Nous comparons aujourd'hui deux versions d'un objectif incontournable pour nombre de photographes : le zoom 70-200 mm. Nous opposons donc la dernière version de Tamron, le SP 70-200 mm f/2,8 Di VC USD G2 à la dernière version Nikon, le Nikkor AF-S 70-200 mm f/2,8 E FL ED VR.

Test - 10/05
Tamron SP 70-200 mm f/2,8 Di VC USD G2
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Test - 08/03
Nikon Nikkor AF-S 70-200 mm f/2,8 E FL ED VR
Nikkor AF-S 70-200 mm f/2,8 E FL ED VR
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PRÉSENTATION

Ces deux objectifs sont très récents. Le Nikon date du mois d'octobre 2016 et le Tamron a été annoncé à l'occasion de l'édition 2017 du CP+.

À propos du Nikon

Difficile de révolutionner ce genre d'objectifs ! Nikon propose cependant une très belle amélioration (presque sur tous les plans) de son 70-200 mm. Niveau prise en main, l'objectif est avant tout plus léger. Comptez 1,43 kg, contre 1,54 kg pour la version précédente. Cette perte de poids est notamment due à l'utilisation d'une lentille en fluorine, qui améliore également la gestion des aberrations chromatiques. Pour plus de praticité, Nikon a de plus inversé les bagues de zoom et de mise au point manuelle. La protection a aussi été améliorée grâce à l'utilisation de joints d'étanchéité sur toutes les parties mobiles et à un traitement au fluor sur la lentille frontale. Enfin, on retrouve aussi des boutons personnalisables, comme sur les "gros" téléobjectifs.

Nikkor AF-S 70-200 mm f/2,8 E FL ED VR.

Pour ce qui est de la formule optique, on passe à 22 lentilles réparties en 18 groupes avec 6 verres ED, 1 verre en cristal de fluorine et 1 verre HRI. On retrouve aussi le traitement Nano Cristal pour limiter le flare et les images fantômes.

Enfin, l'objectif jouit d'un diaphragme électromagnétique circulaire à 9 lamelles capable de s'adapter instantanément lors de prises de vues en rafale. Un mode de stabilisation optique VR Sport, conçu pour les sujets en mouvement, permettrait de gagner jusqu'à 4 IL. On retrouve également de nouveaux algorithmes autofocus qui améliorent le suivi des sujets en mouvements.

À propos du Tamron

Au programme : un nouveau design, une nouvelle ergonomie, une meilleure stabilisation, une nouvelle formule optique, un meilleur autofocus, etc. Beau programme donc ! Ce nouveau 70-200 mm reprend les codes esthétiques des dernières optiques Tamron en gamme SP — un nouveau design introduit sur les SP 35 mm f/1,8 VC et SP 45 mm f/1,8 VC, puis décliné sur le SP 85 mm f/1,8 VC, le SP 90 mm f/2,8 VC et récemment le 150-600 mm f/5-6,3 VC.

La formule optique évolue, mais reste basée sur ce qui avait été fait pour la première génération du 70-200 mm. On retrouve donc 23 lentilles réparties en 17 groupes. L'utilisation d'un verre XLD et de plusieurs verres LD limite les aberrations chromatiques. Tamron annonce une qualité d'image uniforme, même sur les bords ; le flare serait pour sa part minoré par l'emploi d'un revêtement eBand (extended Bandwidth and Angular-Dependency).

Tamron SP 70-200 mm f/2,8 Di VC USD G2.

La stabilisation, améliorée, est désormais capable de compenser jusqu'à 5 IL (selon la norme CIPA) en mode VC 3. Pour rappel, ce mode, qui équipe également le 150-600 mm, donne priorité à la stabilisation à la capture plutôt qu’à la visée. Bien entendu, on retrouve aussi les modes 1 (standard) et 2 (filé). Selon le constructeur, l'autofocus a également été amélioré pour être plus rapide et plus silencieux. Bon point, la distance de mise au point minimale a été raccourcie. Elle est désormais de 0,95 m, ce qui améliore le coefficient de grossissement (0,16x).

