Cet objectif n'est pas tout neuf puisqu'il date de 2009 ! Il s'agit d'une focale fixe équivalent à un 90 mm macro, idéale pour les photos rapprochées. Son rapport de grandissement est de 2 en équivalent 24 x 36 mm et sa distance minimale de mise au point, de 15 cm ! L'ouverture maximale est de f/2,8 et l'objectif embarque une stabilisation optique Mega OIS.

Étrangement, ce n'est pas le seul 45 mm Macro de Panasonic. Il existe en parallèle une version plus récente sortie en 2015 et un peu plus grand angle (30 mm contre 45 mm). Cette dernière n'est pas signé Leica. Chez Olympus, on peut trouver également un 60 mm f/2,8 Macro.

MontureMicro 4/3
Format couvertMicro 4/3
Plage focale45 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C90 mm
Ouverture maximalef/2,8
Ouverture minimalef/22
Distance de mise au point0,15 m
Nombre de lamelles du diaphragme7
Construction14 lentilles réparties en 10 groupes
Éléments spécifiques1 lentille asphérique
Échelle des distancesnon
Rapport de reproduction2 x
Motorisationoui
Stabilisationoui
Dimensions63 x 62,5 mm
Poids225 g
Étui soupleoui

Prise en main

La prise en main de cette optique est plutôt bonne. L'objectif jouit d'une construction métal et le niveau de finition est tout à fait satisfaisant. Le design, très classique, est relativement discret. En effet, sur le côté, on retrouve deux gros interrupteurs qui permettent d'activer la stabilisation optique et de limiter la plage de distances de mise au point (fonction macro oblige).

Panasonic Leica DG Macro Elmarit 45mm F2.8 Mega OIS

L'objectif est assez compact (un peu plus de 6 cm de long) et assez lourd compte tenu de sa taille (un peu plus de 200 g sur la balance). Il dispose d'une conception à encombrement constant et d'une lentille frontale fixe quelle que soit la distance de mise au point choisie.

Panasonic Leica DG Macro Elmarit 45mm F2.8  Mega OIS

On retrouve une large et confortable bague de mise au point manuelle. Sa fluidité est très bonne mais elle ne dispose pas de repères de butée pour signifier la distance minimale de mise au point ou l'infini.

Panasonic Leica DG Macro Elmarit 45 mm f/2,8 Mega OIS

Tests labo

Nous avons testé le 25 mm f/1,4 avec un Panasonic Lumix G7 et son capteur Micro 4/3 de 16 Mpx.

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (17 Mpx pour le G7) et de la taille de son capteur (Micro 4/3 pour le G7). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le G7 dispose d'une définition de 4 592 x 3 448 px. Chaque pixel mesure donc 3,76 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

La qualité optique de cet objectif est un peu décevante. Nos mesures réalisées en laboratoire et en utilisation classique (non macro) dévoilent une forte disparité entre le centre des images, les bords et les bords extrêmes aux plus grandes ouvertures. Pour obtenir des images très homogènes, il va falloir fermer jusqu'à f/8. Sachant que la diffraction fait son apparition à f/11, c'est donc un peu limité.

Le centre des images est par contre bien défini et le niveau de piqué croît à mesure que l'on ferme le diaphragme. Le comportement général de l'objectif est pour sa part assez cohérent.

Panasonic Leica DG Macro Elmarit 45mm F2.8  Mega OIS

Comparons les performances de cette optique avec celles du Panasonic Lumix G Macro 30 mm f/2,8 Mega OIS. Pas de doute, la nouvelle mouture fait bien mieux que l'ancienne !

Panasonic G Macro 45 mm f/2,8 Mega OIS @ f/2,8Panasonic G Macro 45 mm f/2,8 Mega OIS @ f/2,8

Panasonic Lumix G Macro 30 mm f/2,8 Mega OIS @ f/2,8Panasonic Lumix G Macro 30 mm f/2,8 Mega OIS @ f/2,8

Panasonic G Macro 45 mm f/2,8 Mega OIS @ f/5,6Panasonic G Macro 45 mm f/2,8 Mega OIS @ f/5,6

Panasonic Lumix G Macro 30 mm f/2,8 Mega OIS @ f/5,6Panasonic Lumix G Macro 30 mm f/2,8 Mega OIS @ f/5,6

Panasonic G Macro 45 mm f/2,8 Mega OIS @ f/8Panasonic G Macro 45 mm f/2,8 Mega OIS @ f/8

Panasonic Lumix G Macro 30 mm f/2,8 Mega OIS @ f/8Panasonic Lumix G Macro 30 mm f/2,8 Mega OIS @ f/8

Tests terrain

La focale

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Monté sur un boîtier équipé d'un capteur au format Micro 4/3, ce 45 mm devient un équivalent 90 mm (coefficient de conversion de 2x). Un 90 mm est une focale intéressante pour le portrait. Elle permet en effet d'écraser un peu les perspectives entre l'arrière-plan et le sujet principal tout en conservant une certaine "distance" avec ce dernier.

Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est assez modéré : il se fait ressentir uniquement aux plus grandes ouvertures et reste assez faible. Il vous faudra fermer à f/5,6 pour vous en affranchir totalement.

Distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Bon point, vous pouvez oublier les distorsions !

Panasonic Leica DG Macro Elmarit 45 mm f/2,8 Mega OIS

Stabilisation optique

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micromoteurs qui lui permet d’être mobile, c’est-à-dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale. Ces micromoteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres mouvements de l’objectif (et donc du bras du photographe), et les compense afin de les corriger. Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas et les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique : c’est comme si on n’avait pas bougé.

La stabilisation optique de cet objectif n'est pas foudroyante, mais reste efficace : elle permet de descendre au 1/20 s, soit un gain de 2 IL par rapport au temps de pose minimal théorique.

La macro

Photographier les sujets de près n’est pas facile et tous les objectifs ne sont pas capables de réaliser les mêmes images. L’explication est simple : l'objectif nécessite une distance minimale de mise au point entre vous et votre sujet (15 cm pour ce Panasonic). Macro oblige, cet objectif a un rapport de grandissement de 1 pour 2.

Bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Bien entendu, les possibilités de jeu avec la profondeur de champ sont assez limitées sur un système Micro 4/3. Cependant, grâce à la grande ouverture maximale de f/2,8 et la relative longue focale de 45 mm, il est possible de détacher son sujet de l'arrière-plan et d'obtenir un joli effet de bokeh. Il faut, autant que possible, tenter de travailler avec une distance de mise au point relativement faible (pas de problème pour un objectif macro) et composer de telle sorte que l'arrière-plan soit le plus loin possible du sujet.

Galerie terrain

Verdict

Au final, nous sommes un peu déçus par cet objectif : il devrait, selon ses caractéristiques techniques, être un foudre de piqué et d'homogénéité. Or ce n'est pas vraiment le cas. Il n'y a rien de dramatique mais nous en attendions plus. Le niveau de piqué est bon au centre, mais le manque d'homogénéité sur les bords et aux plus grandes ouvertures limite un peu l'usage de l'optique. Devoir fermer à f/8 pour obtenir une belle image homogène avec un objectif qui commence à diffracter à f/11, c'est un peu limité. La prise en main, même si elle est perfectible, est pourtant au rendez-vous. Il en va de même pour le design et la qualité de construction. Dommage !

+
  • Rapport de grandissement macro 1/2
  • Stabilisation optique
  • Ouverture lumineuse f/2,8
  • Niveau de piqué au centre des images
  • Vignetage modéré
  • Pas de distorisons
  • Qualité de construction
  • Manque d'homogénéité du piqué entre le centre et les bords des images
  • Pas de repères de butée sur la bague de mise au point
  • Poids relativement important
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

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