Capteur4/3" Live MOS (17,3 x 13 mm). 20,3 Mpx
MontureMicro 4/3
Optique livréeselon kit
Stabilisationoui. Sur 5 axes, par déplacement du capteur
AntipoussièreOui, par vibrations ultrasoniques
ViseurOui. Dalle Oled, 2 360 000 points. 100 % du champ couvert grossissement de 1,08x
Mise au pointFast AF par détection de contraste.
Modes autofocusAF simple, AF continu avec suivi de sujet et mise au point manuelle
Mesures d'expositionTTL 324 zones, Multi-zone, spot, pondérée centrale
Modes d'expositionPSAM
Vitesse d'obturation60 à 1/8 000 s. Obturateur électronique au 1/16 000 s.
Motorisation10 i/s sans stabilisateur et sans suivi AF 5 i/s avec stabilisateur et suivi AF
Sensibilité ISO80-25 600 ISO
Mémoire1 emplacement SD/SDHC/SDXC UHS-I
Format image photoJPEG, RAW (ORF) : 5 184 x 3 888 px mode HR (combinaison de 8 images) 50 Mpx : JPEG 8 160 x 6 120 px / RAW 10 368 x 7 776 px
Format image vidéo.MOV (H.264) : HDTV 1080 à 60/50/30/25/24p (IPB) et 30/25/24 (ALL-I) .MOV (H.264) : HDTV 720 à 60/50/30/25/24p (ALL-I et IPB)
AlimentationBatterie Li-Ion BLN-1. Donnée CIPA : 300 vues avec visée électronique et 350 vues avec visée optique
ConnexionWi-Fi, USB 2.0, HDMI (type D), prise micro stéréo
Dimensions125 x 72 x 37 mm
Poids427 g (avec batterie)
Logiciels/
Dans la boîte/

Caractéristiques

Décidément, les constructeurs nous gâtent en ce début d'année ! Après les annonces fracassantes de Nikon avec ses D5 et D500, ou plus récemment Fujifilm avec ses X-Pro 2 et EF-X500, c'est au tour d'Olympus de faire son annonce de rentrée avec un appareil que l'on attendait depuis longtemps : le Pen-F.

Olympus Pen-F et Arthur

Présentation

Pour se replacer dans le contexte il faut souligner que cette année, la marque fête ses 80 ans dans l'industrie photo et que pour l'occasion, elle a souhaité marquer un grand coup en relançant une version moderne de l'un de ses appareils mythiques : le Pen-F, sorti pour la première fois il y a plus de 50 ans en 1963. Olympus parvient à bien tirer son épingle du jeu sur le marché de la photo (celui des appareils à objectifs interchangeables, reflex et hybrides confondus), en terminant 2015 bon quatrième derrière Nikon, Canon et Sony.

Olympus Pen F

La belle histoire et le positionnement

C'est donc le Pen-F édition 2016 qui fait son apparition dans la gamme des hybrides d'Olympus. Cela faisait un moment que nous n'avions pas entendu parler de la gamme Pen, si bien qu'on se demandait même si elle n'était pas vouée à disparaître, tant la marque a poussé ses OM-D ces dernières années.

Le modèle expert Pen E-P5 remonte tout de même à 2013. Le nouveau Pen-F ne le remplace pas pour autant dans la gamme, même si l'E-P5 devient technologiquement dépassé. La firme ne s'interdit pas un potentiel Pen E-P7 à l'avenir.

Le Pen-F est donc un appareil à part, un peu comme le Nikon Df.

Olympus Pen-F

Technologiquement, le nouveau Pen-F ne révolutionne pas le marché des hybrides. Il inaugure un nouveau capteur Micro 4/3 de 20 Mpx (d'origine inconnue, même s'il y a fort à parier qu'il s'agit du même que celui utilisé par Panasonic et donc fabriqué par Sony), ainsi que quelques nouvelles fonctions, mais rien de quoi mettre à terre ses principaux concurrents. L'appareil mise tout sur son design rétro très réussi qui, à coup sûr, en fera craquer plus d'un.

Ergonomie, design et interface

Et il a de quoi plaire, ce nouveau Pen-F ! En même temps, il hérite de son ancêtre qui était l'un des plus beaux appareils jamais conçus. Au premier coup d’œil, impossible de ne pas faire le rapprochement entre les deux appareils : même inscription du modèle sur le devant et le dessus de l'appareil, même forme, mêmes couleurs et textures, même grosse molette de réglage sur la face avant, etc.

Olympus Pen-F

L'appareil jouit d'une conception noble avec de beaux matériaux et un très bon niveau de finitions. Il existe en version argent ou noir. Malheureusement, et c'est assez difficile à comprendre, sa conception n'est pas tropicalisée. Le simili-cuir texturé sur le boîtier est du plus bel effet, surtout si l'écran — orientable et tactile il va de soi — est en position fermée.

Mais comment diable utiliser un Pen avec l'écran retourné ? Eh bien grâce au nouveau viseur électronique déporté et surtout désormais intégré à l'appareil. Il s'agit d'un modèle Oled avec correcteur dioptrique affichant une définition de 2,36 Mpx, une couverture de 100 % et un grossissement équivalent de 0,62x. Sur ce dernier point, ce n'est pas ce qu'Olympus sait faire de mieux (l'EM-1 est à 0,74x), mais c'est déjà assez confortable à l'usage.

Olympus Pen-F

Bien entendu, il s'agit d'un appareil photo numérique bardé de technologies et fonctions qu'il faut pouvoir actionner rapidement. Les commandes épurées de la version originale laissent donc place à un imposant tableau de bord riche en molettes et boutons.

Sur le dessus, à gauche, on retrouve une molette permettant de mettre l'appareil sous tension : c'est un clin d’œil à la molette de rembobinage manuel du modèle original. À droite se succèdent une molette des modes verrouillable, un nouveau correcteur d'exposition et le déclencheur cerclé par une molette de réglage actionné par l'index. Olympus a poussé le jeu du rétro jusqu'à prévoir un pas de vis sur le déclencheur pour utiliser un déclencheur souple mécanique. Enfin on retrouve également une deuxième grosse molette de réglage pour le pouce. Lors de notre première prise en main, nous avons été un peu déçus à la manipulation de ces molettes supérieures qui sont, selon nous, manquent de finesse.

