Malgré une dynamique de plus en plus importante, les appareils photo peinent à saisir tous les détails d'une scène très contrastée comme un contre-jour. Une solution existe : la prise de vue HDR (High Dynamic Range ou bracketing d'exposition, ou encore large plage dynamique). Nous utiliserons le logiciel libre LuminanceHDR.

Notre lecteur souhaite réaliser une image HDR, mais son reflex n'assure pas toujours cette fonctionnalité de façon satisfaisante. Voyons comment contourner le problème en traitant les images sur ordinateur.

J'ai un reflex Canon 100D et j'utilise souvent la fonction HDR de l'appareil pour photographier des contre-jours. Malheureusement, c'est parfois insuffisant et les hautes lumières sont souvent très blanches. Quelle est la solution ? Merci.

Julien L., lecteur de Focus Numérique.

Le mode HDR du Canon réalise 3 vues consécutives de la même scène avec 3 expositions différentes, afin de capturer à la fois les informations dans les hautes lumières (sous-exposition) et les basses lumières (surexposition) et en mélangeant les 3 vues. Parfois, il arrive que les écarts d'exposition ne soient pas assez importants pour capturer toute l'étendue de la plage lumineuse de la scène (ce qui produit entre autres les lumières blanches que déplore notre lecteur).

Prise de vue

La solution consiste à augmenter cette plage de capture en multipliant les prises de vue, qu'il faudra ensuite assembler sur ordinateur. Nous sommes donc assez loin de la fonction tout automatique proposée par certains boîtiers, mais en réalisant plus de 3 vues, vous pourrez jouer plus finement sur le rendu final de l'image et maîtriser tous les éléments de la prise de vue. Dans tous les cas, un trépied est indispensable.

Canon EOS M5 menu bracketingLe menu bracketing d'exposition du Canon EOS M5 avec la possibilité de réaliser 3 vues à différentes expositions.

Vous devez donc réaliser des vues successives avec les expositions différentes. Deux solutions s'offrent à vous : utiliser une fonction de bracketing ou les réaliser manuellement. Dans le premier cas, il suffit de paramétrer la prise de vue en fourchette (bracketing) de votre boîtier et de définir le nombre de vues ainsi que l'écart d'exposition. Attention, certains boîtiers, dont le Canon EOS M5 que nous utilisons pour cet exemple, proposent un bracketing limité à 3 vues. Vous pourrez donc changer l'écart d'exposition entre les vues, mais pas le nombre de photos. L'intérêt est donc plus limité.

Dans le second cas, vous devez basculer en mode M pour faciliter les manipulations. Le plus simple est de fixer la mise au point en mode autofocus et de débrayer le système afin que le boîtier ne la modifie pas entre les différents clichés. Pour l'exposition, choisissez l'ouverture que vous souhaitez utiliser (f/5,6, par exemple), ne touchez plus à ce paramètre et positionnez la sensibilité ISO à la plus faible valeur. Faites alors varier le temps de pose afin d'obtenir une exposition neutre. Ensuite, décalez l'exposition en modifiant le temps de pose de 1 IL pour obtenir des images de -5 à +5 IL. Une telle plage est très confortable pour obtenir des images détaillées dans les ombres et les hautes lumières. Vous pouvez photographier en RAW + JPEG pour extraire le maximum d'informations.

Traitement sur ordinateur

Il existe aujourd'hui pléthore de logiciels pour réaliser l'assemblage des images. Parmi nos préférés, vous pouvez essayer HDRengine d'Oloneo (50 €, Mac OS / Windows), Aurora ( 100 €, Mac OS), le vénérable Photomatix de HDRsoft (à partir de 30 €, Mac OS / Windows) ou Lightroom qui, dans sa dernière version, dispose d'un modèle de fusion. Pour réaliser vos premiers clichés, nous allons utiliser un logiciel libre : LuminanceHDR (Mac OS / Windows / Linux) autrefois connu sous le sobriquet "qtpfsgui"... Parfois les changements de noms ont du bon !

Créez une nouvelle image HDR et chargez les différentes vues dans le logiciel. Si vous avez utilisé un trépied, inutile de paramétrer l'alignement automatique des images. Dans le cas contraire, vous pouvez utiliser l'outil pour limiter les effets d'images fantômes.

LuminanceHDRLuminanceHDR : sélection des images pour l'assemblage.

Une fois les images fusionnées par le logiciel, vous devez choisir un profil de rendu et de calcul. Les options ne sont pas clairement expliquées dans cette partie. Dans notre cas, nous avons utilisé le profil 1 (celui qui est affiché par défaut). Après quelques secondes de calcul, une nouvelle fenêtre affiche votre image HDR, mais attention : elle n'est pas encore terminée. En effet, l'image calculée est codée sur un nombre de bits supérieur à celui de l'affichage de votre écran, qui est généralement de 8 bits. Il faut donc restreindre toutes les informations à un rendu d'images 8 bits. Vous disposez pour ça de plusieurs algorithmes dans le menu Opérateur. Le Mantiuk'06 sélectionné par défaut donne de bons résultats, mais libre à vous d'essayer les autres rendus.

Canon EOS M5Image HDR réalisée avec le Canon EOS M5.
Canon EOS M5Image en mode P réalisée avec le Canon EOS M5.

LuminanceHDRImage HDR réalisée avec LuminanceHDR à partir de 5 images. Les détails de l'image sont assez fortement accentués.

Le rendu peut paraître un peu "surnaturel" et il faudra tâtonner avec les réglages de l'application (balance des blancs, niveau, algorithme de rendu) pour trouver le traitement qui vous convient.

Image HDR réalisée avec LuminanceHDR à partir de 5 images avec l'algorithme Mantiuk'08, qui offre un rendu un peu plus réaliste.

Lire également :
> Tutoriel : apprendre la photo HDR
> Découverte de la photographie HDR

Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

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