Prise en main du moyen format Fujifilm GFX. Les deux grands noms européens de la photographie s'orientent vers les hybrides. En octobre 2015, Leica dévoilait son premier appareil hybride 24x36 : le SL (Typ 601). Moins d'une année après, c'est au tour d'un ténor du segment moyen format, Hasselblad, de présenter le sien : le X1D.

CapteurCMOS 43,8 x 32,9 mm. 50 Mpx : 8 272 x 6 200 px
MontureXCD
Optique livrée/
Stabilisationnon
Antipoussière/
Viseurélectronique, 2,36 millions de points
Flashnon
Écran7,6 cm (3"), 920 000 points, tactile
Mise au pointmodule à détection de contraste
Modes autofocusAF-S et manuelle
Mesures d'expositionpondération centrale, spot
Modes d'exposition/
Vitesse d'obturation60 min à 1/2 000 s
Motorisationde 1,7 à 2,3 ips
Sensibilité ISO100-25 600 ISO
Mémoire2 emplacements SD
Format image photoJPEG / RAW (3FR)
Format image vidéoHDTV 1080 (H.264)
Alimentationbatterie Li-ion 7,2 V / 3 200 mAh
ConnexionUSB 3, Wi-Fi, mini HDMI, casque, micro
Dimensions150 x 98 x 71 mm
Poids725 g
LogicielsPhocus (Mac OS / Windows)
Dans la boîteNC

Caractéristiques
Un moyen format de poche

Test du Hasseblad X1D, boîtier hybride moyen format, vue de face

Les deux boîtiers ont d’ailleurs quelques traits communs, à savoir un corps pour le moins étroit pour un moyen format assorti d'une large poignée.

Le X1D s'inspire d'un design scandinave sobre et épuré que certains trouveront réussi. Le châssis est en métal et le boîtier est traité pour résister aux intempéries. Malgré le métal, le X1D est plutôt léger : avec à peine 725 g sur la balance, il est presque deux fois moins lourd qu'un Pentax 645Z. Il est surtout compact, a fortiori pour un moyen format : 147 x 97 x 67 mm ; c'est plus petit qu'un Nikon D810 !

Test du Hasseblad X1D, boîtier hybride moyen format avec optique, vue de trois quarts dessus droite

À l'arrière, vous retrouverez un écran LCD tactile de 3" (7,6 cm de diagonale) affichant 920 000 points et une interface graphique très proche de ce propose déjà le H6D présenté il y a quelques mois. Ainsi, vous "piloterez" le moyen format à l'aide de larges icônes facilement identifiables.

Test du Hasseblad X1D, boîtier hybride moyen format, vue de dos, menus et écran

Les menus donnent un avant-goût de ce que nous pourrons retrouver sur le X1D, avec des fonctionnalités modernes comme l'intervallomètre, le timelapse, ainsi qu'un niveau électronique ou une puce Wi-Fi (802.11 a/b/g/n/ac) pour un pilotable à distance sans fil. Une puce GPS est également intégrée, mais ne sera pas exploitée au lancement de l'appareil ; une mise à jour du firmware (micrologiciel) viendra par la suite finaliser l'ensemble.

Une icône caméra indique qu'il sera possible de filmer avec le nouveau boîtier. Malheureusement, les formats RAW et UHD présents sur le H6D 100c ne sont pas reconduits. Il faudra donc se contenter d'un classique HDTV 1080 à 30/25p (H.264).

Test du Hasseblad X1D, boîtier hybride moyen format avec optique, vue de dessus

Au niveau de la connectique, Hasselblad sort le grand jeu avec une sortie USB 3, une prise mini-HDMI, une entrée audio et une sortie casque. Notez que le X1D dispose de deux emplacements SD pour le stockage des fichiers. La griffe porte-accessoire / flash est compatible Nikon.

La visée est confiée à un viseur électronique affichant 2,36 millions de points ; il est donc moins précis que le viseur du Leica SL, qui n'affiche pas moins de 4,4 millions de points (1 400 x 1 050 px). On reste dans du très classique : dommage.

Nouvelle monture et bague

Jusqu'à maintenant, les boîtiers Hasselblad fonctionnaient selon le principe d'une visée reflex à l'aide d'un miroir. Le X1D inaugure une nouvelle lignée d'appareils hybrides à visée électronique. Exit donc la cage reflex, ce qui permet de réduire considérablement l'encombrement du boîtier, mais implique de redéfinir une gamme d'optiques conçues pour un tirage optique beaucoup plus court.

Hasselblad introduit donc les optiques XCD. Au lancement du boîtier, deux optiques seront disponibles : les XCD 45 mm f/3,5 et XCD 90 mm f/4,5. Un troisième modèle, un 30 mm f/3,5, devrait suivre très rapidement.

