CapteurX-Trans II CMOS APS-C (23,6 x 15,6 mm). 24,3 millions de pixels effectifs
MontureFujifilm X
Optique livréeSelon kit. XF 18-55 mm f/2,8-4 R.
StabilisationSelon objectif.
Antipoussièrepar ondes supersoniques
ViseurOled 2 360 000 points. Couverture 100 %. Grossissement de 0,77x.
FlashPas de flash intégré. Flash amovible livré en standard. EX-F8, NG11 à 200 ISO en m.
ÉcranLCD de 7,6 cm de diagonale. Ratio 3:2. 1 040 000 points. Inclinable.
Mise au pointSystème autofocus hybride par corrélation de phase et détection de contraste. Lampe d'assistance.
Modes autofocusSimple, continu, manuel avec indication de distance.
Mesures d'expositionCellule sur 256 zones. Multizone, pondérée centrale, spot.
Modes d'expositionP, S, A et M. Correction d'exposition sur +/-3 IL.
Vitesse d'obturation30 s à 1/8000 s. Synchro flash au 1/250 s. Intervallomètre.
Motorisation8 ips sur 83 vues JPEG / 27 RAW non compressé 14 ips en obturation électronique sur 42 JPEG et 25 RAW 11 ips (avec VPB) sur 73 JPEG et 27 RAW
Sensibilité ISOAuto, 200-12 800 ISO extensible à 51 200 ISO
MémoireSD / SDHC Memory Card / SDXC (UHS-II)
AlimentationBatterie Li-ion NP-W126
ConnexionUSB 3, HDMI de type C, micro stéréo et télécommande
Dimensions133 × 92 × 49 mm
Poids507 g
LogicielsSuite logicielle Fujifilm
Dans la boîte/

Caractéristiques

Fujifilm X-T2 test revie

Après un très intéressant X-Pro2 en début d'année, Fujifilm met à jour son modèle hybride au look de reflex (visée électronique seulement) avec le X-T2. Au programme des nouveautés, un nouveau capteur de 24 Mpx, un module autofocus optimisé et la vidéo UHD ! Découverte.

Présentation

Boîtier : des évolutions par petites touches

Copie presque conforme du précédent modèle (X-T1), le X-T2 en reprend les grandes lignes tout en apportant quelques modifications. Ainsi, sur le dessus de l'appareil, la commande vidéo (rouge) disparaît : il faudra désormais chercher le mode vidéo au niveau de la couronne sous la molette ISO. Le correcteur d'exposition dispose maintenant d'un mode C qui permet d'atteindre des valeurs supérieures, jusqu'à +/- 5 IL.

Fujifilm X-T2 test review vue de dessusLe touche vidéo disparaît du capot du X-T2. Le système de verrouillage des molettes ISO et vitesse dispose désormais de deux positions.

Au dos de l'appareil, vous noterez l'arrivée d'un joystick pour faciliter le contrôle des collimateurs AF. Ce joystick est apparu sur le X-Pro2 et nos avons déjà pu en apprécier le fonctionnement. L’œilleton du viseur change également et s'il reste rond, le cadre en caoutchouc, plus présent, permet une meilleure isolation de la visée contre les rayons de lumière parasites.

Fujifilm X-T2 test review vue de dos avec poignée alimentaiton boosterNotez la présence d'un joystick sous le commande Q comme sur le X-Pro2.

Plus réactif

Le X-T2 est équipé d'un nouveau processeur de données qui apporterait une amélioration globale des performances. L'appareil serait plus rapide à mettre sous tension, la latence au déclenchement plus courte. Le boîtier dispose même d'un mode "booster" plus gourmand en énergie permettant d'accélérer l'autofocus, mais aussi la cadence de rafraîchissement de l'écran qui passe de 60 ips à 100 ips pour un affichage plus fluide.

Le viseur électronique reste (malheureusement) à 2,36 millions de points et on ne gagnera pas en précision avec le X-T2, mais la dalle est nouvelle avec une luminance qui passe de 200 à 500 cd/m². Le grossissement reste de 0,77x, ce qui en fait l'un des viseurs électroniques les plus spacieux du moment. Les ingénieurs ont toutefois travaillé sur le confort de visée en réduisant le temps "aveugle" correspondant au temps de lecture des données du capteur, pendant lequel l'affichage de la visée est impossible. Ce temps était de 200 millisecondes sur le X-T1, et serait réduit à 130 ms. Un gain important qui permet au X-T2 de grimper à une cadence de 5 ips en mode rafale avec la visée directe, contre 3 ips avec le X-T1. Dernier point intéressant, il sera possible d'afficher un cadre lumineux orange autour de la visée électronique afin de pouvoir cadrer dans une quasi-obscurité : ingénieux. Dans le même esprit, nous aurions aimé des commandes rétroéclairées, mais il n'en est rien — dommage.

Le X-T2 fonctionne au choix avec un obturateur mécanique de 30 secondes au 1/8 000 s et jusqu'au 1/32 000 s avec un obturateur électronique (donc silencieux). La synchro flash s'effectue au 1/250 s. Ce même obturateur électronique autorise une cadence rafale à 14 ips (sans suivi AF) alors qu'il est limité à 8 ips en obturation mécanique.

Encore plus réactif avec la poignée pour "booster"

Le X-T2 est accompagné de la poignée d'alimentation VPB-XT2 qui non seulement augmente de manière significative l'autonomie du boîtier, mais aussi le "booste" pour certaines opérations. Pour l'alimentation, la poignée embarque 2 batteries supplémentaires portant l'autonomie à un peu moins de 1 000 déclenchements (en tout, le X-T2 dispose de 3 batteries). La poignée sert également de chargeur de batteries (deux en même temps) grâce à une entrée pour une alimentation secteur. Le X-T2 utilise la même batterie Li-Ion que les précédents modèles : NP-W126S.

Fujifilm X-T2 test review poignée booster VPB-XT2

La poignée permet également de "booster" le boîtier sur différentes fonctionnalités. Ainsi, la cadence rafale passe de 8 à 11 ips avec l'obturateur mécanique et le suivi autofocus. Fujifilm promet aussi des temps de latence plus courts : la latence au déclenchement passerait de 50 à 45 ms, le temps entre deux déclenchements, de 190 à 170 ms et le temps "aveugle" en mode rafale, de 130 à 114 ms.

Enfin, la poignée apporte une sortie casque (malheureusement absente du boîtier) pour contrôler la prise sonore en vidéo.

Fujifilm X-T2 test review vue de côté avec et sans poignée alimentation

Le X-T2 dispose toujours de deux emplacements pour cartes mémoire compatibles UHS-I/II. Le boîtier intègre également une connexion USB 3.

Wi-Fi et écran

Le boîtier dispose d'une puce Wi-Fi pour le pilotage à distance sans fil depuis un smartphone ou une tablette. Un plug-in pour Adobe Lightroom sera également bientôt disponible afin de pouvoir utiliser le X-T2 en mode connecté depuis un ordinateur. Le Wi-Fi permet également de partager rapidement des clichés vers des appareils ou sur Internet.

L'écran LCD évolue en termes de définition (7,5 cm pour 1 620 000 points) et peut désormais s'orienter sur différents axes. En mode paysage, il peut s'incliner vers le haut ou le bas selon une double charnière horizontale. En mode portrait, il peut être relevé pour faciliter la visée et le cadrage. Néanmoins, une fois de plus, nous préférons largement les écrans montés sur une véritable rotule qui offre une orientation plus libre.

Fujifilm X-T2 test review écran LCD

Capteur du X-Pro2, mais autofocus de pointe

Pas de surprise du côté de l'imageur : Fujifilm reconduit le modèle APS-C de 24 Mpx déjà présent dans le X-Pro2. La qualité d'image devrait donc être peu ou prou identique, à savoir très bonne avec une excellente gestion du bruit électronique jusqu'à 6 400 ISO, comme vous pouvez le constater sur la planche contact ci-dessous.

C'est au niveau du module autofocus hybride (corrélation de phase et détection de contraste) que les progrès semblent les plus sensibles. La zone AF par corrélation de phase représente désormais 40 % de la surface du capteur, et le nombre de collimateurs AF par corrélation de phase passe de 49 à 91 (il est possible de travailler avec des groupes de 3x3, 5x5 ou 7x7) sur un total de 325 points. Les ingénieurs de la marque assurent avoir amélioré les algorithmes pour une meilleure détection sur des textures fines. La sensibilité de détection est donnée pour -3 IL.

Les menus de paramétrages du module AF ont également été revus, notamment pour le mode AF-C ; il est désormais possible de personnaliser finement le comportement du module. Ainsi, on pourra jouer sur 3 paramètres :

  • sensibilité du suivi : combien de temps le module reste sur un sujet avant de changer (quand il y a des éléments perturbants, par exemple) ;
  • vitesse de suivi : pour suivre des sujets avec des vitesses de mouvements aléatoires (ex. joueur de foot) ou réguliers (ex. train en déplacement) ;
  • zone autofocus : comportement du module AF en fonction d'une zone (centre, auto et devant). Il s'agit de choisir si la zone centrale est priorité pour la mise au point, si l'autofocus conserve le sujet sélectionné au début (mode auto) ou s'il change de sujet si un élément se place devant.

Fujifilm X-T2 test review réglages fin de l'autofocus continu

Le X-Pro2 devrait très prochainement bénéficier d'une mise à jour de son firmware (micrologiciel) pour disposer du même raffinement au niveau des réglages de l'autofocus continu.

Cette version 2.0 sera disponible en octobre 2016. Cette mise à jour contient les nouveautés suivantes :

  1. algorithme AF annoncé avec le X-T2 pour une mise à jour plus rapide et précise (sauf les réglages personnalisables du mode AF-C)
  2. compatibilité avec le nouveau flash EF-X500
  3. choix du délai d’extinction pour le mode AUTO POWER OFF (15 sec, 30 sec et 1 min)
  4. correction de la parallaxe pour la visée optique.

Malheureusement, la possibilité de filmer en UHD n'est pas au programme. Un problème de refroidissement ? Sans doute.

Vidéo : le format UHD et les vidéastes en ligne de mire

Les hybrides Fujifilm n'ont jamais brillé par leur mode vidéo. Alors que nous pensions voir la vidéo très haute définition (UHD) arriver sur le X-Pro2, il a donc fallu attendre le X-T2 pour profiter de ce format (aucune annonce pour la mise à jour firmware du X-Pro2 sur ce point...). Le format cinéma 4K (4 096 x 2 160 px) n'est pas au programme, mais le format UHD (3 840 x 2 160 px) répond à la norme broadcast (télévision).

Dans ce mode et en HDTV 1080, les débits sont de 100 Mbps. Le X-T2 enregistre en .MOV en utilisant le codec H.264. Impossible de juger de la qualité d'image avant d'avoir essayé le boîtier, mais elle devrait être au rendez-vous. En effet, si le X-T2 ne capture la vidéo sur l'ensemble du capteur (il y a un recadrage avec un coefficient de 1,17x), il enregistre plus de pixels que nécessaire (5 120 x 2 880 px) pour en rééchantillonnage en 3 840 x 2 160.

Sans poignée d'alimentation, le X-T2 peut enregistrer jusqu'à 10 minutes de vidéo UHD (15 min en HDTV 1080). Avec la poignée, la durée passe à 30 min. La poignée s'avère d'autant plus indispensable qu'elle permet de relier un casque pour vérifier le prise son et dispose d'une entrée pour une alimentation secteur.

Et Fujifilm va encore plus loin, puisqu'il sera possible de choisir des rendus colorimétriques (simulations de films). Ainsi, il sera possible de filmer avec une simulation de film Velvia, ou choisir un rendu monochrome Acros. Mieux, le X-T2 propose l'enregistrement en Log / Gamme (F-Log) pour bénéficier de la plus large dynamique et ainsi optimiser le post-traitement. La sortie HDMI n'est pas compressée et permet une captation en 4:2:2 bits.

Vous pouvez également visionner une vidéo réalisée par Emmanuel Pampuri (un de nos testeurs de caméras) avec le X-T2.

Prix et disponibilité

Le Fujifilm X-T2 sera disponible à partir du mois de septembre au prix conseillé de 1 599 € nu. Le grip d'alimentation booster VPB-XT2, sera proposé quant à lui à 329 €.

Vous pouvez également visualiser la vidéo avec Fabrice Abuaf (chef produit photo chez Fujifilm) et Guillaume l'expert.

Caractéristiques

Test terrain jour 1

Le X-T2 de Fujifilm ne sera pas disponible avant le mois de septembre, mais nous avons pu mettre la main sur un modèle déjà bien abouti, quoique non définitif. Nous avons donc pris la route pour assister à la célèbre compétition Le Mans Classic et tester le nouvel autofocus.

Fujifilm X-T2 exemple 1

Le Mans Classic est une réunion bisannuelle qui regroupe les amateurs de voitures anciennes et de compétition. C'est une occasion unique de voir tourner sur la piste mythique de 13,6 km des 24 Heures du Mans des véhicules de collection.

Pour nos premiers essais, nous nous sommes positionnés au niveau du Tertre Rouge, dans un long virage qui permet de réaliser des suivis panoramiques (flous de filé) sur les différents véhicules. L'idée est de photographier avec une vitesse assez lente tout en suivant le déplacement de la voiture, afin de créer une impression de vitesse avec un flou directionnel. Pour l'occasion, j'utilise le X-T2 équipé de l'optique 50-140 mm f/2,8.

Autofocus et filés

Pour cette première série, je choisis des réglages assez sages, avec un temps d'obturation de 1/250 s, histoire de figer assez facilement le véhicule. De là où je suis, les grillages sont malheureusement visibles et si le véhicule est net, l'environnement est encore trop perceptible.

Fujifilm X-T2 exemple 10

Je prends un peu plus de risques et j'opte pour des temps d'obturation beaucoup plus lents, entre 1/30 s et 1/100 s. Il est alors beaucoup plus difficile d'avoir le véhicule net lors des déplacements ; il faut utiliser la motorisation à 8 ips, voire 11 ips, pour multiplier les déclenchements et donc augmenter les chances d'avoir une voiture nette. Au 1/30 et au 1/25 s, les clichés sont un peu surexposés (je suis à f/22) et il faut les retravailler en post-production. Les images manquent de piqué : on arrive aux limites de l'exercice. Il faut passer à des temps de pose un peu plus courts.

Fujifilm X-T2 exemple 2
Fujifilm X-T2 exemple 3

J'en profite pour me décaler un peu et me positionner plus dans le virage. J'ai un peu moins de grillage (mais ces satanés fils de fer sont toujours là !) et, surtout, j'ai la possibilité de réaliser des filés avec des peintures au sol qui donne un peu plus de consistance aux images. Je suis désormais au 1/60 s et obtiens suffisamment de flou pour faire disparaître (un peu) les barbelés. Avec 24 Mpx, il sera toujours possible de recadrer de manière un peu violente les images pour ne garder que le véhicule. En tout cas, l'autofocus AF-C accroche bien et la stabilisation optique sur un axe permet de réaliser facilement de beaux filés.

Fujifilm X-T2 exemple 4
Fujifilm X-T2 exemple 5
Fujifilm X-T2 exemple 6
Fujifilm X-T2 exemple 7

Les tours s'enchaînent et je prends un peu plus d'assurance dans mes suivis. Avec des cadences de rafale à 8 ou 11 ips (avec la poignée booster), la visée est régulièrement coupée. Malgré les progrès réalisés dans ce domaine, le X-T2 n'est pas encore à la hauteur d'une visée optique où le moment "aveugle" reste plus court à des cadences plus élevées. Même avec une latence de 130 millisecondes seulement, la visée reste hachée. Je bascule alors en mode rafale 5 ips avec la visée directe. Je gagne immédiatement et effectivement en confort, et il est beaucoup plus facile de suivre les véhicules en déplacement ; 5 ips, cela reste confortable pour avoir une belle série d'images et décomposer des actions rapides.

Fujifilm X-T2 exemple 8
Fujifilm X-T2 exemple 9
Fujifilm X-T2 exemple 11

Rafale et visée liveview

Je profite d'un changement de compétition pour prendre un peu de hauteur, me placer sur un surplomb et figer quelques véhicules encore plus anciens. Je note que même en mode 5 ips, la visée liveview n'est pas toujours fluide. Dès que l'on active des groupes de collimateurs, les calculs doivent être plus importants et l'affichage liveview est à nouveau haché.

Fujifilm X-T2 exemple 12

Je profite de ma nouvelle position pour tester le suivi de sujet avec les modes groupe. Il est intéressant de noter qu'avec la chaleur et la distorsion de l'air au-dessus de la route, les images ne sont pas toujours très nettes. Pour pallier ce phénomène, il est possible de monter en sensibilité ISO afin de figer les images et de donner un peu plus de matière et de texture aux images avec le grain.

Suivi AF

Le suivi de sujet avec un seul collimateur AF fonctionne assez bien sur un bolide en déplacement et à 11 ips, il n'y a que 2 ou 3 clichés vraiment pas exploitables. Les extraits ci-dessous sont à 100 %. La présence du joystick s'avère un vrai plus pour déplacer rapidement le collimateur AF sur la zone de visée. Il faudra voir à l'usage comment il résiste aux frottements. Il est en effet assez proéminent, il a donc tendance à s'accrocher assez facilement et à changer souvent le collimateur de place. Heureusement, un clic central replace rapidement le collimateur au centre.

Fujifilm X-T2 test review suivi autofocus

En mode groupe, les résultats sont un peu plus laborieux ; parfois, le suivi décroche complètement, comme vous pouvez le constater dans la série ci-dessous, notamment sur les images n° 7 et n° 12. Il faut bien garder en tête qu'il s'agit d'un boîtier non définitif et que quelques progrès pourront sans doute être faits au niveau du firmware (micrologiciel).

Fujifilm X-T2 test suivi AF mode groupe

Vidéo UHD

Je profite du lieu pour réaliser quelques vidéos en UDH. Attention, là encore le boîtier n'est pas définitif et s'il est possible de filmer dans cette définition, le mode F-log par exemple n'est pas encore disponible. En terme de qualité d'image, le bon par rapport aux précédents modèles Fujifilm est impressionnant. Vous pouvez télécharger deux extraits au format UHD non recompressés pour apprécier la qualité des images.

Fujifilm X-T2 test review mode vidéo UHD

***Fujifilm X-T2 extrait vidéo UHD (230 Mo)***

***Fujifilm X-T2 extrait vidéo 2 UHD (140 Mo)***

Je l'éloigne un peu du circuit pour déambuler dans les allées du festival automobile. Les amateurs de belles carrosseries sont gâtés avec de superbes modèles disponibles à chaque pas. C'est l'occasion également de faire quelques clichés dans les stands pour prendre les mécaniciens en plein travail ou tester quelques fonctionnalités comme la double exposition.

Fujifilm X-T2 exemple 13
Fujifilm X-T2 exemple 14
Fujifilm X-T2 exemple 15
Fujifilm X-T2 exemple 19
Fujifilm X-T2 exemple 20
Fujifilm X-T2 exemple 21
Fujifilm X-T2 exemple 22

Pour terminer la journée, je prends de la hauteur en grimpant tout en haut des gradins de la grande ligne droite. J'ai troqué le 50-140 mm contre un 16-55 mm f/2,8. C'est l'occasion de réaliser à nouveau quelques filés avec une vue différente.

Autonomie

Le X-T2 dispose d'une poignée booster qui permet d'embarquer pas moins de 3 batteries. L'ensemble n'est pas finalement pas trop lourd, même avec le 50-140 mm. L'autonomie reste le talon d'Achille des boîtiers hybrides. Après plus de 1 200 clichés (dont beaucoup en mode rafale) et quelques minutes de vidéo UHD, j'avais déjà deux batteries à 0% et la dernière affiche à peine 60% d'autonomie. La poignée booster s'avère donc rapidement indispensable.

Fujifilm X-T2 exemple 16
Fujifilm X-T2 exemple 17
Fujifilm X-T2 exemple 18

Les ingénieurs de Fujifilm ont donc bien travaillé. La mise au point est rapide, souple, et le X-T2, très confortable à l'usage. Je suis un peu moins convaincu par le suivi AF en mode groupe qui requiert apparemment plus de puissance et limite le rafraîchissement de la visée liveview. Une limitation qui sera peut-être levée avec le firmware finalisé. Rendez-vous à la rentrée pour un test définitif.

Prise en main

Fujifilm X-T2test review vue avec 35 mm f/2Le X-T2 de Fujifilm monté avec son grip d'alimentation.

Gabarit

Le Fujifilm X-T2 est un hybride APS-C haut de gamme (semi-pro, pro...) assez compact. Le gain, par rapport à des reflex équivalent comme le Nikon D500 ou le Canon 7D Mark II, est vraiment intéressant avec un volume deux fois moindre. Ainsi, le X-T2 (sans optique) occupe presque 600 cm3, alors que le Nikon D500 atteint 1 370 cm3. Au niveau du poids, le constat est similaire : le X-T2 se limite à 507 g (avec batterie et carte mémoire), contre 860 g pour le Nikon D500 (carte XQD). Là encore, l'écart est important et appréciable.

Fujifilm X-T2 test review comparaison dimensions
Source : Camerasize.

Ergonomie

Le nouvel hybride Fujifilm reprend la ligne de son frère aîné le X-T1, ainsi que sa qualité de construction. Le fabricant assure une finition à l'épreuve des intempéries et nous avons noté des joints en mousse au niveau des trappes batteries et cartes. Avec les optiques dotées de joints caoutchouc, le X-T2 ne devrait pas frémir devant une pluie hivernale ou un vent de sable en plein désert.

hybride Fujifilm X-T2 test review nu
Vue directe sur le capteur APS-C X-Trans III du X-T2.

Le X-T2 est-il est une copie parfaite du X-T1 ? À première vue, il serait assez simple de répondre par l'affirmative. Un examen plus attentif met en lumière quelques changements bienvenus.

Ainsi, sur le dessus de l'appareil, la commande vidéo (rouge) disparaît : il faudra désormais chercher le mode vidéo au niveau de la couronne sous la molette ISO. Le correcteur d'exposition dispose maintenant d'un mode C qui permet d'atteindre des valeurs supérieures, jusqu'à +/- 5 IL. Des éléments que vous avions déjà rencontré sur le X-Pro2.Fujifilm X-T2 test review vue de dessus Heureusement, le X-T2 ne reprend pas le système de couronne pour la sensibilité ISO, qui ne nous avait guère convaincus sur le modèle à visée hybride optique/électronique. Ici, la sensibilité ISO a son propre barillet cranté de 200 à 12 800 ISO avec des positions L (Low), Auto et H (High). Cette dernière peut être assignée à 25 600 ou 51 200 ISO selon votre bon vouloir. Le mode Auto propose 3 configurations personnalisables : ISO mini, max et temps de pose minimal. L'appareil n'est pas capable de sélectionner automatiquement ce temps de pose en fonction de l'optique utilisée ; il faudra donc penser à régler ce paramètre à chaque changement.

Fujifilm X-T2 test review menu iso auto

Pour le reste des commandes supérieures, vous retrouverez une ergonomie "à l'ancienne" avec des molettes gravées pour régler le temps de pose ou corriger l'exposition. Avec une optique disposant d'une bague de diaphragme, vous accédez manuellement à tous vos réglages d'exposition. Vous disposez également de deux leviers pour modifier la motorisation (et accéder à la vidéo) et modifier la mesure d'exposition. Notez que le mode pondéré central est désormais présent : une excellente nouvelle !

Ces deux leviers, placés sous les molettes ISO et temps de pose, souffrent du manque de place et sont difficilement accessibles. Il en va de même pour la touche Fn, trop à l'étroit entre le barillet pour le temps de pose et le correcteur d'exposition. Là encore, il sera difficile de modifier les paramètres en hiver avec des gants. C'est le prix à payer pour une telle compacité. À tout garder, l'ancienne touche vidéo était plus accessible.

Le dos est également assez complet avec différentes touches, une molette de réglage, un trèfle de sélection et un joystick pour déplacer le collimateur autofocus. Les boutons sont malheureusement assez petits et à peine affleurants. Des commandes mieux dessinées auraient été plus pratiques ; là encore, il faut batailler pour les activer. Seul le joystick est facilement accessible.

Fujifilm X-T2 test review vue de dosLe Fujifilm X-T2 vue de dos avec sa poignée d'alimentation.

Vous retrouverez la touche Q qui permet d'accéder à un menu de réglage rapide. Dommage que l'écran ne soit pas tactile, ce qui aurait rendu les opérations encore plus rapides.

Le boîtier est également facile à personnaliser et vous disposez de 8 commandes paramétrables. Comme la plupart des hybrides de la marque, le X-T2 dispose d'une fonction très pratique. Il suffit de maintenir la touche Disp appuyée pour faire apparaître le menu de configuration. Simple et efficace comme on aime ! Nous regrettons seulement l'absence d'un rétroéclairage de certaines touches qui permettrait une navigation plus aisée dans les menus et les options dans la pénombre. Le X-T2 étant particulièrement à l'aise dans les hautes sensibilités ISO et discret au niveau du déclenchement, il sera sans doute largement utilisé pour les spectacles.

Fujifilm X-T2 hybride test review personnalisation des commandes

Avec l'apparition d'un X70 à l'écran tactile, nous attendions tous sa généralisation sur les modèles suivants. L'absence d'une telle fonctionnalité sur le X-Pro2 pouvait laisser craindre le pire pour le X-T2, et nous n'avions pas tort. Le nouvel hybride ne dispose toujours pas de cette fonction pourtant si pratique. C'est un choix que nous avons réellement du mal à comprendre. Il est en effet très facile de proposer de désactiver cette possibilité pour ceux qui sont réfractaires et pour un boîtier à plus de 1 500 €, on ne peut pas parler de restriction tarifaire. Bref, il faudra faire sans...

L'écran LCD est monté sur une double charnière qui permet de l'incliner dans une position horizontale et verticale. Le procédé n'a toutefois rien d'évident et il faut déverrouiller le système à l'aide d'un levier afin de choisir l'orientation. Après le système "sur pattes" du Pentax K-1, on se questionne également sur ce choix : pourquoi ne pas simplement mettre l'écran sur une rotule pour offrir à la fois une plus grande liberté et une facilité d'utilisation ?

hybride fujifilm x-t2 test review orientation horizontale de l'écranhybride fujifilm x-t2 test review orientation verticale de l'écran
Sans être tactile, l'écran s'oriente pour une prise en main horizontale ou verticale.

Du côté de la définition, l'écran LCD n'évolue pas et reste sur une dalle de 7,5 cm capable d'afficher 1 040 000 points. Une définition qui demeure inférieure à certains modèles qui offrent parfois jusqu'à 2 360 000 points. L'écran a un ratio 3/2 et l'image occupe la totalité de l'espace, les informations venant en surimpression.

Visée électronique

Exit l’œilleton rond du X-T1 et bienvenue au modèle rectangulaire. S'il a moins de "classe", il s'avère plus confortable pour les porteurs de lunettes et plus efficace pour lutter contre la lumière parasite. La visée est confiée à une dalle Oled de 0,5 pouce (1,5 cm) affichant là 2 360 000 points. Le grossissement est de 0,77x en équivalent 24x36. La visée est donc très large et agréable. Le X-T2 conserve ainsi l'un des meilleurs viseurs électroniques du moment.

Nous aurions aimé une définition supérieure, comme le propose le Leica Q avec une dalle à 3,68 Mpx. Ne boudons pas notre plaisir, la visée est spacieuse, confortable et fluide dans la plupart des situations avec un rafraîchissement à 60 ips en mode normal et 100 ips en mode stimulé. Il faut vraiment être dans l'obscurité pour voir le bruit envahir la visée, mais même dans ce cas, il est possible de cadrer et de réaliser une mise au point, ce qui est toujours appréciable. Bon point, les informations s'orientent, que l'on soit en mode portrait ou en mode paysage. Une option qui n'est malheureusement pas répercutée sur l'écran LCD arrière.

Il est possible d'afficher de nombreuses informations dans le viseur (et l'écran) comme des grilles d'aide à la composition, un niveau électronique (sur 1 seul axe...), un histogramme d'exposition, une échelle des distances et de profondeur de champ.

Autonomie

L'autonomie des batteries constitue généralement un handicap pour les boîtiers hybrides qui sollicitent beaucoup la batterie par la visée électronique ou la visée sur écran. Avec le X-T2, Fujifilm introduit une nouvelle référence de batterie qui répond au doux nom de NP-W126S et présente les mêmes caractéristiques que le précédent modèle (NP-W126) à savoir 8,7 W.h (1 200 mAh / 7,2 V).

Cette batterie permet environ 300 déclenchements et quelques minutes de vidéo en mode normal. C'est mieux qu'avec le X-T1, mais c'est encore loin d'être suffisant. Le nouveau Nikon D3400 annonce plus de 1 200 clichés avec une seule batterie.

En outre, il est possible de basculer le boîtier en mode "stimulé" (dans la gestion de l'alimentation ou en appuyant sur la touche du bas sur le trèfle de sélection par défaut) pour bénéficier d'un rafraîchissement du viseur à 100 ips et de grappiller quelques millisecondes en autofocus. Dans ce mode, l'autonomie de la batterie fond comme neige au soleil et nous avons à peine pu dépasser 250 vues...

Fujifilm X-T2 test review mode boostUne pression sur le bouton bas du trèfle permet de passer en mode stimulation (boost).

Le X-T2 est livré avec un charger de batterie (sans témoin de niveau de charge) et on peut désormais recharger l'appareil à l'aide d'un câble micro-USB : une excellente nouvelle. Dommage qu'il ne soit pas possible d'utiliser l'appareil pendant la recharge.

Pour plus d'autonomie, il n'y a pas 36 solutions : il faut s'équiper d'une poignée d'alimentation, la VPB-XT2 (330 €), qui permet d'embarquer 2 batteries supplémentaires. La poignée est compatible avec les anciennes batteries NP-W126. Au total donc, ce sont 3 batteries qui peuvent être embarquées pour tutoyer les 1 000 déclenchements.

Fujifilm X-T2 hybride test review poignée alimentation et batteries VPB-XT2Le Fujifilm X-T2 et sa poignée d'alimentation et booster. 3 batteries peuvent être embarquées.

Cette poignée est plus qu'un grip d'alimentation : c'est un ce qu'on appelle un "booster". C'est le deuxième "stimulant" pour le X-T2. Avec le VPB-XT2, la cadence rafale monte à 11 ips avec un obturateur mécanique (toujours 14 ips en obturation électronique) et globalement, l'appareil devrait être un petit peu plus réactif. Dans ce mode, l'autonomie baisse également pour atteindre péniblement 700 vues.

hybride fujifilm x-t2 test review bouton boost de la poignée VPB-XT2

À ce stade, il peut être utile de faire un récapitulatif des modes booster ou stimulants :

thead thead thead thead thead
Mode boost Boost poignée fonction normal boost
oui oui rafraîchissement visée 60 ips 100 ips
oui oui réactivité autofocus 0,08 s 0,06 s
oui latence en deux déclenchements 0,19 s 0,17 s
oui latence au déclenchement 0,05 s 0,045 s
oui temps aveugle 0,13 s 0,114 s
oui cadence maximale 8 ips 11 ips

Les gains sont donc parfois très intéressants, parfois beaucoup moins.

Contrairement à la poignée du X-T1, le VPB-XT2 est légèrement plus large que le boîtier, ce qui donne une allure un peu évasée à l'ensemble. Sans être laid, ce grip manque certainement d'élégance. Il donne également accès à une alimentation secteur pour recharger les deux batteries et une sortie casque.

Connexions et mémoire

Le Fujifilm X-T2 propose 2 emplacements SD compatibles SD/SDHC/SDXC jusqu'à la norme de communication UHS-I et UHS-II. La trappe s'ouvre sur le côté et dispose d'un système pour éviter les ouvertures intempestives. Les deux slots permettent soit de passer d'une carte à l'autre, lorsque la première est pleine, soit de séparer les JPEG des RAW. Il est possible de choisir la destination des vidéos.

Fujifilm X-T2 hybride test review stockage carte mémoire

Côté connectique, le nouvel hybride de Fujifilm est assez classique avec :

  • interne :

  • à l'avant :

    • sur le côté :
  • sortie USB 3,

  • entrée micro stéréo mini-jack 3,5 mm (il n'y a pas de sortie casque, qui est reléguée sur la poignée d'alimentation),

  • sortie HDMI (micro / type D) ;

  • synchro flash ;

  • puce Wi-Fi.

Fujifilm X-T2 hybride test review connexions

L'application Fujifilm Camera Remote permet de prendre le contrôle de l'appareil à distance et sans fil. Pour cela, il suffit de démarrer le serveur Wi-Fi sur le X-T2 et de demander une connexion à partir de l'application sur le smartphone ou la tablette. L'application, assez riche, permet de modifier de nombreux paramètres à la prise de vue. Il est également possible de télécharger les images présentes sur la carte et de géolocaliser les clichés.

Fujifilm X-T2 test review hybride application wifi

Si cette connexion est rapide, elle nécessite bon nombre de manipulations. Il est vrai qu'après avoir goûté à la simplicité du SnapBridge de Nikon, qui assure une liaison permanente pour transférer les images de manière immédiate, la solution Wi-Fi semble désormais un peu vieillissante.

Menus et opérations

Les menus du X-T2 sont relativement simples, mais les traductions, parfois hasardeuses. Ainsi, la cadence rafale est traduite par "Élan de vitesse" et certaines parties ne semblent pas (ou mal) traduites, à l'image du drive-einstellung... Malheureusement le X-T2 n'embarde pas d'aide contextuelle pour expliciter telle ou telle option. Il faudra consulter la documentation technique régulièrement. De plus, quelques incohérences sont à pointer. Pourquoi retrouver la connexion sans fil dans le menu de réglage de la prise de vue ? Pourquoi l'option de formatage de carte est-elle localisée dans la configuration utilisateur ?

Fujifilm X-T2 test review menus

Bon point, il est possible de personnaliser un menu afin de regrouper les options que vous utilisez le plus souvent et éviter ainsi des recherches fastidieuses dans les menus. Un clic prolongé sur la touche Disp affiche le menu de personnalisation des commandes.

Test fujifilm X-T2 test review
Menus de personnalisation du boîtier.

Bruit au déclenchement

Le X-T2 est un boîtier plutôt discret et si vous trouvez le déclenchement encore trop bruyant, vous pouvez basculer en obturation électronique, qui rend l'utilisation de l'hybride totalement silencieuse. Voici qui devrait ravir les photographes de studio ou de spectacle.

Logiciels

Le X-T2 est livré avec le logiciel Silkypix "assaisonné à la sauce" Fujifilm. C'est pour l'instant le seul logiciel à pouvoir traiter les fichiers bruts du boîtier. Il faut bien avouer que le X-Trans CMOS III est un excellent capteur, mais sa technologie particulière (pas de matrice de Bayer) freine les développements par des compagnies tierces.

Les choses évoluent cependant et les principaux acteurs du marché, hormis DxO Optics Pro, savent désormais traiter les fichiers RAW X-Trans, mais les mises à jour sont généralement plus lentes. Notez toutefois que les fichiers RAW sont d'ores et déjà traités par Adobe Lightroom, avec la possibilité d'appliquer les différents profils couleur, comme le fameux Acros.

Traitement fichier brut Fujifilm X-T2 Acros dans Lightroom

Dans un premier temps, il faudra donc se contenter de Silkypix. Si l'interface est assez austère, le logiciel permet de profiter pleinement du potentiel des images.

Notez que les fichiers JPEG du X-Pro2 (et c'est valable pour tous les boîtiers X-Trans) sont d'une remarquable qualité et qu'il est parfois difficile d'atteindre le même niveau de traitement du bruit électronique ou de rendu des détails avec le logiciel.

Fujifilm X-Pro2 test review logiciel
Le logiciel de développement des fichiers bruts livrés par Fujifilm.

Performances

Autofocus

Fujifilm X-T2 test review configuration collimateurs afÀ gauche, le nouveau module AF sur 325 points. À droite, le module classique à 91 points que l'on connaissait déjà sur le X-Pro2.

Si vous souhaitez travaillez en mode groupe ou élargi avec suivi du sujet, le système bascule alors automatiquement en mode 91 collimateurs, comme actuellement sur le X-Pro2. Ce dernier devrait logiquement être mis à jour pour bénéficier de ce nouveau "cerveau" autofocus.

Vous pouvez déplacer le point ou le groupe de point AF à l'aide du joystick, ce qui permet facilement de suivre un sujet en déplacement.

thead thead
Mise sous tension (1re image sans autofocus) 0,4 s
Latence au déclenchement (avec mise au point préalable) 0,03 s
Mise au point (de l'infini à 1,5 m) en pleine lumière 0,3 s
Mise au point (de l'infini à 1,5 m) sous 3 lux 1 s

Sur le terrain, nous n'avons pas noté de réelle différence avec le boîtier que nous avons utilisé pour notre première prise en main sur un circuit automobile. Le suivi de sujet avec un seul collimateur central est performant et accroche assez facilement le sujet. En mode groupe ou suivi de sujet, les résultats sont plus aléatoires et dépendent logiquement du sujet, de son contraste et de son comportement, mais globalement, le X-T2 accroche bien et le suivi se montre pertinent.

Sur les clichés ci-dessous (un véhicule qui se déplace en ville), seule l'image 3 montre que le collimateur est sur le mauvais sujet. Sur l'ensemble de la rafale à 11 ips, c'est un très joli score. En outre, 12 images sur 13 sont nettes.

Fujifilm X-T2 test review suivi AF mode groupe

À ce sujet, le module AF du X-T2 propose, comme les Canon haut de gamme, des scénarios pour répondre aux cas les plus courants, comme éviter les obstacles et suivre le sujet ou au contraire suivre un sujet qui surgit. Vous pouvez naturellement agir sur différents paramètres pour affiner le fonctionnement du module AF. Cela requiert donc de nombreux essais avant de trouver les bons réglages. Vous pouvez jouer sur la sensibilité du suivi, la sensibilité du suivi à la vitesse et le changement de zone.

Fujifilm X-T2 réglage AF

En mode suivi, le boîtier a tendance à chauffer, surtout si le mode boost est enclenché. La puce de traitement des données est réellement exploitée à son maximum.

Mode rafale

Le module autofocus du X-T2 est encore plus intéressant lorsqu'il est couplé à la rafale. Par défaut, le X-T2 sans grip est capable d'aligner des séries à 8 ips et jusqu'à 11 ips avec le mode boost de la poignée. Sans suivi autofocus et en activant l'obturation électronique, vous pouvez même grimper à 14 ips. Ces valeurs sont vérifiées sur le terrain. Parfait.

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6 - 1/4 s à une sensibilité de 200 ISO. Le Fujifilm X-T2 est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 100 ISO et une ouverture de f/5,6,

Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (RAF). Le boîtier est configuré par défaut, notamment pour ce qui est de rédaction du bruit électronique.

Les JPEG

Le Fujifilm X-T2 est équipé d'un capteur APS-C de 24 Mpx CMOS X-Trans III. Avec cette définition, la taille des photodiodes est d'environ 3,9 µm. La plage ISO s'étend nativement de 100 à 12 800 ISO et peut être poussée jusqu'à 25 600, voire 51 200 ISO. Attention, la molette de réglage ne propose qu'un mode H (High) fixé par défaut à 25 600 ISO. Il faut donc paramétrer l'autre valeur (51 200 ISO) dans les menus ; seule la première sera accessible par la molette. Pourquoi ne pas avoir gravé deux valeurs supplémentaires sur le barillet ? Mystère.

Tailles des différents capteurs
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Le capteur de 24 Mpx X-Trans CMOS III est probablement identique à celui qui équipe le X-Pro2 que nous avons testé en début d'année. Toutefois, le processeur de traitement des données est légèrement différent, ce qui peut occasionner quelques modifications au niveau du rendu des images.

Force est de constater que les résultats sont finalement très proches, voire identiques. Le capteur délivre une superbe qualité d'image entre 100 et 800 ISO. Les images sont riches en détails, les couleurs saturées et la dynamique intéressante. Un léger moutonnement est perceptible à 1 600 ISO sur les aplats noirs, mais, il faut observer les clichés à 100 % sur écran et chercher la petite bête.

À 3 200 ISO, les clichés sont encore vraiment impressionnants. Certes, les plus fins détails sont lissés, mais les images conservent une belle tenue avec encore une appréciable richesse dans les textures et un grain très fin et agréable. Le X-T2 est sans doute le meilleur boîtier APS-C pour cette sensibilité.

Le bruit est un peu plus visible à 6 400 ISO, mais le grain reste très fin. Là encore, le niveau de détail sur le scène est assez impressionnant. La dynamique diminue un peu et les objets sombres (appareil photo, par exemple) sont un peu moins précis, mais le niveau général reste une fois de plus très bon.

Même à la valeur maximale, 12 800 ISO, les images du X-T2 sont impressionnantes. Naturellement, le niveau de précision baisse, mais globalement l'image conserve une excellente tenue et sera parfaitement et facilement lisible, même sur un tirage papier au format A3.

Il faut pousser le X-T2 dans ses derniers retranchements (position H à 25 600 / 51 200 ISO) pour observer une baisse sensible de la qualité d'image. À l'écran et à 100 %, les plus fins détails apparaissent dilués et la dynamique est moins importante. Toutefois, la définition du capteur à 24 Mpx permet des tirages de bonne qualité, notamment en 20 x 30 cm.

Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le Fujifilm X-T2 à quelques boîtiers emblématiques actuels qui proposent des capteurs différents en taille et en définition :

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 6 400 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Il est intéressant de comparer les performances du capteur X-Trans III APS-C de Fujifilm à celles du capteur 24x36 de Sony. Les deux imageurs ont la même définition (24 Mpx), mais la surface sensible des photosites est très différente, le côté mesurant 3,9 µm chez Fujifilm et pratiquement 6 µm chez Sony. Pourtant, les images sont assez similaires et il n'est pas évident de départager les deux boîtiers à 6 400 ISO : une belle performance pour un boîtier APS-C.

Si le capteur de 16 Mpx du X-T1 est d'un excellent niveau, celui du X-T2 est encore meilleur. La définition plus importante du nouveau venu permet des tirages sur de plus grands formats.

Fujifilm X-T2 - 6 400 ISOFujifilm X-T1 - 6 400 ISO
Nikon D500 - 6 400 ISOSony A7 II - 6 400 ISO

Oscilloscope

Passons certaines images X-T2 de Fujifilm sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Notre outil confirme notre perception visuelle : les images sont vraiment excellentes jusqu'à 3 200 ISO et présentent une dégradation perceptible à 6 400 ISO, avec un grain plus facilement décelable. Elles seront assez aisément exploitables jusqu'à 12 800 ISO, mais la granulation y est déjà très présente dans les aplats gris.

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Fujifilm X-T2 test review bruit électronique sur gris 200 ISOFujifilm X-T2 – 200 ISO Fujifilm X-T2 test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Fujifilm X-T2 test review bruit électronique sur gris 1600 ISOFujifilm X-T2 – 1 600 ISO Fujifilm X-Pro2 test review bruit gamme gris graphique 1600 ISO
Fujifilm X-T2 test review bruit gamme gris 3200 ISOFujifilm X-T2 – 3 200 ISO Fujifilm X-T2  test review bruit oscilloscope 3200 ISO
Fujifilm X-T2 test review bruit gamme gris 6400 ISOFujifilm X-T2 – 6 400 ISO Fujifilm X-T2 test review bruit gamme gris graphique 6400 ISO
Fujifilm X-T2 test review bruit gamme gris 12800 ISOFujifilm X-T2 – 12 800 ISO Fujifilm X-T2 test review bruit gamme gris graphique 12800 ISO

Dans la vraie vie

Pour éprouver le X-T2, nous avons réalisé une série de photos dans la pénombre du Batofar, lors d'un concert du groupe toe. Les concerts sont sans doute les conditions lumineuses les plus compliquées à gérer pour un appareil photo, entre le manque de lumière et les éclairages ponctuels très puissants, ainsi que les ambiances colorées peu naturelles. Cette petite salle du Batofar est donc l'endroit idéal pour apprécier la gestion du bruit électronique.

Le bruit coloré n'est pratiquement pas visible dans les noirs et le niveau de détail est tout à fait acceptable.

