CapteurCMOS APS-C (23,5 x 15,6 mm) de 24,2 Mpx
MontureE
Optique livréeselon kit
Stabilisationselon les optiques utilisées
Antipoussièreoui
ViseurViseur électronique OLED XGA (1 024 × 768 pixels, 2 359 296 points) ratio 4/3. Couverture de champ 100%. Grossissement de 0,7x. dégagement oculaire de 23 mm.
Flashpop-up. NG 6 (100 ISO et en m)
ÉcranLCD de 7,5 cm. 921 600 points. Inclinable sur 90° vers le haut et 45° vers le bas.
Mise au pointMise au point automatique hybride rapide (mise au point auto. avec détection de phase/mise au point auto. avec détection du contraste). 425 points AF. Sensibilité -1 à +20 IL.
Modes autofocusAF-S, AF-C et AF-A
Mesures d'expositionCellule sur 1 200 zones. Pondérée centrale, spot et matricielle. Correction d'exposition sur +/- 5 IL.
Modes d'expositionPSAM, mode scène.
Vitesse d'obturation30 à 1/4 000 s. Synchro flash au 1/160 s. Possibilité d'utiliser une obturation électronique silencieuse.
Motorisationjusqu'à 11 ips
Sensibilité ISOPhotos : ISO 100-25600 (extensible jusqu'à 51200), AUTO (ISO 100-6400, limites inférieure et supérieure sélectionnables), - Vidéos : Equivalent ISO 100-25600, AUTO (équivalent ISO 100-6400, limite inférieure et limite supérieure sélectionnables)
Mémoire
Format image photoJPEG, RAW (6 000 x 4 000 px)
Format image vidéoUHD (3 840 x 2 160 px) 30/25/24p, HDTV 1 920 x 1 080 px 120/100/60/50/30/25/24p
AlimentationBatterie rechargeable (NP-FW50)
ConnexionUSB 2, HDMI (non compressée) type D, Wi-Fi (802.11 b/g/n), NFC, griffe porte accessoire, micro
DimensionsEnviron 120 x 66,9 x 48,8 mm
Poids404 g
LogicielsCapture One Pro (Sony)
Dans la boîte

Caractéristiques

Comme évoqué à son annonce début février, Sony lance un Alpha 6300 à la fiche technique en béton armé : capteur APS-C de 24 Mpx, autofocus à 425 points (!), vidéo 4K et 120 i/s, viseur électronique, rafale à 11 i/s... mais toujours pas d'écran tactile.

Sony A6300 test review

Présentation

Sony ne lâche pas le morceau sur sa gamme d'appareils hybrides. Après une refonte complète de la gamme 24x36 A7 et une généralisation de la stabilisation mécanique, la marque introduit un nouveau modèle au format APS-C largement revu.

Autofocus de compétition

L'une des caractéristiques les plus frappantes quand on découvre la fiche technique de l'A6300 est sans doute le module AF. Le nouveau boîtier dispose d'un capteur 24 Mpx qui n'intègre pas moins de 425 collimateurs AF par corrélation de phase : le record toutes catégories. Pour mémoire, il était précédemment détenu par Sony toujours, sur la série 24x36 avec 399 points AF.

Le tout est complété par un autofocus à détection de contraste sur 169 points. La couverture devrait avoisiner les 100 % (elle était déjà de 93% sur l'A7R II en mode APS-C). Sony annonce un temps de mise au point de 0,05 s (il n'y a aucune information sur cette mesure), donc l'autofocus le plus rapide du moment. Dommage que la sensibilité soit limitée à -1 IL.

Ce nouvel autofocus fonctionne également avec une optique à monture A et une bague adaptatrice, telle que la bague Sony LA-EA3.

Sony A6300 vue de dos

Cette densité de points AF permettrait un excellent suivi d'un sujet en mouvement et, avec une cadence rafale de 11 i/s, l'A6300 devrait séduire les photographes d'action.

Le capteur, associé au nouveau processeur de traitement des données Bionz X, permet de grimper jusqu'à 51 200 ISO.

Vidéo 4K et 120 ips en 1080

L'A6300 est également capable de filmer en 4K TV (3 840 x 2 160 px) à 30/25 et 24p à 100 Mb/s (XAVC-S), mais également en HDTV 1080 en 120/100/60/50/30/25 et 24p (50 Mb/s en XAVC-S). Voilà qui permettra de réaliser des ralentis fluides en pleine définition HDTV.

Sony précise qu'en mode 4K, le boîtier utilise tous les pixels du capteur au format 16/9 pour un total de 20 millions de pixels ! La vidéo est ensuite sous-échantillonnée en 4K pour gagner en finesse de rendu. L'autofocus est également amélioré et ajustable pour plus de souplesse lors d'une transition ou le suivi d'un personnage.

Cerise sur le gâteau, l'A6300 propose également l'enregistrement en S-Log et S-Gamut afin d'améliorer le rendu dans les hautes et basses lumières (S-Log3). Et il pourrait définitivement séduire les vidéastes grâce à la possibilité de fixer un bloc XLR sur la griffe porte-accessoire. De plus, vous disposez toujours du focus peaking pour la mise au point manuelle ainsi que de zébras d'exposition. Enfin, un nouveau mode "Gamma Display Assist" facilite la mise au point en mode S-Log en proposant une prévisualisation corrigée.

Sony A6300 + 24-70 mm f/2,8
Le Sony Alpha 6300 avec la nouvelle optique 24-70 mm f/2,8 G Master.

Viseur plus précis

L'A6300 n'a pas que des entrailles : il dispose également d'un viseur électronique à 2,4 millions de points. Il s'agit de la plus haute définition proposée par Sony, mais on regrette que la marque n'ait pas profité de l'occasion pour passer ce cap, comme le propose Leica par exemple avec 3,6 Mpts.

Le boîtier profite d'un châssis en alliage de magnésium et offre une résistance à l'humidité et à la poussière renforcée.

Prix et disponibilité

Le Sony Alpha 6300 sera disponible courant mars à un prix d’environ 1 250 € boîtier nu, et 1 400 € avec l’optique 16-50 mm.

Notre premier avis

Le Sony Alpha 6300 est très séduisant sur le papier. La marque poursuit ardemment le développement de sa gamme de boîtiers hybrides en améliorant ses principales faiblesses que sont l’autofocus et la visée électronique.

Avec une telle fiche technique, digne d’un boîtier professionnel, on regrette que Sony n’ait pas poussé plus loin la mise à jour de son boîtier en termes d’ergonomie. La touche vidéo est toujours difficile d’accès et si l’autofocus comporte 425 collimateurs, il n’y pas de joystick dédié pour se déplacer rapidement (il faut passer par le joypad, à mon avis moins pratique). Un écran tactile pour sélectionner rapidement une zone AF aurait tout son sens. Nous regrettons également l’absence d’une seconde molette de réglage à l’avant de la poignée, l'absence de tropicalisation ou de stabilisation embarquée. Quoi qu'il en soit, nous sommes très impatients de tester ce nouveau venu sur le terrain !

Caractéristiques

Fiche technique complète de l'A6300 sur le site de Sony

Lire également :

Test terrain jour 1

Rendez-vous était pris sur le stand Sony pendant le CP+ 2016 : à quelques heures de quitter Yokohama, ses plages, sa grande roue et ses rues désertes à partir de 21h, Hideto Jumbo, Chief Marketing Planner de Sony, me remettait un Alpha A6300 en main propre. De quoi m'occuper durant la semaine où j'arpenterais les routes neigeuses des montagnes du nord, dans la région du Tōhoku.

Sony A6300 test review vue de face

Pour ce petit périple nippon, l'idée était de partir léger avec un sac à dos pour les effets personnels et un petit sac photo pour les journées de découverte. Mon choix s'est fixé sur 3 optiques : le Zeiss 16-70 mm f/4 ZA OSS pour le paysage et les portraits, et deux optiques ouvertes à f/1,8 pour les soirées : un 50 mm OSS et un Zeiss 24 mm ZA — le tout devant tenir dans une poche photo qui viendrait se loger dans la partie basse d'un petit sac à dos. Pas loin de ma besace, je savais que je pouvais compter sur l'excellent Sony FE 90 mm f/2,8 Macro OSS.

Sony A6300 test review kitLe kit de voyage : Sony A6300 + 16-70 mm f/4 + 24 mm f/1,8 + 50 mm f/1,8 + cartes mémoire + batterie externe + sangle.

Pour être honnête, mon idée première était de partir une semaine avec un A7 II : un boîtier 24x36 équilibré (24 Mpx), stabilisé, compact et léger. La possibilité de partir avec un boîtier plus petit et plus léger m'a toutefois séduit, d'autant plus que j'avais bien apprécié l'A6000, un boîtier rapide et agréable à utiliser.

Premiers pas : un air de famille avec l'A6000

Nous vous le disions dans notre prise en main : l'A6300 est presque un copier/coller de l'A6000.

En priorité ouverture, le correcteur d'exposition est disponible sur la roue codeuse. Malgré une position peu pratique, il reste facile à mettre en œuvre. Deux vues du bord du lac de Tazawa nécessitaient une correction d'exposition positive pour rehausser les valeurs.

Sony A6300 exemple 1
Sony A6300 exemple 2

Dans la photo ci-dessous, pour faire ressortir le bleu dense du toit, il a fallu corriger l'exposition automatique trop avantageuse de l'A6300.

Sony A6300 exemple 6

Suivi AF et réactivité

Sur un taxi japonais, la rafale à 8 ips avec suivi autofocus central a pratiquement fait un sans-faute sur 12 vues.

Sony A6300 test review autofocus 8 ips
Sony A6300 test review suiviAF

De très bons résultats qui ouvrent les portes de la photographie sportive à l'A6300. Avec des rafales à 8 voire 11 ips, le nouvel hybride est définitivement un bon boîtier pour la photo d'action. Avec des cartes rapides, il est possible d'engranger plus de 30 vues d'affilée en JPEG XtraFine à la cadence de 11 ips. Il est possible d'enregistrer plus de 15 RAW à cette même cadence.

Au final, le nouveau système autofocus s'avère remarquable : rapide avec une bonne lumière (un peu moins dans la pénombre), il est efficace même avec une cadence rafale importante.

Le seul écueil reste le temps de mise sous tension. Là où les reflex sont prêts presque instantanément, l'A6300 demande un temps de "chauffe" plus long et qui pourra vite agacer.

Très bon jusqu'à 3 200 ISO et au-delà

Sony a fait d'énormes progrès en gestion du bruit électronique et ce, depuis des années, notamment lors de la création des JPEG. Le nouveau capteur de l'A6300 profite d'une nouvelle conception avec un maillage en cuivre qui lui permet, en théorie, de mieux capter la lumière.

L'A6000 délivrait déjà de très belles images jusqu'à 3 200 ISO, l'A6300 est également très à l'aise à cette sensibilité. Il est possible de pousser à 6 400 ISO sans trop de dégâts (voir notre montée ISO). À cette sensibilité, l'A6300 prend l'avantage sur son aîné et le petit hybride gagne 1 petit IL. Au-delà de 6 400 ISO, le lissage est vraiment trop appuyé. C'est une stratégie de Sony. Le grain est certes un peu moins visible, mais les fins détails sont vraiment trop gommés. C'est dans ces conditions qu'il est intéressant de travailler en RAW afin de pouvoir doser, en postproduction, le niveau de réduction du bruit électronique. L'A6300 est donc parfaitement utilisable en mode ISO auto (vous pouvez définir qu'il ne dépasse pas 6 400 ISO), vous laissant vous concentrer sur le temps de pose, l'ouverture et le cadrage.

En fin de journée et avec une optique f/4, l'A6300 est obligé de grimper dans les tours. Même à 3 200 ISO, l'image reste détaillée et dispose d'une belle dynamique.

Sony A6300 exemple 5
*Temples aux abords du lac de Tazawa.*

Direction les onsen en pleine nuit et en pleine neige dans les hauteurs du lac de Tazawa. Les fumeroles de ces sources chaudes par -5 °C créent des ambiances fantomatiques intéressantes. Les lumières sont vraiment tamisées et l'A6300 monte dans ses derniers retranchements : le capteur APS-C montre ses limites. À 25 600 et 51 200 ISO, le bruit est bien visible et peu esthétique. Il faudra se contenter de tirages de petites dimensions.

Sony A6300 exemple 8
Sony A6300 exemple 9
Sony A6300 exemple 7

Un temple bouddhique dans le sanctuaire de Hiraizumi. Le ciel voilé oblige l'A6300 à monter jusqu'à 5 000 ISO. L'image de 24 Mpx est parfaitement exploitable avec encore beaucoup de détails et des couleurs vives.

Sony A6300 exemple 10

Latitude d'exposition

L'A6300 est doté d'un obturateur mécanique limité au 1/4 000 s. Les principaux concurrents sont généralement plus rapides et grimpent au 1/8 000 s, ce qui permet d'utiliser plus facilement des optiques lumineuses en plein soleil.

En outre, il est étonnant de noter que l'A6300, qui dispose d'un obturateur électronique, ne peut pas dépasser cette limite qui semble avant tout physique.

Nous le verrons également en studio : les fichiers bruts de l'A6300 permettent facilement de récupérer 1, voire 2 IL dans les hautes lumières, ce qui est assez important. Sur notre cliché de temple, l'obturateur limité au 1/4 000 s atteint ses limites. Il aurait fallu diaphragmer un peu. Résultat, la neige est totalement percée. Avec le fichier brut et RawTherapee, il est possible de recouvrer quelques détails dans les hautes lumières. On attend donc avec impatience que les principaux éditeurs d'images (Lightroom, Capture One...) mettent à jour leurs logiciels pour tirer la quintessence des fichiers bruts.

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Sony A6300 exemple 14

Une balance des blancs parfois capricieuse

Globalement et sous un éclairage naturel, nous n'avons pas eu à nous plaindre de la balance des blancs automatique. Toutefois, nous avons quelques déconvenues dans les montagnes en pleine nuit avec des éclairages artificiels de type tungstène et fluo. Est-ce dû au froid ? Ou peut-être n'avons-nous pas attendu assez longtemps pour que l'A6300 réalise correctement une évaluation de la température des couleurs.

Sony A6300 exemple 11
Sony A6300 exemple 12
*Deux clichés où la balance des blancs auto n'a pas vraiment joué le jeu. Trop verte ou trop jaune, il faudra choisir et surtout utiliser le fichier brut pour rétablir l'ambiance lumineuse correcte.*

Autonomie en progrès

Malgré le froid, l'A6300 s'est plutôt bien comporté au niveau de l'autonomie. On reste certes loin des capacités d'un reflex traditionnel, mais le boîtier hybride permet désormais de déclencher pratiquement 400 fois avec quelques minutes de vidéo.

S'il est toujours possible de recharger le boîtier via une prise micro-USB universelle, Sony ne livre toujours pas de chargeur de batterie. On peut désormais utiliser le boîtier pendant la charge. Ainsi, vous pouvez partir avec une batterie externe et alimenter le boîtier en cas de panne sèche tout en continuant à photographier.

Nid à poussières

Si la disparition de la cage reflex a permis de réduire la taille des boîtiers, le capteur, lui, se trouve directement exposé lorsque vous changez d'objectif. L'A6300 et les autres hybrides s'avèrent de véritables pièges à poussières. Après quelques changements d'objectifs, les poussières commencent à apparaitre sur les clichés. Même en voyage, il est recommandé d'emporter un petit kit de nettoyage pour enlever régulièrement les particules. Un détail que nous avons malheureusement négligé.

Sony A6300 exemple 3
Sony A6300 exemple 4
*Il convient de faire vraiment attention aux poussières lors des changements d'objectifs. Même sur ces vignettes de 280 px de large, les poussières sont visibles à f/11 et f/20. Photo 3 : paysage sur la route entre Morioka et le lac Tazawa. Photo 4 : vue de la ville de Morioka avec en toile de fond le mont Komagatake.*

Les différents modes photo

Le Sony A6300 dispose également de différents modes photo bien pratiques comme les profils d'image (avec notamment un mode monochrome), le mode HDR ou le monde panoramique par balayage.

Sony A6300 exemple 15
Sony A6300 exemple 16
*Deux clichés réalisés sur les bords du lac de Tazawa. Le premier est une image panoramique et le second est une expression monochrome.*

Prise en main

Sony A6300 test review vue de faceLa monture E de l'A6300 accueille aussi bien les optiques E / FE et A avec un adaptateur (LA-EA4).

ergonomie : Peu de changements

Le nouveau Sony A6300 ne dépaysera pas les photographes habitués à l'A6000 : il reprend peu ou pro le même design et quasiment la même répartition des commandes.

Sur le dessus du boîtier, vous trouverez une griffe porte-accessoire équipé de connecteurs (MI-Shoe : Multi Interface) afin de brancher un flash, mais aussi un bloc XLR pour le son. À côté, vous disposez d'un flash pop-up (orientable au doigt), d'un barillet pour le choix du mode d'exposition et d'une molette de réglage. Cette dernière est vraiment agréable à utiliser, offrant un juste équilibre entre résistance et fluidité. Sur la poignée, vous trouverez un déclencheur, le levier de mise sous tension et une touche C1 personnalisable.

Sony A6300 test review vue de dessusPeu de commandes sur le dessus du boîtier hybride A6300.