Olympus Pen F kit 17 mm f/1,8 test review

Sur la face avant du Pen-F initial, on trouvait une grosse molette de réglage pour les ISO. Olympus a conservé cette molette, mais lui a attribué ses nouvelles fonctions de personnalisation des rendus couleur et noir et blanc en direct ; de super filtres artistiques, en quelque sorte. Nous y reviendrons.

L'arrière de l'appareil est beaucoup plus classique avec de nombreux boutons personnalisables, ainsi qu'un nouveau switch autour de la molette des modes de prise de vue afin de faire défiler certains paramètres.

Au final, il est vrai que le tableau de commandes est très riche — peut-être un peu trop ! On est très loin de tomber dans le purisme de Leica avec son M (Typ 240), mais un juste milieu aurait été judicieux. D'autant plus que ce nouvel appareil est conçu pour les amoureux de la photo qui souhaitent retrouver des sensations : une pratique simple qui va à l'essentiel. Il en va de même pour les menus de l'appareil, qui n'ont toujours pas évolué et ne bénéficient toujours pas des fonctions tactiles de l'écran arrière.

Sous le capot

Le nouveau Pen-F inaugure un nouveau capteur, toujours Micro 4/3, de 20 Mpx. Cela devient donc le capteur le plus défini d'Olympus, un peu devant les 16 Mpx des OM-D. Selon toute vraisemblance, c'est le même que celui utilisé par Panasonic sur son GX8, et c'est bien là la seule réelle nouveauté dans les performances de l'appareil. Pour le reste, le Pen-F ressemble à s'y méprendre à l'OM-D E-M5 II.

Olympus Pen-F focus sur le logoChangement de logo entre le Pen-F argentique et la version numérique.

On retrouve donc une sensibilité maximale de 25 600 ISO (et pouvant descendre à 80 désormais), une stabilisation 5 axes, la technologie Fast AF et 81 points de mesure. Lors de notre rapide prise en main, nous avons été très impressionnés par la réactivité de l'autofocus et du déclenchement de l'appareil. En rafale, le boîtier peut avaler pas moins de 10 images par seconde (i/s). L'obturateur peut monter au 1/8 000 s en mécanique et au 1/16 000 s en électronique. Niveau connectivité, le Wi-Fi est toujours de la partie.

De plus, Olympus reconduit son mode ultra haute définition par assemblage qui exploite les possibilités de déplacement du capteur (par stabilisation) et permet de réaliser sur trépied des photos de 50 millions de pixels sur des sujets statiques.

Olympus Pen-F et son capteur 20 Mpx 4/3Un nouveau capteur 20 Mpx au cœur du Pen-F d'Olympus.

Enfin, pour ce qui est de la vidéo, rien de nouveau sous le soleil non plus et surtout pas d'enregistrement 4K. Il est possible d'enregistrer des séquences en HD TV 1080 à 30/25/24p en compression intra (ALL-I) et à des débits jusqu'à 77 Mb/s. Pas de prise micro et encore moins de prise casque sur ce modèle. Contrairement à celui de l'E-M5 Mk II, le grip optionnel proposé à 129 € n'intègre pas non plus de prise casque.

La créativité mise en avant

L'une des nouveautés du Pen-F réside dans sa molette que l'on qualifiera de créative. Elle permet d'activer rapidement les filtres artistiques Art, mais aussi un mode noir & blanc. L'interface évolue notablement, avec désormais la possibilité de créer simplement et rapidement des profils de rendus.

Olympus Pen-F bouton molette créativeLa fameuse molette créative.

Ainsi, en mode noir & blanc, vous pourrez jouer sur les filtres colorés (jaune, bleu, rouge...), les hautes et basses lumières, le grain, la luminosité, le cadre. En mode couleur, il sera possible d'aller plus loin que le simple Créateur de couleur disponible sur certains OM-D. Là encore, vous pourrez jouer sur la saturation (12 teintes modifiables), les hautes et basses lumières, le contraste, la netteté...

Le photographe pourra donc peaufiner le rendu colorimétrique (ou monochrome) sur son boîtier avec une précision rarement atteinte. Dommage que les profils ne soient pas enregistrables pour une édition encore plus aboutie sur ordinateur.

Notre premier avis

Au final, impossible de ne pas être séduit par le look ravageur de ce nouvel appareil. Il est beau, tout simplement. En le voyant, on a envie de le toucher, de l'utiliser et de le posséder. La prise en main est un peu moins enthousiasmante : le tableau de bord très chargé et le ressenti au niveau de certaines mollettes nous laissent un petit goût de déception.

Côté technique, rien à redire ; c'est un appareil bien conçu qui propose toutes les fonctions nécessaires à la grande majorité des photographes. Nous regrettons simplement le manque d'innovation de la part d'Olympus, qui se "contente" de reprendre les fonctions déjà très abouties de son OM-D E-M5 Mk II. Ce nouveau Pen-F est tourné vers la créativité avec ses très nombreuses fonctions de personnalisation de rendu des images en direct. C'est assez ludique et bien pensé, mais encore faut-il prendre le temps de les utiliser sur le terrain. Sur ce point, difficile de se prononcer pour l'instant.

Disponibilité et prix

Le nouvel Olympus Pen-F sera disponible début mars 2016 au prix de 1 199 € nu, 1 399 € en kit avec un 14-42 mm et 1 499 € avec un 17 mm f/1,8 (noir uniquement).

Dans l'univers des hybrides, il se positionne naturellement face au Panasonic Lumix GX8, qui est nettement moins beau, mais plus performant d'un point de vue technique : enregistrement 4K, meilleur viseur électronique orientable, interface 100 % tactile, NFC.

Olympous Pen-F 2 versions
Deux coloris pour le nouveau Pen-F.

Caractéristiques

Déplier

Prise en main

Gabarit

Le Pen-F redonne vie à la série Pen d'Olympus qui n'avait pas donné de successeur à l'E-P5 présenté à l'été 2013. La marque s'est davantage inspirée de sa gamme argentique pour développer le Pen-F "numérique". Sans jouer dans la même cour que la série GM de Panasonic (boîtier très très petit), le Pen-F est un appareil photo compact, moins volumineux que son confrère Micro 4/3 le Panasonic GX8 ou que le boîtier APS-C à visée optique/électronique Fujifim X-Pro2.


Ergonomie

Il faut bien avouer que le Pen-F est séduisant avec ses lignes directement inspirées du modèle argentique des années 1960. La finition est vraiment plaisante, avec un appareil assez lourd (430 g tout nu), mais qui inspire confiance. Le revêtement est agréable et visuellement réussi. Les commandes (boutons, molettes...) sont efficaces avec une mention particulière pour le sélecteur de filtres artistiques qui est remarquable de fluidité. Comme avec les précédents Pen, il (me) manque un petit renflement pour faciliter la préhension. Une poignée additionnelle (ECG-4) vendue 149 € pourra pallier ce manque.

Olympus Pen-F test review vue de face avec 17 mm f/1,8Le Pen-F d'Olympus arbore un style "rétro-argentique" réussi.

Autre point regrettable : l'absence de joints d'étanchéité. Nous revenons toujours à la même comparaison (sans doute un peu trop brutale), mais comparé au Nikon 1 AW1, vendu à moins de 800 € et capable de plonger jusqu'à 15 m de profondeur, il est difficile de comprendre que le compact Pen-F, lancé à 1 200 €, ne soit pas plus protégé.

Si le style est réussi, certains pourront toutefois regretter une telle profusion de commandes, notamment sur le dessus de l'appareil. À vrai dire, il suffit de comparer un Pen-F argentique et numérique pour noter l'explosion du nombre de commandes. L'occasion idéale de faire le tour du nouveau Pen-F.

Olympus Pen-F argentique et numérique, dessus des boîtiersComparaison entre le Pen-F argentique (gauche) et sa déclinaison numérique (droite).

Sur de dessus de l'appareil, vous trouverez sur l'épaule gauche la commande de mise sous tension. Si la molette est suffisamment protégée pour ne pas tourner toute seule, je persiste à préférer une commande au niveau du déclencheur, ce qui permet de mettre sous tension et de photographier d'une seule main. Avec ce principe, le Pen-F nécessite forcément deux mains. L'épaule droite est pour le moins chargée avec : la molette du choix du mode d'exposition et notamment 4 modes personnalisables, une imposante molette de réglage (avant) qui comporte le déclencheur, une molette arrière, la touche vidéo et le correcteur d'exposition. Dans notre décompte, on pourra inclure la touche Fn1 !
Olympus Pen Ftest review vue de dessus
Un tableau de commande bien chargé...

Héritée des "antiques" Pen-F, le nouveau boîtier dispose d'une molette à l'avant (molette "créative"). Initialement attribuée au temps de pose, elle est désormais dédiée aux filtres artistiques ou créatifs. Elle donne accès au créateur de couleurs, filtres artistiques, espaces de couleurs et monochromes.

Olympus Pen-F test review molette filtres créatifs

Le premier permet de donner une dominante colorée à un cliché et ainsi faire "tirer" une photo vers le bleu, le vert ou le rouge. Les filtres artistiques sont déjà bien connus (Pop Art, Soft Focus, Film grain noir & blanc, sténopé, traitement croisé, couleur partielle...).

Le créateur d'espace coloré est nouveau et assez intéressant. Avec ce mode et via une interface graphique réussie, vous pouvez créer des profils de rendu colorimétrique en modifiant l'intensité de plusieurs teintes. Vous pourrez jouer sur la saturation (12 teintes modifiables), les hautes et basses lumières, le contraste, la netteté... Dommage qu'il ne soit pas possible de créer son profil à partir d'une image sur ordinateur pour l'injecter ensuite dans l'appareil. L'inverse est également impossible : on ne peut pas enregistrer plusieurs profils colorimétriques dans les différents modes personnalisés C1/C2/C3/C4.

Olympus Pen-F test review color creator interface graphiqueAlors que le créateur de couleur permet de donner rapidement une teinte à une image (gauche), le contrôle du profil couleur permet de personnaliser le rendu de plusieurs teintes à la fois.

En mode monochrome, vous pourrez jouer sur les filtres colorés (jaune, bleu, rouge...), les hautes et basses lumières, le grain, la luminosité et le vignetage. Pour accéder à ces modifications, il suffira d'utiliser le petit basculeur situé sous le barillet des modes d'exposition.

Olympus Pen-F test review, filtres créatifs et courbe de contrasteVous pouvez toujours jouer sur le contraste à l'aide de la courbe et accéder rapidement aux filtres créatifs qui disposent aussi de réglages.

Toujours à l'avant, une commande personnalisable (par défaut, le testeur de profondeur de champ) est disponible.

Au dos de l'appareil, vous trouverez le viseur électronique (avec un bon dégagement oculaire), le réglage de la dioptrie, une touche personnalisable Fn2 et, à droite de l'écran, un trèfle de sélection (ISO/WB, collimateurs AF, flash et motorisation) équipé d'un bouton de validation. La touche OK sert également à afficher un menu d'accès rapide sur l'écran LCD. 4 touches (Menu, Info, Corbeille et Lecture) sont aussi présentes.

Olympus Pen F dos test reviewUne pression sur la touche OK permet d'afficher un tableau de bord sur l'écran afin de régler rapidement les principaux réglages avec une sélection au doigt, l'écran étant tactile.

Visée

Le Pen-F est le premier de la série Pen à disposer d'un viseur électronique intégré (c'est que qui faisait la différence entre la gamme Pen et la gamme OM-D). Le viseur est placé sur la gauche de l'appareil (vu de derrière), comme sur les modèles télémétriques, alors qu'il est au centre sur la gamme OM-D. Pour les photographes qui visent de l'œil droit, cette position est plus confortable, le visage ne venant pas buter contre le dos de l'appareil. En outre, l'accès aux commandes est également facilité (la plupart sont situées à droite).

Olympus Pen-F écran fermé

Le viseur est identique à celui présent dans l'OM-D E-M10 Mark II. Il s'agit d'une dalle Oled de 2 360 000 points. La couverture de champ est classiquement de 100 %, mais le grossissement atteint 1,23x, soit 0,62x en équivalent 24x36, ce qui est plus confortable que sur la majorité des reflex dans la même gamme de prix (0,55x pour le Nikon D5500Canon 760D, par exemple). L'affichage se montre fluide et précis, même en basse lumière. Un mode S-OVF (simulation de viseur électronique) permet de désactiver les différents rendus de balance des blancs, de filtres ou de compensation d'exposition. Vous pouvez naturellement afficher de nombreuses informations dans le viseur, comme des grilles d'aide à la visée, un histogramme d'exposition ou un niveau électronique. La visée est également stabilisée à l'aide du système mécanique.

Le Pen-F dispose d'un écran LCD orientable (monté sur rotule) et tactile. Il affiche 1 037 000 points sur une diagonale de 3" (7,6 cm). Il s'avère pratique pour la visée au-dessus d'un obstacle ou au ras du sol. La rotule permet de le retourner complètement, donc de le protéger quand on glisse l'appareil dans un sac ou quand on le porte en bandoulière. Olympus a eu en plus l'excellente initiative de recouvrir cet écran du même revêtement qu'à l'avant du boîtier. Une fois replié contre le boîtier, l'illusion est parfaite : c'est un appareil argentique ! Pour la petite anecdote, je me suis fait interpeller deux fois en une heure alors que le photographiais un carnaval avec la même question : vous photographiez encore en argentique ? Tout sourire, je retournais alors l'écran à leur plus grande surprise. Le concept fonctionne à merveille. Une remarque toutefois : l'écran ne s'ouvre pas facilement, malgré l'encoche ; il faut jouer des ongles ou tirer l'écran par la semelle —dommage.

Au final, j'ai souvent utilisé le Pen-F écran retourné. Vous gagnez en discrétion et vous perdez assez rapidement ce geste désormais machinal de vérifier la photo à l'écran. Par contre, utiliser uniquement le viseur électronique n'épargne malheureusement pas la batterie... au contraire.

Autonomie

Le Pen-F utilise toujours la batterie BLN-1 de 7,6 / 1 200 mAh, soit 9,3 W.h. Dans le cadre d'une utilisation classique, nous avons pu réaliser environ 250 déclenchements, ce qui cohérent avec le reste de la gamme, mais qui reste bien faible comparé aux plusieurs centaines photo possibles avec une batterie de reflex. Le boîtier ne dispose toujours pas de connecteur micro-USB qui permettrait une charge sur un ordinateur. En outre, le chargeur livré avec l'appareil est l'un des plus lents que nous ayons utilisés. il faut compter plus de 3 heures pour recharger complètement la batterie.

Connexions et mémoire

Le logement de la carte mémoire est malheureusement toujours situé dans la semelle de l'appareil. Sur pied, impossible donc de changer une carte sans avoir à tout démonter. Côté connexions, c'est le minimum syndical : sortie USB / AV et une sortie HDMI. C'est tout. Pas de prise micro-USB pour la recharge ni de prise casque ou micro. Bon point toutefois, le câble USB permet le pilotage distant à partir d'un PC avec Olympus Capture.

Olympus Pen-F test review connexions

Une puce Wi-Fi permet le pilotage distant sans fil et le transfert des clichés vers un smartphone ou une tablette pour le partage sur Internet. L'application Olympus Image Share, assez complète, propose une gestion assez fine de nombreux paramètres de prise de vues. il également possible de géomarquer les images à partir des données collectées par le GPS du smartphone.

Olympus Pen-F test review Wi-FiL'application Oi Share pour iOS et Android.

Flash

L'Olympus Pen-F ne dispose pas de flash intégré (tout comme le premier Pen, l'oubli fut ensuite corrigé). Un petit flash d'appoint est toutefois livré en standard dans la boîte (FL-LM3) ; il a le bon goût de disposer d'une tête orientable et de venir s'alimenter sur la batterie de l'appareil (pas de besoin de partir avec une série de piles AAA, mieux vaut s'équiper de batteries pour le Pen-F) — un petit accessoire qu'il conviendra de glisser dans son sac photo, à défaut de l'avoir en permanence sur soi.

Test Olympus Pen-F flash escamotable

Non seulement sa puissance officielle NG9 (100 ISO en mètre) lui confère une réelle polyvalence, mais de plus il arbore une tête articulée qui lui permettra de diffuser une lumière douce et dirigée. Il est possible de piloter des flashes distants sans fil, d'utiliser une vitesse de synchronisation jusqu'à 1/250 s et de jouer avec les modes automatiques, second rideau, vitesse lente et total manuel.

Bruit au déclenchement

Le Pen-F est un appareil assez discret. L'obturateur mécanique émet un son doux et feutré. En outre, il sera possible de photographier sans le moindre bruit en optant pour le mode silencieux : il faut pour cela aller dans le menu Motorisation et choisir le symbole "cœur" qui, bizarrement, correspond à silencieux pour paramétrer le Pen-F en obturation électronique. Dans ce mode, il sera possible de grimper jusqu'au 1/16 000 s. En outre, le mode rafale passe à 11 ips alors qu'il est limité à 10 ips en obturation mécanique.

Logiciels

Le boîtier est livré avec Olympus Viewer 3. Le logiciel est relativement complet et permet à la fois de trier ses photos (vous disposez d'une table lumineuse qui permet de comparer facilement jusqu'à 4 images simultanément), de géolocaliser les images, d'effectuer des retouches et même d'éditer les fichiers RAW. Dommage qu'il ne soit pas possible d'éditer des mots clés afin de retrouver plus facilement ses images.

Olympus Pen-F test review logiciel

Le module retouche est dense et plutôt complexe, mais il est possible de le personnaliser. En outre, un mode "tout automatique" est bien présent. Les plus férus de retouche sur ordinateur seront comblés. Le logiciel propose en effet des outils pour retoucher les couleurs, l'exposition, la netteté, le contraste, mais également l'inclinaison, les distorsions des optiques, le bruit électronique. En mode RAW, le module propose d'appliquer des filtres artistiques, mais aussi de travailler sur l'exposition, le bruit électronique et naturellement la balance des blancs. La réactivité du logiciel est correcte et permet en outre de mettre à jour votre appareil photo ainsi que les optiques.

Enfin, le Pen-F est livré avec Olympus Capture afin de travailler en mode connecté à partir d'un ordinateur (Windows / Mac OS X).

Déplier

Antipoussière, stabilisation

Antipoussière SSWF

Le système antipoussière SSWF (Super Sonic Wave Filter) d'Olympus est toujours aussi impressionnant. Après quelques jours passés en compagnie du Pen-F et après de nombreux changements d'optiques, nous n'avons noté aucune poussière visible sur les clichés à f/22. Le système antipoussière d'Olympus reste aujourd'hui l'un des plus efficaces.

Stabilisation mécanique du capteur

Le Pen-F est équipé du même système de stabilisation par déplacement du capteur que celui présent dans l'Olympus OM-D E-M5 Mark II. Les résultats sont d'ailleurs assez proches, les deux boîtiers permettant de gagner pratiquement 4 IL en photo.

En vidéo, la stabilisation est également efficace et limite largement les tremblements d'une prise de vue à main levée.

La stabilisation mécanique du Pen-F est donc un véritable atout et fonctionne avec toutes les optiques, qu'il s'agisse de modèles stabilisés, non stabilisés, ou même plus exotiques.

Olympus Pen-F avec 42,5 mm Panasonic. Nombre de photos nettes à 85 mm (eq. 24x36) sur 10 essais à main levée avec la stabilisation mécanique activée.

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Performances

L'Olympus Pen-F dispose d'un module autofocus par détection de contraste et pour l'instant, seul le boîtier "pro" OM-D E-M1 intègre un module hybride à corrélation de phase sur l'imageur principal et détection de contraste.

Pour autant, le Pen-F n'en est pas moins très rapide. Il s'inscrit logiquement dans la même veine que l'OM-D E-M5 Mark II, avec un autofocus véloce (entre 0,2 et 0,3 s en pleine lumière avec le 17 mm), même en basse lumière, et une mise sous tension qui pourrait être un peu plus rapide. Malheureusement, Olympus n'a pas mis à jour son processeur de traitement des données, il n'y a donc pas réellement d'amélioration à attendre.


Côté rafale, les chiffres annoncés par le constructeur sont bien là. En mode High, la rafale atteint bien 10 ips, mais "tombe" à 5 ips lorsque le suivi de sujet (autofocus continu) est activé.

Déplier

Précision, colorimétrie

Prise de vue multiple en studio

Tout comme l'OM-D EM-5 Mark II, le nouveau Pen-F dispose d'un mode de prise de vue multiple qui permet de combiner 8 images pour n'en former qu'une seule en très haute définition ("50M HiRes-Shot"). Ainsi, le capteur de 20 Mpx (5 184 x 3 888 px) est capable de fournir des images en 50 Mpx (8 160 x 6 120 px) par recombinaison en JPEG et jusqu'à 80 Mpx dans le format RAW.

L'appareil réalise une série de 8 photos, chacune prise à une position différente du capteur. Ces 8 images sont ensuite recombinées par le processeur pour générer un seul fichier en 8 160 x 6 120 px. Bien entendu, ce mode nécessite deux choses : le sujet doit être parfaitement immobile (nature morte uniquement) et l'appareil, totalement stable. L'ensemble de la prise de vue nécessite environ 7 secondes. Notez que s'il n'était pas possible de déclencher sans être sur trépied avec l'E-M5 Mark II, cette limitation est levée, mais les résultats peuvent être désastreux.

Pour des prises de vues de nature morte (Packshot), ce mode est donc une aubaine pour obtenir des images plus détaillées. Et le gain est léger, mais bien réel.

Ci-dessous, nous comparons deux images redimensionnées pour un tirage à 60 x 40 cm (180 dpi).

Sur la carte graphique, la différence est plus délicate à percevoir, mais sur la carte IGN, les courbes de niveau (isoplèthes) sont plus précises. Sur une impression, la différence sera donc bien visible.

Olympus Pen F - multishot 60x40cmOlympus Pen F - 60x40cm

Nous vous proposons également de comparer deux nouvelles images. Ici, nous avons redimensionné l'image de 50 Mpx en 20 Mpx pour la comparer à un JPEG classique sorti du boîtier. La encore, la différence est bien visible et l'image de 50 Mpx offre, logiquement, un niveau de précision supérieure bien appréciable. Si le JPEG classique "pèse" environ 11 Mo, le fichier à 50 Mpx double de volume pour atteindre généralement 22 Mo.

Olympus Pen F - 20 MpxOlympus Pen F - 20 Mpx

Télécharger le JPEG 20 Mpx et le JPEG 50 Mpx

Comme nous l'avons évoqué précédemment, la combinaison de plusieurs images impose certaines règles, notamment aucun mouvement, tant de la part du photographe que du sujet. Ainsi, sur cette prise de vue de la place de la République, tous les éléments (avec ici un détail sur les drapeaux ballottés par le vent) en mouvement comportent des artéfacts. Vous remarquerez que le cadre n'est pas identique, la recombinaison imposant un cadre plus étroit.

Olympus Pen-F comparaison haute def multivues

Le cas du RAW

En mode RAW + JPEG et multishot, vous obtenez 3 fichiers différents :

  • un fichier JPEG de 50 Mpx,
  • un fichier RAW ORI,
  • un fichier RAW "multishot" ORF de 130 Mo environ.

Pour l'instant, le fichier ORF en prise de vue multiple n'est pas pris en compte par les logiciels de développement, pas plus, étonnamment, que le fichier RAW "classique" qui pourtant porte une extension originale : ORI.

Nous avons toutefois réussi à ouvrir un fichier RAW de 130 Mo avec un logiciel spécialisé afin de reconstituer la matrice et voir un peu les entrailles de l'image. Naturellement, il s'agit d'un développement expérimental sans courbe de rendu ou gestion des couleurs. Le fichier RAW contient une image en 10 400 x 7 796 px (soit 80 Mpx). Certaines informations sont donc utilisées pour limiter le bruit électronique, améliorer le piqué et appliquer les corrections de distorsion.

