Nous comparons aujourd'hui deux versions d'un objectif incontournable pour bon nombre de photographes : le zoom grand-angle à ouverture constante f/2,8. Nous opposons le modèle Tamron, le SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD au Nikon AF-S Nikkor 14-24 mm f/2,8G ED. Ce n'est pas la seule solution en monture Nikon native puisqu'il existe aussi le Sigma Art 14-24 mm f/2,8 DG HSM et le Tokina 16-28 mm f/2,8 AT-X PRO FX.

Test - 03/05
Nikon AF-S Nikkor 14-24 mm f/2,8 G ED
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Test - 11/03/2015
Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD
SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD
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Caractéristiques : avantage Tamron

Ces deux objectifs se ressemblent en plusieurs points. Ce sont tous deux des zooms grands-angles équipés d'une ouverture constante f/2,8. Ils ont à peu près le même type de gabarit avec un bon kilogramme sur la balance, une longueur de plus ou moins 14 cm (pare-soleil fixe pour protéger la lentille frontale) et un diamètre de moins de 10 cm. Leur distance de mise au point minimale est de 28 cm. Côté construction, on est sur 18 lentilles réparties en 13 groupes pour le modèle Tamron (dont 1 lentille asphérique) contre 14 lentilles réparties en 11 groupes pour le modèle Nikon (dont 3 lentilles asphériques).

Ils diffèrent aussi sur plusieurs aspects : la focale pour commencer ! Le Nikon est un 14-24 mm qui se mariera parfaitement avec un 24-70 mm. Le modèle Tamron, pour sa part, est un peu moins large (15 mm) et monte jusqu'au 30 mm (doublon du 24 au 30 mm avec un 24-70 mm). Sur ce point, il est vrai qu'une plage de focales plus importante est plutôt un avantage, même si l'ultra grand-angle 14 mm fait rêver. Notez aussi la présence sur le modèle Tamron d'une stabilisation optique dont l'intérêt peut sembler anecdotique sur un zoom grand-angle, mais qui a le mérite d'exister.

Pour information, nous avons lancé un petit sondage il y a quelques jours. Sur environ 1 800 votants, 64 % préfèrent un 16-35 mm (ou 15-30 mm dans notre cas ici) et 36 % jettent leur dévolu sur un 14-24 mm. Compte tenu de ces éléments, l'avantage va au modèle Tamron pour ce qui est des caractéristiques.

TAMRON SP 15-30 MM F/2,8 DI VC USD NIKON AF-S NIKKOR 14-24 MM F/2,8 G ED
MONTURE Canon EF, Nikon F, Sony A Nikon F
FORMAT COUVERT 24x36 mm 24x36 mm
PLAGE FOCALE 15-30 mm 14-24 mm
ÉQUIVALENT 24X36 SUR CAPTEUR APS-C 22,5-45 mm 21-36 mm
OUVERTURE MAXIMALE f/2,8 f/2,8
OUVERTURE MINIMALE f/22 f/22
DISTANCE DE MISE AU POINT 0,28 m 0,28 m
NOMBRE DE LAMELLES DU DIAPHRAGME 9 9
CONSTRUCTION 18 lentilles réparties en 13 groupes 14 éléments répartis en 11 groupes
ÉLÉMENTS SPÉCIFIQUES Verres LD (faible dispersion), 1 module XGM (eXamded Glass Molded Aspherical), traitements eBand et Bbar (Broad-Band Anti-Reflection) 2 lentilles en verre ED, 3 lentilles asphériques et 1 lentille à traitement nanocristal
ÉCHELLE DES DISTANCES Oui Oui
RAPPORT DE REPRODUCTION 0,2x 0,15x
MOTORISATION Oui Oui
STABILISATION Oui Non
DIMENSIONS 98,4 x 145 mm 98 x 131,5 mm
DIAMÈTRE FILTRE N.A N.A
POIDS 1,1 kg 1 kg
PARE-SOLEIL Oui, fixe Oui, fixe
ÉTUI SOUPLE Non Oui

Prise en main : égalité

Ces deux zooms ultra grands-angles sont tous deux assez imposants par leurs dimensions et poids. Utilisés sur un reflex du calibre d'un D850, c'est juste ! L'usage d'un grip pour rééquilibrer l'ensemble peut être une bonne idée pour de très longues séances de prise de vue à main levée. Sur la balance, comptez environ 1 kg dans les deux cas. Ils mesurent tous deux un peu moins de 10 cm de diamètre pour une longueur (fixe) de plus ou moins 14 cm. Côté design, Nikon, comme à son habitude, a fait dans le brillant (bagues et inscriptions dorées) et technique. Tamron a opté sur cette version pour la sobriété et la discrétion. Dans les deux cas, on retrouve une construction autour d'un corps en polycarbonate noir mat légèrement texturé (un peu moins sur le modèle Tamron). Ces deux modèles sont évidemment conçus pour le terrain et sont “tropicalisés”.

IMG_5804-2
IMG_6031

Les bagues de réglage sur ces deux objectifs ne sont pas parfaites et présentent des avantages et des défauts. Quoi qu'il en soit, dans les deux cas pour le zoom, la course est modérée et la bague large et confortable. Pour la mise au point, on dispose de repères de butée aux extrémités. Sur le modèle Tamron, la fluidité de la bague de mise au point manuelle est excellente, alors que sur le modèle Nikon elle est un peu trop souple. À l'inverse, sur le modèle Tamron, la bague de zoom est un peu trop dure, surtout vers les focales les plus larges. Sur le modèle Nikon, elle est un peu trop “lourde”.

IMG_6032
IMG_5805-2

Au final, c'est donc une égalité que nous décernons pour ce qui est de la prise en main.

Tests labo : avantage Tamron

L'optique Tamron a été testée avec un Canon EOS 5DsR et son capteur de 50 Mpx d'une définition de 8 736 x 5 856 px. Chaque pixel mesure donc 4 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11. Le modèle Nikon a été testé sur un Nikon D810 et son capteur de 36 Mpx, d'une définition de 7 380 x 4 928 px. Chaque pixel mesure donc 4,8 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est aussi de f/1.

Afin de comparer des choses comparables, nous avons sous-échantillonné les images faites avec le modèle Tamron sur la définition délivrée par le Nikon D810.

Testé avec Imatest.

Ces deux objectifs sont assez bons dans l'ensemble, bien que non dénués d'imperfections. Commençons par saluer le joli comportement général de ces deux objectifs. Quelle que soit la focale, le piqué augmente progressivement à mesure que l'on ferme le diaphragme pour trouver son paroxysme aux alentours de f/8 / f/11 selon les cas. Les images sont encore tout à fait exploitables à f/16.

Au grand-angle, le niveau de piqué maximum au centre est atteint autour de f/5,6 / f/8 et est similaire sur les deux objectifs. Ce qui les différencie à cette focale est l'homogénéité, meilleure sur le Tamron, et les performances aux plus grandes ouvertures (incomparables au centre entre le Tamron et le Nikon). Au 20 mm, le modèle Nikon reprend l'avantage pour ce qui est du niveau de piqué maximal, mais les performances à f/2,8 au centre sont encore bien meilleures sur le modèle Tamron. Il en va grosso modo de même au 24 mm : meilleur piqué sur le Nikon, sauf à f/2,8, mais meilleure homogénéité sur le Tamron.

Difficile de trancher sur ce point, mais les meilleures performances aux plus grandes ouvertures du modèle Tamron lui donnent l'avantage.

Notre scène test et les zones d'intérêt.

Nikon @ 14 mm f:2,8Tamron @ 15 mm f:2,8
Nikon @ 14 mm f:8Tamron @ 15 mm f:8
Nikon @ 20 mm f:2,8Tamron @ 20 mm f:2,8
Nikon @ 20 mm f:8Tamron @ 20 mm f:8
Nikon @ 24 mm f:2,8Tamron @ 24 mm f:2,8
Nikon @ 24 mm f:8Tamron @ 24 mm f:8

Tests terrain : égalité

@ Nikon@ Nikon
@ Tamron@ Tamron

Voici ce que l'on obtient avec un 14-24 mm monté sur un reflex 24x36 mm. Évidemment, on verra plus loin au 30 mm. Utilisé sur un reflex équipé d'un capteur au format APS-C, il devient un équivalent 21-36 mm. Ce type d'objectif permet de voir large et est donc naturellement adapté à la photo de paysage, d'architecture, de reportage, voire de portrait. C'est le compagnon parfait d'un 24-70 mm qui lui-même est le comparse idéal du 70-200 mm.

Nikon @ 24 mmNikon @ 24 mm
Nikon @ 14 mmNikon @ 14 mm
Tamron @ 30 mmTamron @ 30 mm
Tamron @ 15 mmTamron @ 15 mm

Ultra grands-angles obligent, les distorsions s'invitent à la fête ! Elles sont cependant relativement contenues dans les deux cas. Elles sont similaires sur les deux modèles à la position grand-angle (14 mm pour le Nikon et 15 mm pour le Tamron). En fond de zoom, elles sont plus discrètes sur le modèle Nikon malgré une focale maximale plus faible (24 mm contre 30 mm).

Nikon @ 14 mmNikon @ 14 mm
Nikon @ 24 mmNikon @ 24 mm
Tamron @ 15 mmTamron @ 15 mm
Tamron @ 30 mmTamron @ 30 mm

Quant au vignetage, il y en a dans les deux cas, mais force est de constater que c'est sur le modèle Nikon qu'il est le plus prononcé, notamment à la focale la plus large.

