2016 a clairement été l'année de DJI, couronnée à l'automne par le succès du génial Mavic Pro. Il faut avouer que ce dernier laissait un peu sur la touche le Phantom 4, alors best-seller de la marque, mais qui proposait, pour un encombrement bien supérieur, une qualité d'image sensiblement identique. DJI rétablit donc la hiérarchie en dotant son nouveau Phantom 4 Pro d'un capteur 1 pouce, d'une autonomie encore accrue et de la détection d'obstacle latérale.

L'arrivée sur le marché en octobre dernier du Mavic Pro avait jeté un pavé dans la mare et créé une rude concurrence interne au sein de la gamme DJI pour le Phantom 4. En effet, bien que nous le considérions comme le meilleur drone du marché RTF à sa sortie, il avait de quoi souffrir de la comparaison. Le Mavic Pro, pour un tarif moindre, apportait une qualité d'image similaire dans un encombrement bien plus réduit ainsi que des performances équivalentes et des modes de vol plus élaborés.

Le déséquilibre semble désormais réparé : le Phantom 4 fait place au Phantom 4 Pro. Et avec lui, DJI nous fait commencer l'année en beauté : 4K 60p, détection d'obstacle latérale et, surtout, caméra équipée d'un capteur 1 pouce&nbsp! Il se voit même doté d'un petit "plus", avec une version de la télécommande intégrant un écran 5,5". C'est donc ce "Phantom 4 Pro+", avec radiocommande à écran intégré, que nous avons testé. Ces évolutions satisferont-elles les professionnels ? Nous vous emmenons jusqu'en Bretagne pour savoir ce que cette caméra volante a dans le ventre !

Test drone DJI Phantom 4 Pro, vue en vol

Conformément à la réglementation préalable qui encadre l'usage des drones, nous avons pratiqué notre essai dans un cadre de loisir, en gardant l'appareil à vue, à une altitude inférieure à 150 m, loin de toute agglomération, habitation, zone d'aérodrome ou personne. Pour information, vous pouvez désormais vous reporter à la carte interactive des restrictions pour drones de loisir pour savoir où voler en toute sécurité et légalité.

Présentation

Attention, avec son poids de 1 388 g, le Phantom 4 Pro entre dans le cadre de la nouvelle réglementation et doit être immatriculé.

Le prix de vente du Phantom 4 Pro (avec une radiocommande standard) est de 1 699 € ; le Phantom 4 Pro+ (soit le Phantom 4 Pro avec radiocommande à écran intégré) est quant à lui proposé à 1 999 €.

Test drone DJI Phantom 4 Pro, le drone prêt à décoller et la radiocommande

Dans les deux cas, ses performances sont annoncées comme en hausse et le distinguent de la concurrence : vitesse maximale de 72 km/h à l'horizontale, 6 m/s à la verticale et 4 m/s en descente. La télécommande, qui s'appuie sur la technologie OccuSync, a une portée maximale de 7 km FCC et 3,5 km selon les normes CE. Le retour vidéo est en HD 720 30p. Enfin, l'autonomie de la batterie Lipo 4S de 5 870 mAh et 15,2 V est portée à 30 minutes... sur le papier (nous y reviendrons).

Test drone DJI Phantom 4 Pro, vue en vol

Le Phantom 4 Pro intègre une nacelle stabilisée 3 axes, sur laquelle est donc montée sa nouvelle caméra équipée d'un capteur CMOS 1 pouce de 20 Mpx. Offrant une plage dynamique de 12 EV et, surtout, la possibilité de filmer, elle autorise la prise de photos en Raw DNG + JPEG et, surtout la captation vidéo en 4K Cinéma (4 096 x 2 160 px) à 60 i/s avec un débit maximal de 100 Mb/s ! La cadence est aussi élevée en UHD 4K 60p et monte à 120 i/s en HDTV 1080 pour des ralentis fluides. L'enregistrement en H264 et H265 est disponible. L'objectif est un équivalent 24 mm f/2,8 avec un diaphragme réglable allant de f/2,8 à f/11. La mise au point est automatique de 1 m à l'infini et l'enregistrement se réalise sur carte microSD.

Test drone DJI Phantom 4 Pro, détail, la caméra 1 pouce

Et la liste des améliorations ne s'arrête pas là. Le système d'évitement d'obstacle, Flight Autonomy, s'améliore ainsi avec la possibilité de créer une carte 3D de son environnement grâce aux capteurs situés devant, derrière et sous l'appareil. Des capteurs infrarouges latéraux ont été aussi ajoutés sur le côté. Comme le Mavic Pro, le Phantom 4 Pro est capable de détecter le relief du terrain et d'éviter un atterrissage sur des surfaces accidentées ou de l'eau. L'Active Track est désormais capable de reconnaître et suivre des animaux, des véhicules ou des personnes. Les nouveaux sous-modes Circle, Profil et Spotlight permettront par exemple de maintenir la trajectoire en formant des cercles autour du sujet, ou encore d'avancer de côté tout en filmant. Le mode Narrow Sensing améliore la sensibilité de l'évitement d’obstacles lors de vols dans des environnements étroits. TapFly fonctionne désormais aussi en marche arrière et propose un mode Free qui laisse le pilote définir une trajectoire de vol, puis tourner le drone ou incliner la nacelle sans changer la direction du vol. Enfin, le mode Draw permettra de dessiner une trajectoire sur l'écran, laquelle sera visible grâce à la fonction AR Route.

Configuration de test

Pour ce test, nous avons utilisé le Phantom 4 Pro en version "+", avec sa télécommande GL300F à un écran intégré de 5,5 pouces (≈14 cm) en 1 920 × 1 080 px, sous Système Android. La luminosité est promise à 1 000 cd/m². Malheureusement, nous n'avions qu'une seule batterie, ce qui nous a obligés à opérer de nombreux aller-retour entre nos lieux de vols et des points de charge. Si vous souhaitez voler sereinement avec un drone, ne faites jamais l'économie d'une batterie supplémentaire.

Prise en main

Au déballage, on retrouve le sérieux des dernières constructions de la marque que nous apprécions depuis le Phantom 4. La version 4 Pro corrobore cette impression ; d'ailleurs, hormis l'ajout des caméras arrière et des capteurs infrarouges latéraux, ni le look ni la finition ne changent. Dans un monde parfait, nous aurions aimé que DJI intègre un système de trains rétractables sur ce dernier modèle, pour l'aspect pratique aussi bien que pour le look. Si la silhouette du Phantom est connue, le Mavic a instauré un nouveau standard esthétique selon nous, et le côté joufflu du Phantom nous semble déjà un peu dépassé... Cette réflexion toute subjective n'enlève rien à la qualité de construction, même si nous supposons que la coque souffrira fortement en cas de choc.

Test drone DJI Phantom 4 Pro, prêt à décoller, de face

Avec ses 35 cm d'envergure et ses 1 388 g, le Phantom 4 Pro n'est ni particulièrement discret ni compact. Mais il est l'est toujours plus que son principal concurrent, le Yuneec Typhoon H qui, lui, se range dans un rectangle de 35 cm sur 27 et mesure 52 cm tous bras déployés. Nous avons tout de même hâte que la modularité des drones se généralise, car pour l'heure, exceptés les Mavic ou Parrot Bebop 2, il est difficile d'emporter un drone comme le Phantom 4 Pro en plus de votre équipement photo si vous décidez de partir en randonnée.

FlightAutonomy s'est agrandi avec les nouveaux capteurs optiques stéréo placés à l'arrière, qui complètent la paire placée à l'avant ainsi que les systèmes de détection infrarouges placés sur les côtés. Ce réseau de détection d'obstacles dans 5 directions et d'évitement d'obstacles dans 4 directions, couplé à la connectivité satellite GPS / Glonass, aux 2 télémètres à ultrasons, à la redondance des IMU et Compass ainsi qu' à un ensemble de 24 processeurs dédiés, est censé protéger le Phantom 4 Pro d'un plus grand nombre de dangers et donner aux pilotes / cadreurs la confiance nécessaire pour capturer des plans plus complexes.

Test drone DJI Phantom 4 Pro, prêt à décoller, de dos

Avant de tester en phase de vol la stabilité et la sécurité de l'ensemble, ajoutons un mot sur la télécommande, directement dérivée du Phantom 4 et sur laquelle, pour notre version d'essai, est donc ajouté de série un écran intégré de 5,5 pouces Full HD promettant 1 000 cd/m². D'ores et déjà, nous sommes satisfaits de la finition et l'aspect de l'ensemble. La télécommande tient très bien en main, on retrouve de nombreuses touches de raccourcis comme le lancement de l'enregistrement ou des touches personnalisables et, bien sûr, il n'est plus nécessaire de connecter son smartphone sur la version "+".

Test drone DJI Phantom 4 Pro, détail de la radiocommande fournie avec la version + et son écran 5,5 pouces

Préparatifs de vol

**Charge **

La recharge complète d'une batterie Lipo 4S de 15,2 V pour 5 870 mAh prend environ 1 heure 20, et celle de la radiocommande, à peu près le même temps. La batterie du Phantom 4 Pro intègre une diode qui indique l'état de charge par une simple pression, même lorsqu'elle n'est pas fixée sur le drone ; la charge de la télécommande se vérifie de la même façon, en appuyant une fois sur le bouton d'alimentation.

Installation des hélices et mise sous tension

Test drone DJI Phantom 4 Pro, montage des hélices

Une fois l'ensemble des batteries chargées, il suffit de fixer les hélices via un système "Quick and Release" extrêmement simple et rapide. Là aussi, on regrette l'ingéniosité du Mavic qui est muni d'un système d'hélices pliantes.

On allume ensuite la radiocommande via une double pression, puis le drone de la même façon.

L'application DJI Go démarre automatiquement sur la tablette intégrée et il suffit de cliquer sur Fly pour faire apparaître l'interface de vol.

**Télécommande **

La télécommande est identique à celle fournie avec les Phantom 4. On peut lancer l'enregistrement directement via celle-ci, choisir des modes de vol plus ou moins débridés, mettre le drone en pause, contrôler les angles de la nacelle et, surtout, demander au Phantom de rentrer à la base d'une pression du doigt. Sa portée est de 3,5 km sur les territoires de la Communauté européenne et jusqu'à 7 km aux États-Unis. La finition est très bonne ; la télécommande tient bien en main et le grip est agréable. Si on regrettait l'absence d'information sur la version précédente, avec la version "+", l'écran intégré y pourvoit.

Test drone DJI Phantom 4 Pro, radiocommande fournie avec la version +, exemple de retour sur l'écran 5,5 pouces

Cet écran utilise une dalle IPS et, par conséquent, n’offre pas un taux de contraste très élevé (1 010:1). Cependant, il se rattrape très largement par ses capacités à offrir un affichage lisible en extérieur. Nous avons mesuré une luminosité maximale de 1 150 cd/m², plus de 2 fois supérieure à la moyenne de ce que nous trouvons habituellement sur les smartphones. Un tel niveau de luminosité peut lutter sans problème contre les reflets créés par les rayons d’un soleil radieux. D’autant que le taux de réflexion lumineuse est correct, à 16 % — un score comparable à celui d’un smartphone satisfaisant. L’afficheur de cette télécommande remplit parfaitement son rôle et reste lisible dans toutes les situations.

**L'application **

Mis à part l'écran d'accueil de la version développée pour la tablette, il n'y a pas de changement notable au niveau de l'application DJI Go. Elle reste marquée par un écueil qui pour l'instant n'évolue guère : très complète, elle est assez fouillis et l'écran de vol est très encombré. Il est toutefois possible de faire disparaître les informations et d'éclaircir la vue en vol. Les nouveaux modes de vol comme Selfie, Terrain Follow, Tripod ou Gesture font leur apparition, mais l'interface change peu. À noter, sur notre version d'essai, certaines explications étaient encore en chinois...

Test drone DJI Phantom 4 Pro, différentes captures d'écran de l'application DJI Go

**Paramètres de prise de vue **

Comme à l'accoutumée, l'interface de l'application offre un accès aux réglages très complets de prise de vue. Désomais il est possible de travailler entre 100 et 12 800 ISO en photo et jusqu'à 6 400 ISO en vidéo. L'obturateur mécanique autorise des temps de pose allant de 8 s à 1/2 000 s, et jusqu'à 1/8 000 s en obturation électronique. Il est possible de gérer la balance des blancs ou des profils d'images comme Art, Cinelike ou S-Log. La prise de vue peut s'effectuer en RAW + JPEG en photo, ou en MP4 ou MOV en vidéo encodée en MPEG-4, H264 et même H265. C'est via l'application que l'on accède aussi aux différents formats d'image : HD 720 120p, HDTV 1080 120p, 2.7K 60p, UHD 4K 60p et 4K Ciné 60p. À noter, avec la compression H265, la cadence en 4K Ciné descend à 30 i/s.

Pilotage et prise de vue

**Modes de pilotage **

Pour lancer les moteurs, il suffit de tirer les manettes en diagonale vers soi, ou d'appuyer directement sur l'icône de décollage située à gauche de l'écran de l'application. Immédiatement après, le Phantom 4 Pro s'élève à une hauteur de 1,2 m et attend les instructions du pilote.

Au décollage, le "Visual Positionning System" prend une photo du terrain d'envol qu'il associe à ses coordonnées GPS pour un retour plus précis à sa base lors du "Return To Home".

Test drone DJI Phantom 4 Pro, vue en vol

Le Phantom 4 Pro hérite des modes de vol du Mavic Pro ; il en propose donc une pléthore, dont un intelligent mode Tripod qui garantit une stabilité accrue en intérieur et une plus grande douceur et progressivité dans les commandes. L'Active Tracks quant à lui peut reconnaître en 3D un sujet à suivre automatiquement, à condition que l'éclairage soit suffisant. Là encore, ce mode ne se contente plus de ne suivre qu'une personne, mais peut aussi se caler sur un chien, une voiture ou tout autre objet en mouvement.

Test drone DJI Phantom 4 Pro, exemple d'image

En mode de vol Positionning, le Phantom 4 Pro s'est montré tout aussi stable et réactif que le Phantom 4. La stabilité s'est avérée véritablement exemplaire : même sur les bords de mer bretons, par des vents allant jusqu'à 35 km/h, le Phantom 4 Pro ne montre aucun signe de faiblesse. Notez cependant que l'exemplaire avec lequel nous avons effectué notre test n'était pas le premier exemplaire reçu : avec le premier, nous avions été confrontés à des redémarrages intempestifs de l'application et à quelques mouvements erratiques du drone, mais tout est rentré dans l'ordre après un échange.

Le Phantom 4 Pro fait preuve d'une grande souplesse et d'une grande polyvalence d'usage. En mode Sport, il devient beaucoup plus nerveux et fonce à plus de 70 km/h, ce qui lui donne des arguments pour suivre un VTTiste, par exemple, ou un conducteur automobile. Le mode Narrow Sensing permet de se fier à la détection d'obstacle dans les environnements étroits. Sachez cependant que lorsque ladite détection est activée, votre télécommande bipe dès qu'un obstacle est détecté à moins de 30 m et nous n'avons pas trouvé comment couper l'alarme. C'est usant, parfois ! Mais le Phantom 4 Pro est tout de même extrêmement plaisant à utiliser et si la comparaison avec le Mavic en matière d'encombrement n'est pas à son avantage, il gagne en stabilité ce qu'il perd en compacité. Un bémol toutefois : en filmant en 4K 60p, le retour image saccade, ce qui entache un peu la réalisation de travellings complexes ou précis.

Test drone DJI Phantom 4 Pro, vue en vol

Sur un tournage professionnel, pour gérer avec précision un vol non planifié et une bonne captation sans à-coups, il faudra déporter le contrôle et brancher un second contrôleur, pour qu'un opérateur gère uniquement le contrôle de la caméra. Néanmoins il y a déjà largement de quoi faire, et la palette des automatismes permet déjà de réaliser un très grand nombre de plans seul.

Un mot enfin sur l'autonomie réelle : bien qu'elle soit annoncée à 30 minutes, nous n'avons réussi à voler au mieux que 20 minutes en activant la caméra 4K en permanence et en gardant 10 % de batterie. En tournant en 1080 60p, le temps de vol a atteint presque 23 min.

Qualité d'image

Montage vidéo UHD 4K 60p

En vidéo, la qualité d'image est excellente en 4K 60p. Très détaillée, l'image est bien piquée et l'accutance, élevée. L'accentuation n'apparaît pas excessive et le rendu est vraiment impressionnant. C'est un régal de se perdre dans la contemplation des paysages et de voir une image aussi croustillante. Que l'on se le dise, volante ou non, le Phantom 4 Pro dispose de la première action-cam du marché équipée d'un capteur 1 pouce. Et le rendu est à la hauteur des attentes, en tout cas en vidéo.

Retenez un point en revanche : les fichiers en 4K Ciné 60p prennent énormément de place et bien que votre serviteur soit équipé d'une solide configuration PC, j'ai été surpris de voir à quel point les fichiers ont mis mon ordinateur sur les genoux. Montage avec des Proxy obligatoire, ou pensez à investir dans une nouvelle carte graphique et de la RAM supplémentaire. Mais ne boudons pas notre plaisir : la cadence de 60 i/s et le débit d'enregistrement de 100 Mb/s permettent d'enregistrer avec qualité le paysage environnant, et même de se permettre quelques ralentis en très haute définition. Vraiment, chapeau DJI !

Exemples d'images extraites de rushs

Test drone DJI Phantom 4 Pro, qualité d'image, exemple de photo extraite d'un rush 4KImage extraite d'un rush 4K.

Test drone DJI Phantom 4 Pro, qualité d'image, exemple de photo extraite d'un rush HDTV 1080Image extraite d'un rush HDTV 1080.

Notez que, comme avec les autres drones de la même marque, il est possible de tourner dans des modes d'images qui aplatissent les contrastes et la saturation pour donner au retoucheur une plus large marge de manoeuvre en post-production. Nous n'avons pas eu le temps de pousser véritablement les essais à ce niveau, mais il existe des tutoriels facilement accessibles qui vous permettront de coller une courbe de rendu précalibrée sur votre image pour homogénéiser votre montage. Sur ce point DJI s'inscrit véritablement dans la ligne de sa stratégie marketing de vouloir vendre des "caméras volantes" et nous ne pouvons que saluer l'effort d'autant qu'il sera en plus possible de jouer manuellement sur le contraste et la saturation, tout comme sur l'exposition en débrayant l'obturateur jusqu'à 8 s.

Exemples de RAW

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On retrouve ces mêmes caractéristiques en photo, où on peut travailler en RAW DNG. De ce fait, et au prix de quelques efforts dans son dérawtiseur, on arrivera à sortir une image décente même à 1 600 ISO, voire un A4 à 3 200 ISO si vous n'êtes pas trop regardant sur le rendu des détails. Globalement, l'image est bien piquée jusqu'à 1 600 ISO. C'est seulement à cette sensibilité que l'on commence à voir la granulation monter et se mettre à ronger les plus fins détails. La désaturation des couleurs commence à dégrader l'image à partir de 3 200 ISO, et on évitera de travailler à 6 400 ISO : la sensibilité supérieure est là pour le fun.

Le rendu DJI est intéressant car même en JPEG, le traitement ne lisse pas trop les détails et laisse s'exprimer le grain. Une bonne surprise. Notez aussi que la dynamique est bonne, surtout dans les hautes lumières puisqu'il est possible de récupérer presque 2 EV dans les ciels. La différence avec le Phantom 4 est nette et véritablement à l'avantage de la version Pro.

DJI_0023

Cependant tout n'est pas parfait : si l'image est bien détaillée au centre, elle présente encore une mollesse bien trop prononcée sur les bords, laquelle va en s'accentuant vers les coins. Nous pensons que la lentille n'a pas été changée entre les deux générations de capteur et l'objectif avoue clairement ses limites. Dommage !

La distorsion enfin est globalement maîtrisée et le vignetage se corrige facilement. Il y a encore une marge de progression, mais l'ensemble est remarquable.

Verdict

Point de suspense ici : nous recommandons sans peine le DJI Phantom 4 Pro+ !

Le premier argument en sa faveur, a fortiori par rapport au Phantom 4, est qu'il dispose d'une caméra équipée d'un capteur CMOS de 1 pouce. Et la qualité d'image est sensiblement en hausse : non seulement le rendu des détails et la dynamique sont améliorés, mais elle s'est surtout sensiblement bonifiée en hautes sensibilités. Là où auparavant on hésitait à dépasser les 400, voire 800 ISO pour les plus indulgents, on peut désormais travailler sans crainte jusqu'à 1 600 ISO, voire 3 200 ISO. Sans parler du débit d'enregistrement vidéo, qui est passé à 60 i/s en 4K UHD et Ciné ! Voilà dans un premier temps un point qui ravira les nombreux amateurs d'images aériennes, qu'ils soient de "simples" passionnés ou des professionnels. Que ces derniers se rassurent, d'ailleurs : le Phantom 4 Pro apporte de fait une qualité d'image bien suffisante pour de nombreuses réalisations artistiques ou commerciales. Et là encore, on pourra dire que le pari de DJI de vouloir vendre des caméras volantes est tenu, car indéniablement, il sera possible d'inscrire un flux d'images du Phantom 4 Pro dans un processus de création filmique. Certes, nous ne sommes pas encore au niveau de l'écosystème développé par la marque autour de son Inspire 2 que nous avons hâte de tester, mais le Phantom 4 Pro permet déjà d'aborder une production audiovisuelle sereinement.

De plus, ses nouveaux modes de vol rassurent encore l'utilisateur, puisque le déplacement est encore plus sécurisé qu'avant : grâce à l'ajout de capteurs infrarouges et à la détection et l'évitement d'obstacle sur 5 et 4 axes, le Phantom 4 Pro se met au niveau du Mavic Pro en la matière.

L'expérience de vol quant à elle est très bonne, mais sans surprise particulière. Stable, performant, relativement autonome (un peu moins qu'annoncé), le Phantom 4 Pro ne souffre quasiment d'aucune critique, si ce n'est finalement d'être globalement trop encombrant.

Le grand perdant de cette histoire est selon nous le Phantom 4, qui perd de sa superbe face à, d'un côté, la nette hausse de qualité d'image de la version Pro ici testée, et, de l'autre, la formidable polyvalence d'usage de son petit frère le Mavic Pro.

+
  • Finition
  • Télécommande avec écran dans la version Pro+
  • Portée OccuSync et retour HD
  • Application DJI Go toujours très complète
  • Performances globales
  • Stabilisation 3 axes de la caméra efficace
  • Détection et évitement d'obstacle pertinents
  • Suivi des sujets efficace
  • Vision Positionning System
  • Mode Narrow Sensing et tous les autres modes de vol
  • Qualité d'image jusqu'à 1 600 ISO
  • Dynamique d'image améliorée
  • Vidéo en 4K 60p remarquable
  • Distorsion contenue
  • Encombrement
  • Trains d'atterrissage non rétractables
  • Saccade du retour vidéo en 4K 60p
  • Écran optionnel (radiocommande) qui fait sensiblement grimper la facture
  • Application fouillis
  • Dérive violacée dans les ombres au-dessus de 1 600 ISO
  • Qualité d'image sur les bords et les coins de l'image en photo
  • Rendu des textures en Full HD
  • Autonomie ne dépassant pas 20 minutes si l'on filme constamment en 4K
  • Menus des modes de vol automatisé pas toujours explicites
  • Prix en hausse
David Lefevre

Photographe et vidéaste professionnel, spécialiste des reportages, des conseils photo et surtout adore regarder la terre vue du ciel avec ses drones. Ses publications 

Les prix
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