Notre dernier duel reflex/hybride remonte à presque deux ans et opposait déjà un Nikon (D750) à un Sony (A7 II). À l'époque, le D750 remportait notre match. Depuis, les technologies ont évolué des deux côtés et nous proposons que s'affrontent, de manière pacifique, les deux ténors du moment à plus de 40 millions de pixels.

D'un côté du ring, nous avons le dernier reflex Nikon, le D850. Ce modèle marquera 2017, année du centenaire de la marque, avec son capteur à plus de 44 Mpx, son large viseur optique, sa rafale à 7 i/s, son écran LCD orientable et tactile, sans oublier son mode vidéo UHD. Au coin opposé, nous avons la troisième itération de l'A7R de Sony. Là aussi, le capteur intègre plus de 40 Mpx stabilisés, un excellent viseur électronique et une rafale à 10 i/s.

Test - 13/09/2017
Nikon D850
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Test - 04/12/2017
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Fiches techniques comparées

Commençons par la présentation des antagonistes. Nous opposerons ici les fiches techniques point par point, un premier pas pour jauger (sur le papier) les possibilités des concurrents.

Nikon D850 Sony A7R III
Année 2017 2017
Définition 45,4 Mpx 42,4 Mpx
Capteur CMOS rétroéclairé (BSI) 24x36 mm CMOS rétroéclairé (BSI) 24x35,9 mm
Taille des photosites 4,36 µm 4,51 µm
Monture F E
Taille de l'image 8 256 x 5 504 px 7 952 x 5 304 px
Filtre passe-bas Non Non
RAW 12/14 bits (différentes tailles et différentes compressions) 14 bits (compression possible)
Stabilisation Non (selon optique) Capteur (5 axes)
Processeur d'image Expeed 5 Bionz X
Visée Optique (pentaprisme) Électronique OLED 3 686 400 pt
Champ couvert par la visée 1 1
Grossissement 0,75x 0,78x
Flash intégré Non Non
Synchro flash 1/250 s 1/250 s
Stockage 1x SD (UHS-II) 1x XQD 1x SD (UHS-II) 1x SD (UHS-I)
Rafale 7 i/s / 9 i/s (avec grip et batterie EN-EL18b) 10 i/s
Mémoire tampon 51 RAW 76 JPEG / 28 RAW
Vitesse d'obturation 1/8 000 s à 30 s 1/8 000 s à 30 s
Module AF Multi-CAM 20K. 153 points Système de 399 points AF à corrélation de phase sur le capteur principal. 425 points de détection de contraste sur le capteur principal
Collimateurs croisés 99 /
Sensibilité AF -4 /20 IL -3/20 IL
Détection AF max. 15 point sensibles f/8 /
Mesure d'exposition Capteur RGB 180 000 points 1 200 zones sur capteur principal
Sensibilité ISO de base 64-25 600 ISO 100-32 000 ISO
Sensibilité ISO étendue 32-102 400 ISO 50-409 600 ISO
Vidéo UHD 3 840 x 2160 @30/25/24p
HDTV 1 920 x 1080 @60/50/30/25/24p
HDTV 1 920  x 1 080 @120 i/s (format DX)
UHD 3 840 x 2 160 @30/25/24p
HDTV 1 920 x 1080 @120/100/60/50/30/25/24p
Format vidéo H.264/MPEG-4 (MOV) XAVC S / H.264
Écran LCD 8 cm Inclinable et tactile 7,5 cm Inclinable et tactile
Définition de l'écran 2 359 000 pt 1 440 000 pt
Micro Stéréo intégré + externe Oui
Casque Oui Oui
GPS Non Non
WiFi Oui (802.11 b/g) Oui (802.11 b/g/n)
USB Micro-USB 3 USB Type-C et micro-USB
Bluetooth Tue Jan 03 2017 16:00:00 GMT-0700 (MST) Tue Jan 03 2017 16:00:00 GMT-0700 (MST)
NFC Non Oui
HDMI Oui, Type-C Oui
Synchro flash Oui Oui
Autre 10 broches (télécommande...) Télécommande
Boîtier tropicalisation Oui Oui
Autonomie CIPA 1 840 vues (CIPA avec EN-EL15a). 5 140 vues (CIPA avec grip + EN-EL18b) 530 vues (NP-FZ100) CIPA
Dimensions 144 x 110,5 x 74,8 mm 126,9 x 95,6 x 73,7 mm
Poids 1 005 g 657 g

Prise en main

Nous le répétons à chaque occasion : la prise en main est un aspect essentiel et nous ne pouvons nous substituer complètement à vous. C'est une sensation à la fois objective et subjective qui dépend pour beaucoup de la morphologie de vos mains. Prenez les appareils en main, portez-les à l'œil : un boîtier doit vous convenir, et en cette matière, vous êtes le seul à pouvoir décider.

Gabarit : égalité

Sur ce point, le match est gagné d'avance par Sony. En effet, sans la présence de la cage reflex, l'A7R III est définitivement plus compact que le reflex de Nikon avec pourtant un capteur 24x36 à l'intérieur. En outre, le modèle hybride est nettement moins lourd et accuse à peine 680 g (contre 1 kg pour le reflex). Cette compacité et cette légèreté sont clairement les avantages qui mettent en avant la marque.

Nikon D850 vs Sony A7R III : dimensions Nikon D850 vs Sony A7R III : dimensions

Au final, le bénéfice doit pourtant être nuancé. Si l'A7R III sera beaucoup moins encombrant, les optiques, elles, sont d'un gabarit pratiquement identique à celles de Nikon. En outre, si l'A7R III s'avère plus facile à transporter, il est parfois un peu plus délicat à prendre en main. En effet, le bâti d'un reflex est finalement plus facile à prendre en main, la poignée est plus large, plus ergonomique et peut être maintenue par tous les doigts de la main. On se sent plus en confiance ! Avec l'hybride, l'index passe inexorablement sous la semelle du boîtier et la préhension s'avère moins franche. Certains photographes optent même pour une poignée d'alimentation afin “d'augmenter” le volume du boîtier.

Le niveau de finition est très bon sur les deux boîtiers, mais l'aspect plus massif du reflex est également davantage rassurant. Le reflex présente également des joints d'étanchéité visibles au niveau des trappes, ce qui fait défaut sur l'A7R III.

Ergonomie/menus

Interface : avantage (léger) à Nikon

Le D850 reprend une ergonomie peaufinée depuis des années par Nikon pour ses reflex haut de gamme/professionnels. Tous les principaux réglages de la prise de vue sont accessibles depuis le dessus du boîtier avec deux molettes qui permettent d'agir rapidement sur la mesure d'exposition, la balance des blancs, la sensibilité ISO, le correcteur d'exposition, mais aussi de faire défiler les modes PSAM. Bon point, vous retrouverez un large écran LCD monochrome pour rappeler rapidement les principaux réglages. Les molettes de réglages sont chez Nikon mieux placées et proportionnées. Leur usage est plus agréable.

L'A7R III est un peu plus dépouillé avec moins d'accès directs aux réglages, mais le boîtier joue la carte de la personnalisation avec déjà deux touches C1/C2 paramétrables. Le mode vidéo est directement accessible depuis la molette principale et vous disposez d'un accès rapide aux modes personnalisés du boîtier, ce qui est plus pratique que les jeux de réglages de Nikon. En outre, l'A7R III propose une molette pour la correction d'exposition. Hélas, elle n'est pas verrouillable.

Nikon D850 vs Sony A7R III : ergonomieNikon D850 vu de dessus.

Nikon D850 vs Sony A7R III : ergonomieSony A7R III vu de dessus.

Le dos du D850 est un peu plus impressionnant avec, là encore, un surplus de commandes pour accéder rapidement aux principales fonctionnalités. Vous retrouverez un joystick pour naviguer dans les menus et surtout déplacer les collimateurs autofocus. Pas de roue codeuse chez Nikon, mais un joypad désespérément trop petit. Le reflex est équipé d'un écran LCD monté sur une double charnière qui permet une inclinaison vers le haut et le bas. Dommage que la marque n'ait pas opté pour une rotule plus pratique à notre sens. L'écran est tactile et vous pouvez aussi bien naviguer dans les menus que définir la zone de mise au point au doigt. Notez que l'écran du reflex est un peu plus large et présente surtout une bien meilleure définition. Rappelons que certaines commandes sont rétroéclairées, ce qui s'avère très pratique pour paramétrer son boîtier dans la pénombre.

Chez Sony, l'interface de l'A7R III est un peu moins dense, mais plus personnalisable. Vous trouverez une roue codeuse bien pratique et un trèfle de sélection pour accéder fissa à un grand choix de fonctionnalités. Le boîtier hybride propose aussi un joystick et un écran monté sur double charnière. L'écran est tactile… enfin ! Toutefois, son usage est limité ; il est ainsi impossible de naviguer dans les menus !

Nikon D850 vs Sony A7R III : ergonomieNikon D850 vu de dos.

Nikon D850 vs Sony A7R III : ergonomieSony A7R III vu de dos.

Il n'est pas simple de trancher, les deux approches ayant des avantages et des inconvénients. Le reflex Nikon est plus facile à appréhender avec de nombreux préréglages. L'A7R III joue la carte de la personnalisation. Il faudra donc passer un peu de temps à configurer le boîtier, mais au final, il correspondra davantage à votre usage. Notez que les deux boîtiers disposent d'un menu programmable pour rassembler les fonctions que vous utilisez le plus souvent.

Viseur : égalité

C'est bien sûr LA différence entre les deux concurrents. D'un côté, le D850 perpétue la visée optique dite reflex avec un viseur large (0,75x) et précis à 100 % au niveau du cadrage avec un dégagement oculaire de 17 mm. La visée optique est en permanence parfaitement fluide, quelle que soit la qualité de la lumière.
Chez Sony, la visée qui officie dans l'A7R III est électronique. Il s'agit de la dernière génération de dalle OLED affichant 3 686 000 points. Ce n'est pas le modèle le plus précis (le Leica Q fait mieux dans ce domaine), mais la visée s'avère très précise. Le grossissement est plus important que celui de Nikon (0,78x) et le dégagement est de 23 mm. Le rafraîchissement est ajustable de 60 à 120 i/s.
La visée électronique permet de contrôler en direct la balance des blancs, l'exposition et le rendu des couleurs. Vous pouvez aussi afficher de nombreuses informations en surimpression, comme un histogramme ou le suivi d'un sujet. Revers de la médaille, la fluidité n'est pas tout le temps au rendez-vous, notamment en basse lumière.

Nikon D850 vs Sony A7R IIIÀ gauche, le système de visée optique du Nikon D850 ; à droite, la visée électronique de l'A7R III de Sony.

Une fois de plus, difficile d'être catégorique sur ce point et c'est ici plutôt un choix personnel. Certains photographes se sont parfaitement habitués à la visée électronique et à ses avantages, d'autres ont toujours l'impression de regarder la télévision avec ce type de technologie.

Autonomie : avantage Nikon

Sur ce point, le reflex Nikon prend définitivement l'avantage sur son rival hybride. Malgré les énormes progrès réalisés par Sony dans ce domaine, le D850 demeure beaucoup plus intéressant avec une autonomie annoncée de plus de 1 800 déclenchements (batterie EN-EL15a) contre à peine plus de 500 avec la nouvelle batterie Sony NP-FZ100. Sur le terrain, la différence est énorme et l'autonomie du reflex ne semble jamais baisser. Mieux, la poignée d'alimentation Nikon permet d'embarquer la batterie EN-EL18b (l'ensemble fait grimper l'addition de 650 € tout de même...) pour atteindre le chiffre assez faramineux de 5 400 déclenchements… Étonnant et pratique !

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Mémoire et connectivité : avantage (léger) Sony (ou égalité)

Les deux boîtiers disposent de deux emplacements mémoires, mais les choix diffèrent. Chez Nikon, vous disposez d'un emplacement SD (UHS-II) et d'un logement pour carte XQD. Un choix qui semble bien téméraire puisque ce format n'est disponible que chez Nikon. Si les cartes XQD sont performantes, elles sont onéreuses et difficiles à trouver. Du côté de Sony, tout n'est pas rose non plus, et si l'A7R III dispose bien de deux emplacements SD, un seul est compatible USH-II. Raison invoquée, le manque de place et la rétrocompatibilité avec les cartes MemoryStick…

L'A7R III intègre une entrée micro stéréo, une sortie casque, une sortie HDMI Type D, une prise USB Type C, un connecteur USB/Multi et une prise synchro flash. Étonnamment, le D850 ne propose pas de connexion USB Type-C, mais le format USB 3 classique. Vous trouverez également une entrée micro stéréo, une sortie casque, une sortie micro-HDMI Type-C, un port synchro flash et un connecteur 10 broches.

Connecteurs sur le A7R III.Connecteurs sur le A7R III.
Connecteurs sur le D850.Connecteurs sur le D850.

Les deux boîtiers disposent d'une puce Wi-Fi, mais Nikon “oublie” une fois de plus le protocole le plus rapide, le 802.11n. En revanche, si les deux protagonistes possèdent bien une connexion Bluetooth, le fonctionnement de SnapBridge chez Nikon s'avère plus efficace. En effet, le Bluetooth ne sert pas qu'à établir l'appairage du boîtier avec un smartphone ou une tablette, il est réellement mis à profit pour le transfert des images. Moins gourmand en énergie (Bluetooth LE, pour Low Energy), Snapbridge travaille en tâche de fond tout en libérant la connexion Wi-Fi du smartphone. Malin et pratique.

Autres : avantage Sony

Le reflex D850 dispose de quelques fonctionnalités intéressantes comme le focus stacking, sorte de bracketing de mise au point qui permet de réaliser plus facilement des empilements d'images pour augmenter la profondeur de champ. Le reflex propose en outre la réalisation de timelapse 4K et 8K ou la possibilité, à l'aide d'un accessoire, de numériser des films. Par ailleurs, le D850 dispose d'un mode pour la correction automatique des problèmes de front/back focus.

Le D850 dispose d'un parc optique important et complet, du fisheye au 800 mm en passant par des optiques à bascule et décentrement.

Chez Sony, le boîtier hybride dispose d'un argument majeur : la stabilisation mécanique sur 5 axes. D'après nos tests, elle permet de gagner facilement jusqu'à 3 IL et fonctionne surtout avec toutes les optiques. Sony a beaucoup travaillé sur sa gamme optique 24x36, et si elle n'est pas aussi complète que celle de Nikon, elle dispose de modèles de qualité. En outre, le faible tirage mécanique de l'A7R III permet, via des bagues d'adaptation, d'utiliser de nombreuses optiques présentes sur le marché. La bague MC-11 de Sigma permet ainsi d'utiliser avec l'autofocus certaines optiques Canon. Vous apprécierez la possibilité de déclencher de manière totalement silencieuse (idéal pour la photographie de spectacle ou le reportage) alors que le D850 doit être basculé en visée écran pour avoir cette même capacité. L'A7R III arrive avec une suite logicielle complète pour à la fois travailler en mode connecté (Capture One, Remote) et traiter ses fichiers bruts (Capture One toujours). De son côté, l'offre de Nikon est moins riche ou payante (Camera Control Pro 2).

Enfin, l'A7R III propose une prise de vue en mode Pixel Shift qui permet d'améliorer le rendu des images en associant une succession d'images légèrement décalées à l'aide du système de stabilisation mécanique. Cette technique permet par ailleurs de limiter les effets de moirage.

sony-A7R_3-normalsony-A7R_3-pixels-shift

Réactivité

Autofocus : avantage Sony

L'autre “grande” différence entre les hybrides et les reflex réside dans le système autofocus. En visée optique, cette fonction est déléguée à un capteur spécifique situé sous le miroir. Le D850 utilise le même module AF que le reflex sportif D5. Il s'agit d'un module à 153 collimateurs, dont 99 croisés (55 sont sélectionnables). La sensibilité du module est de -3 IL et le collimateur central est sensible lui, jusqu'à -4 IL. Le module est épaulé par la cellule de mesure d'exposition (un capteur de 180 000 points) pour la reconnaissance de formes, de couleurs. Le fonctionnement du module autofocus est sous la responsabilité d'un processeur dédié. En visée écran, le D850 utilise un autofocus à détection de contraste sur le capteur principal, mais celui-ci, malgré de larges progrès, est encore trop lent pour suivre un sujet en déplacement.

La mise au point automatique sur l'A7R III s'effectue sur le capteur principal à l'aide d'un système hybride par détection de contraste et corrélation de phase. La mesure étant effectuée sur le capteur 24x36, il n'y a pas de problème de front/back focus. Le module de l'hybride comporte 399 points pour la corrélation de phase et 425 points pour la détection de contraste. La sensibilité est de -3 IL. En outre, l'A7R III dispose de la détection de visage et des yeux pour faciliter la mise au point en portrait. La couverture AF est plus large sur le Sony.

Répartition des collimateurs AF sur le Sony A7R III.Répartition des collimateurs AF sur le Sony A7R III.
Répartition des collimateurs AF sur le Nikon D850Répartition des collimateurs AF sur le Nikon D850

Suivi autofocus : égalité

Lors de nos tests sur des sujets en mouvement, les deux boîtiers se sont montrés rapides et précis, même aux cadences les plus rapides des rafales. Si nous sommes déjà un peu habitués aux performances du module AF Multi-Cam 20K du Nikon, nous sommes plus impressionnés par les performances de l'appareil hybride.

Rafale : avantage Sony

Le Sony A7R III prend l'avantage sur son adversaire quant à la cadence rafale. L'hybride “grimpe” en effet à la cadence de 10 i/s (images par seconde) avec un suivi autofocus, que l'appareil utilise l'obturateur mécanique ou électronique. La cadence est tenue en JPEG ou RAW. De son côté, le D850 plafonne à 7 i/s en JPEG ou RAW. Le boîtier équipé de la poignée d'alimentation et de la batterie EN-EL18b atteint 9 i/s. En visée écran, la cadence est de 6 i/s sans suivi AF et 30 i/s en mode APS-C. Le reflex bénéficie toutefois d'une mémoire tampon supérieure et “encaisse” des rafales de 51 RAW 14 bits ou 170 RAW 12 bits. Le modèle Sony s'essouffle quant à lui au bout de 76 JPEG ou RAW compressés ou 28 RAW 14 bits non compressés.

Qualité des photos

Gestion du bruit électronique : égalité

Les deux boîtiers disposent d'un capteur 24x36 à plus de 40 Mpx et proposent des plages de sensibilité ISO qui atteignent 102 400 ISO. Le Nikon D850 propose une sensibilité minimale à 32 ISO, alors que celle du Sony A7R III est de 50 ISO.

Du point de vue de la gestion du bruit électronique, il n'est pas simple de désigner un vainqueur, les deux marques ayant des stratégies différentes. Ainsi, Sony a un traitement plus appuyé pour éliminer le bruit électronique et des algorithmes qui semblent plus sophistiqués. Résultat : les images sont plus précises. Chez Nikon, la granulation est plus rapidement visible, mais le grain est plus agréable, plus fin et se rapproche d'une granulation argentique. Dans les plus hautes sensibilités, les images Nikon sont un peu plus esthétiques.

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Dynamique : avantage Sony

Lors de nos mesures en studio, nous avons noté qu'il est plus facile de recouvrir des informations dans les hautes lumières dans les fichiers 14 bits de Sony que dans ceux de Nikon. La différence se joue à 1/3, voire 2/3 IL selon les cas.

Vidéo : avantage Sony

Le Nikon D850 est capable de filmer en UHD à 30 i/s avec un débit de 144 Mbps, supérieur à celui du Sony A7R III (100 Mbps). La totalité de la surface du capteur est utilisée afin de ne pas modifier les focales équivalentes des optiques. Toutefois, il est peu probable que tous les pixels ne soient pas lus en vidéo. Il y a donc un regroupement des pixels (pixels binning) lors de la lecture, et donc une légère dégradation des images. En HDTV 1080, la cadence “grimpe” à 120 i/s.

Le Sony A7R III propose à la fois un mode 24x36 et un mode Super35 (proche du format APS-C). Dans ce dernier mode, tous les pixels sont lus (5 176 x 2 924 px) pour ensuite être rééchantillonnés en 3 840 x 2 160 px. L'image est donc plus précise.

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Last but not least, le Sony A7R III propose différents profils pour faciliter l'étalonnage, comme le S-Log3/S-Gamut, tout en proposant un rendu conforme sur l'écran. Il est également possible de filmer avec un profil HLG (Hybrid Log Gamma) pour un rendu HDR. Le boîtier dispose également de fonctionnalités intéressantes comme le focus peaking, l'enregistrement de proxy et un autofocus nettement plus rapide.

Conclusions

Nous arrivons au terme de notre duel et il est temps de compter les points de part et d'autre…

Nikon D850 Sony A7R III
Prise en main = =
Interface +
Viseur = =
Autonomie +
Mémoire et connecteurs +
Autres +
Autofocus +
Suivi autofocus = =
Rafale +
Gestion du bruit électronique = =
Dynamique +
Vidéo +
Et le vainqueur est... Sony A7R III

Comme très souvent lors de nos duels, il n'est pas évident de désigner un vainqueur malgré une victoire arithmétique du Sony A7R III. Oui, les deux boîtiers ont leurs faiblesses et leurs forces. Certains ne pourront pas se passer de la visée optique du D850 ou de sa prise en main plus confortable avec un zoom. D'autres apprécieront la compacité et la stabilisation mécanique de l'A7R III. Pour notre part, nous avouons une préférence pour l'hybride de Sony, une belle synthèse du savoir-faire de la marque. Libéré de certaines “contraintes”, l'A7R III propose des avancées technologiques intéressantes au niveau de l'autofocus, la rafale, la visée et la vidéo.

Duel Nikon D850 vs Sony A7R III
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications