Un lecteur nous interroge pour savoir si la stabilisation mécanique est suffisante avec une longue focale (équivalente à 600 mm en 24x36) ou s'il faut privilégier une stabilisation optique. Un débat long comme un jour sans pain, mais qui évolue, notamment avec Panasonic et son GX8 disposant d'une double stabilisation à la fois mécanique et optique. Le meilleur des deux mondes ?

Bonjour, je possède un Panasonic GX8 et j'aimerais savoir si la stabilisation de ce boîtier est suffisante pour utiliser le zoom Olympus M.Zuiko Digital ED 75-300 (non-stabilisé) à main levée. À défaut, conseillez-vous le zoom Panasonic 100-300, a priori moins bon, mais stabilisé.

Louis L., lecteur de Focus Numérique

### La règle de départ En photographie, une règle empirique veut que pour obtenir un cliché net, il faut déclencher avec un temps d'obturation au moins égale à l'inverse de la focale utilisée. Ainsi, si vous utilisez un 50 mm avec un capteur 24x36, vous devez photographier au moins au 1/50 s pour espérer une photo nette. Vous l'aurez compris, plus votre focale est longue, plus il vous faut déclencher avec des temps de pose courts : 1/200 s pour un 200 mm, 1/300 s pour un 300 mm. Cette règle empirique "fonctionne" avec les équivalents 24x36. Ainsi avec les optiques Micro4/3 de notre lecteur, elles sont respectivement équivalentes à un 150-600 mm pour le modèle Olympus et 200-600 mm pour le modèle Panasonic (coefficient multiplicateur x2), le temps de pose minimale est donc de 1/600 s. Il faudra donc de la lumière ou pousser la sensibilité ISO pour avoir des expositions correctes.

Stabilisation optique ou mécanique ?

L'idée des systèmes de stabilisation est de réduire ce temps de pose. Les constructeurs ont dans un premier temps stabilisé les optiques en plaçant un bloc pouvant se déplacer afin de compenser les mouvements du photographe. Une technique que l'on retrouve pratiquement chez tous les constructeurs d'optiques, hormis Pentax. La stabilisation optique n'est fonctionnelle que sur 4 axes au mieux, la lentille circulaire ne pouvant compenser les mouvements de rotation (roll).

Principe stabilisation optique

Panasonic a d'ailleurs "révolutionné" le marché du compact en généralisant la stabilisation optique sur les compacts avec le MEGA OIS. En 2003, Minolta a créé l'évènement en annonçant le premier capteur stabilisé sur le Dimage A1. Le principe est identique, à savoir le déplacement d'un élément de la prise de vue, pour compenser les mouvements du photographe et dans ce cas, il s'agit du capteur. Ce système permet de compenser les mouvements sur 5 axes : déplacements horizontaux et verticaux, le roulis (roll), le tangage (pitch) et le lacet (yaw). Quelques fabricants utilisent ce système : Pentax, Sony, Olympus et depuis le GX8, Panasonic.

Différents axes de la stabilisation mécanique
Les 5 axes de la stabilisation mécanique chez Sony
Chacun des systèmes présente des avantages et des inconvénients :

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Avantages Inconvénients
Stabilisation optique
Optimisée pour chaque type d'optique : macro, longue focale... Système optique supplémentaire qui rend l'objectif plus imposant et plus lourd et souvent plus cher
La visée est stabilisée
Stabilisation mécanique
Fonctionne avec toutes les optiques, même exotique Boitier plus imposant et plus lourd
5 axes de correction Certains boîtiers ne disposent pas de la visée stabilisée

Double stabilisation

Le format Micro 4/3 présente l'intérêt de proposer les deux systèmes de stabilisation, Olympus préférant la stabilisation mécanique et Panasonic la stabilisation optique. Si au début, la stabilisation des optiques Panasonic était désactivée lorsque celles-ci étaient visées sur un boitier Olympus, les deux systèmes peuvent désormais coopérer pour améliorer la stabilisation. Les systèmes ne sont donc plus concurrentes, mais complémentaires. Reste à savoir comment ? Les effets s'additionnent-ils ?

Lors de la présentation du GX80, qui dispose comme les GX7/GX8 d'une double stabilisation, un consultant technique nous a apporté un éclairage. D'après des calculs (cf. capture d'écran ci-dessous), les deux systèmes sont complémentaires, car plus efficaces selon les focales.

Calcul stabilisation mécanique vs optiqueEt hop un petit cours d'optique en présentation presse...

Les formules permettent de calculer le déplacement du capteur nécessaire pour stabiliser une prise de vue à différentes focales sachant d'un capteur 4/3" ne pas se déplacer, apparemment, de plus de 1 mm soit 7,7% de sa hauteur :

  • 14 mm (éq. 28 mm en 24x36) : 0,94% de sa hauteur

  • 25 mm (éq. 50 mm en 24x36) : 1;7%

  • 300 mm (éq. 600 mm en 24x36) : 20,2 %

À 300 mm, le capteur ne pourrait donc absolument pas stabiliser les vibrations. S'il existe une norme CIPA pour définir le gain des stabilisations en IL, elle n'indique malheureusement pas pour quelle focale et les constructeurs se gardent bien de nous le préciser. Ainsi, les gains de 4 ou 5 IL sont-ils réalisés à 12 mm, 25 ou 600 mm ? Personne ne peut nous le dire.

Une autre présentation vient compléter ces calculs. Si les deux systèmes coopèrent désormais, la stabilisation mécanique s'avèrerait plus efficace pour les courtes focales (en dessous de 100 mm), alors que la stabilisation optique serait plus performante pour les longues focales. L'addition des deux systèmes serait alors supérieure à un seul système.

double stabilisationRemarquez que la stabilisation optique présente la même efficacité, quelle que soit la focale utilisée.

Pour ajouter un peu d'eau au moulin, il est intéressant de noter qu'Olympus, chantre de la stabilisation mécanique, vient de présenter un téléobjectif M.Zuiko 300 mm f/4 IS... donc stabilisé. Et la marque de préciser que les deux systèmes de stabilisation cohabitent parfaitement.

M.Zuiko 300 mm f/4 IS PRO Olympus

Sur le terrain

Les mathématiques c'est sympa, mais pour un dimanche matin, rien ne vaut un petit test terrain. Et ça tombe bien puisque nous avons un GX8, un 75-300 mm d'Olympus et un 100-300 mm de Panasonic. De quoi essayer les différentes configurations à 300 mm (éq. 600 mm en 24x36).

Voici donc les résultats pour 10 photos réalisées à main levée avec le GX8 équipé du 100-300 Panasonic sans et avec la stabilisation optique activée et avec l'Olympus 75-300 mm avec et sans la stabilisation mécanique du boîtier activée. Le temps de pose choisi est 1/160 s soit 2 IL de moins que la valeur limite théorique (1/640 s). Et les résultats sont finalement plus surprenants que prévu...


Panasonic GX8 double stabilisation
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La double stabilisation du GX8 ne semble pas fonctionner avec le 100-300 mm de Panasonic. Pire, il semble que la stabilisation optique interfère avec la stabilisation mécanique pour la rendre ineffective avec seulement 3 photos nettes, un score identique à celui obtenu avec le 75-300 mm d'Olympus sans stabilisation.

GX8 avec 300 mm comparaison stabilisation mécaniqueComparaison avec et sans stabilisation mécanique à 300 mm et au 1/160 s.

Une petite recherche sur Focus Numérique vient confirmer cet affreux doute : le 100-300 n'est effectivement pas compatible avec la double stabilisation. Il faudra donc désactiver la stabilisation optique du 100-300 mm avant l'utiliser sur le GX8. En effet, il n'est pas possible de désactiver la stabilisation mécanique du boîtier avec le 100-300 mm vissé sur le boîtier et de profiter ainsi de la visée stabilisée.

Au final, le 100-300 mm de Panasonic ne peut bénéficier de la stabilisation optique avec le GX8 et se retrouve donc aussi dénudé que son concurrent d'Olympus. Le choix ne se fera donc pas sur ce critère, sachant que pour les deux objectifs, la stabilisation mécanique permet de gagner de 1 à 2 IL.

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Panasonic GX8 test review

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Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW.