Sony fait évoluer son boîtier APS-C haut de gamme par petites touches, en conservant le design et l'interface introduite avec l'A6000 il y a maintenant plusieurs années. Nous avons pu prendre en main pendant quelques heures le nouveau Sony Alpha 6500. Le firmware (micrologiciel) n'étant pas définitif, nos premières impressions pourront évoluer en fonction des corrections apportées.

Prise en main
Nouveautés et ergonomie

Test de l'appareil hybride Sony Alpha 6500 (A6500), prise en main, vue de la face avantPeu ou pas d'évolution sur la face avant de l'A6500 par rapport à son prédécesseur. L'ensemble reste très sobre, limite monacal.

L'A6500 reste donc un petit boîtier très compact comportant deux excroissances : la poignée d'un côté, et le viseur de l'autre. La finition semble sérieuse et l'ensemble inspire confiance. Mais comme pour les autres modèles de la gamme, nous ne comprenons pas pourquoi le boîtier n'est pas tropicalisé. Sony annonce certes une protection contre l'humidité et les poussières, mais force est de constater que la trappe donnant accès aux logements batterie/carte ne dispose toujours pas de joint d'étanchéité, pas plus que de protection des connecteurs. Au prix de l'ensemble, Sony devrait être en mesure de proposer un boîtier plus résistant aux intempéries. La comparaison est toujours un peu exagérée, mais pour rappel, Nikon propose l'1 AW1, un boîtier à objectifs interchangeables étanche jusqu'à -15 m, pour moins de 800 €.

Au registre "résistance des matériaux" toujours, Sony reconduit l'écran LCD malheureusement trop brillant et un peu fragile. L'écran n'étant toujours pas monté sur charnière, il est impossible de le protéger pendant le transport, par exemple.

Test de l'appareil hybride Sony Alpha 6500 (A6500), prise en main, vue du dessus

Sur le dessus du boîtier, vous noterez quelques changements, même s'ils restent marginaux. Les commandes personnalisables C1 / C2 sont désormais regroupées à l'arrière de la poignée ; la troisième touche C3 est localisée à l'arrière. Personnellement, j'ai une préférence pour l'ancienne version qui offrait un accès plus aisé à la touche personnalisable C1, car positionnée juste à côté du déclencheur.

Les commandes situées au dos de l'appareil n'évoluent pas : vous retrouverez le basculeur, soit pour passer du mode autofocus au mode de mise au point manuelle, soit pour gérer la mémorisation de l'exposition. Les derniers boîtiers Sony sont sans doute ceux qui proposent le plus de personnalisation. La touche Fn donne accès à un menu de 10 fonctionnalités (personnalisables) et le trèfle de navigation est lui aussi personnalisable, tout comme le bouton vidéo situé sur l'angle de l'appareil photo.

Des regrets ? Oui : nous déplorons toujours l'absence d'une seconde molette de réglage à l'avant de la poignée pour faciliter l'utilisation en mode M. Il faudra se contenter de la roue codeuse, elle aussi située à l'arrière du boîtier.

Un écran tactile... enfin ! (mais pas complètement)

Nous le demandons maintenant depuis des années et il est enfin là : l'écran de l'A6500 est tactile ! La victoire, toutefois, est modeste. Certes, l'écran LCD est bien tactile, et permet bien de définir rapidement et facilement la zone de mise au point ; mieux encore, il se transforme en pavé tactile pour déplacer le point AF lorsque vous utilisez le viseur intégré. Mais... il ne fonctionne pas pour la navigation dans les menus. Les progrès sont là, mais mesurés.

Test de l'appareil hybride Sony Alpha 6500 (A6500), prise en main, vue du dosLe tableau de bord hautement personnalisable de l'A6500.

L'écran est toujours monté sur une double charnière offrant une inclinaison de 90° vers le haut et 45° vers le bas. Là encore, nous aurions aimé un peu plus de liberté avec un écran monté sur une véritable rotule : une solution qui aurait sans doute donné un peu plus de corps à l'appareil, et offert de plus de souplesse à l'utilisation.

Test de l'appareil hybride Sony Alpha 6500 (A6500), prise en main, écran inclinablePas de rotule, mais une charnière qui permet d'incliner l'écran vers le haut et vers le bas.

L'écran est toujours au ratio 16/9 et affiche 921 000 points. En mode vidéo, la totalité de sa surface est donc utilisée, mais en photo, c'est le ratio 3/2 qui est majoritaire ; vous aurez donc des bandes noires de part et d'autre de la zone de visée. La dalle est malheureusement toujours aussi brillante, ce qui rend son utilisation en plein soleil délicate.

Heureusement, il reste possible d'utiliser le viseur électronique intégré. Là non plus, pas d'amélioration : vous retrouverez la dalle de 2 360 296 points qui offre une belle définition, mais nous aurions aimé que Sony montre un peu plus d'ambition avec une nouvelle dalle plus précise. Pour mémoire, le Leica Q dispose d'un viseur LCOS à presque 4 millions de points, d'une définition de 1 280 x 960 px.

Ne boudons toutefois pas notre plaisir, car le viseur Sony est l'un des plus agréables du marché, avec un large grossissement de 0,70x en équivalent 24x36 et une cadence de rafraîchissement de 100 i/s pour une fluidité accrue. Même dans une ambiance tamisée, la visée reste fluide et finalement peu bruitée.

Menus revisités

Les menus de l'A6500 s'inspirent du tout récent A99 Mark II avec une redistribution des options, notamment un onglet plus spécifiquement orienté vidéo... mais pas exclusivement, puisque vous retrouverez malgré tout d'autres réglages dans ce même onglet, dont la possibilité de régler l'obturateur mécanique.

Test de l'appareil hybride Sony Alpha 6500 (A6500), menu Qualité/taille d'image 1, capture d'écran

Les options sont ensuite classées par sous-menus : autofocus, exposition, flash... On gagne effectivement en lisibilité, mais ces sous-menus sont d'autant plus nombreux. Ainsi, le premier onglet de réglage de la partie photo ne comporte pas moins de 14 sous-menus !

Test de l'appareil hybride Sony Alpha 6500 (A6500), menu Exposition 1, capture d'écran

Test de l'appareil hybride Sony Alpha 6500 (A6500), menu Film 1, capture d'écran

Autofocus accéléré et rafale

Les ingénieurs de Sony ont également reconduit le système autofocus hybride de l'A6300 sur son successeur. L'A6500 dispose d'un module à corrélation de phase sur le capteur principal (425 points) pour dégrossir rapidement la mise au point, et d'un module à détection contraste pour l'affiner. La nouveauté réside donc essentiellement dans l'intégration d'une nouvelle puce de traitement des données associée au Bionz X. Sur le papier, la mise au point devrait s'en trouver accélérée.

Lors de nos premiers essais — avec encore une fois un modèle non définitif —, nous n'avons pas noté de réelles différences par rapport au précédent modèle. Sans chrono effectif, il est difficile de déterminer une évolution. Globalement, l'A6500 s'est plutôt bien comporté, avec une mise au point rapide dans de bonnes conditions lumineuses. Là encore, nous attendrons un exemplaire définitif et nos mesures en labo pour donner un avis étayé.

La principale évolution, à ce stade, est surtout la mémoire tampon, qui permet d'encaisser 269 vues, contre 47 pour l'A6300.

Autonomie, connexions et mémoire

Pas de changement au niveau de la batterie : l'A6500 reconduit la NP-FW50 et Sony n'annonce pas d'amélioration au niveau de l'autonomie, avec 350 vues selon la norme CIPA.

Il est toujours possible de recharger le boîtier à l'aide d'une prise micro-USB, ce qui est toujours pratique. Mieux, on peut utiliser l'hybride pendant le chargement. Par contre, l'A6500 n'est toujours pas livré avec un chargeur secteur.

Test de l'appareil hybride Sony Alpha 6500 (A6500), vue du dessous, emplacement carte mémoire et batterieL'emplacement SD est malheureusement toujours accessible dans la semelle du boîtier.

Nous regrettons par ailleurs toujours que l'accès à la carte mémoire se fasse par le dessous de l'appareil : une fois le boîtier fixé sur un trépied, il n'est pas possible de changer de support mémoire sans tout démonter.

L'A6500 est compatible avec les SDHC/SDXC, mais uniquement avec la norme UHS-I. Une petite mise à jour à la norme UHS-II aurait été appréciable.

Toujours au chapitre des regrets, nous noterons l'absence d'une sortie casque. C'est d'autant plus regrettable que l'A6500 affiche de véritables ambitions en vidéo (enregistrement UHD) et qu'il est possible de greffer des accessoires intéressants, comme un micro-canon (ECM-GZ1M) ou stéréo (XYST1M).

Test de l'appareil hybride Sony Alpha 6500 (A6500), vue de trois quarts dos, connectiqueToujours pas de sortie casque sur l'A6500...

Le boîtier hybride dispose toujours d'une puce Wi-Fi et NFC pour une connexion à un smartphone ou une tablette.

Déclenchement silencieux

L'A6500 dispose d'un obturateur mécanique pour le mode photo. Celui-ci n'est pas particulièrement silencieux. Il est possible de réduire le son du déclenchement en utilisant un premier rideau électronique. Pour encore plus de discrétion, vous pouvez opter pour le mode silencieux, qui utilise un obturateur électronique complet. L'hybride déclenche alors sans émettre le moindre son.

Test de l'appareil hybride Sony Alpha 6500 (A6500), menu Déclenchement pour activation du mode silencieux, capture d'écran

Logiciel

Le Sony A6500 est livré avec une version du logiciel Capture One Pro. Celle-ci n'ouvre par défaut que les fichiers bruts Sony, mais il est possible, moyennant finance, d'acquérir une version complète à un prix très intéressant. En outre, il est possible de travailler en mode connecté pour, par exemple, travailler en studio avec des clients plus facilement.

Fonctionnalités
Les différents modes de prise de vue

Modes créatifs

Comme la plupart des hybrides experts, le Sony A6500 dispose de nombreux filtres créatifs et d'intentions de rendus colorimétriques pour faciliter le post-traitement des images et obtenir des JPEG personnalisés. Vous pouvez donc ajouter des effets Toy Camera, Pop, Rétro ou Noir & blanc. Les effets sont plutôt réussis, mais attention, il n'est pas possible d'enregistrer un fichier brut ou un JPEG "normal" en complément. Filtre ou sans filtre, il faudra donc choisir ! Un autre regret ? L'absence de formats plus divers comme le ratio 1:1 ou cinéma 21:9, l'A6500 ne proposant que le "standard" 3:2 et le très vidéo 16:9.

Sony A6500 : effet Noir & Blanc contraste élevé
Sony A6500 : effet Noir & Blanc contraste élevé

L'A6500 propose naturellement un mode panoramique par balayage toujours aussi efficace pour les paysages. Sur de l'architecture, c'est fatalement plus compliqué.

Sony A6500 : panoramique par balayage à main levée aux Archives Nationales

Un problème reste toutefois récurrent avec les boîtiers Sony (et les autres d'ailleurs) : les messages d'erreur. En effet, de nombreux modes créatifs ne sont pas disponibles si le format RAW ou le mode silencieux sont activés. D'ailleurs, un message d'erreur vient consciencieusement vous le rappeler à chaque fois. Si l'intention est louable, nous aurions apprécié que l'A6500 nous propose de désactiver le mode incriminé pour prendre la photo dans le mode sélectionné. Là, il faudra par vous-même retourner dans les arcanes des menus pour changer les paramètres de prise de vue. D'autant que lorsque le boîtier est par exemple positionné en mode Rétro, le simple fait de basculer en mode RAW désactive tout simplement l'option.

Réactivité

Autofocus et mise sous tension

Sony communique beaucoup sur la réactivité de son appareil, notamment au niveau de la rafale ou de l'autofocus. Pourtant, il reste un point sur lequel la marque doit travailler : le temps de mise sous tension. En effet et malgré un nouveau processeur, il faut toujours patienter 1,6 s avant de pouvoir déclencher. Nous sommes assez loin de l'instantanéité des reflex ou même de différents hybrides. C'est un domaine sur lequel Sony doit encore s'améliorer.


Pour le reste des chronos, l'A6500 offre de très belles prestations, avec une latence au déclenchement quasi nulle et un autofocus très performant aussi bien pleine lumière que sous 3 lux. En basse lumière, l'autofocus n'est pas le plus rapide du moment, mais il se défend plutôt bien.
Toutefois, il faut veiller à utiliser des optiques disposant d'une motorisation rapide. Ainsi, nous avions également à disposition un 50 mm f/1,8 bien plus poussif que le 16-70 mm f/4. Si vous voulez bénéficier du meilleur de l'Alpha 6500, optez pour les optiques récentes.

Rafale

L'A6500 de Sony propose deux modes rafale. Le premier, baptisé H, permet d'atteindre une cadence à 8 i/s tout en conservant une visée directe entre les images. Cela permet de suivre plus facilement le déplacement d'un sujet pendant une rafale. Le second, nommé H+, grimpe à 11 i/s (avec suivi AF) n'affiche que les images enregistrées et vous n'avez plus accès à la visée en direct.

Nos chronos montrent que les cadences annoncées sont bien tenues, mais c'est surtout la mémoire tampon qui est impressionnante sur l'A6500. En mode RAW + JPEG, nous avons enregistré 100 doublets en un peu plus de 9 secondes en H+ (11 i/s) et en plus de 12,6 s en H (8,3 i/s). Si la mémoire tampon encaisse l'écriture de 200 fichiers, la vidange de cette dernière est assez lente. Comptez environ un peu moins de 2 minutes pour charger les images sur la carte mémoire Toshiba 16 Go UHS-II (l'A6500 n'est pas compatible avec cette norme). Pendant la vidange, la prise de vue reste possible, mais vous ne pouvez pas entrer dans le menu principal.

En JPEG, la mémoire tampon permet de stocker jusqu'à 250 vues, toujours à la cadence de 11 ips. L'A6500 est sur ce point véritablement impressionnant et vient directement concurrencer, voire dépasser des reflex sportifs comme le Nikon D500 ou le Canon 7D Mark II.

Sony A6500 test review rafale 8 ipsSony A6500, exemple de décomposition de mouvement avec une rafale à 8 i/s.

Suivi autofocus

Une bonne rafale c'est bien, mais c'est encore mieux avec un bon suivi autofocus. Sur ce point, l'A6500 ne montre pas de réels progrès par rapport à son aîné. À la cadence de 8 ips, le suivi autofocus se montre assez pertinent, mais pas totalement parfait. Sur notre exemple, le plus compliqué, le sujet avance en direction du photographe en marchant normalement. L'A6500 est positionné en mode 8 ips avec priorité à la mise au point.

Sony A6500 test review suivi autofocusDétail à 100% d'une rafale à 8 ips sur un sujet en mouvement vers le photographe.

Stabilisation mécanique

C'est la principale innovation de l'Alpha 6500. Les ingénieurs ont reconduit le système apparu sur les versions Mark II des hybrides plein format de la marque, les A7 II, A7S II et A7R II avec une stabilisation mécanique sur 5 axes. Le système est naturellement compatible avec la stabilisation optique. Cette dernière prend le pas sur la stabilisation mécanique pour les oscillations haut/bas et gauche/droite. Tout l'intérêt de la stabilisation embarquée dans le boîtier est qu'elle fonctionne avec toutes les optiques du marché.

Sony A6500 test review stabilisation mécaniqueStabilisation mécanique sur 5 axes du Sony A6500.

Lors de nos tests, nous avons obtenu de résultats corrects, mais en dessous des arguments avancés par Sony. Ainsi, nous avons pu aisément gagner 2 et 3 IL avec un taux de réussite supérieur à 50 %. Dans ce domaine, les hybrides pourvus de capteur 4/3" — donc plus petits — sont plus performants, avec un gain qui peut atteindre voire dépasser 4 IL, comme l'Olympus E-M1 II.


Ci-dessous, vous trouverez un exemple d'image réalisée au 1/10 s @70 mm. À cette vitesse, vous avez un peu plus de 50 % de chances d'obtenir un cliché net à main levée.

Sony A6500 test review stabilisation mécanique

La stabilisation mécanique fonctionne également en vidéo et facilite grandement la prise de vue en UHD, mode dans lequel le moindre mouvement est perceptible. Dans tous les cas, il est préférable d'utiliser des systèmes externes de stabilisations en vidéo. Le système est, là encore, moins performant que celui de l'E-M1 II d'Olympus.

Qualité des images
Mode photo et mode vidéo

Photo

Rendu des images

Le Sony A6500 délivre des JPEG d'excellente qualité avec un assez bon rendu des couleurs et une accentuation bien dosée pour une exploitation sans avoir à passer par la case logiciel. Il est d'ailleurs peu évident de distinguer un JPEG issu de l'A6500 d'une image brute développée avec Lightroom avec les paramètres par défaut. Nous avons réalisé la plupart de nos tests avec l'optique 16-70 mm f/4 de Sony.

Avec le 16-70 mm f/4 — qui est une optique assez haut de gamme (comptez environ 800 €) —, les images sont bien piquées et vous avez vraiment l'impression d'exploiter les 24 Mpx du capteur. Cette belle définition permet d'envisager pratiquement tous les travaux photographiques.

Le problème de l'A6500 est le parc optique au format APS-C chez Sony. Il est assez limité (environ 15 modèles) et il n'existe pas de petit téléobjectif transstandard accessible et de bonne qualité. Ces derniers mois, la marque s'est avant tout concentrée sur les optiques pour sa gamme A7 en 24x36. Celles-ci sont de qualité, mais assez chères. Toutefois, il est possible d'investir dans des optiques 24x36 pour l'A6500 en imaginant migrer plus tard vers un format plus grand.

Nous avions noté sur l'A6300 quelques approximations de la balance des blancs automatique. Ces défauts semblent corrigés sur cette nouvelle mouture, qui offre une balance plus juste avec des sources artificielles.

Sony A6500 : Petite visite des salons du musée des Archives Nationales.
Sony A6500 : Backtothestreet est toujours actif dans le 10e arrondissement.

Gestion du bruit électronique

L'A6500 est équipé d'un capteur APS-C de 24 Mpx déjà connu de nos services puisqu'il équipe l'A6300. Toutefois, le processeur de traitement des images n'est pas tout à fait identique. La marque annonce un meilleur traitement par analyse de l'image en fonction des textures, notamment. Les photosites de l'A6500 font environ 3,9 µm et la plage ISO du boîtier s'étend de 100 à 51 200 ISO (comme précédemment).

