Il y a tout juste 8 ans, en mars 2009, Panasonic présentait le GH1, premier appareil d'une nouvelle gamme d'hybrides qui portait bien son nom. En effet, si le G1 introduit quelques mois auparavant ouvrait la voie à une nouvelle ère chez Panasonic avec le format Micro 4/3, le GH1 apportait quant à lui une véritable crédibilité en vidéo, qui n'allait pas se démentir pas au fil des versions.

CapteurLive MOS de 17,3 x 13,0 mm en ratio 4:3 sans filtre passe-bas. 20,3 Mpx
MontureMicro 4/3
StabilisationOui. Mécanique par déplacement du capteur sur 5 axes.
AntipoussièreFiltre à ondes supersoniques
ViseurOui. Electronique OLED 3 680 000 points. Couverture de champ : 100 %. Grossissement 0,76x (équiv 35mm). Dégagement oculaire de 21mm.
FlashNon
ÉcranLCD TFT tactile et orientable. Technologie RGBW 3,2’'. Ratio 3:2. Environ 1 620 000 points
Mise au pointAutofocus à détection de contraste avec technologie DFD
Modes autofocusAFS / AFF / AFC / MF Visage / Détection de l’oeil. 225 zones . Sensibilité -4IL
Mesures d'expositionMultiple / Centrale pondérée / Spot sur 1728 zones
Modes d'expositionProgramme AE, Priorité Ouverture AE, Priorité Vitesse AE, Manuel
Vitesse d'obturationObturateur mécanique : 1/4 000 s à 60 s. Obturateur électronique : 1/16 000 s
Motorisationjusqu'à 12 ips sans suivi AF. Jusqu'à 9 ips avec suivi AF. Mode Photo 6K (18 Mpx à 30 ips) ou 4K (8 Mpx à 60 ips)
Sensibilité ISO100 (Etendu) / 200 / 400 / 800 / 1600 / 3200 / 6400 / 12800 / 25600 et jusqu’à ISO 12800 en vidéo
Mémoire2 emplacements SD compatibles UHS-II
Format image photoRAW (.RW2) et JPEG
Format image vidéo4K, UHD, HDTV 1080 à 24/25/30/50/60p
AlimentationBatterie Lithium-ion rechargeable (7.2V, 1860mAh, 14Wh)
ConnexionUSB Type-C, HDMI, micro, casque, télécommande. 802.11a/b/g/n/ac / 5GHz Wi-Fi. Bluetooth® v4.2 (Bluetooth Low Energy (BLE)
Dimensions138,5 x 98,1 x 87,4 mm
Poids725 g

Présentation
Prise en main et fonctionnalités

Panasonic GH5 test review

Le vaisseau amiral 2017

La série GH a toujours été le fer de lance de la marque pour sa gamme Lumix G, en concentrant tout le savoir-faire technologique de la marque. Les équipes de développement sont à l'écoute des clients et de la presse et de nombreux retours et conseils ont été pris en considération. Les concepteurs, dont M. Uematsu Michiharu — que nous avions notamment rencontré pour la présentation du GH2 —, reviennent d'ailleurs régulièrement nous questionner sur les fonctionnalités à intégrer dans la version suivante du boîtier.

Premiers contacts

Le GH5 est bâti sur la même architecture que le précédent modèle (GH4). Vous retrouverez un châssis en alliage de magnésium et un design assez classique de petit reflex. Sur ce dernier point, Panasonic ne prend donc pas de risque et les lignes du GH5 sont une fois de plus assez banales : le GH5 manque, sur cet aspect, d'une réelle personnalité.

Panasonic GH5 test review vue de face avec 12-60 mm

Le boîtier hybride est bien équilibré : assez lourd pour inspirer confiance dans sa fabrication, mais suffisamment léger pour ne pas trop peser après une journée de photo. Avec le nouveau 12-60 mm f/2,8-4 Leica, l'ensemble se montre assez compact pour une telle configuration. La poignée est suffisamment large, mais elle aurait sans doute mérité d'être un peu plus creusée pour assurer une meilleure préhension.

Ergonomie

Le GH5 évolue par petites touches par rapport à son prédécesseur, tout en conservant une ergonomie relativement similaire.

Sur l'épaule gauche, vous trouverez un barillet avec les différentes motorisations, dont le mode 6K photo et désormais le post-focus. Le flash pop-up disparaît au profit de deux micros pour l'enregistrement interne stéréo.
Sur l'épaule droite, vous retrouverez le barillet verrouillable pour le choix du mode d'exposition avec les modes PASM, le mode vidéo (M), le mode auto (iA), les filtres créatifs et 3 modes personnalisés. Vous retrouverez aussi le déclencheur, une des deux molettes de réglage, ainsi que les touches pour régler la balance des blancs, la sensibilité ISO, le correcteur d'exposition et une touche personnalisable.

L'une des principales nouveautés reste la migration de la touche "vidéo" de l'arrière du boîtier sur le dessus. Une décision que, personnellement, j'ai du mal à comprendre : le bouton arrière était certes trop petit pour être facilement manipulable, mais il était accessible avec le pouce. Désormais, les deux commandes pour la vidéo (bouton et déclencheur) sont au même endroit, ce qui est un peu déroutant. Toutefois, la touche est plus large, donc plus confortable à activer.

Panasonic GH5 test review vue de dessus

Avec la migration du bouton vidéo, l'interface du dos du GH5 évolue forcément... et en bien. Un joystick vient désormais jouxter le levier pour le choix du mode autofocus, et de la mémorisation de l'expo et du point. Celui-ci est très pratique pour déplacer rapidement les collimateurs AF. D'ailleurs, vous disposez désormais de 3 solutions pour déplacer les collimateurs AF : le joystick, l'écran LCD faisant office de trackpad et le trèfle directionnel.

Panasonic GH5 test review dos

Pour le reste, peu de changements : les principales commandes sont restées à leur place. Une petite déception cependant, face au bruit produit par la roue codeuse, qui fait vraiment très (trop) plastique. Cela contraste réellement avec le très bon niveau de finition globale de l'appareil.

Autre nouveauté, le GH5 est désormais "garanti" jusqu'à -10 °C.

Visée

Le GH5 offre une belle mise à jour au niveau de la visée par rapport à son prédécesseur. C'est sur le viseur électronique que les changements sont le plus remarquables. Le grossissement, pour commencer : il passe de 0,67x à 0,76x en équivalent 24x36. Le gain est très appréciable et l'immersion dans son cadre photo/vidéo est bien plus importante. La finesse de l'affichage reste de mise, puisque la dalle Oled gagne également en définition, passant de 2 360 000 points à plus de 3 680 000 points. Dans la pénombre, le GH5 perd un peu en fluidité, mais la visée demeure relativement préservée du bruit électronique lié à l'augmentation du gain.

L'écran LCD évolue lui aussi. Vous découvrirez un modèle de 8,1 cm affichant 1 620 000 points. En outre, la dalle adopte la technologie 4 sous-pixels RVBB (rouge, vert, bleu et blanc). Le 4e sous-pixel améliore la luminance, donc la lisibilité de l'écran en plein soleil. L'affichage est au ratio 3/2 ; vous aurez donc des bandes noires à gauche et à droite en mode photo (4/3), et en haut et en bas en vidéo (16/9).

L'écran, tactile, apporte un véritable confort d'utilisation, tant à la prise de vue (sélection de la zone de mise au point au doigt) qu'en mode lecture (on peut faire défiler les images ou zoomer avec deux doigts comme sur un smartphone), mais aussi pour naviguer dans les menus.
Il est également monté sur une rotule qui permet de l'orienter de manière assez libre l'écran pour la visée. Malheureusement, les principaux connecteurs (caque, HDMI, USB) sont localisés sur le flanc gauche et viendront bloquer l'écran lorsqu'ils seront utilisés. Il aurait été plus judicieux, à notre sens, d'inverser le positionnement des connecteurs avec les logements pour les cartes mémoire.

Panasonic GH5 test review écran LCD

Autonomie

Le GH5 utilise les mêmes batteries Li-Ion de 14 Wh (7,2 V / 1 860 mAh) que le GH4, ce qui est une bonne nouvelle. Panasonic crédite son boîtier d'une autonomie d'environ 400 vues (normes CIPA).

Panasonic GH5 test review autonomie batterie

Le problème de l'autonomie des hybrides étant un point épineux, les ingénieurs de la firme d'Osaka ont planché sur le problème et ont développé un mode économique (apparu sur le G80) qui coupe, en profondeur, l'alimentation. Au final, l'autonomie s'en trouve grandement accrue et passe désormais à presque 800 vues !
Notez toutefois que ce mode économique n'est pas activé par défaut — il faudra le faire manuellement (Eco. Energie si utilisation viseur) — et que, surtout, il supprime l'utilisation liveview de l'écran (vous n'avez alors que les paramètres de prise de vue d'affichés). C'est assez contraignant, certes, mais cela permet vraiment de gagner en autonomie.

Le GH5 est par ailleurs doté d'une prise USB Type-C, qui ne permet toutefois pas la recharge. Dommage.
En outre, il est aussi dommage pour un boîtier professionnel que Panasonic se contente de livrer un chargeur si basique : un seul témoin de charge.

Le fabricant nippon propose également une poignée d'alimentation DMW-BGGH5 (plus de 300 €) qui assure une prise en main verticale facilitée et, surtout, embarque une seconde batterie. Là encore, nous ne comprenons pas pourquoi Panasonic s'est limité à une seule batterie supplémentaire, alors que la poignée du Fujifilm X-T2 peut en embarquer deux...

Mémoire

Le boîtier hybride dispose de 2 logements pour cartes mémoire, compatibles avec le bus de transfert UHS-II. Notez que pour l'enregistrement vidéo 4K/UHD, des cartes de classe U3 (30 Mo/s) sont recommandées.

Les ingénieurs ont le sens du détail et si les deux emplacements sont très proches l'un de l'autre, de petits ergots permettent d'éviter l'éjection simultanée des deux cartes.

Le GH5 propose évidemment différentes options d'enregistrement, avec la possibilité de dupliquer les images sur les deux cartes (sauvegarde), de choisir une carte pour les JPEG et l'autre pour les RAW, ou encore de travailler en débordement pour augmenter la capacité de stockage — fonctionnalité que le GH5 propose d'ailleurs de manière "infinie". En effet,pendant l'enregistrement vidéo, il est possible de remplacer la carte inutilisée par une nouvelle carte pour que celle-ci soit soit prise en compte au moment du passage de l'une vers l'autre.

Panasonic GH5 test review carte mémoire

Connecteurs

Le GH5 dispose de tout l'arsenal nécessaire pour travailler en photo et en vidéo. Vous trouverez une entrée micro stéréo (mini-jack 3,5 mm), une sortie casque (3,5 mm), une sortie USB 3 Type-C et une sortie HDMI. Adieu le format mini HDMI, le GH5 propose un connecteur grand format beaucoup plus résistant. Il dispose également d'une puce Wi-Fi pour la communication sans-fil, et d'une puce Bluetooth.

Panasonic GH5 test review connecteurs

Stabilisation mécanique et double stabilisation

Panasonic a développé une double stabilisation — mécanique dans le boîtier et optique dans les objectifs — depuis le GX8. Le GH5 profite, comme le G80, de la version 2 de ce système de double stabilisation. La stabilisation optique fonctionne sur 2 axes (roulis, lacet) alors que la stabilisation mécanique est active sur 5 axes (roulis, lacet, tangage et les translations haut/bas, gauche/droite). Lorsque l'optique est stabilisée, elle travaille de concert avec les 5 axes de la stabilisation mécanique. Si l'optique n'est pas stabilisée, les 5 axes sont assurés par les mouvements du capteur.

Panasonic GH5 test review illustration double stabilisation

Attention, cette double stabilisation version 2 n'est pour le moment compatible qu'avec un nombre limité d'optiques. À l'heure où nous écrivons ce test, seuls 7 modèles la supportent, dont le nouveau 12-60 mm f/2,8-4.

Pour notre test en studio, nous avons utilisé le 12-60 mm f/2,8-4 en position télé et à main levée. Les résultats sont très bons, avec un gain entre 3 et 4 IL. C'est étonnamment un peu moins bon qu'avec le G80 équipé du 12-60 mm f/3,5-5,6, mais la différence n'est pas très importante.


Panasonic GH5 test review double stabilisationÀ 60 mm et au 1/4 s, il est possible d'obtenir 50 % de photos nettes.

Fonctionnalités

Mode photo 4K / 6K

La fonction 4K Photo apparue avec le GH4 s'est rapidement imposée sur les autres boîtiers de la marque. Le principe ? Enregistrer un "film" avec une définition d'environ 8 Mpx dans les différents formats proposés en photo (carré, 4/3, 16/9...) à la cadence de 30 i/s. Les images sont compressées individuellement — comme du Motion JPEG — et peuvent donc être extraites de la vidéo une par une afin d'obtenir le moment parfait. Le principe 4K Photo ne change pas sur le GH5, mais autorise désormais l'enregistrement à la cadence de 60 i/s sans limite de temps !

Panasonic GH5 test review 6K photoExtraire l'ensemble des photos 6K d'un film peut être une activité plus que laborieuse, mais les résultats sont là.

Si vous trouvez que 8 Mpx, ce n'est pas suffisant, vous pouvez opter pour le 6K Photo. Le principe est le même, mais cette fois vous pourrez très facilement extraire une image en 5 184 x 3 456 px (max) de votre petit film capté à 30 i/s, soit des photos en 18 Mpx ! Pas de format RAW dans ce mode, mais les images JPEG sont de bonne qualité. Le GH5 travaillant en obturation électronique, les effets de rolling shutter auraient pu être visibles, mais les ingénieurs assurent avoir travaillé sur ce point et sur la réduction du bruit électronique en se basant sur la succession d'images.

Panasonic GH5 photo 6K exempleExemple d'une photo 6K.

Focus Stacking et post-focus

Le mode rafale rapide 6K peut également servir pour d'autres fonctionnalités, comme le focus stacking ou le post-focus. Le premier permet d'étendre la profondeur de champ en prise de vue rapprochée, et le second, de choisir la zone de mise au point après le déclenchement.

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Bruit au déclenchement

Le GH5 comme les derniers boîtiers hybrides de la marque, dispose à la fois d'un obturateur mécanique (jusqu'au 1/8 000 s) et d'un obturateur électronique pouvant "grimper" jusqu'au 1/16 000 s. Dans ce dernier mode, le déclenchement du GH5 est alors totalement silencieux. Un atout non négligeable pour la photographie de spectacle. En mode mécanique, le son est relativement doux et feutré pour un déclenchement finalement assez discret.

Un boîtier en devenir

D'importantes mises à jour sont d'ores et déjà prévues pour le GH5 — des améliorations certes gratuites, mais qui s'étendront jusqu'au 2e semestre de cette année ! La pratique est étonnante, puisqu'elle consiste à payer par avance des fonctionnalités qui n'existent pas encore. Le GH5 serait-il le projet Kickstater de Panasonic ? La raison pourrait en fait être tout autre. En effet, les débits de 400 Mbps annoncés par Panasonic pourraient donner du fil à retordre aux cartes actuelles. La marque attendrait donc une nouvelle génération de mémoire SD pour délivrer tout le potentiel du boîtier. Une bonne occasion de garder en otage les potentiels acheteurs sur une très longue durée.

La liste des améliorations prévues est la suivante :
– enregistrement en Full HD 4:2:2 10 bits (mise à jour en avril 2017) ;
– enregistrement en 4K 4:2:2 10 bits ALL-Intra (mise à jour 2e semestre 2017) ;
– enregistrement en Full HD 4:2:2 10 bits ALL-Intra (mise à jour 2e semestre 2017) ;
– enregistrement haute résolution anamorphique (mise à jour 2e semestre 2017) ;
– enregistrement en 4K HDR grâce au standard Hybrid Log Gamma (mise à jour 2e semestre 2017).

Réactivité
Autofocus, rafale

Le nouveau système autofocus du GH5 profite d'une augmentation significative du nombre de collimateurs AF, qui passent de 49 à 255. Rappelons que Panasonic utilise un système de mise au point automatique par détection de contraste associé au système DFD (Depth From Defocus : détermination du sens de mise au point à l'aide de l'analyse floue des images). En outre, le nouveau processeur de traitement des données peut analyser plus rapidement les images pour détecter le contraste. Désormais, l'analyse s'effectue à 480  i/s.

Panasonic annonce également avoir amélioré le suivi autofocus grâce à de nouveaux algorithmes, un traitement plus rapide des informations (le nouveau Venus Engine, encore lui...) et une meilleure détection et analyse des mouvements.

En studio

Dans notre labo de test, le GH5 se montre impressionnant avec les meilleurs scores, en autofocus, obtenus par un hybride.


Suivi de sujet

Nous avons effectué plusieurs tests de suivi AF sur une personne avançant vers le photographe à une allure normale. Le GH5 est configuré en AF-C (reconnaissance des visages, suivi de sujet, multizone) en mode priorité mise au point, mode S, au 1/500 s.

Sur notre série, le taux de déchet est très faible et le GH5 est capable de suivre assez bien la cadence. Le gain, par rapport au GH4, est bien réel.

Panasonic GH5 test review suivi AF

Qualité des images
Le meilleur du Micro 4/3 ?

RAW vs JPEG

Nous comparons ici une image JPEG issue du boîtier avec le fichier RAW développé avec Lightroom avec les réglages par défaut.

L'image JPEG est bien accentuée et ne nécessite pas de travail en postproduction en vue d'une impression, par exemple.

panasonic-gh5-100iso-detail-RAW-JPEGpanasonic-gh5-100iso-detail-JPEG

Gestion du bruit électronique

Le Panasonic GH5 est équipé d'un nouveau capteur 4/3" de 20 Mpx qui devrait logiquement apporter une meilleure gestion du bruit électronique et établir une nouvelle référence pour les capteurs de cette dimension. Rappelons que les 20,3 millions de pixels font approximativement 3,3 µm de côté. À titre de comparaison, les photodiodes d'un Canon 5DS R (50 Mpx sur un 24x36) sont plus grands, à 4,2 µm.

