On peut dire que cette optique était attendue et manquait cruellement au catalogue Fujifilm qui, jusqu'à présent, ne pouvait pas séduire les amoureux de macrophotographie. C'est désormais du passé avec ce 80 mm macro f/2,8.

MontureFujifilm XF
Format couvertAPS-C
Plage focale80 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C127,5 mm
Ouverture maximalef/2,8
Ouverture minimalef/22
Distance de mise au point0,25 m
Nombre de lamelles du diaphragme9
Construction16 lentilles réparties en 12 groupes
Éléments spécifiques1 lentille asphérique, 3 verres ED, 1 verre Super ED
Échelle des distancesNon
Rapport de reproduction1x
MotorisationOui
StabilisationOui
Dimensions80 x 130 mm
Diamètre filtre62 mm
Poids750 g
Pare-soleilOui
Étui soupleNon
AutresBague manuelle de diaphragme

Prise en main
Très bien !

Présentation

Ce nouveau 80 mm, équivalent à un 127,5 mm (coefficient de conversion de 1,5x) est composé de 16 lentilles réparties en 12 groupes et inclut 1 lentille asphérique, 3 verres ED et 1 verre Super ED. L'objectif affiche une ouverture maximale de f/2,8 associée à un diaphragme circulaire à 9 lamelles. Macro oblige, le rapport de reproduction est de 1:1 avec une distance minimale de mise au point de 25 cm. Bien entendu, l'objectif est équipé d'une stabilisation optique annoncée comme pouvant compenser jusqu'à 5 IL. La mise au point est assurée par une motorisation linéaire adaptée à la vidéo. Deux groupes distincts sont en charge de la mise au point pour optimiser la rapidité de l'autofocus. L'objectif est taillé pour le terrain avec une protection contre les intempéries, dont un traitement à la fluorine sur la lentille frontale. Série R oblige, il est équipé d'une bague de diaphragme manuelle.

Fujifilm Fujinon XF 80 mm f/2,8 R LM OIS W Macro test review

Prise en main

Cet objectif est très réussi ! C'est avant tout un bel objet que l'on prend plaisir à regarder et à prendre en main. Comme sur les autres objectifs Fujinon, on retrouve un design relativement sobre et épuré. Il est assez discret, ce qui n'est pas un mal. L'optique jouit d'une construction tout en métal du plus bel effet et délivrant un sentiment de robustesse. Sur ce point, à la prise en main, il est vrai que de sentir bouger le bloc de stabilisation optique à l'intérieur de l'objectif peut surprendre. Pas d'inquiétude, c'est tout à fait normal. Le Fujifilm Fujinon XF 80 mm f/2,8 R LM OIS W Macro est tout ce qu'il y a de plus armé contre les intempéries et est donc conçu pour une utilisation terrain. On retrouve pour commencer une conception à encombrement constant avec les lentilles frontale et arrière fixes, un traitement aquaphobe et oléophobe sur la lentille frontale et une série de joints d'étanchéité (11 au total).

Fujifilm Fujinon XF 80 mm f/2,8 R LM OIS W Macro

Cette optique est assez imposante et massive. Comptez sur la balance 750 g, une longueur de 13 cm et un diamètre de 8 cm. Montée sur un boîtier du calibre d'un XT2, elle a tendance à déséquilibrer l'ensemble. L'usage d'un grip peut être préférable. Sur ce point, c'est un peu mieux avec le XH1, plus imposant.

Fujifilm Fujinon XF 80 mm f/2,8 R LM OIS W Macro

L'unique bague de réglage permet de contrôler la mise au point en manuel. Elle est très large et confortable à utiliser. Sa fluidité est parfaite. Elle est peut-être un peu dure, mais c'est primordial en macro, une discipline où la précision de la mise au point est vitale à cause des très faibles profondeurs de champ. Malheureusement, elle ne dispose pas de repères de butées ni d'indication de distance de mise au point. Sur le côté, on déniche un interrupteur permettant de limiter la plage de mise au point en intégral, de 50 cm à l'infini et de 25 cm à l'infini. Fujifilm oblige, on retrouve une agréable bague de réglage du diaphragme crantée au 1/3 d'IL. Cette dernière propose une position automatique qui permet de donner ce réglage au boîtier.

Fujifilm Fujinon XF 80 mm f/2,8 R LM OIS W Macro

Ce 80 mm est compatible avec les deux convertisseurs de focales 1,4x (équivalent 171 mm) et 2x (équivalent 244 mm). Il est livré avec un pare-soleil et une housse de protection.

Tests labo
Excellent !

Qu'est-ce que le piqué ?

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la “sensation de netteté” et/ou à la “précision” que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à l'autre, d'une focale à l'autre et d'une ouverture à l'autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11, par exemple. De plus, le piqué va dépendre de la taille et de la définition du capteur de votre appareil. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Nous avons testé l'objectif avec un Fujifilm XT2 au capteur APS-C de 24 Mpx et d'une définition de 6 000 x 4 000 px. Chaque pixel mesure donc 3,9 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Testé avec Imatest.

Les performances de ce 80 mm sont tout bonnement excellentes. L'objectif délivre des images très piquées dès la plus grande ouverture f/2,8, et ce sur l'ensemble des zones de l'image. Le niveau de piqué au centre à f/2,8 est déjà presque au maximum. Il demeure presque constant (à quelques écarts minimes près) jusqu'à f/11. Au-delà, le piqué commence à baisser pour cause de diffraction et les images sont encore totalement exploitables à f/16. Pour ce qui est de l'homogénéité, aux plus grandes ouvertures on note un décalage entre le centre, les 2/3 des images et les bords extrêmes. Ce décalage se tasse à mesure que l'on ferme le diaphragme pour devenir proche de l'excellence à f/8.

Notre scène test et les zones d'intérêt.

Tests terrain
Redoutable

La focale

Qu'est-ce que la focale ?

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l'on obtient avec le 80 mm monté sur un hybride équipé d'un capteur APS-C. En appliquant un coefficient de conversion de 1,5x, on obtient un équivalent 120 mm. Ce type de focale est avant tout pensé pour la macro et permet de garder une distance raisonnable avec son sujet. Cet objectif est également assez bien adapté aux portraits.

Le vignetage

Qu'est-ce que le vignetage ?

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, exprimée en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est assez léger, mais bien présent et surtout aux plus grandes ouvertures. En fermant un peu (f/5,6), il disparaît et devient négligeable. À la plus grande ouverture f/2,8, il est assez entrant, progressif, mais reste léger. À f/4, il n'affecte que les coins extrêmes des images.

Les distorsions

Que sont les distorsions ?

Les objectifs ont tendance à “tordre la réalité”. Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets

Oubliez les distorsions : un bon point !

Le bokeh

Qu'est-ce que le bokeh ?

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la “qualité” du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres, dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Ce 80 mm a une ouverture maximale de f/2,8, ce qui lui permet de procurer des effets de profondeur de champ assez marqués en utilisation standard, même associé au “petit” capteur APS-C des hybrides Fujifilm. Il est très aisé de détacher un sujet principal de son arrière-plan dans un beau et doux flou. Pour peu que l'arrière-plan ne soit pas trop proche du sujet, il sera noyé dans un flou très diffus et agréable à l'œil.

En revanche, n'oublions pas que la profondeur de champ est intimement liée à la distance de mise au point. En utilisation macro, à 25 cm, elle est extrêmement courte et nécessite une précision redoutable pour positionner le plan de netteté. La moindre erreur est immédiatement sanctionnée !

La stabilisation

Qu'est-ce que la stabilisation optique ?

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micromoteurs qui lui permet d’être mobile, c’est-à-dire de bouger dans deux directions : verticale et horizontale. Ces micromoteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres mouvements de l’objectif (et donc du bras du photographe) et les compense afin de les corriger. Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas et les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique : c’est comme si on n’avait pas bougé.

Nous avons testé en laboratoire la stabilisation à main levée sur un sujet positionné à 3 m environ. Nos résultats montrent que l'on peut sans aucun problème gagner 4 IL par rapport au temps de pose théorique de 1/200 s, donc photographier au 1/8 s. Comptez 1 ou 2 Il de moins en macro.

Galerie terrain

Verdict
Recommandé… et pas qu'un peu !

Impossible de ne pas recommander cet objectif qui saura séduire en tout point les utilisateurs d'hybrides Fujifilm désireux d'un objectif macro conçu pour le terrain. En effet, la présence d'une stabilisation optique permet de concevoir des prises de vue rapprochées à main levée. On peut gagner 2 Il au rapport 1:1 et 4 IL en utilisation normale, type portrait par exemple. De plus, la construction renforcée de l'objectif le rend à l'aise dans les mauvaises conditions de prise de vue en pleine nature.

La qualité optique, elle, est excellente. Le comportement de l'objectif est exemplaire, et ce dès la plus grande ouverture. On pourra juste lui reprocher un léger manque d'homogénéité entre le centre, les 2/3 des images et les bords extrêmes aux plus grandes ouvertures. Pour parfaire ce joli tableau, le vignetage est très discret et les distorsions absentes.

+
  • Design
  • Qualité de fabrication
  • Prise en main
  • Qualité optique générale (niveau de piqué, homogénéité et comportement)
  • Stabilisation optique efficace (4 IL normal, 3 IL macro)
  • Beaux effets de profondeur de champ
  • Faible vignetage
  • Absence de distorsions
  • Poids et encombrement un peu imposants
En résumé

Il nous faut l'avouer, ce 80 mm est presque parfait en tout point : design, qualité de fabrication, prise en main, qualité optique, performance de la stabilisation optique. Il fera le bonheur des amoureux de macro et/ou de portraits.

Fujifilm Fujinon XF 80 mm f/2,8 R LM OIS WR
Arthur Azoulay
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

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Fujifilm Fujinon XF 80 mm f/2,8 R LM OIS WR
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