Le potentiel narratif d'une photographie étant très largement dicté par son ambiance lumineuse, il est courant qu'une image soit en partie définie par le style d'éclairage qui la compose. Faisant partie de ces styles extrêmement populaires, l'effet low key exploite les zones sombres d'une photographie pour les incorporer à la composition de l'image et ainsi créer un aspect dramatique et mystérieux.

Voici quelques astuces qui vous aideront à vous exercer. Nous vous invitons bien sûr à poster vos résultats en commentaire de cet article sur la page Facebook de Focus Numérique.

Le principe

Une photographie low key est une photo comportant une majorité de tonalités sombres, mais sur laquelle subsistent quelques tons clairs — de façon à mettre en valeur le sujet principal. Ce style présente un subtil équilibre entre les niveaux d'exposition des éléments composant la scène photographiée et ne doit donc pas être confondu avec une simple sous-exposition générale. On notera de plus le lien de parenté entre low key et clair-obscur, cette dernière technique consistant — en photographie — à réaliser une image low key dont le sujet est éclairé de façon à mettre en valeur ses contours et ses courbes.

Photo : Zachary Nelson.

Du fait de ses propriétés relativement particulières, l'effet low key est principalement réalisé dans le cadre de portraits et dans des conditions d'éclairage artificiel. Si le nombre et le placement des sources lumineuses peuvent varier, les photographes de studio (dont le célèbre Studio Harcourt) sont ainsi nombreux à utiliser cette technique. Notez cependant que des conditions lumineuses adéquates peuvent également vous permettre de réaliser une photographie low key — un bon exemple consiste en une pièce uniquement éclairée par la lumière douce mais ponctuelle provenant d'une fenêtre.

En pratique

Concernant la pratique du low key en studio, nous ne substituerons pas ici au récent tutoriel dédié au sujet — que nous vous invitons donc à consulter. Tâchons cependant de rappeler qu'il n'est nullement besoin d'échafauder des plans d'éclairage complexes pour obtenir des résultats satisfaisants. Un fond sombre et une à deux sources lumineuses disposant de modeleurs afin de concentrer le faisceau de lumière se révèlent bien souvent suffisants pour obtenir le résultat escompté.

Photo : Clay Banks.

La pratique du low key en décor naturel présente quant à elle deux cas distincts : la seule utilisation de la lumière ambiante et la pratique du strobisme. Dans ces deux types de situations, il vous faudra choisir avec attention l'emplacement de votre sujet par rapport à la principale source d'éclairage, ainsi que votre angle de prise de vue, de façon trouver le juste équilibre entre tonalités sombres et claires (voir notre tutoriel "Réaliser une photo low key"). Comme souvent, nous vous conseillons de travailler en RAW ; les possibilités de retouche qu'octroie ce format vous permettront d'affiner en postproduction l'équilibre trouvé à la prise de vue.

Pour conclure

Photo : Matthew Wiebe.

Bien qu'elle comporte une majorité de tonalités sombres, souvenez-vous qu'une image low key doit impérativement comprendre des zones claires pour ne pas donner une impression de sous-exposition. Bien que l'éclairage du visage du sujet soit bien souvent à privilégier, sachez qu'il est également possible de mettre en valeur un élément qui lui est caractéristique, tel qu'une partie du corps ou un accessoire.

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Paul Nicoué

Rédacteur polymorphe. Chantre occasionnel de la photophonie, grand chambellan des accessoires photo et chevalier de l’ordre du degré Kelvin. Ses publications