MontureSONY NEX - FUJI X
Format couvertAPS-C
Plage focale12 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C18 mm
Ouverture maximale2,8
Ouverture minimale22
Distance de mise au point18 cm
Nombre de lamelles du diaphragmenc
Construction11 lentilles en 8 groupes
Éléments spécifiques5 lentilles asphériques - 3 lentilles a faible dispersion
Échelle des distancesnon
Rapport de reproductionnc
Motorisationoui
Stabilisationnon
Dimensions81 x 86 mm
Diamètre filtre67 mm
Poids260 g
Pare-soleiloui
Étui souplenon

Caractéristiques

Annoncé lors de la dernière Photokina, voici l'un des deux premiers objectifs de la gamme Touit de Carl Zeiss. Cette série Touit est destinée aux COI (Compact à Objectifs Interchangeables) Sony NEX et Fujifilm série X qui utilisent des capteurs au format APS-C. Le nom Touit fait référence aux oiseaux (petits, agiles et avec une excellente vision).

Carl Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8 test reviewCarl Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8 test review

Le nouveau 12 mm f/2,8 équivaut à un 18 mm une fois monté sur un appareil APS-C (facteur de conversion de 1,5x). Il dispose d'une formule optique de type Distagon avec 11 lentilles réparties en 8 groupes distincts. Très bon point, le 12 mm est équipé d'un système AF à motorisation interne !

Logo DXO MARKCe test optique est basé en partie sur les mesures réalisées en laboratoire par DxOMark dans le cadre d’un partenariat conclu entre Les Numériques/Focus Numérique et DxO Labs. Créée par DxO Labs, DxOMark est la source d’information indépendante la plus fiable et la plus objective sur la mesure de qualité d’image.

DxOMark a bâti sa réputation grâce à des protocoles de tests rigoureux, des outils de mesure de qualité industrielle et une base de données constituée de milliers de mesures d’appareils photo, d’objectifs et de téléphones mobiles. Les résultats complets des tests réalisés sur cette optique sont disponibles sur www.dxomark.com.

Prise en main

Au premier coup d’œil, les nouvelles optiques Touit font un très bel effet. Nous avons testé le modèle en monture Sony NEX, qui diffère de celui en monture Fuji. Ce dernier dispose en plus d'une bague de diaphragme manuelle.

La prise en mains est excellente. L'optique, même avec un diamètre avant de la frontale qui atteint les 8,6 cm, reste compacte et relativement légère. Elle mesure 8 cm de long pour un poids de 260 grammes. Montée sur notre Sony NEX 7 qui lui pèse 525 grammes, elle procure un ensemble relativement équilibré.

Carl Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8 test review prise en mains

La qualité de construction, comme de coutume chez Zeiss, est clairement au rendez-vous. L'optique est 100% métallique mis à pars la bague de mise au point et le pare-soleil en forme de corole qui lui est en plastique léger : dommage. La qualité des finitions est remarquable. Les moindres petits détails sont parfaitement intégrés comme le logo Zeiss.

Bravo aussi pour le repère d'objectif qui, pour respecter la charte graphique de Zeiss est bleu. Aligner un point blanc avec un point bleu : pourquoi pas ! Carl Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8

La bague de mise au point est extrêmement agréable à utiliser. En effet elle est large, fluide et très plaisante au toucher. Malheureusement elle ne possède aucune butée ou indication de bout de course que ce soit pour la distance minimale de mise au point ou l'infini. Dans la pratique, on peut rapidement s'y perdre.

Carl Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8

Pour ce qui est de l'AF, le moteur est relativement silencieux. Cependant, il manque de réactivité et dans certaines conditions de précision. Sur les premiers modèles que nous avons reçus, nous avons observé un bug : même en mode AF-S sur le boîtier, la mise au point est ajustée en permanence et fait chuter l'autonomie de la batterie. Le problème est connu de Zeiss. C'est pour cela que la commercialisation des montures Sony est légèrement décalée de celle des Fuji. Notons aussi que le moteur qui modifie l'ouverture est extrêmement bruyant.

Carl Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8 test review prise en mains

Dernier point, l'optique est livrée dans une belle boîte avec une mousse compacte thermo formée du plus bel effet. C'est la classe !

Carl Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8 test review prise en mains

Tests mires

| | | | 1. Facteur de transmission2. Vignetage3. Aberrations chromatiques4. Distorsions5. Piqué (Visuel et Acutance) | Sony NEX 7 |

logo DXO Mark

Le test du Sony NEX 7

Voici une étude objective sur des tests labo. Ce travail est réalisé en partenariat avec DxO Mark qui s'occupe de la réalisation des mesures. Ici encore, les résultats de ces analyses sont à mettre correspondance avec le ou les boîtiers de tests que nous avons utilisés. Nous avons opté ici pour Sony NEX 7.

Nos analyses sont basées sur des images réalisées en Raw et JPeg.

Facteur de transmission

Le facteur de transmission est une donnée intéressante. Il correspond à la quantité de lumière que laisse réellement passer l'objectif. Il est important de l'étudier à pleine ouverture, c'est-à-dire dans le cas où l'objectif est supposé laisser passer un maximum de lumière.

Test Touit Distagon 12 mm f/2,8 Le Zeiss Touit est relativement correct ** avec un moyenne de -0,3 IL à toutes les ouvertures. ** C'est à f/11 que l'on observe le plus grand écart entre la valeur théorique et la valeur réelle avec -0,4 IL. **

Vignetage

Tous les objectifs donnent des images, dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres.

Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence en IL entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Nous avons décidé d'observer le vignetage aux grandes ouvertures. Le vignetage est exprimé en IL. - 1 IL correspond à une sous-exposition équivalente de la fermeture de 1 diaphragme ou la division par 2 du temps de pose ou de la sensibilité ISO.

échelle vignetage Le vignetage est très modéré mais bien présent. En moyenne, il faut compter _0,3 Il entre le centre et les bords sauf à la plus grande ouverture à laquelle il peut monter jusqu'à -1 IL sur les bords les plus extrêmes.

Aberrations Chromatiques

Les aberrations chromatiques résultent d'un problème de focalisation de la lumière variant selon les différentes longueurs d'onde des rayons lumineux. La mise au point ne peut pas être effectuée simultanément au même endroit pour les différentes couleurs du spectre. Ces légers décalages de mise au point entraînent l'apparition de bordures irisées colorées. Ces défauts se voient particulièrement lors des transitions précises du net au flou, sur les fins détails (très contrastés).

echelle ABEC Les aberrations chromatiques sont bien présentes sur cet objectif, mais uniquement sur les bords les plus extrêmes. Se sont les mêmes, quelque soit les ouvertures.

Distorsions

Les objectifs ont tendance à tordre la réalité. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Test Touit Distagon 12 mm f/2,8 Les distorsions sont presque invisibles !

Piqué (Visuel et Acutance)

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 par exemple. De plus le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (nous avons testé l'objectif avec un SOny NEX 7 de 24 millions de pixels) et la taille de son capteur (APS-C pour le NEX 7). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le Sony NEX 7 dispose d'une définition de 6024 x 4024 pixels. Chaque pixel mesure donc 3,9 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11. Les premiers résultats du super grand-angle Touit sont assez bons sans être exceptionnels. En effet l'objectif procure des images nettes et très piquée au centre, mais le piqué baisse de manière brutale sur les bords. L'effet s'observe bien entendu aux plus grandes ouvertures, jusqu'à f/4,5. Au delà de f/4,5, la restitution des détails est bien présente sur l'ensemble de l'image. Cependant un léger coup d'accentuation au moment du développement RAW sera un réel plus ! C'est, comme souvent, aux alentours de f/9 que l'objectif procure la meilleur qualité d'image : les résultats sont excellents. La diffraction fait son apparition dès f/14. Nous vous conseillons de télécharger les fichiers RAW et d'observer les images à 100% dans votre développeur pour juger du piqué.

échelle accutance ****** > Test complet du Carl Zeiss Touit 12 mm f/2,8 sur DxO Mark

Tests terrain

Le laboratoire, les courbes, les photographies de mire, c'est bien. Mais que vaut le Zeiss Touit Distagon 12mm f/2,8 sur le terrain ? Pour répondre à cette question, nous l'avons emmené dans les rues de Tokyo, accompagné d'un Sony Nex 7. Au-delà des performances brutes (et objectives), ce petit exercice permet de mettre en évidence l'efficacité et la praticité, en conditions réelles, de l'objectif.

Qualité de construction

Une focale fixe très grand-angle est plus naturellement destinée à la photographie de rue. Léger, compact, le Zeiss Touit 12mm se fait vite oublier au fond de la besace ou une fois suspendu à l'épaule. Relié à l'objectif par une baïonnette, le verrouillage du pare-soleil est ferme, mais laisse un peu de jeu, perturbant pour une focale fixe à ce prix là. Sa conception toute plastique décevra les puristes, Zeiss nous ayant habitué au métal aussi bien sur ses optiques pour reflex (ZF, ZE) que sur ses optiques en monture M. En contrepartie, il est légèrement souple, les pétales de la "tulipe" absorbant alors les chocs.

La bague de mise au point est ceinturée de caoutchouc. Il agrippe aussi bien le doigt que les poussières, avec une fâcheuse tendance à blanchir au soleil. Ce n'est pas bien grave, mais l'esthétique en prend un coup. Il faut noter que cet anneau de caoutchouc n'est pas collé, mais simplement ajusté, il est possible de l'enlever du bout de l'ongle afin, par exemple, de le nettoyer et enlever les poussières qui pourraient se glisser dessous.

De manière anecdotique, notons que les bouchons arrière des Zeiss Touit sont assez fragiles et marquent rapidement. Cela ne change rien à la qualité d'image finale, mais, tout comme pour le pare-soleil en plastique, nous aurions aimé avoir un peu plus résistant pour un produit "luxueux."

****

Visée et prise en main

Sur le capteur APS-C d'un Sony Nex 7, le 12mm se transforme en 18mm, ce qui reste très, très large. Le niveau électronique est donc le bienvenu et montre tout son utilisé pour garder un horizon qui ne parte pas dans tous les sens. Avec un tel angle de champ, le moindre décalage ne pardonnerait pas !

La deuxième conséquence d'une telle focale est plus inattendue. La main gauche venant naturellement se positionner vers l'avant de l'objectif afin de garantir une stabilité optimale, il arrivera souvent qu'un doigt tombe dans le creux d'un des pétales du pare-soleil en tulipe. S'il est invisible lors de la prise de vue, lorsque les photos sont visualisées sur un écran lors de l'éditing, il ne sera pas rare de voir un bout d'index occulter le coin inférieur droit de l'image. Malgré la plus grande vigilance, ce petit incident arrive fréquemment. Attention, donc.

Notez le bout de doigt qui s'invite dans l'image, mais était invisible dans le viseur...

Mise au point manuelle

Les Zeiss Touit en monture E étant dépourvus de bague de diaphragme, la bague de mise au point est un peu plus large que sur leur homologue en monture X (pour boîtiers Fuji X-Premium). Probablement pour des questions de coût et de poids, Zeiss n'a pas jugé bon de proposer une bague mécanique. Au lieu de cela, la mise au point se fait par "fil électrique", c'est-à-dire que la bague tourne à l'infini, dans les deux sens, et c'est un moteur à l'intérieur de l'objectif qui commande le déplacement des lentilles. Outre le manque de noblesse de cette solution, trois conséquences pratiques sont à signaler une fois sur le terrain.

D'abord, puisque la bague tourne à l'infini dans les deux sens, cela implique qu'il n'y a pas de butée. De fait, il est impossible d'effectuer la mise au point "au jugé", il faut obligatoirement avoir recours à l'écran ou au viseur électronique (ce qui est le cas du Nex 7). De plus, il n'y a pas du tout de graduation de distance de mise au point, ni sur l'objectif, ni sur le boîtier (les deux communiquant finalement assez peu). Il faudra donc oublier le travail en hyperfocale pour la photo de rue, ce qui est fort dommage pour un tel objectif avec lequel il aurait pourtant été confortable de faire confiance à la grande profondeur de champ (même à pleine ouverture).

Deuxième conséquence, un peu dans la même veine, l'usage d'une mise au point électrique conduit à un manque de sensation tactile navrant (et ce ne sont pas les micros vibrations du moteur qui feront changer d'avis). Lorsque l'on fait l'effort (photographique et financier) d'opter pour un objectif Zeiss, on est en droit d'attendre un peu de vie au bout des doigts, on est en droit d'espérer un objectif qui offre une expérience vraiment différente des zooms standards. Ici, c'est électrocardiogramme plat, il faudra repasser côté palpitations et émotions.

Troisième conséquence, si vous tenez absolument à utiliser la mise au point manuelle. Lorsque l'appareil est éteint, et même s'il rentre simplement en veille, il coupe totalement la communication avec l'objectif. Du coup, la mise au point est perdue et il faut recommencer. Comme sur le terrain on ne passe pas son temps à photographier, l'appareil est donc souvent en veille. De quoi vous enlever très rapidement l'envie d'utiliser la mise au point manuelle, et ce bien que le peaking fonctionne à merveille. Seule parade : avoir recours à l'autofocus. ****

Mise au point automatique

Si le Zeiss Touit ne brille pas en mise au point manuelle, au moins se rattrape-t-il une fois l'autofocus activé ? Et bien... pas vraiment. Ici, notre Nex 7, pourtant sorti en 2011, mais mis à jour avec le firmware 1.1 début juin pour l'occasion, n'est pas le facteur limitant. Le Distagon 12mm nous offre un véritable festival de tout ce qu'il ne faut pas faire.

Lors de l'allumage de l'appareil, l'électronique du boîtier met moins de temps que la mécanique de l'objectif pour se mettre en route. Puis, très rapidement, on se rend compte que l'objectif n'est jamais réellement au repos. Même lorsque le déclencheur n'est pas sollicité et que l'appareil est suspendu à l'épaule, le moteur de l'objectif tente de faire la mise au point. Outre les vibrations et l'inconfort engendré, c'est surtout l'autonomie qui en prend un coup, la jauge de charge descendant à vue d'œil même en l'absence d'activité photographique. Il semblerait que Zeiss soit en train de travailler à résoudre ce problème.

Les Zeiss Touit disposant d'une mise au point pas à pas, l'objectif a tendance à patiner avant de trouver la bonne distance. Même avec la belle profondeur de champ d'un 12 mm, il est rare que la netteté soit faite dès le premier coup. Puisque le coup ne part pas tant que le point n'est pas confirmé, il faudra faire une croix sur les photos volées et les instantanés.

Focale et angle de champ

**** Une focale correspond à un angle de champ ou angle de vision couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l’on obtient avec le 12 mm monté sur le Sony Nex-7, qui est équipé d’un capteur APS-C. Avec le coefficient de conversion de 1,5X, on obtient un équivalent 18 mm qui, s'il se prêtera volontiers à la photographie de rue, d'architecture ou de paysage, demandera un certain doigté. En effet, il faut aussi bien remplir l'image en largeur qu'en hauteur. Lors d'un cadrage à la verticale, attention à ne pas photographier ses pieds ! Plus la focale est courte, plus le sujet semblera éloigné dans le viseur, ce qui invite à s'en rapprocher de très près autorisant des cadrages intéressants. Enfin, notez qu'un 18 mm est très pratique dans les lieux (transports en commun, pièces en intérieur, etc.) où le recul manque. De plus, ici, la grande ouverture f/2,8 évite de monter trop haut en sensibilité.

Distorsion et perspective

Si ces deux notions sont différentes, elles sont néanmoins encore régulièrement confondues. La distorsion est une déformation induite par la conception de l'objectif. Il existe deux sortes de distorsion : en barillet et en coussinet. Dans les deux cas, le principe est le même : les lignes droites de la vie réelle sont traduites par des courbes à l'image. Tous les objectifs y sont sensibles, même les plus perfectionnés et les plus onéreux, mais plus la focale est courte, plus la distorsion est difficile à maîtriser.

Il est ainsi communément admis qu'un très grand angle (ce qui est le cas du Zeiss Touit 12 mm) a le droit d'avoir une distorsion un peu plus marquée. Cela se traduit par des bords qui filent. Typiquement, lorsqu'un sujet humain se trouvera tout à gauche (ou à droite) de l'image, il aura l'air d'être penché (alors que dans la réalité il était parfaitement droit) et légèrement allongé. Ce Distagon n'échappe pas à la règle même si la distorsion en coussinet est plutôt bien maîtrisée, comme en témoignent les exemples suivants :

La roue arrière est légèrement ovale.

La barrière est courbée.

Les tours au loin sont penchées et le couple au premier plan est légèrement étiré.

Malgré l'enchevêtrement de lignes droites, la distorsion ne gêne pas trop ici.

La perspective est directement liée au point de vue du photographe (physiquement parlant, pas métaphysiquement ni philosophiquement). En simplifiant à l'extrême, il n'existe finalement que trois points de vue : frontal, en plongée, en contre-plongée. La vue frontale déforme le moins, les deux autres accentuent les perspectives. Cela se traduit, dans l'image, par des fuyantes très marquées. Une fois encore, plus la focale est courte, plus cette accentuation est marquée. C'est donc au photographe de tourner ce "handicap" en avantage esthétique. De plus, les très grands angulaires, en permettant des cadrages larges, invitent à composer son image en jouant sur les différents plans. À ce jeu-là, le Zeiss Touit Distagon 12mm f/2,8 se montre particulièrement créatif :

Exemples de photos

Notons bien que ces premiers tests sont réalisés avec un modèle de la première série en monture Sony et non commercialisé. Nous recommencerons les tests très prochainement avec un modèle définitif.

Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8 exemple 1
Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8 exemple 2
Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8 exemple 3
Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8 exemple 4

Verdict

Carl Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8 test review prise en mains

Au final ce nouveau 12 mm nous laisse sur notre faim. L'intérêt principal de cette optique est sa focale très grand-angle et équivalente à un 18 mm, une fois montée sur un capteur APS-C. Il est vrai que les super-grands angle à f/2,8 sont encore relativement rares pour des hybrides. La focale est donc idéale pour de la photo de rue, des paysages ou même de l'architecture. Cependant attention, les relatives fortes distorsions et la taille du champ demanderont une certaine habilité pour cadrer avec goût et cohérence : il y a beaucoup de place à remplir. La qualité optique de cet objectif est tout à fait correcte, mais n'a rien d'exceptionnel, comme on pourrait l'attendre avec un Carl Zeiss. Le piqué est bon, mais non homogène jusqu'à f/4,5, les aberrations chromatiques et le vignetage sont relativement modérés.

Ce qui déçoit le plus sur cet objectif c'est sa conception. En effet effet, à ce prix, on est en droit d'attendre quelque chose de parfait et qui procure une belle expérience photographique. Le design de l'optique est assez réussi et la prise en main très agréable. On retrouve une construction 100 % métal mis à par le pare-soleil qui est tout en plastique : dommage. Le point négatif provient de la bague de mise au point manuelle et du système autofocus interne de l'objectif. La bague est en caoutchouc et ne dispose absolument pas de butée ni de repères de distances : oubliez donc son utilisation à la volée en mise au point manuelle pour de la photo de rue. Le moteur AF, même si il est silencieux, est beaucoup trop lent.

Pour conclure, il semblerait que Zeiss soit sur de bonnes pistes sur sa nouvelle gamme d'optique pour capteur APS-C mais qu'il reste encore beaucoup de progrès à faire. Le 32 mm f/2,8 que nous testons actuellement risque de se voir décerner les mêmes défauts que ce 12 mm.

+
  • Design
  • Qualité de construction
  • Rapport poids - encombrement
  • Qualité optique aux ouvertures moyennes
  • Manque de sensation photo
  • Mise au point manuelle difficile
  • Bruit du moteur d'ouverture
  • Non homogénéité du piqué aux grandes ouvertures
  • Lenteur du système AF
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
Zeiss Touit Distagon 12 mm f/2,8
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