remarque peu de différences entre les résultats obtenus avec l’Ilford Smooth Gloss et l’Ilford Smooth Pearl. Les deux papiers sont capables d’imprimer des images aussi saturées.

Le gamut du couple Epson 3880 / Ilford Smooth Fine Art, comparé aux espaces sRGB et AdobeRGB98.

Les papiers Fine Art, et plus généralement les papiers mats, ne permettent pas d’égaler les saturations des papiers brillants. On l’observe ici avec son gamut réduit.

Afin de compléter nos tests, nous avons imprimé une série d’images et de chartes. Nous avons comparé les résultats en laissant l’imprimante gérer les couleurs et en utilisant un profil d’impression réalisé avec la suite logiciel Color Confidence.

Dans le graphique suivant, nous n’avons représenté que les valeurs primaires et secondaires.

epson stylus pro 3880 test reviewComparaison des couleurs primaires et complémentaires dans l’espace Lab*

On remarque que le profil perso nous donne des résultats plus saturés en jaune, magenta et bleu, mais moins saturés en cyan. Il s’adapte certainement mieux aux contraintes posées par le papier, et la gestion de la couleur de manière plus générale.

Rendu des détails

Ombres et lumières

Quelle que soit la méthode d’utilisation de l’imprimante, les différentes nuances dans les ombres (les zones sombres de l’image) sont parfaitement restituées. On dispose de tous les détails présents sur le fichier original. Par contre, au niveau des détails dans les hautes lumières nos profils personnalisés font mieux que la gestion de la couleur laissée à l’imprimante.

FTM

Nous avons imprimé une charte de détails sur notre imprimante. Son fonctionnement est calqué sur celui de la charte USAF 1951 utilisée en optique. Elle nous permet d’apprécier visuellement la reproduction des détails de l’imprimante.

La charte a été imprimée horizontalement et verticalement, à 288 DPI, soit 1/10 ème de la résolution indiquée par le constructeur. Les valeurs indiquées sont en cycle par mm. Un cycle est l’ensemble 1 bande noire + 1 bande blanche.

Pour plus d’informations sur la charte USAF 1951, nous vous invitons à visiter la page dédiée sur Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/1951_USAF_resolution_test_chart

Nous avons également imprimé un mini test couleur.

Les impressions ont été scannées à 600 dpi, soit plus de 2 fois la résolution imprimée.

Les tests de résolution de l’imprimante.

Cette charte, une fois imprimée, n’a d’intérêt que dans un cadre comparatif. Nous ne pourrons réellement tirer de conclusions que lors de prochains tests à venir.

Verdict

epson stylus pro 3880 test review

On aurait tort de croire qu’il est simple de réaliser des tirages photo « grand format » avec ce type d’imprimante. Le tirage jet d’encre numérique est comparable au tirage photo argentique traditionnel, il apporte une contrainte supplémentaire : l’écran !

Généralement les retouches des photos sont réalisées sur cet écran et on ne demande qu’une seule chose à son imprimante : reproduire avec précision et exactitude l’image que l’on observe à l’écran. Pour réussir cela, il ne faut pas avoir peur d’user du papier et de l’encre pour les nombreux tests à réaliser avant d’obtenir le résultat voulu.

On peut comparer l’utilisation d’une imprimante avec son pilote à l’utilisation d’un reflex numérique en JPEG. L’appareil applique automatiquement et systématiquement des traitements spécifiques aux images afin d’optimiser leur rendu sur le tirage. C’est le travail du RIP (Raster Image Processor) associé au pilote d’impression et au système de gestion de la couleur.

Il est particulièrement difficile de pouvoir prendre le contrôle total de son imprimante et de maîtriser ainsi le rendu esthétique de ses tirages. Cette opération nécessite un investissement temporel et financier que peu d’utilisateurs peuvent se permettre. La majorité des utilisateurs doivent se contenter des automatismes embarqués et peuvent uniquement intervenir sur les différents paramètres accessibles via le pilote de leur imprimante.

Cependant, quel plaisir de pouvoir réaliser chez soi ses propres tirages photo. Quel plaisir de voir l’image apparaître au fur et à mesure en sortant de son imprimante. C’est presque aussi beau que de regarder une image se former dans un bac de révélateur en tirage argentique noir et blanc.

En matière d’impression photo jet d’encre, la réputation d’Epson n’est plus à faire. Déjà le modèle Epson Stylus Photo R2880 était sorti vainqueur de notre grand test comparatif des imprimantes A3+. Avec la 3880, la qualité des tirages est au rendez-vous, on dispose des mêmes types de résultats qu’avec la 2880, les deux machines utilisent les mêmes encres et la nouvelle Epson Stylus Pro 3880 mérite donc facilement son "recommandé".

Les défauts que l’on peut reprocher à cette imprimante sont d’ordre plus pratique : pas de possibilité d’imprimer sur des rouleaux, une seule tête d’impression pour le noir mat et le noir photo (toujours le même problème que sur la 2880 même si sur le 3880 il n’est pas nécessaire de changer de cartouche d’encre), des éléments qui sembles fragiles (plateaux papier), etc. Des petits défauts pour certains étonnants compte tenus de sa position clairement professionnelle selon Epson.

Par contre, on apprécie particulièrement le design, la disposition d’un écran sur le dessus de l’appareil, les fortes contenances des cartouches d’encre, la compacité (en mode « fermé »).

Impression noir et blanc

Afin de compléter nos tests, nous avons imprimé une série d’images et de chartes en Noir et Blanc. Nous avons comparé les résultats en laissant l’imprimante gérer les couleurs et en utilisant un profil d’impression réalisé avec la suite de logiciels Color Confidence.

Pour cette série de tests, nous avons choix le papier Ilford Smooth Fine Art.

Voici nos résultats :

thead thead thead thead thead
Min L:* Max L:* Min D: Max D:
Epson 3880 Ilford Smooth Fine Art (profil personnel) 17,29 97,23 0,03 1,63
Epson 3880 Ilford Smooth Fine Art (profil imprimante) 16,51 97,23 0,03 1,66

Les densités maximales sont moins importantes : les papiers fine art ne sont pas capables de reproduire des noirs aussi denses qu’un papier brillant.

En adoptant la gestion de la couleur par l’imprimante, on obtient ici des résultats plus linéaires et plus denses qu’avec des profils personnels. L’Epson gère bien la gamme de gris en noir et blanc.

Le profil imprimante, comme en couleur, introduit du bleu dans les gris moyens. Les tirages sont très légèrement plus froids. De son coté, le profil perso rend les ombres plus chaudes (teinte jaune).

Epson Stylus pro 3880 test review Valeurs en a* et b* mesurées sur une gamme de gris allant du noir au blanc, depuis un fichier Noir et Blanc.

+
  • Excellente gestion de la couleur en mode automatique
  • Saturation et étendue du gamut
  • Capacité des cartouches d’encre
  • Connexion réseau
  • Une seule tête d’impression pour l’encre noire mate et noire photo
  • Pas de chargement papier rouleau
  • Système de chargement des supports épais
  • Pilote d’impression complexe
  • Traitements trop forts sur les teintes chair en automatique
  • Solidité de certains éléments (plateau de réception papier)
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession.

Matthieu Dubail

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