Tailles des capteurs les plus courantsComparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Les images ne présentent pas de bruit électronique de 100 à 800 ISO. Toutefois, vous noterez que leur traitement est un peu violent. S'il est difficile de percevoir une différence entre 100 et 200 ISO, un effet de lissage est facilement observable dès 400 ISO sur les plus fins détails. Les lignes isobares sont déjà un peu émoussées et elles s'estompent encore à 800 ISO. La qualité varie peu entre 800 et 3 200 ISO, avec un lissage assez important de la granulation, mais un rendu global assez satisfaisant et une bonne dynamique des clichés. Vous pourrez assez facilement grimper jusqu'à 6 400 ISO sans trop de remords. Au-delà, les choses se compliquent : la dynamique baisse et le traitement du moutonnement devient vraiment peu esthétique. Les valeurs supérieures sont problématiques, avec un traitement plus appuyé du bruit électronique lors de la création des JPEG.

Nous avons passé les images délivrées par le nouvel hybride de Sony au crible plus impartial d'un oscilloscope sur la charte de gris de la mire Colorcheker. Les graphiques corroborent notre perception visuelle avec une bonne gestion de la granulation jusqu'à 6 400 ISO et un traitement assez lourd pour les valeurs supérieures, avec une variation importante au niveau des crêtes.

Test Sony A6500 gestion du bruit électroniqueMesure du bruit sur la charte de gris de la Colorcheker.

Nous avons également développé les images brutes de l'A6500 avec le logiciel Capture One (livré avec le boîtier), afin de vérifier le rendu des détails des images JPEG issues du boîtier, d'une part, et de l'autre, des images traitées avec le logiciel avec les réglages par défaut. Nous avons choisi les valeurs de 3 200 et 6 400 ISO. Les images sont finalement assez similaires et le gain n'est pas vraiment visible pour ces sensibilités.

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sony-a6500-6400iso-C1-detail-comparaisonsony-a6500-6400iso-detail-comparaison

Vous trouverez ci-dessous des exemples de clichés pris en hautes sensibilités de 1 600 à 6 400 ISO. Vous pouvez visualiser l'image à 100 %, ou télécharger le fichier brut pour l'éditer avec votre logiciel favori.

Sony A6500 : Zone sombre de la Sainte-Chapelle à 6 400 ISO.
Sony A6500 : Statue à l'intérieur de la Sainte-Chapelle à 6 400 ISO.
Sony A6500 : Impressionnants vitraux de la Sainte-Chapelle à 2 000 ISO.
Sony A6500 : Dans les salons des Archives Nationales à 4 000 ISO.
Sony A6500 : Dans les salons des Archives Nationales à 6 400 ISO.
Sony A6500 : L'Opéra Garnier de Paris entre chien et loup et à 2 500 ISO.

Exposition, RAW et latitude de travail

Le Sony A6500 intègre un mode HDR combinant 3 images pour des écarts d'exposition de 1 à 6 IL. Le mode DRO (Dynamic Range Optimizer) propose quant à lui de rehausser les zones sombres pour des images plus équilibrées, mais moins contrastées. La correction d'exposition est assurée par la molette qui offre une latitude de ±5 IL. Le bracketing d'exposition permet d'aligner de 3 à 9 vues avec une variation de 0,3 à 1 IL.
L'A6500 dispose d'une nouveauté : une mesure spot avec priorité aux hautes lumières.

Les résultats obtenus en studio se retrouvent sur le terrain, avec une gestion assez souple des hautes lumières sur les fichiers bruts. Ci-dessous, vous pouvez comparer la même image traitée pour récupérer des infos sur le visage de la statue à la fois en JPEG et en RAW. La différence est flagrante.

Sony A6500 : L'intérieur de la Sainte-Chapelle à 6 400 ISO.
sony-a6500-haute-lumiere-jpeg-recouvrement-detailsony-a6500-haute-lumiere-raw-recouvrement-detail

Mode vidéo

Formats

Le Sony A6500 est capable d'enregistrer jusqu'en Ultra HD (3 840 x 2 160 px) sur carte en XAVC-S à 100 Mbps. Notez que pour ce mode, Sony impose l'utilisation d'une carte UHS-I U3. Naturellement, des formats plus "classiques" en HDTV 1080 sont également disponibles. Il est étonnant que l'A6500 ne propose pas l'enregistrement UHD en 60/50p alors que le Phantom 4 Pro de DJI, équipé d'un capteur 1 pouce probablement produit par Sony, en est pourvu. Nous regrettons que, bien que repensés, les menus ne ménagent pas un onglet spécifiquement et exclusivement dédié à la vidéo.

Formats en PAL
XAVC-S 4K (H.264) : 4K télé (3840 x 2160 px) 25p (100 Mbps ou 60 Mbps)
XAVC-S (H.264) : HDTV 1080 100p (100 ou 60 Mbps), 50p (50 Mbps) et 25p (50 Mbps) / 720p 100p (50 Mbps),
AVCHD (H.264) : HDTV 1080 50i (24, 17 Mbps) / 50p (28 Mbps) / 25p (24, 17 Mbps)
MP4 (H.264) : 1920 x 1080 50p (28 Mbps), 25p (16 Mbps) et 720p 30 ips (6 Mbps)

Il est possible de filmer à la norme NTSC, mais cela requiert la réinitialisation complète du boîtier. Cette manipulation monopolise l'appareil pendant au moins 5 s et nécessite surtout le formatage de la carte mémoire !

En mode NTSC, la cadence d'enregistrement change et vous pouvez accéder au mode "cinéma" avec le 24p.

Formats NTSC
XAVC-S 4K (H.264) : 4K Télé (3840 x 2160 px) 30/24p (100 Mbps ou 60 Mbps)
XAVC-S (H.264) : HDTV 1080 120p (100 ou 50 Mbps) 60/30p (50 Mbps) et 24p (50 Mbps) / 720p 120p (50 Mbps)
AVCHD : HDTV 1080 60i (24, 17 Mbps) / 60p (28 Mbps) / 24p (24, 17 Mbps)
MP4 : 1920 x 1080: 60p (28 Mpbs), 30p (16 Mbps) et 720p 30 ips (6 Mbps)

Il est important de noter que pour l'enregistrement Ultra HD, HDTV 1080 jusqu'à 60/50 ips, c'est toute la largeur du capteur qui est utilisée (Super 35 mm) dans un ratio 16/9. L'angle de champ varie donc peu entre le mode photo et le mode vidéo. Seul le mode 120/100p en HDTV 1080 réduit le champ.

Suréchantillonnage du Sony A6500 pour la création des vidéos UHDSuréchantillonnage pour la vidéo UHD du Sony A6500.

L'enregistrement UHD offre un véritable bond qualitatif, mais le poids des fichiers peut rapidement devenir une contrainte très (trop) importante pour le montage et la postproduction. Sony est l'une des rares marques à proposer une option très intéressante : le double enregistrement. Cela permet d'enregistrer des doublures des fichiers dans un format plus facilement éditable. Ainsi, l'A6500 enregistre en UDH, mais également en 720p. Ces derniers fichiers, plus légers, seront plus facilement manipulables pour le montage. Ensuite, il "suffira" de réaliser une conformation avec les fichiers UHD au moment de l'export. S'il est possible de créer des doublures avec les logiciels actuels au moment de l'import, le gain de temps avec cette option est non négligeable.

Le Sony A6500 est capable de filmer à des cadences élevées pour réaliser des ralentis fluides, jusqu’à 5x avec 120 ips pour cadence de lecture à 24p ou 4x avec une captation à 100 ips et une cadence de lecture à 25. Il faut toutefois adapter les vidéos directement dans le logiciel de montage. L'une des nouveautés est le mode Slow & Quick qui permet de créer directement les ralentis au moment de l'écriture des fichiers. Cette option permet de gagner un peu de temps, mais laisse moins de latitude de retouche en postproduction.

Assistants
Le Sony A6500 propose de nombreux assistants pour vous épauler lors de vos enregistrements  :
– zébras (70 / 75 / 80 / 85 / 90 / 95 / 100 / 100+) et personnalisable ;
– loupe lorsqu'on met au point manuellement ;
– peaking level / color ;
– enregistrement du TimeCode : REC RUN ou FREE RUN ;
– Dual Video REC (enregistrement simultané en XAVC-S et MP4 movie, ou en AVCHD et en MP4, pour utilisation de PROXY plus légers à monter) ;
– marqueurs 4:3 / 13:9 / 14:9 / 15:9 / 1.66:1 / 1.85:1 / 2.35:1.

Sony A6500 test review mode vidéoLes différents ratios du mode d'enregistrement vidéo du Sony A6500.

Profils et sortie HDMI
L'A6500 reprend les différents profils colorimétriques présents sur l'A7S II et l'A7 II. Les gammas, matriçages ainsi que tous les autres réglages vidéo peuvent être paramétrés dans les Picture Profiles, comme sur les caméscopes semi-pros de la marque (pour plus de détail, vous pouvez vous reporter à notre article RAW, Log et REC709). Vous pourrez donc exploiter au mieux les capacités du capteur avec, en contrepartie, un temps de post-traitement important.
Notez que ces profils sont toujours cachés derrière d'obscurs noms (PP1, PP2, PP3...), ce qui n'est guère pratique pour passer d'un profil à l'autre sans consulter leurs caractéristiques.

Sony A6500 test review mode vidéoSony A6500 : les différents profils de rendu en vidéo.

Précision
Nous avons comparé la même scène en HTDV 1080 et UHD (3 840 x 2 160 px) en ajustant la taille de l'image au format 1080. La définition 4 fois plus importante de l'enregistrement 4K permet d'obtenir une image beaucoup plus précise en affichage 1080.

Test Sony A6500 mode vidéoComparaison du rendu HDTV 1080 et UHD après conversion HDTV 1080.

Rolling shutter
Les problèmes de rolling-shutter (déformation des images lors des mouvements rapides) sont surtout visibles pour les cadences peu rapides : 30/25/24p. Le mode UHD est donc particulièrement sensible à ce phénomène.

Autofocus
En vidéo, l'autofocus se montre plutôt efficace, silencieux à défaut d'être très rapide. Toutefois, il permet de suivre les mouvements d'un sujet sans trop de difficultés, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous.

Nos conclusions
et les principaux rivaux

9 mois après un Alpha 6300 plutôt réussi, Sony revient en force avec un Alpha 6500 aux fondations identiques, mais disposant d'une stabilisation mécanique bienvenue, d'un écran LCD enfin tactile et d'un nouveau processeur de traitement des données. De fait, il devient l'hybride APS-C de Sony le plus complet et le plus séduisant, mais aussi le plus cher.

Le meilleur de Sony

Après quelques jours passés en compagnie du nouvel hybride de Sony, il est difficile de ne pas être convaincu par le dernier modèle de la marque qui séduit immédiatement par sa compacité (sans les optiques) et sa légèreté (là encore sans les optiques). Petit par la taille, l'A6500 n'en propose pas moins un nombre impressionnant de fonctionnalités, et notamment un bon viseur électronique, un flash intégré, un écran LCD orientable (mais pas complètement) et tactile (mais pas complètement), de nombreux raccourcis personnalisables, une stabilisation mécanique par déplacement du capteur qui fonctionne avec toutes les optiques, qu'elles soient stabilisées ou non, un mode vidéo UHD à 30/25p et pléthore d'assistants pour la vidéo, un excellent capteur APS-C à 24 Mpx capable de grimper jusqu'à 51 200 ISO, un autofocus complet et rapide avec 425 points AF, une rafale jusqu'à 11 i/s, une mémoire tampon presque sans fin une connexion Wi-Fi pour le transfert des images ou un mode télécommande... Vous l'aurez compris, l'A6500 est un véritable concentré du savoir-faire technique de Sony. Le tableau semble idyllique, mais certaines pierres d'achoppement persistent.

Le problème des optiques

Ainsi, il est difficile de trouver une bonne optique (zoom ou focale fixe) abordable permettant de tirer la quintessence du capteur APS-C de Sony. Bien piquées au centre, les optiques montrent trop rapidement leurs limites en périphéries. D'autres points agacent, surtout pour un boîtier proposé à presque 1 700 € tout nu. À commencer par l'autonomie du boîtier. Lors de nos tests, nous avons n'avons jamais réussi à dépasser 250 vues par cycle de charge et Sony ne propose pas de poignée d'alimentation pour augmenter l'autonomie. Il faudra penser à s'équiper d'une ou plusieurs batteries supplémentaires (environ 60 €) et d'un chargeur secteur (non livré, environ 70 €). Nous pointerons aussi quelques oublis fâcheux, dont la sortie casque. Pour une utilisation avancée, nous recommandons l'utilisation du module XLR — 800 € tout de même) qui permet de brancher 2 micros au format XLR, mais qui ne dispose pas de sortie casque non plus...). Toujours au registre des manques, citons un second emplacement de stockage, la possibilité de grimper à plus de 1/4 000 s ou une finition à l'épreuve des intempéries. Nous regrettons également que l'accès à la carte mémoire soit toujours présent dans la semelle du boîtier.

Face à la concurrence

Sony A6300

L'un des concurrents les plus directs se trouve chez... Sony. Il s'agit de l'A6300, présenté au début de l'année 2016 et qui partage beaucoup d'éléments avec l'A6500 pour un tarif bien plus raisonnable. Certes, il n'intègre pas de stabilisation mécanique et son écran n'est pas tactile, mais la différence de tarif permet de s'équiper d'une bonne optique supplémentaire et, pourquoi pas, de lorgner l'excellent 16-35 mm f/1,8 de Sigma avec un adaptateur. L'A6500 propose certes quelques nouveautés toujours intéressantes, comme la mesure spot lié au point AF, la mémoire tampon ad libitum ou le mode Slow & Quick en vidéo, mais la différence de prix par rapport à l'A6300 semble au final vraiment élevée.

