Si la notion de high key est difficilement traduisible en français, cette technique n'en demeure pas moins extrêmement populaire, notamment pour son potentiel narratif . Les photographes de tout poil s'y essaient ainsi pour tenter d'obtenir cette esthétique si particulière évoquant la douceur et la légèreté.

Voici quelques astuces qui vous aideront à vous exercer. Nous vous invitons bien sûr à poster vos résultats en commentaire de cet article sur la page Facebook de Focus Numérique.

Le principe

De même que le low key ne doit pas être considéré comme une simple sous-exposition, une photographie high key ne doit pas être confondue avec une image surexposée. La notion de high key désigne en réalité toute photo présentant une majorité de tonalités claires. Si ce qui suit ne constitue pas une condition sine qua non à la pratique de cette technique, ajoutons qu'une telle photo comporte bien souvent des couleurs partiellement ou complètement désaturées, tandis que les quelques éléments sombres sont généralement mis en valeur par l'esthétique générale.

Photo : Peter Radi.

L'ambiance légère et éthérée dégagée par une image high key est très largement marquée par notre culture de l'image et évoque ainsi bien souvent un bonheur ancré dans le passé, voire un sentiment de nostalgie. De nombreuses œuvres audiovisuelles utilisent ainsi cette technique — parfois de façon très accentuée — pour illustrer le procédé narratif du flashback. En photographie, la technique du high key est principalement utilisée en studio et s'associe ainsi à la photographie de mode et de portrait.

En pratique

Les diverses particularités de l'éclairage nécessaire au high key rendent de fait sa pratique plus aisée en studio : une lumière douce doit éclairer la scène photographiée de façon abondante et uniforme. Des modeleurs tels que des boîtes à lumière et des parapluies permettent ainsi d'obtenir un éclairage diffus de façon artificielle, tandis que la pratique du high key en extérieur nécessite de prêter attention aux conditions météorologiques pour disposer du même type de lumière de façon naturelle. Pour peu qu'il soit assez lumineux, un ciel gris et nuageux peut ainsi procurer une lumière uniforme propice au high key.

Photo : Lee Hisu.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser de prime abord, une telle technique n'est cependant pas seulement basée sur la maîtrise des sources lumineuses. Pour renforcer l'effet esthétique désiré, le décor, les vêtements du modèle et les différents éléments de la scène photographiée doivent être les plus clairs possible. Le photographe de studio préférera ainsi travailler avec un fond blanc, et les environnements extérieurs enneigés ou comportant de grandes étendues d'eau s'avèrent les plus propices à la pratique du high key.

Pour conclure

Photo : Juhku.

Nous vous conseillons une fois de plus de travailler en RAW de façon à bénéficier des possibilités qu'offre un tel format d'image lors de la phase de retouche. S'il est ainsi possible de renforcer les tons clairs en postproduction, prenez garde à conserver des détails de façon à éviter la surexposition. Pour ce faire, la visualisation de l'histogramme correspondant à votre image demeure la meilleure solution.

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Paul Nicoué

Rédacteur polymorphe. Chantre occasionnel de la photophonie, grand chambellan des accessoires photo et chevalier de l’ordre du degré Kelvin. Ses publications