Malgré les progrès réalisés par les capteurs, le bruit électronique reste un problème.

Bonjour. Quand procéder à la réduction du bruit dans le processus de dérawtisation ? Après les réglages de base dans Lightroom ou DxO Optics Pro ou en amont des différentes corrections ? Merci.

Charles G., lecteur de Focus Numérique

De la capture de la lumière à la création du fichier sur la carte mémoire, différentes étapes peuvent induire du bruit électronique : le bruit structurel (qualité du capteur), le bruit de lecture, le bruit d'amplification (lorsqu'on augmente la sensibilité ISO) s'accumulent pour apparaître sur les images et parfois entacher nos beaux clichés.

Visuellement, nous distinguons deux types de bruit électronique :

  • le bruit de chrominance : il s'agit de pixels colorés disséminés de manière aléatoire sur l'image. C'est l'ennemi n°1, car il est peu esthétique et plus difficile à traiter ;

  • le bruit de luminance : c'est le grain numérique en analogie au grain argentique. C'est ce qu'on appelle le moutonnement dans notre montée ISO. Agréable s'il est fin et irrégulier, il peut parfois prendre une allure trop systématique, donc trop artificielle.

Pour parfaire le tout, ces deux types de bruit peuvent naturellement être présents en même temps.

Bruit électronique : luminance + chrominance

Pour tenter d'éliminer au mieux le bruit électronique, il est indispensable de travailler avec des fichiers bruts qui offrent beaucoup plus de latitude de traitement. Si les appareils photo sont de plus en plus performants dans les hautes sensibilités, les logiciels de développement de fichiers bruts font également des progrès. DxO Optics Pro propose ainsi un mode Prime (disponible depuis la version 9) pour le traitement du bruit électronique qui diminue fortement le grain, au prix d'un temps de calcul qui peut atteindre plus de 5 minutes pour une image classique.

photo bruitéedétail sans correction du bruit électronique

correction standard avec DxO optics Pro 9correction du bruit avec Prime

De gauche à droite et de bas en haut : photo de départ, détail 100 % sans correction du bruit électronique, détail 100 % avec correction standard, détail 100 % avec DxO Optics Pro Prime.

Ordre de traitement

Charles se pose la question de la place du traitement du bruit électronique dans son flux de travail. De manière générale et lorsque l'on corrige des fichiers bruts, l'ordre d'application des paramètres importe peu. Par contre, les modifications apportées sur l'image peuvent influer sur l'apparition ou la disparition du bruit électronique. Il est donc recommandé d'effectuer la correction du bruit électronique en fin de traitement.

S'il est difficile de donner une recette unique pour le traitement des images, nous pouvons vous conseiller d'effectuer les grandes étapes dans l'ordre suivant :

1 - modifications de recadrage ;

2 - correction de la balance de blancs ;

3 - réglage de l'exposition ;

4 - retouche couleur ;

5 - traitement du bruit électronique ;

6 - accentuation.

Vous l'avez donc noté, le traitement du bruit n'arrive pas à la toute fin du processus, car nous gardons la possibilité d'accentuer les images afin de faire remonter des détails qui auraient pu être lissés avec le lissage du bruit électronique. Cet ordre n'est pas figé, bien au contraire. Le développement d'une image nécessite souvent des aller-retour entre les différentes étapes, un changement d'exposition pouvant faire varier la teinte d'une partie d'un cliché.

De manière générale, donc, et avec un logiciel de développement de fichiers bruts, l'ordre d'application des retouches n'a pas d'importance. Toutefois, si vous utilisez plusieurs logiciels pour préparer vos images, il est préférable le logiciel pour la réduction du bruit électronique en début, surtout si vous utilisez DxO Optics Pro. En effet, ces solutions se servent des données brutes et des Exifs de prise de vue pour améliorer le traitement du bruit électronique. DxO Optics Pro sera donc plus efficace avec un fichier RAW sans traitement réalisé plutôt que sur un Tiff provenant de Lightroom ou un JPEG issu de Noise Ninja.

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Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW.