Partie intégrante de la large discipline qu'est la photographie d'architecture, la photographie d'intérieur est bien entendu marquée par un souci de documentation doublé d'une exigence esthétique concernant l'agencement des formes et la maîtrise des lignes. Ne serait-ce que par la nature de l'espace photographié, capturer l'intérieur d'un bâtiment constitue cependant une expérience bien différente de la représentation de son extérieur.

Voici quelques astuces qui vous aideront à vous exercer. Nous vous invitons bien sûr à poster vos résultats en commentaire de cet article sur la page Facebook de Focus Numérique.

Le principe

Commençons par évoquer ce qui semble le plus évident : là où la photographie d'architecture en extérieur s'attache à représenter un objet ou un ensemble — parfois de taille imposante — et la manière dont il s'ancre dans l'espace urbain, la photographie d'intérieur a pour vocation de représenter un espace clos et la façon dont des objets (meubles et décorations variées) l'habitent.

En résultent, pour le photographe, des limitations dans sa liberté de déplacement et par conséquent dans les angles de prise de vue possibles. De plus, l'esthétique de la photographie capturée repose non seulement sur la structure général de l'intérieur du bâtiment (volumes, agencement des pièces, etc.), mais aussi sur son aménagement.

Photo : Jorgen Haland.

Que la pièce photographiée soit peuplée d'objets ou au contraire extrêmement dépouillée, l'état et l'agencement des éléments de décorations revêtent une grande importance dans la tonalité finale de l'image. S'il est rarement nécessaire de complètement réaménager une pièce, il est souvent bénéfique d'ajuster, déplacer ou supprimer des objets de façon à jouer sur leur mise en scène. Bien que l'échelle de représentation diffère, ce souci du détail et de la composition rapproche notamment la photographie d'intérieur de la photographie d'objets.

En pratique

Selon la configuration du lieu photographié, l'impact de la lumière naturelle peut être radicalement différent d'un moment à l'autre de la journée. S'il ne vous est pas possible de procéder à de véritables repérages, nous vous conseillons de surveiller la météo et d'obtenir des informations sur l'orientation des fenêtres. Notez qu'un soleil bas et un éclairage latéral souligneront les volumes et accentueront les ombres, tandis que l'éclairage uniforme d'un ciel gris permet bien souvent un meilleur équilibre entre l'éclairage intérieur et la lumière provenant de l'extérieur. L'utilisation de sources d'éclairage additionnelles est évidemment possible ; gardez toutefois à l'esprit qu'elles complexifient le dispositif de prise de vue.

Photo : Breather.

Comme dans tout domaine de la photographie d'architecture, la maîtrise de la perspective est cruciale. En plus de répondre aux problématiques liées à la petite taille de certains espaces, un objectif grand-angle ou très grand-angle (focale inférieure à 25 mm en 24x36) est le plus à même d'accentuer les lignes de fuite et de renforcer l'esthétique d'un intérieur. Attention cependant, car de tels objectifs constituent des armes à double tranchant : la déformation inhérente à l'utilisation de courtes focales peut déséquilibrer votre image et lui conférer un aspect irréaliste.

Plusieurs méthodes existent pour remédier à cet écueil : l'utilisation d'un trépied, d'un niveau (à bulle ou électronique) et d'une grille de composition — la plupart des appareils numériques disposent de cette option d'affichage — peuvent notamment vous aider à positionner votre appareil photo de façon à mieux contrôler les perspectives. À défaut d'investir dans un coûteux objectif à décentrement, les amateurs de reproduction fidèle pourront également redresser les perspectives en post-production grâce aux outils des différents logiciels de retouche (la fonction "Upright" de Lightroom en est un bon exemple).

Pour conclure

Photo : Alessio Lin.

Bien que la plupart des photographies d'intérieur adoptent une orientation horizontale, le format de l'image doit tout simplement être dicté par l'orientation de l'espace et les proportions des volumes à mettre en valeur. D'un point de vue général, de nombreux choix esthétiques et artistiques en vigueur en photographie d'intérieur sont des conséquences logiques des limitations de l'espace.

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Voir aussi

Paul Nicoué

Rédacteur polymorphe. Chantre occasionnel de la photophonie, grand chambellan des accessoires photo et chevalier de l’ordre du degré Kelvin. Ses publications 

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