Alors que le débat entre photographie argentique et numérique s’anime et s’animera éternellement, étudions une alternative combinant deux univers, celui de la photographie instantanée et celui du numérique avec l'association ou la juxtaposition des deux supports. Il s’agit là d’une technique créative de mise en abyme de deux époques et un moyen original de partager vos meilleurs clichés instantanés sur les réseaux sociaux. Nous vous invitons évidemment à poster vos résultats en commentaires de cet article sur la page Facebook de Focus Numérique.

Le principe

Après être tombée en désuétude au début des années 2000 avec la démocratisation du numérique et, comme tout un symbole du temps qui passe, la faillite de Polaroid, maison mère du film instantané qui en cessera la production en 2008, cette pratique a fini par renaître de ses cendres il y a quelques années. Ce sont quelques passionnés (Impossible Project devenu Polaroid Originals) et Fujifilm qui ont ainsi relancé la production de films et d’appareils type Polaroid pour notre plus grand plaisir.

Photo : Ellie Adams.

Problème, à l’heure du numérique et des réseaux sociaux, que faire et surtout comment partager de manière la plus intéressante possible ses meilleurs clichés sur support papier ? Grâce à la juxtaposition de l’instantané et du numérique, vous trouverez un moyen plus original qu’un simple scan pour les transférer sur Internet, mais vous offrirez également une nouvelle lecture à votre composition en re-contextualisant votre image première dans un cadre plus large. De quoi redonner une nouvelle jeunesse et intégrer la photographie instantanée dans l’ère du temps.

En pratique

Comme souvent quand il s’agit de matériel argentique, et qui plus est d’appareils instantanés, ce ne sont pas les caractéristiques techniques qui guideront votre choix (réglages souvent très limités, voire inexistants, exposition et cadrages approximatifs), mais plutôt une question d’affinité esthétique et de format de film. Pour la partie numérique, bien souvent l’appareil photo de votre smartphone sera suffisant, même si un hybride et un reflex, bien que beaucoup plus encombrants, fonctionnent tout aussi bien.

Il ne vous reste plus qu’à prendre en photo un premier sujet à l’aide de votre appareil instantané et, une fois cette première photo révélée sur le film, à l’aide de votre appareil numérique, reproduire le même cadrage, mais cette fois en tenant le premier cliché du bout des doigts pour l’insérer au premier plan tout en essayant de l’intégrer au mieux dans votre composition.

Photo : Samuel Boivin.

Techniquement, cette pratique est accessible à tous, mais afin d’obtenir un résultat satisfaisant, il faudra dépasser la difficulté de la prise de vue instantanée parfois hasardeuse, et le fait qu’un élément du cadre ou encore la lumière peuvent changer le temps que la première photo se révèle. Ce sont ces principaux facteurs qui font de cette pratique en apparence simple une chose plus complexe qu’elle n’en a l’air.

Mais encore une fois, c’est surtout votre capacité à anticiper le rendu de la juxtaposition et votre créativité qui définiront vos limites, le reste s’obtiendra à l’aide de quelques cartouches de films parfois onéreux et d’une bonne dose de patience pour atteindre le résultat souhaité.

Conclusion

Photo : Felipe P. Lima Rizo.

Si la photographie instantanée est pour beaucoup une technique empreinte du passé, elle est aussi une pratique pleine de nostalgie et symbole d’une époque révolue par l’arrivée du numérique, beaucoup plus instantané que le Polaroid. Pour autant, la technique de la juxtaposition d'images instantanées et numériques fait revenir de plain-pied cette technologie dans l’ère de l’immédiateté, lui permettant de se faire une place sur toutes les plateformes numériques en vous offrant des possibilités créatives et une nouvelle lecture de votre photographie.

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Samuel Boivin
Samuel Boivin

Grand reporter spécialiste du Val-de-Marne, se revendique d'Albert Londres, Günter Wallraff et autres Robert Namias. Ses publications