Optiques XCD pour le Hasseblad X1D, boîtier hybride moyen format, XCD 45mm F3.5, XCD 90mm F4.5 et XCD 30mm F3.5

Une bague d'adaptation sera elle aussi très rapidement disponible (290 €) afin de pouvoir utiliser les optiques H, comme le superbe 120 mm f/4 Macro. En tout, 12 modèles seront directement utilisables avec la bague. Comme toutes les optiques Hasselblad HC/HCD, les nouveaux "cailloux" disposeront d'une obturation centrale permettant la synchronisation flash au 1/2 000 s.

Un capteur d'exception

Mais la pièce maîtresse du X1D est son capteur. Il s'agit d'un modèle CMOS à 50 Mpx (8 272 x 6 200 px) qui équipe déjà le H6D 50c. Il mesure 43,8 x 32,9 mm et propose des photodiodes de 5,3 µm. D'après les premiers visuels, la baïonnette semble parfaitement dimensionnée pour ce capteur qui vient en limite de la monture. Du coup, il semble difficile d'imaginer une version équipée du capteur 100 Mpx, largement plus grand.

Test du Hasseblad X1D, boîtier hybride moyen format, vue du capteur (sans optique), comparée à un Leica  SL

La plage de sensibilité s'étend de 10 à 25 600 ISO et le X1D propose un enregistrement RAW (propriétaire 3FR) sur 16 bits. En rafale, le boîtier serait capable de grimper à des cadences comprises entre 1,7 à 2,3 ips.

Test du Hasseblad X1D, boîtier hybride moyen format avec optique, vue de trois quarts dessus gauche

Prix et disponibilité

Le Hasselblad X1D a été lancé au mois de juillet 2016 à 7 900 € (HT) auxquels il faut ajouter 1 900 € (HT) pour le 45 mm et 2 300 € pour le 90 mm. Le boîtier est garanti 12 mois.

La distribution du Hasselblad X1D est confiée en France à un réseau spécialisé qui ne comprend actuellement que 7 boutiques :

– Elle et Lui Photographie (Paris) ;
– Le Moyen Format (Paris) ;
– Les Victor (Paris) ;
– Concept Store Percepied (Nantes) ;
– Carrecouleur (Lyon) ;
– Arta Photo (Nice) ;
– Images Photo (Montpellier).

Hasselblad X1D prise en main

Prise en main et ergonomie
Un singulier boîtier

Les premiers contacts avec le X1D sont révélateurs de la réussite esthétique du boîtier. Le sentiment est unanime, que les personnes interrogées travaillent déjà en moyen format ou non : le boîtier est superbe, la finition élégante et racée, et la prise en main agréable. Hasselblad a donc parfaitement réussi son pari de redessiner le moyen format dans un "gabarit" hybride, avec une sobriété toute scandinave et une réalisation luxueuse. Seules les optiques dénotent par une esthétique finalement trop simpliste.

Hasselblad X1D test review avec 45 mm f/3,5Élegant et sobre, le X1D d'Hasselblad est une vraie réussite esthétique et une belle prouesse technique.

Prise en main

Les matériaux utilisés sont somptueux ; le revêtement de la poignée est agréable et cette dernière est large et bien creusée pour une prise en main parfaitement équilibrée. Avec un châssis tout en métal, le X1D est forcément un peu lourd, mais moins, par exemple, que le dernier Leica M10 qui embarque un capteur 24x46. On est très loin des dimensions et du poids du Phase One 100MP qui accuse pratiquement 2 kg sur la balance.

Et c'est vraiment cette compacité qui impressionne et séduit. Avec le 45 mm, le boîtier ne pèse qu'un peu plus d'un kilo et tient parfaitement dans un petit sac. Impossible de deviner que cette petite besace contient un moyen format numérique !

Test du Hasseblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, compacité et volumeUn moyen format qui tient dans une petite sac ? Oui, le X1D d'Hasselblad.

L'interface est sobre. Sur le dessus du boîtier, vous trouverez une touche pour passer de la mise au point manuelle à automatique. Un appui prolongé affiche les différents collimateurs (35 points dans cette version du firmware) pour les sélectionner, au doigt directement sur l'écran ou à l'aide des molettes.

La seconde commande permet de "jouer" avec les ISO et la balance des blancs. Le barillet pour les choix du mode d'exposition présente la particularité de s'enfoncer ou de sortir sous la pression et de bloquer ainsi le mode sélectionné : astucieux et bien réalisé. En revanche, bien que les doubles commandes fassent gagner de l'espace, leur utilisation n'est finalement pas très pratique. En effet, il faut appuyer une seconde fois sur la touche pour accéder à la deuxième option. Une obligation qui finit par agacer.

Test du Hasseblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, vue de dessus avec optiqueSobre, épuré, le X1D est tout simplement beau.

À l'arrière, deux autres touches : la mémorisation de l'exposition et la mise au point. Dommage qu'il ne soit pas possible de les personnaliser.

L'écran est tactile, mais malheureusement ni orientable ni inclinable. Vous ne pourrez donc pas viser à hauteur de ceinture, un peu à l'ancienne. L'interface graphique, là encore sobre et élégante, ressemble à celle du H6D : d'imposantes icônes bien stylisées. C'est simple et fonctionnel, mais ça manque un peu de profondeur. Hasselblad ne s'encombre pas d'options trop nombreuses et s'en tient à l'essentiel ; c'est plus efficace, certes, mais un peu frustrant. Impossible par exemple de choisir la taille des JPEG ; vous devrez vous contenter des 12 Mpx imposés par la marque.

Le viseur électronique est un modèle haut de gamme, mais désormais classique. Il affiche 2,36 millions de points. Ce n'est donc pas le fleuron technologique que nous aurions pu attendre, contrairement à celui du Leica SL et ses 4,41 millions de points. La précision est honnête, mais le grossissement est important et les pixels, parfois visibles. Pour comparaison, le viseur du Fujifilm GFX affiche 1 million de points supplémentaires. Mais c'est surtout la rémanence qui est problématique. Dès que la lumière vient à baisser, l'affichage manque clairement de fluidité.

Test du Hasseblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, vue de dos et viseur écran éteintModèle hybride oblige, le X1D embarque un viseur électronique. Un modèle classique à 2,36 millions de points.

Si, sur le Sigma sd Quattro H, nous avons apprécié la présence d'un filtre de protection qui empêche les poussières d'atteindre le capteur, nous ne pouvons pas en dire autant pour le X1D. En effet, l'imposant capteur est à nu dès que l'on enlève l'optique et se révèle être un bon aspirateur à poussière. Même en prenant quelques précautions, des poussières sont rapidement apparues sur les images après quelques changements d'optiques. Il faudra donc penser à investir rapidement dans un kit de nettoyage.

Test du Hasseblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, vue de trois quarts sans optique et aperçu du capteurUn impressionnant capteur tout juste derrière l'optique.

Dernière les trappes se cache une connectique assez complète, offrant deux emplacements pour les cartes mémoire, une sortie HDMI, une prise USB Type-C, une entrée micro stéréo et une sortie casque pour la captation vidéo.

Test du Hasseblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, vue de trois quarts gauche et détail des connexions

L'autonomie du X1D s'est révélée assez... limitée. Lors de nos tests en extérieur — par des températures assez basses toutefois, entre 0 et 10 °C, ce qui a une incidence sur l'autonomie —, nous avons difficilement dépassé 150 déclenchements avec une batterie. Il est également dommage que la prise USB-C ne permette pas de recharger l'appareil : il aurait été très pratique de pouvoir recharger le boîtier avec une batterie nomade, par exemple. Au final, une seconde batterie sera la bienvenue, car même en mode veille (pression rapide sur le bouton de mise sous tension), le boîtier a tendance à se décharger trop rapidement.

Le X1D est dépourvu d'obturateur plan focal et les optiques XC disposent d'un obturateur central. Bon point, il sera possible de travailler en mode synchro flash jusqu'au 1/2 000 s. Mauvais point, il faudra impérativement utiliser des optiques à obturateur central ce qui limite l'utilisation d'objectifs tiers.

Hasselblad X1D test review

Réactivité et autofocus

La mise sous tension surprend... par sa lenteur. À l'heure de ce test, il faut compter jusqu'à 7 secondes avant de pouvoir déclencher. Un délai beaucoup trop long pour la photo sur le vif. On prendra donc le soin de passer basculer l'appareil en mode veille, en lieu et place d'une extinction totale, au détriment de l'autonomie.

La mise au point automatique n'a jamais été le point fort des boîtiers moyen format. Le X1D se place dans la moyenne : on relève une mise au point en un peu moins d'une seconde avec une bonne lumière. Dans la pénombre, le X1D se montre beaucoup plus hésitant.

Sur le terrain
Deux photographes, deux expériences

Pour compléter notre expérience photographique avec le X1D, nous avons demandé à deux photographes professionnels évoluant dans deux univers différents de prendre en main le moyen format hybride d'Hasselblad. Pour la partie studio, c'est Maxime Stange qui a réalisé quelques clichés, et pour la photo de rue, nous avons demandé à Jean-Baptiste Pellerin d'arpenter les rues parisiennes.

