CapteurAPS-C (23,6 x 15,6 mm), X-Trans CMOS III, 24,3 Mpx
MontureFujifilm X
Optique livrée/
StabilisationIntégrée dans les optiques
AntipoussièreOui, par vibrations ultrasoniques
ViseurOui, de type hybride optique et électronique. Optique : couverture de champ de 92 %. Électronique : dalle de 2 360 000 points ; couverture de champ de 100 % ; grossissement de 0,59x (eq. 24x36) ; détecteur de présence
Mise au pointSystème hybride à détection de contraste et corrélation de phase sur l'imageur principal.
Modes autofocusAF simple, AF continu et mise au point manuelle
Mesures d'expositionTTL 256 zones
Modes d'expositionMulti-zone, spot, pondérée centrale
Vitesse d'obturation30 à 1/8 000 s. Synchro flash 1/250 s. Obturateur électronique au 1/32 000 s. Obturateur mécanique donne pour 150 000 déclenchements
Motorisation8 i/s
Sensibilité ISO200-12 800 ISO. Ext. 100-51 200 ISO
Mémoire2 emplacements SD/SDHC/SDXC (UHS-I et II pour l'emplacement 1)
AlimentationNP-W126. Donnée CIPA : 250 vues avec visée électronique et 350 vues avec visée optique
ConnexionWi-Fi (b/g/n), USB 2.0, HDMI (type D), micro stéréo (2,5 mm), télécommande ; prise synchro flash
Dimensions141 x 83 x 46 mm
Poids495 g (avec batterie)
Logiciels/
Dans la boîte/

Caractéristiques

Fujifilm X-Pro2 test review

Présentation

Il y a tout juste 4 ans, Fujifilm faisait sensation en présentant le X-Pro1, le premier appareil compact à objectif interchangeable (COI) numérique de la marque. Celui-ci tranchait à l'époque par rapport aux autres boîtiers avec son look résolution rétro et son viseur optique (et électronique) bien présent, qui faisait penser à un appareil photo télémétrique.

Le X-Pro2 succède aujourd'hui au modèle premier du nom avec un nouveau capteur APS-C et quelques améliorations bienvenues. Entrons dans les détails.

Design : changements mesurés, mais intéressants

Le X-Pro2 conserve le look familier et rétro du X-Pro1 tout en apportant quelques nouveautés bienvenues. Ainsi, la face avant s'enrichit d'une deuxième molette de réglage qui vient accompagner la molette arrière. Vous retrouverez le levier qui permet de basculer d'une visée optique à une visée électronique ou d'incruster par surimpression des informations sur la visée optique (loupe, stigmomètre électronique).

Au dos de l'appareil, les changements sont plus nombreux, hormis concernant l'écran LCD. Sa taille, d'une diagonale de 7,6 cm, ne change pas pour un affichage reconduit en 1 620 000 points (900 x 600 px) dans un ratio 3:2. Il n'est malheureusement ni orientable ni tactile : dommage. La colonne de commandes à gauche de l'écran, elle, disparaît, reléguant les touches sur la droite du boîtier.

Fujifilm X-Pro1 vs X-Pro2, comparaison
Fujifilm X-Pro1 vs X-Pro2, comparaisonX-Pro2 à gauche et X-Pro1 à droite.

Deux commandes (mesure de la lumière et mémorisation de l'exposition) apparaissent sur le haut du dos. Vous noterez surtout l'arrivée d'un joystick pour déplacer rapidement les collimateurs AF, une solution déjà éprouvée sur les reflex sportifs et à laquelle nous adhérons pleinement.

Le joypad est toujours là et propose désormais un accès direct à la motorisation. Les autres directions sont personnalisables. Au dos de la poignée, vous trouverez la touche Q pour Quick, qui dirige vers un menu rapide afin de régler certains paramètres de la prise de vue. Au total, pas moins de 6 touches sont configurables.

Le dessus de l'appareil évolue également. Le correcteur d'exposition devient plus imposant et plus simple à manipuler. Toutefois, lors de notre prise en main, nous avons trouvé son mouvement un peu trop souple : il faudra vérifier ce point lors des tests sur le terrain. La molette des vitesses permet désormais de régler la sensibilité ISO. Pour cela, il suffit de soulever la couronne et de tourner la molette. Vous accédez également aux positions Automatique, L(ow) et H(igh), comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessous.

Fujifilm X-Pro2, ergonomie du boîtier, correcteur d'exposition
Le correcteur d'exposition propose une position C pour une correction jusqu'à +/- 5 IL.

Le boîtier est toujours bâti sur un châssis en alliage de magnésium et dispose d'une finition à l'épreuve de la poussière et du ruissellement d'eau avec 61 points d’étanchéité.

Fujifilm X-Pro2 châssis en alliage de magnésiumLe châssis robuste du X-Pro2.

Le nouveau venu n'intègre toujours pas de flash pop-up, mais dispose d'une griffe porte-accessoire qui permet de connecter un flash externe.

Un nouvel œil jusqu'à 51 200 ISO

Le X-Pro2 intègre un capteur APS-C X-Trans CMOS III de 24,3 Mpx. Fujifilm franchit donc le cap des 16 Mpx sur sa gamme X-Trans : un bond assez significatif en définition pour être appréciable. La partie en aluminium du capteur a été remplacée par du cuivre pour accélérer la vitesse de transfert. Le capteur utilise toujours une matrice colorée spécifique qui permet de réduire les effets de moiré et les artéfacts colorés sans recourir à un filtre passe-bas optique. Un nouveau processeur de traitement des données permet désormais de grimper jusqu'à 51 200 ISO, même en RAW, alors que les fichiers bruts étaient jusqu'alors limités à 6 400 ISO.

La présentation de ce nouveau capteur X-Trans marque sans doute le renouvellement d'une bonne partie de la gamme X-Premium, et notamment un prochain X-100...

Fujifilm X-Pro2 capteur 24 Mpx X-Trans

Ce même processeur permet d'améliorer la réactivité de l'appareil de la mise sous tension à l'autofocus.

Au niveau du système de mise au point, le X-Pro2 dispose d'une surface plus importante et couvre désormais 40 % du champ de l'image cadrée. Le boîtier dispose maintenant de 77 points AF (contre 49 précédemment) avec la possibilité de travailler par groupes : 3x3, 5x5 et 7x7. Vous pouvez également utiliser le système de détection de visage et d’œil. Sur ce point, nous sommes assez proches de ce que propose déjà le X-T1 avec les dernières mises à jour.

Viseur hybride

Le X-Pro2 reprend le système de visée hybride optique/électronique du précédent modèle, avec toujours le principe de levier à l'avant de l'appareil pour passer d'une visée optique à une visée électronique.

Côté LCD, Fujifilm améliore grandement le confort avec une dalle de 2 360 000 points (identique à celle du X100T) dans un ratio 4/3. Le rafraîchissement de l'image passe de 54 à 85 i/s pour plus de fluidité et la période aveugle, au moment de l'obturation, est désormais de 150 ms selon le constructeur. Le grossissement est d'environ 0,59x en équivalent 24x36.

La visée optique est plus agréable, claire et fluide, mais ne vous permet pas de contrôler la mise au point : vous devez alors vous fier à l’autofocus... sauf si vous optez pour l’affichage hybride (oui, de l'hybride dans l'hybride). En tournant la tirette de sélection des modes de visée vers l’intérieur, vous bénéficiez simultanément de la visée directe et de la visée vidéo, reprise dans un petit écran situé en bas à droite du viseur. Cet affichage vidéo est couplé au collimateur de mise au point sélectionné, pour pouvoir contrôler en permanence la netteté sur la zone souhaitée (loupe ou stigmomètre électronique).

Fujifilm visée optique/ électronique

Visée Fujfilm X100T

De gauche à droite : visée électronique, visée optique et visée optique avec contrôle du point électronique.

Toujours en visée optique, il sera possible d'afficher en surimpression une simulation de cadrage afin de visualiser précisément l'angle de champ correspondant à chaque focale sans avoir à changer d'optique.

Côté visée, le nouveau venu reprend donc les éléments déjà présents dans le X100T. Nous espérions une dalle beaucoup plus précise (comme celle du Leica Q qui affiche en 1 280 x 960 px, soit 3,68 millions de points).

Et la vidéo ?

Point de 4K au programme. Fujifilm reste assez frileux sur le sujet, mais annonce que le processeur et le capteur sont capables d'encaisser un flux vidéo 4K... Peut-on s'attendre à une mise à jour dans les mois à venir pour "débrider" l'appareil ? La vidéo n'est clairement pas une priorité de la marque (il n'y a pas de bouton dédié à la vidéo, il faut paramétrer une commande) et voir poindre un mode 4K quelques mois après la présentation du X-Pro2 serait étonnant.

Reste que le boîtier film en HDTV 1080 à 60/50/30/25/24p. Le vidéaste amateur y trouvera donc largement son compte. Si le X-Pro2 dispose bien d'une entrée micro, la sortie casque pour vérifier la captation sonore est toujours absente.

Les petits plus

Vous découvrirez une fonction d'intervallomètre (jusqu'à 999 images). La puce Wi-Fi qui équipe le X-Pro2 permet son contrôle à distance à partir de l'application Camera Remote, mais aussi de transférer ses images vers un smartphone ou une tablette pour une diffusion sur Internet et les réseaux sociaux tout en associant les données GPS.

Un nouveau filtre de simulation de films noir & blanc fait son apparition : ACROS.

Le X-Pro2 propose désormais 2 logements pour carte mémoire au format SD, compatibles avec la dernière norme de communication UHS-II.

Fujifilm X-Pro2 double logement pour carte SD

Enfin, une poignée répondant au doux nom de MHG-XPRO2 (129 €) rend la prise en main plus franche ; elle est compatible avec les rails de type Arca-Swiss.

Fujifilm X-Pro2 poignée

Prix et disponibilité

Le Fujifilm X-Pro2 sera disponible au mois de février 2016 pour 1 800 €.

Notre premier avis

Le X-Pro2 arrive donc 4 ans après le X-Pro1, version initiatrice de la gamme X Premium. Le X-T1, boîtier robuste et taillé pour un usage exigeant, débarqué au début de l'année 2014, avait déjà un peu rebattu les cartes. Depuis, l'attente d'un X-Pro2 s'était faite de plus en plus pressante. Il a fallu toutefois deux ans pour que le nouveau boîtier pointe le bout de ses pixels.

Au final, le X-Pro2 intègre toutes les technologies déjà présentes dans les X-T1 et X100T dans un boîtier qui se veut la synthèse du savoir-faire de la marque. La visée hybride gagne en confort avec une bien meilleure définition en mode électronique, l'autofocus devrait logiquement largement gagner en réactivité et, surtout, le nouveau boîtier propose un nouveau capteur à 24 Mpx qui devrait redéfinir les standards de qualité pour le format APS-C.

Le X-Pro2 ne révolutionne donc pas le petit monde de la photo et présente encore quelques manques, notamment en vidéo ou concernant l'écran qui reste désespérément fixe et non tactile. Toutefois, le boîtier reprend fièrement sa place de fer de la lance de la gamme et ravira tous les accros à la visée hybride optique et numérique, mais le tarif reste très élevé.

Caractéristiques

Test terrain jour 1

Après la phase de l'excitation liée à l'arrivée d'un nouveau boîtier et l'examen attentif de sa fiche technique, il est temps de passer un peu à la pratique et de sortir faire quelques photos. Équipé d'un Fujifilm X-Pro2, du tout nouveau et clairement sympathique 35 mm f/2 et du plus classique 18-55 mm f/2,8-4, j'ai arpenté les quartiers de la mégapole japonaise en compagnie de David Michaud. Mon guide est également photographe et nous avons sillonné les gigantesques avenues et les ruelles de Tokyo tout en débattant de l'utilité de telle ou telle fonctionnalités sur un appareil photo.

mieux dans l'ergonomie, mais perfectible

Les premiers contacts avec le X-Pro2 sont rassurants et vous retrouverez la même qualité de fabrication que le X-Pro premier du nom avec un châssis métallique (alliage de magnésium) et un revêtement en simili cuir agréable. La poignée a été redessinée. À l'avant, le grip est plus présent pour assurer une meilleure préhension et à l'arrière, le cale-pouce offre un bon maintien. Le X-Pro2 gagne en fiabilité et se voit paré de 61 joints d'étanchéité pour affronter la pluie, la neige et les tempêtes de sable.

Il reprend la ligne classique de l'appareil photo télémétrique "à l'ancienne" avec le viseur déporté à droite et une sobriété de bon aloi — un design déjà éprouvé sur la première version (X-Pro1). Les ingénieurs avaient réfléchi à plusieurs évolutions possibles pour le X-Pro2 : plus arrondi, plus fin... Au final, la courbe n'évolue que très peu et c'est plutôt l'emplacement des commandes qui change.

