Voici une nouvelle qui devrait ravir les amateurs de photo animalière et sportive utilisant des hybrides Micro 4/3. Panasonic vient en effet de commercialiser son nouveau 200 mm f/2,8 siglé Leica. Ce n'est pas la première ultra longue focale “sérieuse” de la firme puisqu'elle propose déjà au catalogue un redoutable 100-400 mm, lui aussi signé Leica. Chez Olympus, il y a du choix également, car il existe un 300 mm f/4 en gamme M.Zuiko PRO.

MontureMicro 4/3
Format couvertMicro 4/3
Plage focale200 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C400 mm
Ouverture maximalef/2,8
Ouverture minimalef/22
Distance de mise au point1,15 m
Nombre de lamelles du diaphragme9
Construction15 lentilles réparties en 13 groupes
Éléments spécifiques2 lentilles UED
Échelle des distancesNon
Rapport de reproduction0,2x
MotorisationOui
StabilisationOui
Dimensions174 x 87,5 mm
Diamètre filtre77 mm
Poids1,245 kg
Pare-soleilOui
Étui soupleOui
AutresConvertisseur 1,4x (inclus), platine trépied

Prise en main
Compact et léger pour un 200 mm f/2,8

Présentation

Ce nouveau 200 mm dispose d'une formule optique incluant 15 éléments répartis en 13 groupes. Il est naturellement équipé d'une stabilisation optique Power OIS qui fonctionnera de pair avec celle embarquée dans les hybrides Lumix. L'ouverture maximale de f/2,8 est assurée par un diaphragme circulaire à 9 lamelles. Série Leica oblige, l'optique est dotée d'une bague de diaphragme manuelle avec une position automatique. Sur le côté, on observe plusieurs interrupteurs : gestion de la stabilisation optique, limiteur de plage de mise au point et programmation de la touche personnalisable. Un collier de fixation trépied est livré. L'objectif est naturellement protégé contre les intempéries (éclaboussures, froid et poussières). Il pèse un peu plus de 1,2 kg et mesure 17,4 cm de long.

Panasonic Lumix Leica DG Elmarit 200 mm f/2,8 Power OIS test review

Bon point, il est livré avec un multiplicateur de focale de 1,4x permettant d'obtenir un équivalent 560 mm f/4. Ce complément optique est constitué de 6 lentilles réparties en 4 groupes. Il est également conçu pour une utilisation terrain et pèse 120 g. À noter qu'il existe aussi un convertisseur 2x en option qui permet d'atteindre un équivalent 800 mm.

Prise en main

Pour un 200 mm f/2,8, cet objectif est particulièrement compact. Comptez 17,4 cm de long (sans pare-soleil) et un peu moins de 9 cm de diamètre. Il est en revanche assez lourd (au regard du calibre des hybrides Micro 4/3) avec un peu plus de 1,2 kg à la pesée. L'utilisation du collier trépied est donc impérative sur pied et peut aider au soutien à main levée. Ce collier est en partie détachable et peut évidemment tourner pour orienter le couple boîtier/objectif en position portrait. Des repères à aligner permettent de s'assurer que l'on est bien à 90° dans un sens ou dans l'autre. Détail de bon aloi, la fluidité de rotation du collier est ajustable grâce à un bouton à visser ou dévisser – elle est d'ailleurs excellente. Compte tenu des mensurations de l'objectif, il est conseillé d'adjoindre un grip sur le boîtier pour tenter de rééquilibrer l'ensemble et soulager le poignet.

Panasonic Lumix Leica DG Elmarit 200 mm f/2,8 Power OIS test review

C'est un objectif conçu et protégé pour le terrain et les pires conditions de prise de vue. Outre les différents joints d'étanchéité qui le protègent de l'eau, de la poussière et de l'humidité, il est également affublé d'une conception à encombrement constant avec un bloc de mise au point interne (lentilles frontale et arrière restent fixes).

Panasonic Lumix Leica DG Elmarit 200 mm f/2,8 Power OIS test review

Le design est très réussi. C'est un bel objet que l'on prend plaisir à regarder et prendre en main. L'objectif est lourd et dense, ce qui fait naître un sentiment de robustesse indéniable. Il est assez discret avec une finition noir satiné. Sur le côté, on retrouve un certain nombre de boutons et d'interrupteurs pour les principaux réglages indispensables à une focale de ce calibre : limiteur de plage de mise au point, activation de la stabilisation optique et de l'autofocus. Enfin, on déniche aussi une touche programmable que l'on peut assigner à différentes fonctions. Cette touche est associée à un interrupteur à trois positions pour lui adresser la fonction voulue.

Panasonic Lumix Leica DG Elmarit 200 mm f/2,8 Power OIS test review

La bague de réglage de la mise au point manuelle est large et confortable. Elle jouit d'une fluidité parfaite, mais ne dispose ni d'indication de distance de mise au point, ni de repères de butées aux extrémités. Cette bague n'est pas directement reliée au bloc de mise au point, mais actionne un petit moteur qui se charge de l'ajustement de la position des lentilles à l'intérieur de l'objectif.

Panasonic Lumix Leica DG Elmarit 200 mm f/2,8 Power OIS test review

Pour couronner le tout, Panasonic a positionné une bague de réglage manuel du diaphragme crantée au 1/3 d'IL, particulièrement agréable à utiliser. On remarque que cette bague dispose d'une position A (pour automatique) qui autorise de déléguer le réglage du diaphragme au boîtier.

Panasonic Lumix Leica DG Elmarit 200 mm f/2,8 Power OIS test review

Test labo
Très bon !

Qu'est-ce que le piqué ?

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à l'autre, d'une focale à l'autre et d'une ouverture à l'autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11, par exemple. De plus, le piqué va dépendre de la taille et de la définition du capteur de votre appareil. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Nous avons testé l'objectif avec un Panasonic Lumix GX8 doté d'un capteur Micro 4/3 de 20 Mpx (5 200 x 3 904 px). Chaque pixel mesure donc 3,3 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est de f/11.

Testé avec Imatest.

Les images et courbes parlent d'elles-mêmes : ce 200 mm est tout simplement excellent ! Le piqué est très fort dès la plus grande ouverture et presque déjà à son niveau maximum. Le comportement général de l'objectif est très bon et le piqué commence à décroître à partir de f/5,6. Les images restent cependant totalement exploitables jusqu'à f/11 inclus. L'homogénéité est également au rendez-vous dès la plus grande ouverture et devient parfaite à partir de f/8. C'est à f/4 que l'objectif délivre le meilleur de lui-même en piqué et à f/8 en homogénéité.

Notre scène test et les zones d'intérêt.

Tests terrain
Efficace à main levée

La focale

Qu'est-ce que la focale ?

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Utilisé sur un boîtier équipé d'un capteur au format Micro 4/3, ce 200 mm équivaut en réalité à un 400 mm (coefficient de conversion de 2x). Il est de plus livré avec un convertisseur de focale 1,4x qui lui permet d'atteindre les 280 mm, soit un équivalent de 560 mm. Bien entendu, ce genre de focale s'adresse aux photographes de sport et/ou d'animalier afin de réaliser des plans serrés de loin. Quoi qu'il en soit, cet objectif peut aussi être assez redoutable en portrait grâce à une faible profondeur de champ et des perspectives écrasées.

Le vignetage

Qu'est-ce que le vignetage ?

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, exprimée en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est bien présent et visible aux plus grandes ouvertures. Il est assez fort et “entrant” dans l'image, mais reste assez doux et progressif. Il faut fermer à f/5,6 pour le voir disparaître.

Les distorsions

Que sont les distorsions ?

Les objectifs ont tendance à “tordre la réalité”. Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Oubliez les distorsions !

Le bokeh

Qu'est-ce que le bokeh ?

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres, dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Malgré la relative petite taille d'un capteur Micro 4/3, la longue focale associée à une généreuse ouverture maximale de f/2,8 permet d'obtenir une petite profondeur de champ et des effets de bokeh marqués. Il est donc tout à fait possible de faire jaillir un sujet de son environnement et de noyer le fond dans un beau flou d'arrière-plan très diffus.

La stabilisation optique

Qu'est-ce que la stabilisation optique ?

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micromoteurs qui lui permet d’être mobile, c’est-à-dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale. Ces micromoteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres mouvements de l’objectif (et donc du bras du photographe) et les compense afin de les corriger. Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas et les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique : c’est comme si on n’avait pas bougé.

La stabilisation optique embarquée dans ce 200 mm, associée à celle des boîtiers Lumix (technologie Dual IS), nous permet de gagner jusqu'à 4 IL en équivalent 400 mm ! Nous avons réussi à obtenir une image nette à main levée au 200 mm à 1/13 s, alors que la théorie voudrait que la limite soit au 1/200 s (inverse de la focale sans stabilisation optique).

Galerie terrain

Verdict
Recommandé oui, évidemment !

Ce nouveau 200 mm a tout pour plaire ! Pour débuter notre tressage de lauriers, il équivaut à un 400 mm et est livré d'office avec un convertisseur de focale 1,4x qui lui permet d'atteindre un équivalent 560 mm. Sur ce genre de focale, il n'y a pas beaucoup de solutions en Micro 4/3. Il est également lumineux avec une ouverture maximale de f/2,8, ce qui ouvre la porte à de très beaux effets de bokeh et à une très belle polyvalence dans de faibles conditions lumineuses à main levée. Sur ce dernier point, il est aussi aidé par la présence d'une stabilisation optique efficace qui permet de gagner jusqu'à 4 IL sur des sujets immobiles à main levée, et donc de travailler au 1/13 s. Il est paré pour le terrain avec une protection renforcée contre les intempéries et il est surtout ultra compact et pourra se faufiler sans problème dans votre besace photo habituelle.

Outre ces caractéristiques, il délivre une excellente qualité d'image dès la plus grande ouverture, que ce soit au niveau du piqué, de l'homogénéité de ce dernier et du comportement général de l'objectif. Les distorsions sont également absentes. Seules ombres au tableau, un vignetage aux plus grandes ouvertures et un poids qui, même s'il est très contenu pour un 200 mm f/2,8, reste conséquent pour des boîtiers du calibre des modèles Micro 4/3.

Recommandé ? Oui, évidemment !

+
  • Généreuse ouverture maximale de f/2,8 (effets de bokeh)
  • Convertisseur 1,4x livré de série avec l'objectif
  • Stabilisation efficace (4 IL)
  • Compacité et poids pour un 200 mm f/2,8
  • Protections tous temps
  • Design et finition
  • Touche programmable
  • Bague de réglage manuelle du diaphragme
  • Performances optiques : comportement général, niveau de piqué, homogénéité
  • Pas de distorsions
  • Poids élevé pour de longues séances à main levée (grip et/ou trépied conseillé)
  • Bague de mise au point manuelle sans indications ni repères de butée
  • Piqué qui commence à décroître à partir de f/5,6
  • Vignetage marqué aux plus grandes ouvertures
En résumé

Impossible de ne pas recommander cette optique qui mettra à contribution les glandes salivaires des férus de photo animalière et sportive. Cet équivalent 400 mm (560 mm avec le convertisseur inclus) délivre des images de grande qualité dès la plus grande ouverture f/2,8. Très compact et léger (pour un 200 mm f/2,8), cet objectif est conçu pour le terrain avec une stabilisation efficace 4 IL et des protections tous temps.

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Arthur Azoulay
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
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