CapteurCapteur d'image directe FOVEON X3® (CMOS), Pixels effectifs 14,06 Millions (2652 x 1768 x 3 couches) 20,7 x 13,8 mm rapport : 3:2
Monture/
Optique livrée24,2 mm f/2,8 (Equivalence en format 24x36 : 41 mm)
StabilisationNon
Antipoussière/
Viseur/
Écran2,5 pouces, 230 000 points
Mise au pointPar détection de contraste, manuelle (molette)
Modes autofocus/
Mesures d'expositionMesure à pleine ouverture TTL évaluative, mesure moyenne pondérée centrale, mesure spot
Modes d'exposition[P] Programme AE, [S] Priorité à la vitesse AE, [A] Priorité à l'ouverture AE, [M] Exposition manuelle
Vitesse d'obturation1/2000 - 15 sec
Motorisation/
Sensibilité ISO50, 100, 200, 400, 800, (1600, 3200)* * ISO1600 ~ 3200 uniquement en mode RAW
MémoireSD/SDHC
AlimentationBatterie Li-ion BP-31
ConnexionUSB 2 / Sortie Video (NTSC/PAL), Sortie Audio (Mono)
Dimensions113 x 59,5 x 56 mm
Poids286 g (avec batterie et carte mémoire)
LogicielsSigma Photo Pro
Dans la boîteBatterie Li-ion BP-31, Chargeur BC-31, Bouchon d'objectif LCP-11, Dragonne, NS-11, Etui CS-70, Couvercle de griffe flash HSC-11, Câble USB, Câble vidéo, CD, SIGMA Photo Pro, Mode d'emploi

Caractéristiques

sigma DP2 test terrainSigma étoffe sa gamme d'appareils compacts pour experts avec un DP2 qui vient compléter, en terme d'usage, le DP1 que nous avons testé il y a un peu plus d'un an.

Vous retrouverez tout ce qui fait le charme de la gamme DP avec un grand capteur APS-C et une focale fixe, mais également tous les défauts du premier modèle : ergonomie à revoir, lenteur et écran LCD vraiment peu convaincant...

Comme pour le premier modèle, nous avons confié le DP2 à un photographe professionnel afin qu'il puisse nous rendre compte de l'utilisation du compact dans de réelles conditions de reportages photographiques.

Avec son franc-parler et sans aucune réserve, Lou Sybille nous livre donc son jugement sur le DP2.

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Prise en main

Annoncé quelques mois après le DP1, le Sigma DP2 surfe sur la même philosophie. Compact expert, petit et léger, doté de tout l’attirail nécessaire au professionnel désireux d’avoir un excellent point & shoot dans la main, cet appareil détonne dans une production industrielle morne. D’abord par son optique fixe, ensuite par la taille de son capteur, et enfin par la technologie Fovéon embarquée.

Sigma DP2 test review

Le Sigma DP2 est son flash escamotable. Malgré la focale fixe (21 mm), le fût de l'objectif reste relativement imposant et manque de discrétion.

Si ce rêve éveillé s’avère alléchant sur le papier, la pratique est toute autre. Force est de constater que les erreurs commises avec le DP1 n’ont pas du tout été corrigées. À croire que les dirigeants de Sigma ne se précipitent pas tous les jours sur Focus Numérique pour prendre en compte nos avis éclairés.

Nous vous renvoyons néanmoins au test du DP1 pour plus d’informations concernant les innovations technologiques de la série et son positionnement.

Déballage et constat à l’amiable

Tout émoustillé par son achat, l’amateur averti ou le photographe professionnel reçoit son carton Sigma. Il ôte fébrilement l’emballage, aperçoit son appareil et... soupire d’exaspération. Oui, le Sigma DP2 est gros. Non, le Sigma DP2 ne tient pas dans la poche (ou alors une grande poche). Non, les ingénieurs nippons n’ont absolument pas changé la coque du DP1. Oui, ça énerve. Logique, dans une certaine mesure, le DP2 n’étant pas censé remplacer le DP1, mais le compléter. Nuance.

La faute à l’optique, un 41 mm ouvrant à 2,8 (à comparer au 28 mm f:4 du DP1), ce qui, effectivement, change tout. Pour le reste, l’immobilisme règne. Épaisse, télescopique et bruyante, l’optique se couvre d’un astucieux capuchon (perdu le jour même). D’un point de vue cosmétique, on reste dans la même efficacité simple et sans fioritures. Molette de programme, molette de réglage, sabot flash, flash pop-up, large écran, joypad. Un saine austérité qui louche sur le principe Leica (déjà repris par Ricoh avec sa série des GR), sans la consistance et la finition des boîtiers de la célèbre marque. Car oui, le DP2 fait toc, à peu près autant que le DP1. On a surtout l’impression de shooter avec un bon vieux Zénit en plastique, et non avec une merveille technologique qui coûte un oeil. Bref.

Sigma DP2 test review

Le Sigma DP2 avec sa panoplie complète : viseur optique, parasoleil, le tout en option.

Quand on active la bête, le soupire d’exaspération évolue vers le cri de rage. Celles et ceux qui espéraient (enfin) disposer d’un écran de bonne qualité pourront toujours râler, ça ne changera pas grand chose. En 2009, donc, Sigma continue sans rire à vendre des appareils dont les écrans restituent une image floue dès qu’on bouge légèrement, et dont ladite image gèle pendant la mise au point. Rédhibitoire. Et pour tout dire, inacceptable, tant pour l’amateur averti que pour le pro. De là, on est assez tenté de remballer la chose et de la renvoyer directement, sans prendre la peine de faire la moindre image.

Sigma DP2 test review

L'écran LCD du Sigma DP2 est toujours aussi peu agréable à utiliser...

Usage et contrariétés

Déjà fatigué par cette calamiteuse entrée en matière, on se résigne finalement à sortir le DP2 et à s’en servir. La chose la plus importante reste l’objectif. Ô, joie, Sigma propose enfin une optique lumineuse et utilisable à f:2,8. Sur le principe, un f:2 aurait été mieux accueilli, mais tant pis, on se contentera du f:2,8. Côté focale, le DP2 dispose d’un 41mm pour le moins curieux. On se souvient du 28 mm du DP1 et on se perd en conjonctures sur un éventuel DP3 qui conserverait cette focale. Sachant que la focale de référence reste (pour le professionnel aguerri) le 35 mm, on peut éventuellement rêver d’un DP59 enfin à l’écoute des besoins du coeur de cible. Bref, entre 28 et 41, le 35 a toutes ses chances. Un jour, peut-être. En attendant, il faudra bien faire avec le 41, d’autant qu’on peut nous prendre ici en flagrant délit de mauvaise foi. Oui, un 41 mm est bon à tout, portraits, paysages, scènes de rue, et reste assez polyvalent. De ce côté, Sigma joue plutôt bien, d’accord. Bon, on la prend, cette photo ?

Sigma DP2 test review

L'imposant 41 mm f/2,8 et quelques détails de l'interface du Sigma DP2.

Commençons par l’autofocus... catastrophique, comme pour le DP1. Nouvelle preuve que Sigma ne tient manifestement pas compte des erreurs passées. Moralité, entre l’AF qui cafouille et l’abominable écran, on a presque envie de shooter au hasard. Il est toujours possible de se rabattre sur une photographie plus calme, plus posée, mais c’est oublier que le DP2 se prétend professionnel. Et quand on se prétend professionnel, il faut que ça suive. Ici, dès que la lumière baisse, dès que les conditions ne sont pas totalement optimales, on a droit aux habituels va-et-viens d’un objectif qui ne sait plus où donner de la tête. Un désastre d’autant plus invraisemblable que la mise au point automatique des APN grand public est aujourd’hui acceptable.

Consolons-nous avec l’excellente molette de mise au point manuelle, rapide et claire, qui autorise une photographie immédiate. On l’avait louée lors du test du DP1, on la loue ici à nouveau. Mais là encore, Sigma se moque du monde. Comment espérer faire une mise au point précise avec un écran aussi immonde ? Comment espérer s’immerger dans l’action (au hasard, dans une manifestation) sans rappel de profondeur de champ ? Bref, la molette de mise au point manuelle est chouette, mais elle est inutilisable, à moins d’avoir le compas dans l’oeil. Admettons.

Après quelques images en RAW, l’appareil bloque. Ben oui, ça en mange, de la mémoire, le RAW. Au temps pour les amateurs de rafale. On commence peu à peu à comprendre que le DP2 est plus à sa place en studio, avec une nature morte, à raison d’une image toutes les dix minutes. D’accord, passons au JPEG, alors, mais n’oublions pas que les 14 millions de pixels du DP2 proviennent en fait de la superposition de 3 couches de capteurs quadrimégapixels. Sauf interpolation (toujours meilleure en RAW), on obtient une image à quatre millions de pixels. Pour un pro, c’est court. Ça ne couvre même pas une pleine page A4 à 300 dpi, sans parler d’une double.

Sigma DP2 test review

Le Sigma DP2 en mode repos.

Logiciels

Dernier défaut du DP2, le logiciel de traitement RAW fourni avec l’appareil accuse le coup (mais lui est au moins gratuit, tous les constructeurs n'en font pas autant....).

Principalement par son côté usine à gaz qui interdit quasiment tout fonctionnement avec un matériel informatique relativement âgé, mais aussi (et tout bêtement) parce qu’il est moins facile à utiliser et moins complet que le plug-in Photoshop dont se servent la quasi totalité des professionnels : Adobe Camera Raw.

Sigma Photo Pro

Sigma Photo Pro fonctionne à la fois sous Windows et Mac OS X (pas de version Linux) et permet d'exploiter les fichiers bruts (propriétaires) X3F du Sigma DP2.

Enfin, notez que le RAW du DP2 est propriétaire. Il faudra donc nécessairement passer par le logiciel, et non attaquer directement son post-traitement dans Photoshop, à moins de disposer de l’ultime version d’Adobe Camera Raw... qui ne fonctionne qu’avec la dernière mouture de Photoshop, évidemment (NDLR : il est toutefois possible d'utiliser DNG Converter, au prix d'un va-et-vient entre plusieurs logiciels). Proposer un logiciel, c’est bien, mais le rendre obligatoire, c’est mal. Le DNG ? C’est si affreux que ça, le DNG ? Non non, on disait ça comme ça.

Gestion du bruit électronique

Le Sigma DP2 propose deux plages de sensibilité. La première, en JPeg, s'étend de 50 à 800 ISO, la seconde, en RAW (X3F) est plus vaste et propose des valeurs comprises entre 50 et 3200 ISO. Les ingénieurs de Sigma n'ont-ils pas confiance dans leurs algorithmes de traitement du bruit électronique.

Quoi qu'il en soit, les fichiers sont particulièrement propres à 50, 100 et même 200 ISO, même s'il est facile de détecter un léger moutonnement à cette dernière valeur. À 400 ISO, le bruit est nettement présent sur les clichés, mais les grains colorés restent encore assez discret. 800 ISO est donc la dernière valeur ISO accessible en JPeg. Le grain est de plus en plus présent, mais là encore le bruit chromatique est assez bien contenu. Le lissage est très modéré et les images à 800 ISO sont encore bien détaillées et seront plus faciles à retoucher. En fait, le Sigma DP2 est pénalisé par définition des images (2640 x 1760 pixels, 4,6 Mpix) un peu juste pour des tirages de grande taille. Au-delà du A4, il faut vraiment tirer sur les pixels et les défauts sont alors plus visibles.

Il sera donc plus sage de photographier en Raw afin de pouvoir réaliser une sortie en 5280x3520 pixels (par interpolation) plus adaptée à l'impression A3+ par exemple.

Avec les fichiers Raw (X3F), il est possible d'accéder aux limites du DP2 : 1600 - 3200 ISO. Le moutonnement est beaucoup plus présent et des patchs colorés sont visibles. Il faudra donc réserver ces clichés à un traitement spécifique comme un passage en noir & blanc, car la structure du grain garde une belle matière. Les images conservent encore pas mal de détails avec un lissage peu sensible. En outre, on note une belle dérive colorimétrique (facile à corriger avec le format Raw). Si le Sigma DP2 est encore loin des performances des meilleurs reflex (Nikon D90par exemple), il est largement plus performant que les compacts (tout experts soient-ils) actuels.

Vous pouvez également téléccharger les fichiers Raw (X3F) dans les sensibilités supérieures : 1600 - 3200 ISO.

À titre de comparaison, vous trouverez ci-dessous les tests réalisés avec les Panasonic Lumix LX3, Panasonic Lumix GF1 et Olympus Pen E-P1.

Panasonic Lumix DMC-LX3 80 - 800 ISO

Panasonic Lumix DMC-LX3 1600 - 3200 ISO

Exemples de photos

Sigma DP2 exemple 1
Sigma DP2 exemple 2
Sigma DP2 exemple 3
Sigma DP2 exemple 4
Sigma DP2 exemple 5
Sigma DP2 exemple 6
Sigma DP2 exemple 7
Sigma DP2 exemple 8
Sigma DP2 exemple 9
Sigma DP2 exemple 10
Sigma DP2 exemple 11

Verdict

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Difficile d'être séduit par le Sigma DP2, mais avouez que c’est rageant. La grande taille du capteur permet au photographe de retrouver certaines des sensations de prise de vue normale. La profondeur de champ, par exemple, existe bel et bien avec le DP2, à l’inverse des compacts au capteur minuscule. Quand on règle l’ouverture sur 2,8 et qu’on fait la mise au point sur le premier plan, l’arrière-plan est bel et bien flou.

Une simple règle optique bien connue qui se traduit en pratique par une réelle gestion de la mise au point et une véritable possibilité de jouer avec. Sigma était à peu près seul sur ce terrain, ce qui pouvait éventuellement amener plusieurs photographes à s’intéresser au DP2. Car oui, jouer avec la profondeur de champ est fondamental et la texture des images résultantes vaut le détour.

Rageant, on l’a dit. Les images réalisées au DP1 et au DP2 sont formidables. Douces, piquées, relativement neutres et bien équilibrées, c’est un régal entre 100 et 400 ISO.

Hélas pour Sigma, d’autres ont senti le vent tourner et proposent désormais des appareils infiniment plus intéressants (Panasonic et Olympus pour ne pas les nommer, avec leur format micro 4/3). En attendant l’arrivée prochaine des autres compacts à capteur de reflex sans objectif interchangeable (les Canon et Nikon ne vont évidemment pas tarder, et on ne parle même pas du tout récent Leica X1 qui intègre - ah tiens - un APS-C), le DP2 a le mérite d’exister, mais fait déjà office de compact dépassé. Le marché se précise, la demande existe bel et bien, on voit mal comment le DP2 pourra résister au futur Canon XX, avec grand capteur, focale fixe (ou pas), écran impeccable et rapidité exemplaire. Les images, peut-être ? Certes, les photos issues du DP2 sont irréprochables, mais il n’y aucune raison que les concurrents fassent moins bien. Et ce n’est pas l’excellente technologie Fovéon qui y changera grand-chose.

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