Enfin, niveau protections, Tamron utilise 9 joints d'étanchéité et un revêtement au fluor sur la lentille frontale. Notons également qu'il est compatible avec les convertisseur 1,4x et 2x, ce qui permet d'augmenter significativement la focale maximale de l'objectif au détriment de la luminosité captée (perte d'un ou deux diaphragmes).

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CARACTÉRISTIQUES : ÉGALITÉ

Si on compare les fiches techniques de ces deux objectifs, on se rend compte qu'ils proposent tous deux la même chose en termes de fonctionnalités : une plage de zoom 70-200 mm, une ouverture constante f/2,8 avec diaphragme à 9 lamelles, une stabilisation optique, une protection contre les intempéries. Ils disposent tous deux d'à peu près les mêmes mensurations et du même nombre d'éléments ( 22 éléments en 18 groupes pour le Nikon et 23 éléments en 17 groupes pour le Tamron). La distance minimale de mise au point du Tamron est légèrement plus avantageuse avec 0,95 m contre 1,1 m sur le Nikon.

Impossible de les départager sur la fiche technique : égalité !

PRISE EN MAIN : AVANTAGE NIKON

Ces deux objectifs disposent d'une conception similaire : mêmes mensurations, encombrement constant, bague de zoom située vers l'extérieur, interrupteurs de commande (stabilisation, limitateur de plage de mise au point, autofocus), construction protégeant des intempéries, collier de fixation sur trépied.

Niveau design, les deux constructeurs se différencient cependant. Avec sa nouvelle formule, le modèle Tamron joue la carte de l'élégance et de la discrétion. Nikon, pour sa part, joue la carte de la technique. Même si nous aimons le design des nouvelles optiques Tamron, notre préférence va au modèle Nikon. Un objectif de ce type est conçu pour le terrain ; un design technique nous semble donc plus adapté.

Pour ce qui est des bagues de réglage, celles du Nikon sont très bien abouties. La bague de zoom est très large et confortable à utiliser. La course est modérée : il sera très rapide de passer de 70 à 200 mm. La bague est d'une "légèreté" déconcertante et se révèle donc un peu trop fluide. La bague de mise au point manuelle est un peu plus étroite ; sa course est également modérée et on dispose de repères de butée pour signifier la distance de mise au point minimale et l'infini. Sa fluidité est parfaite.

Nous sommes un peu moins convaincus par les bagues de réglage du modèle Tamron (en particulier celle de zoom). La bague de mise au point manuelle est proche de la perfection. Sa fluidité est parfaite (ni trop lourde, ni trop souple) et on dispose de repères de butées aux extrémités (distance minimale de mise au point et infini). La course est assez modérée, même s'il faudra s'y prendre à deux reprises pour basculer d'une extrémité à l'autre. La bague de zoom est par contre plus décevante. Elle est un peu trop dure et manque de souplesse. Au final, on se retrouve avec un manque de précision. Par contre, la course est très petite, ce qui permet de passer en un tour de main du 70 au 200 mm.

Panneau de contrôle du modèle Tamron.

D'un point de vue ergonomique, nous saluons l'idée de Nikon d'intégrer 4 boutons auquels il est possible d'attribuer une fonction (grâce à un interrupteur) d'activation ou de mémorisation de la mise au point. Enfin, le collier de fixation sur trépied, bien qu'encore imparfait, est mieux abouti sur le modèle Nikon que sur le modèle Tamron.

Panneau de contrôle du modèle Nikon.

C'est grâce à ces quelques petits détails que Nikon remporte le duel de la prise en main.

TESTS LABO : AVANTAGE NIKON

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à l'autre, d'une focale à l'autre et d'une ouverture à l'autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

Nous avons testé le modèle Nikon avec un D810 (équipé d'un capteur de 36 Mpx) et le modèle Tamron avec un EOS 5DsR (équipé d'un capteur de 50 Mpx). Dans un souci de comparaison, nous avons décidé de sous-échantillonner nos images de tests réalisées avec le 5DsR pour adopter la définition du D810 (7 380 x 4 928 px).

Pour le modèle Nikon

Au labo, ce 70-200 mm est très impressionnant... du moins au-delà de 70 mm ! En effet, à la focale la plus large, les images obtenues souffrent d'un important manque d'homogénéité entre le centre, les côtés et les coins. Ce phénomène s'amenuise au fur et à mesure que l'on ferme le diaphragme, mais il est impossible d'obtenir une image parfaitement homogène à cette focale. Le piqué au centre est par contre très prononcé dès la plus grande ouverture. Il monte progressivement et arrive à son apogée à f/8 et f/11. Au-delà, il baisse pour cause de diffraction.

Malgré des défauts d'homogénéité, le comportement général de l'objectif à 70 mm est tout à fait cohérent. Les choses s'améliorent franchement à partir de 100 mm, avec des images très piquées et homogènes dès f/2,8. Il en va de même à 135 et 200 mm ; rien à redire, c'est parfait.

Pour le modèle Tamron

Les résultats de nos tests sur mire nous montrent que ce 70-200 mm est bon, sans pour autant être excellent. L'objectif souffre d'un manque d'homogénéité entre le centre et les bords aux plus grandes ouvertures, et ce de 70 à 135 mm. Ceci étant, ce phénomène s'amenuise au fur et à mesure que l'on ferme le diaphragme. C'est au 70 mm qu'il est le plus important. Dès f/5,6, l'objectif délivre donc des images très homogènes avec un bon niveau de piqué. C'est à f/8 que ce zoom délivre le meilleur de lui même. Passé cette ouverture, le piqué commence à légèrement baisser de manière générale. La diffraction fait son apparition à partir de f/11. Chapeau au 200 mm : à cette focale, l'objectif est parfaitement homogène de f/2,8 à f/11.

Testé avec Imatest

Dans l'ensemble, le modèle Nikon délivre des images plus piquées que le modèle Tamron. Il en va de même au niveau de l'homogénéité des images (surtout aux grandes ouvertures, mais à l'exception de la focale de 70 mm). Le Nikon sort donc victorieux de nos tests en laboratoire.

TESTS TERRAIN : AVANTAGE NIKON

La focale

Une focale correspond à un angle de champ — ou angle de vision — couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l’on obtient avec un 70-200 mm monté sur un appareil plein format 24x36. La plage de focales étendue rend un tel objectif particulièrement bien adapté à la photo animalière ou sportive. C'est également un objectif redoutable en situation de portrait, pour des effets de profondeur de champ marqués et des perspectives écrasées. Utilisé sur un reflex équipé d'un capteur APS-C, un 70-200 mm devient un équivalent 105-300 mm (coefficient de conversion de 1,5x pour Nikon).

Au 70 mmAu 70 mm
Au 200 mmAu 200 mm

Ces deux objectifs 70-200 mm disposent d'une ouverture constante f/2,8. Un objectif couvrant une plage de focales similaire existe également en version f/4 chez Nikon. L'intérêt majeur d'un objectif à ouverture constante est la possibilité de pouvoir photographier dans les mêmes conditions quelque soit la focale utilisée. Cette généreuse ouverture de f/2,8 permet de plus de jouer avec la profondeur de champ et d'être à l'aise dans des conditions de faible luminosité.

Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Sur le modèle Nikon, le vignetage est très léger et uniquement visible à f/2,8. Il est beaucoup plus présent sur le modèle Tamron et s'observe aux plus grandes ouvertures et à toutes les focales. C'est à la plus grande ouverture qu'il est le plus prononcé — ceci est d'autant plus vrai alors que l'on s'approche de 200 mm. Dans l'ensemble, il faut fermer à f/8 pour le faire totalement disparaître.

Nikon @ 70 mm f/2,8Nikon @ 70 mm f/2,8
Tamron @ 70 mm f/2,8Tamron @ 70 mm f/2,8
Nikon @ 200 mm f/2,8Nikon @ 200 mm f/2,8
Tamon @ 200 mm f/2,8Tamon @ 200 mm f/2,8

Les distortions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Même si ces phénomènes sont moins visibles et moins problématiques que sur des focales très larges, il sont tout de même bien présents. Sur ce point, le modèle Nikon présente moins de distorsions que le modèle Tamron. Sur ce dernier, elles restent tout de même assez faibles et pourront se corriger sans peine en postproduction avec un logicier de développement RAW ou de retouche d'images.

Nikon @ 70 mmNikon @ 70 mm
Tamron @ 70 mmTamron @ 70 mm
Tamron @ 100 mmTamron @ 100 mm
Nikon @ 200 mmNikon @ 200 mm

Le bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou — notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses — sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

L'ouverture constante f/2,8 que propose ces objectifs est une arme redoutable pour les effets de bokeh. Il est très facile de détacher un sujet principal de son arrière-plan en privilégiant la plus grande ouverture, une longue focale et une distance de mise au point contenue.

70 mm @ f/2,870 mm @ f/2,8
200 mm @ f/2,8200 mm @ f/2,8

La stabilisation optique

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micromoteurs qui lui permet d’être mobile, c’est-à-dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale. Ces micromoteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres mouvements de l’objectif (et donc du bras du photographe), et les compense afin de les corriger. Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas et les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique : c’est comme si on n’avait pas bougé.

Ces deux objectifs sont naturellement dotés d'une stabilisation optique permettant de limiter le phénomène de flou de bougé du photographe. Dans les deux cas, nous avons testé la stabilisation à 200 mm, à main levée et sur un sujet positionné à environ 3 mètres. Nous avons choisi un mode qui compense aussi bien les mouvement verticaux qu'horizontaux (mode 1 chez Tamron, mode Normal chez Nikon). Les deux objectifs sont également capables de travailler uniquement avec la stabilisation verticale pour réaliser des filés. Nous avons réussi à réaliser une image nette à 1/25 s avec chaque objectif, ce qui représente un gain de 3 IL. Cependant, on sent bien que l'on pourrait augmenter encore un peu le temps de pose avec le modèle Nikon.

Stabilisation TamronStabilisation Tamron
Stabilisation NikonStabilisation Nikon

Le Nikon sort une nouvelle fois en tête de cette partie du duel. Nous lui donnons l'avantage pour sa meilleure gestion des aberrations sphériques, du vignetage et pour sa stabilisation légèrement plus performante que celle du Tamron.

VERDICT : Nikkor AF-S 70-200 mm f/2,8 E FL ED VR

C'est le modèle Nikon qui sort vainqueur de ce duel. En effet, cet objectif dispose d'une meilleure prise en main, délivre une meilleure qualité d'image et dispose d'une stabilisation optique plus efficace. Cependant attention : ces avantages ont un coût, et non des moindres. Le modèle Nikon est proposé aux alentours des 3 100 €, soit près de 1 500 € plus cher que la version Tamron qui se trouve pour sa part aux alentours des 1 600 €. Est-ce que les avantages du modèle Nikon valent cet écart de prix ? Si cela dépend des usages de chacun, la majorité des photographes pourront certainement se contenter de l'option la moins onéreuse. Pour les budget limités, la version Tamron reste donc une très bonne solution. Ceux qui veulent le meilleur devront quant à eux mettre la main au portefeuille.

Nikon Nikkor AF-S 70-200 mm f/2,8 E FL ED VR

Impossible de ne pas recommander ce nouveau 70-200 mm f/2,8 signé Nikon !

Nikkor AF-S 70-200 mm f/2,8 E FL ED VR
Priceminister 2119,64 €
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Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

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