1987 est une année de transition. Une année impaire sans cette théâtralisation des nouveautés à laquelle contribue la grande foire de Cologne, photokina. Si le décor a été planté l’année précédente chez Kodak, les prototypes sont analogiques et non numériques, avec tous les inconvénients signalés dès 1986 par quelques ingénieurs visionnaires de cette firme.

James McGarvey est l’ingénieur Kodak de génie qui, avec son collègue Peter J. Sucy, est à l’origine de tous les appareils numériques dont nous nous servons aujourd’hui. © J. McGarvey 2012.

Lors des trois précédents épisodes de cette saga, Rétro-Photo, 1986, première partie et 1986, seconde partie, nous avions mis en évidence le perfectionnement rapide des ordinateurs et de leurs périphériques, recourant comme nous le savons tous à une technologie numérique, c’est-à-dire que l’enregistrement et le traitement de l’image se composent de 0 et de  1. A contrario, les premiers appareils numériques, tant les prototypes que les tout premiers modèles (produits d’ailleurs au compte-gouttes à partir de 1986 et surtout de 1987, à savoir les reflex Canon RC-701 et Casio VS-101), s’engagent dans une voie sans issue, car ils sont analogiques. Autrement dit, ils utilisent une technologie vidéo proche de celle des vieux magnétoscopes à bande VHS. Cela complique le dialogue avec les ordinateurs : il faut un convertisseur analogique-numérique pour passer des uns aux autres. En outre, les images se dégradent de façon non négligeable à chaque duplication des photos.

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