Toutefois, si vous souhaitez "voir" une image de 81 Mpx produite par un Pen-F, vous pouvez télécharger :

le fichier brut ORF ;

le fichier brut développé de manière expérimentale et enregistré en JPEG (10 400 x 7 796 px) ;

le fichier JPEG de 50 Mpx généré par le boîtier.

Déplier

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6 - 1/8 s à une sensibilité de 200 ISO. L'Olympus Pen-F est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 200 ISO et une ouverture de f/5,6. Il faut un temps de pose de 1/6 s à 200 ISO à f/5,6.

Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (.ORF). Le boîtier est configuré par défaut, notamment pour ce qui est de rédaction du bruit électronique.

Les JPEG

Le Pen-F d'Olympus est équipé d'un capteur 4/3" de 20 Mpx. Nous n'avons pas de précision sur son origine, mais il s'agit sans doute du même modèle que sur le GX8 de Panasonic.

Avec cette définition (20,3 Mpx effectifs), la taille des photodiodes est d'environ 3,3 µm. La plage ISO s'étend nativement de 200 à 25 600 ISO. Une position low est également proposée et correspond à 80 ISO.

Tailles des différents capteurs
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Comme avec tous les capteurs 4/3" désormais, le bruit électronique est imperceptible de 80 à 400 ISO à 100 % sur écran. Il faut pousser à 800 ISO pour voir les premiers effets de granulation. Là non plus, pas de surprise, on poussera sans hésiter à 1 600 ISO, les clichés conservant une excellente tenue avec un bon rendu des couleurs, des bordures nettes et une dynamique de bon aloi.

3 200 ISO marque clairement une étape avec un lissage beaucoup plus marqué des fins détails. Les 20 Mpx permettent de tirer un A4 sans trop de problèmes. Le passage à 6 400 ISO est plus difficile. La granulation devient plus grossière, donc plus visible. Elle vient estomper les fins détails, les bordures sont plus floues et il y a comme un léger voile terne sur le cliché.

Les clichés sont logiquement plus dégradés quand on monte dans les tours : 12 800 ISO, 25 600 ISO sont plus délicats à utiliser. Pour ces valeurs, un traitement avec un logiciel de développement est conseillé. Vous pouvez également utiliser des filtres, notamment les excellents modes monochromes du Pen-F.

Comparaison à tirage équivalent

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 3 200 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Nous avons choisi de confronter l'Olympus Pen-F à quelques boîtiers emblématiques actuels qui proposent des capteurs différents en taille et en définition :

Dans un premier temps, nous resterons en famille et étudierons deux clichés réalisés à la fois par le Pen-F et l'Olympus OM-D E-M5 Mark II. Les deux boîtiers intègrent le même processeur de traitement des données, mais deux capteurs différents.

Olympus Pen F - 3 200 ISOOlympus EM-5 Mark II - 3 200 ISO

Entre les deux familles Olympus (Pen et OM-D), la différence n'est pas réellement flagrante : Olympus a réussi à bien contenir le bruit électronique tout en augmentant la définition de 25 %. Une donnée intéressante, même si nous aurions apprécié un gain dans le traitement du bruit électronique afin d'obtenir des images de meilleure qualité à 3 200 ISO. Mais ne pinaillons pas : avoir la même qualité d'image (voire un peu mieux) avec un capteur à 4 Mpx supplémentaires qu'avec un capteur à 16 Mpx, voilà qui est encourageant.

La suite est plus difficile pour le Pen-F. Si face au Panasonic GX8, le Pen-F tient parfaitement la course, il est distancé, logiquement, par les capteurs APS-C plus grands. La différence est moins évidente avec le D7200 de Nikon, mais le X-T1 de Fujifilm délivre une image beaucoup plus douce, moins traitée.

Olympus Pen F - 3 200 ISOPanasonic GX8 - 3 200 ISO
Nikon D7200 - 3 200 ISOFujifilm X-T1 - 3 200 ISO

Oscilloscope

Passons certaines images obtenues avec le Pen-F sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Notre outil confirme notre perception visuelle : les images sont vraiment excellentes jusqu'à 1 600 ISO et présentent une dégradation perceptible à 6 400 ISO. La dynamique baisse sensiblement et la granulation dans les zones denses est très visible.

thead thead
Olympus Pen F test review bruit électronique sur gris 200 ISOOlympus Pen-F – 200 ISO Olympus Pen F test review bruit gamme gris graphique 200 ISO
Olympus Pen F test review bruit électronique sur gris 1600 ISOOlympus Pen-F – 1 600 ISO Olympus Pen F test review bruit gamme gris graphique 1600 ISO
Olympus Pen F test review bruit gamme gris 6400 ISOOlympus Pen-F – 6 400 ISO Olympus Pen F test review bruit gamme gris graphique 6400 ISO
Olympus Pen F test review bruit gamme gris 12800 ISOOlympus Pen-F – 12 800 ISO Olympus Pen F test review bruit gamme gris graphique 12800 ISO
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Exposition, RAW

Bracketing, HDR et correction

L'Olympus Pen-F dispose d'un mode HDR permettant de choisir le nombre de photos prises ainsi que la variation d'exposition. Un mode Auto laisse même l'appareil choisir pour vous la combinaison qu'il juge adéquate.

La correction d'exposition est assurée par la molette qui offre une latitude de ±3 IL.

Le bracketing d'exposition permet d'aligner de 2 à 3 vues avec une variation de 0,3 IL à 1 IL. C'est un peu juste pour réaliser des fichiers HDR d'excellente qualité.

Raw compressé, mais sans perte

Les fichiers bruts .ORF du Pen-F oscillent entre 16 et 24 Mo. Les images sont compressées (le poids varie en fonction des scènes photographiées), mais avec une méthode sans perte. Il n'est pas possible de choisir entre un fichier RAW compressé ou non compressé dans les menus.

Latitude d'exposition

Pour vérifier la latitude d'exposition d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts avec le logiciel RawTherapee qui a l'avantage d'ouvrir un grand nombre de fichiers bruts et notamment ceux des derniers boîtiers qui ne sont généralement pas pris en charge par les logiciels dits "classiques" comme Adobe Lightroom ou PhaseOne CaptureOne.

Toutes, les informations de rendus n'étant pas prises en compte avec RawTherapee pour les boîtiers trop récents, les images paraissent par défaut un peu ternes.

Pour les images sous-exposées, il est facile de remonter une variation de 2 IL. À -3 IL, le bruit électronique est déjà bien visible et surtout assez coloré. C'est ici la limite du capteur.

Olympus Pen F test review latitude d'exposition

Du côté de la surexposition, RawTherapee opère un assez bon recouvrement d'information. Jusqu'à +1 IL aucun problème. Toutes les infos dans les hautes lumières sont là. On pourra pousser jusqu'à +1,7 IL, mais guère au-delà. Pour un capteur 4/3", c'est une performance plus qu'honorable.

Olympus Pen F test review surexposition

Au final, la latitude d'exposition s'étend de -3 à + 1 IL soit une plage de 5 IL, ce qui est très correct pour un capteur de cette dimension (4/3"). Une bonne surprise donc.

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Verdict

Olympus Pen F recommandé test review

Ces quelques jours passés avec le Pen-F d'Olympus furent un régal à plusieurs titres, parfois teintés de quelques regrets.

La prise en main est vraiment agréable. Le Pen-F se distingue par un look rétro réussi, mais également des finitions de qualité. Sur le boîtier, aucune vis n'est visible ; le revêtement en simili-cuir est réussi et les designers d'Olympus ont eu la bonne idée de recouvrir le dos de l'écran arrière de la même matière. Une fois l'écran replié, l'appareil photo n'a plus les insignes habituellement visibles d'un modèle numérique. Et ça fonctionne : vous êtes fier de sortir avec votre Pen-F et de le montrer.

En revanche, l'absence de tropicalisation est difficile à comprendre sur un boîtier à 1 200 €, et c'est une vraie faute de goût de la part du constructeur japonais. L'optique livrée en kit — le séduisant 17 mm f/1,8 — ne dispose pas non plus d'une finition à l'épreuve des intempéries, or pour des sorties sereines par tous les temps, un duo optique/boîtier protégé est impératif.

La construction semble toutefois solide et les commandes sont vraiment agréables, mais les touches à l'arrière peuvent paraître "un chouia" trop petites et ne toujours pas rétroéclairées (Olympus fut pourtant le précurseur en la matière avec l'E-620).

L'ergonomie est dans l'ensemble satisfaisante, mais il reste des progrès à faire. Ainsi, Olympus propose — et c'est une première sur un numérique de la marque — un correcteur exposition. Voilà qui devrait séduire de nombreux photographes ! Le Pen-F dispose bien de deux molettes de réglage, comme tout appareil expert qui se respecte. Toutefois, si celle placée à l'avant est facile d'accès, la molette arrière m'a semblé trop petite. Le basculeur, qui permet d'accéder aux réglages des modes artistiques / créatifs, fonctionne à merveille. Par contre (et c'est peut-être plus subjectif), la commande de mise sous tension placée à gauche de l'appareil oblige à tenir l'appareil à deux mains : c'est à mon sens une erreur ; je continue à préférer un levier au niveau du déclencheur, le geste étant alors plus naturel et moins contraint.

Avec le petit 17 mm, la préhension est agréable, mais avec un objectif plus imposant comme le 12-40 mm f/2,8, il manque une accroche sur l'avant pour bien maintenir l'appareil. Une poignée additionnelle compatible avec le système de fixation Arca Swiss est disponible pour 149 € (!!). Notez que cette poignée limite l'accès à la batterie ainsi qu'à la carte mémoire.

L'écran tactile est convaincant, surtout qu'il peut être utilisé conjointement avec le viseur électronique afin de déplacer rapidement les collimateurs AF.

L'une des nouveautés réside dans la molette créative placée à l'avant du boîtier : elle donne accès aux filtres créatifs, au créateur de couleur, au créateur de profils colorimétrique et au mode monochrome. C'est une bonne idée, qui rend le Pen-F vraiment agréable et amusant à utiliser. Attention toutefois, tous ces modes ne fonctionnent que pour les JPEG. Ceux qui, comme moi, préfèrent passer un peu de temps sur leur logiciel de développement de fichiers RAW ne trouveront ici rien de bien intéressant. Toutefois, il faut bien noter que ce Pen-F est sans doute le boîtier qui offre le plus haut niveau de personnalisation du rendu des fichiers JPEG. En outre, il est équipé de modes sympathiques, comme le LiveBulb, le Focus Bracketing ou le créateur d'album. On se demande d'ailleurs pourquoi Olympus fait l'impasse sur un mode panoramique par balayage.

Côté visée, enfin un viseur dans la série Pen ! Le signe distinctif des Pen face à la gamme OM-D vient donc de tomber. Le Pen-F dispose d'un viseur électronique placé sur la gauche de l'appareil, ce qui facilite l'accès aux commandes généralement situées à droite (on considère ici les viseurs de l’œil droit). Ce viseur est classique (2,4 Mpx) et assez performant, mais ce nouveau Pen-F méritait sans doute un peu mieux pour asseoir définitivement son positionnement haut de gamme. Une nouvelle génération de dalles est en train d'arriver (cf. le Leica Q) et il aurait été intéressant d'en faire profiter le Pen-F avec une meilleure définition et une dynamique plus importante.

Le Pen-F est un boîtier rapide et silencieux. Sur ce point, le nouveau venu hérite de tout le savoir-faire de la marque développé sur les différentes versions des Pen et des OM-D. L'autofocus est rapide même en basse lumière et le suivi de sujet, sans atteindre les performances d'un reflex professionnel, est assez efficace. Vous pouvez opter pour un obturateur mécanique jusqu'au 1/8 000 s ou un obturateur électronique jusqu'au 1/16 000 s qui est totalement silencieux : un vrai bonheur pour la photographie de spectacle. En outre, avec de telles vitesses, il sera possible d'exploiter au mieux les optiques lumineuses en pleine journée.

