Voici un objectif 100 % manuel destiné aux amoureux du paysage, d'architecture et de photo astronomique. Laowa propose un 12 mm rectilinéaire ouvrant à f/2,8. Bienvenue donc au Laowa 12 mm f/2,8 Zero-D qui, comme son nom l'indique, devrait délivrer des images ultra grand-angle avec de très faibles distorsions.

MontureCanon EF, Nikon F, Sony A, Sony E, Pentax K
Format couvert24 x 36 mm
Plage focale12 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C18 mm
Ouverture maximalef/2,8
Ouverture minimalef/22
Distance de mise au point0,18 m
Nombre de lamelles du diaphragme7
Construction16 lentilles réparties en 10 groupes
Échelle des distancesOui
Rapport de reproduction0,2X
MotorisationNon
StabilisationNon
Dimensions75 x 83 mm
Diamètre filtreNA
Poids609 g
Pare-soleilOui intégré
Étui soupleNon

Prise en main
Manque de protections !

Présentation

Composé de 16 éléments répartis en 10 groupes, l'objectif intègre 3 éléments en verre à très faible dispersion et 2 lentilles asphériques, le tout pour une correction optimale des aberrations optiques lui valant le qualificatif de "ZeroD" par Laowa (pour "zéro distorsion").

test Laowa 12 mm f/2,8 ZERO-D

Sa mise au point minimum est de 18 cm, ce qui limite son grossissement à 0,2x compte tenu de son angle de champ de 121,96°. Il est prévu en montures Canon, Nikon, Pentax et Sony A et E. Ce Laowa 12 mm n'offrira qu'une mise au point manuelle. De même, le réglage du diaphragme, composé de 7 lamelles, s'effectuera sur une bague dédiée et non par l'appareil photo.

test Laowa 12 mm f/2,8 ZERO-D test Laowa 12 mm f/2,8 ZERO-D

Prise en main

Cet objectif Laowa est assez beau. Il jouit d'une construction 100 % métal qui lui confère un sentiment de robustesse et de pérennité. Le design est assez sobre et discret sur le fût. On retrouve un liseré bleu, signe distinctif des objectifs Laowa, ainsi que les indications de rigueur (distance de mise au point, diaphragme, profondeur de champ). Bon point, Laowa a pensé à indiquer le point de la pupille d'entrée, référence importante lors de la réalisation de photos panoramiques par assemblage. On retrouve la présence du logo sur le pourtour de la lentille frontale ainsi que les informations de références et le numéro de série. Il est assez compact avec un peu plus de 8 cm de long et relativement léger (600 g environ). Il est très bien proportionné à un boîtier du calibre d'un EOS 5D.

test Laowa 12 mm f/2,8 ZERO-D

L'objectif dispose d'une belle petite lentille frontale bombée qui est protégée (ce n'est pas le pare-soleil, car ce dernier est amovible) lorsque l'on pose l'objectif à plat face contre table. La lentille frontale est traitée avec un couchage aquaphobe FEC (Frog Eye Coating) qui permet d'éviter l'adhérence d'eau et de poussières en cas d'exposition. C'est à peu près tout pour ce qui est des protections. Il faudra donc être particulièrement précautionneux lors de son utilisation dans des conditions de prises de vue extrêmes (humidité, pluie, poussière).

test Laowa 12 mm f/2,8 ZERO-D

Hélas, compte tenu de la lentille frontale bombée, il est impossible d'utiliser de filtre circulaire et Laowa n'a pas prévu d'emplacement pour filtres carrés à l'arrière de l'objectif. Les filtres étant des accessoires très appréciés des photographes de paysages et de photos astronomiques, la firme chinoise propose en option un porte-filtre à installer à la place du pare-soleil amovible et pouvant accueillir des filtres carrés de grande dimension et des filtres circulaires. N'oublions pas que Laowa propose un adaptateur qui permet d'associer des mouvements de décentrements (monture Sony). Il existe aussi un complément optique qui peut agrandir le cercle de couverture de l'objectif et le rendre compatible avec le système moyen format GFX de Fujifilm.

La bague de mise au point manuelle, située vers l'extérieur, est très agréable à utiliser. Elle est large et sa fluidité est parfaite. On dispose de réelles butées à la distance minimale de mise au point et à l'infini. Sa course est en revanche très longue et il faudra s'y reprendre à plusieurs fois pour aller d'une extrémité à l'autre.

test Laowa 12 mm f/2,8 ZERO-D

Objectif 100 % manuel oblige, ce Laowa est équipé d'une bague de réglage manuel du diaphragme si chère à notre cœur. Elle est assez franche, mais le crantage n'est malheureusement valable que pour les diaphragmes pleins. Nous aurions aimé la présence de crans au 1/2 ou 1/3 d'IL. Cet objectif ne communique absolument pas avec le boîtier avec lequel il est associé. Oubliez donc la présélection automatique du diaphragme. La visée reflex aux moyennes et petites ouvertures est dès lors très sombre.

test Laowa 12 mm f/2,8 ZERO-D

Tests labo
Assez bon dans l'ensemble

Qu'est-ce que le piqué ?

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à l'autre, d'une focale à l'autre et d'une ouverture à l'autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11, par exemple. De plus, le piqué va dépendre de la taille et de la définition du capteur de votre appareil. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Nous avons testé l'objectif avec un Canon EOS 5DsR au capteur 24x36 mm de 50 Mpx d'une définition de 8 736 x 5 856 px. Chaque pixel mesure donc 4 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

test Laowa 12 mm f/2,8 Zero-D

Testé avec Imatest.

Ce 12 mm s'en sort assez bien au labo. L'objectif dispose d'un beau comportement relativement cohérent et surtout assez homogène. Le niveau de piqué au centre des images est élevé et constant à partir de f/4, et ce jusqu'à f/22. Il est un peu en retrait à la plus grande ouverture f/2,8. L'objectif souffre d'un manque d'homogénéité entre le centre, les 2/3 des images et les bords extrêmes. Le phénomène est le plus fort à la plus grande ouverture et se tasse à mesure que l'on ferme le diaphragme. C'est à f/11 que l'objectif délivre le meilleur de lui-même avec des images les plus piquées et c'est à f/16 qu'elles sont le plus homogènes. Bon point, on ne ressent pas les effets de la diffraction et les images prises à f/22 sont encore totalement exploitables.

test Laowa 12 mm f/2,8 Zero-DNotre scène test et les zones d'intérêt.

Face à la concurrence

Il n'y a pas beaucoup de choix dans le monde des focales fixes ultra grand-angle, et que ce soit sur des versions toutes manuelles, à contrôle électronique du diaphragme ou pourvu d'autofocus. Dans la deuxième catégorie, nous avons testé récemment le 11 mm f/4 de chez Irix.

Irix 11 mm f/4 Blackstone

Impossible de ne pas recommander cet objectif qui fait un peu cavalier seul dans le monde des ultra grand-angles en focale fixe. Bien construit et confortable à utiliser, cet objectif fera le bonheur des amateurs de paysages et de photos d'architecture. La qualité optique qu'il délivre est assez bonne (surtout au centre des images) et l'objectif ne produit que très peu de distorsions.

Irix 11 mm f/4 Blackstone
Pixedo 695,75 €

Le modèle Laowa procure dans l'ensemble des images de meilleure qualité (niveau du piqué et homogénéité des images) que le modèle Irix qui, par ailleurs, est moins lumineux d'un diaphragme.

Tests terrain
Pas de distorsions, mais attention à la mise au point !

La focale

Qu'est-ce que la focale ?

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l'on obtient avec le 12 mm monté sur un Canon EOS 5DsR qui est équipé d'un capteur 24x36 mm. En l'utilisant sur un reflex équipé d'un capteur APS-C, on obtiendrait un équivalent 19,2 mm (coefficient de conversion de 1,6x chez Canon). L'usage premier de cet objectif est le paysage et les grands espaces, ou encore l'architecture (intérieure ou extérieure). Il a la particularité de ne présenter que très peu, voire pas de déformations ! Les usages sont donc très larges, sans jeu de mot.

Laowa ZERO-D 12 mm f/2,8 - Canon EOS 5D Mark II - Photo : Pierre-Louis Ferrer
Laowa ZERO-D 12 mm f/2,8 - Canon EOS 5D Mark II - Photo : Pierre-Louis Ferrer
100 % manuel

Ce Laowa 12 mm f/2,8 est un objectif 100 % manuel. Vous devrez effectuer à la main la mise au point et le réglage du diaphragme. Il ne communique en rien avec le boîtier sur lequel il est utilisé (pas de connecteurs au niveau de la monture), si bien que vous pouvez oublier toutes les aides à la mise au point manuelle en visée reflex. Pour vous aider, la seule solution consiste à utiliser la visée directe à l'écran et la loupe pour agrandir la zone de mise au point et affiner le réglage. Sur certains reflex, vous aurez aussi peut-être la chance d'avoir du focus peaking. Attention aussi, l'ouverture maximale f/2,8 sous-entend une assez faible profondeur de champ, et donc un besoin de précision sur le positionnement de la zone de netteté !

Le vignetage

Qu'est-ce que le vignetage ?

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, exprimée en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est très marqué et visible aux plus grandes ouvertures (jusqu'à f/8). Il faudra en tenir compte à la prise de vue dans certains cas en utilisant le correcteur d'exposition.

Les distorsions

Que sont les distorsions ?

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Force est de constater : oubliez les distorsions !

Le bokeh

Qu'est-ce que le bokeh ?

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres, dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Grâce à sa grande ouverture maximale de f/2,8 il est possible de réaliser des effets de profondeur de champ un peu marqués et de décrocher son sujet de son environnement. Pour maximiser l'effet, il faut tant que possible user de la plus grande ouverture et se positionner au plus proche de la distance minimale de mise au point.

Galerie terrain

Photos terrain réalisées par Pierre-Louis Ferrer

Auteur photographe spécialisé en photographie infrarouge et ultraviolette, en complément d’une pratique plus conventionnelle en paysage, urbanisme et portrait : “Ma passion pour les propriétés de la lumière et des capteurs optiques, concrétisée par ma formation scientifique, oriente mon travail photographique vers un axe principal : l’imperceptible et l’invisible, au service d’ambiances oniriques et décalées. Mes travaux photographiques visent à questionner le spectateur sur la notion d’environnement perceptible et réel, et sur sa sensibilité à appréhender le monde, en le confrontant à des visions alternatives de son environnement.”

Le site de Pierre-Louis Ferrer
Le Facebook de Pierre-Louis Ferrer

Laowa ZERO-D 12 mm f/2,8 - Canon EOS 5D Mark II - Photo : Pierre-Louis Ferrer
Laowa ZERO-D 12 mm f/2,8 - Canon EOS 5D Mark II - Photo : Pierre-Louis Ferrer
Laowa ZERO-D 12 mm f/2,8 - Canon EOS 5D Mark II - Photo : Pierre-Louis Ferrer
Laowa ZERO-D 12 mm f/2,8 - Canon EOS 5D Mark II - Photo : Pierre-Louis Ferrer
Laowa ZERO-D 12 mm f/2,8 - Canon EOS 5D Mark II - Photo : Pierre-Louis Ferrer

Verdict
Il manque encore des choses !

Laowa a tenu ses promesses : son 12 mm f/2,8 est dépourvu de distorsions ! Cette particularité très appréciable sur un ultra grand-angle séduira sans nul doute les amateurs de grands espaces et/ou les adeptes de photo d'architecture. Un très grand-angle est très agréable à utiliser. Il est adapté à un usage spécifique et il peut être assez difficile de bien cadrer avec. Mais une fois que l'on a bien assimilé la largeur du champ couvert, on se positionne assez facilement dans son sujet et on réalise des cadrages saisissants qui sortent de l'ordinaire.

La généreuse ouverture maximale de f/2,8 est finalement un avantage et un inconvénient. Elle a le mérite d'ouvrir la voie aux effets de profondeur de champ (toutes proportions gardées compte tenu de l'ultra grand-angle) et permet d'utiliser l'objectif dans de faibles conditions lumineuses à main levée sans trop devoir monter la sensibilité ISO afin d'éviter les flous de bouger du photographe. Malheureusement, cet objectif étant à mise au point 100 % manuelle, le réglage de la zone de netteté à la plus grande ouverture est très délicat à réaliser en visée optique. C'est plus simple en visée à l'écran, mais les différentes manipulations nécessaires pour activer l'assistant loupe rendent son usage peu spontané.

Cet objectif est totalement dépourvu de connecteurs. Il ne communique donc pas avec son boîtier. Oubliez les assistants à la mise au point manuelle, la présence de données EXIF et le réglage du diaphragme depuis le boîtier. Il faut en avoir totalement conscience.

L'objet en lui-même est assez réussi. L'objectif bénéficie d'un beau design et d'une agréable construction 100 % métal. Il est relativement compact et léger et la bague de mise au point manuelle est très réussie. La bague de réglage du diaphragme n'est malheureusement pas crantée au tiers d'IL et l'utilisation de filtres (chère aux amateurs de paysages) nécessite des accessoires. Enfin, l'objectif n'est que peu armé pour affronter de mauvaises conditions de prises de vue (poussières, humidité).

D'un point de vue qualité optique, ce 12 mm s'en sort plutôt bien avec des images de bonne qualité et un joli comportement assez homogène. Le niveau de piqué au centre est bon et constant de f/4 à f/22. L'objectif souffre néanmoins d'un manque d'homogénéité entre le centre, les 2/3 et les bords extrêmes des images, mais ce dernier s'amenuise à mesure que l'on ferme le diaphragme.

+
  • Grande ouverture maximale de f/2,8
  • Pas de distorsions
  • Bague manuelle de réglage du diaphragme
  • Bague de réglage de la mise au point
  • Construction 100% métal
  • Pas de protections tous temps
  • Pas de connecteurs boîtier (assistance AF, contrôle du diaphragme et données EXIF)
  • Vignetage marqué jusqu'à f/8
  • Porte-filtres en option
En résumé

Malgré la promesse tenue de l'absence de distorsions, la bonne qualité optique et la généreuse ouverture maximale f/2,8, nous ne recommandons pas cet objectif. En effet, l'absence de connecteurs entre l'optique et le boîtier est de nos jours difficilement concevable sur un objectif et complexifie trop l'usage pour le photographe. La construction de l'objectif reste à revoir en ce qui concerne la protection contre les intempéries. Pour ce qui est de la qualité optique, en revanche, ce 12 mm s'en sort assez bien.

Laowa 12 mm f/2,8 ZEO-D
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
Laowa 12 mm f/2,8 ZERO-D
Digit-photo.com 1189,00 €
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