Proposé à moins de 550 €, le X-A10 est-il le bon boîtier pour faire ses premiers pas dans l'univers de la photographie à objectifs interchangeables ? Réponses dans notre test.

Présentation
Prise en main et fonctionnalités

Test Fujifilm X-A10 avec son optique 16-50 mmLe Fujifilm X-A10 et son optique de kit, le zoom 16-60 mm f/3,5-5,6 OIS.

Si les hybrides Fujifilm sont connus pour leurs capteurs X-Trans, l'entrée de gamme X-A en est dépourvue depuis l'origine. Le X-A10 n'échappe pas à la règle et est équipé d'un "banal" CMOS de 16,3 Mpx.

Premiers contacts

Le X-A10 est un boîtier relativement compact disposant d'un capteur APS-C. La construction est satisfaisante pour cette gamme de boîtiers avec un habillage bicolore noir/argent réussi. La préhension est en revanche assez délicate. La poignée est pour ainsi dire inexistante et le revêtement présente finalement peu d'accroche malgré le plastique reliefé. À l'arrière, vous avez heureusement un cale-pouce bienvenu qui permet de maintenir l'appareil assez fermement, mais l'ensemble reste peu agréable.

Test Fujifilm X-A10 reviewPas de X-Trans dans le Fujifilm X-A10, mais un CMOS classique au format APS-C.

Sur le dessus du boîtier, vous trouverez un flash pop-up bienvenu, un barillet pour le choix du mode d'exposition, le déclencheur, une touche Fn personnalisable et une molette de réglage. Vous noterez l'absence de griffe porte-accessoire, mais sur cette gamme d'appareils, cette lacune n'est pas vraiment pénalisante.

Test fujifilm x-A10 reviewLe Fujifilm X-A10 présente une interface simple.

Au dos de l'appareil, on remarque une seconde molette de réglage (cliquable) ainsi qu'une interface assez classique : un trèfle de sélection permettant d'activer rapidement le retardateur, la balance des blancs, l'autofocus et la motorisation. 4 commandes périphériques permettent l'enregistrement vidéo, l'accès à un menu rapide de réglages (Quick Menu), la lecture des images et l'affichage d'information à l'écran. Les menus sont un "classique" de Fujifilm avec la possibilité de régler beaucoup de paramètres de prise de vue et de configuration du boîtier.

Test fujifilm x-A10 reviewUn écran orientable sur le X-A10, mais hélas pas tactile.

Visée

Ce qui est plus pénalisant, c'est l'écran LCD arrière. Celui-ci n'affiche que 1 040 000 points, soit une définition de 347 000 pixels. La pression n'est pas vraiment au rendez-vous et il est difficile de vérifier la netteté à l'écran. Pire, au moment de la mise au point, la définition de l'écran baisse d'un cran (pour une analyse plus rapide des informations de contraste). Heureusement, en cas de doute, vous pouvez rapidement activer une loupe en cliquant sur la molette arrière.

Test fujifilm x-A10 reviewL'écran LCD du Fujifilm X-A10 s'oriente vers le haut et vers le bas.

L'écran se révèle très brillant et difficile à utiliser en pleine lumière. Heureusement, il est inclinable (108° vers le haut et 45° vers le bas) pour limiter les reflets. L'absence de viseur électronique fait ici cruellement défaut. En basse lumière, l'affichage a très vite tendance à baver et rend difficile la poursuite d'un sujet.

Connectique & autonomie

Le nombre de connecteurs est réduit au strict minimum : une sortie HDMI de type D et un connecteur micro-USB qui pourra aussi bien servir au transfert des données qu'à la recharge de la batterie. Voilà une excellente nouvelle. L'autonomie est annoncée à plus de 400 déclenchements. Un bon score que nous n'avons pas réussi à atteindre dans le cadre d'une utilisation classique, et nous avons dû recharger la batterie aux environs de 350 vues, ce qui est tout à fait acceptable pour un appareil hybride.

Test fujifilm x-A10 reviewLes quelques connecteurs du X-A10.

Fonctionnalités

Malgré un positionnement en entrée de gamme, le X-A10 dispose de nombreuses fonctionnalités intéressantes. Vous disposerez ainsi d'un mode panoramique par balayage toujours pratique pour capturer un paysage, des simulations de films avec notamment le film Velvia très saturé, un mode monochrome ou le plus récent Classic Chrome censé reprendre les caractéristiques de la Kodachrome. Vous disposez également d'une batterie de filtres artistiques (jouet, miniature, pop, high ou low key…).

Exemple de rendu du filtre Toy (jouet).

Vous aurez aussi affaire à d'autres fonctionnalités moins "tape-à-l'œil", mais très intéressantes. Ainsi, le X-A10 pourra déclencher de manière totalement silencieuse avec un système d'obturation électronique. Ce même système permet également de déclencher avec un temps de pose de 1/32 000 s, ce qui permettra d'utiliser des optiques lumineuses à pleine ouverture et en plein jour. En outre, vous pourrez piloter votre appareil photo à distance grâce à la connexion Wi-Fi. Celle-ci facilitera aussi le transfert des images vers un smartphone ou une tablette pour un partage plus rapide vers les réseaux sociaux. Dommage que Fujifilm n'ait pas encore opté pour une connexion Bluetooth moins gourmande en énergie et plus rapide à mettre en œuvre, comme le propose SnapBride de Nikon. La connexion Wi-Fi permet d'imprimer directement vos clichés sur les imprimantes Instax Share SP-1/SP-2.

Test fujifilm x-A10 reviewLe Fujifilm X-A10 offre une autonomie assez importante pour un hybride de 350 vues environ.

Performances
Tous les chronos

Le X-A10 n’est pas le plus rapide des hybrides de la gamme Fujifilm. On est d’ailleurs assez surpris par le temps de latence à la mise sous tension, beaucoup trop long pour un boîtier de 2017. La mise au point en pleine lumière s’avère assez efficace, mais dès que celle-ci vient à baisser, le X-A10 est désavantagé par son optique peu lumineuse. La latence au déclenchement est, elle, dans les standards pour un appareil de cette gamme.

La rafale annoncée à 6 i/s n’est malheureusement pas tenue et nos mesures en studio sont plus proches d’une cadence à 5 i/s avec un suivi de sujet sur au moins 18 vues, ce qui ouvre tout de même les portes de la photo d’action.

OPÉRATION TEMPS
Mise sous tension (première image sans mise au point) 1,5 s
Latence au déclenchement (après mise au point) 0,05 s
AF entre l'infini et 1,5 m / 250 lux (optique) /
AF entre l'infini et 1,5 m / 250 lux (écran) 0,4 s
AF entre l'infini et 1,5 m / 3 lux (optique) /
AF entre l'infini et 1,5 m / 3 lux (écran) 1,1 s

Qualité des images
Photo et vidéo

Optique du kit 16-50 mm f/3,5-5,6 EBC XC OIS II

Pour s'essayer à la proxy photographie

Le zoom transstandard 16-50 mm propose une mise au point minimale au grand-angle (16 mm équivalent à 24 mm en 24x36) à 7 cm. Une distance assez courte qui permet de réaliser des prises de vue assez proche. Les 16 millions de pixels permettent également un recadrage assez important pour isoler les détails d'une scène.

DSCF5464
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Qualité optique

Le zoom livré en standard avec le X-A10 est d'une qualité honnête pour cette gamme tarifaire. Au centre et au grand-angle, l'optique est piquée dès f/3,5 et garde une bonne tenue jusqu'à f/8. Au-delà, la diffraction fait son œuvre. En périphérie d'image, l'optique est moins précise et il faut fermer à f/5,6 pour redonner un peu d'homogénéité.

16 mm au centre.

16 mm au bord.

Au télé, l'image est plus homogène du centre au bord. Le piqué est assez bon et le reste jusqu'à f/8.

50 mm au centre.

50 mm au bord.

Le kit livré en standard est donc plutôt de bonne facture et manque surtout de luminosité. Pour débuter dans le monde de la photographie à objectif interchangeable, il fera donc parfaitement l’affaire. Dans l’évolution de votre pratique photographique, nous vous conseillerons par la suite de vous équiper d’optiques plus spécifiques à vos besoins (c’est bien là tout l’intérêt d’un appareil photo à objectifs interchangeables). La gamme Fujifilm X dispose, par exemple, d’optiques pour la macrophotographie ou des optiques très lumineuses pour le portrait avec un flou arrière (le fameux bokeh) plus prononcé. Les optiques Fujifilm X étant toutes compatibles, vous prendrez soin de bien choisir vos modèles qui pourront vous suivre avec des boîtiers plus sophistiqués.

Gestion du bruit électronique

Protocole de test

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5Ds R qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6-1/4 s à une sensibilité de 100 ISO. Le Fujifilm est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 100 ISO. Le temps de pose est alors de 0,25 s.

Nous faisons ensuite varier la durée de la pose et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (.RAF). Le boîtier est configuré par défaut, notamment pour ce qui est de la gestion du bruit électronique.

Comme d'habitude, en plus des vignettes présentées ci-dessous, les images sont toujours observables à 100 % et téléchargeables.

fujifilm X-A10 test review taille capteur relative.Tailles relatives des différents formats de capteurs.

Le X-A10 ne bénéficie pas des services d’un capteur X-Trans, et il faudra se “contenter” d’un déjà très bon capteur APS-C CMOS que l’on pourra qualifier de “classique” à 16 Mpx. Une définition largement suffisante pour réaliser toute sorte de travaux photographiques. La gestion du bruit électronique est excellente jusqu’à 800 ISO et parfaitement acceptable à 1 600 ISO. Au-delà, le lissage devient plus présent. Rappelons que le format RAW est uniquement accessible entre 200 et 6 400 ISO. Au-delà, les fichiers JPEG sont en réalité une extrapolation logicielle du format natif. Autant se limiter à cette plage de sensibilités si vous avez des velléités de retouche sur ordinateur.

Selon le format de sortie de vos images, la plage ISO de 200 à 6 400 ISO sera parfaitement exploitable.

Oscilloscope

Les mesures à l'oscilloscope du bruit électronique sur la charte de gris viennent corroborer les observations de la mire avec un bruit contenu jusqu'à 1 600 ISO, et qui est plus présent au-delà.

Fujifilm X-A10 test review mesure bruit oscilloscope

Mode vidéo

Le mode vidéo est un peu le parent pauvre du X-A10, et celui-ci ne propose que l’enregistrement en HDTV 1080 en 30/25p. Vous n’aurez donc pas le droit à une cadence plus rapide pour des vidéos plus fluides. Le problème vient aussi du débit peu élevé des vidéos, de l’ordre de 16 Mbps en 25p. La compression est donc importante et le rendu des détails assez peu flatteurs. La mise au point continue n’est pas des plus rapide et, malheureusement, celle-ci n’est pas vraiment plus véloce avec la détection du visage. Vous apprécierez toutefois la stabilisation électronique sur 5 axes, assez efficace.

Fujifilm X-A10 test review mode vidéoExtrait à 100 % d'une vidéo HDTV 1080 avec stabilisation numérique.

Extrait à 100 % d'une vidéo HDTV 1080 avec le Sony A6000.Extrait à 100 % d'une vidéo HDTV 1080 avec le Sony A6000.

Galerie d'images
On sort du labo !

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Conclusions
Notre avis

Si la gamme hybride Fujifilm X vous tente, mais que votre budget est restreint, le X-A10 est sans doute le meilleur moyen de se familiariser avec le système photographique à objectifs interchangeables de la marque. Vendu à moins de 600 € en kit avec un 16-50 mm tout à fait honnête, le X-A10 équipé d’un capteur APS-C délivre une bonne qualité d’image jusqu’à 3 200 ISO. Vous apprécierez certaines fonctionnalités comme l’écran LCD inclinable sur 180°, la connexion Wi-Fi pour transférer ou imprimer directement vos images, une rafale à un peu plus de 5 i/s ou le déclenchement totalement silencieux.

Le modèle d’entrée de gamme de Fujifilm a logiquement quelques limitations. Son écran LCD n’est pas tactile, la prise en main est peu agréable et la visée sur écran est loin d’être parfaite avec une définition limitée et un revêtement réfléchissant. Malheureusement, le boîtier ne propose pas de viseur électronique. On reprochera également au X-A10 un peu de lenteur, notamment à la mise sous tension et à la mise au point en basse lumière. On regrette aussi que le mode vidéo ne soit pas plus performant.

Au final, le X-A10 de Fujifilm est un appareil assez classique qui vient se confronter à une concurrence déjà bien implantée.

Face à la concurrence

Sony (Alpha) A6000

Présenté il y a maintenant plus de 3 ans, le compact à objectif interchangeable de Sony reste une valeur sûre de la marque. Il est aujourd'hui proposé au même prix que le X-A10 avec le même type d'optique. Toutefois, le boîtier de Sony prend l'avantage sur son concurrent avec la présence d'un viseur électronique, un autofocus hybride à corrélation de phase et détection de contraste sur le capteur, une rafale à 11 i/s, une griffe porte-accessoire et un capteur plus défini. En outre, son mode vidéo est plus sophistiqué tout en restant limité au HDTV 1080.

Le X-A10, plus récent, propose quelques fonctionnalités intéressantes comme l'obturation silencieuse jusqu'à 1/32 000 s et une gestion légèrement plus fine du bruit électronique dans les hautes sensibilités ISO. Les 2 appareils proposent une connexion Wi-Fi, un écran orientable (haut/bas) non tactile, un flash intégré ainsi qu'un mode panoramique par balayage. Son optique de kit 16-50 mm est également de meilleure qualité.

Alpha 6000
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Olympus OM-D E-M10 II

Le boîtier Micro 4/3 d'Olympus est également une bonne alternative. Il propose un viseur électronique, un capteur certes plus petit, mais monté sur un système de stabilisation mécanique, un écran LCD inclinable et tactile, une griffe porte-accessoire ainsi qu'une rafale à presque 9 i/s plus rapide. En outre, le parc optique Micro 4/3 est plus étoffé que celui de Fujifilm.

De son côté, le X-A10 dispose d'un capteur plus grand avec une meilleure gestion du bruit électronique dans les hautes sensibilités ISO, une optique de kit plus polyvalente (14-42 mm chez Olympus), un obturateur électronique silencieux et capable de grimper jusqu'au 1/32 000 s, ainsi que, de manière plus anecdotique, un mode panoramique par balayage et une autonomie plus importante.

Les deux boîtiers disposent d'un flash pop-up et d'une puce Wi-Fi pour un pilotage distant sans fil et le transfert vers un smartphone.

OM-D E-M10 II
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+
  • Bonne qualité d'image jusqu'à 3200 ISO
  • Écran inclinable (haut/bas) jusqu'à 180° (vers le haut)
  • Flash pop-up intégré
  • Deux molettes de réglage
  • Assez bonne autonomie pour un hybride (un peu moins de 350 vues)
  • Optique de kit (16-50 mm f/3,5-5,6) décente, stabilisée avec une mise au point à 7 cm (proxy photographie)
  • Rafale à plus de 5 i/s
  • Pas de viseur électronique intégré
  • Mauvaise précision de l'écran
  • Qualité médiocre des vidéos
  • Pas de griffe porte-accessoire
  • Prise en main peu agréable
En résumé

Modèle d'entrée de gamme, le X-A10 de Fujifilm séduit par sa qualité d'image et sa simplicité d'emploi. Toutefois, il reste en retrait par rapport à la concurrence pour ce qui est des fonctionnalités et il oublie notamment un viseur électronique. Dommage…

X-A10
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
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