Le Zeiss Batis 18 mm f/2,8 est un grand-angle conçu pour les hybrides Sony de la gamme A7. En monture FE, il est capable de couvrir le format 24x36. C'est le troisième objectif de la gamme Batis de Zeiss, qui a une particularité : elle est équipée d'un système autofocus.

Test - 04/01/2016
Zeiss Batis 25 mm f/2
Batis 25 mm f/2
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Test - 23/12/2015
Zeiss Batis 85 mm f/1,8
Batis 85 mm f/1,8
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MontureFE
Format couvert24 x 36 mm
Plage focale18 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C27 mm
Ouverture maximalef/2,8
Ouverture minimalef/22
Distance de mise au point0,25 m
Nombre de lamelles du diaphragmeNC
Construction11 lentilles en 10 groupes
Éléments spécifiques4 lentilles asphériques
Échelle des distancesOui (écran OLED)
Rapport de reproductionNC
MotorisationOui
StabilisationNon
Dimensions95 x 78 mm
Diamètre filtre77 mm
Poids330 g
Pare-soleilOui
Étui soupleNon

Prise en main
Un objectif épuré et moderne

Présentation

Bien entendu, le Zeiss Batis 18 mm f/2,8 reprend le design et les principales fonctions propres aux Batis : autofocus, conception tout temps et écran d'information Led sur le dessus. Comme on pouvait s'en douter, la stabilisation optique est absente sur ce grand-angle (elle était intégrée sur le 85 mm). L'objectif affiche une formule de type Distagon de 11 éléments répartis en 10 groupes, avec tout de même 4 lentilles asphériques. L'ouverture est assurée par un diaphragme électromagnétique.

Prise en main

Ce nouveau Batis reprend les codes esthétiques et le design des deux précédents modèles, largement inspirés de ceux des Otus. Ce 18 mm est avant tout un bel objet design aux lignes douces, arrondies et épurées. La finition noire brillante est du plus bel effet. L'objectif est très discret, ce qui est un très bon point. Il ne comporte aucune inscription sur le fût.

Zeiss Batis 18 mm f/2,8

Sa prise en main est très agréable. Il bénéficie d'une construction tout en métal (sauf le pare-soleil : dommage !) très plaisante au toucher, mais un peu moins sur le terrain, car un peu glissante. Il mesure près de 10 cm de long pour un poids d'environ 330 g : très léger donc. Il est bien proportionné à un boîtier de type Sony Alpha 7.

Zeiss Batis 18 mm f/2,8

L'unique bague de réglage est déroutante. Sa fluidité et sa préhension sont parfaites ! Par contre, on ressent bien qu'il s'agit d'une bague "virtuelle" : elle ne déplace pas réellement des lentilles à l'intérieur de l'optique, ce sont des moteurs qui s'en chargent. Du coup, la bague n'offre pas de butées pour indiquer la distance de mise au point minimale et l'infini. C'est sa vitesse de rotation qui détermine son niveau de précision. Les informations de mise au point manuelle (distance de mise au point et distance du premier et dernier plan net de l'image) s'affichent désormais dans un petit écran Oled, situé sur le dessus de l'optique.

Zeiss Batis 18 mm f/2,8

Tests labo
Très bon au centre

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11, par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition et de la taille du capteur de votre appareil. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Nous avons testé l'objectif avec un Sony A7R II, au capteur 24 x 36 mm de 42 Mpx. L'A7R II présente une définition de 8 000 x 5 320 px. Chaque pixel mesure donc 4,5 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Testé avec Imatest

Les performances de cet objectif sont bonnes sans pour autant être exceptionnelles. En effet, il délivre des images très piquées au centre. Bon point, ce très haut niveau de piqué est présent dès la plus grande ouverture f/2,8 et reste constant jusqu'à l'apparition du phénomène de diffraction à f/16. L'objectif souffre par contre d'un important manque d'homogénéité entre le centre, les deux tiers des images et les bords. C'est à f/2,8 que le phénomène est le plus marqué. À mesure que l'on ferme le diaphragme, il s'amenuise pour ce qui est des deux tiers des images, jusqu'à atteindre presque le niveau du piqué au centre à f/8 et f/11. Les bords extrêmes des images peinent par contre à "décoller" et restent, quelle que soit l'ouverture, en très fort retrait par rapport au reste de l'image.