Ainsi, au dos, toutes les commandes sont désormais situées à droite pour faciliter l'utilisation d'une seule main. Vous trouverez deux molettes de réglages à l'avant et à l'arrière du boîtier. Celles-ci sont cliquables, mais pour l'instant, il n'est pas possible de redéfinir leur fonction. Dommage.

Fujifilm X-Pro2, ergonomie du boîtier, correcteur d'exposition

Sur le dessus de l'appareil, vous retrouverez l'imposante molette de temps de pose qui peut se verrouiller sur le mode A (Auto). La couronne, autour de cette molette, donne accès à la sensibilité ISO. Il suffit de la soulever pour faire passer les différentes sensibilités de l'appareil jusqu'au mode Auto. Avec des optiques dotées d'une bague de diaphragme, vous pouvez donc régler le trio : temps de pose, ouverture et ISO sans avoir à allumer l'appareil photo. L'accès est immédiat et très pratique... avant de faire des photos. En revanche, une fois l'œil dans le viseur, changer la sensibilité ISO ou le temps de pose s'avère nettement moins évident.

La molette de correction d'exposition prend de l'ampleur et devient de fait plus simple à manipuler. Malheureusement, elle est encore un peu trop souple et il n'est pas rare d'avoir de se retrouver en +1 ou -2 IL en sortant l'appareil d'un sac photo. Un crantage plus résistant serait donc le bienvenu, car l'option d'un verrouillage n'est finalement pas confortable pour une utilisation courante. La position C permet de dépasser les valeurs ±3 IL jusqu'à ±5 IL à l'aide de la molette frontale.

Dans les nouveautés, l'apparition d'un joystick pour le déplacement du collimateur (ou du groupe de collimateurs) autofocus est une vraie réussite. Le pointeur est discret, mais solide avec un bon répondant. il est également cliquable. Deux pressions suffisent d'ailleurs à replacer le point au centre. Pratique. Toujours dans les pressions, les touches du trèfle de sélection ou la commande Fn sont facilement personnalisables. Une pression longue sur les commandes fait apparaître le menu des différentes fonctionnalités.

Un nouveau menu personnalisable fait également son apparition. Une bonne idée qui permet de regrouper les fonctions que vous utilisez le plus souvent.

Fujifilm X-Pro2 vue de dos

Le X-Pro2 est donc alléchant. Pourtant, il apporte également son lot de frustration. À commencer par l'écran LCD, désespérément fixe et non tactile. Questionnés à ce sujet, les ingénieurs de la marque sont unanimes : les photographes ciblés par le X-Pro2 n'utiliseraient pas l'écran tactile. Certes. Libre à la majorité desdits photographes de ne pas l'utiliser, mais pourquoi contraindre les malheureux acheteurs de X-Pro2, qui auront dépensé la bagatelle de 1 800 €, à ne pas avoir accès à un écran tactile ? Il me semble que le fer de lance d'une marque se doit d'avoir certaines fonctionnalités que l'on retrouve sur un appareil moins gradé... comme le X70 présenté en même temps. Cette fonctionnalité est si pratique en vidéo (nous avons bien compris que la vidéo n'est pas une priorité de Fujifilm sur le X-Pro2...) et si simple à utiliser pour régler l'appareil !

Encore moins compréhensible : l'écran non orientable. Là encore les ingénieurs ont une réponse : le gain de place. Pourtant, le X-Pro2 est l'appareil le plus épais de la gamme et un écran orientable présente tellement davantage pour photographier au ras du sol ou au-dessus de la foule, ce qui peut s'avérer essentiel en photographie de rue. De plus, si l'écran est monté sur rotule, il peut alors être totalement protégé une fois retourné contre le dos de l'appareil. L'argument de l'épaisseur nous semble bien vain.

Je regrette également quelques fonctionnalités pas assez abouties ou quelques oublis, à commencer par le mode panoramique par balayage qui a tout simplement disparu des menus. Une mise à jour devrait rapidement remettre les choses en ordre. Dans le même ordre d'esprit, il serait intéressant que le niveau de sensibilité ISO automatique s'adapte automatiquement avec les optiques vissées sur l'appareil. Il faut encore paramétrer manuellement le temps de pose à partir duquel vous voulez que la sensibilité ISO augmente automatiquement.

Parmi les absents, j'ai également pointé le flash. Le X-Pro2 n'intègre toujours pas un petit flash d'appoint escamotable pour déboucher un contre-jour par exemple, mais, surtout, il n'est pas livré avec un modèle externe, contrairement au X-T1 fourni avec le EF-X8.

Viseur hybride : toujours bluffant, mais limité

Naturellement, ce qui fait la force et l'intérêt du X-Pro2 (comme du X-Pro1), c'est son viseur hybride optique/électronique. Le même que l'on retrouve dans le X100T.

En mode optique, la visée est claire, fluide et plus large que l'image enregistrée, ce qui permet de voir un sujet en déplacement s’apprêter à rentrer dans le cadre. Dans une ambiance tamisée, cette visée se révèle très confortable. Un cadre permet d'ajuster la composition finement et s'adapte selon le format photographié et la focale utilisée (le cadre change également avec un zoom). Comme sur le X100T, il est possible d'afficher en surimpression un petit cadre pour afficher un zoom dans l'image (zone pointée par le collimateur) afin de vérifier la mise au point lors d'une action manuelle. Le hic ? Le viseur optique fonctionne avant tout avec des focales fixes assez courtes. En effet, si vous utilisez un zoom (18-55 mm ou plus long par exemple), celui-ci apparaît dans le cadre de visée à droite : impossible de voir un sujet situé à votre droite. Il faut alors impérativement basculer en visée électronique.

Fujifilm X-Pro2 exemple 1
*Exemple de photo réalisée en soirée en visée optique. Il est plus facile d'anticiper les déplacements de personnes dans ce mode-là.*

En très basse lumière, la visée électronique est plus efficace puisqu'elle redonne un peu de luminosité pour faciliter le cadrage. Le cadrage est alors à 100 % et vous pouvez visualiser de nombreuses informations, dont la simulation des films, la correction d'exposition ou les différents collimateurs autofocus.

La dalle n'est pas nouvelle et vous retrouverez les 2,36 millions de points déjà présents dans le X100T. J'aurais apprécié l'intégration d'une nouvelle dalle plus précise comme celle qui équipé le Leica Q (3,7 Mpx) ou le Leica SL (4,4 Mpx).

La visée électronique est fluide, même en basse lumière, ce qui est très appréciable et le grain, assez peu prononcé.

La possibilité de basculer rapidement d'une visée optique à une visée électronique avec tous les avantages et les inconvénients liés aux différents systèmes est un atout indéniable, qui rend le X-Pro2 encore plus polyvalent. Pour les porteurs de lunettes, le dégagement oculaire pourra sembler un peu faible. Pour ma part, j'ai du mal à embrasser toute la scène photographiée sans avoir à bouger l'œil.

Fujifilm X-Pro2 exemple 4
*Exemple de photo réalisée en visée électronique, ce qui permet de mieux apprécier le rendu en contre-jour. En visée optique, la scène ne présente pas du tout ces caractéristiques.*

Rendu des couleurs : du Velvia à l'Acros

Le X-Pro2 est équipé d'une nouvelle puce de traitement des données annoncée 4x plus rapide par Fujifilm et qui donne un sacré coup de fouet au boîtier en termes de réactivité. En outre, elle permet au COI de Fujifilm de traiter les JPEG avec un nouveau filtre noir & blanc Acros (simulation des films du même nom) et de gérer le grain avec 3 niveaux : sans grain, grain léger et grain fort. Comme cette simulation est liée au processeur, il est peu probable que l'on voie un jour une mise à jour firmware généraliser ce filtre à l'ensemble des boîtiers de la marque. Acros est une simulation assez contrastée avec des noirs denses et beaucoup de détails dans les hautes lumières.

Fujifilm X-Pro2 exemple 2
*Exemple de photo réalisée avec la simulation de film Acros sans ajout de bruit électronique.*

L'une des forces du X-Pro2 est la possibilité de "sortir" des images JPEG directement exploitables en associant différentes simulations de films. Lors de mes essais dans les rues de Tokyo, j'ai opté pour le rendu Velvia qui sature fortement les couleurs. Les images "claquent" et l'on retrouve le rendu typé National Geographic.

Fujifilm X-Pro2 exemple 5
*Exemple de photo réalisée avec la simulation de film Velvia. Il s'agit des marches qui guident les visiteurs vers le temple Shinto Hie Shrine.*
Fujifilm X-Pro2 exemple 9
Fujifilm X-Pro2 exemple 10
*Deux autres exemples de photos réalisées avec le mode Velvia. Là encore, je souhaite mettre en avant et rehausser les couleurs des scènes photographiées.*

Autofocus : plus rapide et plus facile

Le principal reproche fait au X-Pro1 était sa lenteur à la mise au point. Pour cette seconde mouture, Fujifilm a repensé son système autofocus et propose une version nettement plus rapide. La marque clame un gain de 30 % par rapport au X-T1 (sur quelles mesures ?). De mon côté, j'ai bien noté une amélioration de la mise au point qui fait du nouveau boîtier un appareil aussi rapide que le X-T1. Nous n'avons pas effectué de chrono sur l'appareil, car il s'agissait d'un modèle de présérie voué à évoluer.

Rappelons que le système AF hybride de Fujifilm fonctionne en corrélation de phase en pleine lumière, épaulée par un système à détection de contraste quand la lumière vient à manquer.

Quoi qu'il en soit, le X-Pro2 est beaucoup plus agréable à utiliser que son prédécesseur : la mise sous tension est très rapide (moins d'une demi-seconde) et l'autofocus, assez réactif même en basse lumière. On reste toutefois en deçà des meilleurs boîtiers Micro 4/3 Olympus (E-M1) ou Panasonic (GX8).

Le mode autofocus évolue notablement avec désormais 77 points (autofocus par corrélation de phase) sélectionnables et une option qui permet de passer à 273 points (détection de contraste), eux aussi sélectionnables. La surface AF totale est beaucoup plus large qu'auparavant, ce qui est vraiment plus confortable pour sélectionner un élément décentré sans avoir à bouger l'appareil. Comble du bonheur, le X-Pro2 dispose désormais d'un joystick pour sélectionner rapidement une zone (un écran tactile au dos aurait été encore plus rapide...). Attention, seule la zone centrale est hybride et donc très rapide. Les collimateurs latéraux ne fonctionnent qu'en corrélation de phase et sont un peu plus lents (petits carrés dans l'illustration ci-dessous).

Fujifilm X-Pro2 collimaters AF hybride

Le suivi autofocus donne de bons résultats dans les 3 modes disponibles (1 point, zone et wide/tracking). Sur un véhicule se déplaçant en ville, nous obtenons des images nettes sur une série de 8 images (cadence à 8 i/s).

Fujifilm X-Pro2 suivi autofocusLes 8 images de la rafale présentent une netteté suffisante pour être exploitées.

Il est toujours possible d'activer la reconnaissance des visages ainsi que des yeux pour faciliter le travail de portrait, même si personnellement je préfère travailler avec le joystick pour placer le collimateur au bon endroit.

Fujifilm X-Pro2 exemple 7
*Pour ce cliché, j'ai été obligé de déclencher très vite pour surprendre les mariés à leur arrivée. Je ne voulais pas gêner le photographe officiel (situé derrière moi) et n'avais donc droit qu'à un seul essai. L'autofocus s'est montré très réactif sur une scène certes très contrastée.*

Qualité des images

Difficile de se prononcer sur un boîtier non définitif — le X-Pro2 sera en vente qu'à la mi-février —, mais nous pouvons déjà parler de certains éléments. Les optiques Fujinon haut de gamme semblent taillées pour le 24 Mpx. J'ai d'ailleurs questionné les ingénieurs sur ce point : pourquoi avoir choisi 24 Mpx au lieu de 20 Mpx, par exemple ? La réponse a été la suivante : 24 Mpx représente selon eux la définition maximale pour un capteur APS-C en termes de ratio définition/qualité d'image. Ils se devaient de la proposer à leurs clients. Le 35 mm f/2 s'est admirablement bien comporté lors de notre sortie tokyoïte.

Fujifilm X-Pro2 exemple 8
*Exemple de photo réalisée avec le 35 mm f/2 à pleine ouverture. Il s'agit des tonneaux de saké à l'entrée du sanctuaire Meiji-jingu.*

Toutefois, nous avons noté des phénomènes d'éblouissement (blooming) du capteur sur les zones très contrastées, comme sur l'image ci-dessous à gauche au niveau des arbres.