Nikon @ 14 mm f/2,8Nikon @ 14 mm f/2,8
Nikon @ 24 mm f/2,8Nikon @ 24 mm f/2,8
Tamron @ 15 mm f/2,8Tamron @ 15 mm f/2,8
Tamron @ 30 mm f/2,8Tamron @ 30 mm f/2,8

Même avec du grand-angle, il est possible d'obtenir des effets de profondeur de champ marqués. La grande ouverture f/2,8 est un atout majeur, mais vous mettrez toutes les chances de votre côté en utilisant l'objectif avec un reflex 24x36 mm et en privilégiant les faibles distances de mise au point. L'arrière-plan est alors très agréable à l'œil avec un joli flou diffus, et le sujet principal est bien mis en valeur dans l'image.

Tamron @  30 mm f/2,8Tamron @ 30 mm f/2,8
Tamron @ 15 mm f/2,8Tamron @ 15 mm f/2,8
Nikon @ 24 mm f/2,8Nikon @ 24 mm f/2,8
Nikon @ 14 mm f/2,8Nikon @ 14 mm f/2,8
@ Tamron@ Tamron
@ Nikon@ Nikon

Difficile à croire, mais oui, le 15-30 mm f/2,8 de Tamron est bien équipé d'un système de stabilisation optique ! C'est du jamais vu sur ce type de focale, et de surcroît sur un zoom. Mais à quoi donc peut servir une stabilisation optique sur un 15 mm ? En effet, le champ très large permet de descendre naturellement dans les temps de pose, sans aide et sans risquer de voir naître un flou de bougé du photographe. En reprenant la règle mnémotechnique, on pourrait photographier à main levée à 1/15 s au 15 mm et à 1/30 s au 30 mm. Ces deux temps de pose sont plus que confortables par rapport à la grande ouverture f/2,8 de l'objectif, et au vu des performances des boîtiers modernes dans les hautes sensibilités ISO.

Nous avons donc réalisé un simple test avec l'objectif en position 30 mm. Nous constatons que même à 1/30 s, l'image réalisée est un peu meilleure avec la stabilisation optique que sans. L'intérêt est donc indéniable. Et l'on considère que l'image reste “nette” à main levée jusqu'au 1/8 s, à savoir un gain de 2 IL (théorique) ! C'est assez faible, mais cela a le mérite d'exister. Grâce à elle, il est vrai que l'on peut réaliser des photos impossibles à faire avec un modèle non stabilisé.

@ Nikon@ Nikon
@ Tamron@ Tamron

Verdict : Tamron

Difficile, voire impossible de ne pas recommander ce Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD qui, malgré quelques défauts de qualité de piqué sur les bords aux plus grandes ouvertures, se révèle être un superbe outil pour les amoureux de photo de grands paysages, de nature ou même de reportages.

SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD
Rakuten - priceminister 738,89 €
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Amazon 1052,45 € Voir l'offre
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C'est bien le modèle Tamron qui remporte ce duel, et ce pour plusieurs raisons.

1/ La plus grande polyvalence

Même si un 14 mm est une focale qui fait rêver, la raison nous pousse à préférer un 15-30 mm plutôt qu'un 14-24 mm. En effet, ce dernier est le compagnon idéal d'un 24-70 mm, mais nombreuses sont les situations où l'on a besoin de travailler en alternance avec ces deux objectifs. Cela entraîne donc le fait de changer régulièrement d'optique (pas idéal) ou d'avoir deux boîtiers (idéal, mais plus contraignant). Du coup, avec un 15-30 mm légèrement moins large, on diminue “statistiquement” le nombre de fois où on doit changer d'optique. À noter que d'après notre sondage réalisé auprès de quelque 1 800 personnes, la préférence va clairement en faveur des 15-30 mm ou 16-35 mm, en comparaison avec un 14-24 mm.

À noter également que, selon nous, la présence d'une stabilisation optique sur le modèle Tamron n'est pas réellement un avantage.

2/ Les performances optiques

Bien que le modèle Nikon soit très bon, force est de constater que son adversaire Tamron lui tient tête sur plusieurs aspects. Au grand-angle d'abord, avec un piqué beaucoup plus élevé dès la plus grande ouverture au centre. Le modèle Nikon, pour sa part, est nettement moins piqué, mais plus homogène. C'est donc une question de goût… Au 20 mm, le modèle Nikon est plus performant en matière de piqué aux ouvertures moyennes et au centre, mais il est en retrait à la plus grande ouverture. Il en va de même au 24 mm.

3/ Le prix

Enfin, dans un duel, il est impossible de mettre le prix de côté. Or, il y a environ 800 € d'écart entre le modèle Tamron et le modèle Nikon.

Arthur Azoulay
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications