2017 est définitivement l'année du renouveau à La Gacilly : thématique inédite et, surtout, extension du festival qui passe de une à trois communes. Une occasion exceptionnelle dont Focus Numérique s'est saisi pour vous faire découvrir l'organisation de cet évènement, qui prend une ampleur que ce modeste village breton n'avait jusqu'alors jamais connue.

Le festival photo de La Gacilly souffle ses quatorze bougies. Voilà quatorze ans que les plus grands noms de la photographie se retrouvent, le temps d'un été, dans ce minuscule village du Morbihan.

Cette année, l'Afrique est à l'honneur avec une sélection inédite d'images qui fleurent bon l'évasion, la poésie des portraits et la lumière. Seydou Keïta, Omar Victor Diop (dont nous avions déjà apprécié la série Re-Mixing Hollywood), Fatoumata Diabaté et de nombreux autres artistes africains se partagent le centre-ville de La Gacilly.

En complément de ce grand thème, la relation entre l'animal et l'Homme s'est elle aussi glissée dans les rues, grâce notamment aux prises de vue d'Elliott Erwitt, de Paras Chandaria qui ornent, monumentales, les murs de l'office du tourisme et de la maison de la photographie, ou encore celles, très émouvantes, d'animaux en cages prises par Eric Pillot, que nous avions rencontré en 2013 pour ses histoires animales extraordinairement humaines ou en 2015 pour In Situ.

Festival photo La Gacilly 2017Les photos d'Eric Pillot.

Des mois de préparation

"Pour quatre mois d'exposition et un mois de montage, c'est un an de préparation", explique Auguste Coudray, président du festival. Choix du thème annuel, recherche des photographes, de la scénographie... Ces étapes prennent à elles seules plusieurs mois. Il faut enfin obtenir des clichés d'une qualité suffisante (certains trôneront fièrement sur les quelque 70 m2 de mur de l'office du tourisme), puis tout envoyer aux imprimeurs.

Par ailleurs, un heureux évènement s'est invité cette année dans l'organisation du festival. "Depuis janvier, deux communes ont fusionné avec celle de La Gacilly", raconte Auguste Coudray. "Il nous a fallu prendre un temps de préparation un peu plus long pour impliquer ces deux nouveaux sites à notre projet ". Et le temps, pour ce genre de festival, "c'est ce qui nous est le plus précieux", ajoute-t-il.

Festival photo La Gacilly 2017L'installation des clichés d'Omar Victor Diop.

Impressions à l'épreuve du temps

La Bretagne n'est pas connue pour son ensoleillement à toute épreuve. Et pour le festival, dont la majorité des œuvres s'expose en plein air, l'humidité n'a pas sa place. "Nous utilisons le dibond pour la majorité de nos tirages, c'est résistant à l'ensemble des conditions météo", explique Dominique Rolland, responsable de l'installation des œuvres, qui observe également "que le matériau bouge en fonction des conditions climatiques", mais sans altérer la qualité des tirages.

"Nous travaillons avec quatre prestataires différents pour l'impression, dont Central Dupon", précise Dominique Rolland. "Le festival expose tout de même environ 700 photos qu'il faut imprimer dans des formats très variés et dans des délais serrés", ajoute-t-il.

Festival photo La Gacilly 2017Sur le mur, les photos de Paras Chandaria.

Autre inconvénient de l'exposition en plein air : les habitants plus ou moins permanents des cieux et des toits, ainsi que leurs inévitables déjections. Pour cela, l'organisation du festival a employé les grands moyens, puisque des équipes de nettoyage s'activent deux fois par semaine, voire plus si nécessaire, pour assurer au visiteur des clichés impeccables de juin à septembre.

Derrière les photographes, les habitants de La Gacilly

On en parle assez peu, et pourtant les habitants de La Gacilly sont extrêmement impliqués dans l'organisation titanesque du festival. "Nous faisons appel aux habitants de La Gacilly et de ses environs qui possèdent un savoir-faire hors pair ", souligne Auguste Coudray. Du partenariat avec les crêperies de La Gacilly jusqu'aux artisans plasticiens Olivier Villon et Alice Rioufol, du collectif Mùsiké, qui ont créé de toutes pièces une installation visuelle et sonore sur le thème de l'Afrique, toutes les communes d'alentour se sont investies à leur mesure dans le festival. "Pierrick Lelièvre, maire délégué de La Gacilly pour La Chapelle-Gaceline, s'est même proposé de tenir un stand de crêpes pour nous aider", ajoute Anne-Dominique Chouteau, chargée de la communication du festival.

"Nous sommes toujours extrêmement heureux de voir que le festival inspire les gens d'ici, c'est un évènement qui nous porte et auquel nous sommes très attachés depuis sa création", dit Auguste Coudray. "Voir, chaque année, toujours plus de monde nous prêter main-forte nous touche, d'autant plus que le savoir-faire des gens d'ici est inestimable", précise-t-il.

Et leur implication ne s'arrête pas à la simple logistique, puisque les habitants de La Gacilly et des environs se sont mis dans la peau de modèles pour le projet du photographe Emanuele Scorcelletti, Equus. Pendant tout l'hiver, la petite commune de 4 000 habitants s'est donc transformée en une gigantesque scène en pleine nature dont le résultat, très réussi, est visible à La Chapelle-Gaceline.

Festival photo La Gacilly 2017Les photos d'Emanuele Scorcelletti à La Chapelle-Gaceline.

Vous l'aurez compris, le festival de La Gacilly prend encore de l'ampleur et nécessite une organisation et une implication de chaque instant. La programmation est, cette année encore, riche et pointue, et elle ravira tous les amoureux, de la Bretagne, comme de la photo.

Festival Photo La Gacilly 2017
Du 3 juin au 30 septembre
56204 La Gacilly (Morbihan, Bretagne)
Tarif : gratuit (don possible contre un programme complet)
Informations pratiques sur le site du festival Photo La Gacilly

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