Le dos de l'appareil est nettement plus dense. En haut et à gauche se trouve le viseur électronique avec son détecteur de présence et juste à côté, le correcteur dioptrique. Plus à droite sont disposées les commandes pour éjecter le flash pop-up et accéder aux menus. Une touche AEL personnalisable (mémorisation de l'exposition) est également présente et désormais couplée à un levier pour basculer de la mise au point auto à manuelle. Sur la partie droite du boîtier, une touche Fn permet d'accéder à un menu personnalisable, puis se succèdent une roue codeuse, un trèfle de sélection (personnalisable), une touche de lecture et une touche C2 elle aussi personnalisable. À l'extrémité droite, enfin, vient une commande pour l'enregistrement vidéo (elle aussi personnalisable).

Sony A6300 test review dosLe tableau de bord de l'A6300.

C'est donc presque un copier/coller de l'A6000. On regrette d'ailleurs que Sony n'ait pas profité de l'occasion pour améliorer certains points. Ainsi, il aurait été de bon ton d'ajouter une seconde molette de réglage sur un boîtier expert. Certes, il y a bien la roue codeuse au dos de l'appareil, mais son emploi n'est pas aussi aisé et intuitif, la roue obligeant à une contorsion de pouce. De même, l'emplacement de la commande vidéo laisse toujours dubitatif.

Sony annonce également une meilleure finition à l'épreuve de l'humidité. Pourtant au niveau des trappes, nous n'avons pas vu de joints toriques ou mousse pour empêcher l'eau ou la poussière de rentrer. Il faut bien noter que Sony n'annonce pas de résistance aux éclaboussures. Une fois de plus, nous ne comprenons pas comment Nikon arrive à produire un AW1 étanche à 18 m sous l'eau à moins de 800 € alors que l'A6300 positionné à 1 200 € ne semble pas capable de résister à une averse...

Le boîtier est toutefois plus solide que celui de l'A6000 puisque désormais, l'ensemble du châssis est en alliage de magnésium. Notez que la finition mate de l A6300 semble peu résistante. En moins d'une semaine dans un sac photo, nous avons relevé quelques traces de coups et l'écran est déjà rayé. Là encore on attend avec impatience l'introduction de verre résistant type Gorilla Glass sur des boîtiers positionnés experts. Toujours au niveau de la finition, nous déplorons que certaines commandes (molettes, touches...) soient juste sérigraphiées et non gravées. Nous savons pertinemment qu'à l'usage, les logos disparaitront tôt ou tard...

Écran : toujours pas tactile et brillant

Nous aurions également apprécié l'apparition (enfin !) d'un écran tactile... Il n'en est rien et ce choix reste pour nous incompréhensible. On dispose d'un écran LCD au ratio 16/9. Pratique en vidéo, ce choix l'est beaucoup moins en photo où le 3/2 règne en maître. C'est sans doute pour des raisons de compacité que les ingénieurs de Sony se sont orientés vers un écran 16/9. En photo, vous aurez donc deux bandes noires à droite et à gauche de l'image.

La dalle est assez classique et affiche 921 600 points. Nous regrettons une finition définitivement trop brillante qui rend l'utilisation de l'écran LCD en plein soleil vraiment difficile, voire impossible. Nous déplorons aussi l'absence de rotule pour l'orientation de l'écran. Ici, il faudra se contenter d'un 90° vers le haut et 45° vers le bas : impossible à utiliser en mode portrait ou en mode selfie, donc. Les vidéoblogueurs apprécieront...

Sony A6300 test review écran LCD inclinable

Le viseur quant à lui s'avère plus confortable que celui de l'A6000. Il est surtout plus précis, avec une dalle affichant 2 360 296 points pour une définition en 1 024 x 768 px. Là encore, il est dommage que Sony n'ait pas opté pour un modèle encore plus précis comme le propose le Leica Q (3,7 millions de points pour une définition en 1 280 x 960 px).

Autofocus plus rapide, mais pas encore assez sensible

C'est le GROS morceau de l'A6300 et Sony clame haut et fort que son nouvel hybride embarque le module autofocus le plus rapide du moment. L'A6000 était déjà un modèle plutôt performant de ce côté-là.

L'A6300 dispose d'un tout nouveau système autofocus hybride à la fois par corrélation de phase sur l'imageur principale et à détection de contraste. Le premier système permet de dégrossir rapidement le travail de mise au point en identifiant immédiatement dans quel sens faire bouger les lentilles. Cela évite notamment les effets de pompage propre au système à détection de contraste. Le second système (à détection de contraste) arrive en fin de course pour affiner la mise au point.

L'A6300 fait un bond en avant considérable, en proposant pas moins de 425 points AF pour la corrélation de phase et 169 points AF pour la détection de contraste là où l'A6000 devait se "contenter" de 179 points pour la corrélation de phase et 25 pour la détection de contraste.

La différence est vraiment significative et cela a deux impacts :

  • les points AF sont plus denses et plus efficaces pour le suivi d'un sujet ;
  • les points AF couvrent une surface nettement plus importante, ce qui facilite le suivi d'un sujet sur l'ensemble de la visée.

Sony A6300 test review autofocus couverture

Vous disposez de plusieurs modes pour la sélection de la zone AF : Large, Centre, Zone ou Spot Flexible. Le plus impressionnant reste sans doute le mode Spot Flexible avec verrouillage AF : un petit nuage de collimateurs se répartit alors autour de la zone sélectionnée. Toutefois, dans nos différents tests, la zone Centre reste le mode le plus efficace, car il concentre à la fois les points AF Phase et AF contraste.

Vous pouvez également activer la détection de visage (en photo et vidéo) afin de suivre le déplacement d'une personne très facilement. Cela revêt un intérêt tout particulier en vidéo Ultra HD, nous y reviendrons. Notez qu'il est possible de bénéficier de la détection des yeux pour faciliter la mise au point pendant un portrait, mais il faut l'activer via une touche personnalisée et cette fonctionnalité n'apparaît pas, étrangement, au niveau du menu de la reconnaissance des visages...

Globalement, l'autofocus se comporte bien et se montre réactif dans la plupart des situations. Si l'A6300 est un peu plus rapide que l'A6000, il semble égaler les meilleurs boîtiers Micro 4/3 comme l'Olympus Pen-F ou le Panasonic GX8. Les deux systèmes jouent désormais dans la même cour.

Au niveau de la sensibilité, Sony annonce -1 IL. C'est moins que certains concurrents et notamment Panasonic qui annonce -4 IL. Au-delà du discours marketing, l'A6300 se montre effectivement moins efficace que le Panasonic dès que la lumière vient à manquer. Sur ce point, Sony a encore une bonne marge de progression.

Suivi AF et réactivité

L'A6300 est-il taillé pour la photo sportive ? En tout cas sa fiche technique est prometteuse : une cadence rafale à 11 ips avec suivi autofocus ! Les reflex APS-C ne font pas mieux.

Le mode rafale dispose de deux modes : Hi+ et Hi. Le premier grimpe jusqu'à 11 ips. Le second n'a qu'une rafale à 8 ips, mais dispose d'un affichage amélioré avec une latence entre deux images réduites. Le résultat est plutôt intéressant et il est possible de suivre facilement un sujet avec un déplacement aléatoire.

Des caractéristiques qui, si elles se vérifient sur notre test terrain exceptionnel au Japon, devraient lui ouvrir les portes de la photographie sportive à l'A6300...

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6 - 1/8 s à une sensibilité de 200 ISO. Le Sony A6300 est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 200 ISO et une ouverture de f/5,6.

Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (.ARW). Le boîtier est configuré par défaut, notamment pour ce qui est de rédaction du bruit électronique.

Les JPEG

Le Sony A6300 est équipé d'un capteur APS-C de 24 Mpx. Si sa définition est équivalente au capteur qui équipe déjà l'A6000, cet imageur est annoncé comme complètement nouveau. Il disposerait notamment d'une structure en cuivre améliorant la collecte de la lumière. Il est adossé à un nouveau processeur de traitement des données Bionz X.

Avec cette définition (24,2 Mpx effectifs), la taille des photodiodes est d'environ 3,9 µm. La plage ISO s'étend nativement de 100 à 51 200 ISO, là où l'A6000 est limité à 25 600 ISO.

Tailles des différents capteurs
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Comme avec tous les capteurs APS-C désormais, le bruit électronique est imperceptible de 100 à 800 ISO à 100 % sur écran. Il faut aller à 1 600 ISO pour voir les premiers effets de granulation. À ce stade, pas de surprise non plus : vous pourrez pousser à 3 200 ISO sans trop de remords, les clichés conservant une excellente tenue avec un bon rendu des couleurs, des bordures nettes et une dynamique de bon aloi.

6 400 ISO, en revanche, marque clairement une étape avec un lissage beaucoup plus marqué des fins détails. La dynamique reste intéressante, mais les zones sombres sont déjà plus denses et perdent en matière. La granulation devient plus grossière, donc plus visible. Elle vient estomper les fins détails, les bordures sont plus floues et il y a comme un léger voile terne sur le cliché. Vous noterez également une petite dérive colorimétrique.

Les clichés sont logiquement de plus en plus dégradés quand on monte dans les tours : 12 800 ISO, 25 600 ISO sont plus délicats à utiliser. Pour ces valeurs, un traitement avec un logiciel de développement est conseillé.

Comparaison à tirage équivalent

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 3 200 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Nous avons choisi de confronter le Sony A6300 à quelques boîtiers emblématiques actuels :

Force est de constater que les boîtiers APS-C actuels sont vraiment à l'aise à 3 200 ISO. Même le "vieil" A6000 de Sony est loin d'être ridicule à cette sensibilité. La différence d'exposition entre l'A6300 et l'A6000 rend la comparaison délicate : l'A6300 semble légèrement moins granuleux, mais la différence n'est pas manifeste. Elle n'est pas non plus flagrante avec le X-Pro2 de Fujifilm, réputé pour son excellente gestion du bruit électronique. À 3 200 ISO, les trois boîtiers sont finalement assez proches, les deux modèles plus récents n'étant que très légèrement meilleurs.

Seul le capteur 4/3" du GX8 est distancé par ses concurrents. Là encore, si la différence est bien visible, elle n'est pas aussi importante que nous aurions pu l'imaginer.

Sony A6300 - 3 200 ISOSony A6000 - 3 200 ISO
Fujifilm X-Pro2 - 3 200 ISOPanasonic GX8 - 3 200 ISO

Oscilloscope

Passons certaines images obtenues avec le Sony A6300 sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Notre outil confirme notre perception visuelle : les images sont vraiment excellentes jusqu'à 3 200 ISO et présentent une dégradation perceptible à 6 400 ISO. La dynamique baisse sensiblement et la granulation dans les zones denses est très visible.

Olympus Pen F test review bruit électronique sur gris 200 ISOSony A6300 – 100 ISO Sony A6300 test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Sony A6300 test review bruit électronique sur gris 1600 ISOSony A6300 – 1 600 ISO Sony A6300 test review bruit gamme gris graphique 1600 ISO
Sony A6300 test review gamme gris à 3 200 ISOSony A6300 - 3 200 ISO Sony A6300 test review bruit gamme gris graphique 3200 ISO
Sony A6300 test review bruit gamme gris 6400 ISOSony A6300– 6 400 ISO Olympus Pen F test review bruit gamme gris graphique 6400 ISO
Sony A6300 test review bruit gamme gris 12800 ISOSony A6300 – 12 800 ISO Sony A6300 test review bruit gamme gris graphique 12800 ISO

Exposition, RAW

Bracketing, HDR et correction

Le Sony A6300 intègre un mode HDR combinant 3 images pour des écarts d'exposition de 1 à 6 IL. Le mode DRO (Dynamic Range Optimizer) propose quant à lui de rehausser les zones sombres pour des images plus équilibrées, mais moins contrastées.

La correction d'exposition est assurée par la molette qui offre une latitude de ±5 IL.

Le bracketing d'exposition permet d'aligner de 3 à 9 vues avec une variation de 0,3 IL à 1 IL.

Raw compressé

Les fichiers bruts .ARW du Sony A6300 oscillent entre 24 et 26 Mo. Les images sont compressées (le poids varie en fonction des scènes photographiées) et il n'est pas possible de choisir entre un fichier RAW compressé ou non compressé dans les menus.

Latitude d'exposition

Pour vérifier la latitude d'exposition d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts avec le logiciel RawTherapee qui a l'avantage d'ouvrir un grand nombre de fichiers bruts et notamment ceux des derniers boîtiers qui ne sont généralement pas pris en charge par les logiciels dits "classiques" comme Adobe Lightroom ou PhaseOne CaptureOne.

Pour le rendu sous RawTherapee, nous laissons le logiciel en mode niveau automatique et nous ajustons la correction d'exposition.

Pour les images sous-exposées, il est facile de remonter une variation de 2 IL. À -3 IL, le bruit électronique est déjà bien visible et surtout assez coloré. C'est ici la limite du capteur.

Sony A6300 test review latitude d'exposition

Du côté de la surexposition, RawTherapee opère un très bon recouvrement d'information sur les fichiers bruts du A6300. Jusqu'à +1 IL, aucun problème, toutes les infos dans les hautes lumières sont là. On peut pousser jusqu'à +2 IL : bien qu'on note une dérive colorimétrique, les détails sur la zone surexposée sont encore là. Mieux, on peut pousser de +2/3 IL supplémentaire, ce qui est phénoménal pour un capteur APS-C.

Sony A6300 test review surexposition

Au final, la latitude d'exposition s'étend de -3 à + 2 IL soit une plage de 6 IL voire 6,5 IL, ce qui est très bon pour un capteur APS-C.

Mode vidéo

Formats vidéo

Le Sony A6300 est capable d'enregistrer en Ultra HD (3 840 x 2 160 px) sur carte en XAVC-S. Il intègre le format XAVC-S pour l'enregistrement HDTV 1080, mais les formats plus classiques AVCHD et MP4 sont également présents.

  • Formats en PAL
  • XAVC-S 4K (H.264) : 4K télé (3840 x 2160 px) 25p (100 Mbps ou 60 Mbps)
  • XAVC-S (H.264) : HDTV 1080 100p (100 ou 60 Mbps), 50p (50 Mbps) et 25p (50 Mbps) / 720p 100p (50 Mbps),
  • AVCHD (H.264) : HDTV 1080 50i (24, 17 Mbps) / 50p (28 Mbps) / 25p (24, 17 Mbps)
  • MP4 (H.264) : 1920 x 1080 50p (28 Mbps), 25p (16 Mbps) et 720p 30 ips (6 Mbps)

Il est possible de filmer à la norme NTSC, mais cela requiert la réinitialisation complète du boîtier. Cette manipulation monopolise l'appareil pendant au moins 5 s et nécessite surtout le formatage de la carte mémoire !

En mode NTSC, la cadence d'enregistrement change et vous pouvez accéder au mode "cinéma" avec le 24p.

  • Formats NTSC
  • XAVC-S 4K (H.264) : 4K Télé (3840 x 2160 px) 30/24p (100 Mbps ou 60 Mbps)
  • XAVC-S (H.264) : HDTV 1080 120p (100 ou 50 Mbps) 60/30p (50 Mbps) et 24p (50 Mbps) / 720p 120p (50 Mbps)
  • AVCHD : HDTV 1080 60i (24, 17 Mbps) / 60p (28 Mbps) / 24p (24, 17 Mbps)
  • MP4 : 1920 x 1080: 60p (28 Mpbs), 30p (16 Mbps) et 720p 30 ips (6 Mbps)

Il est important de noter que pour l'enregistrement Ultra HD, HDTV 1080 jusqu'à 60/50 ips, c'est toute la largeur du capteur qui est utilisée (Super 35mm) dans un ratio 16/9. L'angle de champ varie donc peu entre le mode photo et le mode vidéo. Seul le mode 120/100p en HDTV 1080 réduit le champ.

Sony Alpha 6300 (A6300) test review mode vidéo UHD

Pour la vidéo UHD, c'est donc un rééchantillonnage vidéo qui est opéré à partir d'une captation 6K. Pour la vidéo HDTV 1080, nous n'avons pas eu de précision, mais il est fort probable qu'il s'agisse également d'un rééchantillonnage de la vidéo 6K vers 1080. La qualité des images devrait donc être optimale avec moins de moirage et moins d'aliasing.

Il est possible de filmer sur une plage de sensibilités allant de 100 à 51 200 ISO ! Voilà qui ouvre de nouvelles perspectives.

Pour les ralentis, il est possible d'obtenir des films fluides avec une cadence 5x (120 ips pour cadence à 24p) ou 4x (100 ips pour cadence à 25p).

L'arrivée de l'enregistrement sur carte au format UHD est une excellente nouvelle. Toutefois, un encodage sur 10 bits ou des informations colorimétriques en 4:2:2 auraient été un véritable plus.

Nous regrettons aussi que Sony ne propose toujours pas un menu spécifique à la vidéo. Actuellement, les options pour la vidéo sont disséminées dans les différents onglets, ce qui rend la configuration assez laborieuse.

Exemple de vidéo tournée à 100 ips et lue en 25p.

Assistants

Le Sony A6300 propose de nombreux assistants pour vous épauler lors de vos enregistrements :

  • des zébras (70 / 75 / 80 / 85 / 90 / 95 / 100 / 100+) et personnalisable ;
  • une loupe lorsqu'on met au point manuellement ;
  • peaking level / color ;
  • enregistrement du TimeCode : REC RUN ou FREE RUN ;
  • Dual Video REC (enregistrement simultané en XAVC-S et MP4 movie, ou en AVCHD et en MP4, pour utilisation de PROXY plus légers à monter) ;
  • marqueurs 4:3 / 13:9 / 14:9 / 15:9 / 1.66:1 / 1.85:1 / 2.35:1.

Sony A7 II test review mode vidéo marqueurs video

Profils, HDMI

L'A6300 reprend les différents profils colorimétriques présents sur l'A7S et l'A7 II. Les gammas, matriçages ainsi que tous les autres réglages vidéo peuvent être paramétrés dans les Picture Profiles, comme sur les caméscopes semi-pros de la marque (pour plus de détail, vous pouvez vous reporter à notre article "RAW, Log et REC709"). Vous pourrez donc exploiter au mieux les capacités du capteur avec, en contrepartie, un temps de post-traitement important.

Notez que ces profils sont toujours cachés derrière d'obscurs noms (PP1, PP2, PP3...). Voilà qui n'est guère pratique pour passer d'un profil à l'autre sans consulter leurs caractéristiques.

Sony A7 II test review mode vidéo profil image

Cartes mémoire

Les cartes SDXC ou SDHC sont acceptées par l'A6300, mais il nous a été impossible d'enregistrer en XAVC-S avec nos cartes SDHC, ce qui est d'autant plus curieux qu'elles proposent des débits supérieurs à ceux demandés pour le XAVC-S. La caméra limite alors à l'enregistrement du AVCHD ou MP4 à un débit plus bas (compression supérieure). Voilà un bridage étonnant et contraignant qu'il faut prendre en compte.

Pour l'enregistrement Ultra HD, une carte SDXC est indispensable.

Précision

Nous avons comparé la même scène en HTDV 1080 et UHD (3 840 x 2 160 px) en ajustant la taille de l'image au format 1080. La définition 4x plus importante de l'enregistrement 4K permet d'obtenir une image beaucoup plus précise lors d'un affichage 1080.

Sony A6300 UHD / 1080 comparaisonComparaison vidéo HDTV 1080 et UHD à la même taille 1 920 x 1 080 px.

Autofocus

L'autofocus est un élément crucial en vidéo UHD. Le système Sony fonctionne assez bien (souple, silencieux) et s'avère diablement efficace. En vidéo, il est possible de paramétrer la réactivité du système AF. En effet, et contrairement à la photo où il faut être net immédiatement, la vidéo nécessite parfois des transitions plus douces. La reconnaissance des visages et le suivi AF fonctionneny également très bien. Ci-dessous, vous trouverez un test réalisé en studio avec le 16-70 mm f/4.

Vous pouvez facilement suivre une personne en train de se déplacer sans que le système autofocus pompe en permanence à la recherche du point. Nous avons fait d'autres essais, notamment avec le 24 mm f/1,8 à pleine ouverture sur une personne se déplaçant et là encore les résultats sont bons. Attention, tout n'est pas magique et nos tests avec un 50 mm f/1,8 n'ont pas été vraiment concluants : la recherche du point beaucoup trop lente. Bref, en vidéo, autant choisir des objectifs rapides pour la mise au point.

Rolling shutter

Les problèmes de rolling shutter (déformation des images lors des mouvements rapides) sont surtout visibles pour les cadences peu rapides : 30/25/24p. Le phénomène est plus présent en enregistrement UHD que 1080.

Conclusion vidéo

L'A6300 est très attendu par les vidéastes à juste titre. Le petit boîtier hybride s'avère être un excellent caméscope UHD avec un grand capteur APS-C. Il propose une grande variété de formats d'enregistrement dont un mode Ultra HD à 30/25/24p assez intéressant. Le suivi autofocus est également de bon aloi, notamment en UHD avec la reconnaissance des visages. Les modes à 120 et 100 ips sont très intéressants pour les ralentis.

Exemples sans compression

Rivière

Jardin

Exemples de photos

Sony A6300 exemple 1
Sony A6300 exemple 2
Sony A6300 exemple 3
Sony A6300 exemple 4
Sony A6300 exemple 5
Sony A6300 exemple 6
Sony A6300 exemple 9
Sony A6300 exemple 7
Sony A6300 exemple 8
Sony A6300 exemple 10
Sony A6300 exemple 11
Sony A6300 exemple 12
Sony A6300 exemple 13
Sony A6300 exemple 14
Sony A6300 exemple 15
Sony A6300 exemple 16
Sony A6300 exemple 17
Sony A6300 exemple 18
Sony A6300 exemple 19
Sony A6300 exemple 20
Sony A6300 exemple 21

Verdict

Sony A6300 test review recommande

Après 15 jours passés en compagnie de l'Alpha 6300 de Sony, il est temps de rendre nos conclusions. Globalement, le boîtier APS-C s'est révélé efficace et performant.

Nous avions déjà apprécié et recommandé l'A6000 en juin 2014 pour sa compacité, son autofocus rapide et sa qualité d'image. Le nouvel hybride haut de gamme APS-C de Sony vient consolider la position dominante de la marque.

Toutefois, il convient de noter que les principales améliorations de l'A6300 proviennent du nouveau capteur APS-C de 24,2 Mpx et du processeur Bionz X. La définition n'évolue pas, mais l'imageur intègre un autofocus à corrélation de phase qui n'aurait pas à rougir face à des reflex sportifs comme le Nikon D500 ou le Canon 7D Mark II. Lors de nos tests, le boîtier hybride a assuré des rafales à 11 ips avec un suivi autofocus remarquable. Seule la mise au point en basse lumière mériterait un peu coup de pouce, certains concurrents (Micro 4/3 en tête) faisant mieux. L'électronique du boîtier permet en outre l'enregistrement de vidéo UHD.

