Capteur24x35,9 mm, CMOS BSI (rétroéclairé), 42,4 Mpx effectifs sur 43,6 au total
MontureE Sony (24x36 / APS-C)
Optique livréeSelon les kits
StabilisationOui, 5 axes, par déplacement du capteur
AntipoussièreOui, revêtement de protection antistatique sur le filtre optique et mécanisme de décalage du capteur d'image
ViseurÉlectronique, dalle Oled XGA de 2 359 296 points, couverture du champ de 100 %. Grossissement de 0,78x. Dégagement oculaire de 23 mm.
FlashNon
Écran7,5 cm avec 1 228 800 points. Orientation de 107° vers le haut et 41° vers le bas. Non tactile.
Mise au pointSystème hybride 25 points pour la détection de contraste et 399 points pour le système à corrélation de phase. Sensibilité : -2 IL.
Mesures d'expositionÉvaluation sur 1 200 zones. Multi-segment, pondération centrale , spot. Correction sur ± 5 IL. Bracketing d'exposition jusqu'à 9 images avec une incrémentation de 1 IL
Modes d'expositionPSAM
Vitesse d'obturation30 s à 1/8000 s
Motorisation5 i/s sur 24 JPEG et 22 RAW
Sensibilité ISO100-25 600 ISO, extensible de 50 à 102 400 ISO.
MémoireSD/SDHC/SDXC UHS-I
Alimentation2x Batteries Li-Ion NP-FW50. 290 vues avec viseur CIPA. Un chargeur secteur est également livré.
ConnexionMicro-USB, Micro-HDMI (type D), griffe porte-accessoire multi-interface, entrée micro stéréo 3,5 mm mini-jack, sortie casque, Wi-Fi et NFC.
Dimensions127 x 96 x 60 mm
Poids627 g avec batterie et carte mémoire
LogicielsCapture One Pro (PhaseOne)
Dans la boîte- câble d'alimentation - batterie rechargeable NP-FW50 x2 - protecteur de câble - adaptateur secteur AC-UD10 - chargeur de batterie BC-VW1 - bandoulière - capuchon de protection - cache griffe porte-accessoire

Caractéristiques

Avec l'Alpha 7R II, Sony dévoile le premier appareil photo équipé d'un capteur 24x36 nouvelle génération rétroéclairé (BSI pour Back Side Illuminated) Exmor R. Ce nouveau capteur, plus rapide, propose une définition en 42,4 Mpx, un autofocus intégré et la possibilité de filmer en 4K. Détails.

Sony Alpha 7R 2 (A7R 2), vu de face avec le 55 mm f/1,8

Capteur Exmor R de grande taille

Avec l'A7R II (ILCE-7RM2), Sony a réussi à développer un capteur 24x36 BSI (rétroéclairé) CMOS de 42,4 Mpx. La définition est donc en hausse, mais ce n'est pas le seul bénéfice de ce nouveau capteur dépourvu de filtre passe-bas.

399 points autofocus

En effet, si l'A7 premier du nom disposait déjà d'un capteur à autofocus intégré, l'A7R, lui, ne proposait qu'un capteur conventionnel. Avec l'A7R II, Sony monte sérieusement en puissance et propose un nouveau module autofocus par corrélation de phase intégré au capteur de 399 points, contre 117 points précédemment.

La couverture du champ visée est d'environ 70 % verticalement et 70 % horizontalement (soit environ 50 % de la surface du capteur, ce qui est largement supérieur à la couverture AF d'un reflex 24x36 conventionnel). Voilà qui devrait faciliter le suivi autofocus. Le tout est également couplé à un autofocus par détection de contraste à 25 points et à la reconnaissance des visages. Sony annonce une amélioration des performances de l'ordre de 40 %.

Sony Alpha 7R 2 (A7R 2), surface couverte par l'autofocus à correlation de phaseÀ l'intérieur du cadre, un autofocus à corrélation de phase permet de suivre un sujet en déplacement à l'aide de 399 points.

Nous avons pu essayer une version non finalisée de l'A7R II et avons bien ressenti une amélioration au niveau de la réactivité de l'autofocus. Nous sommes vraiment impatients de pouvoir tester ce nouveau module AF sur le terrain et en labo.

Cerise sur le gâteau, ledit module AF fonctionne désormais parfaitement avec toutes les optiques, qu'elles soient estampillées Sony (monture A ou E) ou d'une autre marque, avec l'utilisation de bague.

Un processeur Bionz X dimensionné

Pour accompagner ce nouveau capteur, l'A7R II dispose naturellement d'un nouveau processeur de traitement des données. Il permet au boîtier d'enchaîner les vues à une cadence de 5 i/s avec le suivi autofocus et la mesure d'exposition. C'est une belle cadence pour des clichés en 42,4 Mpx, mais pourquoi ne pas proposer des rafales plus rapides, quitte à rogner sur la définition ? Une rafale à 7 ou 8 i/s en 20 Mpx aurait été un vrai "plus".

L'A7R II est capable de grimper jusqu'à 102 400 ISO en mode étendu, tandis que la plage de sensibilité "classique" s'étend de 50 à 25 600 ISO. Pour l'instant, cela n'est qu'un (impressionnant) chiffre ouvrant de nouvelles perspectives photographiques, mais il faudra voir les résultats en image.

Vidéo 4K... sur carte et complet !

L'A7S est capable d'enregistrer des vidéos en 4K Télé... mais sur un enregistreur externe. L'A7R II, lui, enregistre les vidéos en interne et remet donc les pendules à l'heure. En fait, c'est le premier COI 24x36 de la marque à filmer réellement en 4K Télé (3 840 x 2 160 px ; le boîtier ne propose pas l'enregistrement 4K Ciné).

Attention, lorsque vous utilisez la surface complète du capteur 24x36 dans un ratio 16/9, l'A7R II réalise un regroupement de pixels pour enregistrer en 4K / HDTV 1080.

Il existe un mode Super35 mm qui ne prend en compte que le centre du capteur (format proche de l'APS-C avec un facteur multiplicateur de 1,5x environ), d'une définition native de 5 168 x 2 912 px. Dans ce cas, toutes les lignes sont alors lues et la vidéo en 3 840 x 2 160 px est obtenue par recombinaison des données. Par expérience, nous savons que l'enregistrement d'une vidéo avec un surcroît d'informations permet un meilleur rendu des détails qu'un mode natif.

Naturellement, c'est le format XAVC-S qui est utilisé à la fois pour la définition 4K et HDTV 1080 avec les caractéristiques suivantes :

Format Définition Cadence Conteneur Codec Audio Quantification couleur Bitrate
XAVC-S 4K 3840 x 2160 30/25/24p MP4 H.264/AVC PCM 4:2:0 / 8 bits 100 / 60 Mbps
XAVC-S HDTV 1920 x 1080 60/50/30/25/24p 50 Mbps
1280 x 720 120/100p

Les vidéastes les plus exigeants noteront que l'encodage des couleurs est toujours en 4:2:0 avec un échantillonnage 8 bits. Aucun progrès de ce côté. Les plus "pointus" regretteront peut-être l'absence d'un codec plus moderne pour la vidéo 4K. Le H.265 est en effet beaucoup plus performant dans ce domaine, même si pour l'instant son utilisation reste délicate : son support est encore limité au niveau matériel et logiciel. Le proposer en alternative au traditionnel H.264 aurait cependant donné un bon coup d'accélérateur à l'adoption du codec.

Sony Alpha 7R 2 (A7R 2), mode vidéo 4K

L'A7R II bénéficie de toutes les avancées apparues sur l'A7S à savoir :

  • zébras : 70 / 75 / 80 / 85 / 90 / 95 / 100 / 100+ ;

  • magnifier focus lorsqu'on met au point manuellement ;

  • peaking level / color ;

  • enregistrement du TC : REC RUN ou FREE RUN ;

  • Dual Video REC : enregistrement simultané en XAVC-S et MP4 movie, ou en AVCHD et en MP4, pour une utilisation de proxys plus légers à monter ;

  • marqueurs : 4:3 / 13:9 / 14:9 / 15:9 / 1.66:1 / 1.85:1 / 2.35:1 ;

et surtout la possibilité d'utiliser des profils d'image (Picture Profile). Les gammas, matriçages ainsi que tous les autres réglages vidéo peuvent être paramétrés dans les Picture Profiles, comme sur les caméscopes semi-pros de la marque.

Grâce à la sortie micro HDMI, on peut monitorer ou enregistrer un signal HD ou 4K sur 8 bits 4:2:2 avec TimeCode et il est possible de brancher un micro ainsi qu'un casque.

Toujours pour la vidéo, Sony annonce également un nouvel écran LCD venant se loger sur la griffe porte-accessoire multi-interface : le CLM-FHD5. D'une diagonale de 12,7 cm, il affiche des images en HDTV 1080, permet de zoomer et d'afficher un focus peaking, les fausses couleurs et différents marqueurs vidéo. En outre, il dispose d'un mode S-Log pour faciliter le travail dans ce mode.

Silence, on photographie

Comme l'A7S, le nouveau COI 24x36 A7R II dispose d'un mode prise de vue silencieuse. L'obturateur mécanique est alors désactivé, ce qui permet de prendre des photos dans un silence complet. Un bon point pour la photographie de spectacle ou tout simplement pour être plus discret.

Évolutions au niveau du boîtier

Si la forme générale du boîtier n'évolue presque pas, quelques points techniques ont été revus ou améliorés. Ainsi, le châssis est désormais réalisé entièrement en alliage de magnésium (sur les précédents modèles, le dos ne l'était pas). Le barillet des modes d'exposition gagne également un verrou. Il faut maintenir la touche centrale appuyée pour pouvoir tourner la molette et j'avoue avoir une préférence pour les modèles à deux positions (verrouillé ou pas), plus pratiques à mon sens.

Sony A7R II avec verrouillage de la commade des modes d'expositionLe barillet des modes d'exposition gagne un verrou.

Viseur électronique très large

La dalle Oled XGA (1 024 x 768 px) est toujours présente, mais la construction optique de la visée a été revue pour offrir un grossissement de 0,78x. Et effectivement, la visée est très spacieuse et, du coup, très agréable. Pour mémoire, les viseurs optiques des reflex haut de gamme Nikon (D4S) ou Canon (1DX) propose un grossissement de respectivement 0,7x et 0,76x. Impressionnant, donc.

Toutefois, avec des lunettes, il est difficile d'embrasser toute la scène visée : le dégagement oculaire est peu court. Le grossissement important apporte un vrai confort de cadrage, mais Sony aurait dû également améliorer la précision de la dalle avec une définition supérieure. Nous attendions le viseur Epson SXGA+, mais comme pour le Leica Q (qui propose une définition en 1 280 x 960 px) : ce ne sera pas pour cette version. Dommage, car avec un peu d'attention, il est possible de voir du crénelage sur certaines scènes.

Obturateur mécanique plus silencieux

Nous avons souvent reproché à la série A7 un déclenchement très sonore. Les ingénieurs de Sony se sont penchés sur le problème et ont mis au point un nouvel obturateur mécanique équipé de systèmes d'amortissement pour un déclenchement beaucoup plus feutré, engendrant moins de vibrations. Ce nouveau modèle serait également plus résistant et fiable, avec pas moins de 500 000 déclenchements annoncés !

Pas d'écran tactile

Nous militons depuis longtemps pour l'arrivée d'écrans tactiles sur les appareils photo de la marque et chaque annonce de nouveaux produits est sujette à discussion sur ce point (parfois à grand renfort de sondages...). Malheureusement, l'A7R II ne dispose toujours pas d'un tel écran.

Impossible donc de réaliser rapidement le point sur un sujet en tapotant du doigt sur l'écran ou de zoomer sur une image en écartant deux doigts. D'après les responsables de Sony, les photographes "visés" par l'A7R II n'ont pas cette attente et souhaitent une interface assez classique. Soit. Mais pourquoi ne pas proposer une fonction tactile ? Libre à chacun ensuite de l'activer et l'utiliser ou non. Cela reste un mystère.

L'écran LCD est monté sur double charnière qui permet une orientation 90° vers le haut et 45° vers le bas. La dalle de 7,5 cm affiche 1 229 000 points dans un format 4:3.

Stabilisation 5 axes

La stabilisation du capteur sur 5 axes apparue sur l'A7 II est heureusement reconduite et optimisée pour le nouveau capteur. C'est un vrai plus, car avec une définition de 42,4 Mpx, le moindre mouvement au niveau du boîtier est perceptible. Sony annonce un gain de 4,5 IL. Là encore, il faudra vérifier sur pièce.

Sony A7R II stabilisation mécanique

Quelques oublis

L'A7R II n'intègre toujours qu'un seul emplacement de carte mémoire. Au niveau des petits regrets, nous pointerons également l'absence de puce GPS pour marquer les images à la volée.

Prix et disponibilité

L'A7R II sera disponible à partir du mois d'août pour un tarif recommandé de... 3 500 € ! Un prix largement en hausse par rapport au précédent modèle, proposé en 2013 à 2 100 €. Sony fait payer la technologie au prix fort.

Le nouveau Sony A7R II

Notre premier avis

Après une première et rapide prise en main, le Sony A7R II s'avère plutôt convaincant. Depuis des années et à chaque rencontre avec des responsables de la marque, nous posions la même question : pourquoi ne pas réaliser des capteurs rétroéclairés de grande taille ? La réponse était à chaque fois identique : le gain en sensibilité était surtout important pour les petits capteurs. Aujourd'hui, c'est un capteur 24x36 rétroéclairé que Sony présente, et nous espérons bien qu'il apporte quelques changements au niveau de la qualité des images. Pour l'instant, nous ne pouvons pas encore nous prononcer sur le sujet, mais l'arrivée d'un BSI relance le débat.

L'A7R II apporte par ailleurs de nombreuses améliorations, à commencer par une définition plus élevée de 42,4 Mpx (on reste sous la barre symbolique des 50 Mpx du Canon EOS 5Ds) et, surtout, la présence d'un véritable autofocus à corrélation de phase (399 points) embarqué sur le capteur. Les lenteurs d'autofocus qui pénalisaient le premier modèle devraient s'évanouir. Avec une cadence rafale à 5 ips et un bon suivi autofocus, l'A7R II devrait être à l'aise dans de nombreux domaines photographiques.

La stabilisation, par déplacement du capteur sur 5 axes, est optimisée et la visée électronique devient plus spacieuse. La définition de la dalle reste la même que sur les précédents modèles.

C'est au niveau de la vidéo que l'A7R II enfonce le clou, puisque c'est le premier COI 24x36 à filmer en 4K Télé sur carte avec tous les assistants déjà connus (focus peaking, S-Log...).

Sony s'est donc avant tout concentré sur ce nouveau capteur. Nous aurions bien sûr aimé que le boîtier évolue sur d'autres points — des détails certes, mais qui ont parfois de l'importance. Nous pointerons rapidement l'absence de flash, d'un deuxième emplacement pour carte mémoire, d'un écran tactile, de connexion USB 3.0 ou d'une meilleure autonomie (l'A7R II gagne 30 vues par rapport au précédent modèle). Nous aurions aussi aimé que le boîtier intègre une dalle de nouvelle génération pour la visée électronique, et que l'on puisse saisir les données de copyright.

Caractéristiques

Test terrain jour 1

Pour le test terrain du nouveau Sony A7R II, nous avons demandé au photographe Lénaïc Sanz de prendre en main le boîtier sur une journée de test. Un temps trop court pour fouiller dans tous les menus et utiliser toutes les fonctionnalités du COI 24x36 de Sony, mais l'occasion idéale de tester le boîtier dans des conditions réelles. Vous pouvez visualiser les images en pleine définition en cliquant sur les vignettes.

Site internet de Lenaic Sanz, accueil, capture d'écran

Focus Numérique – Depuis quand exerces-tu le métier de photographe ?

Lénaïc Sanz – Je suis un "jeune" photographe : j'exerce cette profession depuis 2011 seulement. Je pratiquais la photographie de manière occasionnelle, au début, puis elle a pris de plus en plus d'importance. Avant, j'étais professeur d'histoire-géographie et j'ai enseigné à l'étranger dans des lycées français.

Focus Numérique – Comment es-tu devenu photographe finalement ?

Lénaïc Sanz – J'étais au Chili et je suis tombé gravement malade là-bas ; je suis revenu en France, ce qui m'a permis de prendre un peu de recul et j'ai simplement eu envie de faire de la photo. J'ai acheté un [Canon] 500D et quelques mois après, j'ai craqué pour un 5D Mark II ! J'avais soif de connaissance et ce boîtier m’a permis de progresser rapidement. En ce moment, je découvre l'argentique. J'ai depuis quelques semaines un Hasselblad 500 et je n'y connais rien, tout est nouveau pour moi. L'idée est de pouvoir mélanger les rendus argentique et numérique. J'ai eu l'impression d'aller trop vite avec le numérique, j'ai besoin de revoir les bases avec l'argentique et de découvrir de nouvelles techniques, car j'ai sans doute des lacunes.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2), test terrain par Lénaïc Sanz, image d'exemple
Crédit photo : Lénaïc Sanz.

Focus Numérique – Quels sont tes domaines d'activité ?

Lénaïc Sanz – Je fais beaucoup de packshots en ce moment, de plus en plus de mariages, aussi, et je suis en train de passer la certification Business View [NDLR : via Google ; le nom devrait changer dans les mois à venir] pour réaliser des visites virtuelles. Je fais également du portrait et de la photo de mode, notamment pour des magazines étrangers. C'est toujours compliqué de définir son style d'image, mais je suis à la recherche d'un certain esthétisme. J'aime bien Tim Walker ou Paolo Reversi pour la lumière.

Focus Numérique – Alors, quels sont tes premiers sentiments vis-à-vis du Sony A7R II ?

Lénaïc Sanz – Sa prise en main est agréable. C'est un petit boîtier. J'ai déjà essayé un boîtier plus petit, le X-T1 de Fujifilm. Je suis habitué à travailler avec un 5D Mark II, et la différence est importante. L'A7R II est léger et compact. Mais j'avoue que ce n'est pas un critère très important. Je suis habitué à transporter beaucoup de matériel. Pour travailler, j'aime avoir un boîtier que j'ai bien en main. Pour de la photo sur le vif, dans la rue, il est vrai que l'A7R II est sans doute intéressant.

Par contre, je ne trouve pas le boîtier très intuitif. Je suis habitué au Canon, du coup je n'ai pas forcément trouvé tout de suite mes repères. Il y a beaucoup trop de commandes et de boutons. Je n'ai pas eu le temps de configurer l'appareil, mais je n’en ai pas forcément besoin. Je déclenche le plus souvent en manuel alors pour moi, l'important c'est l'ouverture, la vitesse et la sensibilité ISO.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2), test terrain par Lénaïc Sanz, image d'exemple
Crédit photo : Lénaïc Sanz.

La molette de correction d'exposition, par exemple, ne me sert à rien. Je ne l'utilise pas. Du coup, pour moi, c'est de la place perdue. J'aurais largement préféré une molette ISO. Mais c'est un choix personnel. Les menus sont également très denses, longs, et mélangent photo et vidéo. Au bout de quelques minutes, j'ai abandonné. J'ai pourtant un petit côté geek, mais là, il y a trop de possibilités.

Par défaut, le viseur est impressionnant, mais j'ai l'impression d'être dans un simulateur de vol, et encore : j'ai vu qu'on pouvait afficher un niveau électronique et plusieurs grilles de visée ! C'est impressionnant, mais je sais qu'il est possible d'afficher plus ou moins d'options, car il faut pouvoir se focaliser sur le sujet. Au final, j'ai trouvé ce viseur plutôt agréable. Je n'accorde pas d'importance au niveau électronique, car finalement, j'aime bien les photos pas trop "carrées" et le décalage peut se corriger très facilement avec un logiciel.

Pour moi, le plus problématique est sans doute la sélection de la zone autofocus. Sur le Canon, je peux changer le point AF directement avec le joypad à l'arrière. Ici, j'ai eu du mal à trouver comment faire ; il faut rentrer dans le mode autofocus puis déplacer le point. Il est sans doute possible de configurer cette option pour y accéder directement, mais je pense qu'elle devrait être accessible beaucoup plus facilement. Pour moi, c'est un vrai défaut.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2), test terrain par Lénaïc Sanz, image d'exemple
Crédit photo : Lénaïc Sanz.

Focus Numérique – Au niveau du rendu des images ?

Lénaïc Sanz – Pour la gestion du bruit électronique, je ne suis pas monté trop haut et franchement, le rendu est parfait. Pour les couleurs, j'ai été assez séduit : justement, je n'ai pas noté de dérive colorimétrique dans les hautes sensibilités. Globalement, le rendu des images est vraiment intéressant. Je suis plutôt agréablement surpris. J'ai pu essayer le 55 mm f/1,8 et le 135 mm f/1,8 [en monture Alpha, NDLR] et j'ai bien aimé le bokeh et le rendu des détails.

De plus, l'autofocus fonctionne vraiment bien. C'est rapide. Même avec le 135 mm f/1,8 avec la bague d'adaptation, c'est plus rapide qu'avec mon 85 mm f/1,2 Canon par exemple.

Focus Numérique – As-tu remarqué que le boîtier est stabilisé ?

Lénaïc Sanz – Non, je ne savais pas, mais j'étais étonné par certaines photos que j'ai réalisées au 1/20 s. Je comprends mieux maintenant ! C'est effectivement très pratique, car habituellement, avec ces réglages, j'ai des photos floues.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2), test terrain par Lénaïc Sanz, image d'exemple
Crédit photo : Lénaïc Sanz.

Focus Numérique – Et 42 Mpx, est-ce important pour toi ?

Lénaïc Sanz – Pas forcément. Pour ouvrir les fichiers bruts, j'ai utilisé Lightroom et Photoshop et j'ai été surpris par la réactivité des logiciels. J'ai travaillé avec un dos à 60 Mpx et mon ordinateur avait du mal à digérer les fichiers. Ici, je n'ai pas eu de réels problèmes pour la retouche. D'un autre côté, je n'ai pas été impressionné par la haute définition des images, mais c'est confortable. Pour l'instant, je n'ai pas vraiment de demandes pour de "gros" fichiers et la majorité des images que je livre en TIFF finissent en JPEG de 900 pixels de large. Pour les mariages, je n'ai pas ce type de demande et il faut pouvoir traiter rapidement des images.

Focus Numérique – Selon toi, que manque-t-il à l'A7R II ?

Lénaïc Sanz – J'aime bien les écrans LCD de contrôle sur le dessus des boîtiers pour vérifier rapidement les paramètres de prise de vue.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2), test terrain par Lénaïc Sanz, image d'exemple
Crédit photo : Lénaïc Sanz.

Le site de Lénaïc Sanz

Prise en main

Gabarit

Le Sony A7R II est le 5e compact à objectif interchangeable de la marque au format 24x36.

Comme ces prédécesseurs, le Sony A7R II surprend toujours par sa compacité pour un capteur 24x36 et il s'avère moins volumineux qu'un Panasonic GH4 (qui filme également en 4K) et beaucoup moins encombrant qu'un 5DsR de Canon qui permet de capter des scènes en 50 Mpx.

Sony A7R 2 comparaison taille Panasonic GH4
Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) comparaison taille Canon 5DsR
Capture d'écran issue du site Camerasize. (Crédits : Camerasize)

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review vue de face sans objectif

Ergonomie

Sony a écouté les retours faits sur la première série A7 (A7, A7R et A7S) ; la prise en main de l'appareil a été sensiblement améliorée grâce à sa poignée plus proéminente et plus creusée. La préhension, plus franche, est plus confortable. La poignée accueille désormais aussi le déclencheur et le système de mise au point, positionnés sur le dessus, ce qui est également une bonne idée : l'ensemble est plus facilement accessible.

De manière assez étonnante, l'A7R II est nettement plus lourd que l'A7R premier du nom pour atteindre au final un peu moins de 630 g. La stabilisation mécanique pèse lourd !

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review vue de dessus

Le changement de forme rend malheureusement incompatible la poignée d'alimentation disponible pour les autres modèles A7. Il faudra donc investir dans un nouveau modèle spécialement conçu pour ce nouveau boîtier.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review vue de dosLes commandes de l'A7R II mériteraient un peu plus d'ampleur.

L'A7R II, comme les précédents modèles A7, est annoncé comme résistant à la poussière et à l'humidité. Le boîtier dispose d'un châssis en alliage de magnésium avec différents joints de protection au niveau des zones sensibles, notamment la trappe de la batterie et le logement carte. Nous avons en effet noté la présence d'un petit joint mousse au niveau de la batterie, mais le compartiment carte semble assez mal protégé.

Nous regrettons également que certaines optiques (24-70 mm f/4, 55 mm f/1,8....) n'offrent pas un joint de protection au niveau de la baïonnette.

Nous revenons toujours à la même comparaison (sans doute un peu trop brutale), mais comparé au Nikon 1 AW1, vendu à moins de 800 € et capable de plonger jusqu'à 15 m de profondeur, il est difficile de comprendre que le compact Sony, lancé à 3 500 €, ne soit pas plus protégé.

Visée

L'intégration d'un écran LCD à quadruplet de sous-pixels (BBRV : blanc, bleu, rouge et vert) est un vrai plus. L'écran offre une meilleure luminance et donc un meilleur contraste. Il fait donc toujours 7,5 cm de diagonale, mais affiche désormais 1 228 800 points. La définition reste identique, à 640 x 480 px (ratio 4/3), avec une partie basse réservée à l'affichage des informations de prise de vue. Nous regrettons que Sony n'ait pas opté pour un écran sur charnière, pour une orientation plus large et une meilleure protection, et qu'il refuse toujours de proposer un écran tactile. Dommage. Notez que la surface de l'écran reste assez fragile et il conviendra d'en prendre soin.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review animation écran LCD
L'écran est monté sur une double charnière, mais ne permet pas un pivot à 180° pour une protection optimale.

En pleine lumière, l'affichage est fluide et très agréable et même en basse lumière, il sait rester très digne.

Le viseur électronique reste identique à ceux des précédents modèles, avec une dalle Oled affichant 1 204 x 768 px (XGA, 2,36 millions de points) dans un ratio également en 4/3. La visée est plutôt confortable avec une bonne précision (il est difficile de discerner les pixels) et un grossissement confortable de 0,71x. Le viseur est équipé d'un détecteur de présence, qui permet de basculer de la visée sur écran au viseur à l'approche d'un visage. Le rapport 4/3 pour des images en 3/2 permet d'afficher les informations dans les bandes noires en haut et en bas de la visée, laissant le cadrage moins encombré.

L'un des avantages d'une visée électronique est la possibilité d'afficher de nombreuses informations, comme des grilles d'aides à la composition, un histogramme d'exposition, un niveau électronique et les différents paramètres de prise de vue. Sony a presque tout prévu pour assister l'utilisateur et vous pouvez également afficher un focus peaking, des zébras d'exposition et zoomer dans l'image. Le risque est bien sûr d'avoir une visée saturée d'informations. Heureusement, l'affichage est modulable. Vous pouvez bien sûr opter pour un affichage dépouillé pour se concentrer sur le cadrage et le sujet. C'est au choix. Dommage que les collimateurs AF ne soient pas symbolisés en permanence dans le viseur pour faciliter le choix de la zone de mise au point.

Vous pouvez en outre effectuer une grande partie des réglages sans quitter l’œil de votre viseur.

Le viseur permet également de simuler l'exposition. En mode M par exemple, vous savez immédiatement si votre photo est trop claire ou trop sombre.

Le viseur dispose d'un correcteur dioptrique. Le dégagement oculaire est à peine suffisant pour les porteurs de lunettes et il faudra naviguer avec l'œil pour apprécier toute la largeur de la visée. L’œilleton est par ailleurs peu confortable.

Autonomie, Mémoire

Le Sony A7R II est livré avec 2 batteries Li-Ion NP-FW50 de 7,3 Wh (7,2 V, 1 020 mAh). La marque indique une autonomie d'environ 350 vues. Lors de nos tests, nous n'avons jamais dépassé 200 déclenchements. Avec deux batteries chargées, il est donc possible d'atteindre 400 vues, ce qui raisonnable pour une journée de prise de vue, mais à peine suffisant pour partir l'esprit tranquille pour un mariage par exemple. On remplira donc ses poches de batteries supplémentaires (69 € l'unité environ). L'A7R II est également livré avec un chargeur de batterie.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review vue batterieUne batterie pour environ 300 vues.

Vous pouvez également utiliser une poignée d'alimentation (vivement recommandée pour le reportage), mais c'est plus onéreux : comptez autour de 350 € pour la poignée VG-C2EM.

Grande nouvelle, une fois relié par la prise micro-USB pour la recharge (prise électrique donc...), vous pouvez désormais utiliser le boîtier. Alléluia.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review vue carte mémoireToujours un seul emplacement pour carte mémoire...

Côté mémoire, l'A7R II ne dispose, toujours, que d'un seul emplacement compatible avec les formats SD et Memory Stick PRO Duo. Le boîtier accepte les cartes SD/SDHC et SDXC à la norme UHS-I. Notez au passage qu'une carte SDXC est indispensable pour filmer en XAVC-S. Un second emplacement aurait été opportun pour enregistrer sur deux supports différents les photos et les vidéos. Avec des fichiers de plus 40 Mpx, il est également intéressant de doubler la capacité d’accueil.

Connexions

Le Sony A7R II dispose d'une connexion micro-USB pour transférer les données et recharger les batteries, ainsi qu'une sortie micro-HDMI (type D). Vous trouverez également une entrée micro stéréo ainsi qu'une sortie casque pour le contrôle de la qualité de la captation sonore : bravo !

Le boîtier offre de plus une griffe porte-accessoire Multi-Interface permettant de connecter des micros XLR et différents accessoires. Il propose également une connexion Wi-Fi / NFC que nous détaillons dans la dernière partie.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review connexion flashLe port Multi-Interface permet de relier un micro (XLR), un écran de visée ou tout simplement un flash.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review connexionsTout est là : micro-USB, HDMI, entrée micro, sortie casque. Royal.

Mise au point et réactivité

Nouveau capteur, nouveau module autofocus ! Avec l'A7R II, Sony monte sérieusement en puissance et propose un nouveau module autofocus par corrélation de phase intégré au capteur de 399 points, contre 117 points précédemment. Dans tous les cas, c'est le plus grand nombre de collimateurs AF embarqués dans un boîtier.

La couverture du champ visée est d'environ 70 % verticalement et 70 % horizontalement (soit environ 50 % de la surface du capteur, ce qui est largement supérieur à la couverture AF d'un reflex 24x36 conventionnel). Voilà qui devrait faciliter le suivi autofocus. Le tout est également couplé à un autofocus par détection de contraste à 25 points et à la reconnaissance des visages et des yeux. Des avantages que seuls les COI peuvent apporter.

En outre, si vous optez pour des optiques DT ou un recadrage APS-C, la couverture devient encore plus large pour atteindre pratiquement 100 % de la zone cadrée.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) couverture AF corrélation de phase en 24x36En traits pleins, la couverture AF par corrélation de phase en 24x36.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) couverture AF corrélation de phase en APS-C
En mode APS-C, la couverture AF doit approcher les 100 %. Les collimateurs AF (points verts sous l'icône de la mesure de la lumière) sont pratiquement au bord de la zone cadrée.

Cerise sur le gâteau, ledit module AF fonctionne désormais parfaitement avec toutes les optiques estampillées Sony (monture A ou E). Avec certains adaptateurs (Metabones par exemple), il est possible d'utiliser des optiques Canon avec une excellente réactivité ! Voilà qui ouvre de belles perspectives.

En mode manuel, la mise au point s'avère facile à mettre en œuvre, le Sony proposant une loupe de grossissement ou un focus peaking ou... les deux.

L'A7R II est toujours un peu lent au démarrage : il met un peu moins de 2 secondes avant de pouvoir déclencher. En mode single, l'autofocus de l'A7R II est plaisant à utiliser. Avec le 55 mm f/1,8, la mise au point est rapide, même en basse lumière. En labo, quelles que soient les conditions lumineuses, les chronos ne sont jamais plus lents que 0,5 seconde. En pratique, l'A7R II se situe dans la bonne moyenne et il est finalement assez rare de pester contre une mise au point trop lente.


Réactivité du Sony Alpha 7R II + Sonnar 55 mm f/1.8 | Create infographics

Sur un sujet mobile, l'autofocus par corrélation de phase arrive parfait à suivre les mouvements. Les petits points à l'écran clignotent sur l'ensemble du cadre. Par contre, avec un sujet avançant (ou reculant) par rapport au photographe, le taux de déchet est d'environ 50 % comme vous pouvez le constater sur la rafale à 5 ips présentée ci-dessous.

Un résultat assez classique pour Sony, mais sur ce point nous attendions à plus de progrès avec le nouveau module autofocus.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review suivi autofocus

Vous pouvez également opter pour un mode "suivi de sujet", mais lors de nos différents essais, nous l'avons trouvé un peu plus lent que le seul mode autofocus par zone ou centrale quand le sujet avance vers le photographe.

Bruit au déclenchement

Nous avons toujours reproché à la série A7 un déclenchement lourd et bruyant qui rend l'acte photographique peu discret. L'A7S a un peu changé la donne en proposant, en plus de l'obturateur mécanique, un obturateur totalement électronique pour une prise de vue silencieuse. L'A7R II va encore plus loin, puisque l'obturateur mécanique a été complètement revu. Il est désormais beaucoup plus silencieux et beaucoup plus résistant dans le temps. Il est maintenant plus feutré, plus doux, mais également un peu plus sifflant.

L'A7R II dispose donc désormais de 3 modes de déclenchement :

  • obturateur mécanique,
  • obturateur électronique sur le premier rideau + obturation mécanique,
  • obturateur électronique (totalement silencieux).

Voilà qui est très agréable. Pour le spectacle ou la discrétion, vous pouvez opter pour un déclenchement sans bruit, mais vous pouvez également avoir le son de l'obturateur pour informer votre modèle. En effet, le son de la prise de vue permet à la personne photographiée d'avoir le tempo de la prise de vues, ce qui peut s'avérer impératif selon votre méthode de travail.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review bruit déclenchement
Cliquez sur la vignette pour écouter le déclenchement de l'A7R II.

Le mode silencieux impose toutefois l'enregistrement des fichiers RAW sur 12 bits au lieu des 14 bits habituels. Lors de différents tests, je n'ai pas vraiment noté de différence de rendu entre les deux versions de RAW. Il faut vraiment des conditions lumineuses difficiles pour mettre en avant la supériorité de l'enregistrement 14 bits sur le 12 bits.

Logiciels

En septembre 2014, Sony nouait un partenariat avec le danois Phase One pour livrer en standard Capture One Express avec la série A7. Une heureuse initiative, non que la suite logicielle de Sony soit mauvaise, mais parce que Capture One Express a largement fait ses preuves. Éprouvé, le logiciel a trouvé sa place dans les studios pour travailler en mode connecté, notamment avec les dos numériques. Capture One est sans doute l'un des plus complets du marché et c'est une excellente nouvelle qu'il soit livré avec l'appareil. Le passage en version "Pro" devrait être facturé 23 € ; elle vous ouvre les portes du travail en mode connecté (ce qui n'est pas possible en version de base "Express").

Sony A7R 2, test review, logiciel, Capture One Express, capture d'écranLe logiciel Capture One Express disponible avec l'A7R II.

Connexion sans fil

L'A7R II dispose d'une puce Wi-Fi et NFC. La configuration de la connexion avec un smartphone compatible NFC est donc grandement facilitée. Pour les smartphones non compatibles, il faudra se connecter manuellement, ce qui n’est ni très rapide ni simple : un système par code QR aurait été un vrai plus.

Une fois connecté, il est facile de visionner les images présentes dans l'appareil et de les transférer sur votre smartphone ou votre tablette pour un partage sur Internet. Vous pouvez transférer l'image soit en pleine définition ("Original"), soit dans un format plus rapide à transmettre (2M, VGA). Vous l'avez noté, il n'est pas possible de transférer les fichiers bruts.

Sony A7 2 (Alpha 7 2) test review Wi-FiSony A7 2 (Alpha 7 2) test review Wi-Fi

L'application PlayMemories permet également de piloter à l'appareil à distance. Par défaut, elle est très (trop) basique et ses options sont limitées. De manière assez étonnante, Sony propose une version bien plus complète sur son service d'applications : PlayMemories Online. Vous devez créer un compte et télécharger l'application, qui est gratuite.

Cependant, atteindre le service en ligne PlayMemories Online via un réseau déjà existant est plutôt ardu. Sans interface tactile, saisir des identifiants et des mots de passe requiert une infinie patience et comme précédemment, on est à deux doigts de la crise de nerfs, selon son degré de paranoïa et l'efficacité de son mot de passe... Ensuite, l'interface reste assez lente.

Sony Alpha 6000 test review logiciel Wi-Fi

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L'application Smart Remote permet quant à elle de configurer un minimum d'options, comme la sensibilité ISO, l'ouverture et la vitesse, la balance des blancs et le mode autofocus. En outre, vous pouvez sélectionner directement à l'écran la zone de mise au point. Étonnamment, cette application est gratuite et plus évoluée que la fonctionnalité installée par défaut. Pourquoi diable obliger l'utilisateur à se connecter au service Sony pour en bénéficier alors qu'il serait si simple préinstaller cette version ?

Sony A7 2 (Alpha 7 2) test review telecommande

Enfin, la plupart des applications disponibles sur la boutique PlayMemories Online sont généralement payantes et l'addition est plutôt salée. Ne comptez pas moins de 10 € pour une fonction "timelapse" par exemple, que l'on trouvera peut-être par défaut (du moins nous l'espérons) dans la prochaine évolution du boîtier. Des fonctionnalités que l'on retrouve déjà chez certains concurrents... gratuitement. Bref, difficile de stimuler le client avec une offre au final assez restreinte et très chère.

Antipoussière, stabilisation

Des poussières ?

Avec la disparition du miroir et l'obturateur mécanique ouvert (visée électronique oblige), les capteurs sont "en direct" des poussières. Les premiers fabricants de COI (compacts à objectifs interchangeables) l'ont bien compris et Olympus fut l'un des premiers à proposer un système de dépoussiérage propriétaire par ondes supersoniques. Chez Sony, c'est par vibration du capteur que les poussières sont théoriquement décollées. Théoriquement. En pratique, le système est peu efficace et même après plusieurs cycles de nettoyage, de grosses poussières (grasses et sèches) sont parfaitement visibles. L'achat d'un kit d'entretien sera rapidement indispensable.

A7R 2 (Alpha 7R 2) test review poussières
Cliquez sur la vignette pour visualiser l'image à 100 % (les poussières sont néanmoins déjà visibles à f/22...).

Stabilisation mécanique

Tout comme l'A7 II, la version R du compact à objectifs interchangeables dispose d'une stabilisation 5 axes par déplacement du capteur qui fonctionne donc avec toutes les optiques.

Sony A7R II stabilisation mécanique

Le capteur est monté sur un système électromagnétique qui permet de gérer très finement ses déplacements sur les axes X (gauche / droite) et Y (haut / bas), mais également selon les mouvements angulaires de tangage (Pitch), de lacet (Yaw) et de roulis (Roll). Le phénomène de roulis ne peut pas être corrigé par une stabilisation optique, qui ne fonctionne que sur 4 axes.

L'A7R II adoptera différentes stratégies de stabilisation en fonction de l'optique avec laquelle il est monté :

  1. si vous montez un objectif en monture E non stabilisé, le boîtier gère la stabilisation sur les 5 axes disponibles ;
  2. si vous montez un objectif en monture E stabilisé (OSS), l'objectif compense les décalages angulaires (tangage [Pitch] et lacet [Yaw]) et le boîtier prend en charge les trois autres décalages (X, Y, et roulis [Roll]) grâce au contact électronique entre boîtier et optique ;
  3. si vous montez un objectif stabilisé en monture non-Sony (Canon EF, Nikon EF, etc.), il faut désactiver la stabilisation intégrée à l'objectif pour que le boîtier prenne tout en charge ;
  4. si vous montez un objectif manuel, l'A7R II ne gère que les stabilisations de tangage, de lacet et de roulis (Yaw, Pitch et Roll). La correction en X et Y n'est pas possible car elle dépend du grossissement, or le grossissement dépend de la focale (information qui peut être renseignée manuellement) et de la distance du sujet, qui est une information indisponible puisqu'il n'y a pas de communication entre l'objectif et le boîtier.

Ci-dessous, vous trouverez un "éclaté" du système de stabilisation du boîtier Sony, avec les différentes parties mécaniques.

A7R 2 (Alpha 7R 2) test review Stabilisation mécanique

Malgré la surenchère de pixels de l'A7R II (ce qui devrait le rendre plus sensible aux mouvements que son prédécesseur), nous obtenons peu ou prou les mêmes résultats qu'avec l'A7 II, avec même un léger avantage pour le modèle R. Il est possible d'obtenir un bon pourcentage de photos nettes au 1/8 s, soit presque un gain de 3 IL.

Rappelons qu'avec une définition de 42,4 Mpx, le moindre mouvement u déclenchement est bien plus visible (à 100 % sur écran) qu'avec un capteur moins précis. La stabilisation mécanique est donc ici plus que bienvenue ; elle permet de réaliser des photos à main levée avec plus de réussite qu'avec un Canon 5DsR ou un Nikon D810.

Sony A7R 2 test review stabilisation mécanique

Ci-dessous, vous pouvez voir (et télécharger) une image réalisée au 1/4 s avec la stabilisation optique (55 mm).

Sony A7 2 stabilisation

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6 - 1/8 s à une sensibilité de 200 ISO. Le Sony Alpha 7R II est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 100 ISO et une ouverture de f/5,6. Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (ARW). Le boîtier est configuré par défaut, notamment pour ce qui est de rédaction du bruit électronique.

Les JPEG

Après Canon et son capteur CMOS 24x36 de 50 Mpx, c'est au tour de Sony de dégainer son modèle très haute définition. Mais le constructeur nippon nous a réservé une surprise de taille : en plus d'une définition supérieure de 42,4 Mpx (contre 36 Mpx sur les précédents modèles), le nouveau CMOS dispose de la technologie BSI (Back Side Illuminated), c'est-à-dire qu'il est rétroéclairé.

Ce système de fabrication de capteur, qui date de 2008, est d'abord apparu en petit format sur les compacts, car il permet de collecter plus de lumière. Il s'est généralisé sur de plus grands modèles (1") avec le Sony RX100 Mark II (2013) pour être enfin adapté au 24x36 avec l'A7R II. Notez qu'il n'existe pas de modèle APS-C BSI chez Sony ; que pour l'instant, seul Samsung propose cette technologie sur un capteur de 28 Mpx au format APS-C avec le NX1.

Un capteur rétroéclairé en 24x36, voilà qui est diablement alléchant ! Il sera intéressant de comparer les images de ce nouveau capteur avec les clichés du Sony A7S qui était jusqu'à présent le boîtier le plus sensible avec son imageur 24x36 à "seulement" 12 Mpx.

Tailles des différents capteurs
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Comme pratiquement tous les boîtiers équipés d'un capteur 24x36, les images visualisées sur écran à 100 % sont excellentes de 50 à 800 ISO ; même à 1 600 ISO, le grain est difficilement perceptible et il faut examiner les aplats à la loupe pour deviner les premières granulations. Cette plage est donc parfaitement exploitable, ce qui offre déjà une belle polyvalence. Vous noterez toutefois quelques variations d'exposition, l'image à 1 600 ISO devenant un peu plus dense.

Le premier saut qualitatif est décelable à 3 200 ISO. Le grain est visible sur les aplats colorés, mais il reste fin et peu coloré. Le traitement des parasites est bien assuré, et seul le bruit de luminance est visible. La dynamique reste encore très agréable avec des nuances bien visibles dans les zones denses et les hautes lumières. Le niveau de détail reste impressionnant et seules certaines textures (notamment la toile du livre) semblent poser problème aux algorithmes de traitement du bruit électronique. Le cliché se densifie un peu plus.

Dès 6 400 ISO, le moutonnement devient plus présent dans les zones denses et la dynamique baisse un peu : les images sombres perdent en délicatesse et les noirs deviennent très denses et moins subtils. En revanche, toutes les images sont facilement exploitables pour des travaux courants, car les détails sont encore nombreux et la haute définition permet de travailler les images sans "tirer sur les pixels".

Les sensibilités supérieures sont plus problématiques. Le bruit envahit peu à peu toutes les nuances des images, les détails fondent sous l'action cumulée du lissage et du moutonnement, les couleurs deviennent un peu moins franches et, globalement, les images perdent en tonicité. On pourra toutefois les utiliser pour un affichage sur écran ou un tirage A4.

Une baisse de qualité se manifeste à 12 800 ISO, mais le niveau est encore très bon. Le rendu colorimétrique amorce un affadissement et le grain devient plus grossier avec un aspect "électronique" trop carré et peu esthétique. Le niveau de détail reste cependant impressionnant pour une telle sensibilité ISO et, pour des tirages raisonnables, cette valeur est encore utilisable.

On pourra pousser à 25 600 ISO, mais les images deviennent un peu ternes avec des couleurs plus grisées. La dynamique baisse encore d'un bon cran, mais pour des petits tirages et avec un passage en noir & blanc, c'est encore exploitable.

Les deux sensibilités supérieures "étendues" le sont un peu moins. Le grain devient vraiment gros et vient diluer les détails des images, la dynamique baisse. Ce sont des valeurs de secours, mais l'A7R II en est capable.

Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le Sony A7R II à quelques boîtiers emblématiques actuels, tels le Nikon D810 (24x36 à 36 Mpx), l'A7S de Sony (24x36, 12 Mpx) et le Canon 5Ds (24x36 à 50 Mpx). Nous avons donc 3 boîtiers à plus de 30 Mpx et un capteur peu défini, mais théoriquement plus sensible.

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 6 400 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

À 6 400 ISO, il n'est pas aisé de désigner un vainqueur : tous les protagonistes délivrent des images de qualité correcte. Il est intéressant de noter que le capteur à 12 Mpx de l'A7S offre effectivement un niveau de bruit très bas, avec une belle modulation dans les rendus des valeurs, mais il est pénalisé par un rendu des détails moindres par rapport aux capteurs à plus de 30 Mpx. Le Nikon D810 est en retrait par rapport aux deux autres boîtiers : le grain est plus visible et le rendu, moins précis. Au final, c'est le nouveau Sony A7R II et son capteur BSI qui remporte ce comparatif. Les progrès réalisés par Sony dans la gestion du bruit électronique lors de la création des fichiers JPEG sont vraiment impressionnants.

Sony A7R IINikon D810
Canon 5DsSony A7S

Oscilloscope

Passons certaines images de l'A7R II de Sony sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Notre outil confirme notre perception visuelle : les images sont vraiment excellentes jusqu'à 1 600 ISO avec une dégradation bien visible à 6 400 ISO. Les images sont assez facilement exploitables jusqu'à 12 800 ISO, mais la granulation est déjà très présente dans les aplats denses. Au-delà, le bruit vient consteller nos zones de gros avec un moutonnement vraiment perceptible qui dilue les plus fins détails des images.

Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit électronique sur gris 100 ISOSony A7R II – 100 ISO Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit électronique sur gris 1600 ISOSony A7R II – 1 600 ISO Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit gamme gris graphique 1600 ISO
Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit gamme gris 6400 ISOSony A7R II – 6 400 ISO Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit gamme gris graphique 6400 ISO
Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit gamme gris 12800 ISOSony A7R II – 12 800 ISO Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit gamme gris graphique 12800 ISO

Les fichiers bruts

Nous mesurons également le bruit de fond du capteur en reconduisant le protocole de test précédent, mais dans le noir complet avec un bouchon sur l'objectif.

Le graphique ci-dessous représente la déviation standard (donc le bruit) pour les différents pixels colorés : rouges, verts, bleus, et verts. Pour simplifier les résultats, nous n'affichons ici les résultats que pour une des séries des pixels verts.

Ce graphique est un peu surprenant, avec un bruit en léger recul à 800 ISO et un plateau à 25 600 ISO. Il est probable qu'un traitement du signal soit appliqué dans les fichiers bruts — Sony est d'ailleurs coutumier du fait.

Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) bruit électronique fichiers bruts ARW

Exposition, RAW

Exposition

Le Sony A7R II propose une cellule de mesure de la lumière sur 1 200 points. Le correcteur d'exposition physique permet une latitude +/-3 IL. De manière étonnante, la correction par une autre molette a une latitude plus large de +/-5 IL. En outre, l'écran n'affiche pas les valeurs d'exposition au-delà de +/-2 IL en mode M : impossible de savoir directement si vous êtes à -3 ou -4 IL pour une série d'expositions en vue d'un HDR.

Le bracketing d'exposition permet d'exploiter au maximum une plage de +/-3 IL sur 3 vues. Vous pouvez également réaliser une variation plus fine (0,3 ou 0,7 IL sur 5 vues).

Comme la plupart des boîtiers Sony, l'A7R II dispose d'un mode HDR qui empile plusieurs clichés (Jpeg) pour augmenter la dynamique de capture. Vous pouvez effectuer un bracketing sur 1, 2, 3, 4, 5 et 6 IL.

Le mode "Optimiseur de dynamique" (DRO) joue sur la courbe de rendu des valeurs pour remonter les détails dans les zones sombres. Là aussi, vous pouvez jouer sur 5 niveaux d'intensité.

Latitude d'exposition

Pour vérifier la latitude d'exposition d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts avec Adobe Lightroom afin d'obtenir une exposition similaire. Nous vérifions que les images sont semblables avec une latitude de correction de +/-5 IL.

Test Sony Alpha 7R 2 (A7R 2), dynamique, latitude d'exposition

Nous observons les images surexposées et là encore, l'A7R II est vraiment impressionnant. Alors que la plupart des autres boîtiers 24x36 perdent leurs moyens à partir de plus 2 IL, le COI de Sony permet de recouvrer des détails jusqu'à -3 IL avec encore beaucoup de nuances. Voilà une très belle performance.

Latitude d'exposition Sony Alpha 7R 2 (A7R 2)

Les fichiers bruts permettent toujours de récupérer plus d'informations dans les basses lumières. L'A7R II ne fait pas exception et il est très facile de récupérer 3 IL en perdant très peu d'information. Vous pouvez pousser à -4 IL, mais le bruit devient clairement visible.

Test Sony Alpha 7R 2 (A7R 2), dynamique, latitude en sous-exposition

Nous sommes donc sur une latitude d'exposition de -4 / +3 IL, soit 8 diaphs dans un jugement subjectif. Les plus exigeants limiteront à -3 IL la sous-exposition, ce qui laisse une plage de 7 diaphragmes, soit 1 bon diaph supplémentaire par rapport aux autres appareils 24x36 comme le Canon 5Ds.

Dynamique

Pour mesurer la dynamique intrinsèque totale des fichiers bruts, nous avons utilisé les données de William J. Claff. Son site regorge d'informations techniques pointues et vous pouvez également participer à l'enrichissement de sa base de données en soumettant vos propres données.

[Dynamique Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) comparaison](http://www.photonstophotos.net/Charts/PDR.htm#Canon EOS 5DS R,Nikon D810,Sony ILCE-7RII)

Le graphique ci-dessus montre que le capteur Sony avec 42,4 Mpx enregistre en brut une dynamique équivalente à celle du Nikon D810 jusqu'à 800 ISO pour surclasser la concurrence sur les sensibilités supérieures.

RAW compressé ?

Nombreux sont les fabricants d'appareils photo qui compressent les fichiers bruts. Deux méthodes sont disponibles avec perte et sans perte. Vous avez le choix. Chez Sony, cela fait plusieurs années que les boîtiers proposent qu'un seul format RAW et malheureusement celui-ci est semble-t-il compressé. Les infos vont bon train sur les forums avec des exemples plus ou moins visibles.

Le problème de compression apparaît dans des cas bien particuliers avec des zones très contrastées et quand on travaille fortement les images. Nous avons voulu mettre le A7R II à l'épreuve sur une scène de nuit sousexposée. L'idée est de remonter de 4 IL l'image. Vous pouvez visualiser des effets de postérisation sur certaines parties de l'image (RAW).

Sony A7r II test review RAW compresse

Il faut bien avouer que le problème ne concernera pas tout le monde. Mais le A7R II est un boîtier à plus de 3 000 euros et les acheteurs sont en droit de réclamer la meilleure qualité d'image possible. Si ces problèmes proviennent exclusivement de la compression avec perte des fichiers bruts, alors nous attendons que Sony propose rapidement une solution par mise à jour.

Mode vidéo

Formats vidéo

Le Sony A7R II est donc le premier COI Sony à enregistrer en 4K Télé (3 840 x 2 160 px) sur carte en XAVC-S. Il intègre également le format XAVC-S pour l'enregistrement HDTV 1080. Les formats plus classiques AVCHD et MP4 sont également présents.

  • Formats en PAL
  • XAVC-S 4K (H.264) : 4K télé (3840 x 2160 px) 25p (100 Mbps ou 60 Mbps)
  • XAVC-S (H.264) : HDTV 1080 50p (50 Mbps) et 25p (50 Mbps) // 720p 100p (50 Mbps),
  • AVCHD (H.264) : HDTV 1080 50i (24, 17 Mbps) / 50p (28 Mbps) / 25p (24, 17 Mbps)
  • MP4 (H.264) : 1920 x 1080 50p (28 Mbps), 25p (16 Mbps) et 720p 30 ips (6 Mbps)

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review mode vidéo XAVC-S

Il est possible de filmer à la norme NTSC, mais cela requiert la réinitialisation complète du boîtier. Cette manipulation monopolise l'appareil pendant au moins 5 secondes et nécessite surtout le formatage de la carte mémoire !

En mode NTSC, la cadence d'enregistrement change et vous pouvez accéder au mode "cinéma" avec le 24p.

    • Formats NTSC
  • XAVC-S 4K (H.264) : 4K télé (3840 x 2160 px) 30/24p (100 Mbps ou 60 Mbps)
  • XAVC-S (H.264) : HDTV 1080 60/30p (50 Mbps) et 24p (50 Mbps) // 720p 120p (50 Mbps)
  • AVCHD : HDTV 1080 60i (24, 17 Mbps) / 60p (28 Mbps) / 24p (24, 17 Mbps)
  • MP4 : 1920 x 1080: 60p (28 Mpbs), 30p (16 Mbps) et 720p 30 ips (6 Mbps)

Il est possible de filmer sur une plage de sensibilités allant de 50 à 25 600 ISO.

L'arrivée de l'enregistrement sur carte au format 4K est une excellente nouvelle, même si nous regrettons que Sony n'ait pas poussé le concept un peu plus loin avec la possibilité de filmer en RAW ou des cadences supérieures à 60/50p en HDTV 1080. En outre, un encodage sur 10 bits ou des informations colorimétriques en 4:2:2 auraient été un véritable plus.

Nous regrettons aussi que Sony ne propose toujours pas un menu spécifique à la vidéo. Actuellement, les options pour la vidéo sont disséminées dans les différents onglets, ce qui rend la configuration assez laborieuse.

Nous l'avons vu dans sa présentation, l'A7R II propose donc deux modes d'enregistrement 4K. Le premier est un mode 24x36 : il permet de profiter des focales réelles des optiques, mais effectue un regroupement de pixels (pixels binning) pour l'enregistrement en 3 840 x 2 160 px. L'autre utilise une portion du capteur (APS-C / Super 35 mm) en 5 168 x 2 912 px, mais toutes les lignes sont lues pour une recomposition en 3 840 x 2 160 px par recombinaison des données. Ce mode devrait être plus précis et montrer un peu moins de moirage.

Sur notre scène test, c'est effectivement le cas : l'image en Super 35 mm s'avère plus précise, mais les effets de rolling shutter sont également bien plus visibles.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review comparaison viéo 24x36 // aps-c

Le moirage est également moins visible en mode Super 35 mm.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) comparaison moirage 24x36 vs super35mm


À gauche, le mode Super 35 mm ; à droite, le mode 24x36.

Assistants

Le Sony A7R II propose de nombreux assistants pour vous épauler lors de vos enregistrements :

  • des zébras (70 / 75 / 80 / 85 / 90 / 95 / 100 / 100+) ;
  • une loupe lorsqu'on met au point manuellement ;
  • peaking level / color ;
  • enregistrement du TimeCode : REC RUN ou FREE RUN ;
  • Dual Video REC (enregistrement simultané en XAVC-S et MP4 movie, ou en AVCHD et en MP4, pour utilisation de PROXY plus légers à monter) ;
  • marqueurs 4:3 / 13:9 / 14:9 / 15:9 / 1.66:1 / 1.85:1 / 2.35:1.

Sony A7 II test review mode vidéo marqueurs video

Profils, HDMI

La sortie HDMI de l'A7R II n'est pas compressée et vous pouvez capturer les vidéos en 4K 4:2:2 et 10 bits sur un enregistreur externe, mais attention, le signal reste en 4:2:0 8 bits : seule l'encapsulation du fichier a des caractéristiques supérieures.

L'A7R II reprend les différents profils colorimétriques présents sur l'A7S et l'A7 II. Les gammas, matriçages ainsi que tous les autres réglages vidéo peuvent être paramétrés dans les Picture Profiles, comme sur les caméscopes semi-pros de la marque (pour plus de détail, vous pouvez vous reporter à notre article "RAW, Log et REC709"). Vous pourrez donc exploiter au mieux les capacités du capteur avec, en contrepartie, un temps de post-traitement important.

Notez que ces profils sont toujours cachés derrière d'obscurs noms (PP1, PP2, PP3...). Voilà qui n'est guère pratique pour passer d'un profil à l'autre sans consulter leurs caractéristiques.

Sony A7 II test review mode vidéo profil image

Cartes mémoire

Les cartes SDXC ou SDHC sont acceptées par l'A7R II, mais il nous a été impossible d'enregistrer en XAVC-S avec nos cartes SDHC, ce qui est d'autant plus curieux qu'elles proposent des débits supérieurs à ceux demandés pour le XAVC-S. La caméra limite alors à l'enregistrement du AVCHD ou MP4 à un débit plus bas (compression supérieure). Voilà un bridage étonnant et contraignant qu'il faut prendre en compte.

Pour l'enregistrement 4K, une carte SDXC est indispensable.

Précision

Vous trouverez ci-dessous différents extraits à 100 % (600 x 300 px) de vidéos tournées avec l'A7R II et un 55 mm f/1,8 (100 ISO à f/5,6 pour la prise de vue).

L'image délivrée en mode 24x36 est piquée et agréable à visualiser, avec un moirage contenu et peu de crénelage. De manière étonnante, l'image réalisée avec le mode recadrage Super 35 mm en HDTV 1080 donne de moins bons résultats qu'en mode 24x36 — un résultat contraire à celui obtenu en mode 4K Télé.

Vous pouvez comparer les images de l'A7R II avec celles du Canon 7D Mark II ou de l'Olympus E-M5 II (une belle série de Mark II...). Nous mettons toujours en référence un détail d'une image tournée par un caméscope 2 Mpx, le Panasonic TM700 testé sur Les Numériques.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2) test review video HDTV 1080 comparaison

Canon 7D Mark II extrait vidéo HDTV 1080 25p

Olympus E-M5 II détail vidéo

Panasonic TM700 test review qualité des images mire

Autofocus

L'autofocus est un élément crucial en vidéo 4K. Le système Sony fonctionne assez bien, même s'il manque parfois un peu de souplesse. Notez que la détection de visage fonctionne également et vient facilement épauler le système de mise au point.

Exemples

Skate 4K Télé (221 Mo)

Skate 4K Télé S-Log (133 Mo)

Churros (100 Mo)

Exemples de photos

Sony A7R II exemple 1
Sony A7R II exemple 2
Sony A7R II exemple 3
Sony A7R II exemple 4
Sony A7R II exemple 5
Sony A7R II exemple 6
Sony A7R II exemple 7
Sony A7R II exemple 8
Sony A7R II exemple 9
Sony A7R II exemple 10
Sony A7R II exemple 11
Sony A7R II exemple 12
Sony A7R II exemple 13
Sony A7R II exemple 14
Sony A7R II exemple 15

Verdict

En moins de 2 ans, ce ne sont pas moins de 5 nouveaux modèles de compacts à objectifs interchangeables (COI) que Sony a mis sur le marché. Un rythme effréné qui montre le dynamisme de la marque et son appétit. Car si Sony n'a pas vraiment réussi à imposer sa technologie Translucent dans le monde des "reflex" malgré de très intéressants modèles (l'Alpha 99 notamment), il se donne les moyens de prendre les rênes du marché COI aussi bien au format APS-C que 24x36. Et c'est bien ce dernier qui nous intéresse. Un marché où le seul véritable concurrent est Leica. La marque à la pastille rouge est d'ailleurs elle aussi assez prolifique ces dernières années, alors que le fleuron allemand de la photo était resté sur la réserve jusqu'au lancement, réussi, du M.

Sony A7R II (Alpha 7R 2, A7R 2) test review recommandé

En plus du renouvellement soutenu des modèles, Sony impose également de nouveaux standards aux autres constructeurs et il est vrai que seuls les COI montrent un réel dynamisme face aux reflex entrés dans une phase de somnolence.

Disons-le sans ambages, le Sony A7R II est impressionnant. Pour en avoir discuté avec de nombreux photographes, le design des A7 ne séduit pas réellement au premier contact. On est loin de l’appétence que suscitent les Fujifilm ou les Olympus, mais techniquement, les faits sont là.

L'A7R II est le premier COI à proposer un capteur 24x36 de 42,4 Mpx. Sans filtre passe-bas, le boîtier délivre des images très précises et la dynamique est au rendez-vous. Malgré une définition record (seul le Canon 5DsR propose plus avec 50 Mpx), la gestion du bruit est remarquable jusqu'à 6 400 ISO et vous avez la possibilité de monter jusqu'à 102 400 ISO ! Dans ce domaine et à tirage équivalent, l'A7R II fait jeu égal avec l'A7S pourtant réputé comme très sensible. Apparemment, Sony impose cependant toujours une compression de ses fichiers bruts, un choix difficile à expliquer quand on est à la recherche de la qualité maximale.

La stabilisation mécanique sur 5 axes par déplacement du capteur est également un atout indéniable pour la photo et la vidéo. En photo et avec plus de 40 Mpx, le moindre tressaillement est visible à 100 % et la stabilisation réduit considérablement ce risque. Vous avez même la possibilité d'utiliser un premier rideau électronique ou un obturateur totalement électronique pour limiter les vibrations. Globalement, le système permet de gagner 1 à 2 IL de manière assez confortable, et jusqu'à 3 IL dans certains cas.

En vidéo, la stabilisation est quasi indispensable pour la prise de vue à main levée. Autre point positif, la stabilisation mécanique fonctionne avec presque toutes les optiques et la visée électronique est également stabilisée.

Beaucoup de bons pixels, c'est bien, encore faut-il réussir à faire le point. Là encore, Sony innove et propose un module autofocus hybride à détection de contraste et corrélation de phase embarqué dans le capteur. Vous avez à disposition pas moins de 399 collimateurs couvrant pratiquement 45 % de la zone cadrée. Aucun reflex numérique actuel ne propose ça ! Mieux, en mode APS-C, le système à corrélation de phase couvre pratiquement 100 % de la visée ! De plus, en mode single, la mise au point est rapide et correcte en basse lumière. En mode continu, le système déçoit un peu avec un taux de déchet de l'ordre de 50 % sur un sujet en déplacement dans la direction du photographe. Sur un déplacement latéral, le système se montre beaucoup plus réactif. Enfin, la mise au point manuelle est épaulée par une loupe et un focus peaking : royal.

Utiliser un A7R II, c'est utiliser un viseur électronique. Vous n'aurez pas le choix. C'est parfois un vrai débat philosophique. Si concrètement la visée optique conserve certains avantages (visée fluide, meilleure dynamique...), ceux qui franchiront le pas trouveront également des points très appréciables à la visée électronique, comme l'affichage de nombreuses informations, la simulation d'exposition ou la facilité de mise au point manuelle. Le viseur de l'A7R II n'est pas le plus précis du marché (celui du Leica Q est un cran au-dessus), mais n'en reste pas moins confortable avec un grossissement important.

Côté écran, nous regrettons toujours l'absence de rotule et le choix d'une double charnière, moins pratique et qui ne permet pas la protection de l'écran. Et malheureusement, Sony s'obstine à ne pas utiliser de dalle tactile sur un appareil à plus de 3 000 €.

Côté vidéo, l'A7R II propose l'enregistrement 4K sur carte qui fait cruellement défaut à l'A7S. Il enregistre en 4K Télé (3 840 x 2 160 px) à 30/25/24p et en HDTV 1080 jusqu'à 60/50p. Les cinéastes regretteront l'absence du mode 4K Ciné (4 096 x 2 160 px), ne serait-ce qu'en 24p. Par contre, nous apprécions le zoom "numérique" par recadrage dans le capteur au format APC-S.

Le Sony A7R II n'est certes pas le boîtier idéal, la liste des points négatifs ci-dessous est là pour le rappeler, mais c'est sans doute l'un des plus excitants de l'année avec de nombreuses innovations technologiques au service de la photo et de la vidéo.Il reçoit aisément un recommandé.

+
  • 42,4 Mpx sans filtre passe-bas pour une maximum de précision
  • Excellente gestion du bruit électronique jusqu'à 6 400 ISO
  • Déclenchement avec l'obturateur mécanique moins bruyant. Possibilité d'utiliser un obturateur électronique pour des prises de vues silencieuses.
  • Couverture AF par corrélation de phase importante (45%). En APS-C presque 100%.
  • Pas de problème de front ou back focus. Détection de visages.
  • Autofocus globalement réactif dans la plupart des situations lumineuses
  • Assistance à la mise au point : loupe, focus peaking
  • Viseur électronique précis et large
  • Stabilisation 5 axes par déplacement du capteur qui fonctionne avec toutes les optiques. Gain jusqu'à 3 IL.
  • Mode vidéo HDTV 1080 et 4K Télé sur carte et complet. Entrée micro et sortie casque.
  • Boîtier compact pour un 24x36. Bonne qualité de fabrication. Prise en main aisée.
  • Connexion Wi-Fi / NFC
  • Possibilité de télécharger des applications (parfois payantes) pour agrémenter le boîtier
  • Recharge de la batterie par micro-USB
  • Possibilité d'utiliser des optiques Canon en autofocus (avec un adaptateur). Large choix d'optiques avec des adaptateurs.
  • Autonomie de la batterie trop faible : environ 200 vues.
  • Écran LCD non tactile. Pas d'orientation sur 180°. Pas de possibilité de protection.
  • Un seul emplacement pour carte mémoire
  • Pas de puce GPS intégrée
  • Pas de connexion USB 3.0
  • Touches souvent trop petites
  • Pas de flash intégré. Pas de prise synchro flash.
  • Pas de tropicalisation
  • Format RAW (.ARW) propriétaire. Format compressé uniquement.
  • Véritable nid à poussières
  • Optiques FE encore trop souvent volumineuses (on pense notamment au 35 mm f/1,4).
  • Toujours un peu lent à la mise sous tension
  • Pas de format carré 1:1 ou cinémascope 21:9
  • Pas de menu pour la vidéo
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Sony A7R II
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