CapteurFOVEON X3® de génération Quattro. APS-C 23,5×15,7mm. Définition spatiale : 19,6 Mpx
Monture/
Optique livrée50 mm f/2,8 équivalent 75 mm en 35 mm. Mise au point minimale : 23 cm
StabilisationNon
Antipoussière/
ViseurNon, en option loupe pour écran
FlashNon (griffe porte accessoire présente)
Écran7,6 cm. 921 000 points
Mise au pointAutofocus par détection de contraste
Mesures d'expositionÉvaluative, Mesure moyenne pondérée centrale, Mesure Spot
Modes d'exposition(P) Program AE (décalage possible), (S) Priorité à la vitesse AE, (A) Priorité à l’ouverture AE, (M) Exposition manuelle.
Vitesse d'obturation1/2000* - 30 s. (*la vitesse maximale dépend de l’ouverture)
Motorisation-
Sensibilité ISO100 ISO ~ 6 400 ISO
MémoireCSD Card, SDHC Card, SDXC Card
AlimentationLi-Ion BP-51 (annoncé pour 200 clichés)
ConnexionUSB
Dimensions161 x 67 x 87 mm (L x H x P)
Poids440 g
LogicielsSigma Photo Pro
Dans la boîte2 batteries, bouchon, courroie, chargeur de batterie, câble USB

Caractéristiques

Alors que le dp0 avec son optique 14 mm f/4 vient d'être annoncé au salon de la photo japonais, le CP+, nous nous intéressons au Sigma dp3 Quattro, qui habituellement venait clore la trilogie de la gamme après les dp1 et dp2. Comme d'habitude chez Sigma, la différence entre les versions est à chercher dans le bloc optique, le reste ne variant pas. Ainsi, cette version du compact à capteur APS-C de Sigma dispose d'un 50 mm f/2,8 équivalent, en 24x36, à une focale de 75 mm.

Présentation

Sigma DP3 Quattro test review
Le dp3 Quattro de Sigma, un appareil à la forme singulière.

Le dp3 Quattro est le modèle "petit télé" de la série. Il offre une optique fixe de 50 mm ouvrant à f/2,8. Le capteur APSC utilisé étant pourvu d'un facteur de 1,5x, le 50 mm couvrira donc un champ similaire à un 75 mm sur un plein format.

Sigma DP1 Quattro de dos

L'optique 50 mm f/2,8 est construite autour d'une formule de 10 éléments répartis en 8 groupes. Contrairement aux dp1 et dp2 qui disposent d'un diaphragme à 9 lamelles, le dp3 est revu à la baisse avec "seulement" 7 lamelles. Difficile d"expliquer ce choix.

La mise au point minimale s'opère à 23 cm avec un rapport de reproduction de 1:3 relativement intéressant.

Capteur Foveon multicouche

Sigma dp, capteur foveon multicouche, principe et schéma de fonctionnement

Pour rappel, les dp de Sigma ont pour particularité de ne pas utiliser un très classique capteur à matrice de Bayer, mais un capteur Foveon multicouche, chaque couche captant les informations relatives à une couleur (une couche pour le bleu, une pour le vert et une pour le rouge). Le résultat peut se résumer de la sorte : les images capturées sont d'une incroyable richesse, tant par les détails que par leurs couleurs et leur dynamique, et les dp Quattro rivalisent sans peine avec les meilleurs capteurs plein format (voire moyen format) sur ce point.

Caractéristiques

Prise en main

Nous l'avions déjà noté : avec sa série dp Quattro aux lignes des plus singulières, Sigma a pris tout le monde à contre-pied, et s'est totalement affranchi de la forte tendance en design photo, depuis quelques années, au retour aux sources avec des formes inspirées des modèles argentiques, à l'instar de la série Pen chez Olympus ou X chez Fujifilm.

Quattro avant tout

Tous les modèles de série dp Quattro (dp1, dp2 et maintenant dp0) adoptent le même boîtier. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le pari est osé : les Quattro sont vraiment très surprenants de prime abord. Néanmoins il faut vraiment les essayer pour s'en faire une idée. D'un modèle à l'autre, seule l'optique change. Le dp3 est équipé d'une focale fixe 50 mm f/2,8.

Sigma dp1 Quattro avec loupe LVF-01La loupe de visée LVF-01, ici montée sur un dp1 Quattro.

Puisque seule l'optique change, la prise en main de ce dp3 est à peu de choses près identique à celle du dp1. Comme avec le dp1, vous avez l'impression de saisir un "appareil concept". Le dp3 ne dispose pas de viseur optique ou électronique, mais vous pouvez lui adjoindre une loupe qui vient se fixer au niveau de l'écran (LVF-01, prix non communiqué pour l'instant...) ; elle permet de grossir l'afficheur LCD d'environ 2,5x. L'immersion dans la visée est améliorée, en vous isolant de l'environnement extérieur. Attention toutefois : la visée n'en est pas plus précise ; elle est seulement plus confortable, avec un grossissement plus important. Ainsi équipé, le dp3 prend des airs de moyen format !

Sigma DP3 Quattro test review vue hauteur

Comme avec les autres Quattro, vous aurez sans doute tendance de prime abord à empoigner fermement l'appareil par la large crosse droite tenant lieu de poste de pilotage, ce qui sera rapidement aussi inconfortable qu'impraticable, car le pouce recouvre alors le trèfle de sélection. Il faut donc saisir le dp3 Quattro délicatement et de vos deux mains. Le majeur de la main droite vient se caler contre le rebord avant, l'index peut jouer avec les molettes ou le déclencheur situé sur le dessus de l'appareil, et le pouce navigue entre trèfle de sélection et panneau de commande.

Sigma DP3 Quattro test review vue de face

Par ses dimensions, le dp3 Quattro n'est clairement pas un appareil de poche. Avec le viseur optique (vendu en option), l'ensemble apparaît même assez imposant. Mais au-delà d'un capteur 4/3" (Panasonic GM1/GM5), il semble difficile de réaliser un appareil vraiment compact. Et de toute façon, si vous êtes l'heureux possesseur d'un dp Quattro, vous ne chercherez sans doute pas la discrétion : un dp Quattro se montre !

Ergonomie

Prise en main

Comme avec les autres Quattro, une fois l'appareil bien calé dans vos deux mains, vous cherchez naturellement à le mettre sous tension et là, vous constatez que votre index ne fait toujours pas 3 cm de plus... Les commandes de mise sous tension et de choix du mode d'exposition sont tout simplement inaccessibles sans lâcher l'appareil d'une main. Voilà qui frustre toujours autant. Pourquoi ne pas avoir positionné un commutateur à l'avant du boîtier ou sur la partie arrière pour une mise en route par le pouce ? Toutefois le boîtier s'apprivoise plus facilement que prévu.

Sa finition est de haute volée : la construction semble solide et les matériaux, de qualité pour un poids raisonnable (440 g tout équipé). Comme sur le reste de la gamme, seul le rabat en caoutchouc protégeant les connecteurs détonne, bien qu'il paraisse résistant. Il n'en reste pas moins que c'est un choix étonnant : Sigma avait réellement cherché à protéger l'ensemble de la connectique des poussières ou de l'eau, il aurait proposé une finition à l'épreuve des intempéries sur l'ensemble du boîtier (ce qui n'est malheureusement pas le cas).

Sigma DP3 Quattro test review

Dessus

Sur le dessus du boîtier, vous retrouverez donc la touche pour la mise sous tension, ainsi que la commande pour changer le mode d'exposition. Vous avez le choix entre les classiques P, S, A, M, et la possibilité de sélectionner 3 modes personnalisés. Les deux molettes sont facilement accessibles de l'index. Vous pouvez leur associer des fonctionnalités différentes (ouverture, vitesse, décalage du programme ou correction d'exposition).

Arrière

À l'arrière, le tableau de commande est toujours sur le côté droit de l'appareil avec, sur la poignée, un trèfle de sélection qui permet de choisir rapidement le mode de mise au point (autofocus, manuel) ou le collimateur AF (9 possibilités). Un tour de molette permet également de choisir la taille de la zone autofocus. Le trèfle, bien qu'agréable à manipuler, est malheureusement assez bruyant.

Le long de l'écran LCD, se succèdent des commandes pour désactiver l'affichage, accéder à un menu rapide et personnalisable, mémoriser l'exposition (AEL) ou placer dans la corbeille et enfin déployer le menu. Comme précédemment, nous aurions apprécié une cale pour reposer le pouce à l'arrière du boîtier.

Sigma DP3 quattro test review vue de dos

Tenue de l'optique

De la main gauche, vous pouvez soutenir l'appareil au niveau de l'extrémité et de l'optique. Cette dernière est imposante et superbement construite. Dommage que le revêtement soit aussi lisse et la bague de mise au point, aussi étroite.

Stockage, alimentation

Carte mémoire

Le dp3 Quattro fonctionne avec des cartes SD, SDHC ou Multi Media ; toujours pas de compatibilité avec des cartes plus rapides, notamment UHS-I hélas. Bon point, le logement carte est situé sur le côté de l'appareil. Si votre appareil est sur un trépied, il ne sera pas nécessaire de tout démonter pour changer votre carte.

Batterie

Côté alimentation, le dp3 Quattro fonctionne avec une batterie Li-Ion BP-51 de 8,7 Wh (7,2 V / 1 200 mAh). Elle ne lui assure malheureusement que peu d'autonomie : après une centaine de déclenchements, il faudra recharger ou changer de batterie. Sigma est d'ailleurs conscient du problème puisqu'il fournit 2 batteries avec le dp3 Quattro. Nous regrettons toujours que la marque n'ait pas opté pour une connexion Micro-USB universelle, qui permettrait de recharger sur un port USB à partir d'une prise secteur, d'un chargeur nomade ou d'un ordinateur. Un chargeur sur secteur est livré en standard.

Sigma DP3 quattro test review batterie

Visée

À l'arrière du boîtier, vous trouverez un écran LCD de 7,6 cm affichant 920 000 points (ratio 4/3 avec une bande noire pour les informations). Points négatifs : l'écran est très brillant, délicat à utiliser en plein soleil, et la dalle de protection est très sensible aux traces de doigts ; en outre, nous regrettons que Sigma ne propose pas un écran orientable et tactile pour améliorer l'expérience de l'utilisateur.

En pleine lumière, l'affichage est fluide et relativement précis. En intérieur ou en basse lumière, il perd un peu de fluidité et présente beaucoup de rémanence et un bruit électronique prononcé.

Le système du dp3 Quattro permet d'afficher quelques informations utiles à l'écran, comme un niveau électronique sur 2 axes, des grilles d'aide à la composition (4, 9 ou 16 lignes) et un histogramme d'exposition.

Mise au point et réactivité

Le Sigma dp3 Quattro utilise un module autofocus par détection de contraste sur 9 zones dont la réactivité n'est clairement pas le point fort du boîtier. Il faut en moyenne un peu moins de 1 seconde pour faire le point. En basse lumière ou sur un sujet peu contrasté, le système a tendance à "pomper" afin d'accrocher un détail. On est loin des performances d'un boîtier Micro 4/3 ou Nikon 1, mais ce délai reste raisonnable. Ce qui l'est moins, c'est le gel de l'affichage pendant la mise au point. Impossible de suivre en mouvement, par exemple.


Pour la mise au point manuelle, vous disposez d'une loupe (8x) au moment de la pression à mi-course du déclencheur. Vous pouvez également apprécier la distance avec une échelle affichée à la base de l'écran. Malheureusement, les ingénieurs n'ont pas prévu d'assistants comme le focus peaking qui permet de surligner les zones de netteté.

Il faut compter presque 3 secondes pour mettre le compact expert sous tension. C'est d'autant plus long que l'autonomie toute relative de la batterie incite à éteindre l'appareil dès la prise de vue terminée. Entre deux photos, le temps d'enregistrement est également long : il faut patienter près de 3 secondes sans pouvoir faire de réglages. En mode rafale, le boîtier dispose d'une mémoire tampon de 7 vues (RAW + JPEG ou JPEG seul) avec une cadence qui oscille autour de 4 ips.

Connexions

Sous le cache en caoutchouc, le dp3 Quattro propose une sortie USB. C'est tout. Pas de prise micro-USB pour la recharge ou le transfert des données, pas de sortie HDMI, aucune connexion actuelle comme le Wi-Fi, le NFC ou le Bluetooth.

Sigma DP3 quattro test review connexions

Son au déclenchement

Le dp3 Quattro est particulièrement silencieux et vous n'entendrez qu'un cliquetis au moment du déclenchement. Si vous désactivez l'assistance AF (diode rouge), vous pourrez déclencher en toute discrétion. Le son au déclenchement est le même que sur le dp1 Quattro, que vous pouvez en mode simple puis rafale, en cliquant sur la vignette ci-dessous.

Sigma DP1 Quattro test review son déclenchement

Modes photo, exposition

Le dp3 Quattro propose une plage de temps d'exposition variant de 30 s au 1/2 000 s. Nous aurions aimé à la fois un mode "bulb" afin de pouvoir pratiquer facilement la pose longue, et une obturation plus rapide au 1/4 000 ou 1/8 000 afin pouvoir travailler à pleine ouverture et en pleine lumière. Il ne dispose d'aucun filtre ND.

Le bracketing d'exposition s'étend sur 3 vues sur +/- 3 IL, mais il n'y a aucune option permettant de réaliser une photo à large plage dynamique (HDR). Le système offre également un intervallomètre.

Sigma DP1 Quattro test review mode standardSigma DP1 Quattro test review mode vif
Sigma DP1 Quattro test review mode cineSigma DP1 Quattro test review mode monochromeDe gauche à droite et de haut en bas : standard, vif, ciné et monochrome, réalisés avec le Sigma dp1 Quattro.

Le dp3 Quattro intègre les mêmes rendus colorimétriques que ses prédécesseurs, avec la possibilité pour chacun de modifier la saturation, la netteté et le contraste : Standard, Vivid, Neutral, Portrait, Landscape, Cinema, Sunset Red, Forest Green, FOV Classic Blue, FOV Classic Yellow et Monochrome. Pour ce dernier, vous pouvez également ajouter l'effet d'un filtre coloré (jaune, orange, rouge, vert, bleu) ou ajouter une dominante colorée (rouge, sépia, vert, bleu, violet...).

Logiciel

L'architecture du capteur Foveon X3 Quattro est telle que seul le logiciel fourni par Sigma peut développer les fichiers bruts XF3. À ce jour, aucun autre éditeur de logiciel ne propose de solution pour traiter des fichiers en provenance d'un capteur Foveon. Si vous décidez de photographier en RAW (et nous vous le recommandons), la case Sigma Photo Pro sera donc incontournable.

Il est recommandé d'avoir une configuration matérielle plutôt musclée, le traitement des informations en provenance du Foveon X3 Quattro demandant une puissance conséquente.

Sigma DP1 Quattro test review logiciel sigma photo pro

Sous son interface une peu vieillissante, le logiciel est assez complet et vous pouvez régler assez finement le rendu des images.

Précision, colorimétrie

Test labo

Nous avons testé l'objectif équivalent 75 mm du dp3 Quattro avec son capteur APS-C Foveon X3 de 19,6 Mpx (définition de la couche bleue). L'objectif est composé de 9 éléments répartis en 8 groupes (2 éléments asphériques et 1 élément FLD), et d'un diaphragme à 9 lamelles.

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil et la taille de son capteur. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le dp3 Quattro dispose d'une définition de 5424 x 3616 pixels (couche bleue). Chaque pixel mesure donc 4,3 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Nous avons fait le choix d'effectuer notre étude qualité optique du Sigma dp3 Quattro à partir du format de fichier 5424 x 3616 px : la définition native de la couche bleu du capteur Foveon X3 de l'appareil.

0,47 cycle par pixel au centre à f/2,8 ! C'est encore mieux que le dp1 Quattro. C'est presque incroyable quand on sait que la résolution optique maximale du capteur est de 0,5 c/p. Dans l'ensemble, la qualité d'image et la sensation de netteté sont exceptionnelles à toutes les ouvertures sur l'ensemble de l'image, du centre aux bords. On ressent l'effet d'une assez forte accentuation effectuée par le DSP de l'appareil qui procure des détails très "croustillants".

L'objectif n'est pas pour autant parfait ; il souffre d'un écart important de piqué entre les bords et le centre aux deux plus grandes ouvertures : f/2,8 et f/4. Globalement l'appareil donnera le meilleur de lui-même à f/5,6 et f/8. La diffraction fait son apparition dès f/11 et on observe une baisse de piqué générale. Attention toutefois, ces défauts sont relatifs : il faut les rapporter à l'excellent niveau de piqué général. Autrement dit, à f/2,8, même si les bords sont moins piqués que le centre, ils sont quand même extrêmement définis.

Sigma DP3 Quattro

Par comparaison, voici les résultats du dp1 Quattro.

Sigma DP1 Quattro
Sigma DP1 Quattro à f/8
Sigma dp1 Quattro à f/8. Sigma DP2 Quattro à f/8 Sigma dp2 Quattro à f/8. Sigma DP3 Quattro à f/8 Sigma dp3 Quattro à f/8.

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui pour un gris neutre 18 % requiert le couple f/5,6 - 1/8 s pour une sensibilité de 200 ISO. Le Sigma dp3 Quattro est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité ISO de 100 ISO et une ouverture de f/5,6. La vitesse est alors de 1/3 s. Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (XF3).

Les JPEG

Le dp3 Quattro est équipé d'un capteur Foveon X3 de dernière génération dans un format APS-C comme l'ensemble de la gamme qui porte ce nom.

différentes tailles capteurs

Ce capteur présente toujours une technologie tri-couche (bleue, verte et rouge), mais cette fois, la couche bleue présente 4 fois plus d'information que les couches inférieures.

Sigma Capteur Foveon Quattroarchitecture du capteur APS-C Foveon X3 Quattro
Architecture du capteur Quattro (visuel constructeur). Pour plus d'information sur le calcul de la définition, vous pouvez consulter cet article sur Les Numériques.

Si le comptage de pixels sur la précédente génération de capteurs Foveon X3 (Merrill) était assez simple, avec autant d'information colorée que de pixels, ici, le principe se complique sérieusement.

Les fichiers délivrés ont une définition de 5424 x 3616 pixels, soit environ 20 Mpx, ce qui est également la définition de la couche bleue. Attention, dans les autres couches, les informations sont donc extrapolées pour obtenir les éléments manquants. Les photosites des couches vertes et rouges étant plus grands, ils sont également plus sensibles. Autre avantage de cette technologie : le capteur ne comporte ni filtre passe-bas, ni filtre coloré susceptible de dégrader la qualité des images.

Par contre, le revers, c'est que peu de logiciels savent exploiter correctement le format particulier des fichiers bruts et, pour l'instant, il est préférable d'utiliser le logiciel maison Sigma Photo Pro. De toute façon, c'est en l'état la seule solution.

Les JPEG à 100 ISO sont remarquables de finesse et le rendu de matière, absolument superbe et unique. Aucun autre appareil photo n'est capable de restituer autant de détails de notre scène test. Malheureusement, l'architecture tri-couche a également ses limites et elle les montre trop rapidement quand on cherche à grimper dans les sensibilités ISO.

Ainsi, comme sur le dp1, dès 200 ISO, une granulation est déjà perceptible, notamment dans les aplats colorés. Il sera possible de pousser à 400 ISO, mais vous percevrez déjà une légère désaturation des couleurs et une granulation plus marquée. Idéalement, il faut s'arrêter à 800 ISO, sensibilité à partir de laquelle les images sont plus franchement dégradées : la granulation reste assez fine, mais présente une trop grande régularité et crée des bandes peu esthétiques. Les sensibilités supérieures ne sont toujours pas réellement exploitables : le bruit devient grossier et le lissage, destructeur.

Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le dp3 Quattro à quelques boîtiers référents comme le RX1R de Sony (24 Mpx, 24x36), le Fujifilm X100S (16 Mpx, APS-C) et le Nikon D800 (36 Mpx, 24x36).

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de12 Mpx environ. Avec les dp Quattro, nous avons choisi de limiter la sensibilité à 800 ISO afin de ne pas trop les pénaliser.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Sigma DP3 Quattro - 800 ISOFujifilm X100S - 800 ISO
Nikon D800 - 800 ISOSony RX1R - 800 ISO

Malgré une précision bien supérieure à celle de ses concurrents, le Sigma dp3 Quattro est en difficulté face à la concurrence à 800 ISO. S'il surclasse encore le Fujifilm X100S et son capteur APS-C X-Trans II en termes de rendu des détails, le X100S affirme sa maîtrise du bruit électronique avec des aplats exempts de bruit à 800 ISO. Le Sony RX1R est remarquable face au D800 de Nikon, avec un rendu bien équilibré entre détail et niveau de bruit électronique.

Oscilloscope

Passons certaines images du Sigma dp3 Quattro sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Les résultats sont à l'image du boîtier : un peu déroutants. En effet, à 100 ISO, l'oscilloscope montre déjà une belle "activité" sur la gamme de gris. Ce phénomène s'explique par la forte accentuation des images qui, couplée à l'impressionnante précision, met en relief les imperfections d'impression de la charte !

À 400 ISO, le bruit vient prendre le dessus et les gris sombres sont constellés de petits points, mais la dynamique reste raisonnable avec des paliers encore bien visibles. Au-delà, c'est beaucoup plus compliqué : les marches de l'escalier s'estompent et le bruit vient perturber le rendu des basses valeurs.

Sigma DP3 Quattro test review bruit électronique sur gris 100 ISOSigma dp3 Quattro – 100 ISO Sigma DP3 Quattro test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Sigma DP3 Quattro test review bruit gamme gris 400 ISOSigma dp3 Quattro – 400 ISO Sigma DP3 Quattro test review bruit gamme gris graphique 800 ISO
Canon G7X test review bruit gamme gris 1600 ISOSigma dp3 Quattro – 800 ISO Sigma DP3 Quattro test review bruit gamme gris graphique 800ISO
Sigma dp3 Quattro 3200 ISOSigma dp3 Quattro – 3 200 ISO Sigma DP3 Quattro test review bruit gamme gris graphique 800ISO

Fichiers bruts

Il est intéressant de noter que dans la moulinette Sigma Photo Pro 6.2, le traitement des fichiers bruts change clairement la donne si vous souhaitez photographier à 800 ISO ou plus. Même si le traitement des images est un peu long (entre 5 et 10 secondes selon la puissance de votre ordinateur), le gain est plus qu'appréciable... au niveau des détails. Par défaut, les images réalisées à 800 ISO ou plus présentent un gain évident au niveau du rendu des détails. Le traitement des données requiert sans doute beaucoup de puissance de calcul et le JPEG de l'appareil ne semble être qu'un simple "aperçu" de la photo. Le rendu des couleurs est par contre toujours aussi terne par défaut, et il est difficile de revenir à une colorimétrie juste.

La granulation étant plus fine, un passage en noir et blanc contourne élégamment le problème des couleurs et permet d'obtenir des images tout à fait convenables jusqu'à 3 200 ISO au moins.

Sigma DP3 Quattro test review JPEG vs RAW

Exemples de photos

Le Sigma dp3 Quattro et son optique équivalente à un 75 mm f/2,8 est un outil très intéressant pour le portrait. Nous avons donc réalisé quelques clichés en studio avec un éclairage flash (2 têtes) et les images (JPEG) sont véritablement époustouflantes !

Il suffit de les regarder à 100 % sur écran pour être impressionné : le niveau de détail est impressionnant et, en position macro avec une mise au point rapprochée, la profondeur de champ est très étroite. Nous retrouvons les "sensations" d'une image issue d'un moyen format !

Sigma dp3 Quattro exemple 1
Sigma dp3 Quattro exemple 2
Sigma dp3 Quattro exemple 3
Sigma dp3 Quattro exemple 4
Sigma dp3 Quattro exemple 5
Sigma dp3 Quattro exemple 6

Verdict

Sigma DP3 Quattro test review

Difficile de ne pas reprendre les conclusions s'appliquant aux précédents dp1 et dp2 Quattro tant les boîtiers sont similaires. Le Sigma dp3 Quattro est toujours un boîtier photo hors norme qui se singularise par son format et sa qualité d'image. Le piqué est exceptionnel et ce, jusqu'à 400 ISO.

Néanmoins le rendu des couleurs est parfois problématique. Ainsi, les nuances de vert apparaissent parfois bien ternes ou au contraire très saturées. Concernant la définition des images, il est difficile de rejoindre le discours de Sigma sur un capteur "équivalent" à un 39 Mpx. En effet, vous ne gagnerez en précision en passant en mode Super High qu'en extrapolant les images sous Photoshop. Pour nous, le dp3 Quattro est équivalent à un capteur 19 Mpx.

Dans des conditions idéales, les images délivrées par le boîtier sont vraiment extraordinaires et le dp3 Quattro, avec sa focale équivalente à 75 mm, est un vrai bonheur pour le photographe de portrait à la recherche de précision (ce qui n'est pas toujours le cas...). Le mode macro permet de descendre la mise au point à quelques centimètres du sujet pour un rapport de reproduction de 1:3.

C'est par ailleurs un compact expert séduisant. Il arbore une ligne audacieuse et sa prise en main se révèle au final assez agréable. Nous avons apprécié ce retour aux "basiques" de la photographie avec les modes PSAM, les deux molettes de réglages et les différents formats d'images (1:1 / 3:2 / 21:9...)

On pourra toujours s'interroger sur le choix des différentes focales pour la gamme dp : 28, 45 et 75 mm. Un tel choix est toujours arbitraire, mais une focale plus large (24 mm par exemple) et un équivalent 35 mm aurait été appréciés.

Pour le reste, le boîtier reste malheureusement trop en retrait par rapport à la concurrence. Ainsi, la gestion du bruit électronique montre trop rapidement ses limites. Au-delà de 800 ISO, les JPEG sont difficilement exploitables et on hésitera à dépasser 3 200 ISO, même en RAW. Le boîtier est globalement est assez lent et n'offre que le minimum syndical au niveau des fonctionnalités (pas d'écran orientable et tactile, pas de viseur intégré, pas de vidéo...). La liste des absents, malheureusement trop longue (cf. "moins" ci-dessous), cantonne le dp3 Quattro à un spectre d'utilisation assez restreint.

Si vous recherchez la meilleure image et que vous pouvez contrôler un minimum l'éclairage, le Sigma dp3 Quattro est plus que recommandable. Dans les cas inverses, il faut bien peser le bénéfice de la qualité d'image vis-à-vis des autres contraintes.

+
  • Excellent piqué à 100 ISO
  • Boîtier hors norme
  • Qualité de fabrication et design singulier
  • Interface dépouillée, personnalisable et efficace
  • Déclenchement très silencieux
  • Très mauvaise gestion du bruit électronique au-delà de 400 ISO
  • Pas de stabilisation optique ou mécanique
  • Pas de pose longue au-delà de 30 secondes
  • Faible autonomie de la batterie (2 batteries livrées en standard)
  • Pas de vidéo
  • Autofocus très lent en basse lumière
  • Boîtier manquant globalement de réactivité
  • Dynamique limitée
  • Format RAW propriétaire et ouvert uniquement par Sigma Photo Pro
  • Pas de connexions actuelles (ni Wi-Fi ni NFC ni Bluetooth)
  • Pas de recharge par micro-USB
  • Pas de finition à l'épreuve des intempéries
  • Viseur optique en option
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
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