Suite et fin de notre test complet du nouvel hybride professionnel de Sony : l'Alpha 9. Après nos mesures en studio, nous avons testé le boîtier sur le terrain, en conditions réelles, lors d'évènements sportifs.

CapteurCMOS Exmor RS®, plein format 35 mm (35,6 x 23,8 mm), 24,2 Mpx
MontureE
Optique livréeNA
StabilisationMécanisme de décalage du capteur d'image avec compensation sur 5 axes
AntipoussièreRevêtement de protection antistatique sur le filtre optique et mécanisme de décalage du capteur d'image
ViseurOLED Quad-VGA 3,7 Kpx, 0,78X, 100%
FlashNon, Griffe porte accessoires
ÉcranTFT 7,5 cm 1,4 kpx tactile et orientable (haut - bas)
Mise au pointMise au point auto. avec détection de phase/mise au point auto. avec détection du contraste, 693 points (détection de phase AF)
Modes autofocusAF-S (mise au point automatique pour prise de vue unique), AF-C (mise au point automatique en continu), DMF (mise au point manuelle directe), mise au point manuelle
Mesures d'expositionMesure d'évaluation de 1 200 zones, EV-3 à EV 20, + /- 5 EV (paliers de 1/3 EV et 1/2 EV sélectionnables)
Modes d'expositionAUTO (iAuto), Exposition automatique programmée (P), Priorité à l'ouverture (A), Priorité à la vitesse d'obturation (S), Manuel (M)
Vitesse d'obturationObturateur mécanique : 1/8 000 à 30 secondes, Obturateur électronique : 1/32 000 à 30 secondes, Synchro flash 1/250 s
Motorisationmax. 20 images/s
Sensibilité ISOObturateur mécanique : 100 – 51 200 ISO (les valeurs ISO comprises entre 50 ISO et 204 800 ISO peuvent être définies en tant que gamme ISO étendue
MémoirePORT 1 : Emplacement pour carte mémoire SD (compatible UHS-I/II), PORT 2 : Multiples emplacements pour carte mémoire Memory Stick Duo™ / SD (compatible UHS-I)
Format image photoJPEG, RAW, 6000 x 4000 (24 mégapixels)
Format image vidéoXAVC S : MPEG-4 AVC/H.264, 3840 x 2160 (30p, 100 mégapixels)
AlimentationBatterie rechargeable NP-FZ100 (480 vues avec viseur, 650 avec LCD : normes CIPA)
ConnexionWi-Fi, Bluetooth, NFC, micro HDMI, casque, micro, LAN, micro USB
Dimensions126,9 mm x 95,6 mm x 63,0 mm
Poids673 g
LogicielsNC
Dans la boîteCordon d'alimentation, Batterie rechargeable NP-FZ100, Protecteur de câble, Adaptateur secteur : AC-UUD12, Bandoulière, Capuchon de protection, Cache griffe porte-accessoire, Œilleton de visée, Câble micro USB

Présentation
Prise en main et fonctionnalités

Premiers contacts

Malgré sa nouvelle filiation, le Sony Alpha 9 conserve les lignes générales de la série Alpha inaugurée par Sony en 2013. Le boîtier est très compact et doté d'une large poignée. Dans ses dimensions, il est assez proche de l'A7R II, mais vous noterez quelques changements ergonomiques bienvenus. Nous aurions apprécié un nouveau design un peu moins "industriel" et un peu plus élégant, mais le nouvel A9 reste cohérent avec le reste de la gamme 24x36 de la marque.

Sony indique que son boîtier est résistant aux éclaboussures et poussières. Toutefois, nous n'avons pas trouvé de joints d'étanchéité au niveau des différentes trappes (batterie et cartes mémoires). Pour un boîtier professionnel qui sera soumis aux pires conditions climatiques, ce manque de protection est un choix vraiment critiquable, surtout que des concurrents moins onéreux comme l'Olympus OM-D E-M1 Mark II ou le Panasonic GH5 se présentent comme beaucoup plus résistants à l'eau, notamment.

Certaines pièces, dont les différents capuchons des connectiques, paraissent également un peu légères, et nous avons un doute quant à la résistance de l'écran LCD aux rayures, les précédents modèles A7 s'avérant assez fragiles. Par rapport aux Canon EOS-1D X Mark II et Nikon D5 — ses compétiteurs directs —, le niveau de finition semble un bon cran en dessous. Ce n'est bien évidemment qu'une première impression et seuls des essais à plus long terme permettront de juger de la résistance du boîtier à l'usure.
Les ingénieurs de la marque ont toutefois apporté quelques améliorations pour renforcer le boîtier. Ainsi, le grip est désormais en alliage de magnésium et la monture dispose de 6 vis, contre 4 généralement.

Ergonomie

Si l'A9 ressemble à ses grands frères, il intègre également un lot significatif de modifications pour offrir, notamment, une ergonomie plus proche des boîtiers professionnels, donc des accès directs à différentes options (sur le terrain, il faut pouvoir changer rapidement la motorisation ou le mode autofocus, par exemple).

Les changements les plus visibles concernent le dessus de l'appareil, notamment l'épaule gauche, qui accueille un barillet pour le choix de la motorisation et le bracketing verrouillable. Au-dessus, une couronne, elle aussi verrouillable, permet de changer de mode autofocus. Le verrou est malheureusement assez mal placé et l'opération peut s'avérer un peu délicate selon la position du levier.

L'épaule droite est un véritable centre de contrôle du boîtier. On y trouve le barillet pour le choix du mode d'exposition (comportant les traditionnels modes PSAM), un mode vidéo, un mode auto et un mode Slow & Quick (vidéo), ainsi que 3 modes personnalisés pratiques pour configurer 3 scénarios de prise de vue. À l'avant et l'arrière de la poignée, les deux molettes de réglage s'avèrent un peu petites ; nous aurions préféré une présence plus affirmée. Quant au correcteur d'exposition, il est dépourvu de mécanisme de verrouillage. Dommage, car nous avons plusieurs fois retrouvé le boîtier en sous- ou sur-exposition à la sortie du sac photo. Vous trouverez également deux commandes C1/C2 personnalisables. Avec l'habitude, les différentes commandes "tombent" bien sous les doigts, et même si la tentation est forte d'utiliser le correcteur d'exposition à la place de la molette de réglage, les marques sont rapidement prises.

Hybride Sony Alpha 9, test review, vue de dessus

Le dos du boîtier est plus classique : large écran, roue codeuse elle aussi personnalisable, touches lecture et corbeille (ou poubelle), commande Fn pour accéder à un menu personnalisable et boutons AF-On et AEL. La bonne surprise est l'arrivée d'un joystick, servant à la fois à naviguer dans les menus, mais aussi et surtout à déplacer les collimateurs AF. La commande vidéo, qui était placée sur les boîtiers précédents à l'arrière de la poignée) se déplace à proximité du viseur électronique, ce qui qui évite les mises en route intempestives. Une commande donne bien sûr accès aux menus et une nouvelle touche C3, là encore personnalisable, fait son apparition. La roue codeuse s'avère assez agréable à l'usage, mais dans la précipitation, il est arrivé souvent d'appuyer trop fortement sur une de ses extrémités et de déclencher une option. La version Canon de la roue codeuse est moins polyvalente, mais le risque de fausse manœuvre est aussi bien plus limité. Il est toutefois possible de désactiver les options de la roue codeuse pour une utilisation plus "sportive".

Hybride Sony Alpha 9, test review, dos du boîtier, boutons et écran

Visée : écran et viseur

L'écran LCD au ratio 4/3 est monté sur une double charnière autorisant une inclinaison vers le bas (45°) ou vers le haut (90°) et, ô joie, il est enfin tactile : une première sur la série Alpha 24x36 ! Nous le demandions depuis si longtemps !
Le tactile est toutefois limité : vous ne pourrez pas, par exemple, naviguer dans les menus ou, en mode lecture, passer d'une image à l'autre d'un doigt ou zoomer en écartant deux doigts, comme sur un smartphone. Pire, vous ne pouvez pas vous servir du tactile pour entrer les informations de copyright (!), de réseau (!!) ou les options en vidéo pour des actions silencieuses (!!!). Il faudra donc se contenter de l'écran tactile pour choisir la zone de mise au point ou zoomer en double tapant l'écran. Nous regrettons également que les ingénieurs n'aient pas opté pour un écran sur rotule, qui offre une plus grande liberté de mouvement et surtout la protection de l'écran en le retournant contre le dos de l'appareil.

