MontureNikon F
Format couvert24x36 (plein format), angle de champ 46°
Plage focale50 mm. Compatible FX, DX (75 mm)
Ouverture maximalef/1,4
Ouverture minimalef/16
Distance de mise au point0,45 m
Nombre de lamelles du diaphragme9 (arrondies)
Construction8 lentilles en 7 groupes
Échelle des distancesoui
Motorisationultrasonique SWM (AF-S)
Stabilisationnon
Dimensions73,5 (D) x 54 mm
Poids420 g
Pare-soleillivré
Étui souplelivré

Caractéristiques

Nikkor 50 mm f/1,4G test reviewAvec le nombre toujours plus important de boîtiers à capteur plein format 24x36mm, D700, D3 et le « petit » dernier D3x, Nikon se devait de remettre à jour le grand classique et la focale de base de ce format, le 50 mm. C'est certainement l'une des focales fixes les plus utilisées en 24x36, avec le 35mm, et considérée par beaucoup comme la focale « standard » (la focale est à peu près équivalente à la diagonale du capteur, ici un peu plus de 43 mm). Cette optique se doit donc d'être exemplaire.

Même si il est admis qu'elle est la plus simple à fabriquer, il n'en reste pas moins que les constructeurs se doivent de proposer un objectif de qualité, aussi bien au niveau de la construction, de la formule optique que de la prise en main. Pour un prix public de 399 euros , voyons voir ce que nous propose Nikon avec l'AF-S 50 mm f:1,4 G. Pour nos tests, nous avons monté l'objectif sur un Nikon D700 plein format.

Prise en main

Avec la gamme G, Nikon abandonne définitivement la bague de diaphragme, présente depuis les débuts de la monture F. Il faut tout de même avouer que depuis un bon nombre d'années et a fortiori depuis l'arrivée du numérique, plus personne ne se sert de cette bague, préférant bloquer le diaphragme sur sa plus petite ouverture et se servir de la molette située à côté de la poignée, bien plus pratique et fonctionnelle. Ainsi, la main n’a plus à jongler entre la mise au point et le diaphragme.

Par ailleurs, cette absence donne un aspect bien plus sobre et épuré à cette optique. Et plus c’est épuré, mieux c’est. Surtout sur un objectif qui se doit d’être le plus simple et le plus fiable à utiliser. Une bague de moins qui tourne, c’est aussi une porte d’entrée de moins pour les poussières et l’humidité. C’est donc un bon point pour cette optique de base. Cette bonne impression est confirmée par la première prise en main, très agréable. Le poids est raisonnable, assez lourd pour donner une impression de sérieux et apporter un peu de stabilité quand on descend dans les basses vitesses. On a trop souvent vu des 50 mm poids plume, moins chers, pratiques pour êtres transportés partout, mais à la finition bien trop légère pour inspirer autant de confiance que ce Nikon. La robe dorée de la boîte donne toujours cette impression "pro", et la présence d’un pare-soleil et d’une housse renforce la confiance que l’on peut accorder en terme de qualité et de sérieux à la marque jaune. Avant même d’avoir monté l’optique sur le boîtier, on est rassuré par la prise en main, et la moitié du chemin vers la satisfaction est déjà parcourue. Nikon fait partie de ces marques qui ont une vraie expérience dans le marketing photo, et qui ont compris depuis très longtemps que le client devait être conquit dès la prise en main de la boîte. C’est ici encore une fois réussi.

La bague de mise au point est bien faite, fluide, mais pas trop pour ne pas glisser entre les doigts. Le crantage est toujours agréablement construit, de manière à bien accrocher en toutes circonstances. On pourra cependant regretter que cette bague ne soit pas plus large, surtout que de la place aurait pu être récupérée avec l’absence de la bague de diaphragme. Un caoutchouc occupant la quasi-totalité du fût aurait été le bienvenu, et apporterait un confort supplémentaire. C’est le seul point vraiment décevant dans la construction. Même si l’autofocus est de plus en plus performant et donc de plus en plus utilisé, il n’en reste pas moins qu’il est bon d’avoir à disposition une bague de mise au point efficace et agréable à utiliser. C'est d'autant plus regrettable que le Nikkor 50 mm AF-S f/1,4 G dispose de deux modes de mise au point : M/A (autofocus à priorité manuelle) et M. Ici on se sent frustré, on la cherche un peu des doigts, et finalement on remet l’autofocus. Dommage. Pour le reste, encore une fois, rien à redire. Même le bouton de mise en fonction de l’autofocus tombe bien et ne nécessite pas de devoir lever l’œil du viseur pour l’actionner. Pour finir, l’aspect granuleux de la matière est comme toujours très agréable au toucher, et donne un aspect plus robuste à l’ensemble. Quand on vous dit que le moindre détail a son importance, on peut même être séduit par une simple granulation. Une belle construction c’est bien, mais une bonne qualité optique c’est encore mieux. Voyons donc voir ce que nous propose ce 50 mm 1,4 G Nikon.

Tests mires

Piqué

Le principal avantage des focales fixes par rapport aux zooms, c’est que justement elles sont fixes. Il n’y a donc a priori aucun compromis à faire, pas de choix entre privilégier les courtes ou les longues focales. Nikon a donc pu se concentrer sur la gestion du piqué, du vignettage et des distorsions, dès les plus grandes ouvertures. La formule optique est légèrement différente du précédent modèle (une lentille en plus), mais l'optique n'intègre pas de verres spéciaux (ED par exemple) et ne bénéficie pas de traitement de surface particulier comme le Nanocrystal pour une meilleure transmission de la lumière et limiter l'apparition de flare. On apprécie par contre le nouveau diaphragme à 9 lamelles arrondies (contre 7 sur le 50 mm AF-D f/1,4) pour un flou plus rond et harmonieux.

Proposer une optique ouvrant à 1,4 permet de dépanner dans les cas de très faible luminosité, ou bien, et c’est très souvent le cas, permet d’avoir un bon piqué dès une ouverture de f/2. Et il semblerait que ce soit le chemin emprunté par Nikon. En effet, à f/1,4, on sent nettement un manque de piqué et de contraste, que ce soit au centre ou encore plus sur les périphéries, même si cela reste tout de même assez exploitable. En revanche, en ce qui concerne le vignettage et la distorsion, pas de miracles, à pleine ouverture, l’optique n’arrive pas à contrôler complètement les défauts .

Cela s’arrange bien évidemment à f/2. Le centre de l’image commence à récupérer des détails, même si les bords sont encore un peu pauvres en détail. L’amélioration se fait plus clairement sentir sur le vignettage qui est bien mieux contenu. Quant à la distorsion, elle reste un peu visible mais assez bien gérée. Au-delà, plus de soucis, tout est bien net, aussi bien au centre qu’aux bords, aucun problème de vignettage ou de distorsion. À noter tout de même, et c’est parfaitement logique, une petite distorsion à partir de f/11, ainsi qu’une légère perte de piqué sur les bords. Mais rien de vraiment catastrophique.

Vous pouvez cliquer sur les images ci-dessous (détail à 100%) pour afficher l'image en plein format.

Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G - évolution du piqué en fonction de l'ouverture de f/1,4 à f/5,6 (centre de l'image)

Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G - évolution du piqué en fonction de l'ouverture de f/8 à f/16 (centre de l'image)

Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G - évolution du piqué en fonction de l'ouverture de f/1,4 à f/5,6 (bord de l'image)

Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G - évolution du piqué en fonction de l'ouverture de f/8 à f/16 (bord de l'image)

Tests terrain

Les mires ont parlé. Voyons maintenant ce qu’il en est en utilisation quotidienne. Pour ces tests, seuls ont voulu poser pour nous la poubelle et les pots de peinture. Vous excuserez donc le manque de glamour de ces images. Les nounours viennent quelque peu sauver l’intérêt photographique de ce test.

Les photos à la lumière du jour confirment nos observations en studio.

À pleine ouverture, le vignettage est notable et la distorsion un peu visible, la distorsion se faisant moins sentir, de par la scène photographiée. L’image des pots de peinture laisse quand même apparaître une belle déformation dans les coins, donnant l’impression que l’image a été imprimée sur papier et les coins cornés. À cela s’ajoute l’apparition de contours colorés verts, visibles sur l’image de la poubelle. Ils sont très légèrement présents jusqu’à f /2, s’estompent au-delà pour complètement disparaître à f/5,6. Ces aberrations colorées savent rester discrètes et ne viendront pas gâcher votre photo, même en cas de forte luminosité. On constate les mêmes qualités de piqué qu’au studio. À f/2, cela est bon, et très bon à partir de f /2,8.

Même si la pleine ouverture fournit les meilleurs flous (logique, me direz-vous, avec si peu de profondeur de champ), cette tendance se perpétue aux ouvertures suivantes, et on peut vraiment dire que cette optique donne tout son potentiel à f/2. Un très bon piqué et un dégradé de flou vraiment très esthétique, qui permettra sans problème d’utiliser cet objectif pour du portrait. Sur la photo d’exemple, le flou est propre, que ce soit avant ou après la zone de mise au point, ce qui permet d’avoir un portrait tout en douceur et sans cassure dans les dégradés de flou.

Aberrations chromatiques

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| Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G test AC | Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G test AC | Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G test AC |

Les aberrations chromatiques sont très discrètes. Avec certains reflex de la marque (D300 et D700), elles sont traitées directement par le processeur interne de l'appareil pour les sorties JPeg. Ici, les images vont de f/1,4 (gauche) à f/2,8 (droite).

Distorsion

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| Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G test distorsion | Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G test distorsion | Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G test distorsion |

Évolution de la distorsion de f/1,4 à f/2,8 (de gauche à droite). Les déformations géométriques sont assez bien contenues.

Vignetage

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| Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G test vignetage | Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G test vignetage | Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G test vignetage |

Diminution du vignetage de f/1,4 à f/2,8 (de gauche à droite). À partir de f/2,8, le vignetage devient quasiment imperceptible et ne peut être considéré comme un problème.

Autofocus

Bien sûr l'une des nouveautés importantes reste la motorisation ultrasonique SWM (Silent Wave Motor) qui procure une mise au point rapide et silencieuse. Sur le terrain, le Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G se révèle effectivement très silencieux, bien plus que son prédécesseur AF-D. Sur la rapidité de mise au point, le gain est plus délicat à mettre en évidence, même si on a l'impression que globalement l'objectif fonctionne de manière plus fluide.

Attention, à pleine ouverture et même en mode autofocus, la mise au point est délicate, la profondeur de champ est très réduite et la moindre erreur est immédiatement visible.

Exemples de photos

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1/100 s, f/1,4, ISO 1600 |

Verdict

Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G recommandeNikon nous propose ici un digne successeur à précédent très bon 50 mm f/1,4, en nous gratifiant de quelques améliorations propres aux capteurs numériques et faisant enfin disparaître cette inutile bague de diaphragme. En revanche, dommage que la bague de mise au point ne récupère pas un peu de place pour un confort accru de manipulation.

La qualité et l’homogénéité du piqué, la faible distorsion et la maitrise du vignettage en font un parfait outil de reportage. Restez quand même vigilant à pleine ouverture (comme avec toutes les optiques…) et fermez dès que possible d’un diaphragme pour exploiter ce bel objet au maximum de ses capacités. Le Nikkor AF-S 50 mm f/1,4 G obtient donc facilement un recommandé.

+
  • Qualité de fabrication
  • Bonne homogénéité du piqué
  • Vignettage et distorsion bien maitrisée à partir de f/2
  • Belle qualité de flou (bokeh)
  • Pare-soleil et pochette fournis
  • Bague de mise au point un peu trop étroite
  • Contours colorés gênants dans certains cas
  • Piqué un peu faible à pleine ouverture
  • Pas de traitement Nanocrystal
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Nikon Nikkor AF-S 50 mm f/1,4
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