Tests terrain

La focale

Une focale correspond à un angle de champ — ou angle de vision — couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Un 18 mm est une focale très large. Elle est bien entendu plus adaptée au paysage, mais s'avère aussi redoutable pour du reportage et de la photo de rue. Monté sur un hybride Sony équipé d'un capteur au format APS-C, l'objectif devient un équivalent 27 mm (coefficient de conversion de 1,5x).

Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est bien présent et ce principalement aux plus grandes ouvertures. On le ressent jusqu'à f/5,6 ; au-delà, il devient négligeable. C'est à f/2,8 qu'il est le plus fort et "entrant".

Les distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Les distorsions sont bine visibles mais assez bien gérées pour un grand-angle de 18 mm.

Le bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou — notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses — sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

L'ouverture maximale de f/2,8 associée à un "grand" capteur 24x36 — et si possible une faible distance de mise au point — permet d'obtenir des effets de profondeur de champ marqués, même avec un très-grand-angle. Il est assez simple de décrocher un sujet principal de son environnement ou de faire de belles transitions flou-net / net-flou.

Galerie terrain

Verdict
Recommandé faute de concurrent

Cet objectif est séduisant et risque de tenter les amateurs de paysages et reportages. En effet, l'offre en ultra grand-angle pour les Sony A7 est encore assez faible. Dans le même registre de focale, on peut citer le récent Tokina Firin 20 mm f/2 (mise au point manuelle), le Samyang AF 14 mm f/2,8 FE (avec autofocus) ou encore le Zeiss Loxia 21 mm f/2,8 (mise au point manuelle). Il n'y a cependant rien chez Sony, qui commence sa gamme de focales fixes avec un 28 mm f/2.

Test - 15/02
Tokina Firin 20 mm f/2 FE MF
Firin 20 mm f/2 FE MF
Il n'y a actuellement aucune offre.
Test - 28/09/2016
Samyang AF 14 mm f/2,8 FE ED AS IF UMC
AF 14 mm f/2,8 FE ED AS IF UMC
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Test - 28/03/2016
Zeiss Loxia 21 mm f/2,8
Loxia 21 mm f/2,8
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Nous sommes assez fans de la gamme Batis de Zeiss qui offre, selon nous, un peu de modernité dans la manipulation des optiques : design moderne, prise en main originale (bague de mise au point manuelle "adaptative") et écran Oled. Cependant, outre ces atouts ergonomiques, nous sommes aussi en droit d'attendre des performances optiques de haut de vol et des caractéristiques alléchantes. Une ouverture maximale de f/2,8 nous semble un peu légère pour un objectif de ce calibre. Nous aurions aimé au moins disposer d'un f/2, voire f/1,8 ou f/1,4. La déception est appuyée par des performances optiques plus modérées au niveau de l'homogénéité du piqué. En effet, les bords extrêmes des images sont beaucoup trop en retrait comparés au centre (dont on peut saluer le niveau et la constance) et aux deux tiers des images : dommage.

+
  • Design soigné et qualité de construction
  • Prise en main moderne et originale
  • Piqué au centre des images dès la plus grande ouverture (constance)
  • AF très discret
  • Relativement faibles distorsions
  • Seulement une ouverture maximale de f/2,8
  • Manque d'homogénéité du piqué entre le centre, les 2/3 des images et surtout les bords extrêmes
  • Vignetage marqué aux plus grandes ouvertures
  • Bague de mise au point manuelle qui manque de caractère
En résumé

Faute de concurrent pour l'instant, cet objectif reçoit notre label Recommandé. Nous aurions toutefois aimé une ouverture maximale plus généreuse et des images plus homogènes au niveau du piqué.

Batis 18 mm f/2,8
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
Zeiss Batis 18 mm f/2,8
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