Le Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC est équipé d'un diaphragme à 9 lamelles et d'une construction optique à 9 lentilles réparties en 8 groupes, dont 3 lentilles asphériques. Sa conception est à encombrement constant et il mesure un peu moins de 10 cm de long pour moins de 600 g.

Ce nouvel objectif vient naturellement concurrencer le Sony Planar T* FE 50 mm f/1,4 ZA (test à venir très prochainement).

MontureE
Format couvert24 x 36 mm
Plage focale50 mm
Ouverture maximalef/1,4
Ouverture minimalef/16
Distance de mise au point0,45 m
Nombre de lamelles du diaphragme9
Construction9 lentilles réparties en 8 groupes
Éléments spécifiques3 lentilles asphériques
Échelle des distancesnon
Rapport de reproduction0,15
Motorisationoui
Stabilisationnon
Dimensions73,5 x 97,7 mm
Poids585 g
Étui soupleoui

Prise en main

Ce nouveau Samyang est avant tout un bel objet. Le design est élégant et épuré (peut-être un peu trop). Sa construction tout en métal inspire un sentiment de robustesse, l'objectif est agréable au toucher et visuellement du plus bel effet. Malheureusement, rien n'est prévu pour contrer les conditions délicates de prises de vues (pluie, poussière, humidité).

Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC

C'est un objectif relativement imposant et dense. Ses mensurations parlent d'elles-mêmes : 585 g et presque 10 cm de longueur. Bon point, il jouit d'une conception à mise au point interne : quelle que soit la distance de mise au point choisie, l'objectif conserve les mêmes dimensions.

Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC

L'unique bague de réglage est dédiée à la mise au point manuelle. Elle est large et assez confortable à utiliser, mais malheureusement, elle est trop fluide et manque donc de précision. De plus, il s'agit d'une bague de contrôle qui commande un moteur : on manque donc aussi de sensations. Il n'y a ni indicateur de distance de mise au point sur le dessus de l'objectif ni repères de butée pour indiquer la distance minimale de mise au point et l'infini. Au registre des absences, oubliez également l'interrupteur pour passer en manuel et la bague manuelle de diaphragme, qui aurait été la bienvenue.

Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC

Tests labo

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (nous avons testé l'objectif avec un Sony A7R II de 42 Mpx) et de la taille de son capteur (24 x 36 mm pour l'A7R II). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

L'A7R II dispose d'une définition de 8 000 x 5 320 px. Chaque pixel mesure donc 4,5 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Au laboratoire, ce nouveau Samyang s'en sort avec les honneurs avec un comportement cohérent. Sans grande surprise, c'est à f/8 qu'il délivre le meilleur de lui-même avec un piqué très élevé et une belle homogénéité, mais force est de constater que dès f/4, voire f/2,8, le niveau de piqué sur les bords des images est tout à fait acceptable. Aux plus grandes ouvertures par contre, cela se gâte avec un niveau de netteté global des images en retrait et des bords qui manquent cruellement de "punch".

Quoi qu'il en soit, nous sommes plutôt agréablement surpris du comportement de l'optique, avec un piqué qui grimpe et une homogénéité qui s'améliore à mesure que l'on ferme le diaphragme.

Testé avec Imatest

Impossible de ne pas comparer ce nouveau Samyang à ses concurrents plus ou moins directs. On pense évidemment avant tout au 50 mm f/1,4 Sony signé Zeiss, mais pourquoi pas aussi au 55 mm f/1,8 également signé Zeiss et au 50 mm f/1,8 Sony ("classique").

Dans un souci de cohérence, nous avons passé tous les fichiers sur une base de 36 Mpx (la définition des images faites avec le 55 mm f/1,8 et le Sony A7R premier du nom).

Test - 25/03/2014
Sony FE 55 mm f/1,8 Zeiss
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Test - 16/06/2016
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Test - 15/08/2016
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On remarque immédiatement que le Samyang n'a pas grand-chose à envier au modèle Sony en f/1,4, même dès la plus grande ouverture, et que les résultats obtenus à f/1,4 sont tout à fait comparables à ceux obtenus à f/1,8 sur le 55 mm.

Le 50 mm f/1,8 est pour sa part en retrait. À f/4, le manque d'homogénéité est encore visible avec le nouveau modèle Sony qui semble, au final proposer le même type de comportement et de rendu que la version 55 mm f/1,8 et 50 mm f/1,8. La version Samyang fait mieux, avec un niveau de piqué plus élevé sur les bords.

Enfin, à f/8, les deux modèles f/1,4 tirent leur épingle du jeu, avec un niveau de piqué très élevé sur l'ensemble de l'image.

Tests terrain

La focale

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l’on obtient avec le 50 mm monté sur un A7R II, équipé d’un capteur plein format. Cette focale est un grand classique : une sorte de couteau suisse capable de faire aussi bien du paysage ou du portrait que de la photo de rue. En utilisant cet objectif sur un appareil équipé d'un capteur au format APS-C (un A6300, par exemple), on obtient un équivalent 75 mm (avec un coefficient de conversion de 1,5x).

Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 1
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 2
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 3

Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est principalement visible à la plus grande ouverture f/1,4. Il est assez fort et "entrant" dans l'image. Il se fait déjà beaucoup plus discret à f/2 et devient presque négligeable à f/2,8. Ce phénomène peut être perçu comme un avantage pour "refermer" les cadrages, ou au contraire comme un inconvénient. Quoi qu'il en soit, sachez qu'il se corrige très bien en post-production.

Distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Les distorsions sont très discrètes.

Autofocus

Nous avons mesurée la rapidité de l'autofocus avec un Sony A7RII en mode P (vitesse automatique, ouverture automatique, sensibilité automatique, exposition matricielle, mise au point sur le centre, AF-S) en éclairant la scène à 250 lux avec nos panneaux Led puis à 3 lux avec notre lampe halogène. Pour mesurer le temps de démarrage, nous avons attendu au minimum 10 secondes après chaque extinction de l'appareil, les hybrides Sony étant connus pour ne pas apprécier être éteints puis rallumés brusquement.

Pour chaque mesure, nous avons relevé la réactivité une première fois lorsque le point était déjà acquis, puis une seconde fois en partant de la distance minimale de mise au point, soit 45 cm pour les deux concurrents. Enfin, exceptionnellement, nous avons réitéré la procédure en nous plaçant cette fois en mode A (priorité ouverture) afin de mesurer spécifiquement la réactivité de l'AF à f/1,4.

L'emploi d'une motorisation autofocus est une première pour Samyang qui jusqu'à présent nous a toujours habitués à des objectifs 100 % manuels sur ce point. Notre confrère Bruno a comparé les performances autofocus de l'objectif à celles du très attendu 50 mm f/1,4 signé Sony.


Sur cette course contre la montre, les deux objectifs peinent à se départager avec des écarts bien moins importants que ce que nous serions tentés d'imaginer compte tenu leur positionnement tarifaire. Toutefois, d'emblée, le 50 mm de Sony Zeiss se distingue en étant bien plus rapide à être opérationnel, puisqu'il devance son concurrent de plus d'une demi-seconde (soit tout de même 25 %) sur notre test de démarrage.

Bruno labarbère, chef de rubrique Photo sur Les Numériques.

Les Numériques – Les Sony Zeiss FE et Samyang FE 50 mm f/1,4 chronométrés

Ce que l'on retient de son analyse est que les performances d'autofocus de ce Samyang sont loin d'être ridicules. Dans presque tous les cas de figure, il joue au coude-à-coude avec le modèle Sony. Ce dernier tire tout de même son épingle du jeu depuis la version éteinte de l'appareil.

Il est toutefois important de signaler que le moteur autofocus du Samyang est assez bruyant, ce qui rend son utilisation impossible en vidéo, contrairement au modèle Sony.

Bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Qui dit très grande ouverture (f/1,4 au maximum pour ce 50 mm), dit très beaux effets de profondeur de champ. Tous les critères sont au vert avec une relative "longue focale" (50 mm) et un capteur 24 x 36 mm (Sony A7). Il est donc très facile de faire ressortir un sujet de son environnement que l'on peut "noyer" dans un beau flou d'arrière-plan. Grâce au diaphragme à 9 lamelles, le flou est très agréable à l'œil ; il est doux et "envoûtant".

Galerie terrain

Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 5
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 8
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 12
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 4
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 6
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 7
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 9
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 10
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 11
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 13
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 14
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 15
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 16
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 17
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 18
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC exemple 19

Verdict

Au final, ce nouveau 50 mm nous laisse quelques frustrations. Nous devons commencer par saluer l'initiative de Samyang d'évoluer et de se tourner enfin (et comme Zeiss) vers des objectifs équipés d'autofocus. Ce 50 mm est le premier a être équipé de cette nouvelle technologie et il y a fort à parier que la gamme devrait se développer très rapidement.

L'introduction de l'autofocus sur ce 50 mm est d'ailleurs plutôt réussie : accroche, vitesse et précision sont au rendez-vous. C'est donc un bon point. Cependant, à l'heure où Samyang se tourne clairement vers la vidéo (gamme Xeen), et compte tenu du positionnement des Sony A7, il aurait été pertinent de proposer un autofocus exploitable en vidéo, or ce n'est pas vraiment le cas. Le moteur AF est beaucoup trop bruyant : dommage.

La qualité optique de ce nouveau 50 mm est plutôt bonne avec un beau comportement. Le piqué et l'homogénéité des images montent à mesure que l'on ferme le diaphragme pour trouver leur paroxysme à f/8 et f/11. Oubliez les distorsions ; quant au vignetage et aux aberrations chromatiques, ils sont assez discrets et uniquement présents aux plus grandes ouvertures. Optiquement, c'est donc très bon, sans pour autant être exceptionnel.

Les focales fixes ultra lumineuses et autofocus pour Sony A7 sont assez rares. En f/1,4, on compte pour l'instant un 85 mm Sony G Master et un 35 mm Sony Zeiss. Ce 50 mm est donc une première pour l'univers A7. La primeur a cependant été de courte durée puisque Sony vient également de lancer une version Zeiss d'un 50 mm f/1,4.

Enfin, nous sommes assez déçus de la prise en main de cet objectif et du peu de sensation qu'il procure. La bague de mise au point manuelle manque cruellement de caractère et on aurait vraiment apprécié disposer d'une bague de diaphragme manuelle et d'un indicateur de distance de mise au point.

+
  • Très grande ouverture f/1,4
  • Une première avec un autofocus pour Samyang
  • Qualité optique générale
  • Faible vignetage
  • Pas de distorsions
  • Manque d'homogénéité du piqué entre le centre et les bords des images aux plus grandes ouvertures
  • Piqué en retrait aux plus grandes ouvertures
  • Pas de construction tout temps
  • Bague de mise au point trop souple
  • Pas de bague de diaphragme manuelle
  • Autofocus trop bruyant en vidéo
En résumé

Au final, ce 50 mm reçoit tout juste notre recommandation, mais nous attendons Samyang au tournant sur les futures versions avec autofocus : nous serons moins indulgents.

AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
Samyang AF 50 mm f/1,4 AS IF UMC
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