Le viseur électronique atteint désormais une définition de 1 280 x 960 px contre 1 024 x 768 px. La précision est donc meilleure et le rafraîchissement à 120 i/s (en option, le mode normal est à 60 i/s) assure une excellente fluidité. En mode rafale à 20 i/s, la cadence reste bloquée à 60 i/s. Le grossissement de 0,78x est très appréciable, et plus large que sur les deux concurrents Canon et Nikon. La visée électronique permet d'afficher de nombreuses informations dans le viseur, comme des grilles d'aide à la composition, un niveau électronique sur 2 axes, le focus peaking ou un histogramme d'exposition.

Le plus impressionnant reste l'absence de moment aveugle (ou black out) pendant la prise de vue. C'est une première dans le monde de la visée électronique, et un avantage certain par rapport aux reflex qui, fatalement, lorsque leur miroir est relevé, n'ont plus de vision de la scène cadrée. Avec le Sony A9, vous pouvez suivre le déplacement d'un sujet tout en le photographiant sans jamais le perdre de vue.

Boîtier hybride Sony Alpha 9, test review, écran tactile orienté vers le bas Boîtier hybride Sony Alpha 9, test review, écran tactile orienté vers le haut

Stockage, connexions et batterie

Côté stockage, l'A9 dispose de deux emplacements, dont un au format UHS-II. D'après les ingénieurs, le contrôleur UHS-II est trop encombrant pour que l'on puisse en mettre deux dans le boîtier (!), et le slot UHS-I est de plus compatible avec les cartes Memory Stick de la marque. Vous pouvez les utiliser en mode débord, copie et enregistrement séparé RAW/JPEG ou Photo/Vidéo. Les cartes SD ne sont pas aussi rapides que les formats utilisés chez Canon (C.Fast) et Nikon (XQD), mais elles ont le grand intérêt d'être universelles. Enfin, un connecteur "intelligent" au niveau du sabot du flash permet de relier un bloc XLR, une torche LED ou un autre micro stéreo.

Boîtier hybride Sony Alpha 9, test review, logements cartes mémoire

Côté connectique, l'A9 fait le plein avec quelques nouveautés, dont une prise Ethernet et une prise synchro flash. Vous retrouverez aussi une sortie HDMI, une sortie Micro-USB, une entrée micro stéréo et une sortie casque. En outre, le boîtier est équipé d'une puce Wi-Fi / NFC et Bluetooth : il ne lui manque qu'une puce GPS pour être complet. Sony a préféré l'option Smartphone + Bluetooth pour géomarquer les images.

Boîtier hybride Sony Alpha 9, test review, logements connectiques

L'autonomie assez faible des hybrides a souvent été un frein à leur adoption par les professionnels. La nouvelle batterie NP-FZ100 de 16,4 W.h est annoncée pour une autonomie entre 400 et 600 vues. Lors de nos essais et en utilisant principalement le mode rafale, certes moins gourmand en énergie, nous avons largement dépassé les 2 600 clichés (et quelques minutes de vidéo) lors du meeting d'athlétisme de Montreuil, tout en conservant 60 % de la batterie, ce qui porte l'autonomie — dans cet usage particulier — à plus de 6 500 photos par batterie. Là encore, la progression est vraiment impressionnante. La poignée d'alimentation (VG-C3EM, 400 €) peut doubler cette autonomie, mais elle n'est malheureusement pas livrée en standard, de même que la petite poignée additionnelle. Dommage.

Notez que le chargeur secteur indique désormais le niveau de charge de batterie et qu'il est possible de la recharger via le port Micro-USB en moins de 3 heures.

Boîtier hybride Sony Alpha 9, test review, logement batterie et batterie

Stabilisation mécanique

Prendre garde aux poussières

Avec la disparition du miroir et l'obturateur mécanique ouvert (visée électronique oblige), les capteurs sont en contact direct des poussières. Les premiers fabricants d'hybrides (ou compacts à objectifs interchangeables) l'ont bien compris et Olympus fut l'un des premiers à proposer un système de dépoussiérage propriétaire (très performant) par ondes supersoniques. Chez Sony, c'est par vibration du capteur que les poussières sont théoriquement décollées. Théoriquement. En pratique, le système est peu efficace ; même après plusieurs cycles de nettoyage, de grosses poussières (grasses et sèches) sont parfaitement visibles. L'achat d'un kit d'entretien sera rapidement indispensable.

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Stabilisation

Tout comme la série A7x II, l'A9 dispose d'une stabilisation 5 axes par déplacement du capteur qui fonctionne donc avec toutes les optiques. Le capteur est monté sur un système électromagnétique capable de gérer très finement ses déplacements sur les axes X (gauche/droite) et Y (haut/bas), mais aussi les mouvements angulaires de tangage (Pitch), de lacet (Yaw) et de roulis (Roll). Le phénomène de roulis ne peut pas être corrigé par une stabilisation optique, qui ne fonctionne que sur 4 axes.

système de stabilisation mécanique chez Sony (A7 II)

Nous avons réalisé un test de stabilisation avec le 24-70 mm f/2,8 positionné à 70 mm. Le système permet de gagner assez facilement de 2 à 3 IL et il sera même possible de réaliser, avec 70 % de chance, des photos nettes au 1/5 s à 70 mm. Au-delà, les performances s'écroulent et la stabilisation n'arrive pas à compenser les mouvements du photographe.


Voici une image réalisée au 1/5 s à main levée, avec le détail à 100 % dans le carré jaune.

Boîtier hybride Sony Alpha 9, test review, qualité d'image, stabilisationExemple d'image réalisée avec le Sony A9 à main levée au 1/5 s avec le 24-70 mm à 70 mm.

Performances
Réactivité, rafale, autofocus : les chronos

La réactivité d'un boîtier professionnel est bien sûr essentielle et nombreux sont ceux qui attendent le Sony A9 au tournant, notamment au niveau de la mise sous tension, véritable talon d'Achille des boîtiers de la marque. Les ingénieurs ont manifestement bien travaillé et optimisé l'électronique de l'A9, car il est disponible en 0,6 s. Un excellent point. La mise au point en pleine lumière est très rapide et précise ; seul l'autofocus en basse lumière (sans assistance AF) est un peu décevant, mais loin d'être rédhibitoire. La latence au déclenchement est quasi nulle. L'A9 se montre donc à la hauteur de ses prétentions.


Sony annonce une rafale à 20 i/s et nos chronos corroborent les dires de la marque. Que le boîtier soit configuré en JPEG ou RAW + JPEG, il aligne avec une régularité de métronome les images toutes les 0,05 s avec, au final, une cadence à... 20 i/s. Avec des cartes rapides (nous avons testé l'A9 avec les dernières cartes Sony UHS-II), il "encaisse" sans broncher 227 vues RAW + JPEG et 362 JPEG, soit pratiquement 18 secondes en continu. De quoi appréhender un 100 m en toute tranquillité.

Suivi autofocus

Le module autofocus du Sony A9 est également scruté à la loupe par les photographes sportifs. Les ingénieurs ont sorti l'artillerie lourde, à savoir sans doute le meilleur autofocus du moment. Il bénéficie de 693 points AF par corrélation de phase embarqués sur le capteur principal — un nombre de collimateurs largement supérieur à celui du Canon EOS-1D X Mark II (61 points, dont 21 croisés) ou du Nikon D5 (153 points, dont 99 croisés) et qui permet de couvrir 93 % de la surface cadrée. Là encore, c'est une première et le bond en avant est vraiment important. Sony annonce de plus une sensibilité jusqu'à -3 IL, là ou Nikon annonce -4 IL et Canon, -3 IL.

C'est également la première fois que Sony dévoile sa technologie de mise au point continue 4D AF, et les résultats sont excellents. Nous avons testé l'A9 de manière classique sur un sujet en marche avançant en direction du photographe, mais aussi à Roland-Garros et lors d'un meeting d'athlétisme. Dans tous les cas, le Sony A9 s'est admirablement comporté.

