Capteur- Cmos 24x36, 24,3 Mpx
Monture/
Optique livrée- 35 mm f/2
Stabilisation- non
Antipoussière/
Viseur- En option : viseur optique Carl Zeiss (600 euros) et électronique (450 euros)
Écran- LCD 7,5 cm, 1 228 000 points (640x480 pixels)
Mise au point- par détection de contraste
Modes autofocus- AF-S, AF-CDMF, MF. Illuminateur d'assistance.
Mesures d'exposition- Multizone, pondérée centrale et spot. Correction d'exposition +/- 3 IL.
Modes d'exposition- P,A,S et M. 3 modes personnalisés. Auto, scènes, panorama et vidéo
Vitesse d'obturation- de 30 au 1/4000 s
Motorisation- 5 vps
Sensibilité ISO- 50 / 25 600 ISO (102 400 ISO en mode multi images)
Mémoire- MemoryStick, SD
Alimentation- batterie Li-Ion (NP-BX1). 220 images (CIPA)
Connexion- Micro USB (pas de chargeur de batterie)
Dimensions- 113 x 65 x 70 mm
Poids- 482 g
Logiciels/
Dans la boîte/

Caractéristiques

Sony RX1 un compact 24x36 et optique fixe 35 mm f/2

Pour beaucoup de photographes, le Saint Graal est le format 24x36, mais dans un corps de compact. Certes, cela existe déjà chez Leica, mais le prix reste dissuasif pour bon nombre d'entre nous surtout en l'absence d'autofocus.

Jusqu'à présent, aucun autre constructeur ne s'est lancé dans l'aventure du compact 24x36, jusqu'à cet été ou Sony a présenté le RX1 : un compact doté d'un capteur 24x36 et des derniers raffinements technologiques de la marque : autofocus, écran de qualité, mode panorama à main levée...Côté optique, la marque propose qu'une optique fixe : un 35 mm f/2 griffé Carl Zeiss.

Pas d'optiques interchangeables donc. Faut-il attendre une série de boîtiers avec différentes optiques, comme le propose Sigma avec la série DP, avec un 24 et un 50 mm ?

Fujifilm a également montré qu'il était possible, avec un peu de patience, de passer d'un modèle fixe (X100) à un système à optiques interchangeables (X-Pro1).

Quoi qu'il en soit, le RX1 a une fiche technique vraiment intéressante avec un capteur à 24,3 Mpx capable de grimper à 25 600 ISO, un mode vidéo complet (HDTV 1080 à 50 vps), un écran VGA (non orientable / tactile), une cadence rafale de 5 vps, un mode panoramique à main levée, un mode HDR...

Nous déplorerons toutefois l'absence de stabilisation optique qui aurait

Le RX1 justifie-t-il son tarif élevé ( 3100 euros) ? Réponse dans notre test.

Prise en main

À 3100 euros le boîtier, le photographe est en mesure d'être exigeant sur la qualité de fabrication au-delà des «simples» performances techniques.

Ergonomie

La prise en mains du boîtier est agréable. Le boîtier, tout en métal, n'est ni trop lourd, ni trop léger et la finition est haut de gamme. La préhension est facilitée par une légère gaine en caoutchouc sur la partie droite du boîtier. Nous aurions préféré une vraie poignée, mieux dessinée et qui offre une meilleure accroche. Notez que Sony propose un repose pouce bien pratique, mais cher (250 euros pour un simple morceau de métal...) et qui bloque les connecteurs électroniques de la griffe pour accessoire. Pour le tarif, il aurait été «sympathique» de la part de Sony d'offrir cet accessoire. Dans le même esprit, il parait un peu mesquin de faire payer le pare-soleil en métal.
Sony RX1 test review vue de face

Les commandes sont franches et ne présentent pas de jeu. Les molettes ont une rotation ferme et agréable. Toutefois, on regrette que le correcteur d'exposition ne dispose pas d'un verrou. Celui-ci a en effet une fâcheuse tendance à tourner tout seul lors du rangement ou de l'extirpation d'un sac photo. Dommage. La plupart des commandes sont bien positionnées et seul le bouton d'enregistrement vidéo (personnalisable) est placé un peu trop à droite pour être facilement accessible dans une position naturelle des mains.
Sony RX1 test review vue de dessus

Sur le dessus de l'appareil vous trouverez de gauche à droite : un flash escamotable, une griffe porte accessoire dotée de connecteurs, une molette pour le choix des modes d'exposition. Notez que le RX1 contrairement aux Nex-7, dispose de 3 modes personnalisables pour passer rapidement d'une configuration à une autre. Le déclencheur est muni d'un pas de vis pour un déclencheur souple, une mollette pour la correction d'exposition et une touche C personnalisable (26 options !). Un petit coup d’œil à l'optique montre une bague de diaphragme crantée au 1/3 d'IL, deux positions autofocus (0,2-0,35 m et 0,3 m- infini) ainsi qu'une bague de mise au point manuelle.
Sony RX1 test review vue de dos

À l'arrière, vous trouverez un écran 4/3 affichant 1 288 000 points en quadruplet RVBB (rouge, vert, bleu, blanc). La définition est en VGA (640x480 pixels). Celui-ci n'est malheureusement pas orientable ni tactile. Une molette de réglage et une roue codeuse (avec bouton central de validation) sont également présentes.
Sony RX1 test review vue avec flash

Le mode de mise au point est directement sélectionnable sur l'avant de l'appareil à l'aide d'un levier à 3 positions : AF (autofocus), DMF (autofocus avec retouche du point manuelle) et MF (mise au point manuelle).

Menus et personnalisation

L'un des atouts des compacts experts et de pouvoir configurer le boîtier à son envie. Le RX1 est assez riche de ce côté et propose plusieurs commandes personnalisables. La touche C sur le dessus du boîtier, la commande AEL et les différentes positions de la roue codeuse (bas, gauche, droite) peuvent recevoir plus de 20 fonctionnalités différentes ! De quoi satisfaire bon nombre de photographes.

Logiciels

Le Sony RX1 est livré avec deux logiciels :

  • Sony PlayMemories

  • Sony Image Data Converter

Le premier est une solution légère pour gérer sa photothèque. L'application permet de charger les images provenant de l'appareil photo sur un ordinateur, de trier les clichés et les vidéos, d'ajouter des notes des commentaires, d'imprimer les images, de créer des disques optiques (DVD, Blu-ray), d'envoyer sur certains réseaux sociaux (YouTube, Picasa, Flickr, Facebook...) de créer des cartes postales (il faut un compte Sony PlayMemories) et retoucher les photos. Les options sont assez limitées, notamment au niveau de la retouche. Pour exploiter tout le potentiel de vos images, il sera préférable d'utiliser Imaga Data Converter pour développer vos fichiers bruts.

Sony RX100 logiciel gestion image PlayMemoriesSony PlayMemories livré avec le RX1 pour gérer et partager ses images.

Les traiter les fichiers raw (.arw), Sony livre donc Image Data Converter, un logiciel un peu rêche (l'interface semble sortir des années 2000), mais qui permet de retrouver toutes les options du boîtier pour améliorer les images. Ainsi, vous pouvez travailler sur l'histogramme, régler l'exposition, la réduction du bruit électronique, la saturation des couleurs. La traduction est parfois aléatoire. Ainsi, le logiciel parle de Correction des ombres pour la correction du vignetage...Pas simple. Image Data Converter offre également quelques options pour classer et trier ses images , mais tout cela reste assez sommaire et ne viendra pas remplacer une véritable solution pour créer un flux de travail comme peut le propose Adobe Lightroom, Apple Aperture ou BibblePro ou AfterShot.

Sony RX1 test review logiciel imge data converter

Alimentation, stockage

L'accès à la batterie et au logement de carte mémoire se fait par la semelle du boîtier. Il sera donc impossible de changer la batterie ou de mettre une nouvelle carte mémoire dans l'appareil une fois celui-ci fixé sur un pied.

Sony RX1 test review batterie et carte mémoire

La petite batterie InfoLITHIUM NP-BX1 de 1240 mAh est annoncée pour 220 vues. Lors de nos tests, nous avons en effet à peine dépasser 200 déclenchements et quelques minutes de vidéos, ce qui est finalement bien peu. Pour partir en vadrouille ou pour un simple weekend, il faudra donc penser à s'équiper d'une seconde batterie. Autre petite surprise, le RX1 n'est pas livré avec chargeur de batterie, mais avec un simple transformateur et un cordon Micro USB. La recharge s'effectue donc avec le boîtier qui du coup est relégué à cette tâche plutôt ingrate pour un boîtier à 3100 euros. Vous pourrez toujours débourser 90 euros pour un chargeur optionnel, mais voilà qui, une fois de plus, semble bien mesquin de la part de Sony

Ne voyons pas tout en noir, le choix de la recharge par Micro USB permet d'utiliser les chargeurs (ou ordinateurs) les plus répandus du moment.