Différentes tailles de capteursComparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Les JPEG

Sur la plage ISO 100-400 ISO, les images sont pratiquement exemptes de bruit électronique avec un rendu des couleurs bien saturé, une dynamique satisfaisante et des matières bien détaillées. Un examen pointilleux à 100 % sur écran du cliché à 800 ISO montre déjà une légère dégradation — visible sur les aplats colorés de la charte ColorCheker, notamment dans les gris ou les bleus. Rien de dramatique toutefois : les bordures sont encore franches et les zones sombres, bien nuancées. Vous pourrez grimper à 1 600 ISO sans hésitation. À cette sensibilité, le rendu des images est encore très satisfaisant. Le moutonnement est logiquement plus visible sur les carrés colorés, mais la plupart des détails sont bien rendus et la dynamique est intéressante. À 3 200 ISO, les images conservent encore un très bon niveau de détail ; le moutonnement est demeure contenu et le bruit chromatique, peu présent, mais la dynamique baisse un peu et les zones denses perdent en modulation.

Un palier est bien visible à 6 400 ISO : les limites sont plus brouillées, le moutonnement se fait un peu plus grossier et rend l'image globalement plus fade. Quant aux fins détails, ils commencent à se diluer.

Les valeurs supérieures sont plus problématiques ; le grain plus large vient estomper encore les limites des éléments. Les couleurs sont moins franches, les noirs enterrés, et le lissage un peu excessif.

Oscilloscope

Un passage sous l'oscilloscope confirme nos impressions visuelles : le bruit est peu présent jusqu'à 800 ISO, avec un bon équilibre entre le niveau de détail et le lissage du grain, et reste assez contenu 3 200 ISO. Il devient plus marqué à 6 400 ISO.

Panasonic GH5 oscilloscope test review bruit électronique

Comparaison à tirage équivalent

En mode JPEG, il faudra donc veiller à ne pas dépasser 6 400 ISO. Nous avons également comparé les JPEG du GH5 avec ceux de l'Olympus E-M1 Mark II à 6 400 ISO, ainsi que du Fujifilm X-T20, hybride à capteur APS-C de 24 Mpx — la scène test étant ici identique et la comparaison plus aisée.

Nous comparons les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 3 200 ISO, avec ci-dessous des détails à 100 %. Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... pas si simple !

Face à ces deux concurrents, le GH5 s'en sort plutôt avec les honneurs et tient parfaitement la comparaison. Il domine le modèle Olympus et tient la dragée haute au capteur APS-C du Fujifilm. Pas mal !

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Exemples

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Latitude de travail

Pour vérifier la latitude d'exposition d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et avons corrigé les fichiers bruts .RW2 avec Adobe Lightroom afin d'obtenir une exposition similaire. Nous vérifions que les images sont semblables avec une latitude de correction de +/-5 IL.

Surexposition

Avec notre scène exposée pour le gris moyen de la charte Color Checker, nous avons pu recouvrir des détails jusqu'à +2,3 IL, ce qui est plutôt étonnant pour ce petit capteur. Au-delà, les informations sont définitivement perdues.

Sous-exposition

Sur les zones denses de notre scène test, il est possible de remonter les niveaux jusqu'à -3 IL sans faire monter le bruit électronique de manière trop importante. On pourra pousser jusqu'à -4 IL. À -5 IL, la dérive colorimétrique est trop marquée pour être acceptable.

Au final, le GH5 propose une latitude de travail entre -3 et +2,3 IL, soit une plage de 6,3 IL ce qui est plus qu'honorable pour un capteur de ces dimensions et définition.

Moirage

Avec le capteur sans filtre passe-bas et malgré la définition, nous avons noté quelques effets de moirage sur notre scène test. Dans la "vraie vie" toutefois, le problème ne semble pas se présenter : nous n'y avons pas été confrontés.

test review Panasonic GH5 moirage

Rendu des couleurs en standard

En mode standard, le rendu des couleurs du GH5 est très chatoyant et vif. C'est très plaisant à l'œil, mais pas forcément toujours très fidèle. Les verts sont par exemple très saturés et semblent parfois peu naturels.

Le rendu des couleurs est bien sûr aisément modifiable, à la fois par des réglages internes sur les profils colorimétriques, mais aussi en traitant les fichiers bruts avec d'autres profils colorimétriques.

Panasonic GH5 rendu des couleurs en mode standardAnalyse de la charte Color Checker avec le rendu standard du GH5. La couleur attendue est au centre et la couleur délivrée par le GH5 en périphérie.

Galerie d'images

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Mode vidéo
Toujours un (petit) coup d’avance / par Sébastien François

Depuis l’annonce officielle de ses caractéristiques il y a 4 mois, le GH 5e du nom fait le buzz sans interruption. Car avec la série des GH, il est presque toujours question de première fois. Le GH4, par exemple, apportait pour la première fois la vraie 4K à tout le monde, pour 1 500 €. Le "5", lui, est le premier hybride à proposer (entre autres) l’enregistrement en 4:2:2 10 bits en interne, ou encore un mode "Photo 6K" à 30 images par seconde… Et la liste des nouveautés est encore longue, certaines n'étant que rarement proposées par la concurrence, ou pas à ce prix-là. Le GH5 est de loin le plus complet en vidéo.

Sur le papier donc, Panasonic est à nouveau le premier à en proposer autant dans un format si compact et à ce tarif.

Par rapport au GH4, voici ce que l'on gagne principalement :

• L’enregistrement 4:2:2 10 bits en interne (C4K ou UHD, jusqu’à 30p) à 150 Mb/s — et bientôt à 400 Mb/s (encodage intra-image) via une mise à jour à venir cette année —, ainsi que la 4K-50/60p en 4:2:0 8 bits.

• Un nouveau capteur de 20,3 Mpx, utilisé sur toute sa largeur pour les images vidéo ; le facteur de recadrage (ou crop factor) passe donc de 2,3x, à 2x dans tous les modes. Autrement dit, une optique Micro 4/3 12 mm représente une image tournée en 24 mm en plein format. Le filtre passe-bas est supprimé et le maximum de photosites est utilisé. Le capteur se voit doté de la stabilisation mécanique sur 5 axes, qui s’ajoute à la stabilisation optique des cailloux compatibles ; il est donc possible de stabiliser les images avec toutes les optiques.

• Deux emplacements pour cartes SD paramétrables en relais (l’enregistrement passe à la seconde carte lorsque la première est pleine) ou en sauvegarde (enregistrement est doublé sur les deux cartes), et, surtout, comme sur la version  R du GH4, la limite fatidique d’enregistrement à 30 min est supprimée, Panasonic s'acquittant de la taxe européenne qui l'imposait.

• Enfin, le Slow-Motion atteint désormais 180 i/s en HDTV 1080 et une fonction de transition de points de focus est ajoutée. Enfin, on peut injecter la LUT du VLOG pour prévisualiser le rendu en interne sans moniteur.

Une concurrence bien présente

Reste que si le GH4 fut une révolution en son temps, il y a trois ans, la concurrence s’est depuis largement réveillée, tout particulièrement Sony avec ses Alpha 6000 (un peu moins chers) et ses Alpha 7S (plus chers). Les GH Micro 4/3 évoluent désormais face à des capteurs plein format ou APS-C globalement plus sensibles, et plus à même de produire ce fameux bokeh tellement "cinéma" ; des machines qui, de plus, se sont mises à la 4K depuis longtemps, et dont les autofocus et les performances en basse lumière sont absolument redoutables (Canon et Sony). Mais elles sont aussi loin d’être exemptes de défauts (autonomie, parfois chauffe, ergonomie ou prix…). En face, en Micro 4/3, sont aussi apparus les Olympus OM-D E-M1 Mark II ou Fujifilm XT-2, qui, sans être spécialistes de la vidéo, sont passés à la 4K.

Panasonic devait donc frapper fort pour rester dans la course et conserver la couronne de l’hybride vidéo le plus avancé.

Personnellement, nous avons aimé le GH4, avec lequel nous avons tourné des centaines d’heures, pour les raisons suivantes :
• le format Micro 4/3 offre un excellent compromis entre la possibilité d’obtenir une faible profondeur de champ façon ciné (quitte à utiliser des bagues d’adaptation type Metabones) et des images type reportage run&gun (on peut se débrouiller pour être proche de l’hyperfocale assez facilement) ; la taille des boîtiers et des optiques est de plus réduite et allégée ;
• le GH4 est depuis toujours pensé pour la vidéo : son ergonomie est selon moi la meilleure possible compte tenu des contraintes du "form factor" reflex, et il est personnalisable à souhait ;
• enfin, le GH4 est extrêmement solide et son autonomie sur une batterie est l’une des meilleures (plus de 2 heures dans la vraie vie).

A contrario, nous lui avons aussi reproché ses performances en basse lumière (et globalement le bruit dans les noirs), les faiblesses de son autofocus, la fragilité de son connecteur HDMI, ainsi que quelques détails, comme l’absence d’assistance en cours d’enregistrement.

Prise en main vidéo

Si on place le GH5 à côté d'un GH4, on constate tout de suite qu'il a pris un peu d’embonpoint, tout en restant compact ; la poignée notamment présente une protubérance plus prononcée — on pense plus à un reflex qu’à un hybride. La préhension est donc excellente.

Comme souligné ci-dessus dans la partie photo, le déclencheur vidéo change de position : il quitte le dos pour passer sur le dessus, avec ajout d’un joystick. Ça n'est pas forcément commode, dans la mesure où il est fréquent de tourner sur un trépied très haut — on ne voit donc pas le déclencheur s’il est au-dessus —, mais c'est de l’ordre du détail.

En revanche, la bonne surprise vient des menus, désormais mieux distribués : un tronc commun pour la position "Films Créatifs" (c'est-à-dire le mode manuel vidéo) qui centralise les opérations rapides, un menu "Images animées" (format d’enregistrement, etc.), un menu "Personnel", un menu d’options, un autre pour les réglages utilisateurs… Bref, on ne parcourt jamais plus de 4 onglets d’options (contre 9 avant), même si l’arborescence reste touffue. On peut désormais attribuer jusqu’à 20 boutons utilisateur, dont 12 physiques au maximum, en se servant du joystick et d’autres sur l’écran tactile ! C’est tout simplement génial, d’autant que tout ou presque est assignable. Mieux, il suffit de garder le doigt appuyé sur une touche de fonction pour choisir la commande à assigner sans passer par les menus. Tout aussi pratique, les mémorisations C1, C2, C3 qui stockent les réglages utilisateurs particuliers — j’ai par exemple pour habitude d’attribuer C1 au tournage en VLOG, C2 au slow-motion et C3 pour la basse lumière…

Le joystick peut sembler inutile, puisque l’écran est tactile et qu’on se sert aussi de la molette crantée, mais prend tout son sens lorsqu'on tourne au viseur et qu’il sert par exemple à sélectionner la zone d’AF en cours de route. Bref, pour résumer, tout est tellement personnalisable qu’il est vraiment conseillé de faire un tour par le mode d’emploi pour ne pas passer à côté des fonctions assignables qui font gagner un temps énorme.

L’écran comme le viseur se montrent très précis et lumineux, quoiqu'un chouïa trop flatteurs. Mais selon nous, c’est presque un sans-faute. Le seul regret, s’il en est un, est de devoir changer la fréquence du système (PAL ou NTSC) pour passer de l’UHD/25p, par exemple, au C4K/24P via un autre menu. On aimerait que tout soit centralisé au même endroit.

Côté nouveautés "physiques" toujours, et c’est essentiel : l’ajout d’un deuxième emplacement SD, déterminant, surtout lorsque la mise à jour vers le 4:2:2 10 bits à 400 Mb/s sera effective. Étant donné le débit, on pourra alors doubler l’autonomie de tournage sur deux cartes sans interruption. Et pour l’heure, les paranoïaques de la carte pourront enregistrer les données simultanément sur deux cartes, tandis que ceux qui filment des concerts n’auront pas besoin de faire un Rec/Stop pour changer de média. On peut bien sûr décider d'enregistrer les photos sur une carte et les vidéos, sur une autre, ou encore trier les données de l’une vers l’autre. Très bien, tout comme la prise HDMI au format "Full". La prise casque vient hélas toujours heurter le panneau LCD pour peu qu’on l’oriente vers le haut : dommage, pour quelques millimètres…

Une autre fonctionnalité très convaincante est la possibilité de créer un menu personnalisé. Autrement dit, de sélectionner et réunir les fonctions que vous utilisez le plus dans un menu spécial Utilisateur. Par exemple, le formatage de carte, le mode d'enregistrement, l'activation du ralenti, etc. Le gain de temps est spectaculaire.

La molette de drive se voit désormais aussi dotée du mode Photo 6K (qui enregistre donc 30 photos de 6 000 x 3 000 px par seconde) et du mode Post Focus, en plus des traditionnels modes rafale, time-lapse et retardateur. Pour résumer, on a affaire à une version améliorée de ce qui se faisait déjà très bien sur le GH4.

Cette (trop longue) histoire de 4:2:2 10 bits...

Cette fonction est LA fonction mise en avant sur le GH5, mais à mon sens, elle mérite quelques éclaircissements basiques afin de bien comprendre les tenants et les aboutissants et éviter les désillusions.

Et on va commencer par dire que non, visuellement, on ne constate pas de différence flagrante entre les deux modes d’enregistrement (4:2:0 8 bits versus 4:2:2 10 bits), sauf peut-être à aller trifouiller un arrêt sur image, dans une scène complexe (et particulière) et sur un écran capable d’afficher 10 bits. L’intérêt se trouve théoriquement en post-production quand il s’agit d’aller pousser les signaux pour étalonner. En fait les "x bits", indiquent la possibilité de coder les nuances de couleur de chaque signal R, V et B (rouge, vert et bleu). Soit, en 8 bits, 28 = 256 par canal. Soit 256 (R) x 256 (V) x 256 (B) = 16,7 millions de couleurs. En 10 bits, on passe ainsi à 1 024 par canal, ce qui nous amène à plus d’un milliard de nuances. Ça, c’est pour la théorie. Mais la réalité est différente, car dans les faits, le comportement des signaux et leur séparation (Y, Cb, Cr) n’atteignent pas ces chiffres obtenus à coups d'équations mathématiques.

Les 4:2:0 ou 4:2:2 correspondent, quant à eux, au sous-échantillonnage chromatique par rapport au signal de luminance (4:4:4 indiquant donc une absence de compression). Autrement dit, et pour faire encore ultra simple, c’est la manière dont le signal est combiné (avant même le codec d’enregistrement), pour "tenir" dans une taille raisonnable (cf. "Comprendre la compression 4:2:0 / 4:2:2" par Jean-Charles Fouché). Le 4:2:2 enregistre donc plus d’informations que le 4:2:0.

Oui, mais voilà, si on enregistre plus d’informations, le débit (actuel) de 150 Mbps est-il suffisant pour du 4:2:2, par rapport au 100 Mbps du 4:2:0 ? La réponse encore théorique est "non". Les maths et les nombreuses démonstrations sur la toile ne tiennent compte ni de ce qui se passe avant (le capteur, sa dynamique, le traitement de l’image, la réduction du bruit…), ni de ce qui se passe après (l’encodage inter-image et la puce qui le fait).

Pour ma part, ce que je peux dire pour l’heure, c’est que je n’ai pas réussi à mettre en avant une réelle différence entre les deux formats d’enregistrement en tournage classique. Tout ce que suis parvenu à faire, c’est à rattraper un peu mieux un blanc surexposé en 10 bits qu’en 8 bits — et encore, c’est extrêmement ténu et subjectif. En revanche, en conditions extrêmes, j’ai pris des images de "nuit intégrale" à 3 200 ISO. Le rendu 10 bits vs 8 bits est très différent, a fortiori si l'on se met à pousser l’exposition au montage de manière exagérée (+5 dans Lumetri Color de Premiere Pro).

Test du GH5 côté vidéo, exempleScène filmée en très basse lumière "poussée" à +5 Lumetri GH5 8 bits.

Test du GH5 côté vidéo, exempleMême scène "poussée" à +5 Lumetri GH5 10 bits.

Test du GH5 côté vidéo, exempleMême scène "poussée" à +5 Lumetri GH4 8 bits.

Dans ce cas-là, on constate bien qu’il y a plus d’informations en 4:2:2 10 bits. Nous réservons donc notre jugement sur ce point, à lorsque nous serons passés au 400 Mo/s — l’essentiel étant que le GH5 soit "capable" de faire encore mieux. Car les vraies bonnes surprises sont ailleurs.

Dans la vraie vie : tout-en-mieux !

L’image du GH4 était déjà franchement excellente, mais on pouvait lui reprocher quelques effets de moirage et scintillement dans certaines scènes, une HD (pour ceux que ça intéresse encore) très en retrait et, surtout, du bruit mal contenu dans les tons sombres et les ombres.

Avec le GH5, on franchit un cran supérieur. Tous les modes sont excellents, les images, très piquées et douces à la fois, avec peut-être par défaut une dominante un peu plus chaude (teinte un peu jaune) que la réalité (façon Canon, en très léger) — dominante que l’on corrige très facilement si elle ne convient pas. À titre personnel, nous apprécions cette "neutralité" de l’image Panasonic, ainsi que le rendu des teintes chair que nous trouvons légèrement supérieur.

Le plus frappant concerne la gestion du bruit, qui était pour nous le principal défaut de la génération précédente. Quand on compare la même scène tournée avec les deux machines (GH4 et GH5), que l’on recadre à 400 % les zones sombres pour étudier ce qui fourmille ou pas, on mesure la différence. Une différence que l’on voit aussi en très basse lumière. Non, le GH5 n’est pas vraiment plus sensible (au sens de "voir la nuit") que son aîné, mais sa montée ISO n’a rien à voir. Autrement dit, on peut travailler correctement jusqu’à 1 600 ISO. Le roi de la nuit qu'est le Sony Alpha 7S II est loin d’être détrôné, mais les progrès du GH5 sont indéniables et donnent au GH4 un coup de vieux.

Panasonic GH5 200 ISOPanasonic GH5 200 ISO
Panasonic GH5 400 ISOPanasonic GH5 400 ISO
Panasonic GH5 800 ISOPanasonic GH5 800 ISO
Panasonic GH5 1600 ISOPanasonic GH5 1600 ISO
Panasonic GH5 3200 ISOPanasonic GH5 3200 ISO
Panasonic GH5 6400 ISOPanasonic GH5 6400 ISO
Panasonic GH5 12 800 ISO.

Ensuite, dans la série de ce qui nous plaît bien, notons le crop factor qui tombe à tout juste 2x dans tous les modes de tournage : mine de rien, le 12 mm très répandu des optiques 12-35 mm et 12-60 mm, devient un vrai grand-angle (24 mm, contre près de 28 mm avant). La différence est flagrante.

De nombreux petits bonus aussi côté fonctionnalités :

• La reprise de position de la mise au point de l’objectif (à activer). Quand on coupait la machine pour économiser la batterie, avant, il fallait refaire le point (même sans avoir bougé) ; maintenant, l’appareil reprend la même valeur.

• La fonction de transition de focus. L’idée, c’est de remplacer un follow focus dont les positions de point serait repérées. Donc grosso modo, on peut mémoriser 3 valeurs, et l’appareil passe de l’une à l’autre en pressant à l’écran POS1, 2, 3. Très bien d’autant qu’on peut, comme pour le reste, assigner la fonction à un bouton utilisateur pour gagner du temps.

• La fonction Conversion Téléobjectif Extra vous permet d’augmenter la longueur de focale de 1,4x en 4K et en Photo 6x sans perte de qualité : très utile pour ceux font de l’animalier.

• L’ajout des moniteurs Waveform/Vectorscope.

• Le VLOG qui apporte un vrai plus désormais (alors qu’il était bien difficile d’exposer correctement les images sur le GH4). Pour s’en convaincre, vous pouvez vous amuser à étalonner les images tournées par Emmanuel Pampuri (sur Vimeo).

• Et les fonctions de ralentis ! Non seulement, ils sont exploitables (contrairement aux 96 i/s du GH4 qui montraient des artéfacts de compression), mais en plus, on peut par exemple tourner en FHD/50P à 180 i/s et poser le clip sur une timeline à 25 i/s pour le ralentir encore. On peut aussi ralentir la 4K en tournant en 60p et passer le tout sur une timeline à 25p. Panasonic a aussi eu la bonne idée d’indiquer les modes d’enregistrement qui sont compatibles avec la cadence variable d’enregistrement (VFR) et comme toujours, on peut attribuer le VFR à une touche utilisateur.

Le point sur le focus

Commençons par LE point qui nous fatiguait déjà sur le GH4 et qui n’a pas été corrigé sur cette version. En vidéo, on veut en général avoir accès à trois possibilités de gestion du focus : le manuel, la mesure ponctuelle (qui reste bloquée une fois effectuée) et l’autofocus continu (la caméra fait le point tout le temps). Si on regarde la molette dédiée sur les GH, on retrouve ces trois modes : AFS (mesure ponctuelle), AFC (mesure continue) et MF (Manuel). Très bien, sauf que ça ne marche qu’en photo ! En vidéo, pour retrouver ce type de fonctionnement, il faut activer dans les menus la fonction "AF Continu" (et elle ne peut être attribuée à un raccourci). Mais dans ce cas, le GH fait le point tout le temps, que ce soit en AFS ou en AFC puisqu’ils se comportent tous les deux de la même façon en vidéo !
Il faut donc aussi paramétrer la touche AF/AE Lock en "Verrou AF". Et une fois tout cela effectué, vous pouvez contrarier la mise au point continue en verrouillant le point grâce à AF Lock. On pourrait s’y faire, mais aucun indicateur à l’écran ne vient signaler si on est verrouillé ou non, alors qu’en photo, oui. C’est très pénible et illogique : il serait si simple d’attribuer AFS et AFC à ce que ces touches veulent dire… Bref.

Autre point qui n’est pas corrigé ici : la loupe conjuguée au peaking n’est toujours pas active en cours d’enregistrement. Autrement dit, malgré la qualité de l’écran ou du viseur, quand on tourne avec des optiques à très grande ouverture, il est presque impossible de ne se fier qu’au peaking. Le moniteur externe reste quasi obligatoire. Voilà pour les points qui fâchent.

En revanche, Panasonic a revu sa copie sur l’autofocus. On trouve sa technologie DFD (Depth from Defocus) et le nombre de collimateurs, en hausse, passe désormais à 225. Soyons clairs, on n’arrive pas au niveau de ce que propose Canon (à quel prix !) avec sa détection de corrélation de phase, ou Sony sur les derniers Alpha. Mais le GH5 devient exploitable dans bon nombre de situations qui mettaient son aîné en difficulté. Ceci, à condition de bien comprendre tous les modes et de les utiliser en fonction des situations : détection de visage, suivi d’objets, mesure mulitzone (tous les collimateurs), mesure multiple par zone personnalisable, zone unique et "pin point" (un seul point).
L’autofocus est utilisé dans plusieurs cas de figure : quand l’appareil n’est pas accessible (sur une nacelle de stabilisation par exemple), quand on n’a pas le temps de se poser (run & gun) ou encore quand on n'y voit pas grand-chose (par exemple quand on est en REC et qu'on n’est pas sûr du point car le sujet a bougé…).

D'après nos tests, les deux modes les plus utilisables pour suivre des sujets sont le tracking de visage, qui autorise un bon suivi, et la mesure de zone personnalisable. Ce dernier a notre préférence, car on peut dessiner de l’index la zone à suivre parmi tous les collimateurs : par exemple, la position d’un visage sous forme de "carré". En enclenchant l’AF de cette manière, on a aussi la possibilité de "le forcer" à refaire sa mesure quand on constate qu’il se perd, en maintenant le déclencheur à moitié enfoncé.

   

La mesure de zone personnalisable est donc le mode qui a donné les meilleurs résultats. On parvient à travailler sans trop de problèmes et son automatisme est plus réactif que celui de son aîné. Attention toutefois, le suivi de visage ne marche pas sur un porteur de lunettes, et on constate qu’il arrive que l’AF, dans les autres modes, se "perde" sans raison apparente alors que le cadre est identique. Il est cependant toujours aussi appréciable de toucher à l’écran la zone de MAP pour forcer l’automatisme, même quand on est en manuel. À noter, l’AF est aussi personnalisable dans les menus en vitesse et en sensibilité.

En somme donc, on est vraiment sûr du "bien mieux et peut mieux faire aussi", d’autant que le GH5 n'en est qu'à la première version de son firmware (micrologiciel).

Verdict
Nos conclusions

Du côté du photographe

En son temps, le GH4 a surtout marqué les esprits par ses fonctionnalités innovantes en vidéo, qui ont éclipsé sa dimension photo pourtant très intéressante. Avec le GH5, Panasonic présente à notre sens un boîtier plus équilibré : un véritable appareil hybride et polyvalent doué aussi bien en vidéo qu'en photo.

Un autofocus au sommet de son art

Le GH5 impressionne d'emblée par sa réactivité. Bien que la mise sous tension reste un peu lente, le boîtier enchaîne les records au niveau de la réactivité. En labo, les chronos sont excellents : les meilleurs pour un boîtier hybride. Dans la vraie, le GH5 tient ses promesses et s'avère très agréable à utiliser, très prompt à réaliser le point, même en basse lumière. Il patine parfois lorsque le contraste vient à manquer, mais globalement, c'est le G le plus performant à ce jour.

Le capteur 4/3" de 20 Mpx délivre également une belle prestation. Par rapport au GH4, le gain peut sembler marginal, mais il ne faut pas oublier que le capteur offre 25 % de définition en plus. La performance est à noter, même si ce sur point, les capteurs plus grands (APS-C, 24x36...) sont plus à l'aise dans les très hautes sensibilités ISO (au-delà de 3 200 ISO). La latitude de travail est intéressante et avec une optique décente — le 12-60 mm f/2,8-4, par exemple —, le piqué est à l'avenant.

Fonctionnalités intéressantes

Le GH5 arrive également avec un excellent viseur électronique large et précis, un écran LCD orientable et tactile, une puce Wi-Fi pour le pilotage à distance et le transfert des images, des modes photo 4K/6K puissants et vraiment utiles, une multitude de fonctionnalités toujours agréables, comme le timelapse ou le bracketing de mise au point (focus stacking), une rafale à 9 i/s avec suivi du sujet, des filtres créatifs ou la pléthore de touches personnalisables.

C'est donc haut la main que le GH5 reçoit un recommandé pour la partie photo.

Du côté du vidéaste

Lorsque l'on connaît la précédente génération d’un appareil, on est toujours tenté d’aller chercher directement ce qui posait problème, et que l’on espère voir amélioré sur la nouveauté. L’exigence est donc supérieure.

Disons-le tout de suite, sur ce GH5, certains défauts demeurent : la gestion des modes de l’AF, la sensibilité… Pourtant, force est de reconnaître que l’excellent GH4 prend un petit coup de vieux en fonctionnalités et en images. Pour 2 000 €, le rapport prix/fonctionnalité/qualité d’image du GH5 est imbattable. On apprécie particulièrement aussi que Panasonic prenne trois ans pour renouveler un appareil : l’achat est pérenne.

Alors, la question est : pour la vidéo, doit-on passer du GH4 au GH5 ? Le réponse est oui. Pas forcément pour le 4:2:2 10 bits, qui n’est pour le moment pas déterminant (à voir lors de la mise à jour 400 Mbps, ou le tournage en Chromakey, non testé ici), mais pour tout le reste. L’image est supérieure, la gestion du bruit est bien meilleure, la stabilisation de l’appareil en interne est un vrai plus pour ceux qui tournent à main levée, le VLog (certes payant) devient utile et exploitable… Et, surtout, c’est l’ensemble qui est convaincant. Le GH5 est solide, complet, autonome, et ne souffre d'aucune véritable lacune. Quant à l’option avec le module XLR, elle aussi assez unique, elle contribue à étendre encore le champ d’action de l’appareil. Ajoutez à cela le fait que cette machine, encore en firmware v1.00, semble en avoir sous le pied en potentiel d’optimisation, et on obtient un appareil qui vaut véritablement le détour. Les boîtiers 24x36 demeurent certes supérieurs en basse lumière et en dynamique, mais le ticket d’entrée est aussi bien plus cher, et on est confronté à d’autres défauts.

Pour la partie vidéo du GH5, nous regrettons seulement que l’AF soit en retrait et que certains défauts perdurent, mais cela mis à part, le GH5 reçoit notre recommandation sans la moindre hésitation.

+
  • Boîtier équilibré, bien construit et à l'épreuve des intempéries
  • Bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 3200 ISO
  • JPEG de qualité (accentuation, rendu des couleurs...)
  • Double stabilisation mécanique/optique efficace (compatible avec un nombre limité d'optiques)
  • Mode économie qui permet pratiquement de doubler l'autonomie au prix d'un petit sacrifice (pas de visée liveview)
  • Possibilité de déclenchement totalement silencieux
  • Autofocus très réactif en pleine lumière, mais aussi dans la pénombre
  • Suivi de sujet performant
  • Mode 4K/6K photo intéressant (focus stacking, post-focus, rafale à 60 ips...)
  • Rendu des couleurs bien saturé (parfois un peu trop...) en mode standard
  • Latitude de travail intéressante pour un capteur 4/3"
  • EN VIDÉO
  • Qualité d’image dans tous les modes
  • Prix imbattable
  • Améliorations des fonctions dans presque tous les domaines
  • Gestion des ralentis très convaincante
  • Module XLR et kit 12-60mm d’excellente qualité
  • VLog exploitable (moins de bruit !) et monitoring interne des LUT
  • Énorme customisation possible
  • Gestion du bruit en très net progrès
  • Autonomie sur une batterie
  • Qualité de fabrication
  • Rendu des couleurs très fidèle
  • Pas de limite d’enregistrement
  • Double emplacement SD vraiment appréciable
  • Homogénéité de l’ensemble
  • Pas de flash pop-up
  • Les connecteurs sont sur la gauche et bloquent l'écran quand ils sont utilisés
  • Bruit de la roue codeuse arrière peu agréable
  • Pas de recharge de la batterie par la prise USB Type-C
  • Autonomie encore un peu faible en utilisation "normale" avec moins de 400 déclenchements
  • Format RAW .RW2 propriétaire
  • Poignée d'alimentation chère et qui n'apporte qu'une seule batterie supplémentaire
  • EN VIDÉO
  • Autofocus en retrait, malgré des progrès
  • Sensibilité en basse lumière, malgré une bien meilleure montée en ISO
  • Gestion des modes d’autofocus (alors que la gestion des mesures AF est excellente)
  • La prise casque vient toujours heurter le pivotement du panneau LCD
  • Quelques bugs sur la stabilisation du capteur (en changement de focale par exemple), mais il est débrayable
  • Certaines fonctions dans les menus sont mal rangées et mal traduites en français
  • Toujours pas de peaking+zoom en cours d’enregistrement : dommage
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Sébastien François

Ses publications 

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