Nous avons déjà évoqué à l'occasion d'un précédent exercice photo à quel point le maniement des couleurs offre au photographe l'occasion d'exprimer des partis pris esthétiques forts et s'avère utile à la suggestion d'ambiances spécifiques. Notre approche se veut aujourd'hui plus pragmatique et s'appuie sur la théorie des couleurs et l'utilisation du cercle chromatique. Nous vous invitons évidemment à poster vos résultats en commentaires de cet article sur la page Facebook de Focus Numérique.

Le principe

Influante dans de nombreux arts visuels, la théorie des couleurs tente d'expliquer la manière dont nous percevons les couleurs et d'exploiter les émotions qu'elles font naître en nous. Elle utilise pour cela un cercle chromatique, c'est-à-dire une représentation circulaire des couleurs et des relations qu'elles entretiennent. Supposées agréables à l'œil humain, les combinaisons de couleurs qu'elle permet d'établir sont appelées harmonies de couleurs.

Photo : Cristina Gottardi.

Contrairement à la synthèse additive RVB (rouge, vert et bleu), ce cercle chromatique – tel qu'établi au XVIIIe siècle par Newton – érige le rouge, le jaune et le bleu au rang de couleurs primaires. Le vert, l'orange et le violet sont considérés pour leur part comme des couleurs secondaires, car créés à partir des couleurs primaires. Viennent enfin les couleurs tertiaires, créées quant à elles en mélangeant couleurs primaires et secondaires.

En pratique

Les couleurs opposées l'une à l'autre sur le cercle chromatique sont ainsi connues comme des couleurs complémentaires. On considère, par exemple, que le mariage du bleu et du jaune constitue un ensemble esthétique. Situées les unes à côté des autres sur le cercle chromatique, les couleurs analogues tirent leur intérêt du fait qu'elles constituent des ensembles souvent présents dans la nature – on peut ainsi penser à la palette de couleurs offertes par une forêt en automne, ou au contraire par un paysage marin.

Enfin, des ensembles de couleurs plus complexes peuvent être déterminés par le placement de figures géométriques sur un cercle chromatique. Le tracé d'un triangle équilatéral aide notamment à choisir des couleurs donnant lieu à un contraste visuellement agréable lorsqu'utilisées conjointement. Le rouge, le jaune et le bleu constituent un exemple de couleurs triadiques.

Photo : Park Dasol.

S'il peut être utile de mémoriser le cercle chromatique, certains outils numériques aident à identifier les harmonies de couleurs. Disponible en tant qu'app iOS et Android ainsi que par le biais d'une interface web, Adobe Color CC (anciennement Adobe Kuler) permet ainsi de créer des associations de couleurs selon les règles citées précédemment, mais aussi d'accéder à des thèmes créés par une communauté d'utilisateurs. Dans le cas de prises de vue faisant la part belle à la mise en scène, un tel outil permet ainsi de choisir consciencieusement le lieu de prise de vue et la tenue d'un modèle.

Conclusion

Photo : Robert Katzki.

Bien qu'il soit certainement illusoire de penser pouvoir appliquer la théorie des couleurs à toutes vos images, cette approche constitue néanmoins un outil photographique au même titre que la lumière ou la composition. Elle permet d'ailleurs de mieux comprendre ce qui nous séduit dans le travail des autres photographes, mais également des peintres et artistes visuels en tous genres.

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Paul Nicoué
Paul Nicoué

Rédacteur polymorphe. Chantre occasionnel de la photophonie, grand chambellan des accessoires photo et chevalier de l’ordre du degré Kelvin. Ses publications