Le Pen-F est également le premier boîtier Olympus Micro 4/3 à dépasser la barre des 16 Mpx. Désormais à 20 Mpx, le capteur délivre une bonne qualité d'image avec une très bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 1 600 ISO et des images facilement exploitables jusqu'à 3 200 ISO. Pas d'amélioration donc, mais une qualité constante et une augmentation de la définition de 25 %. La dynamique du capteur est correcte et conforme à celle habituellement observée avec les capteurs 4/3".

Le boîtier dispose d'une stabilisation mécanique sur 5 axes efficace (gain d'environ 3 IL) qui fonctionne avec toutes les optiques en photo ainsi qu'en vidéo. Le mode très haute définition à 50 Mpx qui combine une série d'images fonctionne vraiment bien, mais se limitera à des sujets parfaitement immobiles avec utilisation d'un trépied.

Dans les points à améliorer, soulignons l'autonomie de la batterie, toujours aussi faible, et l'absence de flash intégré. Un flash, assez puissant et orientable, est toutefois livré en standard, mais comme trop souvent, il ne sera jamais présent quand vous en aurez besoin. Le mode vidéo n'est pas vraiment poussé par Olympus. Si le Pen-F filme en HDTV 1080 jusqu'à 60 ips, il fait l'impasse sur une prise micro et une sortie casque, deux outils indispensables pour une utilisation un peu poussée de la vidéo.

Au final et malgré un tarif à mon avis trop élevé, le Pen-F reçoit facilement un recommandé.

Face à la concurrence

Canon 70D

Priceminister 738,00 €
Digixo 898,99 € Voir l'offre
Rue du Commerce 929,99 € Voir l'offre
Fnac.com 940,49 € Voir l'offre
Miss Numérique 949,00 € Voir l'offre
Amazon 949,90 € Voir l'offre
Materiel.net 999,00 € Voir l'offre
Boulanger.com 1349,00 € Voir l'offre
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Panasonic GX8

Difficile de ne pas comparer le Pen-F au GX8 qui est le modèle haut de gamme chez Panasonic. Cette confrontation sera d'ailleurs prochainement l'objet d'un .

Côté design, et même si le GX8 joue la carte de la sobriété, il souffre la comparaison avec le Pen-F et son look rétro. Le GX8 est aussi plus volumineux et plus lourd, mais, contrairement à son concurrent, il est tropicalisé. Son viseur électronique est sensiblement plus large et s'oriente vers le haut. Les deux boîtiers disposent d'un écran LCD tactile et orientable (sur rotule). Toutefois, Panasonic sait mieux gérer cette fonctionnalité en autorisant la navigation dans les menus. Les deux boîtiers sont équipés d'un capteur 4/3" de 20 Mpx stabilisé et d'un obturateur électronique pour un déclenchement totalement silencieux. Côté vidéo, le Panasonic GX8 est bien plus efficace, sait gérer la vidéo 4K et dispose d'une entrée micro stéréo. En photo, le mode 4K permet une rafale à 30 ips en 8 Mpx. Aucun des deux appareils ne dispose pas de flash intégré.
Fujifilm X-E2S

Fujifilm X-E2S

Nous n'avons pas encore pu tester le Fujifilm X-E2S, mais ce boîtier hybride à capteur APS-C est une mise à jour du X-E2 testé. C'est donc un redoutable concurrent, positionné à 700 € et doté d'un excellent capteur APS-C de 16 Mpx. Sur ce point, le boîtier X-Trans devrait logiquement être plus performant que son rival Micro 4/3. Fujifilm annonce également avoir travaillé sur la célérité de l'autofocus qui, rappelons-le, fonctionne en détection de contraste et corrélation de phase. Les tests parleront, mais les différences au niveau de l'autofocus devraient s'atténuer.

Le X-E2S est certes plus volumineux et moins séduisant, mais il est doté d'un flash intégré. Le Pen-F a pour lui une stabilisation 5 axes par déplacement du capteur efficace, un écran LCD orientable et tactile ainsi qu'un viseur électronique au grossissement plus important (même définition de 2,4 millions de points).

Déplier
+
  • Excellent niveau de finition, prise en main agréable, look rétro réussi
  • Bonne gestion du bruit jusqu'à 3 200 ISO
  • Autofocus rapide dans la plupart des situations lumineuses
  • Stabilisation 5 axes efficace en photo et vidéo
  • Écran tactile, orientable (sur rotule) et recouvert de la même matière plastique qu'à l'avant
  • Viseur intégré plutôt agréable
  • Possibilité de sélectionner le point directement sur l'écran LCD
  • Déclenchement totalement silencieux en obturation électronique
  • Système antipoussière efficace
  • Niveau de personnalisation élevé
  • Mode 50 Mpx pour les packshots en JPEG et 80 Mpx en RAW
  • Nombreux filtres artistiques et créatifs (LiveBulb, Color Creator...)
  • Connexion Wi-Fi assez simple à mettre en œuvre
  • Parc optique intéressant et complet
  • Lissage un peu poussé des fichiers JPEG à partir de 3 200 ISO
  • Pas de flash intégré (mais livré en option)
  • Pas de finition à l'épreuve des intempéries
  • Autonomie de la batterie limitée à moins de 300 vues. Chargeur très lent.
  • Ouverture de l'écran LCD peu pratique
  • Menus non tactiles et globalement trop alambiqués malgré une aide contextuelle
  • Commandes non rétroéclairées
  • Pas d'enregistrement vidéo 4K
  • Pas d'entrée micro ni de sortie casque
  • Pas de mode panoramique par balayage
  • La stabilisation mécanique diffuse un souffle peu agréable
  • Format RAW propriétaire (.ORF)
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW.

Les prix
Olympus Pen F
Pen F
Priceminister 1020,00 €
Amazon 1052,66 € Voir l'offre
Fnac.com marketplace 1090,00 € Voir l'offre
Amazon 1092,49 € Voir l'offre
Fnac.com 1139,99 € Voir l'offre
Fnac.com 1139,99 € Voir l'offre
Materiel.net 1199,00 € Voir l'offre
Miss Numérique 1199,00 € Voir l'offre
Miss Numérique 1199,00 € Voir l'offre
Fnac.com marketplace 1199,99 € Voir l'offre
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