Suite à l'annonce et au test du nouveau 45 mm f/1,2 en gamme M.Zuiko Digital ED PRO d'Olympus, l'envie était trop forte de le confronter au 42,5 mm f/1,2 Panasonic signé Leica. Ces deux objectifs sont évidemment en monture Micro 4/3 et fonctionnent aussi bien sur un hybride Olympus que sur un hybride Panasonic. Pour rappel, le 42,5 mm de Panasonic a été annoncé il y a déjà quelques années – en 2014 pour être exact.

Test - 17/01/2014
Panasonic Leica DG Nocticron 42,5 mm f/1,2 ASPH
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Caractéristiques : avantage Panasonic

Sur le papier, ces deux objectifs se ressemblent, mais sont en réalité assez différents. Ils disposent déjà tous deux d'une ouverture maximale ultra lumineuse de f/1,2 sur une focale dédiée au portrait équivalent à 90 mm pour Olympus et 85 mm pour Panasonic. Le modèle Olympus bénéficie d'une formule optique plus ambitieuse que le Panasonic (14 lentilles en 10 groupes contre 14 lentilles en 11 groupes), mais le modèle Panasonic intègre pour sa part une stabilisation optique.

Nous sommes en droit de nous demander à quoi bon cette stabilisation peut servir avec des boîtiers déjà stabilisés au niveau de leur capteur. Pour commencer, en 2014, tous les hybrides concernés par ce 42,5 mm n'étaient pas forcément stabilisés. Depuis, Panasonic a intégré une technologie de double stabilisation (Dual IS). L'idée est de combiner à la fois la stabilisation optique, qui fonctionne sur 2 axes (gauche-droite/haut-bas), et la stabilisation mécanique, qui fonctionne sur 4 axes (sans doute gauche-droite, haut-bas et les mouvements angulaires de tangage et lacet).

Pour ce qui est des mensurations, ces deux objectifs se valent : le Panasonic est très légèrement plus lourd de 15 g et dispose d'un diamètre un peu plus imposant de 4 mm. Le modèle Olympus, quant à lui, est plus long de 8 mm.

Sur le plan des caractéristiques, notre préférence va au modèle Panasonic pour sa focale équivalente exactement à un 85 mm (focale reine en portrait) et la présence d'une stabilisation optique.

OLYMPUS M.ZUIKO DIGITAL ED 45 MM F/1,2 PRO PANASONIC LEICA DG NOCTICRON 42,5 MM F/1,2 ASPH
MONTURE Micro 4/3 Micro 4/3
FORMAT COUVERT Micro 4/3 Micro 4/3
PLAGE FOCALE 45 mm 42,5 mm
ÉQUIVALENT 24X36 SUR CAPTEUR APS-C 90 mm 85 mm
OUVERTURE MAXIMALE f/1,2 f/1,2
OUVERTURE MINIMALE f/16 f/16
DISTANCE DE MISE AU POINT 0,5 m 0,5 m
NOMBRE DE LAMELLES DU DIAPHRAGME 9 9
CONSTRUCTION 14 lentilles réparties en 10 groupes 14 lentilles réparties en 11 groupes
ÉLÉMENTS SPÉCIFIQUES NC 2 lentilles asphériques, 1 lentille ED, 1 lentille UHR
ÉCHELLE DES DISTANCES Non Non
RAPPORT DE REPRODUCTION 0,2X 0,1X
MOTORISATION Oui Oui
STABILISATION Non Oui
DIMENSIONS 84,9 x 70 mm 76,8 x 74 mm
DIAMÈTRE FILTRE 62 mm 67 mm
POIDS 410 g 425 g
PARE-SOLEIL Oui Oui
ÉTUI SOUPLE Oui Oui

Prise en main : avantage Olympus

Ces deux objectifs jouissent d'une excellente qualité de fabrication (construction métal), d'un design soigné (sobre et élégant sur le Panasonic, plus technique sur l'Olympus) et d'une très bonne prise en main. Il va donc être assez difficile de les départager compte tenu du fait qu'ils présentent également les mêmes “mensurations”.

Nous donnons néanmoins l'avantage à Olympus sur la prise en main pour plusieurs raisons. La première est que l'objectif est particulièrement bien armé contre les intempéries et les conditions “extrêmes de prises de vue”. La seconde tient à la bague de mise au point manuelle. Olympus a réutilisé une nouvelle fois le système de bascule de la mise au point manuelle à l'autofocus en actionnant l'ensemble de la bague. En position manuelle, des repères de mise au point apparaissent. La course est limitée et dispose de réelles butées. La friction, elle, est parfaite : ni trop dure, ni trop souple.

Panasonic, qui a eu la merveilleuse idée de prévoir une bague de réglage manuelle de diaphragme, aurait pu l'emporter, mais cette dernière n'est pas à la hauteur de nos espérances. Elle est au final peu agréable à utiliser, car trop souple et manquant de caractère.

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Tests labo : avantage Olympus

Nous avons testé les deux objectifs avec un Panasonic Lumix GX8 R au capteur Micro 4/3 de 20 Mpx d'une définition de 5 200 x 3 904 px. Chaque pixel mesure donc 3,3 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/8-f/11 !

Notre test du Panasonic commence à dater (2014)… Afin de pouvoir comparer des choses comparables, nous avons fait revenir un exemplaire et l'avons passé sur notre nouvelle scène test et nos nouveaux protocoles de mesures Imatest.

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Testé avec Imatest.

Les deux objectifs ont le même type de comportement. Le niveau de piqué augmente à mesure que l'on ferme le diaphragme jusqu'à f/4-f/5,6 pour ensuite redescendre jusqu'à f/16. Aux plus petites ouvertures, la limite d'utilisation des images est de f/11. Le Panasonic a l'avantage de disposer d'une quasi parfaite homogénéité entre le centre et les 2/3 des images à toutes les ouvertures. Les bords extrêmes sont en revanche assez en retrait, et ce dans presque toutes les configurations – assez peu d'améliorations sur ce point en fermant le diaphragme. La non homogénéité est beaucoup plus importante sur le modèle Olympus aux plus grandes ouvertures, et l'objectif a donc un rendu très doux. Néanmoins, ce “défaut” se tasse à mesure que l'on ferme le diaphragme, mais il reste cependant assez fort à presque toutes les ouvertures.
Force est de constater aussi que le modèle Olympus procure des images beaucoup plus piquées dans l'ensemble. C'est valable évidemment au centre dès la plus grande ouverture, mais aussi pour les 2/3 des images aux ouvertures moyennes.

L'objectif d'Olympus prend donc l'avantage de la partie labo !

Notre scène test et les zones d'intérêt.

Panasonic Leica 42,5 mm f:1,2 @ f:1,2Olympus 45 mm f:1,2 @ f:1,2
Panasonic Leica 42,5 mm f:1,2 @ f:5,6Olympus 45 mm f:1,2 @ f:5,6

Retrouvez toutes les planches sur les tests respectifs des deux objectifs. Vous avez également la possibilité de télécharger l'ensemble des images de tests en JPEG et RAW haute définition.

Tests terrain

Voici ce que l’on obtient avec un 45 mm monté sur un boîtier Micro 4/3. En prenant en compte un coefficient de conversion de 2, on obtient un équivalent 90 mm en 24x36 mm. Avec un 42,5 mm, on obtient un 85 mm. Ce type de focale est particulièrement adapté au portrait, mais peut aussi s'avérer utile dans certains cas, du paysage et du reportage par exemple.

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OlympusOlympus
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OlympusOlympus

Bon point, dans les deux cas, vous pouvez oublier les distorsions.

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OlympusOlympus

Niveau vignetage, les deux objectifs se valent : celui-ci est bien présent, mais finalement assez discret. On le ressent principalement aux plus grandes ouvertures et il devient négligeable à partir de f/2,8. Il est très “entrant”, mais assez faible. On le corrigera sans peine, si nécessaire, en post-production.

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OlympusOlympus

Bien entendu, avec un Micro 4/3, on ne peut pas espérer les mêmes rendus de bokeh, ni la même profondeur de champ qu'avec un capteur 24x36 mm. Cependant, avec une ouverture maximale de f/1,2, ils se défendent tout à fait ! Le bokeh est doux et subtil. C'est un réel plaisir à l'œil et à l'usage, mais attention à la précision de la mise au point – à f/1,2 sur un équivalent 85 ou 90 mm, la profondeur de champ est très courte.

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OlympusOlympus
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OlympusOlympus

Avec le 42,5 mm, équivalent donc à un 85 mm, nous avons obtenu une image nette à main levée au 1/20e de seconde (avec un GX7 sans double stabilisation à l'époque). Ce stabilisateur optique permet donc de gagner 2 IL par rapport au temps de pose théorique (inverse de la focale 24x36 mm) 1/80e de seconde.

Retrouvez l'ensemble des galeries terrain sur les tests respectifs des deux objectifs. Vous avez également la possibilité de télécharger l'ensemble des images de tests en JPEG et RAW haute définition.

Verdict : Olympus

Olympus M. Zuiko Digital ED 45 mm f/1,2 PRO

Voilà un objectif qui fera le bonheur des portraitistes en quête d'effets de profondeur de champ marqués avec leur hybride Micro 4/3. Mais force est de constater que ce 45 mm procure des images très (trop) douces sur les bords. La qualité de fabrication et la prise en main sont proches de la perfection.

Il n'y a actuellement aucune offre.

C'est donc le dernier modèle Olympus qui remporte ce duel, et ce pour plusieurs raisons. Au niveau de sa construction d'abord et de sa prise en main… L'objectif est particulièrement bien armé pour être utilisé dans des conditions de prises de vue délicates, et sa bague de mise au point manuelle (qui a du sens sur un hybride équipé de focus peaking) frôle la perfection. En ce qui concerne la qualité optique, il délivre des images beaucoup plus piquées que le modèle Panasonic, bien qu'avec ce dernier les images soient plus homogènes. Le rendu est donc plus doux, ce qui peut être un avantage pour un objectif conçu avant tout pour du portrait.

Annoncé à 1 299 €, le modèle Olympus est positionné à peu de chose près au même prix que le modèle Panasonic. La stabilisation optique intégrée dans ce dernier ne fait pas ici la différence compte, car une “simple” stabilisation capteur est déjà bien efficace à main levée.

Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications