Capteur- X-trans Cmos 16,3 Mpx, APS-C (23,6 x 15,6 mm)
Monture- X
Optique livrée- selon kit. Disponible à l'heure du test : 18 mm f/2, 35 mm f/1,4 et 60 mm f/2,4 Macro.
Stabilisation- non
Antipoussière- oui, par vibration du capteur
Viseur- oui, hybride : optique et électronique. Dégagement oculaire : 14 mm - optique : couverture 90% -électronique : couverture 100%, 1 440 000 points.
Écran- 7,6 cm. 1 230 000 points
Mise au point- Par détection de contraste. Lampe assistance.
Modes autofocus- single, continu et mise au point manuelle
Mesures d'exposition- TTL sur 256 zones. Multizone, pondérée centrale et spot
Modes d'exposition- P,S,A et M
Vitesse d'obturation- 30 à 1/4000 s et 1/180e en sync. flash
Motorisation- 3 ou 6 vps
Sensibilité ISO- 200 à 6400 ISO, ext. 100 - 25600 ISO
Mémoire- SD/SDHC, SDXC (UHS-I)
Alimentation- Li-Ion, NP-W126 (300 vues)
Connexion- USB 2, vidéo, HDMI
Dimensions- 139,5 x 81,8 x 42,5 mm
Poids- 450 g (équipé)
Logiciels- /
Dans la boîte- /

Caractéristiques

Fujifilm X-Pro1 test review avis

Avec la série Premium X, Fujifilm a réussi à reconquérir un large public amateur d'appareils photo au look rétro. La marque poursuit sa stratégie avec un X-Pro1, un compact à objectifs interchangeables haut de gamme, qui vient chapeauter l'ensemble de la gamme.

Le X-Pro1 conserve un look «vintage» qui réussit plutôt bien aux X100 et X10, mais ce qui différencie cette version «pro» des autres membres de la série X, c'est bien sûr l'apparition d'une monture (X Mount) qui permet de changer d'objectifs en fonction de ses besoins.

Pour l'instant, 3 optiques Fujinon sont aujourd'hui disponibles : un 18 mm f/2, un 35 mm f/1,4 et un 60 mm f/2,4 Macro (oui, l'ouverture de tous ces objectifs sont à moins de f/2,8...).

L'autre nouveauté concerne le capteur. Développé par Fuji, il intègre plus de 16 millions de photodiodes et ne possède pas de filtre passe-bas. Pour limiter les effets de moiré, le X-Pro1 dispose d'un nouveau filtre coloré avec une répartition des couleurs (pixel rouge, vert et bleu) moins répétitive.

Le compact propose un viseur hybride optique/électronique qui tente de concilier le meilleur des deux mondes avec plus ou moins de succès (cf. test X100).

Au-delà de la fiche technique, il est intéressant de voir comment se comporte le système autofocus, comment le bruit électronique est géré et si l'ergonomie est vraiment pensée pour un boîtier «pro». Vous trouverez des éléments de réponse dans notre test.

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Test terrain jour 1

Jean-François Vincent est coauteur du blog www.digitlife.fr. Canoniste depuis ses débuts en photo, il a récemment fait le choix de changer intégralement son matériel pour passer au Fujifilm X-Pro1. Un appareil atypique dont il nous livre ses impressions après quelques mois en sa compagnie.

Trois semaines en Indonésie avec le Fujifilm X-Pro1

Inconditionnel du réflex et du format 24x36, j’ai entrepris fin mai un changement radical: fini le Canon 5D Mark II et ses optiques fixes, place au Fuji X-Pro1 et à ses 3 optiques 18 / 35 et 60 mm. Changer de marque n’est jamais quelque chose de facile, et je n’avais fondamentalement rien à reprocher au 5D Mk II ... si ce n’est un poids et un encombrement qui se faisaient sentir en voyage (près de 3,5 kg avec le trio 35 / 50 / 85 mm), et me faisait hésiter à l’emporter dans mon sac de tous les jours.

De son côté, le Fujifilm X-Pro1 a été une révélation sur plusieurs points:

  • bien entendu du côté du poids (1kg avec les 3 optiques) et de l’encombrement, même s’il reste le plus volumineux des hybrides du fait de son viseur complexe.

  • son ergonomie, ostensiblement inspirée des télémétriques (certains le qualifient de petit Leica, même si les 2 produits ne sont pas comparables) marque un retour bienvenu à la simplicité.

  • par son look “désuet” et ses petites optiques, le X-Pro1 permet de faire des photos en toute discrétion, aidé par un déclencheur très discret.

  • même si cela ne participe en rien à la qualité des photos, avouez qu’il a de la gueule, non? Tant qu’à jouer la carte rétro, je lui ai d’ailleurs rajouté une petite lanière en cuir...

  • enfin, et surtout, par une qualité d’image vraiment exceptionnelle. Colorimétrie, montée en ISO, latitude de post traitement des RAW, y compris dans les ombres, tout y est. Les fichiers sont au moins équivalents à ceux d’un 5D Mark II, ce qui constitue une prouesse pour un “petit” capteur APS-C.

Trois semaines et quelques centaines de photos m’ont permis d’apprivoiser le X-Pro1 à l’occasion d’un voyage en Indonésie, entre Java et Bali.

Depuis quelques années, je ne voyage plus avec un sac photo dédié, mais plutôt avec un sac à dos imperméable, dans lequel je glisse l’appareil photo, protégé dans un insert en mousse ou un “wrap”. Cela me permet de moduler à ma guise l’aménagement entre affaires photo et personnelles - guides, eau, vêtements, petits accessoires - auxquelles les sacs photo accordent souvent une place insuffisante.

Fujifilm X-Pro1 Jean François VincentEtudiantes au Kraton, Yogyakarta

Notre voyage commence par la traversée de Java. Le faible poids du X-Pro1 me permet de l’oublier au fond du sac, et de ne pas réfléchir le matin: j’emporte le trio d’optiques, même si une fois sur le terrain, j’ai tendance à n’en utiliser qu’une voire deux. À vrai dire, et même si cela peut dérouter les habitués du zoom, on peut sortir de belles images avec n’importe quelle focale, et se donner quelques contraintes a aussi quelque chose de stimulant.

Le compact à objectifs interchangeables passe inaperçu sur les marchés. J’apprécie de pouvoir monter en sensibilité, il n’est pas rare de monter à 800 voire 1600 ISO malgré la luminosité des optiques. À ce propos, l’Auto ISO un peu trop conservateur - et parfois farfelu - me fait préférer le réglage manuel des ISO ... même si je repasse régulièrement en position Auto IS0 3200 par praticité. Le bouton Fn personnalisable, idéalement placé près du déclencheur, permet d’en changer sans quitter l’oeil du viseur.

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Sur un marché à Yogyakarta

Arrivés à Yogyakarta, ville du centre de Java, nous visitons un atelier où sont fabriqués les wayang golek, les figurines traditionnelles utilisées pour raconter des histoires en ombre chinoise. Le déclencheur, très discret, est quasiment imperceptible et permet de ne pas interrompre les artisans.

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Wayang golek en ombre chinoise

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Fabrication d'un wayang golek en peau de buffle

Quelques jours plus tard, nous voici sur les flancs du mont Kawah Ijen, dont les mineurs extraient de lourdes charges de soufre. Si la randonnée n’est pas bien difficile, j’apprécie une fois de plus la compacité du système X-pro1, qui permet de consacrer l’espace du sac à l’eau et aux gâteaux que nous distribuons à ces travailleurs de l’extrême, qui portent des charges de 80 kg à longueur de journée !

Test terrain fuji X-Pro1 Porteur de soufre, Kawah Ijen

Je me surprends au fil des jours à utiliser le viseur électronique plus que je ne le pensais. Pourtant mordu de la visée optique sur reflex, je trouve le viseur électronique agréable à utiliser. Il faut dire que la visée optique souffre de 2 défauts:

  • le cadre de visée ne correspond qu’à environ 80% de l’image réellement cadrée. Impossible de réaliser des cadrages au cordeau, alors que la visée électronique est 100% (modulo certaines superpositions d’infos qui la polluent, mais que l’on peut désactiver).

  • à grande ouverture, il n’est pas rare que le collimateur affirme avoir fait le point sur la personne que l’on veut photographier, alors que c’est l’arrière-plan qui est net !

Le viseur optique reste cependant très agréable dès que l’on ferme un peu, et que l’on se situe à une distance raisonnable du sujet.

Fujifilm X-Pro1 Jean François VincentDanse du Legong, Bali

Arrivés à Bali, nous arpentons la côte nord. J’en profite pour faire des poses longues des barques de pêcheurs amarrées au bord de la plage, armé d’un trépied et d’un filtre gris neutre. Les commandes tombent facilement sous la main, et le pratique menu “Q” permet de passer en retardateur et d’ajuster la balance des blancs en un clin d’oeil.

Fujifilm X-Pro1 Jean François VincentBarque de pêcheur, Bali

J’apprécie ici les progrès par rapport au X100, dont certaines commandes étaient peu pratiques. La visée électronique permet de garder une image claire même lorsque le soleil passe derrière l’horizon, chose impossible avec un viseur optique. La loupe du mode Live View permet quand à elle de faire une mise au point manuelle précise. Contrairement à ce que je craignais, l’assistance électrique de la bague de mise au point est agréable, et ne m’a jamais gêné durant le séjour. Certes, on est loin du touché soyeux des optiques Zeiss, mais c’est tout à fait utilisable et d’ailleurs plus agréable selon moi que les bagues “rugueuses” d’une optique USM que l’on débraie.

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent

Après quelques doutes lors de ma première prise en main, la batterie assure une autonomie honorable. Elle tient sans problème une journée ou bien lors de sessions de poses longues. J’ai au préalable désactivé le visionnage automatique des photos à la prise de vue, et acheté une carte mémoire rapide pour optimiser les performances de l’appareil. On est en revanche loin de l’autonomie record des reflex, et l’on ne peut trop se fier à la jauge qui descend brutalement sur la fin. J’ai donc préféré charger quotidiennement la batterie (et en emporter une de rechange) que de courir le risque d’une panne le deuxième jour de shooting.

Fujifilm X-Pro1 Jean François VincentPortrait sur les flancs du Kawah Ijen

Descendant au cœur de Bali, nous nous approchons de Monkey Forest dans la ville d’Ubud (haut lieu à touristes!). C’est là que les frustrations liées à l’autofocus se font sentir. Je visualise dans ma tête un cliché pourtant facile à faire: un portrait de singe à grande ouverture, en utilisant le 60 mm pour ne pas trop s’en approcher. Malheureusement, l’autofocus patine, et les singes qui pourtant ne courent pas vraiment sont systématiquement hors champ le temps que le Fuji soit prêt à shooter! La situation aurait peut-être été meilleure au 35 mm, non-macro, mais elle illustre bien la vocation du Fuji X-Pro1: pour du portrait posé ou du photo reportage à l’hyperfocale, certainement pas pour la photo d’action en faible profondeur de champ !

Les 3 optiques sont superbes, en particulier le 35 mm et le 60 mm au piqué excellent. Le 18 mm me plaît pour sa compacité, mais j’attends surtout avec impatience le futur 14 mm, étant adepte du grand angle. 2 défauts mineurs à signaler :

  • le 18mm et le 60mm sont sensibles au flare. Sur le premier, cela se traduit par des franges colorées, certes bien contenues. Sur le second, en contre-jour, cela provoque une perte de contraste;

  • les pare-soleils “rétro” des 18 et 35 mm rendent l’emploi de leurs capuchons très malaisé. Ceux en caoutchouc ne tiennent pas, ceux en plastiques nécessitent d’ôter le pare-soleil au préalable (surtout sur le 18mm ) !!! Pourquoi ne pas avoir fait des pare-soleil ronds, certes moins sexy, mais plus pratiques?

Cela étant dit, ce sont de très beaux objectifs, du niveau des meilleurs que j’aie possédé (et pourtant, j’étais “mal habitué” avec des optiques Canon “L” et Zeiss ZE). Associées au très beau rendu colorimétrique du capteur, on obtient en JPeg des fichiers prêts à l’emploi ... même si je reste un inconditionnel du RAW. Le 35 mm et le 60 mm permettent de faire de beaux portraits avec des arrière-plans estompés, pour peu que l’on travaille bien sa composition.

Fujifilm X-Pro1 Jean François VincentOffrande à la mer, Bali

De retour à la maison, les fichiers délivrés gomment tous les petits griefs que l’on peut faire au X-Pro1. Ils sont tout simplement exceptionnels! Les RAW ont une latitude de traitement énorme, et la montée en sensibilité est similaire à celle du 5D Mark II. Par ailleurs, je ne considère pas la résolution de 16 millions de pixels comme un handicap, puisque je faisais déjà des tirages 50 x 75 cm avec les 12 millions de pixels du 5D Mark I (et je suis prêt à parier que la plupart des photographes ne s’aventurent presque jamais dans les grands formats).

Fujifilm X-Pro1 Jean François VincentCoucher du soleil au Tanah Lot, Bali

Après quelques mois, l’essai est transformé et je ne regrette absolument pas mon “switch”. Je ne conseillerais évidemment pas le X-Pro1 à un débutant, et il faut bien connaître son type de photo pour savoir s’il vous correspond - dans le cas contraire, l’Olympus OM-D et la gamme Sony NEX sont de vrais challengers.

Mais si, comme moi, vous cherchez un retour à la simplicité et une qualité d’image au niveau des meilleurs reflex, alors le Fuji X-Pro1 n’a pour le moment aucun équivalent sur le marché. Et si vous ne faites pas de photo, il fera toujours classe sur la terrasse d’un café... je plaisante évidemment :)

Le Blog DigitLife

Le site de Jean François Vincent

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Prise en main

Le X-Pro1 est le premier boîtier compact à objectifs interchangeables numérique de Fujifilm et ce modèle s'inscrit dans la gamme X Premium au look vintage assumé. Le X-Pro1 reprend donc le «style» télémétrique (Leica L, Voigtländer Bessa, Konica Hexar....) ancien avec un corps trapu, carré et noir qui ne laissera pas indifférent les amoureux des «belles mécaniques» anciennes, mais qui pourra rebuter le photographe débutant.

Ne nous y trompons pas, sous ses allures un peu pataudes, le X-Pro1 n'est pas un appareil très lourd et les boîtiers n'ont plus de châssis en acier. Le compact expert est en alliage de magnésium à la fois résistant et léger : il accuse à peine 620 g tout équipé (batterie, mémoire) et un 35 mm f/1,4 vissé. Nous sommes donc bien en présence d'une alternative légère aux reflex. À titre de comparaison, un 650D équipé du pancake 40 mm f/2,8 frôle les 700 g. La finition du boîtier est plutôt agréable, le revêtement caoutchouté de la poignée assure une bonne préhension et le revêtement général du boîtier fait un peu trop «plastique», il reste confortable. Il est également possible de fixer une poignée supplémentaire HG-Xpro1 (environ 150 euros). L'ajout de cette poignée bloque malheureusement l'accès à la trappe batterie + carte. Il faudra donc démonter la poignée avant toute opération.

Fujifilm X-Pro1 test review poignée optionnelle

Sur le dessus de l'appareil, vous trouverez une griffe flash porte accessoire qui permet d'utiliser le flash EF-20 (NG 20 à 100 ISO, 2 piles AA, environ 75 euros) ou EF-42 (NG 42 à 100 ISO, couverture 24-105 mm, 4 piles AA, environ 200 euros). Un flash griffé X (EF-X20) est également disponible (NG 20 à 100 ISO, 200 euros environ). Chose plutôt intéressante, le X-Pro1 dispose d'une prise synchro flash (1/180 s seulement).

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| Fujifilm X-Pro1 test review connectique | Fujifilm X-Pro1 test review prise synchro flash |

Les différentes connexions du Fujifilm X-Pro1 : HDMI, USB 2 et prise synchro flash.

Contrairement au Leica M9, le Fujifilm X-Pro1 présente une interface complète avec un superbe barillet pour sélectionner la vitesse d'obturation qui dispose d'un poussoir au centre pour bloquer la position A (automatique). Le déclencheur est cerné d'une couronne pour la mise sous tension et une touche Fn personnalisable est présente juste à côté. Notez qu'un déclencheur souple mécanique peut être vissé sur le déclencheur. Dommage toutefois que le système ne soit pas couplé à une fonctionnalité équivalente sans fil. Toujours sur le dessus, une molette de correction d'exposition est présente. Malheureusement, celle-ci ne dispose pas de système de blocage et bouge très facilement. Il n'est pas rare de se retrouver en sous ou sur exposition lorsque vous sortez l'appareil d'un sac photo. Un problème que nous avions déjà noté lors de notre test du X100, mais qui n'a pas été pris en compte pour ce boîtier.

Fujifilm X-Pro1 test review dessus

Autre petit détail agaçant : le logement de carte mémoire qui est situé dans la semelle du boîtier. C'est un petit détail, mais une fois l'appareil fixé sur un trépied, la carte devient inaccessible. En outre, le pas de fixation du trépied n'est pas centré par rapport à l'optique.

Fujifilm X-Pro1 test review dos interface

Le dos de l'appareil est bien occupé par une interface assez complète. Vous trouverez une molette de réglage cliquable, un trèfle de sélection, une touche Q pour accéder à un menu de réglages rapides et différents raccourcis : mémorisation de l'exposition, motorisation, choix du mode d'exposition, bouton de lecture et deux boutons pour l'affichage des données (View Mode) et Disp Back.

Pour les porteurs de lunettes, le dégagement oculaire du viseur n'est pas suffisant pour être réellement confortable. Un détecteur de présence permet de basculer automatique de la visée sur écran au viseur électronique à l'approche du visage. En outre, le viseur ne dispose pas d'un correcteur dioptrique.

L'écran LCD possède de diagonale de 7,6 cm et affiche pas moins de 1 230 000 points. Il utilise une technologie d'affichage RVBB (Rouge, Vert, Bleu et Blanc). Les sous pixels blancs viennent en complément du triplet RVB pour améliorer la luminosité de l'affichage.

Fujifilm X-Pro1 sous pixels écran LCDStructure des sous pixels de l'écran du Fujifilm X-Pro1.

Sous notre spectrophotomètre, l'écran s'est montré plutôt convaincant avec gamma moyen à 2, un contraste moyen proche de 1000:1 et un DeltaE94 moyen autour de 5. Ce n'est pas extraordinaire, mais suffisant pour apprécier correctement ses images.

Fujifilm X-Pro1 test review mesures écran température couleur et gammaÉcran LCD X-Pro1 : à gauche température des couleurs en fonction de la luminance et à droite gamma en fonction de la luminance.

Fujifilm X-Pro1 test review mesures écran fidèlité des couleurs

Écran LCD Fujfilm X-Pro1 : fidélité des couleurs.

L'écran LCD est au format 4:3 et seule une partie de celui-ci est utilisé pour la visée, le reste étant utilisé pour afficher les informations de prise de vue sur les 640x480 pixels, seuls 640x427 sont réellement utilisés pour afficher la visée.

Plus problématique, l'affichage de l'écran saccade et bave très (trop) rapidement lorsque la lumière vient à baisser ou sous un éclairage fluo. Malheureusement, la visée électronique est affectée du même problème.

Les optiques

Les 3 optiques actuellement disponibles (18, 35 et 60 mm) sont étonnamment légères et surprennent aux premiers contacts. Malgré une première impression un peu négative, la fabrication est bel est bien réalisé en métal (fût de l'objectif, baïonnette), mais les bagues (ouverture, mise au point) sont en plastique. Leurs mouvements sont fluides, mais nous aurions aimé une vraie bague de mise au point avec une butée et une échelle des distances. Ici, la bague tourne sans fin. Toujours dans la construction, un joint d'étanchéité au niveau de la baïonnette aurait également été un plus. Notez que les pare-soleil livrés sont de format rectangulaire et les bouchons livrés en plastique souple ne tiennent absolument pas en place et ne dispose d'aucun système de fixation. En outre, les sérigraphies ne résistent pas aux petits chocs voire aux ongles...Dommage pour des optiques à presque 600 euros pièce.

En pratique

Au dos de l'appareil, l'interface est plutôt complète et les boutons sont généralement bien situés. On regrette que certaines commandes, notamment la molette cliquable, ne soient pas personnalisables. L'usage de cette commande est d'ailleurs sous exploité. Nous aurions aimé pouvoir l'utiliser pour changer rapidement de mode mesure par exemple, mais apparemment, ce n'est pas possible. Toutefois, le X-Pro1 se pilote assez facilement. Le menu Q (Quick) est intéressant et permet de régler les principaux réglages de prise de vue rapidement avec cette fameuse molette de réglage cliquable. Dommage qu'il n'existe pas une commande directe pour l'enregistrement vidéo (il est toujours possible de l'associer à la touche Fn, mais il faudra encore appuyer sur le déclencheur pour lancer la captation).

Les menus du compact sont linéaires et peu engageants, mais les réglages sont nombreux et pour les maniaques du détail, il y a des options intéressantes.

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Alimentation, stockage

Estimer l'autonomie de la batterie du X-Pro1 n'est pas chose aisée tant le boîtier propose des modes d'utilisation différents avec la visée optique, visée électronique ou l'écran LCD.
Fujifilm X-Pro1 test review batterie, autonomie

Ainsi, en utilisation que l'on pourra qualifier de classique (visée sur écran, visée électronique, visualisation sur écran), le X-Pro1 ne dépasse pas 300 vues et oscille plutôt autour de 250 clichés et quelques minutes de vidéo. Par contre, si vous optez pour la visée optique uniquement, l'autonomie grimpe de manière remarquable jusqu'à 800 clichés !!

Dans un premier cas, l'autonomie est clairement insuffisante pour un séjour photographique, mais elle devient plus qu'acceptable en se contraignant à utiliser la visée optique. Une seconde batterie sera donc la bienvenue si vous partez en vacances avec le X-Pro1.

Tout comme le X100, le X-Pro1 possède un mode Quick Start qui empêche l'appareil de s'éteindre. Le réveil est alors plus rapide qu'une mise en route classique, mais l'appareil consomme en permanence de l'ernergie réduisant l'autonomie à une petite centaine de clichés. La mise sous tension du X-Pro1 étant par ailleurs assez rapide, nous vous conseillons de ne pas utiliser cette fonctionnalité.

Le chargeur est très classique avec un seul témoin de charge et aucun indicateur du niveau de la batterie.

Stockage

Le X-Pro1 dispose d'un emplacement SD situé dans la semelle de l'appareil avec la batterie. Une fois le boîtier sur trépied, il ne sera donc pas possible de changer de carte. Le lecteur est compatible avec tous les formats de carte SD (XC, HC, UHS-I).

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Flash

Le X-Pro1 ne dispose malheureusement pas de flash intégré, ce n'est pourtant pas la place qui manque sur le boîtier. Pour déboucher un contre-jour ou améliorer un portrait, il faudra donc faire appel à un flash externe. Le compact dispose toutefois d'une véritable griffe accessoire, mais également d'une prise synchro flash (1/180 s) pour utiliser un flash cobra ou des flashes de studio. Ci-dessous, quelques clichés réalisés avec un SB-600 Nikon et un module sans fil SMDV Flash Wave III RX.

Fujifilm X-Pro1 photo au flash

Fujifilm X-Pro1 exemple 20
Fujifilm X-Pro1 exemple 21
Fujifilm X-Pro1 exemple 22
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Visée, autofocus

Viseur hybride : optique et électronique

L'une des singularités et l'un des atouts du compact à objectifs interchangeables de Fujifilm est le viseur hybride qui permet soit une visée otique claire et fluide, soit une visée électronique au cadrage précis.

Fujifilm X100 viséeUn prisme qui bouleverse les habitudes de la visée.

À gauche, le prisme renvoie l'affichage de la visée directe (image vue par le capteur) dans le viseur.

À droite, en plus de la visée optique, le prisme permet d'afficher des informations complémentaires dans le viseur.

Par le truchement d'un prisme semi-réfléchissant, il est possible d'utiliser à la fois un viseur optique de type "galiléen inversé" (télescope inversé), lumineux (grossissement 0,5x) et disposant de nombreuses informations en surimpression, mais également un viseur électronique classique (1 440 000 points, 1,2 cm).

Viseur optique

En mode optique, le X-Pro1 propose un viseur lumineux, précis et agréable (pas de coupure de la visée lors du déclenchement pour suivi d'un sujet notamment). Le prisme semi-réfléchissant permet en outre l'accès à de nombreuses données habituellement absentes d'un viseur optique.

Ainsi, vous pouvez afficher divers renseignements (nombre de vues restantes, qualité des images, niveau de la batterie, balance des blancs, correction de l'exposition, vitesse, ouverture, sensibilité ISO), mais également des paramètres plus rares comme un horizon artificiel, des grilles d'aide à la composition et une échelle des distances accompagnées d'indication sur la profondeur de champ. Voilà de quoi satisfaire les plus exigeants.

Fujifilm X100 test review avis visée optique

Horizon artificiel, vitesse, ouverture, histogramme d'exposition...Même en visée optique, les informations sont nombreuses.

Toutefois, tout n'est pas rose en visée optique et notamment la précision du cadrage. En effet et classiquement, le viseur optique voit plus large que le champ couvert par le capteur. Vous disposez toutefois d'un cadre lumineux pour aider à la composition, mais celui-ci se montre, de manière assez étonnante, précis à seulement 90% ! Au final, pour un cadrage précis de vos images, vous ne disposerez que de 14,4 millions de pixels au lieu des 16 Mpx offerts par le capteur. La parallaxe (due à la différence de point de vue entre le viseur et l'objectif) est corrigée à la volée (le cadre blanc se déplace), mais uniquement au moment de la mise au point (ce qui est normal, puisqu'il faut une indication de distance). Il n'est donc pas possible de cadrer assez justement un sujet assez proche avant de presser à mi-course le déclencheur. Cela pose un véritable souci si vous souhaitez travailler en mise au point manuelle, la correction n'étant alors jamais opérée.

fujfilm x100 test review visée optique parallaxefujfilm x100 test review visée optique parallaxeVisée optique avant mise au point : la visée est large et le cadre lumineux centré. Après la mise au point (photo droite), le cadre lumineux se déplace afin de corriger les erreurs de parallaxe (la photo est prise à environ 1 m de la mire).

fujfilm x100 test review visée optique parallaxe
Et voici l'image réellement photographiée par le X-Pro1.

Une nouveauté vient ponctuer la sortie du X-Pro1 qui, contrairement au X100, peut utiliser différentes optiques : la visée optique utilise deux niveaux de zoom pour faciliter le cadrage. Si le cadre de visée est large avec le 18 mm, il reste assez grand avec le 35 mm attaché. Vous remarquerez que le zoom optique opéré automatiquement. Avec le 60 mm, le cadrage (moins lisible) est vraiment plus petit et toujours aussi peu précis.

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De gauche à droite : visée optique avec le 18, 35 et 60 mm.

Viseur électronique

D'un simple geste sur le basculeur avant, la visée optique est remplacée par un viseur électronique. La qualité est au rendez-vous pour un viseur de ce type. En terme de précision, il est équivalent à celui-ci disponible en option pour les Olympus Pen E-P2 (VF-2) avec une définition de 1 440 00 points soit 800x 600 pixels. Si l'affichage est précis, il est largement en retrait par rapport à la visée optique. La dynamique est également moins importante. Toutefois, en basse lumière, la visée électronique s'avère plus performante et permet de moduler la luminosité de la scène photographiée. En outre, la visée est précise à 100% et il est possible à tout moment de vérifier les paramètres de prise de vue comme la balance des blancs. Dommage qu'en mode manuel, il ne soit pas possible de visualiser le résultat des paramètres d'exposition (simulation) : dans le viseur, la scène est toujours correctement exposée.

Autofocus

La système de mise au point par détection de contraste classique que l'on trouve déjà sur le X100. Vous disposez de 49 collimateurs en visée électronique et 25 en visée optique. En appuyant sur la touche AF, vous pouvez faire apparaître les différents collimateurs que vous pouvez choisir manuellement via le trèfle de sélection. Vous pouvez également choisir plusieurs tailles de zones AF à l'aide du sélecteur cliquable au dos de l'appareil.

Le X-Pro1 dispose de trois modes autofocus : S(simple), C(continu) et M(manuel). En mode vidéo, le mode Single n'existe pas et l'appareil passe en mode C automatiquement n'autorisant pas la retouche du point manuelle. Le mode M fonctionne parfaitement.

Mise au point manuel

L'un des points intéressants du X-Pro1 est la possibilité d'utiliser la mise au point manuelle. En effet, le viseur optique indique en permanence une échelle des distances, vous pouvez donc régler rapidement et vous disposez également d'une indication sur la profondeur de champ. Ainsi, vous pouvez caler "à l'ancienne" la mise au point et l'ouverture afin de maximiser la profondeur de champ et déclencher de manière instantanée (la mise au point automatique reste accessible via la touche AFL en cas de panique). Vous pouvez alors retrouver de vraies sensations en photographiant sur le qui-vive. Reste que la bague de mise au point n'est pas manuelle et commande un moteur électrique qui déplace le bloc optique. On perd donc un peu en précision et en rapidité. Cette mise au point sans fin (pas de butée) ne permet pas d'avoir d'indication sur l'objectif. Vous ne pourrez donc pas régler l'optique sur l'hyperfocale sans regarder dans le viseur. Des petits détails qui pourraient chagriner le photographe habitué aux optiques à mise au point manuelle.

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Performances

C'est sans doute le domaine ou le X-Pro1 déçoit un petit peu. La mise sous tension est assez rapide avec environ 1 seconde de latence, mais le système autofocus n'est pas à la hauteur des prétentions du boîtier. Si la latence au déclenchement est négligeable une fois la mise au point effectuée (0,04), il faut compter environ 0,5 s pour que l'appareil réaliser le point sur notre scène test (entre l'infini et 1 m avec le 35 mm f/1,4) en pleine lumière (1000 lux). En basse lumière (6 lux), l'autofocus est vraiment lent et il faut compter entre 1 et 1,6 s pour réaliser le point.

Pour le mode rafale, nous utilisons une carte SDHC USH-I Sandisk Extreme Pro 45 Mo/s, l'une des plus rapides du moment.

thead thead thead thead
action temps cadence commentaires
Mise sous tension (temps nécessaire pour obtenir la première image sans mise au point) 1 s / moyen
Latence au déclenchement 0,04 s / bien
Mise au point en pleine lumière (1000 lux)(temps nécessaire pour réaliser une photo l'objectif calé à l'infini et une mire située à 1 m) 0,5 s / moyen
Mise au point en basse lumière (3-6 lux)(temps nécessaire pour réaliser une photo l'objectif calé à l'infini et une mire située à 1 m) 1,4 s / médiocre
Temps entre 2 images(JPeg fin) 0,8 s / moyen
Temps entre 2 images (Raw+ JPeg) 0,9 s / moyen
Rafale rapide (JPeg fin) / 5,3 vps Assez bien (6 vps annoncées). Sur 20 vues. Pas d'autofocus pendant le mode rafale
Rafale rapide Raw + JPeg fin / 6 vps Très bien (6 vps annoncées). Sur 11 vues. Pas d'autofocus pendant la rafale.
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Précision, colorimétrie

Pour notre test de précision, nous avons utilisé le X-Pro1 avec l'optique 35 mm f/1,4. Nos mesures de MTF sont réalisées avec DxO Analyzer sur les fichiers JPeg. Au centre et à f/5,6, le couple capteur / optique donne de bons résultats. Avec presque 68 paires de lignes par mm (eq. 24x36), l'optique laisse la possibilité au capteur de s'exprimer pleinement. Sur l'image JPeg, on note une bonne accentuation (graphique au-dessus de 100%).

