Capteursd Quattro : Foveon X3 (CMOS) 23,5 x 15,5 mm sd Quattro H : Foveon X3 (CMOS) 26,6 x 17,9 mm
MontureSigma SA
Optique livrée/
Stabilisationnon (stabilisation selon les optiques utilisées)
Antipoussièreoui, par filtre placé devant le capteur
Viseurélectronique, 2 360 000 points. Dégagement oculaire de 21 mm. Couverture de champ : 100 %. Grossissement : 1,09x
Flashnon
Écrannon. LCD de 7,6 cm
Mise au pointAutofocus hybride par corrélation de phase sur le capteur et détection de contraste. 9 collimateurs. Reconnaissance des visages
Modes autofocusAF-S, AF-C, manuel
Mesures d'expositionévaluative, pondérée centrale et spot. Correction d'exposition sur +/- 5 IL.
Modes d'expositionPSAM
Vitesse d'obturation30 à 1/4 000 s
Motorisationjusqu'à 3,8 ips en pleine définition (RAW)
Sensibilité ISO100-6 400 ISO
MémoireSD/SDHC/SDXC
AlimentationBatterie Li-Ion BP-61
ConnexionUSB 3, HDMI type C, télécommande, synchro flash
Dimensions147 x 95 x 91 mm
Poids625 g
LogicielsSigma Photo Pro
Dans la boîteNC

Caractéristiques

Il y a deux ans, lors de la photokina 2014, nous demandions à Kazuto Yamaki, PDG de Sigma, si nous pouvions espérer voir arriver un boîtier hybride (compact à objectifs interchangeables) chez Sigma. Il nous avait répondu que la gamme reflex SD était pour le moment cette réponse et nous avait donné rendez-vous fin d'entrevue pour la suite de la gamme sd. La voici arrivée !

Et c'est une arrivée en force, puisque ce n'est pas un, mais deux boîtiers qui sont annoncés : les Sigma sd Quattro et sd Quattro H.

Sigma sd Quattro

Présentation

Le changement le plus visible est bien sûr l'abandon de la cage reflex et de la visée optique : ll n'y a plus de miroir, donc plus de visée optique. Les sd Quattro deviennent donc la première gamme d'appareils photo hybrides chez Sigma.

Le sd Quattro intègre un capteur Foveon X3 Quattro APS-C (23,5 x 15,5 mm) de 19,6 Mpx (définition spatiale) alors que le sd Quattro H propose une version plus grande au format APS-H (26,6 x 17,9 mm) avec une définition spatiale de 25,6 Mpx.

Au premier coup d'œil, on ne peut pas s'empêcher de penser au Ricoh GXR et ses modules interchangeables. Il y a un petit air de famille, mais le principe est totalement différent. Sur le GXR, c'est la partie capteur + optique qui pouvait s'interchanger.

Ricoh GXR prise en main

Le Ricoh GXR.

En l'absence de viseur optique, les sd Quattro / Quattro H sont moins hauts que le SD1 Merrill, mais leur volume n'est finalement pas si éloigné et le poids est très proche.

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Modèle SD1 Merrill sd Quattro
Dimensions 145,5 mm (L) × 112,5 mm (H) × 80,0 mm (P) 147 mm (L) x 95,1 mm (H) x 90,8 mm (P)
Poids 700 g 625 g

Monture Sigma SA

Le sd Quattro est un hybride plus "classique", sur lequel il est possible de changer les optiques grâce à une monture à baïonnette SA. Oui, la monture reflex SA de Sigma est ici reconduite ; il ne s'agit donc pas d'une nouvelle monture qui permettrait de réduire le tirage optique (distance entre le capteur et la lentille arrière de l'optique).

Bien que la cage reflex n'existe plus, le tirage doit être conservé, ce qui impose une monture assez proéminente qui n'est pas sans rappeler cette fois le K-01 de Pentax (à ne pas confondre avec le K-1, reflex 24x36). Ainsi, toutes les optiques Sigma pour capteurs APS-C ou 24x36 fonctionnent directement sur les sd Quattro / Quattro H.

Sigma n'a donc pas souhaité créer une rupture technologique au niveau de la baïonnette ni une nouvelle gamme d'optiques. Un choix raisonnable, mais qui impose un tirage optique de 44 mm. Si sur le premier visuel de face, l'épaisseur de la monture n'est pas visible, une vue de dessus est plus explicite. L'idée est de pouvoir utiliser directement les optiques Comtemporary, Art et Sport sur les nouveaux sd Quattro.

Sigma sd QuattroLe commutateur de mise sous tension est situé sur le fût de la monture.

Un boîtier revu en profondeur

Comme la série dp Quattro, les sd Quattro apportent donc un peu de fraîcheur au niveau du design et une réelle singularité à la marque. Le châssis en alliage de magnésium profite d'une finition à l'épreuve des intempéries. Le filtre anti-poussière placé devant le capteur empêche les poussières de pénétrer à l'intérieur du boîtier.

Sur le dessus de l'appareil se trouvent la commande de mise sous tension, la griffe porte-accessoire, le viseur électronique, 2 molettes de réglages (avant / arrière) et la touche QS (Quick Set Menu) afin d'accéder rapidement à 8 différents réglages, comme la balance des blancs, le ratio des images ou le mode couleur. La commande Lock permet de verrouiller les réglages des sd Quattro afin de prévenir des modifications intempestives.

Le dos de l'appareil évolue notablement : vous remarquerez immédiatement l'écran LCD très allongé. En réalité, il s'agit de deux écrans. Le premier de 7,6 cm de diagonale (3"), affiche "classiquement" la scène photographiée et donne accès aux menus. Le second écran affiche les statuts de l'appareil : temps de pose, ouverture, sensibilité ISO, nombre de vues disponibles...

Sigma sd Quattro / Quattro H vue de dos

La visée électronique est confiée à un modèle de 2 360 000 points d'un grossissement de 1,09x (soit environ 0,72x en équivalent 24x36), ce qui devrait être assez confortable. Un commutateur permet de basculer la visée sur l'écran ou dans le viseur. Des détecteurs de présence assurent également un basculement automatiquement entre les deux options.

Sigma sd Quattro vue écran arrière

Connectique et stockage

Les Sigma sd Quattro disposent d'un emplacement SD/SDHC/SDXC compatible avec la norme de transfert UHS-I. Vous trouverez aussi une sortie HDMI de type C et, alléluia, une sortie USB 3 pour transférer rapidement les images. Une prise synchro flash est présente sur l'avant de l'appareil et une prise pour une télécommande filaire est prévue.

Sigma sd Quattro / Quattro h vues de côté

Deux capteurs Foveon X3 Quattro APS-C ET APS-H

L'une des caractéristiques de la nouvelle gamme sd Quattro est la possibilité de choisir entre deux tailles de capteur. Mais avant cela, il convient de revenir sur la technologie Quattro, ce qui est à la fois simple et assez complexe.

Si les CMOS et autres CCD classiques utilisent habituellement un filtre de Bayer RVB pour enregistrer les informations colorées, les capteurs Foveon X3 exploitent l'épaisseur du silicium pour distinguer les primaires RVB (rouge, vert et bleu). En effet, les 3 couches de silicium du capteur sont plus sensibles à différentes longueurs d'onde du rouge (700 nm) au bleu (400 nm).

Sigma Foveon X3 Quattro sensibilité longueur d'onde

Pour chaque pixel, le capteur a donc les véritables informations d'intensité pour le triplet RVB. Tout serait simple si chaque couche de silicium avait la même définition. Or la technologie Quattro est différente : la couche bleue profite de 4 fois plus d'information que les couches inférieures (verte et rouge).

Sigma Foveon X3 Quattro fonctionnement

La couche supérieure a ainsi une définition de 20 Mpx, alors que les 2 autres couches ne disposent "que" de 4,9 Mpx. Un air de déjà-vu ? Avec la matrice de Bayer, l'information par composante colorée est également disparate : il y a deux fois plus d'information dans le vert que dans le rouge ou le bleu.

Si la définition spatiale de la couche bleue est de 20 Mpx, il faut reconstituer les informations pour le vert et le rouge par interpolation, avec le risque de moirage qui va avec.

Capteur Sigma Foveon, schéma de fonctionnement

Les fiches techniques des sd Quattro et Quattro H indiquent les définitions d'images (RAW) suivantes :

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sd Quattro sd Quattro H
définition (RAW) 5 424 x 3 616 px (19,6 Mpx) 6 192 x 4 128 px (25,6 Mpx)
capteur APS-C – 23,5 x 15,5 mm APS-H – 26,6 x 17,9 mm

D'un point de vue marketing, Sigma annonce des équivalences avec les capteurs "conventionnels" de type Bayer. Le sd Quattro sera équivalent à 39 Mpx et le Quattro H à 51 Mpx.

Empilement des couches et des images

Si le capteur Foveon X3 Quattro fonctionne par piles, les nouveaux sd exploitent également l'empilement d'images. En effet, le mode Super-Fine Detail (SFD) enregistre automatiquement 7 clichés différemment exposés dans un "super" RAW. Il faut toutefois un ordinateur et le logiciel Sigma Photo Pro pour développer ce fichier qui permettrait d'éliminer le bruit électronique et augmenter la dynamique. Naturellement, il faut travailler sur trépied et avec un sujet parfaitement immobile.

Autofocus hybride

Les boîtiers DP, DP Merrill et dp Quattro ont toujours eu mauvaise réputation en matière de réactivité de l'autofocus et de traitement des images. Les sd Quattro / Quattro H, eux, sont équipés d'un nouvel autofocus hybride par détection de contraste et corrélation de phase sur l'imageur principal.

L'autofocus dispose de 9 collimateurs, mais un mode permettrait de placer le point AF librement. En outre, un système de détection des visages est également intégré. La mise au point manuelle n'est pas oubliée et un système de focus peaking (surlignage des zones nettes par des pixels colorés sur l'écran ou dans le viseur) est présent.

Le mode rafale évolue lui aussi : le sd Quattro est capable d'aligner jusqu'à 10 images à 3,8 ips) en RAW. Un mode basse définition en 2 704 x 1 808 px (5 Mpx) permet de grimper à 5,1 ips. Notez que les sd Quattro ne proposent l'enregistrement de vidéo.

Sigma sd Quattro / Quattro h vue de dessus avec une optique
Le Sigma sd Quattro avec un 35 mm f/1,4 Art.

Disponibilité et prix

[Mise à jour / 24 juin 2016 14h15]

Le sd Quattro sera disponible en juillet à 799 € nu et à 1 049 € en kit avec le 30 mm f/1,4 DC HSM Art (voir "Le Sigma sd Quattro a enfin un prix").

La version APS-H — sd Quattro H — est normalement prévue pour la rentrée 2016 (probablement la photokina).

Un prix vraiment raisonnable quand on se rappelle que le SD1 Merrill fut proposé les premiers mois à 7 000 € pour finir, en 2012, à 2 000 €. Le positionnement tarifaire du sd Quattro est finalement assez proche des dp.

Notre premier avis

Sigma rafraîchit superbement sa gamme SD. Adieu reflex, bonjour hybride. La marque conserve la monture SA, mais s'affranchit de la visée optique pour gagner un (petit) peu d'embonpoint et proposer surtout une expérience nouvelle avec la visée électronique sur écran ou dans un viseur. En ne changeant pas de monture, Sigma propose certes un boîtier plus imposant que la concurrence, mais qui dispose d'ores et déjà d'un parc optique intéressant.

Le design des sd Quattro est original et aura fatalement ses admirateurs et ses détracteurs. J'attends de pouvoir le prendre en main au CP+ pour me faire un avis définitif, mais j'avoue apprécier cette ligne atypique.

Côté capteur, nous sommes un peu déçus de ne pas avoir arriver un capteur Foveon 24x36. Toutefois, la présence d'une nouvelle référence APS-H à 25 Mpx est une bonne nouvelle et nous sommes impatients de voir les progrès réalisés pour la gestion du bruit électronique. Nous avons toujours été surpris par la qualité des images produites par les dp Quattro ; les nouveaux sd Quattro / Quattro H ne devraient pas être en reste.

La réactivité est un autre point sensible auquel nous serons particulièrement attentifs. La série dp Quattro a toujours été critiquée pour son manque de vélocité. Avec les sd Quattro, Sigma inaugure un nouvel autofocus hybride à détection de contraste et corrélation de phase. Voilà qui pourrait replacer Sigma dans la course face à une concurrence toujours plus rapide.

Bien sûr, ces boîtiers ont quelques lacunes. Nous aurions aimé un écran LCD orientable et tactile, une stabilisation intégrée par déplacement du capteur, une puce Wi-Fi (pour ne pas être obligé d'utiliser des cartes Eye-Fi), un petit flash pop-up, une obturation plus rapide (limitée ici au 1/4 000 s), un viseur électronique plus précis et, pourquoi pas, un mode vidéo.

Caractéristiques

Prise en main

Sigma sd quattro test review avec 18-35mm Le Sigma sd Quattro et l'excellent 18-35 mm f/1,8 maison.

Exit la visée reflex, place à l'hybride ! En février dernier, lors du salon CP+, nous découvrions l'évolution, attendue, de la gamme Sigma sd avec ce sd Quattro. Si la cage reflex disparaît, le tirage optique, lui, est conservé, un peu à la manière du feu K01 de Pentax.

Afin de maintenir la compatibilité avec le parc d'optiques Sigma en monture SA, les ingénieurs ont conservé le tirage optique imposé. De ce fait, le sd Quattro n'est pas aussi compact que certains l'auraient sans doute souhaité, mais c'est le prix à payer pour la rétrocompatibilité avec les optiques de la marque.

Test Sigma sd quattro review vue sur la monture SALe levier de mise sous tension est placé sur le fût de la monture.

Le design du nouveau sd (qui se déclinera en 2 versions : Quattro et Quattro H) est plus classique que les très singuliers dp (dp0, 1, 2, 3), mais le décroché en biseau de la base du boîtier lui confère un look unique, que je trouve pour ma part plutôt réussi.

Comme la dernière série dp, le nouveau sd Quattro est superbement réalisé. Le boîtier en métal (alliage de magnésium) a le bon poids : ni trop léger ni trop lourd pour un bon équilibre. La finition noir mat est très agréable et résistante : pendant toute la durée de notre test (une quinzaine de jours), nous n’avons pas noté d'éraflures sur le boîtier. Sa résistance, d'ailleurs, est également assurée par des joints d'étanchéité qui le protège des intempéries. En le couplant à des optiques également tropicalisées, il sera possible de sortir sous la pluie ou dans la neige sans courir le moindre risque.
test sigma sd quattro hybride review vue de face capteurUn petit décroché qui singularise le sd Quattro.

En outre, un filtre anti-poussière placé au niveau de la monture permet un nettoyage facile, là aussi sans risque pour le capteur. Sachez que ce filtre antipoussière est également un filtre infrarouge. Il sera donc possible de transformer son boîtier pour la photographie IR en ajoutant le filtre adéquat devant l'objectif.

La poignée est large et bien dessinée : la préhension est franche et solide. L'accès aux différentes commandes est assez aisé. Sur l'avant du sd Quattro, vous trouverez le bouton pour déverrouiller les optiques, ainsi que la prise synchro flash pour le travail en studio.

test sigma sd quattro poignée hybride prise en main reviewLe filtre antipoussière est également le filtre IR. Il peut facilement se retirer.

Le dessus de l'appareil est assez dépouillé : aucune molette pour le choix de mode d'exposition, par exemple. La commande de mise sous tension est située sur la baïonnette ; une position un peu surprenante au départ, qui s'avère finalement très pratique une fois le sd Quattro en main. Avec la petite mais assez lourde optique 18-35 mm f/1,8, il faut tenir l'appareil à deux. La mise sous tension s'effectue très facilement avec le pouce de la main gauche.