Dans la plupart de nos tests, nous avons utilisé la configuration assez classique en sport : spot flexible élargi. Dans d'autres cas, nous avons utilisé le mode large pour profiter du suivi autofocus automatique.

Pour tester le Sony A9 en conditions réelles, nous avons couvert le meeting d'athlétisme de Montreuil. Sur les différentes épreuves comme le saut en longueur, le saut à la perche, la course ou le lancer de marteau, le boîtier s'est remarquablement comporté.

Boîtier hybride Sony Alpha 9, test review, test terrain au meeting d'athlétisme de Montreuil 2017Sur un saut en longueur, le suivi AF du sujet est très bon et le taux de déchet, assez faible. Une belle performance.

Au final, le suivi AF s'est montré précis et rapide. On pourra toujours demander à ce qu'il soit plus rapide, mais le système Sony se hisse facilement à la hauteur de ses principaux concurrents.

Rolling shutter (photo)

Le Sony A9 dispose à la fois d'un obturateur mécanique et électronique ce qui lui permet d'atteindre des temps de pose très courts, jusqu'au 1/32 000 s. Le problème des obturateurs électroniques, c'est la présence d'effets de rolling shutter causant des déformations des lignes verticales. Avec le nouveau capteur CMOS empilé (stacked) très véloce, les déformations sont limitées, bien que nous ayons constaté des déformations lors de mouvements très rapides avec une obturation au 1/16 000 s.

Boîtier hybride Sony Alpha 9, test review, qualité d'image, rolling shutterÀ gauche, extrait d'une série d'images au 1/16 000 s en obturation électronique avec un mouvement rapide. À droite, le même mouvement avec l'obturateur mécanique au 1/8 000 s.

Galerie d'images
Le Sony A9 au meeting d'athlétisme de Montreuil

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Un grand merci à Arnaud Ascoua du club d'athlétisme de Montreuil de m'avoir ouvert les portes du stade pour le Meeting International de Montreuil.

Vous pouvez également retrouver l'interview de Christophe Ena, photographe à l'agence AP, qui a testé le Sony A9 lors des Internationaux de France de Tennis de Roland-Garros.

Qualité des images
photo et vidéo

Gestion du bruit électronique


Protocole de test

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5Ds R qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6-1/4 s à une sensibilité de 100 ISO. Le Sony A9 est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 100 ISO. Le temps de pose est alors de 0,4 s.

Nous faisons ensuite varier la durée de la pose et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (.ARW). Le boîtier est configuré par défaut, notamment pour ce qui est de rédaction du bruit électronique.

Comme d'habitude, en plus des vignettes présentées ci-dessous, les images sont toujours observables à 100 % et téléchargeables.


La plage ISO de l'A9 va de 100 à 51 200 ISO et pourra être étendue à 204 800 ISO.

Le Sony A9 est équipé d'un tout nouveau capteur 24x36 de 24 Mpx de technologie BSI stacked (ou en bon français "empilé"). Il s'agit donc d'un capteur Exmor R rétroéclairé (BSI pour Back Side Illuminated) qui peut optimiser la collecte de la lumière.
La technologie est connue et répandue : elle a été d'abord réservée à des capteurs de petite taille, dans les smartphones ou les compacts experts RX100 IV et RX100 V, et existe pour des capteurs 24x36 depuis l'A7R II. Sa nouveauté tient essentiellement à l'intégration de mémoire dans le capteur (c'est pourquoi on parle de "stacked"). La mémoire interne permet d'enregistrer plus rapidement les informations collectées par les photodiodes.

Avec une définition de 24 Mpx (6 000 x 4 000 px) sur un capteur 24 x 36 mm, les photodiodes font environ 6 µm.

Les JPEG

Sony dispose sans doute de la plus belle gamme de capteurs 24x36 du moment avec des définitions de 12 à plus de 42 Mpx. Le nouveau modèle à 24 Mpx délivre des images d'une excellente qualité entre 50 et 800 ISO : le bruit est imperceptible et le rendu des plus fins détails, excellent. Sans un examen poussé à 100 % sur écran, il est difficile de noter la moindre différence entre les clichés. Vous pourrez facilement pousser à 1 600, voire 3 200 ISO sans la moindre hésitation. Même à 6 400 ISO, les clichés sont vraiment impressionnants ; on notera seulement une perte de dynamique avec des noirs un peu bouchés.

Les premiers signes du lissage du bruit électronique sont vraiment visibles à 12 800 ISO et au-dessus. À 12 800 ISO, le grain est discret et l'image conserve une très bonne structure. Les aplats colorés sont peu marqués par la granulation.
À 51 200 ISO, le grain devient visible et se fait plus présent, venant diminuer le contraste de l'image, et le lissage est nettement plus appuyé. La granulation reste toutefois assez fine et présente une structure aléatoire.

Logiquement, les plus hautes valeurs ISO sont plus délicates, avec une perte importante dans le rendu des détails dans les basses lumières. Le grain devient grossier et les détails sont englués dans le traitement des images. Les deux dernières valeurs ISO seront utilisées avec parcimonie.

Oscilloscope

Sous l'œil plus impartial de notre oscilloscope, les fichiers JPEG donnent peu ou prou les mêmes résultats. Le bruit — donc les oscillations — est peu visible jusqu'à 3 200 ISO et devient plus sensible au-delà de 6 400 ISO.

Sony A9 test review montée ISO oscilloscope

JPEG vs RAW

À l'heure de la rédaction de cet article, Adobe Lightroom ne prend pas en charge le nouveau format RAW du Sony A9. Nous avons donc "mouliné" les clichés du nouvel hybride avec Capture One Pro 10 qui est déjà à jour. Rappelons d'ailleurs que le boîtier Sony est livré avec une version complète de Capture One Express, limitée aux fichiers de la marque.

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L'utilisation du fichier RAW à 12 800 ISO ne semble pas présenter un véritable intérêt pour le traitement du bruit électronique. Le fichier JPEG issu du boîtier est par ailleurs mieux accentué (les réglages de Capture One sont laissés par défaut et il est bien sûr possible de modifier le rendu de l'image en jouant sur la netteté ou l'extraction des détails).

sony-a9-jpeg-51200iso-detailsony-a9-raw-C1-51200iso-detail

En poussant l'A9 un peu plus haut dans les sensibilités ISO, le constat est identique : les images JPEG internes sont d'excellente facture et se hissent facilement au niveau du moteur de Phase One, l'accentuation en plus.

Dans la vraie vie (on sort enfin du labo)

Nous avons également réalisé quelques images en extérieur / intérieur avec le 24-70 mm f/2,8 pour évaluer le comportement du Sony A9. Vous trouverez donc une galerie d'images en JPEG / RAW.

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Latitude de travail


Protocole de test

Pour vérifier la plage de travail d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts .ARW avec Adobe Lightroom afin d'obtenir une exposition similaire.


Les capteurs 24x36 Sony sont réputés pour leur excellente latitude de travail : actuellement, les capteurs des A7S II et A7R II offrent la meilleure dynamique. Nous sommes donc un peu déçus par les performances de l'A9 à 24 Mpx. En effet, en surexposition, il plafonne à +2,6 IL et des données sont définitivement perdues à +3 IL, alors que les précédents modèles arrivent à gérer cet écart. Rien de dramatique, mais c'est en très légère baisse.

Boîtier hybride Sony Alpha 9, test review, qualité d'image, latitude de surexposition

En sous-exposition, les résultats sont similaires, et l'on peut remonter des informations dans les zones sombres facilement jusqu'à -3 IL sans montée flagrante de bruit. Au-delà, la granulation devient perceptible (-4 IL), voire prégnante (-5 IL).

Boîtier hybride Sony Alpha 9, test review, qualité d'image, latitude de sous-exposition

Nous sommes donc sur une latitude d'exposition de -4/+2,6 IL, soit 7,6 diaphs dans un jugement subjectif. Les plus exigeants limiteront la sous-exposition à -3 IL, soit une plage de 6,6 diaphragmes, ce qui reste très confortable.

Verdict
Nos conclusions

Sony a créé la surprise en s'attaquant au bastion des reflex sportifs. Le projet était ambitieux, mais Sony s'est vraiment donné les moyens pour y parvenir. L'Alpha 9 est une belle réussite, surtout pour un premier essai, et aligne une fiche technique impressionnante qui tient toutes ses promesses — ou presque — sur le terrain. Les ingénieurs de Sony ont surtout réussi à corriger d'un seul coup les problèmes réuccurents des hybrides, notamment leur autonomie limitée, leur visée électronique parfois capricieuse et manquant de fluidité, leur autofocus pas assez rapide et leur suivi de sujet moins performant.
L'A9 établit même de nouvelles références dans de nombreux domaines : rafale à 20 i/s, autofocus à 693 points portant la couverture à 93 %, déclenchement totalement silencieux, obturation au 1/32 000 s, absence de moment aveugle pendant la rafale...

Le nouvel hybride se démarque également de la concurrence avec des fonctionnalités intéressantes, dont la stabilisation 5 axes, l'absence de front/back focus (la mise au point se fait sur l'imageur principal) ou l'enregistrement vidéo en UHD 30/25p. Techniquement, l'A9 est l'un des boîtiers les plus aboutis du moment, avec une très bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 6 400 ISO. La latitude de travail est confortable sans être exceptionnelle, la visée est relativement précise et très fluide, il dispose de deux emplacements mémoire dont un à la norme UHS-II, ainsi que d'un écran tactile ( !) qui, s'il n'est pas complètement orientable, est également inclinable. L'autonomie de la batterie est en forte hausse, mais nous regrettons que Sony ne livre pas la poignée d'alimentation par défaut ; ce serait plus cohérent vis-à-vis des concurrents, qui intègrent "nativement" cette poignée.

Pour un premier essai dans le monde des hybrides professionnel, le Sony Alpha 9 est une belle réussite, offrant une hausse sensible des performances, une qualité d'image remarquable et des fonctionnalités uniques. Il reçoit donc facilement un recommandé.

+
  • Très bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 6400 ISO
  • Autonomie de la batterie en très nette hausse. Possibilité de recharge via USB
  • Écran LCD inclinable et tactile
  • Viseur électronique, fluide, large et assez précis
  • Autofocus, précis et rapide, le meilleur chez Sony
  • Rafale à 20 i/s
  • Déclenchement totalement silencieux
  • Haut niveau de personnalisation
  • Présence d'une prise Ethernet
  • Stabilisation mécanique efficace avec toutes les optiques
  • Enregistrement vidéo au format UHD 30/25p
  • Obturation électronique jusqu'au 1/32000 s
  • Nombreux assistants pour la vidéo (focus peaking, zébras...)
  • Boîtier très réactif : mise sous tension, autofocus, enregistrement
  • Entrée micro stéréo, sortie casque
  • Connexion Wi-Fi
  • Prise synchro flash
  • Large choix d'optiques tierces avec des bagues d'adaptation
  • Pas de port USB C / Pas de port USB 3
  • Pas de finition à l'épreuve des intempéries
  • Des menus encore parfois complexes à appréhender et peu d'aides contextuelles
  • Pas de mode vidéo 4K (uniquement UHD) et seulement 30/25 i/s
  • Mode de transfert Wi-Fi vers un FTP à améliorer
  • Un seul emplacement carte mémoire à la norme de transfert UHS-II
  • L'écran n'est pas monté sur rotule (manque de protection)
  • Uilisation trop partielle de l'écran tactile (pas de navigation dans les menus)
  • Pas de rétroéclairage des commandes
  • Capteur très sensible aux poussières
  • Format RAW propriétaire
  • Pas de puce GPS intégrée
  • Pas de S-Log / S-Gamut en vidéo
  • Toujours pas de format 1:1 ou cinémascope
  • Pas de flash intégré
En résumé

Pari réussi pour Sony qui propose une évolution majeure de sa gamme de boîtiers hybrides à capteur 24x36. Plus rapide, plus endurant, plus simple à utiliser, l'A9 n'a rien à envier aux ténors sportifs du moment chez Canon ou Nikon, si ce n'est un historique et un support technique professionnel bien plus développé. Mais là encore, les choses peuvent changer.

sony-alpha-9-produit
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Sony A9
Miss Numérique 5299,00 €
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