Fujifilm décline son duo capteur APS-C de 24 Mpx/processeur de traitement des données X-Processor Pro déjà présent dans le X-T20, mais également dans des modèles haut de gamme comme les X-Pro2 et X-T2. Les différences se situent donc essentiellement au niveau des fonctionnalités et de l'ergonomie.

CapteurCMOS, 23,5 mm x 15,6 mm (APS-C) X-Trans III, 24,3 Mpx
MontureFujifilm X
Optique livréeKit 18-55 mm f/2,8-4 OIS / kit 23 mm f/2
StabilisationSelon les optiques
AntipoussièreOui
ViseurÉlectronique. Viseur OLED en couleurs de 0,39 pouce d'env. 2,36 millions de points. Couverture de 100%. Grossissement de 0,62x (éq. 24x36). Dégagement oculaire de 17,5 mm
FlashNon
ÉcranLCD de 7,6 cm. Ratio 3/2. 1 040 000 millions de points. Tactile
Mise au pointAF hybride par détection de contraste TTL (7x7 collimateurs) et AF par détection de phase (13x7 collimateurs)
Modes autofocusAF seul / AF continu / MF
Mesures d'expositionMesure TTL sur 256 zones, Multi / Spot / Moyenne / Centrale pondérée. Correction d'exposition sur +/- 5 IL
Modes d'expositionP (programme AE) / A (priorité à l'ouverture AE) / S (priorité à la vitesse d'obturation AE) / M (exposition manuelle)
Vitesse d'obturationObturateur mécanique : 30 à 1/4000 s. Obturateur électronique : 30 à 1/32000 s
MotorisationObturation électronique : 14 i/s sur 35 JPEG et 22 RAW. Obturateur mécanique : 8 i/s sur 62 JPEG et 25 RAW
Sensibilité ISO200-12 800 ISO extensible à 100-51 200 ISO
MémoireCarte SD (-2 Go) / SDHC (-32 Go) / Carte SDXC (-256 Go) UHS-I
Format image photoJPEG / RAW (14 bits / .RAF) 6000 x 4000 px
Format image vidéo.MOV H.264 / UHD 3840 x 2160 px en 30/25/24p (100 Mbps pendant 10 min). HDTV 1080 en 60/50/30/25/24p (36 Mbps pendant 16 min)
AlimentationBatterie Li-ion NP-W126S. Environ 350 images (CIPA)
ConnexionMicro-USB, HDMI type D, microphone 2,5 mm, Wi-Fi (IEEE 802.11 b/g/n), Bluetooth 4.0
Dimensions121,3 mm (l) x 73,9 mm (H) x 42,7 mm (P) (profondeur minimale : 32,4 mm)
Poids337 g
Dans la boîteBatterie Li-ion NP-W126S, chargeur de batterie BC-W126, bouchon de boîtier, flash EF-X8 sur griffe, sangle d’épaule, clip métallique pour sangle, couvercle protecteur, outil de de montage des clips, manuel de l’utilisateur

Présentation
Prise en main et fonctionnalités

Fujifilm X-E3 test reviewFujifilm X-E3 avec son objectif de kit 18-55 mm f/2,8-4 OIS.

Après une mise à jour Sportive du X-E2 avec un autofocus amélioré, Fujifilm remet le couvert avec un tout nouveau X-E3 revu plus en profondeur. Dans les formes, il reprend les grandes lignes de son prédécesseur avec un look rétro assez réussi, mais à y regarder de plus près, les changements sont nombreux, notamment en ce qui concerne les interfaces.

Premiers contacts

Comme les précédents modèles, le X-E3 est un boîtier agréable à prendre en main. Et si le revêtement principal fait un peu trop “plastique”, la préhension est assurée par un petit renfort de poignée en caoutchouc adhérant et bien pensé. Pour le pouce, vous trouverez à l'arrière un décochement qui permet de bien maintenir l'appareil malgré sa petite taille. La qualité de fabrication est au rendez-vous avec un capot “aluminium” du plus bel effet et des commandes aux mouvements fluides, sans jeu. Nous regrettons toujours que Fujifilm ne propose pas une finition à l'épreuve des intempéries. Les trappes n'ont (toujours) pas de joints d'étanchéité. Idem, l'optique de kit 18-55 mm f/2,8-4 n'en propose pas au niveau de la baïonnette.

Fujifilm X-E3 test reviewVue sur le capteur APS-C de 24 Mpx du X-E3

Si le X-E3 dispose toujours d'une griffe porte-accessoire, vous aurez peut-être noté la disparition du flash intégré. Dommage, car ce petit accessoire est en mesure d'éclairer une scène trop sombre ou de déboucher facilement un contre-jour.

Commandes un brin riquiquis

L'arrière du boîtier a largement été revu. Désormais, l'écran se décale totalement sur la partie gauche du dos et vient s'intégrer parfaitement dans le châssis. Revers de la médaille, l'écran reste irrémédiablement “fixé” à l'appareil sans la moindre possibilité d'orientation. Un regret, donc, mais le tactile est ici présent, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Sur la droite de l'écran, vous trouverez également un joystick hérité des professionnels X-Pro2 et X-T2. Cette commande est bien pratique pour à la fois naviguer dans les menus et déplacer rapidement un collimateur AF. En dessous, trois touches balisent le dos : Menu, Disp et Lecture. Ces touches sont un peu petites à notre goût, d'autant plus que ce n'est pas la place qui manque.

Un joystick, mais plus de joypad

Eh oui, le trèfle de sélection habituellement présent sur les boîtiers de la marque a… disparu. Pour accéder rapidement aux fonctionnalités Fn1 à Fn2, il faut désormais utiliser l'écran comme une sorte de trackpad géant et glisser un doigt dans différentes directions selon les fonctions. Un peu déroutante au départ, cette possibilité s'avère finalement assez pratique, mais nécessite de conserver en mémoire les quatre fonctions associées aux gestes. Notez qu'une fois le viseur électronique activé, vous pouvez aussi utiliser la surface de l'écran pour déplacer les points AF. Une friandise qui vient un peu en doublon du joystick “posé” juste à côté.

Fujifilm X-E3 test reviewPanneau de commandes arrière du X-E3.

Le X-E3 propose aujourd'hui deux molettes (avant/arrière) de réglage cliquables. Là encore, et malgré une qualité de fabrication impeccable, nous aurions aimé des modèles un peu plus larges et faciles à utiliser. Toutefois, n'oubliez pas qu'avec certaines optiques Fujinon (en particulier le 18-55 mm f/2,8-4), vous disposez d'une bague de diaphragme pour choisir l'ouverture.

En outre, le temps de pose est défini grâce à un barillet situé sur le dessus du X-E3, la molette de réglage autorisant à accéder aux valeurs intermédiaires (le barillet est cranté par IL entier).

Fujifilm X-E3 test reviewPanneau de commandes du Fujifilm X-E3.

À titre personnel, votre serviteur trouve l'utilisation de ce type de commande peu pratique pour régler le temps de pose et préfère nettement l'utilisation d'une molette pour régler finement et rapidement le temps d'exposition. Ce type de manipulation est d'ailleurs possible. Il suffit de positionner la molette du temps de pose sur T et de choisir le temps à l'aide de la molette arrière.

Hautement personnalisable

Comme la plupart des boîtiers made in Fujifilm, le X-E3 est facilement configurable. Ainsi, vous pouvez associer quatre fonctions aux glissements de doigt sur l'écran, paramétrer la touche Fn sur le dessus du boîtier et assigner différentes possibilités aux touches AE-L/AF-L.

Viseur/visée

Pour la visée, vous disposez d'une dalle Oled de 0,39 pouce affichant 2,36 millions de points. Le grossissement est de 0,62x (équivalent 24x36), ce qui le rend plus large que le viseur optique d'un Nikon D5600, par exemple (grossissement de 0,55x). Dans ce domaine, certains hybrides Micro 4/3, tels que le GX80, proposent un grossissement plus important. Ainsi, ce dernier bénéficie d'un viseur à 0,7x (équivalent 24x36).
La visée est assez précise et fluide en basse lumière, l'affichage devenant un peu baveux en basse lumière, notamment lorsque le zoom est à fond de course à f/5,6. Le dégagement oculaire est à peine suffisant pour les porteurs de lunettes.

L'écran LCD de 7,6 cm affiche 1 040 000 points dans un ratio 3/2, c'est-à-dire au format natif du capteur. L'image occupe donc toute la surface de l'écran, les informations venant en surimpression. La dalle est malheureusement fixe, contrairement au X-T20 par exemple.

L'écran devient par ailleurs tactile, mais cette aptitude est hélas un peu sous-exploitée. En effet, il n'est pas possible de naviguer dans les menus au doigt ni de transformer la dalle en trackpad géant lorsque le viseur est utilisé pour déplacer le point AF. Vous pourrez cependant définir le point directement sur l'écran en mode Live View ou vidéo, et même déclencher.

Flash

Le X-E3 ne dispose pas de flash intégré pour éclairer une scène sombre ou déboucher un contre-jour. Il propose toutefois une griffe porte-accessoire pour y loger un modèle externe.

Batterie, autonomie et mémoire

L'autonomie de la batterie est sans doute l'un des points faibles du nouveau X-E3. Annoncée à 220 vues, nous avons eu toutes les peines du monde à dépasser 200 vues – et l'autonomie baisse logiquement avec l'utilisation du transfert automatique des images. L'autonomie des batteries est un domaine dans lequel l'élève Fujifilm doit progresser… Bon point, le X-E3 peut se recharger via la prise micro-USB et être utilisé en même temps.

Côté mémoire, l'emplacement de la carte est malencontreusement accessible par le logement batterie dans la semelle du boîtier. Impossible dès lors de changer une carte une fois l'appareil fixé à un trépied. Cela dit, le logement sait gérer la norme UHS-I, ce qui est suffisant pour ce type d'appareil et permet d'enregistrer de la vidéo UHD (class 3).

Bruit au déclenchement

Le boîtier de Fujifilm sera un précieux allié pour la photographie de spectacle avec le double combo bonne gestion du bruit électronique + déclenchement totalement silencieux. En effet, le X-E3 dispose d'un obturateur plan mécanique (1/4 000 s) somme tout assez discret, mais également d'un obturateur électronique (1/32 000 s).

Fonctionnalités

Connexion sans fil

L'une des nouveautés du X-E3 est la possibilité d'établir une connexion Bluetooth LE (Low Energy) pour faciliter l'appairage avec un smartphone ou une tablette. Contrairement à la technologique SnapBridge qui permet de faire transiter les images directement vers le smartphone ou la tablette, la connexion Bluetooth sert ici à maintenir l'appairage entre le smartphone et l'appareil photo. Vous disposez d'une fonction de transfert automatique qui permet de télécharger les images vers le smartphone quand vous éteignez l'appareil photo ou que celui-ci n'est pas utilisé pendant un certain temps. Le transfert s'effectue alors par une connexion Wi-Fi. Vous pouvez également sélectionner (en mode lecture) quels clichés seront transférés. Si l'application fonctionne très bien avec iOS, nous avons rencontré quelques difficultés à la faire travailler avec Android.

test review fujifilm X-E3 / application smartphone
test review fujifilm X-E3 / application smartphone

Bien sûr, l'application permet aussi de prendre le contrôle de l'appareil à distance en mode télécommande.

Performances
Tous les chronos

Fujifilm X-E3 test reviewHenry / Fujifilm X-E3 + 23 mm f/2 @f/5.

En studio

Avec le dernier processeur de traitement de données X-Processor Pro, les ultimes modèles Fujifilm avaient largement gagné en réactivité. Le X-E3 n'échappe pas à cette avancée. Il reste toutefois encore un peu trop lent à la mise sous tension avec un peu plus d'une seconde.

La mise au point avec le 18-55 mm f/2,8-4 se montre efficace en pleine lumière, mais patine un peu en basse lumière. La latence au déclenchement est, elle, négligeable.

Sur le terrain

Nos essais sur le terrain en extérieur et de nuit confirment nos chronos avec une très bonne réactivité en journée et une petite attente en basse lumière. La mise au point ne pompe pas – merci la corrélation de phase sur le capteur –, mais la recherche du point (sans lumière d'assistance) manque d'accroche.

Rafale

Que l'on soit en JPEG ou JPEG + RAW, le X-E3 tient les chronos à 8 i/s jusqu'à 20 images avec le suivi autofocus continu. Des scores qui permettent au X-E3 d'arpenter les stades ou tout simplement réaliser des photos d'action.

Suivi autofocus

Une bonne rafale, c'est bien ; un autofocus qui suit, c'est encore mieux. C'est ce que nous avons cherché à mesurer en photographiant à pleine cadence un sujet qui avance vers nous d'un pas décidé. Le X-E3 est au 1/500 s et équipé du luxueux 16-55 mm f/2,8, bloqué à f/2,8 justement. Les résultats sont plutôt convaincants avec un taux de déchet d'environ 25 % (4 images floues sur 16 vues). Pas mal…

test review fujifilm x-e3 Suivi autofocus test review fujifilm x-E3Détail 100 % rafale à 8 i/s.

Qualité des images
Photo et vidéo

test review fujifilm x-e3Claire / Fujifilm X-E3 + 16-55 mm f/2,8.

Le X-E3 est proposé en deux versions : l'une avec le zoom 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS, intéressant par son ouverture f/2,8 au grand-angle, l'autre avec la focale fixe 23 mm f/2. Nous avons essayé les deux optiques sur notre scène test.

Optique 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS

Le zoom donne des résultats assez décevants avec le X-E3, avec au centre un rendu peu convaincant des plus fins détails, même en fermant à f/4 ou f/5,6. Étonnés, nous avons même demandé un second exemplaire de l'optique, mais les résultats se sont montrés quasiment identiques.

Fujifilm X-E3 / 18-55 mm @18 mm. Piqué au centre selon l'ouverture.Fujifilm X-E3 / 18-55 mm @18 mm. Piqué au centre selon l'ouverture.

Fujifilm X-E3 / 18-55 mm @18 mm. Piqué au bord selon l'ouverture.Fujifilm X-E3 / 18-55 mm @18 mm. Piqué au bord selon l'ouverture.

Fujifilm X-E3 / 18-55 mm @55 mm. Piqué au centre selon l'ouverture.Fujifilm X-E3 / 18-55 mm @55 mm. Piqué au centre selon l'ouverture.

Fujifilm X-E3 / 18-55 mm @55 mm. Piqué en bordure d'image selon l'ouverture.Fujifilm X-E3 / 18-55 mm @55 mm. Piqué en bordure d'image selon l'ouverture.

Optique 23 mm f/2

La focale fixe délivre de meilleurs résultats, mais à pleine ouverture le rendu demeure un peu mou. Il faut fermer à f/2,8 ou f/4 pour obtenir des images bien piquées.

Fujifilm X-E3 / 23 mm. Piqué au centre d'image selon l'ouverture.Fujifilm X-E3 / 23 mm. Piqué au centre d'image selon l'ouverture.

Fujifilm X-E3 / 23 mm. Piqué au bord d'image selon l'ouverture.Fujifilm X-E3 / 23 mm. Piqué en bord d'image selon l'ouverture.

RAW vs JPEG

Les jpeg délivrés par le X-E3 nous semblent assez doux et il est intéressant de travailler en raw afin de pouvoir retravailler le rendu des détails des images. Attention, les fichiers RAF ne sont pas pris en charge par tous les logiciels, notamment DxO Optics Pro (désormais PhotoLab). La matrice colorée des X-Trans pose (encore) pas mal de problèmes aux applications, même les plus récentes comme le dernier Lightroom Classic CC. Si ce dernier permet “d'extraire” un niveau de détail supérieur aux jpeg, il fait aussi monter un peu le bruit (notamment sur les plats colorés). En outre, les détails ont parfois un rendu pour le moins hasardeux.

fujifilm-x-e3-raw-detail-1fujifilm-x-e3-JPEG-detail-1
fujifilm-x-e3-raw-detail-2fujifilm-x-e3-JPEG-detail-2

Bruit électronique

Protocole de test

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5Ds R qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6-1/4 s à une sensibilité de 100 ISO. Le Fujifilm X-E3 est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 100 ISO. Le temps de pose est alors de 0,6 s.
Nous faisons ensuite varier la durée de la pose et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (.RAF). Le boîtier est configuré par défaut, notamment pour ce qui est de la gestion du bruit électronique.
Comme d'habitude, en plus des vignettes présentées ci-dessous, les images sont toujours observables à 100 % et téléchargeables.

Sur le X-E3, Fujifilm a reconduit l'excellent capteur APS-C X-Trans II de 24 Mpx qui équipe déjà le modèle amiral de la gamme, le X-T2, ou le X-Pro2 présenté il y a plus d'un an, ou encore le plus récent X-T20. Globalement, sa gestion du bruit électronique devrait être assez proche de celle de ces boîtiers.

Avec cette définition, la taille des photodiodes est d'environ 3,9 µm. La plage ISO s'étend nativement de 100 à 12 800 ISO et peut être poussée jusqu'à 25 600 et 51 200 ISO.

Le capteur délivre une superbe qualité d'image entre 100 et 800 ISO. Les images sont riches en détails, les couleurs saturées et la dynamique intéressante. Un léger moutonnement est perceptible à 1 600 ISO sur les aplats noirs, mais il faut observer les clichés à 100 % sur écran et “chercher la petite bête”.

À 3 200 ISO, les clichés ont encore une belle tenue : le grain est fin et agréable (peu coloré et sans trame visible). Les plus fins détails sont un peu lissés et la dynamique est en baisse avec moins de détails dans les zones sombres. Ceci étant, globalement, les images sont parfaitement exploitables. Les capteurs APS-C sont désormais vraiment étonnants et performants : vous pouvez sans trop d'hésitation pousser la sensibilité ISO jusqu'à 12 800 ISO. Cette sensibilité, encore récemment “extrême” et difficile, est désormais accessible pour un travail photographique. Voilà qui ouvre de belles perspectives photographiques et offre une belle polyvalence. À 25 600 ISO, le grain devient plus grossier et l'image perd en dynamisme. Un passage en noir et blanc permettra toutefois de travailler avec un grain agréable.

Oscilloscope

Sous l'œil plus impartial de notre oscilloscope, les fichiers JPEG donnent peu ou prou les mêmes résultats. Le bruit – qui se traduit par les oscillations – est peu visible jusqu'à 3 200 ISO et devient plus sensible au-delà de 6 400 ISO.

Fujifilm X-E3 test review montée ISOMontée ISO du X-E3 vue par l'oscilloscope.

Exposition, RAW et latitude de travail

Protocole de test

Pour vérifier la plage de travail d'un point de vue “artistique”, nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/–5 IL et corrigé les fichiers bruts .RAF avec Adobe Lightroom afin d'obtenir une exposition similaire. Nous observons ensuite à partir de quel niveau les détails disparaissent en haute lumière ou quand le bruit devient trop présent dans les zones denses.

Fujifilm X-E3 : latitude de travail en surexposition.Fujifilm X-E3 : latitude de travail en surexposition.

Fujifilm X-E3 : latitude de travail en sous-exposition.Fujifilm X-E3 : latitude de travail en sous-exposition.

Au final, le X-E3 propose une plage de travail de +2 à -3 IL, soit 6 IL, ce qui est honnête (sans plus) pour un capteur APS-C. Pour mémoire, l'A6500 de Sony offre pratiquement 1 IL supplémentaire dans les hautes lumières.

Comme pratiquement tous les boîtiers Fujifilm présents sur le marché, le X-E3 dispose d'un mode DR (Dynamic Range) qui permet d'augmenter la plage de rendu, notamment dans les hautes lumières, tout en augmentant la sensibilité ISO (il faut donc travailler en ISO auto). Quatre modes sont disponibles : DR Auto, DR100 (200 ISO), DR200 (400 ISO) et DR400 (800 ISO).

Le X-E3 ne dispose pas de fonction HDR automatisée, mais vous pouvez réaliser une série d'images avec différentes expositions en utilisant le bracketing d'exposition. Le boîtier est assez complet à ce niveau et permet d'enchaîner 9 vues avec des paliers différents (1/3 à 3 IL).

Vidéo

Le mode vidéo évolue notablement par rapport au X-E2, avec la possibilité de filmer en UHD 3 840 x 2 160 px à 30/25 et 24p. Le X-E3 n'égale pas le modèle haut de gamme X-T2 avec moins de fonctionnalités et un temps d'enregistrement limité : 10 min en UHD et 15 min en HDTV 1080. Vous pouvez enregistrer la vidéo UHD par la sortie HDMI (il n'y a alors pas d'enregistrement sur la carte). Lorsque vous enregistrez en UHD sur carte, la sortie HDMI ne délivre qu'un signal HDTV 1080.

Formats

Le X-E3 est capable d'enregistrer selon les formats suivants…

3 840 x 2 160 / 29.97p / 25p / 24p / 23.98p, 100 Mbit/s jusqu'à environ 10 min.
1 920 x 1 080 / 59.94p / 50p / 29.97p / 25p / 24p / 23.98p, 36 Mbit/s jusqu'à environ 15 min.
1 280 x 720 / 59.94p / 50p / 29.97p / 25p / 24p / 23.98p, 18 Mbit/s jusqu'à environ 30 min.

Le boîtier ne propose pas de cadence au-delà de 60/50p et ne pourra pas offrir l'enregistrement de ralentis fluides.

La captation vidéo utilise toute la surface du capteur et il n'y a pas de recadrage dans l'image entre le mode photo et le mode vidéo. Comme avec le X-T2, il sera possible de choisir des rendus colorimétriques (simulations de films). Ainsi, vous pourrez à l'envi filmer avec une simulation de film Velvia ou choisir un rendu monochrome Acros. Toutefois, vous ne pourrez pas profiter du F-Log ou de l'enregistrement 4:2:2 qui restent l'apanage du haut de gamme. Ces fonctionnalités n'intéresseront de toute façon que les vidéastes experts.

Durant l'enregistrement, il est possible de modifier l'ouverture et la sensibilité ISO via l'écran tactile.

Précision

Le X-E3 délivre une belle image en vidéo : les détails sont bien rendus et l'accentuation n'est pas trop marquée. Vous noterez toutefois quelques artefacts colorés sur les détails les plus fins. Il surclasse le reflex EOS 77D qui produit des images plus douces.

Fujifilm HDTV 1080 extrait 100% Canon EOS 77D HDTV 1080 extrait 100%

Une fois de plus, vous remarquerez que de filmer en UHD permet d'obtenir un excellent rendu en précision d'image une fois celle-ci redimensionnée en HDTV 1080.

Fujifilm X-E3 UHD extrait 100% Fujifilm X-E3 UHD > 1080 extrait 100%

Rolling shutter

Nous avons déjà noté les problèmes de rolling shutter sur les précédents modèles Fujifilm. Le X-E3 ne change malheureusement pas la donne et les déformations sont bien visibles en HDTV 1080 25/50p, mais surtout en UHD.

Assistants

Pas de zébras d'exposition, de fausses couleurs. Vous pourrez activer le focus peaking pour vous aider à réaliser le point en mode manuel. Quant à l'audio, il sera possible de brancher un micro stéréo, mais la prise mini-jack est au format 2,5 mm et vous ne pourrez pas brancher un casque pour le retour. Le niveau d'enregistrement est ajustable pendant la captation.

Autofocus

En mode vidéo, l'autofocus fonctionne bien et le système de reconnaissance des visages permet de facilement suivre un personnage en mouvement. Vous pouvez évaluer la réactivité du boîtier avec la vidéo ci-dessous.

Galerie d'images
On sort du labo !

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Conclusions
Notre avis

Fujifilm X-E3 test reviewMontier-en-Der / Fujifilm X-E3 + 18-55 mm @f/5,6

Fujifilm a scindé ses gammes en deux types de boîtiers : ceux dotés d'un viseur central et un look de petit reflex (X-T2, X-T20) et ceux équipés d'un viseur déporté sur le côté (X-Pro2 et X-E3). Vus de l'intérieur, les quatre boîtiers sont finalement assez proches et votre choix se portera plutôt sur le côté ergonomique et esthétique.

D'un point de vue technique, donc, le X-E3 reprend tout le savoir-faire que la marque a développé ces dernières années : capteur APS-C de 24 Mpx X-Trans et processeur X-Processor Pro. Les images sont, en matière de qualité, très proches, voire similaires. L'autofocus hybride est efficace en pleine lumière, mais gagnerait à être plus pertinent en basse lumière. Dans tous les cas, le X-E3 est très agréable à utiliser avec ses réglages manuels, l'apparition du joystick et son viseur OLED précis et spacieux, sa rafale à 8 i/s et son enregistrement vidéo en UHD. En outre, la possibilité de transférer vos images via une connexion Bluetooth est un vrai plus.

Comme sur le X-T2, nous reprocherons une “approche tactile” encore trop timide, quelques errements ergonomiques (pas de touche vidéo par défaut, menus alambiqués, clic de la molette avant non personnalisable), une autonomie trop limitée, un choix étonnant pour la prise micro, l'absence de tropicalisation ou de stabilisation mécanique. Ces points négatifs seront anecdotiques pour certains, importants pour d'autres. À vous de faire le tri.

Notre jugement propre est celui-ci : le X-E3 est un boîtier léger, compact, assez réactif, présentant une belle qualité d'image (23 mm f/2), et nous lui décernons un “recommandé”.

Face à la concurrence

L'hybride de Sony est sans doute l'un des plus sérieux concurrents du X-E3, disposant également d'un capteur APS-C à 24 Mpx et de nombreuses fonctionnalités équivalentes. Vous retrouverez sur les deux boîtiers un viseur électronique large et précis, la possibilité de filmer en UHD et de brancher un micro externe, ainsi que des modules autofocus hybrides.

Le Sony A6300 prend l'avantage avec une cadence rafale supérieure (11 contre 8 i/s), des fonctionnalités vidéo plus nombreuses (zébras, S-log, 120 i/s…), un flash pop-up et un écran orientable. Le X-E3 a pour lui un design rétro particulièrement réussi, une belle gamme d'optiques “à l'ancienne” (bague de diaphragme) et un écran LCD tactile.

A6300
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L'Olympus OM-D E-M5 II est une alternative intéressante. Il dispose lui aussi d'un design assez séduisant avec une fabrication “à l'ancienne” de haute volée et une finition à l'épreuve des intempéries. Équipé d'un capteur plus petit (4/3 de pouce) et d'une définition moindre de 16 Mpx, l'hybride n'en reste pas moins attrayant par la stabilisation mécanique intégrée qui fonctionne avec toutes les optiques en photo et en vidéo. En outre – mais uniquement pour le packshot –, il est possible d'utiliser un mode haute définition en 40 Mpx. Le viseur électronique se montre également plus large. Le parc optique Micro 4/3 est pour sa part plus fourni que celui de Fujifilm. Enfin, l'écran LCD est monté sur une rotule pour les mouvements plus libres.

Le X-E3 dispose d'un capteur plus grand et défini qui assure, au final, une meilleure gestion du bruit électronique. Il propose aussi l'enregistrement vidéo au format UHD, un mode absent du modèle Olympus. Les deux boîtiers rivalisent au niveau de l'autofocus, mais le X-E3, plus récent, est davantage performant au niveau du suivi AF sur une rafale.

OM-D E-M5 Mark II
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+
  • Bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 6400 ISO
  • Ligne rétro toujours séduisante
  • Deux molettes de réglage et un joystick
  • Possibilité de transformer l'écran tactile en joypad pour les collimateurs AF quand on utilise le viseur
  • Compacité du boîtier et qualité de la finition
  • Déclenchement silencieux et jusqu'au 1/32 000 s
  • Recharge de la batterie par micro-USB (il est possible de travailler avec une batterie autonome)
  • Simulation de films en photo/vidéo
  • Très bonne réactivité générale
  • Bon suivi autofocus
  • Mode vidéo UHD
  • Plus de flash intégré
  • Commandes physiques trop petites
  • Pas d'écran orientable
  • Emplacement carte mémoire dans la semelle et difficile d'accès
  • Autonomie de la batterie trop courte, notamment avec le Bluetooth activé
  • Pas de sortie casque
  • Pas de mode RAW en tout automatique
  • Enregistrement UHD limité à 10 min, HDTV à 16 min
  • Système d'attache de la sangle peu pratique
  • Pas de commande directe pour la vidéo par défaut (il faut passer par la touche Drive ou personnaliser une touche)
  • Pas de finition à l'épreuve des intempéries
  • Qualité médiocre du kit 18-55 mm f/2,8-4
  • Pas de stabilisation par déplacement du capteur
  • Entrée micro stéréo en 2,5 mm (et non 3,5 mm, plus standard)
  • Mode vidéo UHD sensible au *rolling shutter*
  • Pas de possibilité de rentrer le nom de l'auteur dans les exif
  • Format RAW (RAF) propriétaire
En résumé

Faire tenir un X-T20 dans un boîtier plus compact et léger, tel est le pari réussi du Fujifilm X-E3. Pour les amateurs d'appareils au look rappelant les télémètres.

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Renaud Labracherie
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Fujifilm X-E3
Rue du commerce (market place) 617,00 €
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Digixo 799,00 € Voir l'offre
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