Si la photographie d'architecture a bien entendu pour but de capturer des éléments statiques, ceux-ci s'ancrent bien souvent dans des environnements plus dynamiques. Jouer sur le temps d'exposition et adopter la pose longue peut ainsi souligner le contraste entre l'immobilité d'un bâtiment et le mouvement d'une foule de piétons, d'une myriade de voitures, ou tout simplement d'un ciel nuageux.

Voici quelques astuces qui vous aideront à vous exercer. Nous vous invitons bien sûr à poster vos résultats en commentaires de cet article sur la page Facebook de Focus Numérique.

Le principe

Tantôt discipline rigoureuse et documentaire, tantôt pratique créative, la photographie d'architecture peut aussi bien rendre compte de la réalité d'une construction que servir une vision plus personnelle. Dans les deux cas, le respect des règles de composition et la maîtrise de la perspective sont alors les meilleurs alliés du photographe. Pour parfaire ses images, ce dernier doit cependant prendre en compte le sujet architectura,l mais également les éléments qui l'entourent, que ceux-ci soient statiques ou en mouvement.

Photo : Denys Nevozhai.

Bien que la technique de la pose longue soit plus souvent utilisée dans le but de renforcer la beauté immuable de la nature, le principe de sa mise en œuvre reste le même en milieu urbain. Il convient en effet de choisir un temps de pose tel que la surface photosensible (capteur ou pellicule) de l'appareil photo se trouve exposée à la lumière pendant une durée variant de quelques secondes à plusieurs minutes. Les éléments statiques qui composent la scène photographiée apparaissent alors de façon nette, tandis que les autres éléments sont marqués par un flou de mouvement.

En pratique

Si la pratique de la pose longue implique le choix d'une très faible sensibilité ISO et d'une petite ouverture de diaphragme, l'adoption d'un temps de pose relativement long nécessite bien souvent l'utilisation d'un ou de plusieurs filtres à densité neutre. D'une densité équivalente à 3 diaphragmes, un ND8 peut par exemple permettre d'atteindre un temps de pose de quelques secondes et de capturer ainsi les mouvements d'une foule ou des nuages. D'une densité équivalente à 10 diaphragmes, un ND1024 peut quant à lui autoriser un temps de pose de plusieurs minutes et ainsi entraîner la disparition totale de certains sujets en mouvement.

Photo : Eugene Lim.

Dans les deux cas précédemment cités, l'utilisation d'un trépied est indispensable. De plus, ce dernier vous permettra de soigner les cadrages délicats que vous effectuerez avec votre objectif grand-angle — particulièrement adapté à la photographie d'architecture. Notez que si les réglages de la plupart des boîtiers ne permettent pas de dépasser un temps de pose de 30 s, le mode Bulb — également appelé pose B — permet de déclencher manuellement l'ouverture et la fermeture de l'obturateur. Toujours dans le but d'éviter tout mouvement de l'appareil photo, cette option nécessite l'emploi d'une télécommande permettant le déclenchement à distance.

Pour conclure

Photo : Matt Lamers.

Nous vous conseillons enfin de ne pas sous-estimer l'influence de la lumière naturelle — donc du moment de la journée choisi — sur la qualité esthétique des prises de vue résultantes. Si l'éclairage que procure un soleil bas accentue les volumes, notez au préalable l'orientation de la façade ou du sujet que vous souhaitez photographier, et prévoyez la présence d'ombres potentielles.

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Voir aussi :

Paul Nicoué

Rédacteur polymorphe. Chantre occasionnel de la photophonie, grand chambellan des accessoires photo et chevalier de l’ordre du degré Kelvin. Ses publications 

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