Test Sigma sd quattro review vue de dessus hybrideSigma sd Quattro : sobriété, efficacité.

D'autres commandes sont disposées sur la poignée et l'épaule gauche. Vous trouverez le déclencheur serti d'une couronne pour le réglage des options. En dessous, la touche QS (Quick Setting) donne accès à un menu rapide de configuration. Il sera possible de jouer avec la sensibilité ISO, la balance des blancs, la courbe de rendu, le focus peaking, la qualité des images, le ratio et les profils couleur.

Test Sigma sd quattro review menu QS

Ces réglages ne vous conviennent pas ? Aucun problème, vous pouvez les modifier avec une palette de 22 possibilités.

En dessous, une tirette permet de verrouiller le boîtier afin de ne pas avoir de mauvaise surprise à chaque sortie de sac. Enfin, au niveau du cale-pouce, vous trouverez une deuxième molette de réglage. Plus discrète, vous trouverez également une molette de réglage de la dioptrie, pour le viseur électronique.

Le dos de l'appareil est déjà plus dense : un beau tableau de bord ! Bon point, les touches sont larges (sauf celles contre l'écran), avec un beau relief. Elles sont donc très faciles à utiliser. Sigma sd quattro test review vue de dosUn beau tableau de bord. Il manque toutefois un écran tactile.

C'est d'ici que vous piloterez le sd Quattro à l'aide du trèfle de sélection et des différentes commandes. Le long de l'écran s'alignent quelques raccourcis pour régler rapidement la sensibilité ISO, la mesure d'exposition ou le mode d'exposition (les modes PSAM et modes personnalisés C1/2/3). Rien de révolutionnaire dans cette approche, mais c'est simple et plutôt efficace.

Menus

L'organisation des différents paramètres est assez classique, avec une partie consacrée à la prise de vue, une autre à la lecture des images et une dernière aux paramètres du boîtier. Une aide contextuelle serait bienvenue pour aider le novice à effectuer certains réglages, car les dénominations (Mode SFD, affichage hors cadre, mode étendu...) manquent parfois un peu de clarté.

test sigma sd quattro menu

Visée

Exit donc la visée reflex optique, place à la visée électronique. Elle est confiée à une dalle affichant 2 360 000 points. Le grossissement est important : 1,1x, soit 0,73x en équivalent 24x36. Sur ce plan, le sd Quattro tutoie donc les reflex les plus haut de gamme comme le Canon 1D X Mark II ou le Nikon D5. C'est spacieux et confortable. La définition assure une assez bonne restitution des détails des scènes cadrées, mais le rafraîchissement de l'affichage et la perte de précision pendant la recherche du point viennent gâcher un peu la fête.

L'écran LCD est de bonne facture, avec une bonne précision et des angles de vision larges. Nous regrettons toutefois qu'il ne soit pas orientable ou tactile (ce sera sans doute pour la prochaine édition). Bon point, l'écran LCD principal jouxte un autre écran de rappel avec les principaux réglages de la prise de vue.

Modes de prise de vue

Le sd Quattro, comme les boîtiers de la série dp, propose certains modes de prise de vue intéressants, dont le ratio d'image 21/9 au rendu très cinématographique. Toujours dans les rendus, nous apprécions aussi le mode monochrome, qui délivre des clichés riches en détail et en modulations.

Sigma sd quattro exemple 5

Autonomie

La plupart des hybrides sont assez gourmands en énergie et souffrent souvent d'une autonomie assez limitée (les compacts experts dp sont d'ailleurs vendus avec une seconde batterie). Le sd Quattro n'échappe malheureusement pas à cette règle : la batterie (environ 30 €) offre une autonomie entre 250 et 300 clichés selon l'utilisation du boîtier. Un grip d'alimentation PG-41 (environ 300 €) permet d'embarquer 2 batteries supplémentaires, en plus de celle présente dans le boîtier. L'autonomie s'en trouve ainsi largement améliorée.

grip d'alimentation sigma PG-41Une poignée d'alimentation pour emporter deux batteries supplémentaires.

Logiciel

Si les fichiers bruts de la gamme Merrill sont désormais pris en charge par des logiciels tiers comme Adobe Lightroom, les images X3F des Quattro ne connaissent pas (encore) le même sort et il faudra utiliser le logiciel maison Sigma Photo Pro 6 pour développer les fichiers bruts.

Celui-ci gagne en célérité à chaque nouvelle version, mais il reste beaucoup plus lent que la plupart des autres logiciels de développement de fichiers bruts. Un ordinateur puissant est donc recommandé pour traiter les fichiers en provenant des boîtiers Quattro. Le nouveau mode SFD (Super Fine Detail) est encore plus vorace en ressources processeur.

Sigma sd quattro test review logicielL'indispensable Sigma Photo Pro 6.

bruit au déclenchement

Contrairement aux dp, le sd Quattro n'est pas un appareil silencieux. Le déclenchement est toutefois assez discret et feutré.

Performances

Les boîtiers Sigma n'ont jamais brillé par leur réactivité. Si le sd Quattro améliore un peu la donne, l'hybride de la marque reste très en retrait par rapport à la concurrence.

Autofocus

L'une des nouveautés du sd Quattro est l'adoption par Sigma d'un module autofocus hybride qui allie un système à corrélation de phase et un à détection de contraste. Le premier sert à dégrossir rapidement et sans effet de pompage la mise au point, alors que la détection de contraste permet d'affiner le focus.

Le sd Quattro dispose de 9 collimateurs AF et vous pouvez également passer en mode "libre" afin de déplacer le point AF sur une zone restreinte de la visée.

Sigma sd quattro test review configuration collimateurs afÀ gauche, la zone de mise au point libre est plus claire. À droite, les différents points AF sélectionnables.

Sur le terrain, le Sigma sd Quattro s'est globalement comporté comme les boîtiers de la série dp. L'autofocus reste assez lent (dans tous les cas plus lent que la moyenne des autres hybrides). Bon point, la corrélation de phase permet dégrossir rapidement le travail de l'autofocus, mais la détection de contraste demeure lente et saccadée.

Il arrive parfois que le boîtier n'arrive tout simplement pas à faire le point. Le système de corrélation de phase se perd et se bloque. Il faut alors faire le point sur un autre sujet. Ces cas sont assez rares et se sont présentés sur des sujets peu contrastés.

En studio, le Sigma sd Quattro a obtenu les chronos suivants :

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Mise sous tension (1re image sans autofocus) 3,4 s
Latence au déclenchement (avec mise au point préalable) 0,1 s
Mise au point (de l'infini à 1,5 m) en pleine lumière 1,4 s
Mise au point (de l'infini à 1,5 m) sous 3 lux 2,5 s

Mode rafale

Le Sigma sd Quattro tient sa promesse avec une cadence rafale à environ 4 ips sur 12 images, que l'on soit en JPEG ou en RAW.

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6 - 1/4 s à une sensibilité de 200 ISO. Le Sigma sd quattro est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 100 ISO et une ouverture de f/5,6,

Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (X3F). Le boîtier est configuré par défaut, notamment pour ce qui est de rédaction du bruit électronique.

Les JPEG

Le Sigma sd Quattro est équipé du même capteur Foveon X3 APS-C que les précédents dp0, dp1, dp2 et dp3.

Tailles des différents capteurs
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Le sd Quattro délivre des images assez "propres" à 100 ISO. Dès la valeur supérieure, un grain est déjà visible (observation à 100 % sur écran). À 400 ISO, le moutonnement est bien visible sur les clichés et le traitement se fait assez important. C'est — déjà — la limite pour une exploitation aisée des images : les couleurs sont déjà beaucoup plus fades et le traitement du bruit entraîne une dégradation visible des images. Les valeurs supérieures ne sont pas directement exploitables en JPEG et si vous vous aventurez à 800 ou 1 600 ISO, il est impératif de travailler en RAW pour retravailler les images avec Sigma Photo Pro 6.

