CapteurCapteur CMOS Exmor RS® (13,2 x 8,8 mm) de type 1 pouce, format d'image 3:2. 20,2 Mpx
Monture/
Optique livrée24-70 mm f/1,8-2,8 (équivalent 24x36)
StabilisationOui, optique.
Antipoussière/
ViseurPop-up. Dalle de 2 359 000 points.
FlashISO Auto : env. 0,4 m à 10,2 m (grand-angle) / env. 0,4 m à 6,5 m (télé
ÉcranLCD de 7,5 cm. 1 228 000 points. Inclinable sur 180° vers le haut et 45° vers le bas
Mise au pointPar détection de contraste
Mesures d'expositionMatricielle, pondérée centrale, spot
Modes d'expositionPSAM
Vitesse d'obturation30 s à 1/32 000 s
MotorisationPrise de vue en continu avec priorité à la vitesse : env. 16 i/s, prise de vue en continu : env. 5,5 i/s
Sensibilité ISO80-12 800 ISO
MémoireSD/SDHC/SDXC/MemoryCard
AlimentationBatterie NP-BX1
ConnexionMicro-HDMI, USB, Wi-Fi, NFC
Dimensions102 x 58 x 41 mm
Poids300 g
LogicielsCapture One Pro pour Sony
Dans la boîte/

Caractéristiques

Sony Cybershot RX100 4, test review, vue de face

À chaque été son nouveau RX100 ! 4e itération du boîtier, le cru 2015 n'apporte aucun changement cosmétique. Toutes les nouveautés sont internes, à commencer par l'utilisation d'un nouveau capteur 1" de 20 Mpx Exmor RS, avec un S pour "Stacked". Cette nouvelle technologie améliore les temps de transfert des informations et offre de nouvelles fonctionnalités, comme l'enregistrement vidéo 4K ou hautes fréquences (jusqu'à 1 000 i/s), ou encore un mode rafale à 16 i/s. Ce capteur permet également d'utiliser un obturateur électronique jusqu'au 1/32 000 s afin de profiter de la pleine ouverture du zoom f/1,8 en plein soleil. En outre, le viseur électronique escamotable affiche désormais 2 359 000 points pour plus de précision.

Sans changement du niveau du zoom ou de l'écran LCD et avec une forte augmentation tarifaire, le Sony Cyber-shot RX100 IV est-il encore le compact expert référent ? Réponse dans ce test.

Disponibilité et prix

Le Sony Cyber-shot RX100 IV a été lancé au prix public conseillé de 1 150 €.

Caractéristiques

Test terrain jour 1

Le Sony Cyber-shot RX100 IV est une exception sur le marché et la série des RX100 est l'un des plus grands succès photographiques de Sony. Cette quatrième itération peut-elle s'inscrire dans la même veine ?

Sur le papier, le Sony RX100 IV intègre quasiment tout ce que la plupart des photographes désirent... et bien plus encore. Jugez plutôt : viseur électronique rétractable, flash intégré, zoom 24-70 mm f/1,8-2,8, capteur 1" de 20 Mpx, stabilisation optique, Wi-Fi, rafale montant à 16 images par seconde (i/s), écran orientable, vidéo 4K et modes de vidéo ralentis jusqu'à 1 000 i/s !

sony RX100 IV

Inutile d'énumérer davantage la liste des fonctions présentent sur cette quatrième version du RX100 : il sait tout faire. Oui, tout, car si quelque chose vous manque, vous pouvez passer par la liste des applications Sony et jouer avec le time-lapse, l'exposition multiple ou encore la décomposition d'image en mouvement !

Du coup, on s'amuse à imaginer la brièveté de la réunion des ingénieurs de la marque pour la conceptualisation de ce RX100 IV :

– Chef, qu'est ce qu'on ajoute à cette nouvelle mouture ?

– Tout.

– Êtes-vous bien sûr, chef ?

– Absolument, j'ai dit tout.

Ainsi, il sera beaucoup plus efficace d'énumérer ce qu'il n'a pas : il n'a ni écran tactile, ni GPS, ni touches rétroéclairées, ni entrée micro, ni sortie casque. Théoriquement, cette liste pourrait s'arrêter ici, mais dans la pratique, un appareil photo n'est pas uniquement un objet bardé de gadgets et de fonctionnalités. Il faut déjà que la magie opère et qu'il séduise son propriétaire, et surtout qu'il soit efficace sur le terrain.

Prise en main

Capteur 1" Exmor RS

À première vue, difficile de distinguer le RX100 IV de son prédécesseur le RX100 III. Pourtant, un bond technologique les sépare : le Mk IV embarque un nouveau capteur 1" appelé Exmor RS. Le S fait référence à "Stacked", une nouvelle technologie mise au point par Sony en 2012 pour sa gamme de téléphones.

L'idée est d’intégrer sous la couche photosensible une couche électronique contenant de la mémoire et des puces de traitement des données, afin d'accélérer les processus liés à la captation d'une image. C'est grâce à cette couche que le nouvel RX100 est capable de traiter de la vidéo 4K XAVC-S avec un débit de 100 Mbits par seconde, de la vidéo très haute vitesse en haute définition (250, 500 et 1 000 i/s) ainsi qu'une rafale capable de pointer à 16 i/s.

Néanmoins, le capteur en lui-même reste un Exmor R rétroéclairé (BSI) dont la définition stagne à 20 Mpx, ce qui est a priori déjà bien suffisant et permet de contenir le bruit en haute sensibilité. La densité de pixels ne bouge pas, et nos tests en laboratoire ont montré que le traitement du signal entre les deux dernières itérations du RX100 ne variait presque pas.

Un boîtier qui ne se laisse pas facilement apprivoiser

Si nous étions charmés par les précédentes versions du RX100, nous sommes un peu déçus de ne pas le voir évoluer esthétiquement. Il eût été intéressant par exemple que le design intègre un renfoncement un peu plus prononcé pour le pouce, ou qu'une mini-poignée intégrée face son apparition de façon à ce que le majeur, qui trouve naturellement appui sur le devant du boîtier, ne glisse pas aussi facilement.

sony RX100 IV

Par ailleurs, les reproches ergonomiques faits au Mk III n'ont pas été corrigés. Ainsi, le nouveau venu n'intègre toujours pas de griffe porte-accessoire et, surtout, ce viseur intégré fini par être agaçant : une fois éjecté grâce au levier situé sur la tranche gauche, il faut finir de le positionner à la main en le tirant vers soi. Un geste facile, qui pourtant lasse au bout d'un temps. Malheureusement aussi, les porteurs de lunettes pâtiront d'un dégagement oculaire assez faible ; de plus, il y a de grandes chances que le bord supérieur de votre monture tape dedans et le fasse se rétracter... ce qui fausse la dioptrie et donne une image toute floue dans le viseur. Un défaut énervant, qui empêche de profiter pleinement de la hausse de définition de la dalle Oled passant à 2,35 millions de points.

Notons néanmoins que l'un des défauts du RX100 III était qu'il s'éteignait lorsque l'on rangeait le viseur. Ce loup est enfin corrigé, puisqu'une option offre la possibilité de ne pas commuter l'appareil avec le viseur.

Interface

La disposition des touches ne change pas et on retrouve exactement les mêmes fonctions de personnalisation que sur le RX100 III. Il est possible de paramétrer la touche Fn, C (pour "Customize"), le trèfle de sélection ainsi que la roue qui encercle l'objectif. Vous pourrez donc par exemple lui demander de contrôler la sensibilité ou l'ouverture du diaphragme, comme sur un objectif à "l'ancienne", mais l'absence de crantage rend la manipulation un peu déroutante. On passe toujours un peu trop rapidement sur la valeur désirée.

L'écran monté sur charnière reste identique, avec 7,5 cm de diagonale pour 1 228 000 points, et le système de double charnière autorise un angle de 180° vers le haut et 45° vers le bas. C'est bien, mais habitués que nous sommes à nos smartphones, on tapote désespérément dessus pour valider une option ou prendre une photo, en vain : le tactile n'est toujours pas de la partie. L'interface n'évolue pas non plus. Au contraire même : en comptant les possibilités de réglages de la vidéo, elle se densifie et devient désormais trop complexe.

Sony Cybershot RX100 4 test review menus

Si pendant de longues années, les menus Sony étaient souvent cités en référence, avec notamment une classification des fonctions par onglets et un ordonnancement cohérent, il n'en est plus tout à fait de même avec le RX100 IV.

Les réglages sont très nombreux, l'aide contextuelle, quasi inexistante, certaines options restent obscures, comme le réglage de la "qualité d'affichage" (pourquoi ne voudrais-je pas que la qualité soit "élevée" simplement ?) et pire encore, trop disséminés : on passe d'un réglage concernant la photo à la vidéo, puis de nouveau à la photo pour enfin retourner à la vidéo sans trop comprendre la logique. Et nous vous épargnons pour l'instant les réglages de profil d'image personnalisable (de PP1 à PP6), éminemment intéressants mais la moindre aide disponible.

À sa sortie, nous avions un peu de mal à définir le placement marketing du RX100. Compact pour amateurs éclairés, sa qualité d'image avait largement de quoi satisfaire les experts, voire les professionnels. Aujourd'hui, le RX100 IV a un positionnement tout à fait différent. **** Si sa très large palette de fonctionnalités lui permet de toucher tous les publics, la densité de son interface et ses très nombreuses options de personnalisation le destinent à un public averti ou professionnel qui seul saura tirer la quintessence de ce bijou de technologie.

Mise en route

À l'allumage, le RX100 IV est un peu lent. Il faut compter un peu plus de 1,5 seconde pour que le zoom 24-70 mm f/1,8-2,8 se déploie, et plus de 2,5 secondes pour pouvoir enregistrer la première photo.

En revanche, une fois le boîtier allumé, sa vélocité est excellente. Il faut à peine 0,3 seconde pour faire le point et déclencher, quelles que soient les conditions lumineuses, et à peine 0,2 seconde entre deux images.

La nouvelle architecture du capteur Exmor RS promet une rafale pouvant atteindre 16 i/s, mais il faudra activer l'obturateur électronique et couper l'autofocus continu, l'exposition étant bloquée sur la première image. Dans les mêmes conditions avec l'obturateur mécanique, on arrive à une rafale à 10 i/s et on chute respectivement à 6 i/s avec l'AF continu activé et l'obturateur électronique enclenché et 2,5 i/s en obturation mécanique.

Qualité d'image : test terrain

Le couple objectif lumineux / capteur 1 pouce fait bon ménage et la qualité des images délivrées par le RX100 IV est excellente dans la plupart des circonstances.

Côté optique, on retrouve les mêmes caractéristiques que sur la version précédente, avec un excellent piqué au centre dès la pleine ouverture, du grand-angle 24 mm jusqu'au 35 mm, mais une faiblesse assez marquée sur les bords jusqu'à f/4. À fond de zoom, l'ensemble paraît homogène à la pleine ouverture f/2,8, mais le piqué décroît rapidement. On pourra d'ailleurs se référer au test optique du RX100 III pour plus de détails.

Sur le terrain, on retrouve ces caractéristiques avec une acutance élevée au grand-angle dès la pleine ouverture, mais des bords un peu mous.

Sony RX100 IV exemple 5
Sony RX100 IV exemple 8

Sur les scènes à forts contrastes, des aberrations chromatiques sont bien présentes, mais restent contenues.

Sony RX100 IV exemple 11

Au grand-angle et à la pleine ouverture, le vignetage est peu visible.

Sony RX100 IV exemple 19

En fermant le diaphragme, la sensation de netteté est remarquable et l'image devient plus homogène.

Sony RX100 IV exemple 9
Sony RX100 IV exemple 7

Sur les focales intermédiaires, l'image délivre un bon niveau de détails, mais il faut fermer le diaphragme pour accroître la netteté des bords.

Sony RX100 IV exemple 16
Sony RX100 IV exemple 18

Grâce au capteur de 1 pouce, au 70 mm, et à la pleine ouverture on pourra jouer avec le flou d'arrière-plan, mais le bokeh est assez nerveux. En fermant le diaphragme, le centre de l'image produit est d'excellente facture.

Sony RX100 IV exemple 6
Sony RX100 IV exemple 4

En dépit d'une nouvelle architecture, le capteur Exmor RS ne peut faire de miracle face à sa propre densité de pixels. Si les images délivrées par le RX100 IV sont remarquables jusqu'à 800 ISO, les hautes sensibilités restent un terrain sur lequel il faudra rester prudent. Le bruit commence à faire une apparition marquée à 1 600 ISO, même s'il n'est pas dérangeant. Au contraire, il donne même à l'image un côté texturé qui n'est pas désagréable.

Sony RX100 IV exemple 20
Sony RX100 IV exemple 1
Sony RX100 IV exemple 21

Passé ce stade en revanche, à 3 200 ISO, les détails commencent à être grignotés par le bruit numérique. Le lissage perturbe la sensation de netteté pourtant flatteuse dans les basses sensibilités et les couleurs deviennent un peu plus ternes. Selon nous, 3 200 ISO est la sensibilité à ne pas dépasser si vous souhaitez garder une image encore "propre". Notez aussi que le RAW permet de travailler sur le bruit coloré et qu'à condition d'apprécier les images granuleuses, cette sensibilité s'en tire honorablement dans le format brut.

Sony RX100 IV exemple 2
Sony RX100 IV exemple 13
Sony RX100 IV exemple 15

Au-delà, cela se complique. À 6 400 ISO, le bruit numérique parasite l'image et une foultitude de pixels aberrants fait son apparition. Les fins détails sont dilués par la granulation excessive et il devient difficile de lire l'image. Évidemment, pour une vignette web, cela passera sans problème, mais en fonction de votre niveau d'exigence, il faudra renoncer au tirage grand format.

Sony RX100 IV exemple 24
Sony RX100 IV exemple 12

À 12 800 ISO, l'image perd franchement sa tenue et ne sera exploitable qu'en secours ou en noir et blanc.

Sony RX100 IV exemple 23
Sony RX100 IV exemple 14

La dynamique du petit capteur 1 pouce est correcte, mais ne nous a pas bluffés. En contre-jour par exemple, et avec le mode DRO activé en automatique, le RX100 IV débouche les ombres mais fait monter le grain sensiblement. En désactivant cette fonction, les noirs sont assez denses et peuvent paraître vite enterrés. À l'inverse, si on souhaite exposer les ombres, les détails dans le ciel disparaissent malheureusement rapidement et il faudra utiliser le RAW ou les profils d'images personnalisables pour essayer de gagner en dynamique.

Sony RX100 IV exemple 22
Sony RX100 IV exemple 3

Les courbes S-Log et autres effets Cinelike sont en effet disponibles pour l'image fixe. Ce parti-pris intéressant permet de profiter d'une latitude de retouche plus importante qu'avec le JPEG de base, sans avoir à subir le poids du RAW (environ 8 Mo contre 20 Mo la plupart du temps). Ici, la photo est réalisée avec le Profil d'image PP3.

Sony RX100 IV exemple 10

Visée, autofocus

Le nouveau capteur Exmor RS du Cyber-shot RX100 IV permet à Sony d'améliorer la vitesse de son obturateur électronique, qui grimpe désormais à 1/32 000 s ! De tels temps de pose permettent de travailler à très grande ouverture, même dans des environnements très lumineux.

Par ailleurs, les performances en rafale ont également progressé, passant à 16 images par seconde lorsque l'autofocus continu est désactivé et que l'exposition est bloquée sur la première image. Avec le mode autofocus continu activé, on tourne autour d'une cadence de 6 i/s. Une très bonne vélocité, qui permet au RX100 IV d'être réactif.

Enfin, l'autofocus progresse lui aussi et est annoncé avec une réactivité de 0,09 s sur des sujets en mouvement.

Rafale et suivi de sujet

Sur une rafale de 13 images, nous obtenons un quasi-sans-faute. Les images 8, 9, 10 et 13 paraissent moins piquées que les précédentes, mais le sujet reste bien discriminé par rapport à l'arrière-plan. Sur une série précédente, nous n'avons eu qu'une seule image floue. Cette excellente performance marque un bond significatif dans le suivi de sujet. Cependant, il est à noter que pendant la prise de vue, on sent l'autofocus pomper, ce qui engendre la désagréable sensation de perdre le sujet...

Sony Cybershot RX100 4, test review, suivi AF

Pour un suivi de sujet latéral, l'autofocus accroche sa cible rapidement et efficacement.

Sony Cybershot RX100 4, test review, suivi AF latéral

Flash

Enfin en ce qui concerne le flash, la puissance est pertinemment dosée pour un fill-in et l'image délivrée assure un bel équilibre entre ombres et hautes lumières.

Sony Cybershot RX100 4, test review, flash

Sony Cybershot RX100 4, test review, flash

Si l'on désactive le flash, pour exposer correctement le visage du sujet, l'arrière-plan devient surexposé.

Sony Cybershot RX100 4, test review, exposition sans flash

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6 - 1/8 s à une sensibilité de 200 ISO (Tamron 24-70 mm f/2,8 Di VC USD). Le Sony RX100 Mark IV est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 200 ISO et une ouverture de f/5,6. Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (ARW).

Les JPEG

Le RX100 Mark IV est équipé d'un nouveau capteur 1" baptisé Exmor RS. Le S est nouveau et fait référence à une nouvelle technologie "stacked" présentée par Sony en 2012 pour sa gamme de téléphones. Pour faire bref, l'idée est d’intégrer sous la couche photosensible une couche électronique, contenant de la mémoire et des puces de traitement des données afin d'accélérer les processus liés à la captation d'une image.

sony Exmor RS Au centre, les deux blocs de mémoire intégrés au capteur Exmor RS.

Le capteur lui-même reste un capteur Exmor R donc BSI (rétroéclairé) et la définition est maintenue à 20 Mpx. Étonnamment d'ailleurs, la définition du capteur était absente de pratiquement tous les visuels de la présentation. La définition ne serait-elle plus au centre des préoccupations de nos chers fabricants ? Quoi qu'il en soit, l'arrivée d'un nouveau capteur est toujours un grand moment à la rédaction. Le RX100 Mark IV a-t-il les arguments pour devenir un nouvel étalon ?

Tailles des différents capteurs Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Que donne ce nouveau capteur associé à un nouveau processeur de traitement des données pour les JPEG ?

De manière assez classique, les images entre 80 et 400 ISO ne présentent pas de bruit électronique, même lors d'une visualisation sur un écran HDTV 1080 à 100 %. Seul point un peu étonnant, l'exposition de la scène à 400 ISO est un peu plus dense — un phénomène que nous avions déjà noté avec le précédent modèle. En mode "normal", l'appareil doit sans doute ajuster l'exposition correctement, ce qui n'est pas possible en mode M. Le phénomène est encore plus sensible à 800 ISO et les noirs, un peu bouchés. Le traitement du bruit électronique commence à venir brouiller la restitution des plus fins détails ; on le constate notamment sur la carte IGN. Les lignes de transitions sont également moins franches (zones colorées de la charte Kodak). Les plus fins détails sont gommés à 1 600 ISO (voir sur le billet de banque ou la carte IGN au centre) et l'image se "densifie" encore un peu plus. L'ensemble reste toutefois correct et amplement suffisant pour une impression A3.

À 3 200 ISO, l'image est vraiment dense et l'on perd le rendu des détails dans les zones sombres. Le grain monte, apparaît plus grossier et devient plus facilement observable sur les aplats colorés. Une étape est clairement franchie à 3 200 ISO ; pour s'assurer des images de qualité, il conviendra de ne pas dépasser cette sensibilité.

À 6 400 ISO, l'image devient plus fade : les couleurs sont moins prononcées et les noirs, bouchés. Cette sensibilité est acceptable pour des impressions petits formats. Quant à la valeur 12 800 ISO, elle sera a utilisée qu'en cas de nécessité, l'image étant vraiment dégradée avec un moutonnement peu esthétique et un lissage des détails important.

Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le RX100 Mark IV à quelques boîtiers emblématiques actuels, tels que le Sony RX100 Mark III le Panasonic GM5 et le Canon G7X.

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 3 200 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Entre les RX100 version Mark III et Mark IV, les différences sont assez peu visibles. Le nouveau capteur Exmor RS n'apporte visiblement aucune amélioration au niveau du traitement du bruit électronique. Le Panasonic GM5 est clairement pénalisé par son manque de définition (16 contre 20 Mpx) ; il donne de bons résultats à 1 600 ISO, mais vous noterez que le vert de la carte IGN n'est pratiquement pas visible. Le G7X propose un cliché un peu trop aseptisé à notre goût et, là encore, la carte manque un peu de relief avec des nuances de gris ou de vert qui n'apparaissent pas. Les deux compacts Sony sortent vainqueurs de cette confrontation.

Sony RX100 IV - 1 600 ISOSony RX100 III - 1 600 ISO
Panasonic GM5 - 1 600 ISOCanon G7X - 1 600 ISO

Oscilloscope

Passons certaines images RX100 Mark IV de Sony sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Notre outil confirme notre perception visuelle : les images sont vraiment excellentes jusqu'à 1 600 ISO, avec une dégradation bien visible à 3 200 ISO. Elles restent assez facilement exploitables jusqu'à 6 400 ISO, mais la granulation est déjà très présente dans les aplats denses. Au-delà, le bruit vient consteller nos zones de gris avec un moutonnement nettement perceptible qui dilue les plus fins détails.

Sony RX100 Mark IV test review bruit électronique sur gris 100 ISOSony RX100 Mark IV – 100 ISO | Sony RX100 Mark IV  test review bruit gamme gris graphique 100 ISO | | RX100 Mark IV test review bruit électronique sur gris 1600 ISOSony RX100 Mark IV – 1 600 ISO | Sony RX100 Mark IV test review bruit gamme gris graphique 1600 ISO | | Sony RX100 Mark IV test review bruit gamme gris 3200 ISOSony RX100 Mark IV – 3 200 ISO | Sony RX100 Mark IVreview bruit gamme gris graphique 3200 ISO | | Sony RX100 Mark IV test review bruit gamme gris 6400 ISOSony RX100 Mark IV– 6 400 ISO | Canon 760D test review bruit gamme gris graphique 6400 ISO |

Les fichiers bruts

Nous mesurons également le bruit de fond du capteur en reconduisant le protocole de test précédent, mais dans le noir complet avec un bouchon sur l'objectif. Les mesures sont effectuées (c'est le cas ici), dans la zone aveugle du capteur.

Le graphique ci-dessous représente la déviation standard (donc le bruit) pour les différents pixels colorés : rouges, verts, bleus, et verts. Pour simplifier les résultats, nous n'affichons ici les résultats que pour l'une des séries des pixels verts.

Test Sony RX100 Mark IV bruit électronique dans fichiers bruts

Mode vidéo

Le Cyber-shot RX100 IV est le premier compact de Sony à filmer en 4K TV (3 840 x 2 160 px, UHD) et l'un des seuls sur le marché à proposer cette définition avec le Lumix LX100. En outre, il dispose de modes d'enregistrements ultra rapides à 250, 500 et 1 000 i/s afin de faciliter le slow-motion et des ralentis fluides.

Très orienté vidéo, il intègre des modes d'images personnalisables (PP1 à PP6) telles que les courbes S-Log2, ITU709 ou encore Movie qui permettent non seulement de s'inscrire dans un flux vidéo broadcast ou cinéma, mais aussi et surtout d'aplatir l'image au maximum afin de la rendre plus souple à l'étalonnage. Pour mieux comprendre comment fonctionnent ces courbes et leur intérêt, nous vous invitons à lire le très intéressant article de notre confrère Jean-Charles Fouché, "Comprendre RAW, LOG et REC709".

Bien que pourvu de fonctionnalités vidéo qui le destinent à un public éclairé ou professionnel, le RX100 IV n'embarque étonnamment pas de prise casque ni de sortie micro. Un handicap important en reportage, d'autant plus incompréhensible que le bridge RX10 II, qui bénéficie lui aussi de la 4K Télé et de courbes d'images personnalisables, intègre ces attributs.

Pour tous les autres modes vidéos, nous vous conseillons de vous référer au test du RX100 III.

L'enregistrement en 4K TV à 25 i/s est possible durant 5 minutes, ce qui permet au RX10 II de conserver un autre petit avantage. Le format XAVC-S est utilisé afin de maximiser la compression vidéo jusqu'à 100 Mb/s pour accroître le rendu des détails, la fluidité des mouvements et diminuer le moiré. Tous les modes d'exposition sont disponibles et la mise au point est débrayable. De la même façon, on retrouvera avec plaisir les assistants d’enregistrement que sont les zébras et le focus peaking pour contrôler l'exposition et la mise au point. Notez d'ailleurs que cette dernière n'est pas très rapide en mode continu, mais reste silencieuse et fluide.

Le mode HFR (pour High Frame Rate) offre des cadences d'enregistrement permettant de ralentir jusqu'à 40x la vitesse d'une scène se déroulant à vitesse réelle.

On peut passer de la norme NTSC au PAL et inversement en réinitialisant le boîtier. Ainsi, le RX100 IV filme en 960, 480 ou 240 i/s et diffuse en HDTV 1 920 x 1 080 60p, 30p, ou 24p en NTSC. En PAL, les cadences de 1 000, 500 ou 250 i/s sont enregistrées pour être jouées en HDTV 1 920 x 1 080 en 50p ou 25p.

À l'usage, ces modes se révèlent tout simplement captivants et nous aurions presque envie de n'acheter le RX100 IV que pour cette fonction. Toutes les actions de la vie réelle prennent une nouvelle dimension et il est extrêmement agréable de voir la décomposition du mouvement de... tout et n'importe quoi.

Passé l'effet de surprise cependant, on s'interroge sur l'usage de cette fonctionnalité à la longue et, surtout, on se rend compte que la manipulation pour déclencher une séquence en haute vitesse n'est pas simple : il faut d'abord passer en mode HFR sur la molette des modes, ajuster le mode d'exposition, puis la vitesse d'enregistrement ; ensuite, il faut appuyer sur la touche centrale afin de "préparer" le RX100 IV à l'enregistrement ; enfin, ce dernier commence lorsque l'on appuie sur le bouton "Rec". Il est difficile au début de trouver le bon timing et de comprendre ce que le compact enregistre, d'autant plus qu'en qualité optimale, le temps d'enregistrement des séquences haute vitesse est de seulement 2 secondes.

Au final on retient que la vidéo 4K délivre une qualité d'image impressionnante avec un rendu de détails accru par rapport à la HDTV. Les ombres sont mieux gérées, les couleurs un peu moins ternes, le bruit moins visible et globalement, l'image paraît plus piquée. Seul bémol : à moins d'avoir un PC très puissant, oubliez le montage au format natif. Le passage par des proxy est obligatoire.

En ce qui concerne le rolling shutter, nous constatons que le format HDTV gère bien mieux les mouvements rapides.

Le RX100 IV est capable de filmer à des vitesses de fréquence d'image élevée pour offrir des ralentis fluides. En 250 et 500 i/s, la qualité d'image nous a paru tout à fait satisfaisante. Nous sommes en revanche un peu déçus par le mode 1 000 i/s dont l'image manque de netteté. En effet, pour filmer à une telle vitesse, le RX100 IV réduit fortement la définition d'enregistrement à 1 136 x 384 px, puis opère un agrandissement pour avoir un fichier de lecture à 1 920 x 1 080 px.

Il reste que la fonction est plaisante et qu'il est amusant de redécouvrir le monde au ralenti. Mais une fois la découverte passée, l'usage nous semble tout de même trop limité pour justifier une telle différence de prix avec le RX100 III.

Pour finir, le RX100 IV intègre des courbes de réglages offrant plus de souplesse lors de l'étalonnage en post-production. En effet, à moins de tourner en RAW, il est difficile de corriger a posteriori un fichier vidéo. L'image est compressée et la latitude de retouche est faible ; on se retrouve peu ou prou avec la même problématique qu'en photo lorsque l'on souhaite retoucher un JPEG. Pour pallier cette limitation, on utilise des courbes de réglages qui cassent le contraste, désaturent les couleurs et aplanissent l'image au maximum afin d'accroître, justement, les possibilités de réglages.

Dans la vidéo ci-dessous, on peut voir la différence entre un réglage standard, le préréglage PP3 et le préréglage PP6. Le préréglage PP3 permet de récupérer de l'information dans le ciel et les ombres, mais l'image manque de contraste. Le réglage PP6 avec la courbe S-Log2 aplatit complètement l'image, mais si à première vue elle nous paraît plate et grise, on a récupéré beaucoup d'information dans le ciel. En revanche elle n'est pas exploitable en l'état : il faudra passer par un logiciel d'étalonnage comme Speedgrade After Effects.

Exemples de photos

Sony RX100 IV exemple 1
Sony RX100 IV exemple 2
Sony RX100 IV exemple 3
Sony RX100 IV exemple 4
Sony RX100 IV exemple 5
Sony RX100 IV exemple 6
Sony RX100 IV exemple 7
Sony RX100 IV exemple 8
Sony RX100 IV exemple 9
Sony RX100 IV exemple 10
Sony RX100 IV exemple 11
Sony RX100 IV exemple 12
Sony RX100 IV exemple 13
Sony RX100 IV exemple 14
Sony RX100 IV exemple 15
Sony RX100 IV exemple 16
Sony RX100 IV exemple 17
Sony RX100 IV exemple 18
Sony RX100 IV exemple 19
Sony RX100 IV exemple 20
Sony RX100 IV exemple 21
Sony RX100 IV exemple 22
Sony RX100 IV exemple 23
Sony RX100 IV exemple 24

Verdict

Sony RX100 Mark 4

Le Sony Cyber-shot RX100 IV est une évolution intéressante du RX100 III, mais ne le remplace pas.

La nouvelle technologie apportée au capteur 1" Exmor RS permet d'accroître les débits de traitement d'image et d'offrir la 4K TV ainsi que des modes de captation très haute vitesse. Un apport qui concerne avant tout la vidéo, donc, et qui est soutenu par l'ajout de profils d'image permettant d'inscrire le RX100 IV dans un flux de production audiovisuel professionnel. Mais encore une fois, nous ne comprenons pas pourquoi l'impasse a été faite sur la prise casque et micro.

D'autre part, hormis ces aspects vidéographiques, le RX100 IV n'apporte pas grand-chose, en termes de qualité photographique pure, par rapport à son prédécesseur. Capteur de taille identique pour une même définition de 20 Mpx, objectif 24-70 mm f/1,8-2,8 polyvalent et lumineux mais dont on connaît les limites sur les bords des images, traitement en hautes sensibilités similaire à celui du RX100 III, ergonomie inchangée. L'interface, confuse, apparaît comme une usine à gaz difficile à maîtriser de prime abord. Quant à l'écran, il n'est toujours pas tactile. En revanche, la définition du viseur est grandement améliorée, passe à 2,35 millions de points et, surtout, le boîtier ne s'éteint plus systématiquement lorsqu'on le range.

En fait, le RX100 IV manque selon nous de charme. Il est bourré d'atouts, sait presque tout faire et plutôt bien, mais la prise en main glissante, le viseur étriqué et les menus trop complexes nuisent au plaisir d'utilisation. Et nous ne nous étendrons pas sur l'autonomie, qui permet à peine de dépasser les 250 vues. À trop vouloir en faire, il finit par nous perdre et se présente davantage comme une vitrine technologique que comme un appareil photo.

Au final, le Cyber-shot RX100 IV est un excellent appareil photo, puisqu'il s'inscrit dans la lignée des RX100 en ajoutant des spécificités techniques vidéographiques qui lui confère encore plus de polyvalence. Mais à l'usage, nous sommes un peu mitigés. Certes, la qualité d'image vidéo 4K TV est indéniablement supérieure à la HDTV 1080p et nous avons pris beaucoup de plaisir à "jouer" avec les vidéos hautes vitesses. Néanmoins, passé l'effet de surprise, on se demande s'il est justifié de dépenser 400 € de plus que pour un RX100 III.

Car là est le grand point faible de ce compact : son prix. Proposé à 1 149 €, il nous apparaît trop cher par rapport à la concurrence et au marché. Un Panasonic Lumix LX100, qui filme lui aussi en 4K et est équipé d'un capteur 4/3, constitue un concurrent sérieux pour la moitié du prix et si vous n'avez pas besoin de la 4K TV et de la vidéo haute vitesse, le RX100 III suffit amplement. Réfléchissez donc bien à l'usage que souhaitez faire de votre compact : il sera déterminant pour craquer ou non sur cette quatrième itération du RX100.

+
  • Vidéo 4K TV
  • Modes vidéo HFR
  • Viseur intégré
  • Bonne gestion du bruit jusqu'à 3200 ISO
  • Optique lumineuse
  • Qualité optique au centre de l'image
  • Intégration de profils d'image experts
  • Autofocus réactif
  • Wi-Fi et NFC intégrés pour un pilotage distant sans fil ou un transfert vers un smartphone
  • Écran LCD précis et monté sur charnière
  • Flash intégré et possibilité de l'orienter manuellement
  • Filtre ND intégré
  • Rafale à 16 i/s
  • Recharge par micro-USB universel
  • Finitions
  • Obturateur électronique
  • Interface compliquée
  • Prise en main glissante
  • Dégagement occulaire du viseur
  • Extraction manuelle du viseur électronique obligatoire
  • Pas de finition tout temps
  • Faible autonomie de la batterie
  • Qualité optique perfectible en bordure d'image
  • Pas d'entrée micro ou de sortie casque pour la vidéo
  • Mise sous tension un peu lente
  • Plus de griffe porte-accessoire
  • Hausse de prix trop importante
  • Écran non tactile
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Sony RX100 IV
Materiel.net 799,00 €
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