Nous commençon le concert doucement avec des sensibilités entre 8 000 et 10 000 ISO, ce qui est très haut pour un capteur APS-C. Toutefois, et malgré l'optique ouverte à f/2,8, il faut atteindre ce niveau afin d'avoir un temps de pose assez court. Les résultats sont vraiment impressionnants pour ce petit boîtier qui sait se faire discret dans cette salle pour le moins intimiste.

Fujifilm X-T2 exemple 24
Fujifilm X-T2 exemple 25
Fujifilm X-T2 exemple 26

Il est temps de pousser la mécanique un peu plus loin. Nous sommes désormais à 12 800 et 25 600 ISO. Dans ces ambiances lumineuses particulières, le X-T2 s'en sort vraiment bien pour ces sensibilités extrêmes, mais on atteint ses limites. À 25 600 ISO, le grain prend une structure peu agréable et on note un effet de bandes dans la lumière bleue. Il sera profitable de traiter le fichier dans un logiciel de développement pour utiliser un filtre noir & blanc et, pourquoi pas, la simulation de film de type Acros (disponible dans Lightroom).

Dans tous les cas, les sensibilités extrêmes seront à réserver aux cas... extrêmes. Notez que dans les modes H, le boîtier ralenti et les images demandent un traitement plus long qui pénalise la latence entre deux images. En mode rafale, le X-T2 devient alors anémique.

Fujifilm X-T2 exemple 27

Test Fujifilm X-T2 essai de photo de concert en basse luminosité, après traitement, concert de toe au BatofarLe même cliché passé par les algorithmes du profil Acros dans Lightroom.

Retour à une série plus sereine à 12 800 ISO. Les résultats sont très plaisants et seront utilisables selon la destination des images. Dans tous les cas, le X-T2 montre ici une réelle polyvalence et une capacité intéressante à s'adapter à son environnement lumineux. C'est un très bon boîtier pour les photos de concert.

Fujifilm X-T2 exemple 28
Fujifilm X-T2 exemple 29
Fujifilm X-T2 exemple 23

Exposition, RAW

Raw compressé, mais sans perte

Avec un capteur à 24 Mpx, voici une option qui "tombe" à point nommé ! En effet, les fichiers bruts (.RAF) non compressés du Fujifilm X-T2 accusent 50 Mo sur la balance numérique. Une "masse" qui oscille entre 20 et 30 Mo une fois la compression (sans perte) activée. Pour le "prix" d'un RAW simple, il est possible de stocker un RAW compressé et un JPEG.

Latitude d'exposition

Pour vérifier la latitude d'exposition d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts avec Adobe Lightroom afin d'obtenir une exposition similaire. Nous vérifions que les images sont semblables avec une latitude de correction de +/-5 IL.

Les fichiers du X-T2 montre une latitude de recouvrement des détails pour les images sous exposées assez classique de -3 IL. Au-delà, le bruit électronique est vraiment destructeur avec une trame colorée peu esthétique.

Fujifilm X-T2 test review latitude d'exposition

Pour les images surexposées, Lightroom permet de récupérer des détails jusqu'à une surexposition de 2 IL, ce qui est assez bon pour un capteur APS-C.

Fujifilm X-T2 test review latitude de correction surexposition

Au final, les fichiers bruts du X-T2 permet une latitude de travail de -3 à +2 IL, soit une plage de 6 IL. Avec Adobe Lightroom, le X-T2 fait mieux que le X-Pro avec le logiciel maison Silkypix. À titre de comparaison, le Nikon D500 équipé d'un capteur APS-C de 20 Mpx offre une latitude de 6,6 IL, et le Sony A6300 également équipé d'un capteur APS-C de 24 Mpx offre également une plage de 6 IL. Le X-T2 est donc dans la bonne moyenne.

Les fichiers RAW permettent donc de rattraper une surexposition partielle de l'image comme vous pouvez le constater sur notre exemple.

Mode vidéo

Le mode vidéo est une composante importante du Fujifilm X-T2. Vous en trouverez ici les caractéristiques, suivies du test labo. Pour le test terrain, nous avons demandé à notre spécialiste Emmanuel Pampuri de décortiquer pour nous les nouveautés présentes dans le boîtier.

Caractéristiques vidéo

Formats et modes

Le Fujifilm X-T2 est capable de filmer aussi bien en UHD (3 840 x 2 160 px) qu'en HDTV 1080, ce qui lui offre une belle polyvalence pour les vidéastes.

PAL / NTSC

Tous les fichiers sont encapsulés dans un .MOV et encodés en H.264 (Profil High@L5)

  • 4K (3 840 x 2 160 px)] 29,97p / 25p / 24p / 23,98p 100 Mbits/s ;

  • HDTV (1 920 x 1 080 px) 59,94p / 50p / 29,97p / 25p / 24p / 23,98p, 100 Mbit/s ;

  • HDTV (1 280 x 720 px) 60p / 50p / 30p / 25p / 24p, 50 Mbits/s.

À cette liste, il manque encore un mode d'enregistrement à haute cadence afin de pouvoir réaliser des ralentis fluides.

Test labo

Précision

Nous avons réalisé une série de clips en studio afin d'apprécier lae précision des vidéos produites par le X-T2. Le boîtier était équipé d'une optique 35 mm f/2.

En mode UHD, la précision est excellente et l'image fourmille de détails. De manière assez étonnante, la conversion du mode UDH vers du HDTV 1080 n'apporte qu'un léger surcroît de précision ; habituellement, la différence avec un clip tourné directement en HDTV 1080 est plus flagrante.

L'enregistrement HDTV 1080 est d'excellente facture, avec là encore un très bon niveau de précision.

Autofocus

L'autofocus du X-T2 manque clairement de souplesse pour la vidéo et s'avère trop saccadé pour une utilisation classique. Il a toutefois l'avantage d'être assez rapide pour suivre un sujet en déplacement. Pour une utilisation dans le reportage ou l'interview, il sera sans doute plus sage de passer en mise au point manuelle.

Test terrain

Pour ce test terrain des fonctionnalités vidéo du Fujifilm X-T2, nous profitons du retour d'expérience d'Emmanuel Pampuri, choisi par la marque pour bêta-tester le boîtier.

Il y a des marques qu'on attend au tournant, Fujifilm en est une pour moi. J'ai longtemps pesté contre le fait que leurs innovations dans le monde de la photo ne soient pas appliquées en vidéo. Fujifilm est une société emblématique du cinéma argentique, grand fabricant de pellicule pour le cinéma et la photo. Quand je shootais en argentique, j'adorais la Velvia, la Sensia et toutes leurs émulsions dédiées au cinéma : les rendus, les textures avaient un côté magique... Je n'ai jamais été très partisan du JPEG direct en photo, car j'ai souvent été déçu. Depuis des années, je shoote en RAW et je post-produis pour sortir mes images — j’aime bien l’idée du développement numérique.

Fujifilm X-T2 test review mode vidéo Pampuri

Aujourd'hui, j’ai la chance d’avoir été choisi comme bêta-testeur pour le X-T2 et je vais vous parler d’un modèle de présérie — le boîtier et l’électronique sont finalisés, mais pas encore le firmware (micrologiciel) ; les spécifications dont je parle pourront donc évoluer dans le temps.

Le matériel utilisé

Pour ce test, j'ai utilisé les optiques Fujinon en monture X. À noter, les excellentes optiques Veydra devraient elles aussi sortir en monture X, ce qui serait une vraie bonne nouvelle.

Pour mes ralentis (timelapse), j'ai utilisé le slider motorisé de chez iFootage, le Sharkslider, ainsi que leur tête motorisée X2 Motion, qui feront l'objet d'une prochaine parution.

Pour la partie en mouvement, je reste fidèle à mon Helix JR de chez Letus, qui est toujours à mon sens le meilleur produit du marché parmi tous les stabilisateurs, même s'il n'offre pas la meilleure stabilisation : les Movi sont peut-être une cran au-dessus (et encore, je pense que je ne le règle pas bien), mais l'Helix JR est le plus ergonomique et le plus agréable à utiliser.

Pour la lumière enfin, j'ai utilisé le SL-Mini de chez DMG Lumière et le BiFlex de chez Aladdin.

Simulation obligatoire !

J'avoue avoir eu une expérience assez étonnante avec ce X-T2 : le passage par la simulation de rendu pellicule sur mon prototype m'a été imposé, pas possible de faire autrement !

En vidéo, depuis quelque temps maintenant, je travaille soit en RAW aussi, quand les moyens de le production le permettent, soit en Log. Quand on a pas la possibilité de faire du RAW, la méthode actuelle est plutôt de tourner avec un profil très neutre — SLog chez Sony, Vlog chez Panasonic, Canon Log, etc. — pour retravailler ensuite tout cela dans le logiciel d'étalonnage. Mais là, impossible : le modèle qu'on m'a prêté pour mes tests ne proposait que ce mode de simulation de pellicule.

Fujifilm X-T2, test terrain du mode vidéo par Emmanuel Pampuri

Vu que je n'avais pas le choix, et que les gens de chez Fujifilm insistaient sur le fait de faire du noir et blanc, je me suis laissé tenter. Finalement, avoir la maîtrise de ce qu'on enregistre et se dire que ça correspond à ce qu'on voit dans le viseur, ce n'est pas si mal. Certes, j'ai quelques contre-jours assez violents que j'aurais pu bien mieux rattraper si j'avais été en Log, mais ça fait du bien aussi de pouvoir revenir sur ce genre de sensations. Quand j'ai commencé avec l'informatique dans les années 1980 (oui, je suis vieux), on parlait du "WYSIWYG" pour "What You See Is What You Get" ("ce que vous voyez [à l'écran] est ce que vous obtenez [comme résultat])... C'était appliqué à la PAO et la mise en page, et l'on retrouve ici ce genre de méthode.

Au final, je suis assez fier du résultat, et je me dis que c'est plutôt bien d'avoir des profils d'image comme ceux que propose Fujifilm : ils apportent une vraie qualité et un vrai rendu, directement appliqués sur les rushs — pourquoi pas, après tout, tout le monde n'a pas forcément la maîtrise ou la volonté de passer des heures à faire de l’étalonnage.

Pour cette raison, Fujifilm a créé aussi un log nommé F-Log, mais qui n’est accessible que via l’enregistreur externe, sur la sortie HDMI ; si l’enregistrement interne se passe en 4:2:0 8 bits encodé en H.264, la sortie HDMI, elle, permet en effet d’enregistrer en 4:2:2 8 bits.

Sans enregistreur externe, on peut choisir entre des résolutions HD ou UHD, mais pas une vraie résolution DCI (Digital Cinema). On reste sur du 3 840 x 2 160 px sur 24/25 ou 30 images par seconde. Pas de ralentis ni de vrai 24p ; c’est du 23,98 : dommage. Si on utilise un enregistreur externe, comme un Atomos Shogun, on passe en 4:2:2 8 bits. J’aurais préféré du 10 bits, mais ce n’est malheureusement pas le cas.

Fujifilm explique que le F-log n’est pas accessible sur l’enregistrement interne pour une bonne raison : la logique de la courbe logarithmique n’est pas compatible avec un échantillonnage 4:2:0. Mais si on va plus loin, il n’est en théorie pas compatible non plus avec du 8 bits : il faut en théorie du 10 bits. Pour le moment, sur ce type de caméras, il n’y a que le Panasonic GH4 et le Leica SL qui sont capables de sortir du 4:2:2 10 bits sur le HDMI, et encore une fois, c’est bien dommage. Nombreux sont les constructeurs qui proposent cependant du Log en enregistrement interne ; c’est moins bon, mais ça peut apporter quelque chose. Il faudra vérifier à l’usage.

Ergonomie vidéo et form-factor

La technologie X-Trans qui se propose en alternative à la matrice de Bayer sur les capteurs CMOS m'a toujours attiré, mais j'avais été refroidi par les premiers essais du X100 qui me faisait pourtant rêver avec son ergonomie oldschool. Non que je sois nostalgique : le syndrome du "c'était mieux avant" a vite tendance à m'agacer fortement. Ce que j'aimais sur le X100 et le X-Pro, c'est ce viseur hybride électronique/optique placé dans le coin (oui je sais, c'est oublier les gauchers de la visée) et son côté "1 bouton = 1 fonction", avec des barillets de sélection plutôt très pratiques.

Certains critiquent la complexité de l’utilisation des molettes avec le barillet de vitesses, par exemple. Pour ma part, j’ai trouvé ça très malin et très efficace.

Fujifilm X-T2 test review mode vidéo Pampuri

Depuis l'arrivé des boitiers hybrides/mirorless, je rêve d'une chose, c'est que les constructeurs s'affranchissent du traditionnel form-factor du boîtier reflex. Les gars, vous n'avez plus de contraintes, vous n'êtes pas obligés de mettre le viseur électronique au milieu ! Ce n'est pas parce qu'on fait ça depuis toujours que c'est la bonne solution ! Le mettre dans le coin, comme sur les X-Pro1 et 2, est une excellente idée. Ça évite d'avoir de grosses et grasses traces de nez sur le LCD arrière et on respire mieux. Regardez ce que fait Leica depuis des années : la visée télémétrique n'est pas forcément l'argument principal des aficionados du Leica M, mais le positionnement du viseur dans le coin qui permet au nez d'avoir un dégagement confortable est un plus indéniable ! Le form-factor des boîtiers de l'ancien temps est principalement à imputer à la présence de la pellicule et de son défilement, à celle de l'obturateur mécanique et surtout du viseur optique. Bref, c'est comme ça, on ne va pas changer les choses du jour au lendemain, mais on devrait s'y employer. Je concevrai peut-être un jour une caméra (c'est mon rêve) et je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire au niveau ergonomique pour le confort et le plaisir de l’utilisateur.

Parmi les fonctionnalités utiles, notons aussi la présence de 2 emplacements pour cartes SD. J'ignore encore si, dans la version finale, on pourra ou non faire de la sécurisation en Raid 1 sur les 2 cartes, ce qui pourrait être intéressant. Pour le moment, avec la version non finalisée du firmware, seule la bascule entre les 2 slots en continu est proposée.

Côté ergonomie toujours, notons qu'il est possible de choisir le sens de la rotation de la bague de mise au point suivant ses habitudes : c’est rudement bien pensé.

Poignée booster indispensable

Avoir une ergonomie typique photo avec ces argument déclinés à la prise de vues vidéo/cinéma est plutôt un grand atout à mon avis : les boutons tombent vraiment bien sous les doigts, le grip est très bon, surtout avec cette poignée booster optionnelle qui apporte des fonctionnalités supplémentaires pour la vidéo. Elle ajoute notamment de l'autonomie grâce à 2 batteries supplémentaires, et ce n'est pas un mal, car sans cette option, on est vraiment sur quelque chose de totalement insuffisant, proche de la ridicule autonomie des Sony A7x et A6300. Avec 3 batteries, c'est correct.

Fujifilm X-T2 hybride test review poignée alimentation et batteries VPB-XT2

J'insiste sur le fait que je parle d'un modèle de présérie. Sans être vraiment un prototype, la partie logicielle (le fameux firmware) n'est pas définitive et les ingénieurs de Fujifilm travaillent d'arrache-pied pour faire évoluer les choses dans le bon sens. La consommation électrique sera donc forcément améliorée avant la sortie du X-T2 fin septembre / début octobre.

Pour revenir à la poignée booster optionnelle, elle apporte donc, outre les batteries, une prise casque : seule est présente sur le boîtier la prise micro. Ce n’est pas ultra cool, mais au vu de l’autonomie, les videuses devront forcément passer par cette option. La présence du booster augmente aussi la capacité d'enregistrement continu, qui passe de 10 à 30 min, on ne sait pas trop pourquoi — est-ce une raison marketing ou technique ? Pour finir, une prise dédiée à l'alimentation externe est aussi présente sur ce grip booster.

Rendu et qualité d'image

En termes de qualité générale, le X-T2 il est plutôt très bon, même si j’aurais rêvé de le voir doté de la dernière dalle Epson présente dans le Leica SL, d'une résolution de 4 Mpx.

La qualité de l'image est pour moi assez incroyable. Je suis vraiment séduit par ce que j'ai vu : l'image a une signature unique et ces profils sont vraiment très sympas. C'est une image qui a une âme, une identité, une texture, un rendu... C'est très précis et à la fois très modelé, les peaux sont superbes (sauf sur quelques profils qui ont tendance à faire des rendus un peu "rose cochonou"), mais on a de quoi trouver son bonheur. Je suis vraiment sous le charme !

J'ai bien entendu hâte de recevoir le F-Log dans une prochaine mise à jour du firmware et voir ce que le X-T2 est capable d'encaisser en termes de dynamique en vidéo.

Conclusion pour la vidéo

À ce stade (boîtier de présérie avec firmware non définitif), la qualité est vraiment séduisante et l'ergonomie, plutôt plaisante — malgré les petits reproches que j'ai pu lui faire, et qui sont valables pour toutes les marques actuelles (sans compter les aberrations faites par Sony sur les boîtiers A7).

La prise en main est confortable et le X-T2 est agréable à utiliser. Pouvoir filmer de la même manière que je photographie, c'est toujours un plaisir pour moi et je pense qu'on n'a pas forcément besoin d'avoir une caméra sur l'épaule pour faire de la belle image en vidéo.

Dans ma vidéo de présentation, j'avais été assez critique sur l'autofocus en vidéo ; le dernier firmware améliore vraiment les choses. Je ferai des tests plus poussés, mais c'est maintenant plutôt utilisable et cela devrait encore progresser.

Du côté de l’ergonomie logicielle, il y a des aberrations qui, je l’espère, seront corrigées avec la version définitive, à commencer par le fait qu’il faut déclarer dans le boîtier qu’on utilise la sortie HDMI pour l’enregistrement, ce qui bloque l’enregistrement interne. La puissance du processeur doit être limitante de ce côté-là. Impossible, donc, de sécuriser votre enregistrement si vous utilisez un enregistreur externe. Cela fragilise un peu trop la chose : quand on sait que tous ses rushs sont tributaires d’un simple câble HDMI, ce n’est pas très rassurant. Autre point : si vous choisissez l’enregistrement externe et que vous voulez repasser ensuite sur l’enregistrement interne, n’oubliez pas de refaire le réglage dans l’interface, sinon vous aurez la mauvaise surprise de constater que rien ne sera enregistré (et on peut vite se faire avoir).

Mais au final, je suis vraiment très agréablement surpris par le rendu de l'image en vidéo et l'ergonomie est vraiment top (si vous me suivez régulièrement, vous savez combien c'est important pour moi !).

Certes, il lui manque encore quelques petites choses pour être vraiment à la hauteur d’un Panasonic GH4 ou d’un Sony A7S II, mais c’est un belle entrée en matière pour Fujifilm. La marque signe là un joli produit, capable de séduire les amoureux de la photo qui ont envie de cinéma numérique tout en conservant leurs habitudes ergonomiques.

Je vous avoue que depuis quelques années, après avoir pas mal utilisé le Canon 5D Mk II, après l’avoir adoré puis détesté pour son évolution timide dans le sens de la vidéo, j’avais longtemps basculé sur les Panasonic GH, puis les Sony A7S en vidéo, sans en être totalement satisfait pour la partie photo. Le Sony A7R II avait retenu toute mon attention et me donne de jolis résultats dans les deux modes, mais il coute deux fois plus cher que ce X-T2 (avec un capteur 24x36 et une résolution de 42 Mpx, certes, mais sans avoir fait de mesures précises, je ne suis pas certain qu’en vidéo la différence soit flagrante).

Le Fujifilm X-T2 pourrait vraiment convaincre ceux qui veulent le meilleur des deux mondes sans faire de sacrifices sur la qualité, que ce soit en photo ou en vidéo. Les simulations de pellicule proposent de jolis rendus et cette orientation me plaît pas mal aussi.

Un grand merci à Fabrice et à toute l'équipe de Fujifilm de m'avoir fait confiance. Je suis vraiment ravi d'avoir été choisi pour ce bêta-test, car comme je le disais plus haut, j'ai toujours été séduit par leur démarche en photo et je rêvais de les voir entrer dans la danse des photocams. Avec le X-T2, c'est désormais chose faite et j'ai vraiment la sensation que c'est le début d'une nouvelle aventure pour ce constructeur. Une affaire à suivre, donc.

thead thead
Points forts Points faibles
Qualité d’image Autonomie sans la poignée booster
Simulations de pellicule Poignée booster obligatoire pour la vidéo
Ergonomie générale Pas de ralentis
Rapport qualité d’image / prix Navigation dans les menus parfois étrange
Viseur électronique Sortie en 8 bits seulement
F-log Orientation de l’écran peu pratique en vidéo
F-Log sur enregistrement externe uniquement

Exemple non compressé :

***Extrait concert UHD (180 Mo)***

Exemples de photos

Fujifilm X-T2 exemple 1
Fujifilm X-T2 exemple 2
Fujifilm X-T2 exemple 3
Fujifilm X-T2 exemple 4
Fujifilm X-T2 exemple 5
Fujifilm X-T2 exemple 6
Fujifilm X-T2 exemple 7
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Fujifilm X-T2 exemple 12
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Fujifilm X-T2 exemple 33
Fujifilm X-T2 exemple 34

Verdict

Fujifilm X-T2 test review

Allons-y sans détour, le Fujifilm X-T2 est l'un des boîtiers les plus intéressants du moment. L'objet déjà est un peu à part avec son design rétro. Le boitier est certes petit et certaines commandes, difficiles d'accès, mais quel plaisir de retrouver une ergonomie à l'ancienne, où chaque molette n'a qu'une fonction : ISO, ouverture (bague de diaphragme sur l'optique), temps de pose, correction d'exposition. Tout est simple et intuitif : du bonheur ! Cerise sur le gâteau, c'est également valable en vidéo. Le boîtier et certaines optiques sont résistants aux intempéries et vous n'aurez pas peur de le sortir, même sous un mauvais crachin.

Le viseur électronique est spacieux, fluide et agréable. En très basse lumière, il fourmille un peu, mais c'est l'un des meilleurs modèles actuels. Dommage que le X-T2 ne dispose pas d'un écran LCD tactile et complètement orientable. S'il bascule sur 2 axes, les mouvements sont alambiqués et peu pratiques.

Les ingénieurs de la marque ont largement fait progresser le système autofocus. Le X-T2 reprend les avancées introduites avec le X-Pro2 et améliore encore l'ensemble avec un mode boost avec la poignée d'alimentation. La mise au point est rapide et sensible, même en basse lumière. Le module s'enrichit d'un menu pour personnaliser au mieux le fonctionnement du système en fonction des sujets photographiés.

Cette profusion d'options rend l'utilisation un peu plus complexe, mais vous pouvez vraiment peaufiner le fonctionnement de votre appareil. Ce excellent module AF est couplé à une cadence rafale qui grimpe à 8 ips et qui flirte avec les 11 ips avec, toujours, cette fameuse poignée d'alimentation. Le X-T2 grimpe même à 14 ips sans suivi AF et obturation électronique. L'hybride de Fujifilm marche donc sur les terres des reflex sportifs comme le Nikon D500 ou le Canon 7D Mark II. Sans atteindre les performances des modèles haut de gamme (Nikon D5 / Canon 1D X Mark II), le X-T2 impressionne et se révèle un très bon compétiteur à un prix nettement plus abordable.

En outre, cette même obturation électronique rend le boîtier parfaitement silencieux. Un vrai plus pour la photographie de spectacle.

La qualité des images est au rendez-vous avec une excellente gestion des hautes sensibilités ISO jusqu'à 6 400 ISO. Le capteur CMOS X-Trans III fait des merveilles et les JPEG, très bons, ne nécessitent pratiquement aucune retouche. Inutile de perdre du temps avec les logiciels de développement RAW, le gain est marginal : à peine pourra-t-on gagner un peu dans les hautes lumières.

Le bond le plus magistral est en vidéo. Nous reviendrons plus en profondeur sur cet aspect du boîtier, mais les résultats sont bons avec la possibilité de filmer au format UHD sur carte ou un enregistreur externe. C'est surtout par son ergonomie et la simulation de films que le X-T2 pourra séduire un vidéaste.

Au final, le Fujifilm X-T2 se montre un boîtier très séduisant. Il nécessite toutefois la poignée d'alimentation VPB-XT2, pour le mode boost bien sûr, mais aussi et surtout pour le surcroît d'autonomie. Il faut donc ajouter plus de 300 € aux 1 600 € du boîtier pour une addition au final un peu salée.

Quoi qu'il en soit, le X-T2 reçoit facilement un recommandé et se positionne pour être l'un de nos boîtiers préférés de l'année 2016.

+
  • Bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 6 400 ISO
  • Finition à l'épreuve des intempéries
  • Obturation mécanique au 1/8 000 s et 1/32 000 s en obturation électronique
  • Enregistrement vidéo UHD
  • Poignée d'alimentation qui fait office de booster et offre une autonomie de 1 000 vues
  • Recharge par micro-USB et connexion USB 3
  • Système autofocus complet et efficace
  • Rafale à 11 ips avec suivi autofocus
  • Rafale jusqu'à 14 ips !
  • Mise au point manuelle par focus peaking ou stigmomètre électronique
  • Compatibilité avec les cartes SD UHS-II
  • Connexion Wi-Fi pour un pilotage distant
  • Présence d'un déclencheur par câble souple !
  • Différentes simulations de films en photo et vidéo
  • Présence d'une prise synchro flash
  • Viseur électronique large, précis et fluide
  • Écran LCD pas totalement orientable
  • Écran LCD non tactile
  • Autonomie vraiment courte (300 vues environ). Le grip d'alimentation devient rapidement indispensable.
  • Pas de sortie casque pour le contrôle du son en vidéo. Il faut acheter le grip (il est de toute façon indispensable en vidéo).
  • Leviers pour la motorisation (et vidéo) et la mesure d'exposition difficiles à manipuler.
  • Joystick placé un peu trop bas pour une utilisation confortable
  • Mode vidéo UHD F-Log uniquement par la sortie HDMI (pas sur la carte)
  • Le flash livré en standard ne peut pas piloter des flashes distants sans fil
  • Niveau électronique sur un seul axe
  • Ralentissement de la cadence rafale à partir de 25 600 ISO
  • Pas d'aide contextuelle dans les menus
  • Dynamique du viseur électronique perfectible
  • Format RAW (.RAF) propriétaire
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Fujifilm X-T2
X-T2
Priceminister 1430,00 €
Fnac.com marketplace 1521,00 € Voir l'offre
Digixo 1608,99 € Voir l'offre
Fnac.com 1615,00 € Voir l'offre
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Priceminister 1821,00 € Voir l'offre
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