Sur le reste, l'A6300 ne propose pas beaucoup de nouveautés et conserve un design très proche de l'A6000. On retrouve bien deux molettes de réglage, mais la roue codeuse au dos du boîtier n'est pas aussi pratique que deux molettes de réglage de part et d'autre de la poignée.

L'écran LCD est certes inclinable, mais il n'est toujours pas complètement orientable (il n'est pas utilisable en portrait, par exemple, ou pour des vidéos en mode selfie) ni tactile. Il est également très (trop) brillant pour une utilisation en plein soleil.

Le viseur électronique est de qualité, mais il est désormais en retrait en matière de précision par rapport à celui de certains concurrents comme le Q de Leica.

Bon point, les ingénieurs de Sony ont réussi à réduire le temps de latence entre deux photos en mode rafale. Il est donc désormais plus facile de suivre un sujet en déplacement pendant une rafale.

Si l'autofocus est complet, il manque toujours un joystick (voir le X-Pro2 de Fujifilm) pour sélectionner rapidement une zone de mise au point (à défaut, encore une fois, d'un écran tactile).

Les menus manquent toujours de clarté et de cohérence et souffrent notamment encore de l'absence d'un onglet dédié à la vidéo. Nous apprécions toutefois la possibilité de personnaliser de nombreux raccourcis, qu'ils soient physiques ou présents sur l'écran LCD.

Un autre "oubli" est bien sûr l'absence de stabilisation mécanique. Alors que Sony parvient à stabiliser "facilement" des capteurs 24x36, l'A6300 et son capteur APS-C sont dépourvus du mécanisme. Lors de notre entretien au CP+, l'argument avancé tenait à la taille des boîtiers. Un argument peu crédible, puisque la recherche de compacité est également un point mis en avant pour la série A7. Et si certaines optiques disposent d'une stabilisation optique, Panasonic a clairement mis en évidence que la combinaison des deux technologies est possible et surtout efficace. Bref, il faudra attendre les A6400/A6500/A6600 pour voir enfin apparaître la stabilisation mécanique.

Enfin, le temps de mise sous tension est toujours un peu long et l'absence de grip d'alimentation continueront à faire râler.

Cependant, au fil des jours et après quelques personnalisations de rigueur, l'A6300 s'est avéré un compagnon photographique agréable et performant.

Durant nos tests, nous avons eu presque plus de questions de la part de vidéastes que de photographes. L'A6300 interpelle et intéresse pour ses performances en vidéo, notamment le mode UHD (3 840 x 2 160 px) à 30/25 et 24p. La qualité est améliorée avec une captation en 6K (6 000 x 4 000 px), une interpolation en UHD et un enregistrement en XAVC-S à 100 Mbps. Avec un petit recadrage dans le capteur, il est également possible de filmer à 120/100 ips en HDTV 1080 pour des ralentis fluides.

L'A6300 dispose de plus de nombreux assistants et fonctionnalités pour la vidéo comme des zébras d'exposition, le focus peaking, une entrée micro, un time code et les profils d'images avec notamment la possibilité de filmer en S-Log / S-Gamut : des fonctionnalités réservées jusqu'alors aux caméras professionnelles ou aux appareils photo de la gamme A7. L'A6300 est donc un petit caméscope UHD de poche abordable et à objectif interchangeable doté d'un autofocus efficace.

Nous l'avons vu, les principales avancées concernent le capteur et nous restons sur notre faim sur les autres aspects du boîtier. Mais avec un autofocus digne d'un reflex sportif et la possibilité de filmer en UHD, l'A6300 saura facilement trouver son public et il reçoit un recommandé.

PS : Sony ne propose toujours pas d'alternative abordable au "peu enthousiasmant" 16-50 mm f/3,5-5,6 qui ne fait pas honneur au capteur. Il y a bien le 16-70 mm f/4 griffé Zeiss, mais il faut encore ce délester de 800 € supplémentaires. On pourra également lorgner du côté du Sigma 18-35 mm f/1,8 avec la bague d'adaptation. Toutefois, on attend de Sony une nouvelle proposition pour accompagner un boîtier APS-C performant d'un zoom qui le serait tout autant.

+
  • Très bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 3 200 ISO voire 6 400 ISO
  • Boîtier compact et léger
  • Déclenchement totalement silencieux en obturation électronique
  • Nouveau châssis entièrement en alliage de magnésium
  • Suivi autofocus performant à 11 ips
  • Autofocus globalement satisfaisant
  • Enregistrement vidéo UHD à 30/25 et 24p
  • Mode ralenti en HDTV 1080 à 100 ips
  • Nombreux assistants et fonctionnalités en vidéo : zébras, style d'image, S-log, vumètre...
  • Wi-Fi et possibilité de télécharger des applications
  • Bonne latitude d'exposition avec les fichiers bruts
  • Connexion griffe accessoire multiformat pour flash, micro XLR, torche...
  • Entrée son au format mini-jack 3,5 mm (mais pas de sortie casque)
  • Boîtier facilement personnalisable
  • Écran LCD pas complètement orientable et toujours pas tactile. Manque de lisibilité en plein soleil.
  • Pas de stabilisation par déplacement du capteur
  • Obturateur mécanique et électronique limité au 1/4 000 s
  • Pas de formats d'image carré ou plus allongé que le 16/9
  • Pas le meilleur viseur électronique du marché
  • Pas de sortie casque pour la vidéo
  • Le format UHD nécessite des cartes SDXC
  • Mise sous tension trop lente
  • Pas de connexion USB 3.0
  • Pas de grip d'alimentation disponible
  • Autonomie en progrès, mais toujours un peu faiblarde. Pas de chargeur de batterie livré.
  • Manque de sensibilité de l'autofocus en basse lumière
  • Pas de finition à l'épreuve des intempéries
  • Il manque un zoom transstandard de qualité et abordable
  • Format RAW propriétaire (.ARW)
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Sony A6300
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