Le 11 mm f/4 signé Irix est une focale fixe ultra grand-angle. Disponible en deux finitions (Firefly et Blackstone), cet objectif à mise au point manuelle, mais à contrôle du diaphragme électronique, s'adresse avant tout aux amoureux de paysages, voire d'architecture. Après le 15 mm f/2,4, c'est le deuxième objectif de cette marque qui passe entre nos mains. L'approche d'Irix : associer le design suisse à la construction sud-coréenne.

MontureCanon EF, Nikon F, Pentax K
Format couvert24 x 36 mm
Plage focale11 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C16,5 mm
Ouverture maximalef/4
Ouverture minimalef/22
Distance de mise au point0,275 m
Nombre de lamelles du diaphragme9
Construction16 lentilles réparties en 10 groupes
Éléments spécifiques4 verres HR, 2 verres ED, 3 lentilles asphériques
Échelle des distancesOui
Rapport de reproduction0,08 X
MotorisationNon
StabilisationNon
Dimensions118 x 100 mm
Diamètre filtre30 x 30 mm (filtre arrière)
Poids790 g (version Canon)
Pare-soleilOui, intégré
Étui soupleOui

Prise en main
Très bon…

Présentation

Cet ultra grand-angle de 11 mm est annoncé avec un minimum de distorsions et s'adresse donc aux photographes de paysages, mais aussi d'architecture (intérieure et extérieure). L'objectif est composé de 16 lentilles réparties en 10 groupes incluant 3 lentilles asphériques, 2 verres ED et 3 verres HR. On retrouve une ouverture maximale assez limitée de f/4 associée à un diaphragme circulaire à 9 lamelles.

Test Irix 11 mm f/4 Blackstone

L'objectif est conçu pour une utilisation terrain avec une protection contre les intempéries. Il est disponible en deux versions : Firefly et Blackstone. La première mise sur un poids léger avec une finition en plastique et la seconde, plus luxueuse avec une finition métal.

Test Irix 11 mm f/4 Blackstone

C'est un objectif à mise au point manuelle qui intègre néanmoins une gestion électronique du diaphragme via le boîtier. Irix a intégré quelques fonctions intéressantes comme la possibilité de contrôler et de verrouiller la bague manuelle de mise au point et la possibilité de "calibrer" la mise au point de l'objectif. Ultra grand-angle oblige, il est impossible d'utiliser un filtre au niveau de la lentille frontale bombée. On retrouve donc à l'arrière de l'objectif un porte-gélatine carré.

Prise en main

Notre modèle de test est une version Blackstone. Pas de doute, nous sommes bien en présence d'un très bel objectif qui est avant tout un bel objet. On ne peut que se laisser charmer par l'impressionnante lentille frontale bombée. L'objectif jouit d'un style plutôt technique mais reste sobre et discret. Le design est très réussi. Les nombreuses informations imprimées sur l'objectif sont assez claires et lisibles ce qui est bon point. Il n'y a aucune inscription sur la face avant de l'objectif : un détail appréciable.

Test Irix 11 mm f/4 Blackstone

Ce modèle est réalisé en métal (pour son corps) et en plastique (pour son pare-soleil intégré). Bon point, sa conception est à encombrement constant, si bien que les dimensions de l'objectif ne varient pas en fonction de la distance de mise au point. La lentille frontale bombée reste fixe et c'est le bloc arrière qui bouge pour la mise au point. Cette particularité renforce la protection de l'objectif contre les intempéries. Sur cet aspect, cet Irix dispose de 3 joints d'étanchéité au niveau de la bague de mise au point, de la bague de verrou de la mise au point et de la baïonnette. Côté mensurations, comptez un poids d'environ 800 g et une longueur de 12 cm.

Test Irix 11 mm f/4 Blackstone

La bague de mise au point manuelle est assez réussie. Elle est large et confortable à utiliser. La course est assez longue et il faudra s'y reprendre à deux fois pour aller de la distance minimale de mise au point à l'infini. On dispose de 2 réelles butées et 1 "click" pour nous indiquer que l'on est bien à l'infini. Autre bonne idée, Irix a pensé à inscrire des indications d'hyperfocale. La bague est par défaut trop dure à manier, ce qui d'une certaine façon lui confère une bonne précision. Irix a également prévu une bague qui permet de renforcer la dureté de la bague de mise au point jusqu'à même la verrouiller. Une idée géniale !

Malheureusement, le constructeur fait l'impasse sur une bague de réglage manuel du diaphragme. Ce dernier est contrôlé directement par le boîtier.

Test Irix 11 mm f/4 Blackstone

Un 11 mm est un objectif ultra grand-angle conçu avant tout pour le paysage, et qui dit photo de paysage dit potentiellement utilisation de filtre. La conception de l'objectif avec cette belle lentille frontale bombée fait qu'il est impossible d'utiliser des filtres circulaires traditionnels. La lentille frontale est d'ailleurs naturellement protégée quand on pose l'objectif sur une table grâce au pare-soleil intégré. Pour les filtres, Irix a donc prévu un porte-gélatine au niveau du bloc arrière.

IMG_5302
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Pour ce qui est de l'innovation, Irix a prévu une trappe qui permet de donner l'accès à un réglage de calibration de mise au point. Nous ne savons pas réellement comment cela marche et la firme réserve son usage à des experts ou à des membres de son SAV.

Test Irix 11 mm f/4 Blackstone

Et pour couronner le tout, la firme a aussi soigné la présentation de ses objectifs qui sont livrés dans une belle boîte en métal à l'intérieur de laquelle on retrouve une mousse rigide thermomoulée avec des emplacements pour l'objectif et les accessoires. Une housse de transport rigide est également de la partie !

Tests labo
Comportement étonnant, mais très fort piqué dès f/4

Qu'est-ce que le piqué ?

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à l'autre, d'une focale à l'autre et d'une ouverture à l'autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11, par exemple. De plus, le piqué va dépendre de la taille et de la définition du capteur de votre appareil. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Nous avons testé l'objectif avec un Canon EOS 5DsR au capteur 24 x 36 mm de 50 Mpx d'une définition de 8 736 x 5 856 px. Chaque pixel mesure donc 4 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

test Irix 11 mm f/4 Blackstone

Testé avec Imatest.

Ce 11 mm a un comportement pour le moins surprenant, en tout cas au niveau du centre des images. En effet, il produit des images extrêmement piquées au centre, et ce dès la plus grande ouverture, mais ce piqué a tendance à baisser à mesure que l'on ferme le diaphragme. Il reste néanmoins excellent jusqu'à f/8, et c'est seulement passée cette ouverture que la baisse s'accélère. Les images sont encore correctes à f/11, mais assez décevantes au-delà ! L'objectif souffre également d'un très important manque d'homogénéité entre le centre, les 2/3 des images et les bords extrêmes. L'écart à la plus grande ouverture est "dramatiquement élevé". Passé cela, le piqué aux 2/3 des images remonte bien pour atteindre son paroxysme à f/8. Au niveau des bords extrêmes, l'évolution du piqué est beaucoup plus mesurée. L'objectif procure le meilleur de lui-même en matière de piqué à f/8, et d'homogénéité à f/11.

test Irix 11 mm f/4 BlackstoneNotre scène test et les zones d'intérêt.

Face à la concurrence

C'est très simple, il n'y a pas de focale fixe aussi large en gamme chez Canon et Nikon. Il en va de même pour Tamron chez qui la gamme de focales fixes démarre au 35 mm. Chez Sigma, au plus large, il existe un 14 mm f/1,4 DG HSM Art. Il n'y a donc pas de concurrent à l'heure actuelle dans le domaine des focales fixes avec autofocus. Idem des modèles à mise au point manuelle, mais avec également une gestion électromagnétique du diaphragme.

En revanche, si on s'intéresse à l'univers des zooms, on ne peut pas ignorer le Canon EF 11-24 mm f/4 L USM, le Sigma 12-24 mm f/4 DG HSM Art et le Sony FE 12-24 mm f/4 G. Même si ces deux objectifs n'ont pas grand-chose à voir avec ce 11 mm f/4, nous vous proposons de comparer leurs performances au 11 mm/12 mm. Attention, le modèle Sony a été testé avec un A7R II qui dispose d'une définition différente du 5DsR.

Test - 23/04/2015
Canon EF 11-24 mm f/4 L USM
EF 11-24 mm f/4 L USM
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Test - 07/10/2016
Sigma Art 12-24 mm f/4 DG HSM
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Test - 24/07
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Au 11 mm, le zoom Canon f/4 délivre des images avec un niveau de piqué et d'homogénéité comparable au modèle Irix, mais jouit d'un comportement général plus cohérent.

test Irix 11 mm f/4 Blackstone

Au 12 mm, le zoom Sigma f/4 délivre des images plus piquées et plus homogènes que le modèle Irix (11 mm). Il jouit aussi d'un plus beau comportement général.

test Irix 11 mm f/4 Blackstone

Idem à 11 mm pour le zoom Sony f/4 (toutes proportions gardées compte tenu de l'écart de définition entre un A7R II et un 5DsR) : des images dans l'ensemble plus piquées et un plus beau comportement général.

test Irix 11 mm f/4 Blackstone

Tests terrain
Très bien mais attention au vignetage !

La focale

Qu'est-ce que la focale ?

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l'on obtient avec le 11 mm monté sur un Canon EOS 5DsR qui est équipé d'un capteur 24x36 mm. En l'utilisant sur un reflex équipé d'un capteur APS-C, on obtiendrait un équivalent 17,6 mm (coefficient de conversion de 1,6x chez Canon). L'usage premier de cet objectif est le paysage et les grands espaces ou encore l'architecture (intérieure ou extérieure). Il a la particularité de ne présenter que très peu, voire pas de déformations ! Les usages sont donc très larges, sans jeu de mots.

Le vignetage

Qu'est-ce que le vignetage ?

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, exprimée en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est très marqué et visible à toutes les ouvertures. Il faudra en tenir compte à la prise de vue dans certains cas en utilisant le correcteur d'exposition.

Les distorsions

Que sont les distorsions ?

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Très bonne gestion des distorsions sur ce 11 mm, ce qui est un réel plus pour une focale aussi large.

test Irix 11 mm f/4 Blackstone

Le bokeh

Qu'est-ce que le bokeh ?

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres, dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Ultra grand-angle et relative faible ouverture maximale ne font pas bon ménage pour réaliser des effets de profondeur de champ très prononcés ! Néanmoins, en tirant parti de la faible distance minimale de mise au point d'environ 27 cm, et avec un écart important entre le sujet principal et son arrière-plan, il est possible de décrocher ce dernier.

Galerie terrain

Verdict
Recommandé ? Oui !

C'est le deuxième objectif de la marque Irix qui passe entre nos mains. Si nous avions un sentiment un peu mitigé sur le premier modèle (un Irix 15 mm f/2,4 Firefly), nous sommes ici conquis par le 11 mm f/4 Blackstone. Pour commencer, un ultra grand-angle de 11 mm est assez rare et très agréable à utiliser. Il est adapté à un usage spécifique et il peut être assez difficile de bien cadrer avec. Mais une fois que l'on a bien assimilé la largeur du champ couvert, on se positionne assez facilement dans son sujet et on réalise des cadrages saisissants qui sortent de l'ordinaire.

L'objet en lui-même est très réussi. L'objectif, en version Blackstone, est beau, bien fait et agréable à utiliser. La qualité de fabrication est excellente et les finitions impeccables. Impossible de ne pas saluer la présence de cette bague de réglage de la fluidité de la bague de mise au point manuelle. Seul regret, l'absence d'une réelle bague de réglage pour l'ouverture.

Grâce à son ouverture maximale assez limitée de f/4, l'utilisation d'un objectif à mise au point manuelle n'est pas trop dure en visée reflex pour peu que l'on utilise les assistants proposés sur certains boîtiers. En revanche, cette ouverture maximale est un frein pour un usage de l'objectif à main levée dans de faibles conditions lumineuses ou pour obtenir des effets de profondeur de champ marqués.

Quant à la qualité optique, l'objectif délivre des images très piquées en leur centre, et ce dès la plus grande ouverture et jusqu'à f/8 inclus. Il ne sourcille pas devant les 50 Mpx d'un EOS 5DsR. Par contre, force est de constater que pour ce qui est de l'homogénéité du piqué, ce n'est pas la même tendance. À f/4, seul le centre est très piqué : les 2/3 des images et les bords extrêmes sont très en retrait. Le phénomène s'estompe à mesure que l'on ferme le diaphragme pour les 2/3 des images sans pour autant que ces zones parviennent à un moment à égaler le piqué du centre. Enfin, le comportement général de l'optique est pour le moins surprenant avec un piqué qui décroît légèrement au centre à mesure que l'on ferme le diaphragme.

Le gros point fort de cet objectif, c'est aussi les très faibles distorsions qu'il délivre. C'est un réel plus pour les amateurs de photos de paysages qui souhaitent des horizons bien horizontaux ou pour les photographes d'architecture. Question vignetage, en revanche, vous serez servi si bien que vous devrez en tenir compte à la prise de vue, et dans certains cas compenser avec le correcteur d'exposition.

Nous recommandons sans trop d'hésitation cet objectif qui n'a pas de réel concurrent pour l'instant : en tout cas, dans la gamme des focales fixes avec gestion électronique du diaphragme (avec ou sans autofocus).

+
  • Qualité de construction, design et prise en main
  • Qualité de la bague de mise au point manuelle (réglage de la fluidité)
  • Deux versions du même objectif (Firefly ou Blackstone)
  • Contrôle du diaphragme depuis le boîtier
  • Qualité du piqué au centre dès la plus grande ouverture et jusqu'à f/8
  • Très faibles distorsions
  • Poids assez élevé (version Blackstone)
  • Pas d'autofocus
  • Pas de bague manuelle du réglage du diaphragme
  • Ouverture maximale assez peu lumineuse
  • Piqué très en retrait entre le centre, les 2/3 des images et les bords extrêmes à la plus grande ouverture
  • Manque d'homogénéité du piqué aux principales ouvertures
  • Vignetage très marqué
En résumé

Impossible de ne pas recommander cet objectif qui fait un peu cavalier seul dans le monde des ultra grand-angles en focale fixe. Bien construit et confortable à utiliser, cet objectif fera le bonheur des amateurs de paysages et de photos d'architecture. La qualité optique qu'il délivre est assez bonne (surtout au centre des images) et l'objectif ne produit que très peu de distorsions.

Irix 11 mm f/4 Blackstone
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
Irix 11 mm f/4 Blackstone
Pixedo 695,75 €
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