Ceux qui attendaient patiemment un boîtier 24x36 chez Fujifilm en seront donc pour leurs frais. Le plein format chez Fujifilm sera en 43,8 x 32,9 mm. Pas moins. La marque nippone vient donc jouer dans la cour des moyen format aux côtés de Phase One ou Hasselblad. Fujifilm y a inscrit ses lettres de noblesse avec plusieurs boîtiers moyen format argentiques mythiques, comme le GF 670. En 2017, c'est avec un boîtier hybride (sans visée reflex) que le constructeur compte bien reprendre une place sur un segment très compétitif : le GFX 50S

CapteurCMOS de 43,8 x 32,9 mm / 51,4 Mpx / matrice de Bayer
MontureFujifilm G
Optique livréeselon kit
Stabilisationselon les optiques
AntipoussièreVibration ultrasonique
ViseurViseur couleur OLED de 0,5 pouce et environ 3,69 millions de points / Couverture 100% / Dégagement oculaire de 23 mm / Grossissement de 0,85x
Flashnon
ÉcranÉcran inclinable tactile en couleurs de 8,1 cm / Format d’image 4:3, environ 2,36 millions de points / Orientable / Tactile
Mise au pointSystème par détection de contraste / 117 points (9 x 13 /
Vitesse d'obturationJusqu'à 1/4 000 s en obturation mécanique / Jusqu'à 1/16 000 s en obturation électronique / Synchro flash au 1/125 s
Sensibilité ISOAuto jusqu’à 12800 ISO / 100 – 12800 ISO
MémoireCarte mémoire SD / SDHC / SDXC UHS-I / UHS-II
Format image vidéoHDTV 1920x1080 px à 29,97p / 25p / 24p / 23,98p à 36 Mbps jusqu’à 30 min environ / HDTV 720 1280x720 à 29,97p / 25p / 24p / 23,98p à 18Mbps jusqu’à 30 min environ
AlimentationBatterie rechargeable NP-T125 (type lithium-ion) / Environ 400 vues
Dimensions147,5 mm (L) x 94,2 mm (H) x 91,4 mm (P)
PoidsEnviron 825 g (avec batterie et carte mémoire) / environ 920 g (avec le viseur)
Dans la boîteBatterie lithium-ion NP-T125 Chargeur de batterie BC-T125 Cordon secteur Bouchon de boîtier Courroie Fixation de courroie en métal Verrou de courroie en métal Protection des câbles Viseur électronique amovible EVF-GFX1 Cache de la griffe de flash (boîtier

Présentation et prise en main
Ergonomie et fonctionnalités

Fujifilm GFX 50S test review

Si, au fil de sa série X Premium, Fujifilm a réussi à imposer une marque de fabrique et un véritable style "vintage" à ses boîtiers (gamme X100 ou X-Pro), il faut bien avouer que le GFX 50S manque de charme. Le boîtier se présente sous une forme assez massive et finalement impersonnelle. La face avant est classique, avec une imposante baïonnette qui vient "manger" une bonne partie du boîtier. La poignée, large et bien dimensionnée, offre une préhension aisée pour un boîtier relativement lourd (920 g avec le viseur électronique).

Fujifilm GFX 50S test reviewL'impressionnant capteur du moyen format n'est qu'à quelques centimètres et protégé par un simple fitre placé à l'avant pour permettre un nettoyage des poussières.

Le dos, lui, est un peu moins classique que prévu. En effet, l'écran LCD principal est placé sur une forte protubérance sur laquelle vous découvrirez 3 commandes : un levier pour choisir le mode de mise au point (manuel, continu ou simple), la commande Corbeille, ainsi que le bouton de lecture. Cet imposant renflement contient surtout la batterie qui anime le GFX et vient s'insérer par le côté.

Fujifilm GFX 50S test reviewLe viseur du GFX est présenté ici sans œilleton. En effet, lors de nos tests, celui-ci s'est éclipsé malencontreusement.

Gabarit

Malgré une stature imposante, le GFX 50S surprend par ses dimensions. En effet, le moyen format est plus ramassé que les reflex 24x36 professionnels de Nikon (D810) ou Canon (EOS 5D Mark IV). Avec son capteur pratiquement deux fois plus grand qu'un 24x36, le GFX se paie même le luxe d'être un peu plus léger que les boîtiers à visée optique.

Fujifilm GFX 50S vs Nikon D810Source : CameraSize.
Fujifilm GFX 50S vs Canon 5D Mark IVSource : CameraSize.

Si le boîtier est compact, les optiques sont encore massives et lourdes, à l'image du zoom 32-64 mm f/4.

Ergonomie

Au niveau de l'ergonomie, Fujifilm a reporté sur le moyen format une interface déjà éprouvée sur les dernières séries X-Pro et X-T, avec naturellement quelques aménagements. Sur l'épaule gauche, vous trouverez un large barillet verrouillable pour le réglage de la sensibilité ISO. Celle-ci s'incrémente par paliers de 1/3 IL et vous disposez d'une position A (Auto) dont le comportement se paramètre dans les menus. Une position C (Custom) permet de jouer avec les valeurs extrêmes (50 / 25 600 / 51 200 / 102 400 ISO). Sur l'épaule droite, le barillet des temps de pose vient jouer la symétrie.

Fujifilm GFX 50S test review

Lui aussi est verrouillable et permet de changer les valeurs par 1 IL. Les valeurs intermédiaires sont accessibles via la molette de réglage arrière. La touche Drive donne accès au mode rafale, ainsi qu'au bracketing, à la double exposition et au mode vidéo — il n'y a en effet pas de bouton dédié à l'enregistrement vidéo. Vous trouverez également un écran LCD monochrome de rappel des options. Celui-ci n'est jamais totalement éteint et peut afficher différentes informations en permanence, comme le niveau de la batterie ou le nombre de vues restantes. Les informations de cet écran sont personnalisables.

Fujifilm GFX 50S test review

Le GFX est d'ailleurs un boîtier hautement personnalisable et vous pouvez attribuer plusieurs fonctionnalités à pas moins de 8 commandes. Les deux molettes de réglage sont cliquables, mais de manière assez étonnante, il n'est pas possible de paramétrer le fonctionnement de celle placée en face avant.

Toujours sur le dessus, mais cette fois sous le viseur électronique (amovible), 3 commandes sont positionnées. La première est un levier afin de choisir entre manuel, continu et simple. De l'autre côté, vous trouverez les boutons de lecture et de suppression (Corbeille). Au dos, là encore, l'interface est classique mais efficace avec un joystick pour déplacer rapidement la zone de mise au point, un trèfle de sélection, différentes commandes personnsables et la touche Q (Quick) pour accéder à un menu rapide.

Fujifilm GFX 50S test review

Écran et viseur

Le GFX est équipé d'un écran LCD monté sur une double charnière qui permet une orientation jusqu'à 90° vers le haut et 45° vers le bas. D'une diagonale de 8,1 cm, il affiche 2 360 000 points. L'écran est également tactile et permet de choisir la zone de mise au point directement sur l'écran. Une fonctionnalité un peu étonnante sur un boîtier moyen format. De manière étonnante également, l'interface graphique n'est pas complètement adaptée au tactile : il n'est pas possible, par exemple, de naviguer dans les menus.

Un écran tactile et orientable : le moyen format est désormais moderne avec le GFX de Fujifilm.

Côté viseur, c'est un peu la déception malgré une fiche technique assez alléchante. En effet, la dalle Oled de 0,5" intégrée affiche 3,69 millions de points ce qui est largement supérieur aux viseurs classiques à 2,36 millions de points que l'on retrouve sur une majorité de boîtiers. Le grossissement est de 0,85x (équivalent en 24x36) et au final, la visée est vraiment spacieuse. Malgré une définition en haute, la visée manque de précision et de fluidité en basse lumière. Il est par exemple assez délicat de réaliser une mise au point manuelle sans assistance (loupe, focus peaking...).

Le viseur électronique est amovible (il est livré en standard avec le boîtier). Vous pouvez le remplacer par un modèle articulé.

Connecteurs et cartes

Le GFX est doté de deux emplacements pour cartes SD compatibles avec la norme de transfert UHS-II. La trappe s'ouvre sur le côté et dispose d'un système pour éviter les ouvertures intempestives. On peut soit passer d'une carte à l'autre, lorsque la première est pleine, soit séparer les JPEG des RAW. Il est possible de choisir la destination des vidéos.

Côté connectique, le GFX est richement pourvu : alimentation secteur, télécommande filaire, USB 3, HDMI (type D), entrée micro stéréo, sortie casque. Il ne manque rien.

Fujifilm GFX 50S test review connecteurs

Réactivité et autofocus

Le moyen format de Fujifilm est assez confortable a utiliser au quotidien, avec un temps de mise sous tension très raisonnable, un autotofcus assez rapide. Seul bémol : une latence au déclenchement en mode obturation électronique trop importante.


L'un des aspects sur lequel le Fujifilm GFX 50S est attendu est bien le système autofocus. Les autres boîtiers de type "reflex", comme les Hasselblad ou les Phase One, utilisent un module à corrélation de phase sur un capteur dédié. Si ces capteurs sont généralement assez prompts, ils sont largement moins sophistiqués que sur la plupart des reflex et présentent un nombre de collimateurs restreint et une sensibilité moindre. Dans ce domaine, seul Pentax avec le 645 Z propose une solution plus efficace (27 points dont 25 croisés et sensibilité jusqu'à -3 IL), mais qui reste très centrée sans couvrir une large portion de la visée.

Comme le X1D de Hasselblad, le GFX 50S utilise un module autofocus à détection de contraste. Contrairement à la dernière lignée X-Premium, il n'y a donc pas de pixels sur le capteur principal dédié à la corrélation de phase. L'avantage est qu'il est possible de réaliser le point sur une très large partie de la scène visée. Pour cela, vous disposez d'un joystick très pratique et vous avez également la possibilité de pointer du doigt la zone où vous souhaitez faire le point. En contrepartie, la mise au point n'est pas des plus rapides... Le GFX est loin d'attendre la réactivité d'un X-T2, par exemple — mais de fait, les dimensions et le poids des lentilles des optiques moyen format sont largement supérieurs à ceux d'un hybride APS-C.

Lors de nos tests en studio, le GFX s'est bien comporté et a montré une très bonne réactivité de l'autofocus (63 mm f/2,8), en pleine lumière mais aussi dans la pénombre. Dans ce dernier cas, le temps de mise au point reste en dessous d'une demi-seconde, ce qui est très confortable.

Toutefois, lors de nos tests sur le terrain, nous avons noté quelques erreurs d'appréciation du module autofocus. En mode collimateur unique, la mise au point s'est parfois trouvée totalement hors de la zone visée. En basse lumière, le module autofocus a également tendance à patiner, avec le fameux effet de pompage (recherche du point par tâtonnement) qui a disparu de la série X.

Et en vidéo ?
En vidéo, vous bénéficiez également d'une mise au point automatique et continue. Celle-ci est toutefois très (très) lente, ce qui rend l'utilisation du mode vidéo plus qu'aléatoire, pour ne pas dire impossible si votre sujet est en mouvement. Vous pourrez toutefois basculer en mode mise au point manuel avec la possibilité d'afficher les pixels colorés pour la zone de netteté (focus peaking).

Poussières

Les poussières sont un problème récurrent pour tous les hybrides. En effet, le capteur n'est plus protégé par le miroir et les poussières sont très rapidement attirées par un phénomène électrostatique. Les boîtiers sont généralement équipés de systèmes de vibrations qui permettent de les décoller, mais ils sont généralement peu efficaces, à l'exception du système ultrasonique d'Olympus.

Le GFX dispose bien d'un système de nettoyage qui se déclenche automatiquement à l'extinction du boîtier. Néanmoins, après 15 jours de test et quelques changements d'optique, nous avons noté la présence de quelques poussières sur le capteur, comme vous pouvez le constater sur l'image témoin ci-dessous.

DSCF0478

Autonomie

Le GFX fonctionne avec une impressionnante batterie de 14 Wh. Celle-ci occupe une bonne partie du dos de l'appareil. Un chargeur assez basique est également livré, mais il ne présente pas de niveau de charge et il n'est pas possible de charger plusieurs batteries simultanément. Dommage. L'autonomie est d'environ 300 déclenchements, ce qui est plutôt bon pour un boîtier moyen format. La plupart des concurrents n'atteignent pas le tiers de cette valeur.

Fujifilm GFX 50S

Bruit au déclenchement

Le GFX dispose à la fois d'un obturateur mécanique et électronique. Il est possible de travailler avec l'un ou l'autre. L'électronique autorise une prise vue totalement silencieuse qui sera très appréciée par les photographes de spectacle, notamment. Pour information, l'obturateur mécanique est garanti pour 150 000 prises de vue : un chiffre plutôt élevé pour un moyen format.

Logiciel

Le GFX 50S est livré avec une version de Silkypix pour traiter les fichiers JPEG ou RAW. C'est n'est pas le logiciel le plus convivial, mais il présente l'intérêt de proposer une foultitude d'options. Adobe Lightroom devrait très rapidement supporter les fichiers .RAF du moyen format et on peut imaginer que même Capture One — désormais concurrent sur ce marché — prendra en charge les fichiers bruts. Ce qui est moins certain, c'est la compatibilité du mode connecté de Capture One. Il faudra donc se retourner vers Lightroom.
Un petit logiciel (80 $) FUJIFILM Tether Plug-in PRO pour Lightroom sera disponible au moment de la commercialisation du boîtier pour macOS et Windows. En outre, Fujifilm propose gratuitement le logiciel Fujifilm X Acquire qui permet de transférer rapidement les photos vers un dossier d'un ordinateur (Windows / macOS) avec les réglages sur le boîtier.

Les optiques
63 mm, 120 mm et32-64 mm

Dès son introduction, le GFX 50S est disponible avec 3 objectifs, dont deux focales fixes (63 mm f/2,8 et 120 mm f/4 Macro) et un zoom 32-64 mm f/4. Nous avons passé ces 3 objectifs sur notre scène test pour évaluer leur qualité. Tous ont la particularité de fermer jusqu'à f/32 et disposent d'une bague manuelle de diaphragme. Une position C permet une utilisation directe depuis les molettes de réglage du boîtier.

63 mm f/2,8

Le 63 mm f/2,8 est l'optique classique pour le moyen format de Fujifilm. Il correspond à un 50 mm en équivalent 24x36. Il est relativement compact et léger (400 g) et s'avère assez lumineux pour un modèle moyen format.

Fujifilm GFX 50S / 63 mm au centreFujinon 63 mm f/2,8 : évolution du piqué en fonction de l'ouverture, au centre. Le piqué est excellent dès la pleine ouverture à f/2,8. L'optique garde un bon niveau de précision jusqu'à f/22 ouverture à partir de laquelle la diffraction devient visible. À f/32, la qualité est fortement dégradée.
Fujifilm GFX 50S / 63 mm au bordFujinon 63 mm f/2,8 : évolution du piqué en fonction de l'ouverture, en bordure (sur notre exemple, le coin supérieur gauche). L'image est très molle jusqu'à f/4 et devient beaucoup plus précise à f/5,6. Les clichés gagnent en piqué jusqu'à f/16. Au-delà, la diffraction se fait sentir. À f/32, la qualité est fortement dégradée. Le vignetage est bien contenu à pleine ouverture.

120 mm f/4

La seconde focale fixe est un petit téléobjectif correspondant à un 95 mm en 24x36, idéal pour le portrait, par exemple. L'optique dispose d'une position macro offrant un grossissement de 0,5x (proxiphotographie). L'objectif est également stabilisé avec un système optique. Il est relativement imposant, et lourd : presque 1 kg sur la balance.

Fujifilm GFX 50S / 120 mm au centreFujinon 120 mm f/4 Macro OIS : évolution du piqué en fonction de l'ouverture, au centre. Le piqué est excellent dès la pleine ouverture f/4. La précision est excellente jusqu'à f/16. Au-delà, la diffraction fait son œuvre et dilue les plus fins détails. À f/32, les dégradations sont sévères.
Fujifilm GFX 50S / 120 mm au bordFujinon 120 mm f/4 Macro OIS : évolution du piqué en fonction de l'ouverture, en bordure. Un léger vignetage est visible à f/4, mais il s'estompe rapidement dès f/5,6. Le piqué est bon à f/4 et devient excellent dès f/5,6. Il reste d'un très haut niveau jusqu'à f/16. Ensuite la diffraction réduit la précision des images, notamment à f/32.

Stabilisation
Le 120 mm f/4 est la seule optique stabilisée disponible. Avec une définition de 50 Mpx, les moindres vibrations sont perceptibles et, depuis le Nikon D800 et ses 36 Mpx, la règle empirique selon laquelle une photographie sera nette pour un temps de pose équivalent à l'inverse de sa focale n'est plus vraiment valable. Il faut parfois doubler, voire quadrupler cette valeur. Ainsi, avec le 63 mm, un temps de pose 1/100 ou 1/200 s est recommandé pour s'assurer le maximum de netteté. La stabilisation optique ou mécanique peut alors devenir très importante. Lors de nos essais en studio, nous avons noté un gain entre 2 et 3 IL, ce qui est très confortable.


32-64 mm f/4

Ce zoom polyvalent sera sans doute l'une des optiques les plus utilisées avec le GFX 50S. Standard, il correspond à un 25-50 mm en 24x36 et pèse un peu moins de 900 g. Il présente une ouverture constante f/4 et, comme les autres optiques, une finition à l'épreuve des intempéries.

Fujifilm GFX 50S / 32-64 mm @32 mm au centreFujinon 32-64 mm f/4 @32 mm : évolution du piqué en fonction de l'ouverture, au centre. Le piqué est très bon dès f/4 et reste excellent jusqu'à f/16, ce qui semble être le grand classique pour le GFX. Au-delà, les plus fins détails sont moins précis et à f/32, l'image devient vraiment "molle".
Fujifilm GFX 50S / 32-64 mm @32 mm au bordFujinon 32-64 mm f/4 @32 mm : évolution du piqué en fonction de l'ouverture, en bordure. L'optique ne semble pas trop marquée par le vignetage, mais manque un peu d'homogénéité. Il faut fermer jusqu'à f/8 pour avoir un peu de consistance et dès f/22, la diffraction vient réduire le piqué de l'image.

Fujifilm GFX 50S / 32-64 mm @64mm  au centreFujinon 32-64 mm f/4 @64 mm : évolution du piqué en fonction de l'ouverture, au centre. Au télé, le piqué est bon à f/4, mais pour plus de précision, il faudra fermer à f/5,6. Là encore, à partir de f/22, la diffraction devient visible.
Fujifilm GFX 50S / 32-64 mm @64 mm au bordFujinon 32-64 mm f/4 @64 mm : évolution du piqué en fonction de l'ouverture , en bordure. La position télé n'est finalement pas plus homogène. À f/4, l'image est un peu molle et on n'hésitera pas à fermer d'un cran ou deux si c'est possible pour gagner en piqué.

Au télé, la distorsion en coussinet visible sur les fichiers bruts est bien corrigée à la volée lors de la création du JPEG. Au grand-angle 25 mm, la distorsion est bien contenue.

Distorsion JPEG vs RAWLe fichier JPEG corrigé est à gauche et le fichier brut non corrigé est à droite.

Qualité des images
Photo & vidéo

Piqué et comparaison 5DS R / A7R II / sd Quattro H

50 millions de pixels sur un 24x36 sont-ils équivalent à 50 millions de pixels sur un moyen format ? C'est LA question. Et il est difficile d'y répondre. Pour vous donner quelques clés, nous avons comparé plusieurs combinaisons :
– Fujifilm GFX 50S + 120 mm f/4 (Fujinon) / 50 Mpx
– Canon 5DS R + Sigma 85 mm f/1,4 / 50 Mpx
– Sony A7R II + Sony 70-200 mm f/2,8 / 42 Mpx
– Sigma sd Quattro H + Sigma 35 mm f/1,4 / 39 Mpx
– Hasselblad X1D + 90 mm / 50 Mpx

Nous allons comparer les images réalisées en studio. Ces comparaisons sont à prendre avec tout le recul nécessaire, car les configurations sont forcément différentes. Pour faciliter la comparaison, nous avons retravaillé les images en 7 293 px de large. Les différences sont assez subtiles, mais le verdict néanmoins rapide...

fujifilm-gfx-50s-comparaisoncanon-5dsr-comparaison
fujifilm-gfx-50s-comparaisonsony-a7r-II-comparaison
fujifilm-gfx-50s-comparaisonsigma-sd-quattro-H-comparaison
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Le Fujifilm GFX 50S délivre le meilleur piqué, avec une matière supérieure sur les billets ou sur le livre. La combinaison d'un grand capteur moyen format et d'une optique performante dépasse les meilleurs boîtiers 24x36 du moment. Seul le X1D tient la comparaison équipé du même capteur et d'une optique Hasselblad fabriquée par... Fujifilm.

Gestion du bruit électronique

Le GFX de Fujifilm est équipé d'un grand capteur de 43,8 x 32,9 mm. Avec la définition de 51,4 millions de pixels, les photodiodes font environ 5,3 µm de côté. À titre de comparaison, le Canon 5DS R a des photosites de 4,2 µm : la différence n'est donc pas négligeable. Fujifilm indique également que son capteur est différent de celui des autres fabricants (Pentax, Phase One) par son architecture spécifique, faisant appel à un réseau de micro-lentilles pour assurer un maximum de netteté.

Fujifilm GFX 50S test review capteur réseau lentillesDifférentes proportions de capteurs

Les JPEG

Les photodiodes étant plus larges, nous attendons d'un capteur moyen format une excellente gestion du bruit électronique. Et les résultats sont plutôt concluants. De 50 à 800 ISO, le GFX 50S délivre de somptueux clichés : les couleurs sont vives, les images très détaillées et le moutonnement totalement absent des aplats colorés. La dynamique est excellente et il sera possible de grimper jusqu'à 1 600, voire 3 200 ISO sans trop d'hésitation. À 3 200 ISO, l'image semble un peu moins piquée, mais les détails sont là et le grain, très fin et assez esthétique. La dynamique baisse un peu et les modulations dans les basses lumières sont un peu moins visibles, mais globalement, le GFX est très performant pour un boîtier moyen format.

Une étape est clairement franchie à 6 400 ISO. Le moutonnement apparaît de manière plus franche sur les aplats colorés et les plus fins détails s'émoussent. Les images sont toutefois encore remarquables et offrent un très bon niveau de précision. La dynamique baisse un peu, mais les images ont encore de la ressource.
12 800 ISO est la limite officielle du boîtier (pour accéder aux valeurs supérieures, il faut basculer en mode C) et les images sont encore exploitables selon la taille d'impression et d'observation.

Les valeurs officieuses, mais accessibles, de 25 600 ISO et plus sont forcément plus problématiques. Elles ont toutefois le mérite d'exister et de permettre des prises de vue dans des conditions lumineuses très difficiles. Le lissage est plus appuyé, les détails fondent et le grain explose tout en restant assez esthétique. Les couleurs, encore stables jusqu'à 25 600 ISO, deviennent vraiment fades au-delà et la dynamique s'effondre. On évitera donc de pousser le GFX dans ses derniers retranchements, mais les 50 millions de pixels donnent beaucoup de matière pour la post-production.

Oscilloscope

Sous l'œil plus impartial de notre oscilloscope, les fichiers JPEG donnent peu ou prou les mêmes résultats. Le bruit — qui se traduit par les oscillations — est peu visible jusqu'à 3 200 ISO et devient plus sensible au-delà de 6 400 ISO.

Fujifilm GFX 50S test review

Dans la vraie vie

Les mires en studio c'est bien, mais rien ne vaut quelques essais la nuit tombée.

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Exposition et latitude de travail

Pour vérifier la plage de travail d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts .ARW avec Adobe Lightroom afin d'obtenir une exposition similaire (nous avons "mouliné" les fichiers .RAF avec Iridient Transformer pour créer des fichiers DNG).

La latitude d'exposition de ce capteur 50 Mpx est un peu décevante. C'est dans les hautes lumières que le GFX n'est pas à la hauteur de nos attentes. En effet, nous n'avons pas réussi à récupérer des informations au-delà de 1,6 IL. Dès cette valeur, certaines informations sont déjà définitivement perdues.

Fujifilm GFX 50S test reviewCorrection de la surexposition.

Pour la sous-exposition, le moyen format est plus performant, mais également plus classique et il est possible de recouvrir des détails jusqu'à -4 IL sans faire "remonter" trop de bruit.

Fujifilm GFX 50S test reviewCorrection de la sous-exposition.

Au final, la latitude de travail est de 6,6 IL, ce qui est équivalent à un capteur 24x36 moyen.

Vidéo

Le GFX 50S dispose d'un capteur CMOS qui permet l'enregistrement vidéo jusqu'en HDTV  1080 en 30p (29,97p) en NTSC et 25p en PAL. Il est également possible de capter en 720p. Malheureusement, le boîtier ne dispose pas de tout l'attirail technique disponible sur le X-T2 pour le mode vidéo.

Le boîtier enregistre en AVC/H.264 avec un débit moyen (HDTV 1080) de 40 Mb/s. La compression est en mode High@4.1 sans CABAC et avec une seule image de référence.

Fujifilm GFX 50S test reviewLes différents modes vidéo du moyen format Fujifilm GFX 50S.

Le rendu est finalement assez plaisant en HDTV 1080 avec un bon niveau de netteté, bien que le moirage, sur notre scène test, soit très marqué. On note également quelques effets d'aliasing. Mais globalement, le moyen format se sort assez bien de l'épreuve de la vidéo.

Fujifilm GFX 50S test review vidéoExtrait à 100 % d'une vidéo en HDTV 1080 / 25p.
Fujifilm X-T2Extrait à 100 % d'une vidéo tournée avec le Fujifilm X-T2 en HDTV 1080 / 25p.
Panasonic GX80 videoExtrait à 100 % d'une vidéo tournée avec le Panasonic GX80 en HDTV 1080 / 25p.

Rolling shutter

Les déformations du rolling shutter sont assez visibles lors des mouvements rapides de la caméra, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous.

Galerie photo

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Nos conclusions
Verdict

Après deux trop courtes semaines passées en compagnie du Fujifilm GFX, il s'avère difficile de conclure. Il est clair que le moyen format dans une version hybride apporte un vrai vent de fraîcheur sur le marché de la photographie. Le boîtier doté d'un capteur de 43,8 x 32,9 mm à 50 Mpx délivre de superbes clichés avec un très bon rendu de matière, une belle modulation et une gestion de la profondeur de champ très intéressante. Le 50 Mpx résiste bien à la montée du bruit électronique et délivre des images à 6 400 ISO parfaitement exploitables. Les 3 optiques disponibles sont également de très belle facture, notamment le 120 mm f/4 stabilisé. Bref, en qualité d'image, le contrat est rempli, haut la main.

Si le GFX manque cruellement de charme, il n'en reste pas moins un boîtier efficace et hautement personnalisable. Seul le viseur électronique manque de précision, mais n'oubliez pas que ce dernier est interchangeable et nous croisons les doigts sur le fait que les prochaines versions, forcément plus précises, seront compatibles. Fujifilm propose également quelques accessoires clés pour étendre les possibilités de son boîtier, dont une bague pour les optiques Hasselblad ou pour les chambres. La marque propose également une solution pour travailler en mode connecté avec Lightroom d'Adobe, voire avec d'autres solutions en "bidouillant" un peu. Le problème des poussières n'est, quant à lui, pas totalement résolu.

Nous l'avons vu, le GFX 50S se démarque de ses principaux concurrents en terme de rendu d'image. Toutefois, il reste une question : pourquoi Fujifilm n'a-t-il pas enfoncé le clou en proposant une version 100S qui aurait définitivement assis la réputation de la marque et aurait créé une différence plus importante avec les reflex actuels ? Fujifilm avance des arguments de réactivité. Il est aussi probable que le capteur 100 Mpx (disponible chez Hasselblad et Phase One, par exemple) aurait considérablement "plombé" la facture et la disponibilité du produit. Il y a fort à parier que les 50S n'est que le premier d'une série et qu'un modèle à 100 Mpx devrait faire son apparition d'ici un an. Nous espérons que la marque ait bien pris le soin de pouvoir utiliser un capteur plus grand (le 100 Mpx fait actuellement 53,4 x 40 mm).

Pour sa qualité d'image superlative, il est difficile de ne pas recommander le GFX, mais le boîtier reste assez cher notamment pour un modèle doté un viseur électronique. Il y a bien sûr des différences de rendu entre un capteur 24x36 et moyen format, mais elles restent assez subtiles et pour le professionnel, elles peuvent être parfois difficile à vendre. L'investissement est important, il faut être certain de le rentabiliser.

Face à concurrence

Nous avons choisi de confronter le GFX 50S de Fujifilm à deux appareils différents : l'hybride moyen format de Hasselblad et le reflex Canon 5DS R qui intègre un capteur de 50 Mpx également.

Hasselblad X1D

Le premier hybride moyen format, c'est Hasselblad qui l'a présenté. Le X1D est un boîtier séduisant avec une ligne novatrice particulièrement réussie. Les deux boîtiers disposent d'un grand capteur à 50 Mpx. Toutefois, le Fujifilm GFX présente de nombreux avantages sur son concurrent suédois. Il est moins cher, dispose d'une gamme d'optiques plus importante, d'un écran LCD orientable et tactile, d'une interface plus complète et personnalisable, d'un autofocus et d'un enregistrement plus rapides des images. Les JPEG sont enregistrés en pleine définition, la plage ISO est également plus large.

X1D
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Canon 5DSR

Le Canon 5Ds R entre logiquement en compétition avec le GFX, grâce à son capteur 24x36 de 50 Mpx également. Le reflex Canon a quelques avantages, à commencer par son prix : il est en effet disponible à moins de 3 500 €. Une différence qui permet d'envisager l'achat d'une ou plusieurs optiques. Son viseur optique est plus précis et totalement fluide. En outre, le 5DS R autorise une rafale à 5 i/s contre 3 i/s chez Fujifilm, et son obturateur mécanique est capable de grimper à 1/8 000 s. Le reflex devance également le moyen format par son autonomie, presque 2 fois supérieure. Côté autofocus, le reflex Canon dispose d'un module à corrélation de phase plus performant et moins hésitant. Pour finir, il bénéficie d'un parc optique riche et complet.

De son côté, le Fujifilm GFX est plus léger et plus compact tout en disposant d'un capteur nettement plus grand. Celui-ci permet donc un flou arrière plus doux avec une profondeur de champ très réduite. La visée électronique est également plus large, mais comme nous l'avons précisé, elle est aussi moins précise. Le GFX propose un écran LCD orientable et tactile, absent sur le reflex Canon. Si le système autofocus par détection de contraste est un peu moins performant, la couverture du champ visé est par contre beaucoup plus large.

5DSR
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+
  • Qualité des images superlative
  • Optiques de très belle fabrication
  • 3 optiques disponibles immédiatement : 63 mm, 120 mm et 32-64 mm. 3 autres sont à venir (23, un 45 et un 110 mm)
  • Boîtier très compact et léger pour un moyen format
  • Possibilité de travailler en mode connecté avec Lightroom ou d'autres logiciels
  • Déclenchement totalement silencieux
  • Obturateur mécanique garanti 300 000 cycles (150 000 prises de vue)
  • Fabrication à l'épreuve des intempéries
  • Bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 6 400 ISO
  • Écran LCD orientable et tactile
  • Accessoires pour étendre l'environnement photographique : bague pour optiques Hasselblad ou chambre
  • Fonctionne aussi bien avec des optiques classiques que celle disposant d'obturateurs centraux
  • 2 emplacements SD compatibles UHS-II
  • Viseur électronique manquant de précision. En basse lumière, la visée n'est pas assez fluide.
  • Optiques volumineuses et lourdes
  • Latitude d'exposition un peu décevante
  • Design du boîtier manquant de charme
  • Pas de navigation dans les menus via l'écran tactile
  • Le capteur est un véritable piège à poussière. Le nettoyage pourrait être plus efficace.
  • Mode vidéo beaucoup moins complet que celui du X-T2 (autofocus très lent, pas de mode UHD)
  • Il manque peut-être une très longue focale
  • Seulement 50 Mpx
En résumé

Pari réussi pour le moyen format hybride de Fujifilm qui délivre une belle qualité d'image associé à une ergonomie bien étudiée et un écosystème naissant, mais déjà intéressant.

GFX 50S
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Fujifilm GFX 50S
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