Le Sigma 14 mm f/1,8 DG HSM Art est un ultra-grand-angle qui fera le bonheur des paysagistes. Il dispose d'une ouverture maximale généreuse de f/1,8 associée à un diaphragme circulaire à 9 lamelles. La formule optique ne comporte pas moins de 16 lentilles réparties en 11 groupes incluant 1 lentille asphérique, 3 verres FLD et 4 SLD. Sigma annonce des distorsions minimales grâce à l'emploi d'une lentille asphérique moulée de 8 cm de diamètre (la même qui a été développée pour leur 12-24 mm). L'objectif pèse un peu plus de 1 kg et mesure près de 13 cm de long pour 9,5 cm de diamètre.

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MontureCanon EF, Nikon F, Sigma
Format couvert24 x 36 mm
Plage focale14 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C21 mm
Ouverture maximalef/1,8
Ouverture minimalef/22
Échelle des distancesOui
MotorisationOui
StabilisationNon
Pare-soleilOui, intégré
Étui soupleOui
Distance de mise au point27 cm
Nombre de lamelles du diaphragme9
Construction16 lentilles en 11 groupes
Éléments spécifiques1 lentille asphérique (8 cm), trois verres FLD, quatre verres SLD
Rapport de reproduction0,1X
Dimensions95,4 x 126 mm
Diamètre filtreNA
Poids1,170 kg
AutresEligible au programme de changement de monture MCS

Prise en main
Massif !

Ce 14 mm est impressionnant. L'objectif est imposant, massif, dense et lourd ! Sur la balance, comptez tout de même près de 1,2 kg. Comparé aux 900 g d'un boîtier du calibre d'un Canon EOS 5D Mark IV, c'est un peu disproportionné et le tout aura tendance à pas mal tirer sur le poignet en cas de longues séances de prises de vues à main levée. Pour limiter le phénomène et rééquilibrer l'ensemble, l'ajout d'un grip au boîtier peut être une bonne solution, mais quoi qu'il en soit, cela demandera un certain tonus musculaire. Pour ce qui est de l'encombrement, l'objectif est assez ramassé, en partie à cause de son pare-soleil en corolle fixe qui protège la magnifique lentille frontale bombée de plus 9 cm de diamètre. Comptez donc une longueur d'environ 12 cm et un diamètre de plus de 9 cm dans les parties les plus larges.

La qualité de fabrication est irréprochable, série Art oblige. Le design pour sa part est comme toujours, soigné, élégant et surtout discret : que des bons points !

L'unique bague de réglage dédiée à la mise au point manuelle est très agréable à utiliser. Elle est positionnée vers l'extérieur de l'objectif, ce qui permet, lorsqu'on l'utilise, de soutenir le poids de l'optique. La course est un peu longue, mais on dispose de deux réels repères de butée pour la distance minimale de mise au point et l'infini. La fluidité est excellente, bien que la bague soit un peu lourde à manier. Sur le dessus de l'objectif, on retrouve naturellement un indicateur de distance de mise au point dynamique.

Seule réelle déception, le protège-objectif avant n'est pas du tout à la hauteur en matière de finition et de qualité de fabrication.

Notons que cet objectif est éligible au programme de changement de monture et compatible avec le dock USB pour être paramétré et mis à jour. Il est livré avec une housse de transport.

Tests labo
Très bon malgré un léger manque d'homogénéité


Qu'est-ce que le piqué ?

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à l'autre, d'une focale à l'autre et d'une ouverture à l'autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple. De plus, le piqué va dépendre de taille et de la définition du capteur de votre appareil. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.


Nous avons testé l'objectif avec un Canon EOS 5Ds R au capteur 24 x 36 mm de 50 Mpx d'une définition de 8 736 x 5 856 px. Chaque pixel mesure donc 4 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Testé avec Imatest.

Ce 14 mm nous révèle un très beau comportement optique, avec un piqué qui augmente à mesure que l'on ferme le diaphragme pour trouver son paroxysme à f/8, avant de commencer à rebaisser pour cause de diffraction. Sigma a fait d'ailleurs le choix judicieux de ne pas proposer l'ouverture de f/22 et s'arrête à f/16 ; les photos prises à n'importe quelle ouverture sont donc totalement exploitables en production. Même dès la plus grande ouverture f/1,8, le piqué au centre est déjà très bon. L'objectif présente cependant d'un manque d'homogénéité du piqué entre le centre et les bords des images sur les plus grandes ouvertures. Il faut attendre f/4 avant que les bords commencent à "arracher". C'est à f/8 que l'objectif délivre les images les plus homogènes.

Notre scène test et les zones d'intérêt.

Face à la concurrence

Comparons les performances de ce Sigma 14 mm Art avec certains de ses concurrents plus ou moins directs. Nous n'avons malheureusement pas encore testé ses adversaires "frontaux", à savoir les Canon EF 14 mm f/2,8 L II USM, Zeiss Milvus 15 mm f/2,8 et Nikkor 14 mm f/2,8 D ED, qui sont tous légèrement moins lumineux que le modèle Sigma — et pour le Zeiss, à mise au point manuelle. Nous avons par contre testé le récent Samyang XP 14 mm f/2,4, à mise au point manuelle également.

Samyang XP 14 mm f/2,4

Le Samyang XP 14 mm f/2,4 inaugure la nouvelle gamme d'objectifs XP chez Samyang et se révèle être plutôt une réussite. Commençons par saluer la qualité optique : malgré des défauts de vignetage et de distorsion assez marqués — mais classiques sur un super grand-angle —, force est de constater que l'objectif délivre des images piquées et jouit d'un beau comportement.

XP 14 mm f/2,4
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Force est de constater que le Samyang XP (à mise au point manuelle et ouverture maximale f/2,4) procure des images certes légèrement moins piquées, mais plus homogènes que le modèle Sigma.

Tests terrain
Efficace et sans distorsions

La focale


Qu'est-ce que la focale ?

Une focale correspond à un angle de champ — ou angle de vision — couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.


Voici ce que l’on obtient si on l'utilise le Sigma 14 mm f/1,8 DG HSM Art monté sur un EOS 5D équipé d’un capteur plein format. Cette focale est assez spécifique. L'ultra grand-angle — sans tomber dans le fisheye — ne convient pas à tous les sujets ; il peut s'avérer judicieux pour des reportages, des paysages ou certains portraits. En utilisant cet objectif sur un appareil équipé d'un capteur au format APS-C (un Canon EOS 80D, par exemple), on obtient un équivalent 21 mm (avec un coefficient de conversion de 1,5x).

Le vignetage


Qu'est-ce que le vignetage ?

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.


Ce 14 mm vignette, c'est une certitude. Le phénomène s'observe jusqu'à f/2,8. Au-delà, il est totalement absent. C'est bien entendu aux plus grandes ouvertures que le vignetage est le plus fort et le plus imposant. À f/1,8, il touche presque l'ensemble de l'image. Il faudra en tenir compte avec le correcteur d'exposition au besoin.

Les distorsions


Qu'est-ce que sont les distorsions ?

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.


Les distorsions sont très bien gérées et très discrètes. On les ressent uniquement sur les faibles distances de mise au point.

Le bokeh


Qu'est-ce que le bokeh ?

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou — notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses — sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.


Grand-angle rime rarement avec effets de profondeur de champ très marqués. Cela dit, avec une assez faible distance de mise au point et la plus grande ouverture f/1,8, il est tout à fait possible de décrocher un sujet de son environnement. Grâce au diaphragme circulaire à 9 lamelles, le flou d'arrière-plan est très doux, homogène et harmonieux.

Galerie terrain

Verdict
Recommandé

Une fois de plus, Sigma signe avec ce nouveau 14 mm une très belle optique, dans la droite ligne de l'excellence établie par leur gamme de focales fixes Art. Après le récent 135 mm, c'est le deuxième objectif de cette gamme à arborer une ouverture maximale de f/1,8 à la place du presque traditionnel Saint Graal f/1,4.

L'objectif fait furieusement penser au fantastique 12-24 mm f/4 de la marque (gabarit, lentille frontale bombée de large diamètre). La qualité de fabrication, le design et la prise en main sont toujours irréprochables. Attention néanmoins au poids, qui risque de tirer sur le poignet lors de longues séances de prises de vues à main levée.

Conçu avant tout pour le paysage, mais aussi très à l'aise sur du reportage , de l'architecture, voire du portrait, cet objectif gère très bien les distorsions, qui sont particulièrement discrètes. À vous les horizons bien horizontaux !

D'un point de vue optique, ce 14 mm est excellent, cependant sans "l'effet wahou" que l'on a pu ressentir (et dans une certaine mesure critiquer) sur certaines focales fixes Sigma — on pense par exemple aux récents 135 mm et 85 mm, presque trop parfaits à notre goût. Ici, l'objectif présente un très beau comportement avec un piqué fort au centre dès la plus grande ouverture et qui augmente à mesure que l'on ferme le diaphragme pour atteindre son maximum à f/5,6 et f/8. Passé cette ouverture, le piqué commence à baisser à cause de la diffraction, mais les images réalisées à f/16 (ouverture minimale de l'objectif) sont encore excellentes. L'objectif souffre par contre d'un manque d'homogénéité assez marqué aux plus grandes ouvertures dès que l'on s'éloigne du centre des images. Le phénomène s'amenuise à mesure que l'on ferme le diaphragme, mais le piqué sur les bords a du mal à décoller avant f/4. Les images les plus homogènes sont obtenues à f/8.

Nous recommandons cet objectif sans grande hésitation.

+
  • Grande ouverture f/1,8
  • Design, prise en main, robustesse et qualité de fabrication
  • Comportement général de l'objectif
  • Qualité du piqué particulièrement au centre dès la plus grande ouverture
  • Très bonne gestion des distorsions
  • Vignetage très marqué
  • Manque d'homogénéité entre le centre et les bords aux plus grandes ouvertures
En résumé

Sigma signe de nouveau une très belle focale fixe lumineuse et sans distorsions qui fera le bonheur des amateurs de paysages. L'objectif "arrache" moins que ses récents camarades et est plus doux. Il procure néanmoins une qualité d'image excellente, et ce, dès la plus grande ouverture.

Sigma 14 mm f/1,8 DG HSM Art
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
Sigma 14 mm f/1,8 DG HSM Art
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