Carte mémoire

Côté stockage, Sony a opté pour un seul emplacement compatible MemoryStick et SD. Ce dernier n'est malheureusement pas compatible avec la dernière norme UHS-I qui permet d'exploiter des cartes avec un débit de 50 Mo/s. Dommage.

Connexions

Dans ce domaine, le RX1 est très classique avec une sortie micro HDMI, un connecteur Micro USB (recharge, transfert des données) et une entrée micro. Nous regrettons l'absence d'une connexion USB 3. Pourquoi ne pas avoir intégré une sortie casque pour faire du RX1 un parfait outil pour le reportage vidéo ?

Sony RX1 test review connexions

Flash

Le Sony RX1 est équipé d'un flash pop-up qui permet facilement d'éclairer une scène ou déboucher un contre-jour. Celui-ci est efficace de 0,75 à 21,7 m en mode ISO automatique (100-6400 ISO).

Sony RX1 test review flash intégré

Le flash dispose des modes de fonctionnement suivants : Auto / Flash d'appoint / Synchronisation lente / Synchronisation arrière / Sans flash.

Sony RX1 exposition Barbie au flash automatique avec reconnaissance des visagesAvec la reconnaissance des visages, notre Barbie est correctement exposée avec le flash intégré.

Dommage que celui-ci ne puisse pas piloter des flashes distants sans fil. Pour cela, il faudra équiper le RX1 d'un flash cobra compatible. La griffe flash permet d'utiliser un flash cobra compatible (la griffe est désormais au format ISO). Pour l'occasion nous avons utilisé un flash HLV-F60M.

Sony RX1 exemple 12

Visée, autofocus

Le compact expert 24x36 de Sony offre de nombreuses possibilités et options pour la visée. Naturellement, vous pouvez utiliser l'écran à l'arrière, mais vous pouvez également investir dans un viseur optique Carl Zeiss (600 euros tout de même) et un viseur électronique orientable (450 euros).

Écran

L'écran LCD affiche 1 288 000 points répartis en quadruplets rouge, vert, bleu et blanc pour une définition en 640x480 pixels et un ratio d'image 4/3 (il y a une bande noire en bas des images lors de la prise de vue pour afficher des informations. Globalement, l'affichage est fluide, mais vous noterez une baisse du rafraîchissement des images en basse lumière. Un petit passage sous la sonde montre que l'écran est de qualité avec une température des couleurs calée à plus de 7000 K (rendu un peu froid), un contraste à 500:1 et un gamma moyen à 2,3. Le delta E94 est à 3, ce qui est également assez bon. Mais un coup d’œil au graphique montre que certaines couleurs sont vraiment faussées (rouge, vert, rose, cyan).
Sony RX1 test review qualité écran LCDDe gauche à droite : mesure du gamma moyen en fonction de la luminosité, température des couleurs en fonction de la luminosité et Delta E94 moyen.

Il est possible d'afficher de nombreuses informations sur l'écran pendant la visée , mais il n'est pas possible de superposer les informations classiques (niveau batterie, vitesse, ouverture, monde d'expo, balance des blancs...) avec un histogramme ou un niveau électronique. Notez qu'il est possible de différencier l'affichage des informations sur l'écran LCD et le viseur électronique. Voilà qui est appréciable.

Viseurs optionnels

Sony RX1 test review les viseurs optionnelsLe viseur électronique posé sur le côté et le viseur optique monté.

Le viseur optique Carl Zeiss est vendu 600 euros et se présente comme... un simple viseur optique. Il y a certes des collimateurs, mais vous ne pouvez afficher aucune autre information. Le cadrage est, en outre, pour le moins approximatif comme vous pouvez le constater sur les deux images ci-dessous.

Pour finir, le viseur ne dispose d'aucun système de verrou. Au moindre choc, celui-ci peut donc tomber.

On préférera donc le viseur électronique (450 euros) certes beaucoup moins élégant, mais moins cher et plus performant. Ce dernier est articulé et couvre 100% du champ couvert. En outre, vous pouvez afficher un nombre conséquent d'informations (quadrillage, réglages de l'appareil...) pour faciliter la prise de vue et le cadrage.

Le viseur électronique EV1MK est équivalent au viseur intégré des Nex-7 / Nex-6 / Alpha 99 et affiche, via une dalle Oled XGA, 2 359 296 points pour une définition de 1024x768 pixels. L'afficheur est précis et fluide. Comme sur les autres modèles Sony, la dynamique n'est pas parfaite, mais il s'agit du meilleur viseur électronique du moment.

Mise au point

Il est possible d'utiliser le RX1 en mode autofocus ou mise au point manuelle. En mode auto, le boîtier propose 2 modes de mise au point : AF-S et DMF. Le premier réalise une mise simple alors que le second permet une retouche manuelle du point. Vous pouvez opter pour un mode multizone (25 points), un mode central (1 point) ou un mode spot (flexizone). Le compact Sony peut également utiliser la reconnaissance des visages pour faciliter la mise au point.

En mode MF, vous pouvez activer le peaking qui surligne les zones nettes (plus fort contraste) avec un liseré coloré. Celui-ci fonctionne aussi bien en photo qu'en vidéo.

Performances

Lors de nos premiers contacts avec les prototypes du RX1, nous avons été déçus par la réactivité de la mise au point. Nous étions impatients de vérifier le comportement du boîtier sur un modèle définitif.

La mise sous tension requiert un peu plus de 2 secondes. Une attente un peu longue pour un appareil qui n'a pas à déployer d'optique. . Dans notre studio avec des conditions lumineuses contrôlées, la mise au point requiert environ 0,6 s. Pour un modèle haut de gamme, cette latence est une longue et nous aurions aimé que le RX1 s'approche des chronos d'un reflex d'entrée de gamme soit environ 0,3 s. C'est surtout en basse lumière que le compact expert déçoit. Sous 3 lux, l'autofocus a une fâcheuse tendance à patiner et il faut souvent patienter plus de 2 secondes pour le que boîtier face le point. Sur ce point, le RX1 n'est donc clairement pas à la hauteur de son ambition.

thead thead thead thead
action temps cadence commentaires
Mise sous tension (temps nécessaire pour obtenir la première image avec mise au point) 2,4 s / moyen
Latence au déclenchement / / non mesurée
Temps entre 2 images
(JPeg)
0,3 s / bien
Temps entre 2 images
(Raw)
0,3 s s bien
Autofocus lumière 0,55 s s moyen
Autofocus pénombre (3 lux)avec lampe d'assistance 2,3 s s médiocre
Autofocus en macro / / non mesuré
Rafale JPeg / 5,7 vps La cadence rafale est légèrement supérieure à celle annoncée par Sony sur au moins 10 vues.
Rafale Raw / 4 vps La cadence baisse un peu en Raw (normalement annoncée à 5 vps) sur au moins 10 vues.

Précision, colorimétrie

Le Sony RX1 est équipé d'une optique griffée Carl Zeiss, un 35 mm f/2 idéal pour le reportage. Celui-ci est-il à la hauteur des prétentions tarifaires du boîtier ?

Carl Zeiss 35 mm f/2

JPeg

Nos mesures de MTF sont réalisées avec DxO Analyzer sur les fichiers JPeg. La résolution optique du capteur 24x36 est de 83,3 paires de lignes par millimètre. À pleine ouverture (f/2) et au centre, le boîtier délivre des images très douces et la résolution optique atteint 69 lp/mm ce qui n'a rien d'étourdissant. En fermant d'un cran, la résolution frôle les 72 lp/mm et le couple optique/capteur est à son apogée à f/5,6 avec 73 lp/mm. Les performances baissent doucement à partir de f/8. L'optique est par contre bien homogène sur le champ et les bords ont pratiquement le même piqué que le centre.

Sony RX1 test review résolution optique

L'accentuation du fichier est faible et il sera intéressant de travailler les images avant une impression. Globalement, le couple capteur / optique est plutôt réussi, mais on préférera photographier en raw pour exploiter au mieux les capacités du boîtier. Notez que l'analyse d'une image issue d'un fichier raw atteint facilement les 83,3 lp/mm, valeur maximale pouvant être atteinte par le couple capteur / optique.
Mesure MTF à f/2 (JPeg)

Conversion raw

Si DxO Analyser ne peut pas prendre en compte les fichiers bruts du RX1, nous pouvons toujours comparer des fichiers JPeg issu d'un conversion Raw à l'aide du logiciel Image Data Converter de Sony. Le résultat est saisissant. La conversion (paramétré par défaut) pousse l'accentuation et le contraste de l'image. L'image est un peu plus précise sur les plus fins détails et le micro contraste local donne un peu plus de tonus aux images.

Sony RX1 test review comparaison piqué JPeg et RawExtraits 100% d'une image JPeg sortie du boîtier (gauche - téléchargement fichier) et Raw converti (droite - téléchargement fichier).

Distorsion et vignetage

En réalisant quelques images, vous noterez rapidement que le 35 mm présente une distorsion assez facile à mettre en évidence. Par défaut, la correction des déformations géométriques n'est pas activée. Les mesures confirment également la distorsion en barillet (TV -2.23%). Notez que les aberrations chromatiques, elles traitées à la volée, restent un peu visibles sur les clichés.

Sony RX1 test review distorsion

Une fois la correction logicielle activée, la correction disparait presque complètement.

Sony RX1 test distorsion corrigée

Au final, l'optique s'avère de bonne facture avec un piqué honnête qui pourra être amélioré en travaillant avec les fichiers bruts. Dommage que la distorsion soit aussi visible pour un 35 mm (elle est bien corrigée sur les fichiers JPeg). Elle nécessitera un travail supplémentaire en post traitement avec les fichiers raw.

Rendu des couleurs et balance des blancs

Sous un éclairage de type lumière du jour (notre labo est calé à 5400 K), le Sony RX1 donne de bons résultats avec une belle neutralité de la balance des blancs dont le Delta E94 est en dessous de 1. Les couleurs sont par contre un peu saturées comme le montre le graphique ci-dessous.

Sony RX1 test review balance des blancs auto sous 5400 K graphique
Sony RX1 test review balance des blancs auto sous 5400 K mire

Sous un éclairage halogène (3000 K), la balance des blancs dévie fortement vers des teintes plus chaudes. Le rendu des couleurs est classiquement affecté.

température de couleur lampe halogene salle photo

La balance des blancs tire franchement sur le rouge orange et la mire prend une dominante très chaude. La balance des blancs automatique n'arrive pas vraiment à équilibrer le rendu global de l'image. Cela permet toutefois de conserver une ambiance chaleureuse aux images exposées sous un éclairage halogène.

Sony RX1 test review balance des blancs auto sous 3000 K graphique
Sony RX1 test review balance des blancs auto sous 3000 K mire

En utilisant une balance des blancs programmée tungstène, l'image retrouve une certaine neutralité, mais le rendu est assez froid et tire vers le bleu. Un constat corroboré par les mesures avec DxO Analyser. La balance des blancs s'oriente clairement vers des couleurs bleutées.

Sony RX1 test review balance des blancs tungstène sous 3000 K graphiqueSony RX1 test review balance des blancs tungstène sous 3000 K mire

Globalement, la balance des blancs automatique montre rapidement ses limites sous un éclairage un peu chaud, mais donne d'excellents résultats en lumière du jour. Comme pratiquement tout le temps avec les boîtiers numériques, il sera préférable de photographier en raw les images en soirée avant de personnaliser rapidement la balance des blancs en post traitement.

Gestion du bruit électronique

Depuis qu'il nous a été présenté, le RX1 de Sony n'en finit pas de nous faire baver...Il faut dire que les premiers contacts ont été plus que frustrants avec une interdiction formelle de le mettre sous tension...Bref, il nous a fallu patienter jusqu'à aujourd'hui pour glisser une petite carte SD à l'intérieur du boîtier et voir enfin de quoi est capable ce capteur 24x36. Cet imageur, nous le connaissons déjà un peu, sous différentes formes. Des modèles sans doute très proches (24,3 Mpx), équipent déjà le Nikon D600 (testé) et l'Alpha 99 (ce dernier dispose d'un modèle doté des pixels dédiés à l'autofocus par corrélation de phase).

Pour notre test, nous reprenons le protocole habituel : la scène est éclairée sous 200 lux, le Sony RX1 positionné en mode M avec le couple 1/4 s et f/5,6 pour une valeur ISO de 100. Nous faisons ensuite varier la sensibilité ISO ainsi que la vitesse d'obturation. Les images sont visibles à 100% et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (ARW).

Les JPeg

Contrairement à l'Alpha 99 qui avait, pour les mêmes couples, un rendu assez dense, le Sony RX1 aurait plutôt une tendance inverse avec une surexposition notable (environ 2/3 IL en trop). De 50 à 400 ISO, le compact délivre d'excellents clichés sans la moindre difficulté : les images sont détaillées et les aplats colorés propres. Les sensibilités 800 et 1600 ISO sont étonnamment dépourvues de grain. Les images sont encore impeccables avec de nombreux détails, une dynamique importante et un bon rendu colorimétrique et même à 3200 ISO, les images conservent une excellente tenue avec un grain peu présent, peu coloré et un lissage très doux.

Il faut passer à 6400 ISO pour voir le traitement du bruit électronique sur les plus fins détails (100% sur écran). Rappelons que la définition du RX1 (6000x4000 pixels) permet de réaliser des tirages 60x40 cm sans «tirer» sur les pixels. Le moutonnement n'est pas excessif et le grain plutôt. Les images ont encore beaucoup de matière et un rendu assez flatteur. Même à 12800 ISO, là ou l'Alpha 99 commencer à perdre ses pixels, le RX1 reste encore très performant, même si le lissage est naturellement plus sensible. Il est possible de pousser le compact jusqu'à 25600 ISO avec une qualité d'image assez étonnante.

Naturellement, il conviendra de pondérer ses premiers résultats avec un test sur le terrain avec une lumière plus difficile. L'Alpha 99 nous avait fait bonne impression en studio avec une lumière de qualité, mais s'est montré plus décevant sur le terrain avec des conditions lumineuses plus compliquées.

Pixum partenaire de Focus Numérique pour l'évaluation de la qualité des imagesPour l'observation de la qualité des images en format 30x45 cm, nous réalisons un tirage chez notre partenaire Pixum. Cela nous permet de comparer facilement les appareils à la plus basse sensibilité et à 6400 ISO.

Mode vidéo

Comme pratiquement tous les compacts haut de gamme Sony, le RX1 est capable de filmer en HDTV 1080. Dans un format AVCHD (version 2) vous pouvez enregistrer des vidéos en :

  • 50 p (28 Mbps : 2 images de référence, profil High@4.2). Dans ce mode, 1 minute de vidéo représente environ 200 Mo sur la carte.

  • 50 i (24, 17 Mbps)

  • 25p/24p (24, 17 Mbps)

Avec le format .MP4, la définition passe en 1140x1080 à 12 Mbps. Vous pouvez également filmer en VGA (640x480 pixels).

  • VGA (640x480 pixels)

Il n'est donc pas possible d'enregistrer en HDTV 720p, ce qui est dommage, car ce format est moins gourmand que le mode 1080 tout en gardant un avantage certain sur le mode VGA. Une petite mise à jour firmware serait la bienvenue.

S'il est possible d'enregistrer des vidéos directement en appuyant sur la touche rouge, vous disposez également d'un mode vidéo qui permet d'accéder aux réglages A,S et M. En associant certaines fonctionnalités à la touche Fn (ISO par exemple) vous pouvez également faire faire varier les options pendant le filmage. Contrairement au RX100, il n'est pas possible de réaliser un cliché pendant l'enregistrement vidéo.

Côté son, le compact enregistre en stéréo (AC3 / 256 Kbps) et l'effet de spatialisation est plutôt bien rendu. Notez qu'il est possible de relier un micro stéréo au boîtier pour améliorer la qualité d'enregistrement.

Qualité des images

Les vidéos produites par le RX1 sont globalement satisfaisantes. Naturellement, le sous-échantillonnage du capteur pour passer de 24 à 2 Mpx est assez violent et vous noterez pas mal de moiré sur les images, phénomène particulièrement visible sur notre mire de test. Le rendu est également assez doux et s'avère moins «vidéo» que certains boîtiers (Olympus OM-D EM-5 par exemple).

Sony RX1 test review mode vidéo 1080 25p
Sony RX100 test review mode vidéo détail mire précision HDTV 1080

Panasonic TM700 test review qualité des images mire

Mise au point, stabilisation

Vous pouvez réaliser la mise au point manuellement à l'aide d'une loupe et d'un mode «peaking» qui surligne avec des pixels colorés, la zone de netteté. Cette option est très pratique pour réaliser des transitions flou/net fluides.

L'autofocus manque un peu de réactivité, mais s'avère assez souple (peu d'effet de pompage) et très silencieux comme vous pouvez le constater sur le vidéo ci-dessous.

Le RX1 ne disposant pas d'un système optique, la stabilisation en vidéo est réalisée par recadrage de l'image. L'angle de champ passe alors de 35 mm à environ 44 mm avec la stabilisation activée, ce qui n'est pas vraiment la même chose.

Exemples de photos

La série d'images présentées débute à Montier-en-Der pour le festival de la photo animalière et de nature. L'occasion presque idéale pour quelques photos en extérieur. La combinaison des teintes automnales et la lumière chaude du soleil bas donne de belles tonalités aux images. Le rendu des couleurs est bien saturé et flatteur. Les images sont bien détaillées et le couple capteur / optique fonctionne à merveille. Avec le développement des fichiers bruts et en peaufinant les réglages, il est possible d'améliorer le rendu. Toutefois et contrairement à ce que montrent les images réalisées en studio, les JPeg sont bien optimisés et le gain est tout relatif. Il faudra sans doute attendre la prise en charge du RX1 par les ténors du moment que sont Lightroom, DxO ou Capture One pour voir apparaitre des différences plus franches.

Sony RX1 exemple 1
Sony RX1 exemple 2
Un petit tour par l'abbatiale de Montier-en-Der pour une série de clichés à pleine ouverture f/2 ou f/4 pour conserver un peu de profondeur de champ. Dans la pénombre du monument, le RX1 monte rapidement dans les tours pour rester au 1/40 s et limiter le flou de bouger. Nous sommes à 6400 ISO. Le grain reste fin et le bruit chromatique peu visible.
Sony RX1 exemple 3

Nous partons maintenant pour le haras de la ville. Le jour tire à sa fin et la luminosité décroit notablement. J'apprécie l'ouverture généreuse de l'optique qui permet de travailler à mains avec un temps de pose de 1/80 s. Pour le premier portrait animalier, je sous-expose d'un IL afin d'obtenir une ambiance très sombre et n'obtenir d'une tête émergente dans la pénombre. À pleine ouverture, le piqué reste très bon. Le second cliché est plus équilibré et le RX1 grimpe à 800 ISO pour conserver un temps de pose acceptable. Là encore, le rendu des détails est vraiment intéressant.

Sony RX1 exemple 4
Sony RX1 exemple 6
Rendez-vous dans le box. La lumière est vraiment faible et là encore il faut grimper à 6400 ISO pour rester au 1/30 s, un temps de pose tout juste acceptable. Là encore, le RX1 propose une image vraiment intéressante avec un grain fin et une image encore bien détaillée.
Sony RX1 exemple 5
La vue générale du haras permet de vérifier la qualité de l'optique d'un bout à l'autre du champ. Le piqué est homogène et même à pleine ouverture les bords de l'image restent assez nerveux.
Sony RX1 exemple 7
Changement d'ambiance. Nous sommes en intérieur avec un éclairage avec des lampes basse consommation. À f/2 et avec une mise au point rapprochée, la profondeur de champ est très petite. L'oeil est net et le reste du visage s'estompe dans un flou agréable. En intérieur, le RX1 se montre redoutable d'efficacité.
Sony RX1 exemple 8
Toujours pour la profondeur de champ, le RX1 propose une position macro qui permet de réaliser une mise au point entre 20 et 30 cm. Combiné avec une ouverture à f/2, la zone de netteté se réduit comme peau de chagrin. Sur la bouteille de bière, elle n'est que de quelques millimètres.
Sony RX1 exemple 10

Malgré son positionnement expert, le RX1 est bardé d'automatismes plus ou moins appréciables (reconnaissance des visages, mode HDR, panoramique à main levée...). Le mode rafale du capteur permet par exemple de réaliser des images panoramiques à main levée par balayage. Force est de reconnaitre que le système est plutôt efficace et que les algorithmes de traitement sont performants. Sur la scène, les ouvriers se déplaçaient, mais le cliché ne montre que peu d'images fantômes. Pour le mode HDR, l'empilement des images est également remarquable.

Sony RX1 exemple 9
Le RX1 dispose bien d'un flash pop-up pour déboucher les contre-jours, mais celui-ci ne permet pas de piloter des flashes distants sans fil (déception). Nous avons donc fixé un flash cobra directement sur le boîtier (le flash HVL-F60 est réellement disproportionné) pour réaliser deux portraits.
Sony RX1 exemple 11
Sony RX1 exemple 12

Dernier exemple pour apprécier la qualité de l'optique. Toujours à f/2, la mise au point est réalisée sur l’œil du lapin.

Sony RX1 exemple 13

Licence Creative Commons
Test Sony RX1 de Labracherie Renaud est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 France.

Verdict

Sony RX1 test review recommandé

Alors que les compacts 24x36 étaient légion en argentique, nous attendions toujours qu'une marque prenne son courage à deux mains pour proposer un modèle comparable, mais avec un capteur numérique. C'est donc Sony qui déclenche les hostilités avec le RX1, doté d'une optique fixe 35 mm f/2.

Sur le papier, le Sony RX1 est diablement séduisant et unique puisqu'il renferme toute la technologie Sony dans un boîtier qui ne fait que 113 x 65 x 70 mm et moins de 500 g. La prise en mains s'avère très agréable et le RX1 présente une superbe finition. Nous aurions aimé une poignée plus marquée, mais l'ensemble se manipule facilement et avec aisance. L'ergonomie est plutôt bien pensée et nous apprécions la possibilité de personnaliser amplement le boîtier. Bien sûr, il y a quelques loups. La molette de correction d'exposition a tendance à tourner toute seule et le déclencheur vidéo est étrangement placé, mais globalement, le RX1 s'en sort de manière honorable. Dommage que les ingénieurs Sony n'aient pas plus poussé la logique «numérique» avec un écran LCD orientable et tactile. Côté visée, l'écran LCD est de bonne qualité et vous pouvez opter pour des accessoires pour faciliter la prise de vue en plein soleil comme le viseur électronique inclinable (450 euros) ou le viseur optique Zeiss (600 euros) peu précis au demeurant.

La qualité des images est au rendez-vous. Le capteur 24x36 de 24,3 Mpx couplé au 35 mm f/2 Carl Zeiss délivre de superbes images. L'optique est piquée et homogène. Dès la pleine ouverture, les images sont détaillées, le piqué est bon sur l'ensemble du champ. La distorsion, le vignetage et les aberrations chromatiques peuvent être contrôlés à la volée (JPeg). En raw, vous noterez que l'optique présente une bonne distorsion en barillet. L'ouverture à f/2 et le diaphragme à 9 lamelles permettent de créer une profondeur de champ réduite et un joli flou arrière. La gestion du bruit électronique est bien maîtrisée et l'appareil parfaitement utilisable sur une plage de 100 à 6400 ISO et pourra être poussé jusqu'à 12 800 ISO sans trop de problèmes. En vidéo, le compact s'en sort également bien avec un mode HDTV 1080 50p et une entrée micro. Le RX1 de Sony s'avère donc un redoutable boîtier pour le reportage à la fois en photo et en vidéo.

Bien sûr, on pourra lui reprocher une certaine lenteur à la mise au point en basse lumière et quelques petits défauts comme une autonomie un peu juste, une molette de correction d'exposition qui tourne trop facilement ou une vitesse d'obturation limitée au 1/2000 s à f/2, mais globalement, le Sony RX1 délivre une belle qualité d'image et s'avère extrêmement polyvalent. Au final et pour un premier boîtier compact 24x36, le RX1 est une réussite et il reçoit donc un recommandé. Reste le prix, mais là c'est une autre histoire...

+
  • Compacité du boîtier et excellente finition
  • Très bonne gestion du bruit électronique
  • Optique de qualité et ouverture généreuse à f/2
  • Contrôle du diaphragme manuel
  • Mode panoramique à main levée
  • HDR performant
  • 3 paramétrages personnalisés
  • Flash intégré
  • Mode vidéo HDTV 1080 50p débrayable et entrée pour micro stéréo
  • Recharge par Micro USB (connexion répandue)
  • Ecran LCD précis et assez fluide
  • Autofocus trop lent en basse lumière
  • Autofocus globalement pas assez réactif
  • Pas de blocage du correcteur d'exposition
  • Distorsion de l'optique 35 mm
  • Pas de stabilisation optique
  • Faible autonomie de la batterie : environ 200 vues. Pas de chargeur livré en standard.
  • Accessoires onéreux. Viseur optique peu précis.
  • Vitesse d'obturation limitée au 1/4000 s et 1/2000 s à f/2. Pas de filtre ND intégré.
  • Pas de mode ralenti en vidéo. Pas d'accès aux modes NTSC sur une version PAL et inversement.
  • Pas d'écran orientable / tactile
  • Pas d'USB 3, pas de sortie casque
  • Pas de gestion des flashes distants sans fil à partir du flash intégré
  • En mode lecture, le compact ne gère qu'un seul format (photo/vidéo) à la fois
  • Pas d'échelle de profondeur de champ
  • Séparation étrange des photos et vidéos en mode lecture
  • Format raw (ARW) propriétaire
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW.

Les prix
Sony RX1
RX1
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