Photo de mode avec Maxime Stange

Si Maxime Stange utilise actuellement un Sony A7R II, il a déjà travaillé au moyen format, notamment avec un Hasselblad. Notre photographe de mode évolue donc en terrain connu, mais reste très surpris par le gabarit très compact du boîtier. Cette séance photo permettra de comparer, rapidement, le rendu des fichiers entre l'hybride 24x36 de Sony et le moyen format du fabricant suédois.

En studio, il est possible de travailler en mode connecté via la sortie USB-C du Blad. Phocus, le logiciel de pilotage et développement, reconnaît immédiatement le boîtier. Les fichiers apparaissent très vite sur l'ordinateur, les transferts sont rapides et le boîtier est très agréable à utiliser en mode connecté. Un regret toutefois, la connexion USB-C ne permet pas d'alimenter le boîtier pendant la séance et la batterie fond comme neige au soleil. C'est d'autant plus regrettable que Hasselblad livre un chargeur qui ne prend en compte qu'une batterie à la fois.

Le viseur n'est pas aussi confortable que celui de l'A7R II et présente, comparativement, un manque de fluidité. En studio, avec uniquement les lampes pilotes, le viseur n'est clairement pas à son aise. Tout comme l'autofocus, il est plus hésitant et manque surtout de précision. Les collimateurs sont trop larges. Impossible pour Maxime de faire le point sur un œil ou une partie très précise du visage.

Les premières images arrivent l'ordinateur et Maxime est séduit. Il retrouve — enfin — la douceur de rendu des images d'un moyen format. Le velouté est là, les transitions entre la netteté et le flou arrière sont très progressives, moins tranchantes qu'avec un 24x36.

Toutefois, la comparaison avec les images de l'A7R II reste complexe. Les boîtiers sont différents, les traitements et les optiques également. Bref, bien que ce soit intéressant, il faut prendre des pincettes.

Sony Alpha 7R II (2), exemple de photo de mode en studio par Maxime StangeVictoria photographiée avec l'A7R II.
Test du Hasselblad X1D, boîtier hybride moyen format, exemple de photo de mode en studio par Maxime StangeVictoria photographiée avec le Hasselblad X1D.
Crédit photo – Photo : Maxime Stange / Modèle : Victoria @ :Premium Models Paris / Maquillage : Fanny Maurer / Stylisme : Gwendoline Franco / Coiffure : Paul Duchemin

L'image produite par l'A7R II semble bien plus piquée. Contrairement à Hasselblad qui délivre des fichiers très neutres, Sony pousse un peu l'accentuation pour des JPEG prêts à l'emploi. Et c'est plutôt réussi : l'image est très plaisante, elle "claque" comme on dit.

Sony Alpha 7R II (2), exemple de photo de mode en studio par Maxime StangeVictoria photographiée avec le Sony A7R II.

Test terrain du Hasselblad X1D, boîtier hybride moyen format, exemple de photo de mode en studio par Maxime StangeVictoria photographiée avec le Hasselblad X1D.

Le X1D délivre des images un peu plus naturelles, alors que celles du Sony sont un peu trop "traitées". Un passage par Phocus et quelques réglages, et les photos du X1D retrouvent du tonus ! C'est l'avantage d'un fichier neutre : il est possible de retravailler plus précisément les détails.

Hasselblad X1DFichier brut du X1D ouvert avec Phocus et légèrement accentué.

Au final, Maxime est plutôt séduit par le rendu du X1D : une belle matière et une belle douceur, qui permettent de retravailler plus facilement les images. Toutefois, le manque de précision de l'autofocus et le viseur peu agréable sont pour l'instant de vrais freins.

Photo de rue avec Jean-Baptiste Pellerin

Le X1D séduit ici aussi par sa compacité. Un moyen format qui tient dans un bon petit sac photo, à peine plus imposant qu'un reflex de milieu de gamme, ce n'est plus un rêve, mais une réalité. Le X1D a-t-il alors des chances de devenir le compagnon de sortie d'un photographe de rue ? C'est la question que nous avons posée à Jean-Baptiste Pellerin, qui a pour habitude de sortir avec son Nikon D5 en main pour arpenter les rues parisiennes (et les autres). C'est lui qui avait testé le Nikon Df à New York.

Test terrain du Hasselblad X1D, boîtier hybride moyen format, exemple de photo de rue par Jean-Baptiste PellerinSortie nocturne avec le X1D de Hasselblad.

Pour photographier "léger", Jean-Baptiste a choisi de partir uniquement avec le 90 mm f/3,5 parcourir les rues de l'est parisien. Les premiers déclenchements sont peu convaincants, car l'appareil est trop lent. La mise au point autofocus est trop hésitante et, surtout, l'affichage des images prend trop de temps. Jean-Baptiste travaille comme ça : quelques clichés en mode manuel pour évaluer si la scène vaut le coup d'être travaillée, si le sujet a un réel potentiel. Avec son Nikon D5, l'image apparaît immédiatement ; il peut juger des photos instantanément et ajuster l'exposition. Avec le Hasselblad X1D, tout est plus pesant et ses prises de vue manquent de spontanéité.

Le X1D est étonnamment compact, il est également bien plus léger que mon D5, mais il manque cruellement de rapidité pour la photo de rue.

Jean-Baptiste Pellerin, photographe.

Après quelques clichés, Jean-Baptiste décide de passer en mise au point manuelle. Les collimateurs sont trop larges et la zone de mise au point manque de précision, en plus d'être trop lente. Le fort grossissement de la loupe permet de régler assez rapidement la mise au point. Il enchaîne quelques portraits dans les boutiques. En intérieur, le X1D grimpe rapidement dans les tours, les optiques n'étant pas très lumineuses. Le grain est bien présent, mais il est très fin et donne une belle matière aux images. Les détails sont encore là et le grand capteur permet de jouer très facilement avec le flou.

Hasselblad X1D. Portrait d'un coiffeur en intérieur. 1600 ISO.

Habitué à son viseur optique de premier choix, Jean-Baptiste est un peu dérouté par le viseur électronique du X1D. Dès que la lumière vient à manquer, l'affichage a du mal à suivre. Mais l'appareil est agréable à utiliser. La poignée tient bien en main, le bruit du déclenchement est agréable et finalement assez discret. La qualité des images est au rendez-vous. Le flou arrière est bien présent, les images très détaillées, et le bruit électronique discret et agréable à l'œil.

Hasselblad X1D. Fin de journée sur le pont métallique de la rue de l'Aqueduc.
Hasselblad X1D. Portrait en intérieur à 3200 ISO.

Pour la suite de sa prise en main, Jean-Baptiste a également réalisé quelques clichés sur pied : des paysages urbains. Le X1D est nettement plus à l'aise dans cet exercice plus posé. Jean-Baptiste retrouve un peu des sensations de prise de vue à la chambre. En fermant le diaphragme de quelques crans, les lumières des lampadaires prennent des formes étoilées très marquées. Autre point : l'autonomie. Il faisait froid (moins de 0 °C) et la batterie du X1D a permis de capturer à peine 120 clichés.

Hasselblad X1D. Des parkings du 19e arrondissement de nuit.
Hasselblad X1D. La petite cabane rouge sous le périphérique.

Au final, Jean-Baptiste ne troquera pas tout de suite son D5 contre un X1D. Mais comme il le précise lui-même, il travaille avec l'un des boîtiers les plus performants du moment : le challenge pour le moyen format est ici sans doute trop important.

Qualité des images
Photo et vidéo

Outre sa compacité, l'intérêt du X1D réside dans son capteur de 43,8 × 32,9 mm / 50 Mpx. Il s'agit d'un CMOS que l'on retrouve déjà dans la plupart des moyen format du marché, comme le Pentax 645Z ou le Phase One IQ3 50MP.

Si le Hasselblad X1D délivre bien des fichiers bruts en 8 272 × 6 200 px, les images JPEG, elles, ne font que 4 128 x 3 096 px, soit un peu moins de 13 Mpx. Impossible d'avoir mieux. Un choix technique pour assurer sans doute la création rapide d'un JPEG d'aperçu. Il est toutefois dommage qu'il ne soit pas possible de choisir d'obtenir une image JPEG en pleine définition. Pour apprécier le rendu du X1D, il faudra donc développer les fichiers avec un logiciel d'édition. Hasselblad propose d'ailleurs le logiciel Phocus en version 3 pour traiter les fichiers, mais Adobe Lightroom s'accommode déjà très bien des images brutes .3FR. Pour faciliter nos comparaisons d'images en matière de bruit électronique, nous utiliserons d'ailleurs le logiciel d'Adobe.

RAW

Par défaut, les images délivrées par le X1D sont très douces. LIghtroom applique une petite accentuation à l'ouverture des fichiers, mais Phocus laisse l'opérateur régler tous les paramètres de l'image. Il est intéressant de comparer le rendu du logiciel maison et celui de Lightroom. Dans un premier temps, vous pouvez comparer une image exportée par Phocus avec les réglages par défaut et une image "améliorée" avec une petite accentuation.

hasselblad-x1d-brut-phocus-comparaisonhasselblad-x1d-brut-nettete-comparaison

Vous pouvez également comparer le rendu de Lightroom par défaut avec celui de Phocus. L'accentuation du logiciel d'Adobe est immédiatement perceptible.

hasselblad-x1d-brut-phocus-comparaisonhasselblad-x1d-100iso-nrstan-LR-defaut

Pour tirer la quintessence des fichiers bruts du X1D, il est toutefois recommandé d'utiliser le logiciel maison qui semble plus fiable et plus précis dans le rendu des fins détails.

Optique

Nous le disions, la sortie du X1D s'accompagne donc de deux optiques : un 45 mm f/3,5 et un 90 mm f/3,2. Un adaptateur pour monter les optiques Hasselblad H est naturellement au catalogue, mais pour l'instant, il faut se contenter de ces deux optiques au format "natif". Ces deux focales fixes sont "relativement" compactes et légères. Au-delà des performances optiques, nous regrettons que le fabricant suédois n'ait pas proposé un design plus séduisant.

45 mm f/3,5

La première optique est un équivalent 35 mm en 24x36. Sur notre scène test, l'optique montre une petite "molette" à pleine ouverture. Rien de dramatique, il faudra pousser un peu plus l'accentuation. Fermer à f/4 ne change finalement pas grand-chose ; il faut aller à f/5,6 pour obtenir plus de "croustillant". Le piqué est très bon jusqu'à f/11. Des signes de diffraction sont visibles à f/16 et les détails s'émoussent "tranquillement" à f/22 et f/32.

Test du Hasselblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, qualité des images et gestion du bruit électronique avec l'optique 45mm F3.5Hasselblad X1D / 45 mm f/3,5. Évolution du piqué en fonction de l'ouverture au centre de l'image.

Même constat en bordure, avec une image bien précise à partir de f/5,6 jusqu'à f/11. On note un bon vignetage à la pleine ouverture et à f/4.

Test du Hasselblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, qualité des images et gestion du bruit électronique avec l'optique 45mm F3.5Hasselblad X1D / 45 mm f/3,5. Évolution du piqué en fonction de l'ouverture au centre de l'image.

90 mm f/3,2

La seconde focale fixe est un équivalent 70 mm en 24x36. Une optique plus destinée au portrait. Celle-ci est excellente dès la pleine ouverture f/3,2 et finalement fermer de quelques diaphragmes n'apporte pas de gain. Tout comme le 45 mm, la diffraction est contenue jusqu'à f/11 et bien visible aux ouvertures plus petites.

Test du Hasselblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, qualité des images et gestion du bruit électronique avec l'optique 90mm F3.2Hasselblad X1D / 90 mm f/3,2. Évolution du piqué en fonction de l'ouverture au centre de l'image.

Le 90 mm est également bien homogène et la périphérie de l'image est très précise. Vous noterez un léger assombrissement des coins, mais rien de dramatique.

Test du Hasselblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, qualité des images et gestion du bruit électronique avec l'optique 90mm F3.2Hasselblad X1D / 90 mm f/3,2. Évolution du piqué en fonction de l'ouverture en bordure de l'image.

Les optiques disponibles pour le X1D sont donc d'un bon niveau, surtout le 90 mm qui est une vraie réussite. Il reste maintenant à Hasselblad à étoffer sa gamme. Une optique grand-angle devrait logiquement arriver (un 30 mm équivalent à 24 m en 24x36) en cours d'année.

Bruit électronique

Avec 50 millions de pixels sur une surface de 43,8 x 32,9 mm, les photodiodes font environ 5,3 µm de côté. Des photosites assez larges, donc, qui permettent une collecte de la lumière. À titre de comparaison, les photosites du Nikon D810 font 4,9 µm, et ceux du Canon 5DS R, 4,1 µm.

Nous ne pouvons pas travailler sur les JPEG issus directement du boîtier, qui ne font que 12 Mpx, et nous avons mouliné les différentes sensibilités ISO avec Lightroom, notre logiciel de référence.

Le X1D délivre de très beaux clichés à 100, 200 et 400 ISO, avec une très fine granulation peu colorée. À 800 ISO, le grain se fait plus présent, notamment sur les aplats colorés ou les zones un peu denses, bien qu'il reste très discret. Logiquement, la granulation s'amplifie avec la montée en sensibilité. Encore assez douce à 1 600 ISO, elle se fait plus marquée à 3 200 ISO ; elle reste toutefois peu colorée et cela apporte un peu de matière aux images. Selon la destination des images, ce grain sera acceptable ou non. Reste que photographier à 3 200 ISO avec un moyen format est une belle performance, que seuls les boîtiers équipés du capteur CMOS de Sony atteignent. Les valeurs au-delà sont bien sûr plus problématiques, mais les 50 millions de pixels permettent de ne pas trop "tirer" sur les images pour des impressions en grande taille.

Lightroom procède à un traitement du bruit électronique assez doux qui tend à préserver les détails. Nous avons également comparé les images développées par Phocus (avec un peu de netteté) et Lightroom pour évaluer la différence de rendu au niveau du traitement du bruit électronique. Les choix — et donc les résultats — sont assez divergents. Le traitement du bruit électronique par Phocus semble beaucoup plus efficace.

hasselblad-x1d-3200iso-lr-detailhasselblad-x1d-3200iso-phocus-detail

Dans la vraie vie

Le traitement du bruit électronique est finalement assez bien géré jusqu'à 3 200, voire 6 400 ISO, ce qui laisse une assez belle marge de manœuvre. Au-delà, le bruit coloré se fait plus présent et même avec Phocus, il est plus délicat à gérer.

Vous trouverez ci-dessous 3 exemples de photos à différentes sensibilités ISO. Il est préférable de télécharger les fichiers bruts pour apprécier le rendu après développement.

Hasselblad X1D / 6400 ISO. JPEG (12 Mpx) issu du boîtier.
Hasselblad X1D / 1600 ISO. JPEG (12 Mpx) issu du boîtier.
Hasselblad X1D / 12800 ISO. JPEG (12 Mpx) issu du boîtier.

Latitude de travail

Pour vérifier la latitude d'exposition d'un point de vue artistique, nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts 3FR avec Adobe Lightroom afin d'obtenir une exposition similaire. Lors de notre test, nous avons omis la mesure à +1 IL (voilà pourquoi la correction débute à +2 IL). Un petit tour avec RAWdigger confirme que les fichiers contiennent bien des données sur 16 bits par canal (216 = 65 536).

RawDigger et fichier raw X1D HasselbladFichier RAW ouvert par RawDigger.

Le grand capteur de 50 Mpx est particulièrement à l'aise pour la récupération des données dans les basses et hautes lumières. Sur notre scène test avec une exposition juste de notre gris moyen, il est possible de récupérer des détails dans les hautes lumières jusqu'à +3 IL, voire +3,3 IL. Une belle performance.

Dans les zones sombres, le X1D est également assez performant et il est sera possible de remonter les niveaux jusqu'à +4 IL sans faire monter trop de bruit. Le dernier cran est un peu plus délicat. Au final, la plage de travail est assez large, de -4 à 3,3 IL, soit plus de 8 diaphragmes. La présence d'un capteur moyen format se justifie donc !

Test du Hasselblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, latitude d'expositionIl est possible de recouvrir des détails jusqu'à +3 IL de surexposition.
Test du Hasselblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, latitude d'expositionJusqu'à -4 IL, le bruit électronique reste assez discret.

Dans la vraie vie

Dans la vraie vie, la latitude de travail semble un peu moins importante tout en restant très confortable. Ainsi, sur ce contre-jour assez violent, il est possible de récupérer de la manière dans les reflets sur la glace ou dans la verrière.

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Vidéo

Contrairement au H6D-100c, le X1D n'est pas capable de filmer en UHD. Il faudra donc se contenter d'une captation vidéo en HDTV 1080. Peut-on parler de caméra avec le X1D ? Probablement. Bien que le boîtier ne propose pas beaucoup d'options de réglage en interne (HDTV 1080 en 25p uniquement), le moyen format dispose d'une entrée micro stéréo et d'une sortie casque pour assurer une bonne captation sonore. Le hic ? L'absence d'autofocus et d'assistant pour la mise au point comme un focus peaking. La loupe, présente en photo, n'est pas disponible pendant l'enregistrement. On se contentera donc de plans fixes avec une mise au point avant l'enregistrement, ce qui est au final assez contraignant. Dommage, car le velouté d'un moyen format en vidéo est toujours appréciable. En outre, toute la largeur du capteur est utilisée et vous conservez une focale assez proche de celles des optiques.

Côté codec, le X1D propose des fichiers en H.264 sans CABAC avec une seule image de référence (4:2:0) et un débit d'environ 30 Mbps. C'est assez classique, donc. Mais l'examen attentif des images montre un aliasing très présent et peu esthétique.

Test du Hasselblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, mode vidéoLe crénelage est trop visible sur les vidéos 1080 tournées avec le X1D d'Hasselblad. Il faudra également penser à bien nettoyer le capteur avant de tourner !

Test du Hasselblad X1D, boîtier hybride moyen format, review, mode vidéo

Nos conclusions
Un manque de maturité

Comment conclure sur le Hasselblad X1D après ces quelques jours passés en sa compagnie ? Vous l’aurez sans doute compris en lisant le test, j’ai un vrai coup de cœur pour ce boîtier singulier et superbement réalisé. Le coup de crayon est audacieux et le pari d’un moyen format hybride plus léger et plus compact est parfaitement gagné, ne serait-ce que dans la forme, ainsi que dans l'interface graphique qui, à défaut d'être exhaustive, est sobre et efficace.

Mais à la vue de longue liste de doléances présentée ci-dessous, vous comprendrez aisément que le pari n'est pas encore totalement transformé. La qualité d’image est bien là et le grand capteur de 50 Mpx délivre des images au velouté très agréable, à la très bonne gestion du bruit électronique et à la dynamique très intéressante. Non, ce n’est pas tant le capteur qui pose problème, mais bien la jeunesse du système.

En effet, et malgré les récentes mises à jour, le X1D requiert un peu plus de 7 secondes pour démarrer ; quant à l’autofocus , s'il tient la route avec une bonne lumière, il manque de précision (les collimateurs sont trop larges) et une meilleure détection en basse lumière serait appréciable. Le viseur, fixe, est également un peu décevant : la définition est un peu juste pour le grossissement et la rémanence, assez marquée en basse lumière. Le boîtier est également trop lent dans le traitement des images et l'autonomie, vraiment trop faible.

La bonne nouvelle est que la plupart de ces points peuvent sans doute être améliorés, voire corrigés, par des mises à jour du firmware (micrologiciel). D’autres, comme l’écran définitivement fixe ou le viseur électronique manquant de précision, ne pourront évoluer et seront à prendre en compte au moment de faire un choix.

Quoi qu'il en soit, Hasselblad propose ici l'un des plus beaux et des plus intéressants boîtiers très haut de gamme, mais il reste en dessous de ses prétentions. Présenté de manière un peu précipitée à l'été 2016 pour être le "premier" à disposer d'un moyen format hybride — et devancer Fujifilm ! —, le X1D est encore un peu jeune et un gros travail sur le firmware reste à faire. On attend donc impatiemment les prochaines mises à jour.

Face à la concurrence

Premier moyen format hybride, le X1D a déjà un véritable concurrent avec le GFX de Fujifilm. Les autres modèles comme le Pentax 645Z ou le système Phase One IQ3 50 Mpx sont beaucoup plus volumineux.

Fujifilm GFX 50S

Présenté en grande pompe à la photokina 2016, le Fujifilm GFX est le concurrent direct du X1D avec cette même volonté de réduire l'encombrement et le poids du moyen format. Il est présenté avec 3 optiques et tout le savoir-faire de la marque, à la fois dans le domaine des hybrides (X-Pro2, X-T2...) et des moyen format. Équipé d'un capteur équivalent de 50 Mpx, le GFX se veut plus rassurant avec une esthétique plus proche des reflex actuels et une ergonomie plus conventionnelle. Présentant de plus un viseur électronique amovible plus défini, un autofocus plus complet (AF-C) et un écran tactile et orientable, le moyen format de Fujifilm semble, sur le papier, mieux taillé pour répondre à un usage plus polyvalent. Les tests, à venir, nous le confirmeront.

GFX 50S
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+
  • Boîtier superbe, compact, à la finition exemplaire
  • Excellente prise en main
  • Interface graphique élégante, facile à appréhender
  • Rendu très neutre des images par défaut
  • Très belle gestion du flou d'arrière-plan, typique du moyen format
  • Bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 3200 ISO
  • Synchro flash au 1/2000 s
  • Fabrication à l'épreuve des intempéries
  • Compatible avec le système flash Nikon
  • Temps de mise sous tension vraiment trop long : 7 secondes
  • Pas d'autofocus en vidéo
  • Pas d'autofocus continu (mode S uniquement)
  • Autofocus assez lent et peu sensible en basse lumière
  • Collimateurs AF trop larges : manque de précision pour la mise au point
  • Pas de focus peaking, ni en photo ni en vidéo
  • Temps de visualisation des images trop lent
  • Autonomie limitée, pas de recharge par USB
  • Viseur électronique peu agréable en basse lumière
  • Pas de mode ISO auto en mode M
  • Pas de JPEG en pleine définition (12 Mpx seulement)
  • Véritable nid à poussière (pas de système de nettoyage intégré)
  • Nécessite des optiques à obturateur central
  • Pas de déclenchement totalement silencieux
  • Et la stabilisation optique ?
En résumé

Racé, séduisant, le Hasselblad X1D est un superbe objet photographique qui manque malheureusement de maturité. Nous attendons avec impatience les prochaines mises à jour qui rendront cet attachant moyen format hybride moins frustrant.

Hasselblad X1D
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

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