RAW avec Sigma Photo Pro 6

Ne vous attendez toutefois pas à des miracles. Le traitement avec le logiciel maison est long et les résultats plus convaincants, mais travailler à plus de 400 ISO reste problématique. Notez d'ailleurs que par défaut, Sigma Photo Pro 6 impose un regroupement de pixels (pixels binning) pour des sensibilités supérieures à 400 ISO. Dès 800 ISO donc, les clichés convertis ne font plus de 2 712 x 1 808 pixels.

Sigma sd quattro JPEG 800 ISOSigma sd quattro Raw binning 800 ISO
Dans les options du logiciel, il est possible de revenir à un traitement plus académique. Globalement, dans les hauts ISO, le traitement est moins agressif avec un meilleur équilibre entre le lissage du bruit électronique et le niveau de détail.
Sigma sd quattro JPEG 1 600 ISOSigma sd quattro conversion RAW 1 600 ISO
Sigma sd quattro JPEG 3 200 ISOSigma sd quattro conversion RAW 3 200 ISO

Dans la vraie vie

Délaissons notre studio pour une virée en extérieur. Notez qu'un passage en monochrome permet d'exploiter plus facilement un cliché à 400 ISO, la dérive des couleurs étant alors nettement moins sensible.

Sigma sd quattro exemple 19
Sigma sd quattro exemple 20
Sigma sd quattro exemple 21

Exposition, RAW

Latitude d'exposition

Pour vérifier la latitude d'exposition d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts avec Sigma Photo Pro 6.4 afin d'obtenir une exposition similaire. Nous vérifions que les images sont semblables avec une latitude de correction de +/-2 IL, le logiciel ne permettant pas davantage.

Le Sigma sd Quattro résiste assez bien à une surexposition, jusqu'à +1,6 IL. Au-delà, les hautes lumières sont brûlées. Dans les sous-expositions, il est facile de remonter des détails jusqu'à -2 IL. Il n'est pas possible d'aller plus loin avec le logiciel maison, mais le bruit est encore assez discret.

Sigma sd quattro latitude d'exposition

Mode SFD pour Super Fine Definition

Le Sigma sd Quattro propose également un mode SFD qui enchaîne un bracketing d'exposition de 7 vues pour proposer un fichier final .X3I. Le traitement avec Sigma Photo Pro est encore plus lent que pour les fichiers X3F : il faut compter plusieurs secondes pour ouvrir un fichier. Les images sont beaucoup plus douces et moins accentuées, mais la dynamique semble un peu plus large grâce aux différentes expositions. Le traitement du fichier X3I est toutefois long et l'on perd vite patience à vouloir développer ses fichiers avec Sigma Photo Pro 6.4, d'autant que le gain, s'il est visible, n'est pas non plus très important et que retrouver le contraste des fichiers JPEG n'est pas une mince affaire. Le mode SFD est donc intéressant, mais difficile à exploiter.

Image Sigma sd Quattro JPEG

Image Sigma sd Quattro SFD

Sigma sd quattro JPEGSigma sd quattro SFD

Exemples de photos

Vous trouverez ci-dessous une galerie d'images réalisées avec le Sigma dp quattro équipé du zoom 18-35 mm à ouverture constante f/1,8 de Sigma également.

Vous pouvez visualiser les images en pleine définition JPEG en cliquant sur la vignette et télécharger les fichiers bruts X3F. Ces derniers ne sont reconnus que par l'application Sigma Photo Pro que vous pouvez télécharger sur le site du fabricant.

Sigma sd quattro exemple 1
Sigma sd quattro exemple 2
Sigma sd quattro exemple 3
Sigma sd quattro exemple 4
Sigma sd quattro exemple 5
Sigma sd quattro exemple 7
Sigma sd quattro exemple 9
Sigma sd quattro exemple 10
Sigma sd quattro exemple 11
Sigma sd quattro exemple 12
Sigma sd quattro exemple 13
Sigma sd quattro exemple 14
Sigma sd quattro exemple 15
Sigma sd quattro exemple 17
Sigma sd quattro exemple 18
Sigma sd quattro exemple 16
Sigma sd quattro exemple 19
Sigma sd quattro exemple 20
Sigma sd quattro exemple 21
Sigma sd quattro exemple 6
Sigma sd quattro exemple 22
Sigma sd quattro exemple 23
Sigma sd quattro exemple 24
Sigma sd quattro exemple 25
Sigma sd quattro exemple 8

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International. Crédit pour toutes les photos : Renaud Labracherie.

Verdict

Sigma sd quattro recommandé, test review hybride, notre avis

Comme la plupart des boîtiers Sigma, ce nouveau sd Quattro est un appareil photo singulier et très intéressant par certains côtés. Il détonne — un peu — par son physique encore assez imposant, quoique raffiné, et propose une prise en main agréable et un maniement simple et efficace. Il apporte donc une bonne bouffée de modernité à la série, mais il lui manque toutefois encore quelques fonctionnalités pour offrir plus de confort à l'utilisation, comme un écran LCD monté sur rotule et/ou tactile, ou une connexion Wi-Fi pour faciliter la prise de vue à distance et le transfert des images.

Avec le sd Quattro, exit la visée optique dans les boîtiers Sigma. Le viseur électronique est spacieux, mais le rafraîchissement manque de dynamisme et la précision diminue lorsque l'appareil réalise le point. Nous attendions également une meilleure réactivité de la part de ce boîtier qui, d'après le fabricant, embarque un autofocus hybride à corrélation de phase et détection de contraste. La mise au point reste assez lente et surtout hésitante, avec parfois des effets de pompage. Les progrès à réaliser dans ce domaine sont donc encore importants (n'oublions pas qu'il a fallu plusieurs années à Fujifilm pour le maîtriser).

Le rendu "Quattro" est bien là, avec des images d'une redoutable précision à 100 ISO. Car oui, la gestion du bruit électronique n'est pas le point fort du sd Quattro. Il faudra oublier la prise de vue à plus de 400 ISO et se limiter autant que possible à la sensibilité minimale. L'hybride de Sigma apporte aussi quelques fonctionnalités comme le mode Super Fine Detail ou le mode monochrome, aux résultats somptueux.

On le voit, le sd Quattro est un appareil photo à la fois attachant par son ergonomie, sa finition et la qualité de ses images à 100 ISO, mais aussi contraignant, à cause notamment de sa gestion du bruit électronique ou de sa réactivité. En studio avec un éclairage maîtrisé ou pour du paysage, le sd Quattro sera redoutable d'efficacité si vous avez la patience d'utiliser le logiciel maison Sigma Photo Pro, pour l'instant le seul à pouvoir traiter les fichiers bruts.

Si vous êtes à la recherche d'un boîtier singulier délivrant une superbe qualité d'image à 100 ISO, le sd Quattro est fait pour vous et reçoit pour cela un recommandé, mais les photographes d'action et les plus impatients passeront leur chemin.

+
  • Extraordinaire piqué des images à 100 ISO
  • Superbe finition du boîtier et résistance aux intempéries
  • Compatibilité avec la gamme d'optiques Sigma SA
  • Viseur électronique spacieux
  • Ergonomie plaisante
  • Ratio d'image 21/9 pour un effet cinéma
  • Boîtier très simple à transformer pour la photographie infrarouge
  • Temps de mise sous tension trop long
  • Autofocus encore trop hésitant, notamment en basse lumière
  • Pas d'écran tactile ou orientable
  • Logiciel Sigma Photo Pro obligatoire pour les fichiers bruts. Logiciel beaucoup trop lent.
  • Pas de connexion Wi-Fi
  • Gestion du bruit électronique compliquée au-delà de 400 ISO
  • Pas de mode vidéo
  • Boîtier encombrant pour un hybride
  • Viseur électronique manquant de précision au moment de la mise au point
  • Latitude de travail limitée en exposition (bruit dans les zones sombres)
  • Mode Super Fine Detail lent et non paramétrable
  • Rendu des couleurs parfois hasardeux
  • Pas de déclenchement totalement silencieux
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
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