A6300
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Fujifilm X-T2

Avec le X-T2, Fujifilm dispose d'un concurrent plus que sérieux. Les deux boîtiers sont assez proches : capteur APS-C de 24 Mpx, système autofocus à corrélation de phase intégrée, enregistrement vidéo 4K/UHD. L'hybride de Fujifilm prend l'avantage avec un viseur plus spacieux et un peu plus rapide en rafraîchissement, la possibilité de travailler avec deux cartes mémoire, une ergonomie à l'ancienne avec des réglages directs, une obturation mécanique jusqu'au 1/4 000 s et électronique jusqu'au 1/32 000 s. Avec l'ajout de la poignée d'alimentation (+ 330 €) et 2 batteries supplémentaires, il est possible de tripler l'autonomie, d'atteindre la cadence de 11 i/s en rafale et d'accéder à une sortie casque.
De son côté, l'A6500 de Sony dispose d'une stabilisation mécanique qui fait cruellement défaut au Fujifilm X-T2. Il dispose également d'un écran (très peu) tactile, absent sur le modèle Fujifilm. L'A6500 est enfin plus compact et plus léger, mais ne profite pas d'une finition à l'épreuve des intempéries. Au final, il n'est pas simple de départager les deux protagonistes et le choix se fera également sur la prise en main et l'ergonomie. Si la qualité des images est finalement assez proche, le design et la prise en main sont radicalement différents avec, du côté de Fujifilm, un boîtier au look de reflex professionnel, et côté Sony, la recherche à tout prix de la compacité.

X-T2
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Olympus OM-D E-M1 II

Présenté à la photokina 2016, l'Olympus OM-D E-M1 II est également un sérieux concurrent. Il dispose d'une stabilisation mécanique intégrée, la possibilité de filmer en 4K/UHD, un capteur à 20 Mpx intégrant un système autofocus à corrélation de phase, un écran LCD sur rotule et tactile, une rafale à 18 i/s en obturation électronique ou encore une finition à l'épreuve des intempéries. Sur de nombreux aspects, l'hybride d'Olympus surclasse l'A6500, avec notamment un grossissement du viseur électronique plus important, une autonomie supérieure, la possibilité de rajouter un grip d'alimentation et un système de stabilisation plus performant. En outre, le parc d'optiques Micro 4/3 est plus riche que celui de Sony pour le format APS-C.
L'A6500 se démarque avec un capteur plus grand et plus défini ; la qualité d'image penche donc en faveur du modèle de Sony, notamment dans les hautes sensibilités ISO, et il offre des options plus pertinentes en vidéo.

OM-D E-M1 II
Fnac.com 2599,99 €
+
  • Boîtier compact et léger
  • Stabilisation mécanique 5 axes
  • Écran LCD enfin tactile !
  • Appareil facilement personnalisable
  • Déclenchement totalement silencieux avec l'obturation électronique
  • Suivi autofocus performant à 11 i/s
  • Mode vidéo UHD à 30/25/24 p
  • Nombreux assistants en vidéo, profils et S-Log
  • Connexion griffe-accessoire multiformat pour flash, micro XLR, torche...
  • Flash intégré orientable (au doigt)
  • Mesure spot liée au point AF
  • Livré avec Capture One Pro
  • Possibilité de travailler en mode connecté
  • Menus parfois complexes
  • Toujours pas de double commande avant-arrière pour les réglages
  • Écran LCD pas totalement orientable et manquant de lisibilité en plein soleil
  • Usage tactile très limité
  • Obturateur mécanique limité au 1/4000 s
  • Format RAW propriétaire
  • Pas de menu personnalisable
  • Pas de finition à l'épreuve des intempéries
  • Pas de sortie casque pour la vidéo
  • Rolling shutter très marqué en UHD
  • Accès carte mémoire dans la semelle du boîtier
  • Le passage de NTSC à PAL et inversement nécessite le formatage de la carte et le redémarrage complet du boîtier
  • Pas de format 1:1 carré
  • Aucune aide contextuelle dans les menus
  • Qualité du parc d'optiques pour APS-C par rapport à la concurrence
En résumé

Petit, léger, performant, polyvalent : l'Alpha 6500 est se qui se fait de mieux chez Sony au format APS-C et l'un des meilleurs boîtiers photo de ce début d'année. Il reçoit aisément un recommandé.

A6500
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Sony A6500
Miss Numérique 1649,00 €