Fujifilm X-Pro2 exemple 13
Fujifilm X-Pro2 exemple 3
*Exemple de photo réalisée avec le 35 mm f/2 à pleine ouverture.*

Bonne Gestion du bruit électronique

En hiver, la nuit tombe vite sur la capitale nippone et il est à peine 17h quand nous marquons un arrêt dans un café d'Akihabara. L'ambiance est sombre et le X-Pro2 monte rapidement dans les tours. C'est bien sûr l'un des points cruciaux pour Fujifilm, qui a su imposer un nouveau standard il y a 3 ans avec son capteur APS-C 16 Mpx X-Trans. Une fois de plus, il s'agit ici d'un boîtier non définitif, même si le firmware (micrologiciel) est estampillé 1.0.

Les premiers clichés réalisés sont plutôt prometteurs, avec une sensibilité 6 400 ISO parfaitement exploitable.

Fujifilm X-Pro2 exemple 18
*Exemple de photo réalisée à 6 400 ISO. Celle-ci est encore riche en détail et conserve une bonne saturation au niveau des couleurs. Le moutonnement est visible, mais sait rester agréable à l'œil.*

À défaut de vous proposer une montée ISO classique en studio, voici une série d'images à toutes les sensibilités ISO. Vous pouvez cliquer sur les imagettes pour visualiser les images en pleine définition et télécharger les fichiers bruts (.RAF).

L'image à 200 ISO est vraiment impeccable : aucun bruit n'est décelable, même à 100 % sur écran. De manière assez étonnante, un très léger moutonnement est perceptible à 400 ISO, mais celui-ci ne s'amplifiera que marginalement jusqu'à 3 200 ISO et il est possible de monter à 6 400 ISO sans la moindre difficulté. Les dégradations sont par contre facilement visibles à 12 800 ISO (nous sommes ici à 100 % sur écran avec un 24 Mpx) : le moutonnement est sensible et légèrement coloré, les bordures sont beaucoup moins nettes.

Fujifilm X-Pro2 exemple 19
Fujifilm X-Pro2 exemple 21
Fujifilm X-Pro2 exemple 20
*Exemples de photos réalisées de nuit à différentes sensibilités ISO.*
Fujifilm X-Pro2 exemple 22
*Impossible de finir une virée nocturne dans Tokyo sans passer par l'incontournable Shibuya. Avec l'éclairage artificiel de ce monstrueux carrefour, véritable épicentre de la vie nocturne tokyoïte, le X-Pro2 ne monte pas au-delà de 640 ISO en pleine nuit.*

Vidéo à la traîne

Les ingénieurs de Fujifilm l'ont clairement indiqué : la vidéo n'est pas une priorité. Ainsi, le X-Pro2 ne filme pas en 4K, alors que ces mêmes ingénieurs nous affirment que le capteur et le processeur en sont capables. Il resterait de nombreux tests à faire — notamment vérifier la montée en température — avant d'aller plus loin dans ce sens.

Pour autant, le mode vidéo n'est pas à oublier complètement. Il est assez classique : l'appareil est capable d'enregistrer des clips en HDTV 1080 à 60/50/30/25 et 24p. Il est possible pendant l'enregistrement de modifier l'ouverture, l'obturation et la sensibilité ISO, mais via les molettes et ces opérations se montrent bruyantes et peu pratiques à mettre en œuvre (on rêve encore d'un écran tactile). Vous ne disposez d'aucun assistant pour la mise au point manuelle (pas de focus peaking pendant la prise de vue, pas de zébras d'exposition) et s'il possible de relier un micro stéréo, il faudra faire une croix sur un quelconque retour via un casque.

Autonomie : le talon d'Achille

Comme sur la plupart des hybrides, l'autonomie est un véritable problème : au bout d'une journée de test, j'ai utilisé pas moins de 3 batteries. Le X-Pro2 étant rapide à la mise sous tension (contrairement aux A7 de Sony), il est préférable d'éteindre le boîtier après chaque prise de vue — une démarche peu naturelle pour les photographes qui utilisent des reflex dont l'autonomie oscille entre 800 et 1 200 vues. Certes il fait froid à Tokyo (moins de 8 °C), mais la première batterie m'a permis de déclencher un peu moins de 200 fois et la deuxième, un peu plus de 230 fois. Si vous êtes un tant soit peu chatouilleux du déclencheur, une seconde batterie est indispensable.

Wi-Fi et applications

Le Fujifilm X-Pro2 est équipé d'une puce Wi-Fi qui permet de piloter le boîtier à distance, géolocaliser les clichés et les récupérer sur son smartphone pour les transférer sur Internet et les réseaux sociaux. L'application de Fujifilm, Camera App, s'avère plutôt bien réalisée, facile à prendre en main et assez complète. Pas de mot de passe à saisir une fois connecté à l'appareil photo : il faut valider sur l'appareil photo l'envoi des images par le Wi-Fi.

En prise de vue à distance, vous pouvez accéder au menu de prise de vues pour modifier certains paramètres comme la sensibilité, le temps de pose ou l'ouverture.

Logiciels

Le X-Pro2 est livré avec le logiciel Silkypix "assaisonné à la sauce" Fujifilm. C'est pour l'instant le seul logiciel à pouvoir traiter les fichiers bruts du boîtier. Il faut bien avouer que le X-Trans CMOS III est un excellent capteur, mais sa technologie particulière (pas de matrice de Bayer) freine les développements par des compagnies tierces.

Fujifilm X-Pro2 test review logiciel

Les choses évoluent et les principaux acteurs du marché, hormis DxO Optics Pro, savent désormais traiter les fichiers RAW X-Trans, mais les mises à jour sont généralement plus lentes. Dans un premier temps, il faudra donc se contenter de Silkypix. Si l'interface est assez austère, le logiciel permet de profiter pleinement du potentiel des images.

Notez que les fichiers JPEG du X-Pro2 (et c'est valable pour tous les boîtiers X-Trans) sont d'une remarquable qualité et qu'il est parfois difficile d'atteindre le même niveau de traitement du bruit électronique ou de rendu des détails avec le logiciel.

Fujifilm X-Pro2 test review logiciel

Alimentation, stockage

Le Fujifilm X-Pro2 utilise toujours les mêmes batteries que le X-Pro1, donc les NP-W126 (et le chargeur BC-W126). Ceux qui disposent déjà de telles batteries pourront les réutiliser. Toutefois, nous n'aurions pas été contre une nouvelle batterie plus puissante. En effet, les 8,7 Wh peinent à suffire pour déclencher plus de 250 fois.

Il n'existe malheureusement pas de grip d'alimentation qui permettrait de doubler l'autonomie de l'appareil. Nous vous conseillons donc d'opter pour une deuxième, voire une troisième batterie de rechange. La NP-W126 se déniche entre 50 et 60 €.
Test Fujifilm X-Pro2 cahrgeur
Le chargeur BC-W126.

Le chargeur n'est pas non plus des plus véloces. Il faut bien compter 3 heures pour une charge complète. En outre, il n'y a aucun témoin du niveau de charge.

Performances

Le module AF du Fujifilm X-Pro2 a été revu en profondeur, avec la possibilité de sélectionner soit 77 (7 x 11) points AF en mode corrélation de phase, soit 273 (13 x 21) points en mode détection de contraste.

Fujifilm X-Pro2 collimaters AF hybride

La présence du joystick permet de déplacer très rapidement le point AF sur les différents collimateurs. Désormais, la couverture AF représente environ 40 % de la visée.

En studio, le X-Pro2 armé du 16-55 mm f/2,8 se montre très réactif et dépasse le X-T1. La mise au point est toujours inférieure à 0,3 s et au grand-angle, la latence est de 0,2 s. D'excellentes performances qui hissent le nouveau boîtier au niveau des meilleurs hybrides.


Sur le terrain, nous avons confronté le X-Pro2 équipé du 16-55 mm au Panasonic GX8 équipé du 12-40 mm f/2,8 d'Olympus. En pleine lumière, l'hybride de Panasonic domine : la mise au point est quasi instantanée, mais le X-Pro2 n'est pas loin. En photo de nuit (sans assistance AF), le Fujifilm prend nettement l'avantage. Le X-Pro2 sera donc parfaitement à l'aise dans toutes les conditions de lumière.

La mise sous tension est également rapide, puisqu'il faut à peine 0,8 s avant de pouvoir prendre un cliché. C'est toutefois toujours plus lent qu'un reflex (0,3 s habituellement).

Côté rafale, le X-Pro2 tient ses promesses avec une rafale à plus de 8 i/s en mode rapide.

Nous avons noté que le temps de mise au point dépend grandement des optiques utilisées. Ainsi, le 23 mm f/1,4 se montre moins réactif, avec un effet de pompage beaucoup plus sensible.

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6 - 1/8 s à une sensibilité de 200 ISO. Le Fujifilm X-Pro2 est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 100 ISO et une ouverture de f/5,6,

Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (DNG). Le boîtier est configuré par défaut, notamment pour ce qui est de rédaction du bruit électronique.

Les JPEG

Le Fujifilm X-Pro2 est équipé d'un capteur APS-C de 24 Mpx ; nous n'avons aucune précision sur son origine. Avec cette définition, la taille des photodiodes est d'environ 3,9 µm. La plage ISO s'étend nativement de 100 à 12 800 ISO et peut être poussée jusqu'à 25 600, voire 51 200 ISO. Le X-Pro2, contrairement à d'autres boîtiers, ne propose pas d'extension de la sensibilité.

Tailles des différents capteurs
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Le capteur délivre une superbe qualité d'image entre 100 et 800 ISO. Les images sont riches en détails, les couleurs saturées et la dynamique intéressante. Un léger moutonnement est perceptible à 1 600 ISO sur les aplats noirs, mais, il faut observer les clichés à 100 % sur écran.

À 3 200 ISO, le bruit est encore peu visible. Si les plus fins détails sont un peu lissés (texture du livre, par exemple), les images conservent une excellente tenue avec une belle richesse dans le rendu de la scène, des couleurs encore soutenues et une dynamique de bon aloi, même si elle diminue un peu. Rien à redire : les clichés du X-Pro2 sont parfaitement exploitables.

Le bruit est un peu plus visible à 6 400 ISO, mais le grain reste très fin. Là encore, le niveau de détail sur le scène est assez impressionnant. La dynamique diminue un peu et les objets sombres (appareil photo par exemple) sont un peu moins précis, mais le niveau général reste une fois de plus très bon.

Même à 12 800 ISO, les images du X-Pro2 sont impressionnantes. Certes, le grain est plus visible, la dynamique baisse, les bordures sont plus floues, mais globalement, l'image est facilement lisible et conserve de la matière. Le grain est fin et peu coloré et donc assez plaisant.

Il faut pousser le X-Pro2 dans ses derniers retranchements (25 600 / 51 200 ISO) pour observer une baisse sensible de la qualité d'image. À l'écran et à 100%, les plus fins détails apparaissent dilués et la dynamique est moins importante. Toutefois, la définition du capteur à 24 Mpx permet des tirages de bonne qualité, notamment en 20x30 cm.

Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le Fujifilm X-Pro2 à quelques boîtiers emblématiques actuels qui proposent des capteurs différents en taille et en définition :

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 6 400 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Il est intéressant de comparer les performances du capteur X-Trans III APS-C de Fujifilm à celles du capteur 24x36 de Sony. Les deux imageurs ont la même définition (24 Mpx), mais la surface sensible des photosites est très différente, le côté mesurant 3,9 µm chez Fujifilm et pratiquement 6 µm chez Sony. Pourtant, les images sont assez similaires et il n'est pas évident de départager les deux boîtiers à 6 400 ISO : une belle performance pour un boîtier APS-C.

Face au X-T1 et ses 16 Mpx, le X-Pro2 tient également facilement la comparaison malgré une définition largement supérieure. Là encore, la performance est remarquable. Le capteur CMOS de Canon dans le 7D Mark II fait pâle figure dans ce comparatif et le boîtier sportif de Canon est largement distancé dans la gestion du bruit électronique.

Fujifilm X-Pro2 - 6 400 ISOFujifilm X-T1 - 6 400 ISO
Canon 7D Mark II - 6 400 ISOSony A7 II - 6 400 ISO

Oscilloscope

Passons certaines images X-Pro2 de Fujifilm sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Notre outil confirme notre perception visuelle : les images sont vraiment excellentes jusqu'à 3 200 ISO et présentent une dégradation perceptible à 6 400 ISO. Elles seront assez aisément exploitables jusqu'à 12 800 ISO, mais la granulation y est déjà très présente dans les aplats gris.

thead thead
Leica SL typ 601 test review bruit électronique sur gris 100 ISOFujifilm X-Pro2 – 100 ISO Fujifilm X-Pro2 test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Fujifilm X-Pro2 test review bruit électronique sur gris 1600 ISOFujifilm X-Pro2 – 1 600 ISO Fujifilm X-Pro2 test review bruit gamme gris graphique 1600 ISO
Fujifilm X-Pro2 test review bruit gamme gris 6400 ISOFujifilm X-Pro2 – 6 400 ISO Fujifilm X-Pro2  test review bruit gamme gris graphique 6400 ISO
Fujifilm X-Pro2 test review bruit gamme gris 12800 ISOFujifilm X-Pro2 – 12 800 ISO Fujifilm X-Pro2 test review bruit gamme gris graphique 12500 ISO

Les fichiers bruts

Nous mesurons également le bruit de fond du capteur en reconduisant le protocole de test précédent, mais dans le noir complet avec un bouchon sur l'objectif.

Le graphique ci-dessous représente la déviation standard (donc le bruit) pour les différents pixels colorés : rouges, verts, bleus, et verts. Pour simplifier les résultats, nous n'affichons ici les résultats que pour une des séries des pixels verts.

Ce graphique montre une bonne gestion du bruit jusqu'à 1 600 ISO. Au-delà, le bruit double à chaque palier. Le X-Pro2 enregistre des fichiers bruts jusqu'à 51 200 ISO, mais nos mesures montrent bien que le signal est amplifié électroniquement jusqu'à 25 600 ISO : la valeur extrême (51 200 ISO) n'est qu'une extrapolation logicielle.

Exposition, RAW

Raw compressé, mais sans perte

Avec un capteur à 24 Mpx, voici une option qui "tombe" à point nommé ! En effet, les fichiers bruts (.RAF) non compressés du Fujifilm X-Pro2 accusent 50 Mo sur la balance numérique. Une "masse" qui oscille entre 20 et 30 Mo une fois la compression (sans perte) activée. Pour le "prix" d'un RAW simple, il est possible de stocker un RAW compressé et un JPEG.

Latitude d'exposition

Pour vérifier la latitude d'exposition d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts avec SilkyPix RAW Converter 2.0 EX afin d'obtenir une exposition similaire. Malheureusement, les .RAF ne sont pas encore pris en compte par Adobe Lightroom que nous utilisons habituellement. Nous vérifions que les images sont semblables avec une latitude de correction de +/-3 IL, le logiciel de Fujifilm ne permettant pas d'aller plus loin.

Sur notre scène test, les résultats sont un peu décevants avec le logiciel maison. Pour les images sous-exposées, il y a pas vraiment de problème jusqu'à -2 IL, mais à -3 IL nous notons déjà une petite dérive colorimétrique. Habituellement, les boîtiers APS-C gèrent les basses lumières jusqu'à -4 IL sans trop de mal ; le X-Pro2 semble ici un peu limité.

Fujifilm X-Pro2 test review latitude d'exposition

Pour les images surexposées, la latitude est encore plus faible. Avec Silkypix Raw Converter 2.0, il est possible de rattraper 1/3 IL, mais pas au-delà. Voilà qui est bien peu...

Ces performances seront à revoir au moment de la prise en compte des fichiers RAF par Lightroom.

Exemples de photos

Fujifilm X-Pro2 exemple 1
Fujifilm X-Pro2 exemple 2
Fujifilm X-Pro2 exemple 3
Fujifilm X-Pro2 exemple 4
Fujifilm X-Pro2 exemple 5
Fujifilm X-Pro2 exemple 6
Fujifilm X-Pro2 exemple 7
Fujifilm X-Pro2 exemple 8
Fujifilm X-Pro2 exemple 9
Fujifilm X-Pro2 exemple 10
Fujifilm X-Pro2 exemple 11
Fujifilm X-Pro2 exemple 12
Fujifilm X-Pro2 exemple 13
Fujifilm X-Pro2 exemple 14
Fujifilm X-Pro2 exemple 15
Fujifilm X-Pro2 exemple 16
Fujifilm X-Pro2 exemple 17
Fujifilm X-Pro2 exemple 18
Fujifilm X-Pro2 exemple 19
Fujifilm X-Pro2 exemple 20
Fujifilm X-Pro2 exemple 21
Fujifilm X-Pro2 exemple 22

Verdict

Fujifilm X-Pro2 test review hybride

Après quelques jours passés en compagnie du X-Pro2 de Fujifilm, il est temps de rendre nos conclusions sur ce boîtier un peu hors normes.

Côté prise en main, certaines évolutions sont intéressantes, d'autres sont plus gadget. La nouvelle poignée fait réellement gagner en confort. La prise en main est franche, directe, plus sûre. La qualité de fabrication progresse également : le boîtier "fait" plus costaud (il est également un peu plus lourd) et la présence de joint d'étanchéité rassure : on n'hésitera pas à sortir le X-Pro2 sous la pluie ou sur des terrains plus hostiles, en veillant à toujours utiliser impérativement des optiques à l'épreuve des mêmes conditions. Les molettes sont très agréables à utiliser : le mouvement est souple et fluide. Tout cela inspire confiance. Reste le correcteur d'exposition que je trouve trop souple, et qui s'est fréquemment retrouvé en position +1 ou -2 IL en sortie de sac. Un crantage plus résistant aurait été appréciable.

La présence d'un joystick pour déplacer le point AF est un vrai plus. On retrouve ce type d'interface sur certains reflex sportifs et il faut bien avouer que c'est rapide et très pratique, surtout quand le nombre de collimateurs AF devient conséquent — ce qui est le cas sur le X-Pro2. quant à l'apparition d'une seconde molette de réglage à l'avant du boîtier, c'est une heureuse idée... sur le papier. Sur le terrain, l'effet est moins saisissant, car l'ouverture se règle à l'aide de la bague de diaph avec la plupart des optiques Fujifilm, et la vitesse dispose de son propre barillet de réglage, tout comme le sensibilité ISO.

La sensibilité ISO est modifiable par une roue crantée qu'il faut soulever. Là encore, ce principe est idéal pour vérifier ou modifier les paramètres de prise de vue (ouverture, temps de pose et sensibilité) avant la prise de vue. Une fois l'œil dans le viseur, c'est plus contraignant, notamment pour la vitesse et la sensibilité. C'est sans doute aussi une question d'habitude, mais pouvoir faire varier le temps de pose et l'ouverture à l'aide des molettes avant/arrière est un principe désormais généralisé sur les reflex haut de gamme, pratique et rapide.

Nous apprécions par ailleurs le nouvel obturateur mécanique qui grimpe au 1/8 000 s et la possibilité de déclencher de manière totalement silencieuse avec l'obturation électronique.

Côté interface, les menus ont été revus et, globalement, le X-Pro2 est plus simple à prendre en main que le X-Pro1. Reste que certaines lignes sont toujours aussi absconses et qu'il n'existe toujours pas d'aide contextuelle. L'ajout d'un menu personnalisable est en revanche une bonne idée qui vient en complément du menu Quick (Q) pour accéder rapidement aux principaux réglages de l'appareil.

Viseur hybride. La visée hybride optique et électronique est l’apanage de Fujifilm et le X-Pro2 dispose de la dernière version, déjà installé dans le X100T.

La visée optique est claire et parfaitement fluide, mais le système a ses propres limites : il ne sera guère utile pour des focales inférieures à 16 mm et, passé 90 mm, le cadre de visée devient très petit et la visée électronique s'impose rapidement. En outre, les optiques volumineuses (comme le 16-55 mm) apparaîtront dans le cadre de visée obstruant la partie droite. Comme sur le X100T, il est possible d'afficher un petit écran LCD dans la visée optique afin de faciliter la mise au point manuelle (celle-ci est quasi impossible en visée optique seule). Il est possible de zoomer (3 niveaux) à l'endroit du collimateur AF sélectionné.

La visée électronique est pour sa part un peu décevante. En effet, la dalle est plus petite que celle du X-T1 et le grossissement est moindre (0,59x contre 0,77x). Tout n'est pas perdu cependant : le rafraîchissement de la visée passe de 54 à 85 images par seconde, ce qui assure une excellente fluidité d'affichage, même en basse lumière. Le dégagement oculaire est un peu court et les porteurs de lunettes ne seront pas particulièrement à l'aise avec ce viseur.

Autofocus. C'est sans doute le point sur lequel le X-Pro2 est le plus attendu. Le contrat est-il rempli ? Assurément oui ! L'autofocus gagne en célérité par rapport à la première version, c'est indéniable. En labo, le X-Pro2 prend l'avantage sur son aîné le X-T1, notamment en basse lumière. Sur le terrain, le Fujifilm s'est montré remarquable, même en basse lumière. Dans la pénombre, il tient la dragée haute aux meilleurs Micro 4/3 et surclasse certains reflex. En pleine lumière, la détection de contraste d'Olympus ou de Panasonic se montre un peu plus réactive. Dans tous les cas, les progrès réalisés par Fujifilm dans le domaine sont impressionnants.

Sur le suivi de sujet en mode rafale, les progrès sont notables et lors de nos tests, nous avons réussi à saisir des sujets en mouvement avec un excellent taux de réussite.

Qualité des images. La magie des imageurs X-Trans fonctionne toujours et cette 3e itération se révèle splendide, avec une excellente gestion du bruit électronique jusqu'à 6 400 ISO et des images exploitables jusqu'à 12 800 ISO. Les valeurs supérieures sont plus compliquées. Avec une telle plage ISO, il est dommage que Fujifilm ne propose pas une gestion plus "automatique" de la sensibilité Auto. En effet, c'est au photographe d'ajuster le temps de pose à partir duquel le X-Pro2 augmente la sensibilité ISO. Un calage sur la focale utilisée aurait été judicieux. Heureusement, trois modes Auto sont personnalisables.

Tous comme les autres boîtiers Fujifilm, le X-Pro2 dispose de nombreuses simulations de films dont les très réussis Velvia et Provia. Désormais, il faudrait compter avec la simulation Acros (noir & blanc) qui offre une belle richesse dans le rendu des textures.

Vidéo. L'enregistrement évolue notablement avec la possibilité de filmer en 60/50/30/25 et 24p et en HDTV 1080 bien entendu. Pas de 4K au programme, pas de sortie casque (il y a bien une entrée micro stéréo au format 2,5 mm). Il est possible de faire varier l'ouverture et l'obturation pendant le filmage, mais la sensibilité ISO est fixée en début d'enregistrement de manière assez étonnante.

Au final, le X-Pro2 est une belle évolution du X-Pro1 et donc un bel héritier de la lignée. On appréciera nouveautés comme le capteur à 24 Mpx, l'autofocus plus rapide ainsi que la visée hybride optique/électronique. Reste que le tarif proposé par Fujifilm est élevé : 1 800 € sans optique. Un prix qui ne détournera pas les amateurs de visée hybride, mais qui pourrait amener certains photographes à reconsidérer le X-T1. Quoi qu'il en soit, le Fujifilm X-Pro2 reçoit aisément un recommandé.

+
  • Superbe qualité de finition : solide, protégé des éclaboussures et des poussières
  • Superbe gestion du bruit électronique à 6 400 ISO. Images exploitables jusqu'à 12 800 ISO.
  • Le système autofocus est désormais très rapide et sensible en basse lumière
  • Très bon autofocus continu sur un sujet en mouvement
  • Déclenchement totalement silencieux avec l'obturation électronique. 1/32 000 s disponible dans ce mode
  • Nouveau menu personnalisable pour regrouper 16 fonctions
  • Nouvel obturateur mécanique jusque 1/8 000 s et synchro flash au 1/250 s.
  • Rafale à 8 i/s avec suivi autofocus
  • Intervallomètre
  • Le seul boîtier à viseur optique et électronique : le meilleur des deux mondes.
  • Possibilité de compresser ou non les fichiers bruts
  • Connexion Wi-Fi pour le partage des images et le pilotage à distance
  • Simulations de films réussies, notamment le dernier Acros (noir & blanc)
  • Pas de stabilisation mécanique (et parc d'optiques stabilisées encore un peu maigre)
  • Ergonomie parfois curieuse : roue à lever pour changer la sensibilité ISO
  • Latitude d'exposition étonnante étroite
  • Plus de mode panoramique par balayage (le X-Pro1 dispose de cette fonction)
  • Autonomie de la batterie beaucoup trop limitée (prévoir une seconde batterie)
  • Pas de poignée d'alimentation disponible
  • Un seul emplacement compatible UHS-II
  • Crantage du correcteur d'exposition un peu trop souple
  • Visée optique partiellement inutilisable avec certaines optiques (16-50 mm, 23 mm...)
  • Pas de sortie casque pour le retour audio. Pas de port USB 3.0. Pas de recharge par le port USB.
  • Pas d'écran orientable et/ou tactile
  • Pas de flash intégré
  • Pas de réglage des ISO auto en fonction de l'optique utilisée
  • L'interface graphique ne s'oriente pas avec l'appareil
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW.

Les prix
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