Fujifilm X-Pro1 test review MTF 35 mm f1,4 à f/5,6

L'optique 35 mm f/1,4 donne d'excellents résultats avec un centre très bon dès le pleine ouverture. La périphérie reste en retrait notamment à pleine ouverture, mais globalement le piqué est très bon sur cette optique lumineuse. La diffraction se fait sentir à partir de f/16.

Balance des blancs

Sous un éclairage de type lumière du jour (notre labo est calé à 5400 K), le fujifilm X-Pro1 donne d'excellents résultats au niveau de la balance des blancs (Delta E <3). Le rendu des couleurs est également assez bon avec un rendu légèrement froid.

Fujifilm X-Pro1 test review balance des blancs auto et 5400 K
Fujifilm X-Pro1 test review balance des blancs auto et 5400 K mesure DxO

Sous un éclairage tungstène (le plus courant en intérieur : ici, des lampes halogènes dont la température de couleur est d'environ 3000 K comme l'indique notre mesure ci-dessous dans le studio), la balance des blancs automatique est également fiable (DeltaE 94 à 3,1). Naturellement, les couleurs de notre mire Gretag «tirent» un peu vers le rouge orangé, mais cela permet de conserver l'ambiance lumineuse un peu chaude de ce type d'éclairage.

température de couleur lampe halogene salle photo

Fujifilm X-Pro1 test review balance des blancs auto et 3000K
Fujifilm X-Pro1 test review balance des blancs auto et 5400 K mesure DxO

Le passage à une balance des blancs préréglée en tungstène n'arrange rien à la situation, voire dégrade les résultats selon DxO. En effet, le rendu est un peu trop froid.

Fujifilm X-Pro1 test review balance blancs tungstene et 3000K

Fujifilm X-Pro1 test review balance des blancs tungstene 3000 K mesure DxO

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Gestion du bruit électronique

Pour notre traditionnelle montée ISO, nous avons équipé le Fujifilm X-Pro1 d'un 35 mm f/1,4. Le boîtier est positionné en mode M pour un couple vitesse diaphragme de départ de 1/4 s, f/5,6 avec une sensibilité positionnée à 200 ISO pour le mode Raw + JPeg. Les plus hautes sensibilités ISO et la plus basse (100 ISO) ne sont accessibles qu'en mode JPeg seul. La scène est éclairée sous 200 lux. Comme d'habitude, vous pouvez visualiser les images en pleine définition et télécharger les fichiers bruts (RAF).

JPeg

Disons le sans ambages, le X-Pro1 de Fujifilm est remarquable. De 100 à 400 ISO, le bruit électronique est invisible et il faut monter à 1600 ISO pour voir les premiers détails s'estomper ! Même à 3200 ISO les images sont excellentes avec un très léger moutonnement, un lissage très doux, une dynamique superbe et une bonne tenu des couleurs. Vous pouvez monter à 6400 ISO sans la moindre hésitation, les images étant encore capables de délivrer des tirages A3 d'excellentes factures à cette sensibilité. Le X-Pro1 est donc parfaitement utilisable sur toute la plage ISO disponible en mode Raw + JPeg. Même les sensibilités extrêmes laissent de bonnes impressions. À 12800 ISO, le moutonnement est encore très fin et peu coloré. Si les plus fins détails disparaissent, les tirages A4 seront encore très bons. Il faut vraiment atteindre 25600 ISO pour voir un grain grossier et un peu coloré. Une belle performance donc.

Comme nous l'avions vu avec l'exemplaire de présérie, Fujifilm propose avec le X-Pro1 une nouvelle référence dans le traitement du bruit électronique sur un capteur APS-C.

Pixum partenaire de Focus Numérique pour l'évaluation de la qualité des imagesPour l'observation de la qualité des images en format 30x45 cm, nous réalisons des tirages photo chez notre partenaire Pixum. Cela nous permet de comparer facilement les appareils à 6400 ISO et à la plus haute sensibilité.

Vous pouvez comparer le X-Pro1 de Fujifilm avec le Sony Nex-7 ou l'Olympus OM-D EM-5.

Fujifilm X-Pro1 : premiers essais avec un modèle de présérie

Présenté à Las Vegas lors du CES, le X-Pro1 de Fujifilm était disponible en libre service sur le stand. Nos journalistes-ninja n'ont pas hésité à réaliser quelques clichés à différentes sensibilités avec le boîtier en démonstration. Les images ci-dessous sont donc issues d'un prototype et ne peuvent en rien prévaloir de la qualité d'image d'un X-Pro 1 finalisé.

Autant le dire tout de suite, le X-Pro1, même en préversion est plutôt convaincant avec un bruit pratiquement invisible jusqu'à 1600 ISO et un moutonnement progressif au-delà. À 3200 le grain est extrêmement fin et peu coloré. À 6400 l'image conserve une excellente tenue et il faut vraiment monter à 12800 ISO pour noter un bruit chromatique plus important. Mais regardez l'image à 25600 ISO, elle est vraiment impressionnante : le grain est très présent (un peu grossier) et coloré sur les aplats foncés (les noirs comportent des marbrures violettes), mais globalement pour un capteur APS-C c'est vraiment surprenant ! Tout cela est très prometteur et le X-Pro1 a de bons atouts pour devenir une nouvelle référence.

Bien sûr avec des optiques lumineuses à f/1,4 de telles prouesses ne servent que pour le livre des records (qui a réellement besoin de déclencher à 25600 ISO à f/1,4 ?). Mais de bons clichés à 12800 ISO assurent des images parfaites à 3200 ISO et c'est là tout l’intérêt !

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Exposition, RAW

Globalement, le X-Pro1 expose correctement en mode Multizone. Dommage que la visualisation automatique des images ne propose pas d'histogramme (il faut passer ne mode lecture) pour corriger rapidement la mesure. Le correcteur permet de modifier l'exposition sur +/- 2 IL.

Amélioration de la dynamique

Comme de nombreux modèles Fujifilm depuis les capteurs EXR, le X-Pro1 dispose d'une option sensée améliorer la dynamique des images en contrepartie d'une augmentation de la sensibilité ISO. Ainsi, la dynamique DR100% opère à 200 ISO, la dynamique DR200% à 400 ISO et le dernier palier DR400% à 800 ISO.

Fujifilm X-Pro1 test review amélioration de la dynamique
Vous pouvez cliquer sur la vignette ci-dessus pour visualiser l'image en pleine définition.

Comme vous pouvez le constater sur les images et les histogrammes ci-dessous, le gain est relatif et surtout visible dans les hautes lumières (le ciel n'est plus brûlé). Dans les ombres, les détails sont toujours aussi bouchés. Pour améliorer la dynamique sur des sujets fixes, l'utilisation du bracketing d'exposition (3 vues seulement sur 1 IL) sera plus efficace.

En outre, vous pouvez également photographier en raw (.RAF). Le fichier contient beaucoup d'information et permet de retrouver des détails à la fois dans les hautes et basses lumières.

Fujifilm X-Pro1 test review dynamique jpeg / raw
Vous pouvez cliquer sur la vignette ci-dessus pour visualiser l'image en pleine définition.

Films et panoramique

Le X-Pro1 dispose également de simulations de films qui permettent de reproduire les teintes auxquelles les photographes argentiques sont habitués : Velvia, Astia et Provia. Le boîtier propose également différents rendus noir & blanc et de filtres colorés. Un mode bracketing de film est également disponible.

simulation films Fujifilm X-Pro1 test reviewDe gauche à droite et de haut en bas : rétro, Velvia, Provia et Astia.

Un mode panoramique par balayage est également disponible. Il permet de réaliser des images allongée à main levée.

fujifilm X-Pro1 test review panoramique

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Mode vidéo

Le X-Pro1 est avant tout un appareil photographique et le mode vidéo n'a clairement pas été développé par Fujifilm. Ainsi, le compact propose bien l'enregistrement en HDTV 1080 ou 720p, mais à 24 vps seulement alors que certains compacts proposent de monter jusqu'à 50p.

Le boîtier enregistre un fichier .MOV et utilise le codec H.264 (AVC, profil High@L4.0 en 1080 et High@L3.0 pour le mode 720p avec une seule image de référence). Le débit est d'environ 12 Mbps en 1080p avec une cadence à 24 vps. Le son est enregistré en stéréo (PCM). Le boitier ne dispose pas d'entrée micro ou de sortie casque pour faciliter la captation sonore.

Il n'est pas possible de modifier les réglages pendant la prise de vue, le X-Pro1 gérant automatiquement l'exposition avec la sensibilité ISO. Vous pouvez toujours fixer l'ouverture, la correction d'exposition ou la balance des blancs avant lancer l'enregistrement. Notez qu'il faut passer par le déclencheur pour le filmage, vous ne pourrez donc pas prendre de cliché pendant la captation vidéo.

La qualité d'image n'est gère convaincante : le moiré est très visible sur notre scène de test tout comme l'aliasing. Sur ce plan, la plupart des concurrents font mieux.

Olympus OM-D EM-5 test review détail vidéo 1080

Canon EOS 550d 1920x1080 détail
Canon 550D 1920x1080 détail.Panasonic TM700 1920x1080 détail
Panasonic TM700.

Comme en photo, l'autofocus permanent n'est pas des plus véloce. Notez que le X-Pro1 bascule automatiquement en mode AF-C sans possibilité de retouche du point manuelle. La mise au point totalement manuelle reste disponible.

Fujiilm X-Pro1 autofocus en mode vidéo.

Les vidéos ne sont pas exemptes de rolling shutter (déformation de l'image) comme vous pouvez le voir sur la vidéo ci-dessous.

Fujiilm X-Pro1 rolling shutter vidéo.

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Exemples de photos

Fujifilm X-Pro1 exemple 1
Fujifilm X-Pro1 exemple 2
Fujifilm X-Pro1 exemple 3
Fujifilm X-Pro1 exemple 4
Fujifilm X-Pro1 exemple 7
Fujifilm X-Pro1 exemple 5
Fujifilm X-Pro1 exemple 6
Fujifilm X-Pro1 exemple 9
Fujifilm X-Pro1 exemple 10
Fujifilm X-Pro1 exemple 11
Fujifilm X-Pro1 exemple 12
Fujifilm X-Pro1 exemple 13
Fujifilm X-Pro1 exemple 15
Fujifilm X-Pro1 exemple 16
Fujifilm X-Pro1 exemple 14

Licence Creative Commons
Test Fujifilm X-Pro1 de Franck Mée et Paul Frank est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.

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Verdict

Comme le X100, le nouveau compact expert (Fujifilm le nomme Pro) à objectifs interchangeables X-Pro1 est à la terriblement séduisant et très frustrant.

Avec le nouveau filtre coloré, l'absence de filtre passe-bas et des optiques de qualité, le X-Pro délivre les plus belles images du moment pour boîtier APS-C. La gestion du bruit électronique est tout simplement extraordinaire et le couple capteur / optique offre une précision et un piqué rarement vus. Sur ce point, le pari de Fujifilm est réussi et le X-Pro1 établi une nouvelle référence en terme de qualité d'image.

Le viseur hybride est un atout du boîtier. Il concilie, non sans défaut, les avantages de la visée optique (clarté, fluidité, consommation moindre d'énergie) et de la visée électronique (affichage d'information dans la visée optique, précision du cadrage en visée 100% électronique, meilleure visibilité en basse lumière...). Notez que le viseur hybride pallie en partie les problèmes de parallaxe et de focale que l'on rencontre habituellement sur les appareils télémétriques à objectifs interchangeables.

Le X-Pro1 est plutôt bien construit et le look «à l'ancienne» devrait séduire à la fois les nostalgiques de l'argentique et les photographes à la recherche d'un appareil photo qui revient aux fondamentaux : 1 bague pour l'ouverture sur l'objectif, une molette de réglage de la vitesse et un correcteur d'exposition.

Si l'appareil joue avec les codes de l'époque argentique, il n'en reste pas moins bien ancré dans l'ère numérique avec un bel écran 7,6 cm (1 230 000 points), un mode panoramique à main levée et des simulations de films que la marque connait bien et un mode vidéo 1080p à 24 vps.

Par ailleurs, le X-Pro1 a quelques défauts très irritants à commencer par un système de mise au point automatique plus lent que la concurrence voire inefficace en basse lumière. Sur ce point, la marge de progression est énorme lorsque l'on compare le boîtier aux meilleurs Micro4/3. En outre, en visée électronique, la mise au point gèle l'affichage ce qui est un peu déroutant. Certains penseront sans doute pouvoir se retrancher derrière la mise au point manuelle, las, la bague de réglage électrique manque de réactivité et de précision. En outre, si un mode loupe est bien disponible (sans stabilisation, le confort de visée est tout relatif), un mode peaking (pixels colorés sur la zone de netteté) aurait été un plus. Le travail en mode snapshot, en utilisant la profondeur de champ, est toutefois toujours possible.

Nous pointerons également l'absence de flash intégré (ne serait-ce pour déboucher un contre-jour) ainsi que l'absence de stabilisation mécanique (les premières optiques stabilisées arrivent à la rentrée). Le molette de correction d'exposition, quant à elle, bouge beaucoup trop facilement. Le mode vidéo à 24 vps est juste correcte et dans ce domaine, les autres COI sont aujourd'hui, beaucoup plus performants, notamment pour le suivi AF.

Malgré ces problèmes d'autofocus, le X-Pro1 de Fujifilm reçoit un recommandé pour la qualité extraordinaire de ses images et son viseur hybride qui ouvre de nouvelles perspectives.

Face à la concurrence

Avec son viseur optique/électronique et son prix élevé (1600 euros pour le boîtier et environ 2200 euros pour le kit avec le 35 mm f/1,), le X-Pro1 se situe entre les COI classique et le télémétrique Leica M9. Il nous semble toutefois intéressant de le confronter à deux autres modèles.

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| Sony NEX-7 test review | [tab_prix2(,,,428,id_ln,,,)] |

Sony Nex-7. Si le X-Pro1 reprend les codes des télémétriques argentiques, Sony a décidé de prendre une toute autre voie avec un appareil beaucoup plus moderne : viseur électronique avec dalle Oled très précise (XGA 1024x768 pixels), un écran VGA inclinable et une interface configurable à souhait. Le Nex-7 dispose également d'un flash intégré, d'un capteur APS-C à 24 Mpx (le plus pixelisé du moment) doué de capacité vidéo (HDTV 1080 50p, 28 Mbps, prise micro stéréo) avec un autofocus continu. Il embarque de nombreuses fonctionnalités ludiques comme le panorama par balayage, des styles d'images (mode jouet, rétro, saturé, 3D, rafale à 10 vps...).

Le X-Pro1 propose un capteur certes moins défini, mais beaucoup plus performant dans la gestion du bruit électronique et les optiques fixes lumineuses offrent, avec le capteur X-Trans, un piqué rarement atteint par un compact à objectifs interchangeables. L'interface du compact Fujifilm constraste également avec la sophistication du Nex-7, avec 3 molettes pour réglager l'ouverture, la vitesse et corriger d'exposition : les bases de la photographie. Le X-Pro1 reste en retrait par rapport à son concurrent en ce qui concerne l'autofocus qui est beaucoup plus lent. En outre, le Sony propose un mode peaking pour assister la mise au point qui est particulièrement réussi. Concernant la visée, le système hybride de Fujifilm est un peu plus intéressant que le modèle Sony qui pourtant offre une définition record.

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| Fujifiulm X-Pro1 test review | [tab_prix2(,,,498,id_ln,,,)] |

Olympus OM-D EM-5. Avec le meilleur capteur APS-C du moment avec sa matrice X-Trans, le compact à objectifs interchangeables de Fujifilm est un sérieux concurrent de l'E-M5. Le X-Pro1 bénéficie d'un autre atout : un viseur hybride capable de proposer une visée optique claire, directe et permanente (pas de temps aveugle pendant une rafale par exemple) ou une visée électronique précise et regorgeant d'informations. Le parc optique n'est pas encore très développé, mais les modèles actuels (18, 35 et 60 mm) sont d'excellente facture. Si elles sont lumineuses, aucune n'est stabilisée. Le X-Pro1 est toutefois pénalisé par un autofocus trop hésitant notamment en basse lumière, une finition parfois peu convaincante (touches à l'arrière) et une ergonomie qui laisse parfois perplexe. L'OM-D EM-5 dispose lui d'un large parc d'optiques et d'un système de stabilisation mécanique intégré. Il propose également un écran de meilleure qualité et inclinable. En outre, l'E-M5 s'avère plus compact et doté d'une finition tout temps intéressante.

Côté, vidéo, la cadence à 30 vps de l'Olympus est plus dynamique que les 24 vps du Fujifilm. Les deux modèles ne permettent pas de changer les paramètres de prise de vue pendant l'enregistrement. Tout comme Olympus, Fuji a fait l'impasse sur un flash embarqué : dommage.

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+
  • Excellente gestion du bruit électronique jusqu'à 12800 ISO. Facillement exploitable à 25600 ISO.
  • Bonne qualité de fabrication du boîtier. Look vintage réussi.
  • Viseur hybride étonnant et performant : les avantages de la visée optique et de la visée électronique
  • Griffe porte flash et prise synchro flash
  • Bonne qualité optique des 35 et 60 mm. Grand-angle 18 mm décent. Belle luminosité des optiques.
  • Etonnante autonomie en visée optique uniquement (plus de 800 vues)
  • Mode rafale à 6 vps. Mode panoramique intéressant (180°)
  • Retout aux bases : bague de diaphragme, molette de vitesse et correcteur d'exposition
  • Menu Q (Quick) pratique
  • Ecran LCD d'assez bonne qualité
  • Simulations de film réussies
  • Fichiers Raw permettant de récupérer beaucoup d'information dans les hautes et basses lumières
  • Latence au déclenchement négligeable
  • Autofocus beaucoup trop lent. Mise au point manuelle difficile à mettre en oeuvre avec finesse.
  • molette arrière cliquable sous exploitée
  • Pas de stabilisation du capteur et premières optiques dépourvues de stabilisation également
  • Pas de flash intégré. Flash externe en option seulement.
  • Autonomie limitée en visée électronique ou écran LCD.
  • Correcteur d'exposition impossible à bloquer en position neutre et qui bouge trop facilement
  • Bague de mise au point électrique peu précise sur les optiques (motorisation électrique)
  • Ecran arrière non orientable et facilement rayable
  • Logement carte mémoire dans la semelle du boîtier inacessible sur un trépied
  • Visée électronique bloquée pendant la mise au point
  • Viseur peu agréable pour les porteaurs de lunettes.
  • Pas de commande pour l'enregistrement vidéo. Pas de prise casque ou micro. Qualité des images à peine correcte.
  • Pas de réglages pendant l'enregistrement vidéo. Pas de photo pendant le filmage
  • Amélioration de la dynamique peu pertinent
  • Correction de l'exposition sur +/- 2 IL seulement. Bracketing sur 3 vues seulement
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW.

Les prix
Fujifilm X-Pro1
X-Pro1
Fnac.com marketplace 1304,58 €
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