On pense souvent, à tort, que parler de résolution et de définition revient à la même chose. C'est faux et c'est encore une fois la faute aux Anglais ! Une bonne occasion de revenir aussi sur les différentes définitions en photo et en vidéo.

Comprendre la différence entre définition d'une image et résolution d'une image

Définition

La définition d'une image est la quantité d'information contenue dans celle-ci. En photographie numérique, une image est composée de points : les pixels. La définition est une valeur absolue qui permet de quantifier une image et, souvent, le capteur qui a servi a sa création. Vous pouvez ainsi avoir des images en 2, 8, 16 ou 100 millions de pixels, ou Mpx.

Notez que cette "écriture" de définition ne permet pas de connaître les dimensions de l'image : nous savons juste combien de pixels elle est composée. En effet, un pixel n'a pas de taille "physique" en soi : c'est une unité d'affichage ou d'impression. La taille physique d'un pixel peut ainsi très bien aller de plusieurs millimètres de côté, sur un écran géant par exemple, à quelques µm (ex. sur une dalle de smartphone).

Résolution

Toutefois, dès que cette image est affichée ou imprimée, il faut prendre en compte un autre paramètre : la surface d'affichage, donc la résolution. En effet, une fois que vous avez le support d'affichage (un écran, du papier...), il faut faire rentrer toutes les informations de l'image sur cette surface. Plus cette surface est petite, plus la résolution augmente.

Pour résumer, la résolution est le nombre de pixels par unité de mesure. Les Anglo-Saxons ont une nouvelle fois gagné la bataille, puisque le système métrique n'est pas utilisé. La résolution s'exprime en nombre de pixels par pouce — les fameux ppp (pixel per inch) — ou de points par pouce — les non moins fameux dpp (dot per inch). On pourrait parfaitement parler de pixels par cm, mais c'est rarement le cas.

Quel terme pour quel usage ?

Ces notions sont donc bien différentes. Mais alors d'où vient cette confusion ? Elle provient du fait que les Anglo-Saxons, pour évoquer la définition, utilisent le terme resolution. Le raccourci est donc facile et... tenace : vous trouvez encore des sites marchands qui, pour parler de la définition du 5D Mark IV de Canon, utilisent (fautivement) à la place le terme de résolution.

Canon 5D Mark IV et sa résolution de 30,4 Mpx

La notion qu'il faut retenir est que plus il y a de pixels, plus vous pourrez exploiter facilement votre image pour une impression, une visualisation sur écran ou un recadrage, lorsqu'il faudra une faire intervenir une dimension finale de votre image.

Différence de définition pour une image lors d'un recadrage Exemple d'un recadrage – sévère – dans une image en 2 Mpx (gauche) et 20 Mpx (droite) pour une dimension finale de 450 px de large.

En photo, la définition est donc une notion assez simple, mais qui n'apporte finalement pas beaucoup d'information. En vidéo, par contre, les choses se compliquent sérieusement...

Les cas de la vidéo et du cinéma

En vidéo, les conventions d'écriture varient, mais la plupart du temps, ce sont les dimensions de l'image qui sont utilisées pour définir... la définition.

Ainsi, l'affichage HDTV 1080 correspond à une image en 1 920 x 1 080 px, soit 2 073 600 pixels (environ 2 Mpx). C'est donc plus précis qu'en photographie, avec la possibilité de connaître les dimensions, donc le ratio d'une image.

Le problème de ce type de nomenclature, c'est qu'elle multiplie les références parfois peu explicites. Ainsi, en vidéo ou en cinéma numérique, on parle également des définitions UHD, 2K, 4K ou 8K. Pas simple de s'y retrouver.

Le format UHD correspond à une définition de 3 840 x 2 160 px. Pour les formats 2K, 4K...xK, c'est à peine plus complexe...

Le k ou K est une abréviation provenant du préfixe kilo, qui représente 1 000. On utilise cette expression comme abréviation, couramment dans le système monétaire : les milieux financiers ont pris l'habitude de parler de kilo-euros (k€) pour des milliers d'euros.

Dans notre cas, nous comptons les pixels. Il s'agit donc d'une définition dont l'une des dimensions – la largeur en l'occurrence – est x kilopixels. 2K pour 2 000 pixels, 4K pour 4 000 pixels ? Ce serait un peu trop simple...

Les 7 principaux studios de cinéma américains ont créé une entité appelée DCI, pour Digital Cinema Initiative, qui a défini en 2005 les spécifications techniques de l'exploitation des films en numérique.

Deux formats ont été normalisés à l'échelle mondiale :

  • 2K : 2 048 x 1 080 pixels ;

  • 4K : 4 096 x 2 160 pixels.

Comme pour les octets, la logique binaire du numérique a imposé un comptage en base en base 2. Un kilo-octet fait bien 1 024 octets, soit 210 = 1 024. Il en va de même pour le cinéma numérique : 2K pixels correspond donc à 2 048 pixels, et 4K à 4 096 pixels.

Apparemment, l'explication, la vraie, est autre. Ces matrices (2K, 4K) ont un ratio 1,89 (17/9, et non 16/9 comme la télévision) qui est plus proche des deux principaux ratios au cinéma : 1,85 et 2,39. La structure des films doit s'inscrire dans la hauteur ou la largeur de ces nouveaux formats.

Les définitions vidéo

Pourquoi l'industrie de la télévision ne s'est pas calée sur le standard cinéma ? Probablement pour conserver une certaine cohérence avec les formats HD précédents. Ainsi, le format UHD est le double du format HDTV 1080 et le triple du HDTV 720. La cohérence interne est donc préservée, au détriment d'une cohérence globale pour l'image animée.

Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications