Le Sigma 135 mm f/1.8 DG HSM Art est un objectif avant tout conçu pour le portrait et la nature morte. Appartenant à la gamme Art, il dispose d'une ouverture maximale de f/1,8 permettant d'obtenir des effets de profondeur de champ très marqués.

MontureCanon EF, NIkon F, Sigma
Format couvert24 x 36 mm
Plage focale135 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C202,5 mm
Ouverture maximalef/1,8
Ouverture minimalef/22
Échelle des distancesOui
StabilisationNon
Pare-soleilOui
Étui soupleOui
Distance de mise au point87,5 cm
Nombre de lamelles du diaphragme9
Construction13 éléments en 10 groupes
Rapport de reproduction0,2x
MotorisationOui
Dimensions114,9 x 91,4 mm
Diamètre filtre82 mm
Poids1,130 kg
AutresÉligible au service de changement de monture MCS

Prise en main
Art, rien à dire !

Présentation

L'objectif dispose d'une ouverture maximale généreuse de f/1,8 associée à un diaphragme circulaire à 9 lamelles. La formule optique comporte 16 lentilles réparties en 11 groupes incluant une lentille asphérique, 3 verres FLD et 4 SLD. Sigma annonce des distorsions minimales grâce à l'emploi d'une lentille asphérique moulée de 8 cm de diamètre (la même qui a été développée pour leur 12-24 mm). L'objectif pèse un peu plus de 1 kg et mesure près de 13 cm de long pour 9,5 cm de diamètre.

Nous nous étions étonnés de l'ouverture de f/1,8 proposée par cet objectif alors que Sigma nous avait plus habitué à du f/1,4 sur ses focales fixes en gamme Art. Nous avions d'ailleurs posé la question à Monsieur Kazuto Yamaki en personne et celui-ci nous avait expliqué la volonté du constructeur de conserver un encombrement et un poids raisonnables pour un tel objectif. En ce qui concerne l'absence de stabilisation optique, réponse nous a été faite que l'accent à avant tout été mis sur la qualité optique — qui serait semble-t-il incompatible avec l'emploi d'une telle technologie.

Il est plus facile de faire un 135 mm f/1,4, mais une fois encore, l'objectif aurait été très volumineux. C'est pour cela que nous avons préféré une ouverture maximale de f/1,8 : une très haute qualité optique dès la plus grande ouverture, et un encombrement et un poids maîtrisés.

M. Kazuto Yamaki à l'occasion du CP+2016

Ce 135 mm devient la focale fixe Art la plus chère sortie par Sigma depuis l'introduction de leur Global Vision — correspondant à la réorganisation des différentes gammes de la marque. En effet, les quatre premières focales fixes (le 35 mm, le 50 mm, le 20 mm et le 85 mm) se trouvent, pour certaines, largement sous la barre des 1 000 €. Pour ce qui est des concurrents, on trouve le Canon EF 135 mm f/2 L USM entre 900 et 1 000 € et le Nikon AF DC-NIKKOR 135 mm f/2 D entre 1 000 et 1 200 €.

Prise en main

Imposant ! C'est le premier adjectif qui nous est venu à l'esprit en prennant en main cet objectif. Comptez près de 12 cm de long (sans le pare-soleil), plus de 9 cm de diamètre et un poids de 1,1 kg. Utilisé sur un boîtier du calibre d'un D810, l'ensemble est un peu déséquilibré. Il est préférable d'utiliser un grip afin de mieux répartir le poids et de soulager votre poignet.

Sigma 135mm f/1.8 DG HSM Art

Gamme Art oblige, la qualité de fabrication et le niveau des finitions sont irréprochables. Le design, sobre et discret, est du plus bel effet. En main, l'objectif procure une sensation de confiance et une impression de durabilité. La densité de l'objet est très agréable. Cet objectif dispose d'une baïonnette parée aux intempéries et d'une lentille frontale fixe — de bons points pour les prises de vues en milieu humide et/ou poussiéreux.

Sigma 135mm f/1.8 DG HSM Art

L'unique bague de réglage est dédiée à la mise au point manuelle. Elle est particulièrement large et confortable à utiliser. La fluidité est parfaite (ni trop dure, ni trop molle) et la précision est au rendez-vous. La course est relativement modérée. On dispose de repères de butées aux deux extrémités (infini et distance minimale de mise au point). Bien entendu, un indicateur de distance de mise au point dynamique vient parfaire ce joli tableau.

Enfin, sur le côté, on retrouve deux interrupteurs : le premier permet de désactiver l'autofocus et le second est un limitateur de plage de mise au point. Il est donc possible d'utiliser toute la plage de mise au point (de 87,5 cm à l'infini) ou de la contraindre quelque peu (de 1,5 m à l'infini).

Cet objectif est naturellement compatible avec le dock USB Sigma et est éligible au programme de changement de monture.

Tests labo
Excellent !

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à l'autre, d'une focale à l'autre et d'une ouverture à l'autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de taille et de la définition du capteur de votre appareil. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Nous avons testé l'objectif avec un boîtier Nikon D810 au capteur 24x36 d'une définition de 36 Mpx (7 380 x 4 928 px). Chaque pixel mesure 4,8 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11.

Testé avec Imatest

Pas de doute, Sigma frappe une nouvelle fois très fort avec ce 135 mm. L'obejctif dispose d'un piqué très élevé et homogène, et ce dès la plus grande ouverture de f/1,8. Le piqué se paye même le luxe de grimper à mesure que l'on ferme le diaphragme pour atteindre son apogée à f/11. Au delà, comme prévu, la diffraction fait son entrée en scène. Pour pinailler, on peut souligner un très léger manque d'homogénéité entre le centre, les 2/3 de l'mage et les bords, ainsi qu'un léger décrochage du piqué sur les bords extrêmes à f/2.

Notre scène test et ses zones d'intérêt.

Nous n'avons malheureusement pas encore testé les concurrents directs de ce 135 mm (le Canon EF 135 mm f/2 L USM et le Nikon AF DC-NIKKOR 135 mm f/2D) ; impossible de comparer donc. À titre d'information, pour ceux qui pourraient hésiter entre un 85 mm et un 135 mm pour du portrait, nous partageons les résultats du test du 85 mm f/1,4 Art. Cet objectif a été testé avec un Canon EOS 5DsR et son capteur de 50 Mpx. La différence de définition entre le 5DsR et le D810 explique les différences de niveau des courbes sur le graphique et de "taille" des vignettes 100 % de la scène test.

À propos du 85 mm

"Les performances de ce nouveau 85 mm f/1,4 sont impressionnantes. L'objectif jouit d'une homogénéité parfaite entre le centre et les bords des images (même les plus extrêmes) ainsi que d'un très haut niveau de piqué général. C'est simple, il est très difficile d'identifier à l'œil la différence entre une image prise à la plus grande ouverture (f/1,4) ou à f/2,8. Fait étonnant, le piqué sur les bords aux plus grandes ouvertures est légèrement supérieur à celui du centre. Passé f/11, la diffraction fait son apparition et le piqué baisse brutalement. Par contre, force est de constater que cet objectif présente un comportement monotone et manque donc de caractère. Sur une focale ultra lumineuse conçue pour le portrait, avons-nous réellement besoin d'un tel niveau de piqué sur les bords extrêmes ? C'est une question de goût."

Test - 02/12/2016
Sigma Art 85 mm f/1,4 DG HSM
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Soyons clair, ces deux objectifs fournissent une qualité d'image exceptionnelle et disposent d'un comportement proche de la perfection. Cependant, Sigma n'a pas appliqué la même recette à ces deux optiques. Le 85 mm est d'une constance déconcertante et fournira à peu près la même qualité d'image à la plus grande ouverture (f/1,4) qu'à f/11. Sur le 135 mm, le piqué monte en puissance à mesure que l'on se rapproche de f/11. Pour tirer le meilleur de cet objectif, il faudra donc fermer le diaphragme.

Tests terrain
RAS sauf l'absence de stabilisation

La focale

Une focale correspond à un angle de champ — ou angle de vision — couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Ce petit téléobjectif est conçu principalement pour le portrait et la nature morte (en studio par exemple). Monté sur un reflex équipé d'un capteur APS-C, il équivaut à un 200 mm.

Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est bien présent mais reste assez contenu. C'est aux plus grandes ouvertures qu'il est le plus visible. Dès f/2,8, il devient négligeable.

Les distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Oubliez les distorsions, il n'y en a pas !

Le bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou — notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses — sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Ce nouveau 135 mm est notamment conçu pour le portrait. Le bokeh et les effets de profondeur de champ sont donc très importants. Il dispose d'un diaphragme circulaire composé de 9 lamelles et d'une ouverture maximale de f/1,8. Cet objectif a donc de bons atouts en sa faveur pour réaliser des effets de profondeur de champ saisissants. Il est très facile de décrocher un sujet principal de son arrière-plan. Les transitions entre les zones de netteté et de flou sont douces et harmonieuses.

Galerie d'images

Verdict
Recommandé évidemment

Impossible de ne pas recommander ce nouvel objectif de la gamme Art. Le Sigma 135 mm f/1.8 DG HSM Art est une arme redoutable pour les photographes adeptes du portrait ou des natures mortes et qui souhaitent garder une certaine distance avec leur sujet ainsi qu'obtenir des perspectives un peu écrasées. Le principal concurrent de cet objectif est peut-être finalement son petit frère, le Sigma Art 85 mm f/1,4 DG HSM (disposant d'une plus courte focale et d'une plus grande ouverture de diaphragme).

Quoi qu'il en soit, nous saluons les performances de cet objectif. Même s'il procure le meilleur de lui même à f/11, il délivre des images avec une richesse de détails étonnante, et ce dès la plus grande ouverture. L'homogénéité du piqué est également très bonne, ce qui permet de pouvoir positionner son sujet n'importe où dans le cadre et d'en avoir une représentation nette. De plus, cet objectif gère assez bien le vignetage, les distorsions sont presques imperceptibles et les aberrations chromatiques très bien maîtrisées.

Sur le terrain, l'optique s'avère efficace avec sa grande ouverture de f/1,8 qui permet de jouer avec la profondeur de champ et limiter les flous de bougé du photographe. À ce propos, nous déplorons une fois de plus le choix de Sigma de faire l'impasse sur la stabilisation optique qui pourait être une aide précieuse sur ce type de longue focale modérée. On en connaît la raison : priorité a été donnée à la qualité optique sans la moindre concession.

Malgré des mensurations imposantes (attentions aux longues séances de prise de vue à main levée), la prise en main est très agréable. L'objectif, en plus d'être beau, jouit d'une construction robuste et est paré à affronter les pires conditions de prise de vue.

+
  • Grande ouverture de f/1,8
  • Qualité de construction, finitions, design, prise en main
  • Bague de réglage de la mise au point
  • Piqué et homogénéité remarquables dès la plus grande ouverture
  • Vignetage maîtrisé
  • Pas de distorsions
  • Effets de profondeur de champ marqués
  • Ouverture de f/1,8, et non de f/1,4
  • Pas de stabilisation optique
  • Lourd et imposant
En résumé

Encore un objectif Sigma recommendé par nos soins ! Et oui, cela devient une habitude pour la gamme Art. Ce nouveau 135 mm est dans la droite lignée du récent 85 mm : une optique d'exception au comportement parfait et à la qualité d'image redoutable. Pas beaucoup de reproches à lui faire, si ce n'est l'absence de stabilisation optique — une option intéressante sur une telle focale —, une ouverture maximale de f/1,8 — on aurait bien aimé un f/1,4 — et des mensurations imposantes.

Sigma 135 mm f/1,8 DG HSM Art
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

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